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Réponse et plan d’action du SCC suite à l’inspection des établissements Nova pour femmes et Grand Valley pour femmes par le Bureau d’inspection des prisons de Sa Majesté
SITUATION ACTUELLE
Des pratiques et des procédures, dont une séance d’orientation et un guide détaillé à l’intention des détenues, ont été mises en place dans les établissements pour femmes afin d’aider les nouvelles détenues à se familiariser avec le milieu carcéral. Durant sa première journée/nuit à l’établissement, la détenue a accès à des membres du personnel, qui peuvent répondre à ses questions ou préoccupations, y compris durant les patrouilles dans les unités résidentielles.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Les intervenants de première ligne suivent une formation initiale et de recyclage centrée sur les femmes, destinée à perfectionner leurs habiletés à exercer efficacement leurs fonctions. Le rôle des intervenants de première ligne (IPL) revêt une importance cruciale, car ils sont les employés du SCC qui interviennent directement et quotidiennement auprès des délinquantes dans les établissements.
Pendant la dernière décennie, des exigences et des procédures plus rigoureuses en matière de sécurité ont dû être établies dans tous les établissements du SCC, y compris les établissements pour femmes, afin de contrer notamment l’introduction d’objets interdits, particulièrement la drogue, dans les établissements. Ce problème, qui n’était pas une source de préoccupation importante au moment de la publication du rapport intitulé La Création de choix, constitue maintenant un facteur déterminant qui compromet la sécurité de nos établissements. Les fonctions supplémentaires liées à la sécurité et la nécessité de consacrer beaucoup de temps à la préparation de rapports sur la gestion des cas ont eu une incidence directe sur le temps dont disposent les IPL pour interagir directement avec les délinquantes.
Avant l’inspection menée aux établissements Nova et Grand Valley, on avait entrepris un examen du rôle des IPL dans le cadre des examens opérationnels et des discussions avec les représentants du personnel et des syndicats. En juin 2006, à l’issue de ces examens et discussions, les responsabilités relatives à la préparation de rapports sur la gestion des cas et à la présentation de recommandations à la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) ont été cédées des IPL aux agents de libération conditionnelle en établissement. Cela permettra aux IPL de passer plus de temps dans les secteurs où les délinquantes peuvent les voir et d’avoir des interactions avec ces dernières dans divers milieux comme les maisons, les secteurs de programmes et la cour. Cela contribue également à établir un meilleur équilibre entre les responsabilités liées à la gestion des cas et les besoins continus en ce qui concerne la sécurité active et passive. Même si les IPL ne s’occupent plus des interventions se rapportant à la CNLC, ils continueront de participer activement au processus de gestion des cas et de réinsertion sociale. On continuera de leur confier un certain nombre de cas de délinquantes, et ils seront responsables d’autres rapports et activités sur la réinsertion sociale.
Les conclusions de l’inspection appuyaient celles des initiatives déjà entreprises en ce qui concerne le rôle des IPL.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Le SCC a atteint l’objectif important d’instaurer au Canada un régime correctionnel plus équitable pour les délinquantes et mieux adapté à leurs besoins en ouvrant, à compter de 1995, cinq établissements régionaux pour femmes ainsi qu’un pavillon de ressourcement pour délinquantes autochtones. Le plan et la structure des nouvelles installations sont fondés sur un modèle résidentiel autonome d’unités d’habitation qui vise à favoriser un environnement sain propice au changement, lequel permet aux délinquantes de faire des choix significatifs et responsables dans leur vie quotidienne. L’absence de personnel à temps plein des unités d’habitation, à l’exception des unités en milieu de vie structuré et des unités de garde en milieu fermé, est le reflet d’un modèle correctionnel qui renforce l’autonomie des délinquantes et favorise le partage des responsabilités. Cependant, un des résultats inattendus de ce modèle est l’accroissement de l’étendue des cas d’intimidation et des possibilités de tels incidents parmi les délinquantes, y compris l’usage de la force. Bien que les voies de fait soient également par définition une forme d’intimidation, l’identification et l’intervention dans de tels cas sont facilitées par la présence habituelle d’indices physiques, par exemple des ecchymoses. Une intervention immédiate s’impose dans ces cas pour assurer la sécurité de toutes les parties concernées.
En raison de l’incidence de l’intimidation sur la sécurité des opérations, le Plan d’activités du SCC établit cinq priorités stratégiques pour les trois prochaines années, y compris la sécurité du personnel et des délinquants dans les établissements. Cette priorité stratégique constituera le fondement du plan d’action visant à donner suite à cette recommandation.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Les délinquantes doivent absolument être évaluées et se voir attribuer une cote de sécurité basée sur un processus intégré d’évaluation initiale faisant appel à des outils actuariels et au jugement d’employés spécialisés et d’expérience, plutôt que sur une seule méthode d’évaluation. La recherche a également confirmé l’importance d’avoir des outils de classement reconnaissant les différences entre les sexes et des programmes destinés aux délinquantes. Ces dernières années, divers intéressés et auteurs de rapports externes (en particulier le Comité des comptes publics de novembre dans son rapport de 2003 et la Commission canadienne des droits de la personne dans son rapport de janvier 2004) ont fait des recommandations au SCC à l’appui d’outils et de programmes améliorés à cet égard. À cette fin, un certain nombre d’outils et de programmes ont été élaborés.
Outils
L’Échelle de réévaluation du niveau de sécurité pour les délinquantes (ERNSD), qui fait entrer en ligne de compte les besoins particuliers des femmes, a été examinée par un comité d’experts de l’extérieur et mise en œuvre à l’échelle nationale en septembre 2005. D’après l’essai sur le terrain, qui a duré trois ans, l’ERNSD est valide et fiable pour les femmes autochtones aussi bien que pour les femmes non autochtones. Tous les examens de réévaluation comportent maintenant l’application de l’ERNSD.
Le SCC a retenu les services d’experts de l’extérieur à contrat pour élaborer un outil de classement initial destiné explicitement aux délinquantes. Il s’agit d’un projet pluriannuel en raison de la complexité de l’élaboration d’un outil et de la nécessité d’effectuer de longs essais pratiques afin de recueillir suffisamment de données, le nombre de femmes incarcérées chaque année étant relativement peu élevé. L’outil sera conçu de manière à être valide tant pour les délinquantes autochtones que pour les autres délinquantes.
MESURES
Programmes
Comme il est indiqué dans la Stratégie des programmes pour délinquantes (2004), l’élaboration et la mise à jour des programmes à l’intention des délinquantes s’appuient sur les résultats de recherches sexospécifiques, les besoins relatifs aux facteurs criminogènes et les principes axés sur les femmes.
En mars 2005, le SCC a mis sur pied un comité national des programmes pour délinquantes autochtones chargé d’orienter l’élaboration et la mise en application de programmes destinés à répondre aux besoins propres à ces femmes.
L’élaboration de nombreux programmes et initiatives d’intervention auprès des délinquantes font appel à des groupes de travail nationaux composés entre autres de représentants d’interlocuteurs et de membres du personnel opérationnel qui veillent à ce que l’on satisfasse aux besoins des délinquantes.
Le programme Sentiers autochtones est offert à l’Établissement de la vallée du Fraser de la région du Pacifique, où environ 45 % de la population carcérale est autochtone. Il a aussi été mis en oeuvre récemment à l’Établissement d’Edmonton pour femmes, où les délinquantes autochtones forment 55 % de la population carcérale. Le Service crée un milieu favorisant l’accès de ces dernières à des services adaptés sur le plan culturel grâce à un train de programmes, d’activités et de cérémonies spirituelles explicitement autochtones, de l’évaluation initiale jusqu’à l’expiration du mandat, en passant par la mise en liberté dans la collectivité.
Le SCC a également mis en œuvre, à l’intention des délinquantes autochtones classées au niveau de sécurité maximale, un processus d’engagement relatif au cheminement de guérison. Le processus est mené par des employés autochtones et des Aînés, qui interviennent au niveau individuel auprès des femmes afin d’élaborer un plan culturellement adapté ciblant les besoins et domaines de préoccupation particuliers de ces dernières. Il vise à réduire le niveau de sécurité en vue d’un transfèrement au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci.
Étant donné le nombre de délinquantes autochtones classées au niveau de sécurité maximale à l’EEF, une aire leur a été réservée pour leur permettre de participer à des activités spirituelles dans l’unité de garde en milieu fermé.
MESURES
Plusieurs nouveaux programmes sont en cours d’élaboration ou de mise en œuvre, y compris les suivants :
SITUATION ACTUELLE
Bien que l’analyse formelle et le suivi des tendances se fassent généralement aux niveaux national et régional, certaines pratiques établies dans les établissements pour femmes aident à dégager des préoccupations et courants touchant les questions de race et d’origine ethnique. Dans les établissements où les délinquantes ont formé un groupe, comme l’Association des détenus de race noire, des délinquantes représentant le groupe participent à des réunions avec la directrice de l’établissement, en tant que membres du comité de détenues. Cela crée une tribune formelle permettant d’examiner les questions préoccupantes et d’apporter les modifications nécessaires aux pratiques de l’établissement. En outre, la taille relativement petite de la population carcérale des établissements pour femmes donne aux employés la possibilité d’entretenir des rapports avec les délinquantes et de mieux comprendre les préoccupations et tendances liées aux questions raciales et ethniques.
Les établissements pour femmes ont traditionnellement compté un faible nombre de délinquantes appartenant à des minorités visibles et connu peu de problèmes liés à l’origine raciale; les principales préoccupations ont gravité autour des besoins en matière de langue, de régime alimentaire et de produits hygiéniques appropriés. Un certain nombre de mesures ont été mises en place pour y répondre, y compris le recours à des interprètes et l’offre des aliments ethniques ou articles spécialisés demandés.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Sécurité maximale
Le processus de classement selon le niveau de sécurité est d’une importance cruciale pour de nombreuses raisons, notamment l’incidence possible sur l’environnement physique, les privilèges et le potentiel de réinsertion sociale. Pouvoir comprendre et différencier les délinquants en fonction du risque qu’ils présentent pour les autres est essentiel pour la sécurité du personnel et des délinquants ainsi que pour le fonctionnement de l’établissement. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et de son règlement d’application en 1992, le SCC doit attribuer à chaque délinquant une cote de sécurité selon les catégories dites minimale, moyenne et maximale. La cote de sécurité est fondée sur l’évaluation du risque d’évasion que présente le délinquant, du risque pour la sécurité publique advenant une évasion et de l’adaptation à l’établissement. Cette évaluation fait en sorte que la directrice de l’établissement place une délinquante dans un environnement qui, sur le plan de la sécurité, offre le régime de contrôle, de surveillance, de programmes et de services requis, compte tenu de sa cote de sécurité, et qui est destiné à aider la délinquante à réduire sa cote de sécurité, s’il y a lieu, et à se préparer afin que sa réinsertion sociale se fasse en toute sécurité. Dans les établissements pour femmes, la politique du SCC est de placer les délinquantes dites « à sécurité maximale » dans les unités de garde en milieu fermé.
Bien que la cote de sécurité des délinquantes doive être examinée annuellement, il importe de noter que la cote de sécurité des délinquantes dites « à sécurité maximale » fait l’objet d’un suivi plus étroit; en effet, la cote de sécurité de ces délinquantes est examiné tous les six mois afin d’évaluer dans quelle mesure chaque délinquante a changé et la possibilité d’une réévaluation de la cote de sécurité.
MESURES
Stratégie multidisciplinaire comprenant un soutien en santé mentale
Chacun des établissements pour femmes, à l’exception du Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci, comporte une unité en milieu de vie structuré servant à loger des délinquantes dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » qui ont des habiletés cognitives très limitées ou dont l’état de santé mentale suscite des préoccupations. L’équipe multidisciplinaire de traitement psychiatrique qui travaille dans l’unité en milieu de vie structuré est responsable de la gestion globale du cas de chaque délinquante et collabore étroitement avec d’autres secteurs de l’établissement.
De plus, chacune des unités de garde en milieu fermé compte une équipe multidisciplinaire qui assure la gestion globale des délinquantes qui y sont logées. Cette équipe s’assure que le personnel de l’unité se penche sur les problèmes liés à la santé mentale, aux programmes, à la réinsertion sociale et à la sécurité, et elle communique les renseignements pertinents au personnel d’autres secteurs de l’établissement.
MESURES
Comité consultatif d’experts
En ce qui concerne l’examen des conditions de détention des délinquantes en isolement, y compris celles qui sont placées en isolement en vertu du Protocole de gestion, le SCC a récemment mis sur pied, dans le cadre d’un projet pilote d’une durée de deux ans et en réponse à la recommandation 6b) du rapport de la Commission canadienne des droits de la personne, un comité consultatif sur l’isolement à l’Établissement d’Edmonton pour femmes. Le comité est chargé d’examiner le cas des délinquantes placées en isolement pendant plus de 30 jours consécutifs et des délinquantes dont le séjour cumulatif en isolement dépasse 60 jours au cours d’une année. Les cas examinés comprennent ceux des délinquantes visées par le Protocole de gestion. Le comité a pour objectif de proposer des solutions de rechange raisonnables à l’isolement à court et à long terme, qui s’inscrivent dans le contexte de la gestion des risques acceptables.
Le comité est composé d’un employé du SCC et de deux membres de l’extérieur qui ont une connaissance et une expérience des délinquantes autochtones et des problèmes de santé mentale. On a effectué deux examens et on a élaboré un cadre d’évaluation.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
En tant qu’établissements multisécuritaires, les établissements pour femmes accueillent des délinquantes classées aux niveaux de sécurité minimale et de sécurité moyenne dans un milieu de vie communautaire. Le SCC fait donc face au défi de s’assurer qu’une distinction est faite en ce qui concerne la gestion des femmes classées au niveau de sécurité minimale et leur accès à la collectivité.
Les responsables des établissements pour femmes explorent des possibilités avec les entreprises locales afin d’accroître les permissions de sortir sans escorte (PSSE) et les placements à l’extérieur. De 2004-2005 à 2005-2006, il s’est produit une augmentation marquée du nombre de placements à l’extérieur pour les délinquantes; en outre, les PSSE en vue de la participation à des programmes forment la plus grande part de cette forme de mise en liberté.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Le SCC a une politique détaillée concernant l’utilisation du matériel de contrainte rigide et souple à l’intérieur et à l’extérieur des établissements. La politique vise à assurer la sécurité du personnel, des détenus en général et du public par l’utilisation adéquate du matériel de contrainte comme mesure de contrôle temporaire.
La politique du SCC autorise l’utilisation d’entraves dans des circonstances très précises et exige une évaluation du risque personnalisée faisant entrer en ligne de compte la nécessité de s’assurer qu’on a recours aux mesures les moins restrictives tout en veillant à la protection du public, des membres du personnel et des délinquants. De plus, les intervenants de première ligne reçoivent une formation sur l’utilisation du matériel de contrainte et la nécessité d’adopter une approche axée sur les femmes au moment d’utiliser le matériel.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Pour donner suite aux recommandations découlant d’examens externes, le SCC a davantage concentré son attention sur l’emploi et l’employabilité des délinquantes. La Direction de la recherche du SCC a réalisé une enquête sur les besoins en emploi des femmes incarcérées et des femmes en liberté sous condition. Les renseignements qu’a permis de recueillir ce sondage ont servi de fondement à l’élaboration par le SCC de l’ébauche de la Stratégie nationale d’emploi pour les délinquantes. Cette stratégie vise à accroître les possibilités d’emplois durables et valorisants pour les délinquantes, pendant leur incarcération et une fois libérées, afin de contribuer à leur réinsertion sociale.
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Le SCC reconnaît la valeur des relations familiales et communautaires, et il est d’avis que le fait d’établir et de préserver ces relations positives aide normalement les délinquants à se réintégrer dans la société en tant que citoyens respectueux des lois.
Le SCC a manifesté un soutien important envers les familles par le truchement d’une certain nombre d’initiatives s’appliquant dès l’admission et se poursuivant dans la collectivité, y compris les suivantes :
Chaque année, le SCC offre un financement sous forme de contribution à divers organismes bénévoles à l’échelle du Canada afin d’appuyer le travail qu’ils accomplissent dans le but de répondre aux besoins des familles des délinquants, notamment :
MESURES
SITUATION ACTUELLE
Au cours des dernières années, divers organismes ont fait des recommandations au sujet des mécanismes de surveillance dans le système correctionnel, y compris la Commission canadienne des droits de la personne et le Bureau de l’enquêteur correctionnel. Le SCC et les parties intéressées ont par conséquent discuté de ces questions, notamment de celles de l’examen des cas d’isolement, du processus de règlement des griefs et d’un organe de redressement externe pour les délinquants purgeant une peine de ressort fédéral.
Le SCC n’envisage donc pas actuellement l’établissement d’autres mécanismes de surveillance. Il continuera plutôt à se concentrer sur le renforcement des mécanismes en place dans le système correctionnel, qui sont conformes aux principes d’un mécanisme de prévention national prévu par la Convention de l’ONU contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
MESURES
Vu les mécanismes de surveillance en place et compte tenu de ce qui précède, aucune autre mesure ne sera envisagée à l’heure actuelle.