Résultats escomptés
On encourage les détenues à maintenir les rapports avec la famille et les amis grâce à l'accès régulier au courrier, aux téléphones et aux visites.
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| 3.48 |
Les formalités relatives aux visites étaient acceptables et les installations, adéquates, mais les femmes recevaient très peu de visiteurs. On organisait des journées de la famille sans qu'il y ait promotion de rapports familiaux réguliers ni aide financière pour les visiteurs qui en avaient besoin. Il y avait une excellente installation réservée aux visites familiales privées, mais cette dernière était également sous-utilisée. Les procédures de sécurité relatives à la vérification détaillée des visiteurs et aux communications téléphoniques causaient un retard inutile pour les femmes qui avaient hâte de communiquer avec leur famille et leurs amis.
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Courrier |
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| 3.49 |
Il n'y avait pas de censure aléatoire du courrier, même si toute la correspondance était ouverte pour contrôler les objets non autorisés. Deux femmes se sont plaintes du fait que leurs lettres avaient été censurées, car elles avaient été retournées aux expéditeurs. Lorsque nous avons vérifié, on nous a dit que les lettres dont le contenu était clairement offensant étaient retournées conformément à la politique de l'établissement sur le matériel offensant, ce qui donnait à penser qu'on les avait lues.
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| 3.50 |
Le courrier comportant un privilège juridique était enregistré. Les femmes signaient pour l'obtenir, et il était ouvert en présence du personnel.
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| 3.51 |
Dans notre enquête, 53 % des répondantes ont déclaré avoir eu des problèmes à envoyer ou à recevoir du courrier, ce qui est bien pire que le comparateur anglais de 33 %. L'agente d'admission et de libération recueillait et distribuait quotidiennement le courrier aux boîtes postales privées individuelles des détenues et elle expédiait tout le courrier destiné à l'extérieur à la fin de chaque jour. Lorsque l'agente était occupée à d'autres tâches, le surveillant des opérations de réinsertion sociale était chargé d'effectuer ce travail, et les retards étaient fréquents lorsque la situation était difficile. |
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Téléphones |
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| 3.52 |
L'accès aux téléphones était acceptable, avec un téléphone à chaque unité résidentielle; toutefois, l'intimité posait problème (voir le point de décision 2.17). La méthode de vérification des numéros de téléphone, par l'entremise du service de sécurité, était semblable à celle pour la vérification des visiteurs (voir ci-dessous), ce qui entraînait des retards avant que les femmes puissent communiquer avec la famille et les amis. De même, il était tout à fait interdit d'appeler des numéros de téléphone mobile, ce qui était source de mécontentement, car cela empêchait certaines femmes de demeurer en communication avec la famille ou les amis qui ne disposaient pas du service à fil. |
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Visites |
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| 3.53 |
Tous les visiteurs devaient obtenir une autorisation de sécurité avant que leur nom soit ajouté à une liste de visiteurs approuvée. On remettait aux femmes les formulaires pertinents à remplir durant le processus de réception, sans toutefois leur fournir d'explications outre le fait de les renvoyer au guide de la détenue.
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| 3.54 |
Au cours de l'orientation, l'intervenant(e) de première ligne avait pour rôle, entre autres, de vérifier que les nouvelles détenues avaient rempli leur demande relative à la vérification de leurs visiteurs et de leur offrir de l'aide au besoin. Celles requérant de l'aide pouvaient attendre jusqu'à une semaine (voir le paragraphe 1.26). Dans notre enquête, seulement 22 %des répondantes ont mentionné qu'on leur avait donné de l'information sur les visites le jour de leur arrivée.
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| 3.55 |
Le formulaire de sécurité dûment rempli était envoyé au visiteur désigné afin qu'il y ajoute ses données personnelles et qu'il le renvoie à l'établissement. Il était ensuite acheminé à l'agente de renseignements de sécurité pour traitement. À cette étape, il y avait souvent des retards. Si le visiteur désigné n'avait pas dûment rempli le formulaire, celui-ci était retourné. Même si l'agente de renseignements de sécurité devait traiter les formulaires dans un délai d'une semaine, elle avait d'autres priorités, et, parfois, elle ne pouvait pas donner suite aux demandes des visiteurs dans le délai prescrit. Le processus prévoyait la vérification auprès du Centre d'information de la police. Les préoccupations avaient trait principalement aux infractions liées au trafic de stupéfiants ou à la violence familiale. Après les vérifications d'usage, toutes les demandes étaient acheminées au comité d'examen de l'établissement, chaque semaine, pour discussion et approbation.
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| 3.56 |
Il était rare que l'on puisse mener à terme l'ensemble du processus en moins de trois semaines, lequel prenait, en moyenne, plus d'un mois. Les femmes qui voulaient recevoir des visiteurs et qui étaient en mesure de le faire, étaient frustrées du temps qui s'écoulait avant d'obtenir l'autorisation de sécurité pour leurs visiteurs. On disposait cependant d'une certaine marge de manoeuvre dans des circonstances déterminées, et on nous a fourni des exemples de certaines visites qui ont été autorisées sans que les vérifications n'aient été entièrement effectuées.
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| 3.57 |
Dans notre enquête, seulement 56 % des répondantes ont déclaré avoir eu la possibilité de recevoir le nombre de visites auxquelles elles avaient droit, ce qui est beaucoup moins que le comparateur anglais de 71 %. Il nous a été impossible d'obtenir les statistiques de l'établissement quant au nombre de visiteurs qui avaient été refusés. Nous avons examiné un échantillon de demandes ainsi que les procès-verbaux du comité d'examen de l'établissement, et il semblerait que l'on préconisait une approche raisonnable pour chaque cas. Toutefois, nous avons remis en question le besoin de soumettre tous les visiteurs à une autorisation de sécurité.
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| 3.58 |
Il fallait inscrire les visites une journée à l'avance, par téléphone, et les visiteurs pouvaient inscrire leur prochaine visite au bureau d'accueil avant de quitter l'établissement. Après confirmation, on envoyait à tous les visiteurs une trousse d'information indiquant le numéro de téléphone info-crime concernant la drogue afin qu'ils puissent signaler tout incident relié à l'échange de drogues à l'établissement.
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| 3.59 |
Le droit aux visites était satisfaisant, et jusqu'à cinq visiteurs pouvaient être présents en une seule visite. Les visites étaient prévues deux soirs durant la semaine (séance de trois heures) ainsi que la fin de semaine, où l'on autorisait des visites de deux heures durant la matinée et des visites de trois heures en après-midi. Il n'y avait aucune limite quant au nombre de visites que les femmes pouvaient avoir durant cet horaire. On disposait également d'une certaine marge de manoeuvre pour accueillir les visiteurs en dehors des heures de visite normales, sur demande.
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| 3.60 |
Les femmes recevaient très peu de visiteurs. D'après les membres du personnel, les femmes incarcérées étaient généralement abandonnées par leur famille. Pourtant, il n'y avait aucun travail de soutien auprès de la famille pour encourager activement les rapports familiaux ou les faciliter, et les plans correctionnels n'abordaient pas le besoin de maintenir des liens familiaux.
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| 3.61 |
Aucune aide financière n'était offerte aux visiteurs devant assumer des frais de déplacement importants, outre la Société John Howard qui offrait une aide aux visiteurs en provenance de Terre-Neuve grâce à un accord historique relatif aux oeuvres de bienfaisance. L'absence d'aide financière avait probablement influé sur la capacité de la famille et des amis de rendre visite aux femmes à Nova.
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| 3.62 |
Les femmes faisaient l'objet d'une fouille par palpation avant et après la visite. Les visiteurs pouvaient être soumis à une fouille par palpation, mais on nous a dit que, dans la pratique, on avait recours à d'autres méthodes comme l'inspection radioscopique, ionique ou visuelle des bagages. Les visiteurs étaient également soumis à un test de dépistage des drogues par prélèvement avant d'entrer dans l'aire des visites. Si la lecture du prélèvement était positive, l'agente de renseignements de sécurité effectuait une évaluation de la menace et du risque. En l'absence de cette agente, le personnel devait observer discrètement la visite. Une petite pièce était réservée aux visites avec séparation, même si elles étaient très rares. Au cours des dix mois précédents, il n'y avait pas eu de visite avec séparation. Le comité d'examen de l'établissement se penchait régulièrement sur toutes les visites avec séparation, mais il n'y avait pas de données regroupées ni de surveillance continue générale.
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| 3.63 |
Les installations réservées aux visites étaient adéquates. L'aire des visites se trouvait juste au-delà du bureau d'accueil. La salle était confortable, on y retrouvait des rafraîchissements ainsi que quelques jouets en assez bon état. L'aire des visites était dotée de toilettes réservées aux visiteurs ainsi que des installations pour changer les couches; il y avait une toilette distincte pour les détenues. Les toilettes étaient également utilisées par le personnel et elles étaient bien entretenues. Le personnel observait discrètement à partir du bureau d'accueil. Les femmes à l'unité de garde en milieu fermé ou à l'unité d'isolement recevaient leurs visiteurs dans une pièce de l'unité, ce qui offrait suffisamment d'intimité et de confort.
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| 3.64 |
Sur les terrains principaux, une unité résidentielle distincte servait aux visites familiales privées : les femmes pouvaient y passer jusqu'à 72 heures avec leur partenaire, leurs enfants, leurs parents, leurs frères et soeurs ou grands-parents, en famille, une fois toutes les six semaines ou toutes les trois semaines dans le cas des condamnées à perpétuité. Les femmes pouvaient également présenter une demande en vue d'utiliser l'unité résidentielle pour elles-mêmes afin d'y passer des heures de repos personnelles; elles devaient d'abord subir un test psychologique. L'installation réservée aux visites familiales privées constituait une excellente ressource pour appuyer la promotion des liens familiaux, mais, à l'instar des visites régulières, l'installation était sous-utilisée.
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| 3.65 |
On organisait des journées de la famille deux fois par année, à l'été et à Noël. Comme pour les autres aspects des rapports familiaux, la réponse était décevante. Bien que l'on ait approuvé 60 visiteurs pour la dernière journée de la famille, seulement 13 sont venus. |
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Points de décision |
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| 3.66 |
Il convient de revoir le processus de vérification de sécurité concernant les communications téléphoniques et les visiteurs et d'en accélérer le déroulement, particulièrement pour les personnes qui rendent visite aux femmes classées à sécurité minimale.
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| 3.67 |
Durant le processus de réception, on doit fournir aux femmes l'information de base concernant leur droit aux visites.
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| 3.68 |
Les plans correctionnels doivent préciser l'importance du maintien des liens familiaux.
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| 3.69 |
Il convient de prévoir une aide financière pour les visiteurs qui ne sont pas en mesure d'effectuer des visites en raison de difficultés financières.
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| 3.70 |
Il y a lieu de recueillir des données détaillées sur l'imposition des visites avec séparation et de les cumuler couramment afin de garantir le fonctionnement adéquat du système. |
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Points de gestion interne |
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| 3.71 |
Les modalités de distribution du courrier doivent faire en sorte qu'il n'y ait pas de retards. |
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