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Étant donné le faible nombre de délinquantes, la criminalité féminine a traditionnellement été considérée comme un phénomène négligeable et elle na par conséquent guère retenu lattention des chercheurs (Gavigan, 1993, p. 227-228). Toutefois, bien quelles constituent une proportion relativement minime de la population de délinquants, les FPPF forment un groupe qui requiert une attention toute particulière. En effet, les conséquences de lincarcération dune femme sont doubles : elles pèsent non seulement sur la femme elle-même, mais aussi sur ses enfants. On estime que les deux tiers environ des femmes purgeant une peine sous responsabilité fédérale ont des enfants et que la majorité dentre elles sont le seul soutien de leurs enfants (brochure du SCC). Les enfants dont la mère est incarcérée sont souvent confiés à des membres de la famille élargie, ou alors ils vivent en foyer daccueil, étant donné que leur père nest ordinairement pas disponible. Daprès lenquête nationale sur les pénitenciers (1991), 81 % des détenus du sexe masculin ayant des enfants à charge ont déclaré que leur conjointe, leur ex-conjointe ou leur compagne soccupait des enfants durant leur incarcération, alors que le pourcentage correspondant chez les femmes était de seulement 19 % (National Policy Committee on Resettlement, 1993, p. 11). La femme tend à être le pilier de la famille; quand elle est incarcérée, la famille sécroule.
Il est donc important dexaminer les conséquences quentraîne pour un enfant le fait de grandir sans sa mère. Les recherches effectuées par Carlen (1988) révèlent que les enfants dont la mère a été incarcérée tendent à connaître des difficultés semblables à celles que cette dernière a connues durant son enfance. Cet auteur a notamment conclu que les enfants placés dans un établissement sous la tutelle de lÉtat, ce qui se produit souvent lorsque la mère est incarcérée, présentent plus tard une forte propension à lactivité criminelle (1988, p. 106). Cette situation perpétue un cycle de criminalité dans le sens où les personnes qui sont victimisées dans lenfance deviennent des criminels à lâge adulte.
En outre, les délinquantes (quelles aient ou non des enfants) ont un vécu marqué par la violence et les mauvais traitements. Parmi les femmes purgeant une peine sous responsabilité fédérale, 90 % des Autochtones et 80 % des autres femmes ont été victimes de violence physique ou sexuelle (brochure du SCC). Elles ont besoin de programmes qui les aident à se rétablir et à combattre des comportements destructeurs.
Offrir aux femmes purgeant une peine sous responsabilité fédérale des programmes répondant à leurs besoins est donc dans lintérêt non seulement de ces dernières mais aussi de leur famille et de la société en général. Il importe par conséquent deffectuer des recherches pour déterminer les modèles de programmes les plus efficaces. Mais il peut être utile, auparavant, de brosser le portrait des femmes incarcérées.