Résultats escomptés
On incite les détenues à apprendre pendant et après leur peine et on les habilite à le faire dans le cadre de la planification en vue de la réinsertion sociale; de plus, elles ont accès à des services adéquats de bibliothèque.
| |
| 5.1 |
Les services d'éducation mettaient l'accent sur les besoins des femmes en matière d'enseignement de base. Les liens étaient adéquats avec leur apprentissage antérieur. L'organisation des cours était souple, bien intégrée au processus de planification correctionnelle et répondait à une gamme de besoins. Dans certains cas, on prévoyait des tests d'aptitudes professionnelles. Les services de bibliothèque devaient être élaborés sous la supervision d'un bibliothécaire qualifié.
|
| 5.2 |
Les cours étaient offerts dans le cadre d'un service contractuel comportant 2,5 postes d'enseignants. Les locaux comprenaient un bureau et une salle de classe avec un nombre suffisant de postes de travail informatisés. Une détenue assurait un soutien administratif. Les femmes étaient ponctuelles, et les séances se déroulaient de 9 h à 11 h 30, puis de 13 h à 15 h 30, avec des pauses appropriées.
|
| 5.3 |
Les cours répondaient à divers besoins. Un enseignant consacrait quatre demi-journées par semaine à l'unité de garde en milieu fermé afin de dispenser l'enseignement individuel. Les femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé, classées au niveau de sécurité quatre, pouvaient être escortées aux cours. Il y avait également trois séances d'une heure par semaine à l'unité en MVS.
|
| 5.4 |
Le directeur des cours faisait valoir l'importance d'établir des liens entre les femmes et l'éducation et présentait des exposés aux nouvelles intervenant(e)s de première ligne en plus de fournir de l'information aux agents de libération conditionnelle.
|
| 5.5 |
Dans les deux semaines suivant leur arrivée à Nova, les femmes n'ayant pas obtenu un diplôme d'études secondaires (12 e année) — ce qui était le cas de la plupart d'entre elles — devaient subir l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes, qui permettait d'évaluer les capacités en lecture, en écriture, en mathématiques et en résolution de problèmes. Les résultats obtenus à l'Épreuve étaient entrés dans le Système de gestion des délinquants et intégrés au plan correctionnel. Aux premiers tests, le niveau de scolarité s'établissait en moyenne à une sixième année. De nombreuses femmes devaient suivre des cours en raison de leurs lacunes sur le plan de l'éducation — la plupart devaient suivre une formation de base des adultes aux deux niveaux les plus bas. Environ la moitié des femmes suivaient des cours chaque jour, à temps partiel.
|
| 5.6 |
Les services d'éducation étaient souples afin de permettre aux femmes de participer à d'autres programmes faisant partie de leur plan correctionnel. On était assez bien sensibilisé à l'incidence éventuelle des autres programmes sur le comportement en classe.
|
| 5.7 |
Les femmes qui obtenaient plus de 9.8 à l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes, qui étaient âgées de moins de 55 ans et qui satisfaisaient aux autres critères passaient des tests d'évaluation de l'employabilité visant à déterminer les carrières possibles et convenables. On vérifiait ainsi les aptitudes, les intérêts et les valeurs en plus de cerner les emplois particuliers convenant aux aptitudes individuelles. Depuis 2002, on avait administré approximativement 60 tests du genre.
|
| 5.8 |
La planification des études débutait à l'entrevue d'évaluation initiale avec le directeur des cours. Les liens avec l'apprentissage précédent étaient adéquats. Même si Nova recevait rarement des renseignements des prisons provinciales, le directeur des cours obtenait les résultats à l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes ainsi que les dossiers scolaires des écoles antérieures, avec le consentement des détenues. On élaborait un plan individuel pour chaque femme. On inscrivait les buts en matière d'éducation et d'emploi en plus de cerner les besoins d'apprentissage futurs. Des recommandations étaient formulées au comité de planification correctionnelle. D'autres rapports d'étape trimestriels étaient inclus au plan correctionnel. Les dossiers individuels des travaux de cours que nous avons consultés témoignaient d'une bonne connaissance des progrès réalisés par les étudiantes.
|
| 5.9 |
Vingt et une étudiantes assistaient aux cours dans la salle principale réservée à cette fin, et huit suivaient les cours offerts à l'unité de garde en milieu fermé au moment de la présente inspection. Le programme mettait l'accent sur la formation de base des adultes en mathématiques, en anglais et en science, et il était dispensé dans le cadre d'une trousse d'apprentissage assisté par ordinateur dotée de manuels.
|
| 5.10 |
Peu de femmes restaient suffisamment longtemps à Nova pour terminer les cours de formation de base des adultes (FBA) d'un niveau supérieur. En 2004-2005, 25 avaient achevé la FBA 1-3 (années 1 à 10.9), quatre avaient complété la FBA 4 (de la 11 e année jusqu'à l'obtention du diplôme secondaire), et une avait achevé le programme d'équivalences secondaires — correspondant au diplôme d'études secondaires générales de 12 e année. Dans notre enquête, 59 % des répondantes estimaient que leurs études, y compris les compétences essentielles qu'elles avaient acquises, les aideraient à leur mise en liberté, comparativement à 47 % en Angleterre et au pays de Galles.
|
| 5.11 |
Quelques femmes ont également suivi des cours par correspondance dans diverses matières. Des organismes de bienfaisance octroyaient un financement pour la poursuite de cours d'enseignement. Une autre source de financement provenait des amendes imposées aux hommes condamnés pour infraction sexuelle. Les étudiantes n'avaient pas accès directement à Internet pour effectuer des recherches.
|
| 5.12 |
Peu de femmes poursuivaient leurs études après la mise en liberté, et il n'y avait pas de liens importants avec les services d'éducation après la mise en liberté. Il y avait certains liens avec le collège communautaire local, lequel offrait l'apprentissage d'aptitudes en informatique et la consultation d'orientation à l'établissement. Il y avait peu de possibilités définies pour les femmes afin qu'elles fréquentent le collège dans le cadre de permissions de sortir sans escorte.
|
| 5.13 |
Trois fois par année, on offrait le programme « Les clés de l'alphabétisation de la famille », qui permettait aux femmes d'enregistrer des livres d'histoires et de les envoyer à leurs enfants en plus de rédiger leur propre histoire. Le cours visait à favoriser l'alphabétisation et la créativité et à apprendre comment interagir positivement avec ses enfants.
|
| |
Services de bibliothèque |
| |
| 5.14 |
La bibliothèque était ouverte de 15 h 30 à 16 h 30 les jours de semaine et de 13 h à 16 h la fin de semaine. Elle était également ouverte cinq soirs, de 18 h 30 à 20 h 30. Les femmes se rendaient à la bibliothèque dans le cadre de leur programme d'orientation. Les services de bibliothèque étaient offerts à l'unité de garde en milieu fermé deux soirs par semaine, et certaines femmes de l'unité étaient également escortées à la bibliothèque. Dans notre enquête, un peu moins de la moitié des répondantes ont dit qu'elles utilisaient la bibliothèque au moins une fois par semaine. Aucune enquête n'a été effectuée auprès des femmes concernant leurs points de vue sur la bibliothèque. Les agents des programmes sociaux fournissaient une mesure approximative de l'utilisation des services de bibliothèque dans les rapports sur les loisirs. Les rapports indiquaient une utilisation relativement faible, généralement de trois à quatre femmes environ chaque soir, mais ces données ne représentaient pas un aperçu exact de la pleine utilisation.
|
| 5.15 |
La bibliothèque était dotée d'une détenue. Les rapports sur les loisirs faisaient mention d'occasions où il n'y avait pas eu de travailleurs à la bibliothèque et que la bibliothèque n'avait pas ouvert ses portes. On disposait de fonds pour un bibliotechnicien à temps partiel, mais le poste n'avait pas été comblé. Un système informatique servait à la gestion des prêts de livres. L'établissement avait reçu des livres grâce à des dons de la bibliothèque locale ainsi qu'une sélection de traités juridiques de la part d'une université. Le coordonnateur des programmes examinait les stocks chaque année et donnait également suite aux suggestions des détenues concernant les nouveaux livres. On consacrait environ 3 000 $ par année aux ressources de bibliothèque, et on considérait qu'il était préférable d'y consacrer cette somme plutôt que d'avoir recours à des services de bibliothèque mobiles.
|
| 5.16 |
La bibliothèque proposait un éventail de traités juridiques et de documents sur les droits de la personne de même que des directives du commissaire et une sélection intéressante de livres sur l'initiative personnelle et l'épanouissement personnel. On retrouvait également un choix de livres portant sur différentes cultures, y compris des sections autochtone, africaine, canadienne et française. La bibliothèque avait deux petites sections concernant les études sur les Autochtones et sur les Noirs. On répondait aux besoins liés aux spécialités, et les femmes avaient aisément accès aux ordinateurs et à divers magazines. Des feuillets d'information sur les dépendances et le soutien à l'intention des groupes minoritaires étaient disponibles dans une pièce à côté de la bibliothèque.
|
| |
Points de décision |
| |
| 5.17 |
Il y aurait lieu d'établir des liens avec le collège local et d'offrir aux étudiantes des possibilités d'y étudier dans le cadre de permissions de sortir sans escorte.
|
| 5.18 |
Il faut offrir l'accès surveillé à Internet.
|
| 5.19 |
Il convient de retenir les services d'une bibliothécaire qualifiée à temps partiel chargée de gérer le fonds de livres et de mettre au point les services de bibliothèque.
|
| 5.20 |
Il convient d'effectuer une enquête annuelle sur l'utilisation de la bibliothèque par les femmes et leurs points de vue à cet égard. |
|
Emploi et compétences professionnelles
|
| |
Résultats escomptés
Les détenues exercent un travail sûr et sont traitées de façon juste. Le travail prépare les détenues à occuper un emploi à la mise en liberté et contribue à réduire la délinquance.
|
| |
| 5.21 |
On s'est efforcé de trouver un juste équilibre entre les possibilités d'emploi et les exigences de la planification correctionnelle. On proposait une formation professionnelle intéressante, y compris un programme innovateur de dressage de chiens, mais pour un nombre relativement faible de femmes. Il convient d'offrir des expériences professionnelles plus substantielles, notamment des possibilités pour les femmes de travailler dans le cadre de permissions de sortir sans escorte dans la collectivité.
|
| 5.22 |
Le Comité des programmes affectait les femmes à une activité en tenant compte de l'équilibre à établir entre les diverses exigences du Programme d'emploi et d'employabilité (PEE), les emplois disponibles ainsi que la planification correctionnelle et les besoins en matière d'éducation. Le PEE, une initiative du SCC qui a vu le jour en 2000, réorientait l'apport du travail et des compétences professionnelles vers la réinsertion sociale et visait « l'employabilité » des femmes. Nova a produit des bulletins documentaires à l'intention du personnel et des détenues au sujet des activités du PEE.
|
| 5.23 |
On a dénombré environ 39 emplois à temps partiel et quatre emplois à temps plein. CORCAN (organisme d'emploi et de formation du SCC à l'intention des délinquants) offrait également des projets occasionnels au même titre qu'un éventail de cours d'acquisition de compétences professionnelles. Il y avait suffisamment de travail disponible pour la population actuelle. Toutefois, la plupart des emplois avaient trait au nettoyage et à l'entretien général et ne procuraient pas une expérience professionnelle pertinente et des qualifications monnayables. L'approche souple face à la gestion du travail permettait aux femmes de participer à des cours et à des programmes. On incitait les femmes qui vivaient en MVS et qui participaient à des cours sur le comportement et les aptitudes intellectuelles à prendre un travail au sein de la population carcérale générale.
|
| 5.24 |
Les emplois étaient annoncés et ouverts à toutes. On s'efforçait de simuler le monde réel de l'emploi au moyen d'annonces, de descriptions d'emploi et de demandes d'emploi. Toutefois, la réussite des demandes d'emploi ne faisait l'objet d'aucune surveillance continue.
|
| 5.25 |
Les niveaux de rémunération étaient reliés non pas seulement au travail, mais également à l'attitude coopérative et aux progrès réalisés par rapport au plan correctionnel. Les détenues qui réalisaient des progrès constants obtenaient une rémunération plus élevée. Celles participant à des affectations aux programmes liés à leur plan correctionnel qui avaient continué de réaliser des progrès ces derniers temps étaient rémunérées au niveau C (5,80 $ par jour) ou plus. Cela correspondait à 78,2 % de la population et comprenait 16,4 % au niveau élevé (6,90 $) qui avaient maintenu des progrès continus. Une autre tranche de 10,9 % se situait au niveau le plus bas (5,25 %), car les femmes avaient accepté un travail, mais avaient refusé de participer à un autre programme. Les 10,9 % restants — qui n'étaient pas en mesure de participer à un programme pour des raisons échappant à leur contrôle — touchaient une allocation quotidienne de 2,50 $.
|
| 5.26 |
Les liens avec la planification correctionnelle étaient adéquats pour ce qui est de reconnaître les compétences que les femmes acquéraient au travail. Les surveillants au travail devaient établir les normes pour chaque emploi et rédiger les rapports d'évaluation des progrès des détenues. Le rapport indiquait toutes les compétences acquises et fournissait une rétroaction aux femmes, par exemple, communication efficace, ponctualité et résolution de problèmes. Tous les surveillants au travail étaient désormais tenus de suivre un cours de formation de trois jours intitulé Gestion des délinquants en milieu de travail.
|
| 5.27 |
Au cours des huit premiers mois de 2005, il n'y a eu que trois placements à l'extérieur. Un groupe de femmes a participé à un programme de nettoyage des graffitis (Walls Anew), en partenariat avec le service de police de Truro. À leur mise en liberté, les femmes ont fait l'objet d'un renvoi à CORCAN. |
| |
Compétences professionnelles |
| |
| 5.28 |
Les femmes avaient la possibilité, mais pas suffisamment, d'acquérir un éventail intéressant de compétences professionnelles leur permettant de décrocher un emploi en suivant une formation dans des domaines comme l'horticulture, le contrôle de la circulation et le programme de dressage de chiens. La formation était clairement axée sur l'acquisition de compétences monnayables.
|
| 5.29 |
Le travail en horticulture était saisonnier, de mai à novembre. Le Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse délivrait les certificats dans ce domaine. Les étudiantes suivaient une formation par modules dans le but d'obtenir divers certificats, y compris en techniques d'aménagement paysager et en travail dans un centre de jardinage. Neuf femmes avaient obtenu les certificats au cours de l'année précédente.
|
| 5.30 |
Les cours sur la signalisation des lieux de travail et le contrôle de la circulation avaient lieu trois fois par année. Vingt femmes avaient réussi le cours de contrôle de la circulation entre juillet 2004 et août 2005. L'organisme qui offrait le cours était en mesure de proposer un emploi aux femmes à la mise en liberté, ce qui réduisait leurs obstacles à l'obtention d'un emploi à rémunération raisonnable. Deux femmes avaient réussi à décrocher un emploi dans le cadre de cette formule. Cinq femmes avaient suivi un cours utile sur la conduite de chariot élévateur à fourche, mais le cours n'avait été offert qu'une fois.
|
| 5.31 |
Nous avons été particulièrement impressionnés par le programme de dressage de chiens, offert depuis dix ans et très populaire. C'était le seul à être offert dans une prison canadienne. Le programme en trois étapes enseignait aux femmes un large éventail d'habiletés ayant trait au dressage de chiens et fournissait aux personnes ayant des besoins spéciaux des chiens de service dressés. La collectivité locale était associée au programme, lequel permettait aux femmes d'acquérir diverses compétences psychosociales et offrait de véritables possibilités d'emploi à la mise en liberté, notamment prendre soin des chiens de propriétaires qui travaillent, travailler dans une clinique vétérinaire et dans les animaleries. Nous avons entendu un témoignage émouvant concernant les avantages du programme de la part de la mère d'un enfant autiste qui avait reçu un chien de service dressé à la prison et qui avait visité régulièrement Nova avec sa famille. Neuf femmes ont achevé la phase un, et trois ont achevé la phase deux, entre juillet 2004 et août 2005. En raison de la durée de l'incarcération des femmes à Nova, peu avaient achevé les trois phases, soit quatre depuis 1999.
|
| 5.32 |
Aucune évaluation officielle des besoins n'avait eu lieu dans le but de vérifier si le travail offert était pertinent pour la population, mais les compétences professionnelles étaient axées sur les marchés du travail désignés.
|
| 5.33 |
Il y avait d'autres cours reconnus, de brève durée, liés au travail. Dix-neuf femmes avaient suivi une formation concernant le Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) au cours de l'année précédente, et sept avaient achevé le programme Superhost, une formation d'une journée à l'intention du personnel de première ligne dans l'industrie des services. Au cours des 12 mois précédents, quatre femmes avaient réussi un cours de formation pour les concierges qui comprenait également un volet sur l'entrepreneuriat pour celles qui envisageaient le travail autonome. On propose également des cours de base en hygiène alimentaire et en premiers soins.
|
| 5.34 |
Les femmes étaient désignées pour les cours de formation professionnelle pertinents et inscrites sur des listes d'attente, mais ces listes étaient courtes — la plupart ne comprenaient que le nom de six femmes attendant d'obtenir une place. La plupart des femmes étaient en mesure de participer et d'achever les cours de formation professionnelle pour lesquels elles avaient présenté une demande. Dans notre enquête, 62 % ont déclaré que les compétences qu'elles avaient acquises à Nova les aideraient à la mise en liberté. |
| |
Points de décision |
| |
| 5.35 |
Il convient de surveiller les processus de demande d'emploi et de nomination.
|
| 5.36 |
On doit offrir plus de possibilités de placements à l'extérieur. |
|