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Le rapport Arbour révélait clairement que le SCC avait manqué à plusieurs reprises à l’esprit et à la lettre de la loi au cours des incidents survenus à la Prison des femmes en 1994. En outre, il critiquait explicitement la réaction du SCC à ces incidents, en particulier celle de la direction. Ces constatations dénotaient l’existence d’un problème très grave, soit le fait que la culture correctionnelle reflétait un manque d’engagement et de respect à l’égard de la primauté du droit.
Des recommandations ont été formulées pour régler les problèmes observés dans ces importants domaines et pour aider le SCC à développer une culture de respect des droits à tous les niveaux de l’organisation. Comme étape initiale du changement, le SCC a expressément incorporé la primauté du droit dans son énoncé de mission : « :Le Service correctionnel du Canada, en tant que composante du système de justice pénale et dans le respect de la primauté du droit, contribue à la protection de la société en incitant activement et en aidant les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois, tout en exerçant sur eux un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain. »
Plusieurs années plus tard, la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a mené un vaste examen sur la prestation des services correctionnels pour femmes, en mettant l’accent sur la façon dont le SCC répondait à l’intention et aux objectifs de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Les recommandations formulées par la CCDP ont aussi aidé le SCC à promouvoir et à maintenir une culture lui permettant de respecter ses obligations concernant les droits de la personne.
Tout au long de la dernière décennie, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre dans le cadre d’un modèle stratégique visant à développer une culture de respect des droits et de respect de la primauté du droit à la grandeur du SCC.
En mai 1997, le Groupe de travail sur les droits de la personne, présidé par M. Maxwell Yalden, qui faisait partie du Comité des droits de l’homme des Nations Unies à l’époque, avait pour mandat d’examiner les mécanismes dont le SCC dispose pour garantir le respect de la primauté du droit dans le domaine des droits de la personne, d’élaborer un modèle stratégique général pouvant aider les systèmes correctionnels à évaluer dans quelle mesure ils respectent leurs obligations, et de faire des recommandations dans le but d’aider le Service à se conformer à ses obligations.
Le Groupe de travail a conclu, entre autres, que les droits essentiels des détenus sont évoqués de façon satisfaisante dans la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et son règlement d’application. Le Groupe de travail a également souligné que toutes les parties en cause dans le processus correctionnel doivent avoir une compréhension claire et commune des droits de la personne, des objectifs qu’ils permettent d’atteindre et de leur mise en application dans la pratique. Un des résultats clés du Groupe de travail a été l’établissement de la Division des droits de la personne (1998) à l’administration centrale du SCC, dont les objectifs stratégiques sont les suivants :
La vie en prison, de par sa nature même, compromet le droit à la vie privée, la liberté de circulation ainsi que la liberté de réunion et d’association. Elle retire et isole les délinquants du reste de la société en restreignant considérablement leur contact avec la famille, les amis et l’extérieur. Toutefois, outre la perte de la liberté, les délinquants ne renoncent pas à leur droit d’être traités avec dignité et humanité. La Charte protège toujours ces droits. Les droits fondamentaux à la vie et à la sécurité de la personne, aux soins de santé, à un traitement juste et équitable ainsi qu’à la protection contre la discrimination et les mauvais traitements demeurent, et les autorités correctionnelles assument un devoir de garde et la responsabilité de garantir la sécurité, l’intégrité et le bien-être des détenus. Les autorités correctionnelles doivent assurer les besoins fondamentaux, y compris un logement sûr et sécuritaire, des vêtements et de la literie propres, des aliments sains, de l’eau potable, des installations pour l’hygiène et la toilette ainsi que la possibilité de faire de l’exercice quotidien à l’extérieur.
La lenteur du traitement des griefs aux deuxième et troisième paliers continue à poser problème dans certaines régions. Le SCC devrait avoir éliminé son arriéré en mai 2006 grâce à des stratégies de dotation temporaire. Un examen du processus de recours des délinquants a été effectué afin de l’améliorer, de le simplifier et d’accroître la rapidité du traitement des griefs. Une attention particulière a été accordée à certaines questions comme les réclamations contre l’État et les cas de griefs multiples. L’examen du processus de recours des délinquants a donné lieu à des recommandations visant à trouver des solutions plus durables pour améliorer la qualité du processus et accroître la rapidité du traitement des plaintes et griefs; ces recommandations sont actuellement à l’étude.
Le SCC manque d’enquêteurs qualifiés et agréés satisfaisant aux normes du Conseil du Trésor pour traiter les cas de harcèlement; cette lacune l’empêche parfois de respecter les exigences qui lui incombent en matière d’enquête. Il envisage de modifier les exigences relatives aux compétences des enquêteurs. La proposition présentée au Comité de direction est la suivantes : un membre de l’équipe d’enquête devrait avoir suivi la formation de l’École de la fonction publique du Canada sur les enquêtes sur les allégations de harcèlement, tandis que les autres membres de l’équipe pourraient simplement avoir suivi la formation nationale interne du SCC sur les enquêtes.