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Selon le rapport sur le Sondage, la violence est beaucoup plus omniprésente dans la vie des femmes autochtones (Shaw et al., 1990, p.30) que dans celle des femmes non autochtones. Il y est indiqué que 90 % des femmes autochtones et 61 % des femmes non autochtones sont physiquement violentées, tandis que 61 % des premières et 50 % des secondes sont victimes d'agressions sexuelles. Les tableaux 10 et 11 résument les conclusions de la présente étude concernant les expériences de violence que ces deux groupes de femmes déclarent avoir vécues pendant l'enfance et l'adolescence, et une fois devenues adultes.
Le tableau 10 montre que dans l'échantillon constitué pour l'Examen des EI, 75,9 % des femmes autochtones pour lesquelles l'information est disponible avouent avoir été maltraitées pendant leur enfance et leur adolescence (qu'elles aient fait une allusion générale à la violence vécue ou fourni des détails sur les mauvais traitements subis), alors que ce pourcentage tombe à 55,6 % pour les femmes non autochtones. De plus, un plus faible pourcentage de femmes autochtones (10,8 %) que de femmes non autochtones (21,6 %) affirment n'avoir jamais subi aucune forme de violence.
Tableau 10
Expériences de violence que les femmes autochtones et non autochtones déclarent avoir vécues pendant l'enfance et l'adolescence
Autochtones (N=83)a |
Non autochtones(N=282)b |
||||
n |
% |
n |
% |
||
| Allusion générale à la violence | 21 |
(25,3) |
56 |
(19,8) |
|
| Descriptions précises de la violence subie | 42 |
(50,6) |
101 |
(35,8) |
|
| Aucune expérience de violence | 9 |
(10,8) |
61 |
(21,6) |
|
| Milieu positif et favorable | 8 |
(9,6) |
54 |
(19,1) |
|
Remarque. Les renseignements, selon les origines raciales, n'étaient pas disponibles pour 21 femmes [allusion générale (8), descriptions précises (5), aucune violence (3), milieu positif (4), aucune information au sujet de la violence (1)].
a Ce renseignement n'était pas disponible pour 5 femmes autochtones.
b Ce renseignement n'était pas disponible pour 35 femmes non autochtones.
Le tableau 11 démontre que 95,9 % des femmes autochtones affirment avoir subi de mauvais traitements au cours de leur vie adulte (qu'elles aient fait une allusion générale à la violence vécue ou fourni des détails sur les mauvais traitements subis), tandis que 74,2 % des femmes faisant partie de l'échantillon non autochtone font les mêmes révélations. Seulement 4,1 % des femmes autochtones et 27,6 % des femmes non autochtones déclarent n'avoir jamais subi de violence au cours de leur vie adulte.
Tableau 11
Expériences de violence que les femmes autochtones et non autochtones déclarent avoir vécues au cours de leur vie adulte
Autochtones (N=74)a |
Non autochtones(N=232)b |
||||
n |
% |
n |
% |
||
| Allusion générale à la violence | 26 |
(35,1) |
61 |
(26,3) |
|
| Descriptions précises de la violence subie | 45 |
(60,8) |
107 |
(46,1) |
|
| Aucune expérience de violence | 3 |
(4,1) |
64 |
(27,6) |
|
Remarque. Les renseignements, selon les origines raciales, n'étaient pas disponibles pour 21 femmes [allusion générale (3), descriptions précises (6), aucune violence (7), aucune information au sujet de la violence (5)].
a Ce renseignement n'était pas disponible pour 14 femmes autochtones.
b Ce renseignement n'était pas disponible pour 85 femmes non autochtones.
Un test du khi carré a été réalisé afin d'examiner les différences entre les deux groupes (femmes autochtones et non autochtones) concernant la prévalence de la violence pendant l'enfance et l'adolescence, et au cours de la vie adulte. Les femmes ayant fait une allusion générale à violence subie et celles ayant fourni des descriptions précises de cette violence ont été regroupées en une seule catégorie. Une différence statistiquement significative est apparue entre les femmes autochtones et non autochtones [(_2 (1, N = 365) = 10,13, p>0,01)], indiquant que les premières avaient été beaucoup plus souvent maltraitées, ou déclaré avoir été maltraitées, que les secondes. Dans le même ordre d'idées, un beaucoup plus grand nombre de femmes autochtones déclarent avoir vécu des expériences de violence au cours de leur vie adulte ou décrivent ces expériences [(_2 (1, N = 311) = 19,20, p> 0,001)]. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence car ils peuvent être faussés par le fait que les renseignements voulus n'étaient pas disponibles pour une forte proportion de l'échantillon non autochtone (environ 27 %). Toutefois, les conclusions de la présente étude correspondent assez bien à celles du Sondage et indiquent clairement que, dans les deux échantillons, les femmes autochtones incarcérées ont souvent vécu des expériences de violence.