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Selon des statistiques récentes, 321 femmes purgeant une peine fédérale sont en liberté surveillée dans la collectivité, soit environ la moitié de toutes les délinquantes sous responsabilité fédérale à un moment donné (PFPPF, 1995). En effet, 322 femmes sont incarcérées dans des établissements fédéraux, ce qui correspond à environ 2 % de lensemble de la population carcérale sous responsabilité fédérale (PFPPF, 1995). Plus de la moitié de ces femmes sont incarcérées dans le seul établissement fédéral pour femmes, cest-à-dire la Prison des femmes de Kingston, tandis que les autres purgent leur peine dans des établissements provinciaux, aux termes daccords déchange de services conclus entre le gouvernement fédéral et les provinces. Ces accords permettent aux femmes de purger leur peine dans un établissement plus proche de leur domicile et par conséquent dentretenir des rapports plus fréquents avec leur famille. On suppose également que les femmes profiteront davantage des dispositions favorisant une participation à la vie communautaire si elles peuvent établir des contacts dans leur ville dorigine pendant leur incarcération. Mais le fait est que les femmes incarcérées dans des établissements provinciaux ont peut-être accès à moins de ressources que celles qui se trouvent à la Prison des femmes. Les programmes et services offerts aux femmes dans des établissements provinciaux sont souvent plus restreints que ceux de la Prison des femmes, ce qui doit être mis en balance avec les avantages quil y a à entretenir des contacts fréquents avec la famille. Comme une libérée conditionnelle autochtone la déclaré : « Je suis restée là [à la prison provinciale] seulement parce que je tenais à mes liens avec ma famille. Mais il ny avait aucun programme pour quelquun qui purgeait une longue peine. Je pense quon naurait pas dû me forcer à choisir entre la vie en prison et ma vie à lextérieur » (Groupe détude sur les femmes purgeant une peine fédérale, 1990, p. 8).
Un peu plus de la moitié (50,2 %) des femmes purgeant une peine fédérale sont âgées de 20 à 34 ans et la plupart (67,8 %) sont célibataires (Canada, 1993, p. 17). Ces femmes, surtout les Autochtones, viennent ordinairement de milieux socialement défavorisés (Groupe détude sur les FPPF, 1990, p. 41). De plus, les FPPF ont un taux élevé de toxicomanie, un faible niveau de scolarisation et possèdent peu de compétences monnayables. Soixante-dix pour cent dentre elles ont au plus fait des études secondaires partielles (brochure du SCC).
Un peu plus de 83 % des FPPF sont incarcérées pour la première fois, et lon na pas envisagé de recourir, dans leur cas, à des solutions de rechange à lincarcération (brochure du SCC), même si les femmes ne sont généralement pas considérées comme présentant un danger ou un risque pour la société. Un petit nombre de femmes commettent des infractions avec violence au Canada; la plupart de celles qui commettent un meurtre le font dans un contexte familial (Hatch et Faith, 1989-1990, p. 436) et sont peu susceptibles dêtre accusées dans lavenir dautres infractions avec violence (Shaw et coll., 1991b, p. 21). Les femmes tendent à intérioriser leur colère et leur frustration plutôt que dexprimer ces sentiments par des actes de violence contre autrui (Gavigan, 1993, p. 228). Néanmoins, on refuse systématiquement aux femmes la possibilité de mesures de rechange à lincarcération. Une enquête réalisée par le Probation Inspectorate (1991) a révélé que les femmes étaient condamnées de façon disproportionnée à de courtes peines de détention pour des infractions qui entraînaient, dans le cas des hommes, des sanctions communautaires (NACRO, 1993, p. 4). Selon Windschuttle, parce quelles vont à lencontre de leur rôle traditionnel en commettant des crimes, ce qui est ordinairement considéré comme un comportement typiquement masculin, les femmes sont traitées plus sévèrement que les hommes par le système de justice pénal (1981, p. 33).
Comme les Autochtones en général dans lensemble de la population carcérale, les femmes autochtones sont surreprésentées au sein de la population carcérale féminine, dont elles forment près de 17 % (Canada, 1993, p. 19). Rappelons que les Autochtones forment environ 3 % de la population du Canada (Statistique Canada, 1991). Dans les provinces des Prairies, surtout, un nombre exceptionnel dAutochtones sont reconnus coupables dinfractions criminelles : en 1992-1993, par exemple, 55,8 % des délinquantes étaient des Autochtones (Canada, 1993, p. 20).
Bien que leur nombre soit relativement faible, les femmes purgeant une peine fédérale ont un grand besoin de programmes et de services. Plusieurs recherches menées sur différents aspects de la criminalité féminine ont permis de cerner les risques et les besoins des délinquantes.