Projet de vérification de la dotation mixte
7. RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS
Recommandation n° 1. Comme une forte
majorité de femmes purgeant une peine fédérale se sont prononcées en faveur de confier
des rôles spécifiques à des IPL de sexe masculin ayant subi une sélection et une
formation, nous recommandons que les établissements fédéraux pour femmes continuent à
engager des hommes, mais uniquement si toutes les conditions qui suivent sont mises
en application :
- les politiques et marches à suivre en matière d'embauche,
de sélection et de formation demeurent toutes en vigueur, et l'on rétablit les 10 jours
de formation centrée sur les femmes;
- on établit et applique des politiques qui spécifient
quels sont les rôles qui conviennent aux IPL de sexe masculin (voir les recommandations 3
et 4, de même que le contenu suggéré des lignes directrices sur la dotation mixte);
- les politiques et pratiques observent et respectent les
besoins d'une minorité importante de femmes purgeant une peine fédérale, qui expriment
avec force leur incapacité ou manque de volonté d'avoir à traiter avec des hommes dans
les unités résidentielles la nuit (voir la recommandation n° 3);
- de même qu'en Angleterre16, les IPL de sexe masculin devraient composer
au maximum 20 p. 100 du nombre total d'intervenants, à la lumière des
exigences politiques, des besoins spéciaux de certaines femmes purgeant une peine
fédérale et de la nécessité d'éviter qu'un fardeau injuste soit imposé aux IPL de
sexe féminin.
Recommandation n° 2. Étant donné qu'on
tient à protéger avant tout les femmes purgeant une peine fédérale contre le
harcèlement sexuel, l'exploitation sexuelle et l'agression sexuelle, il convient de
sélectionner et de former les autres personnes qui exécutent du travail dans les
établissements abritant des femmes purgeant une peine fédérale. En conséquence :
- tout le personnel qui travaille dans un établissement pour
femmes purgeant une peine fédérale - y compris les arrangements temporaires comme les
unités à sécurité maximale dans les établissements pour hommes, et les centres
régionaux de traitement et centres correctionnels communautaires - devrait subir une
sélection et une formation destinées à s'assurer qu'il a les attitudes, connaissances
et expériences voulues;
- dans les régions où les répondant(e)s ont fait savoir
que les critères usuels pour les demandes de soumissions interdisent de donner des
entrevues aux postulants, on doit faire en sorte que de telles entrevues soient non
seulement possibles, mais obligatoires. Comme certains programmes offerts dans les
établissements fédéraux pour femmes font l'objet de tels appels d'offres, il est
indispensable de sélectionner les intéressés en fonction de leurs attitudes,
connaissances et expériences, ce qu'il est impossible de réaliser à moins de fournir
l'occasion aux autorités dans l'établissement de donner des entrevues personnelles.
Recommandation n° 3. Une importante minorité
de femmes (dont beaucoup sont en faveur de la présence parmi le personnel d'IPL de sexe
masculin ayant subi une sélection et une formation) sont mal à l'aise à l'idée que des
hommes pénètrent dans leurs unités résidentielles, surtout la nuit; en
conséquence :
- les IPL de sexe masculin ne devraient pas avoir le droit de
faire des postes de nuit, sauf pour la sécurité statique, dans le cadre duquel on leur
confierait la nuit des fonctions générales exemptes de contacts avec les détenues. En
cas d'urgence, cependant, les IPL de sexe masculin pourraient intervenir avec des IPL de
sexe féminin, sous réserve des conditions énoncées dans le contenu des lignes
directrices suggérées pour la dotation mixte.
Recommandation n° 4 : On observe depuis
un an une érosion continue de la formation centrée sur les femmes donnée au personnel
dans les établissements fédéraux qui abritent des femmes. On nous a signalé que des
pressions sont exercées pour réduire les coûts d'embauche et de formation.
- L'efficacité de la méthode de dotation faisant appel à
des intervenants de première ligne de sexe masculin a un lien inextricable avec les
mesures initiales de sélection et de formation : il convient donc de veiller à
assurer la protection du financement intégral de ces mesures. Il faut aussi mettre de
côté des fonds pour assurer la sélection et la formation convenables de tout le
personnel qui _uvre dans ces établissements, comme mentionné à la recommandation
n° 2.
Recommandation n° 5 : Quand les rideaux
de protection de la vie privée sont baissés, le personnel devrait frapper et attendre
que la femme réponde qu'elle est prête à ce que le rideau soit tiré. Sauf dans les cas
où l'on a des raisons de croire qu'une urgence se produit, on doit accorder la priorité
absolue à ces signes de respect pour la vie privée et la dignité de la femme.
16 Op cit.