« Maître, quel est le grand commandement dans la Loi? » Jésus lui déclara : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cour, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est là le grand, le premier commandement. Un second est aussi important : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes ». Matthieu 22, 36-40 (Traduction ocuménique de la Bible, Éditions du Cerf, 1987)
Des obligations s'ensuivent lorsqu'une personne a causé des torts ou qu'elle n'a pas réussi à « aimer ton prochain comme toi-même ». À la suite d'un acte criminel ou d'un comportement destructeur par une personne, il faut se demander comment réparer le mal et éviter d'y ajouter.
La justice réparatrice est axée sur la façon de faire face à une situation où on ne réussit pas à aimer son prochain. Les personnes qui sont le plus gravement éprouvées par les torts causés doivent trouver la guérison, celles qui ont causé des torts, assumer réellement la responsabilité de leurs actes, et la collectivité dans son ensemble, veiller à la santé, à la sécurité et à la sûreté de toutes les personnes en cause.
On ne peut atteindre les objectifs de ce genre par des moyens qui imposent une punition, ou une douleur comme un bien en soi. Si, au lieu de blâmer et de punir, on se concentre sur le rétablissement des relations, on encourage chaque personne à être responsable de son comportement et à apprendre des répercussions de son comportement sur les autres.
Questions de réflexion :
La justice réparatrice est centrée sur les besoins des victimes - ce sont elles, plutôt que les tribunaux, qui déterminent le rythme et l'orientation du processus de justice ainsi que les résultats escomptés. Ce sont les victimes qui déterminent les services de soutien et le dédommagement dont elles ont besoin. De plus, elles ont la possibilité de poser des questions directement aux personnes qui les ont blessées et cela les amène souvent à vivre une certaine forme de guérison ou à pouvoir passer à autre chose.
Le premier et le plus grand des commandements est d'aimer, non de pardonner. Pour certaines victimes, choisir de laisser tomber la rancune et l'amertume constitue une étape importante du processus de guérison. Le pardon naît dans le cour d'une personne lorsqu'elle souhaite explorer cette avenue. Elle doit elle-même prendre en main cette partie de son cheminement. Les approches de la justice réparatrice peuvent créer une atmosphère où le pardon devient possible, sans pour autant le rendre obligatoire.
Questions de réflexion :
Presque toutes les personnes sous surveillance judiciaire (y compris celles en prison) ont vécu en marge de nos collectivités et ont été confrontées à des préjudices importants. Souvent, le fait que la société ne parvient pas à faire preuve d'amour envers eux accroît le risque de créer un milieu qui les amène à commettre des actes criminels. Pour sa part, le système judiciaire ne donne pas vraiment l'occasion aux délinquants de comprendre les conséquences de leurs actes ni de s'attaquer efficacement aux problèmes qui sont à l'origine de leurs comportements.
Le processus de la justice réparatrice aide les collectivités à rendre les délinquants responsables de leurs actes. La majorité de ceux qui acceptent de participer au processus affirme que la rencontre de la personne à qui ils ont fait du mal, dans un contexte réparateur, est la chose la plus difficile à faire de leur vie, beaucoup plus difficile que de purger leur peine d'emprisonnement. La possibilité du face-à-face qui est ainsi offerte aux délinquants, pour prendre pleinement conscience des conséquences de leurs actes en rencontrant leurs victimes, est porteuse d'un grand potentiel de changement pour eux. Les ententes écrites conclues dans un processus de justice réparatrice exigent des délinquants qu'ils prennent des mesures pour réparer leurs torts, comme fournir un dédommagement direct à leurs victimes, poursuivre leurs études, se trouver un emploi valable, remédier à leurs problèmes de toxicomanie, recevoir des soins médicaux ou du soutien.
Questions de réflexion :
Oui. Des études récentes* montrent que les programmes de justice réparatrice ont eu une incidence positive importante sur la sécurité, la santé et le niveau de satisfaction des personnes vivant dans les collectivités où ces programmes ont été appliqués. Grâce aux programmes, les victimes sont capables de passer à autre chose, les délinquants peuvent se racheter, car ils assument la responsabilité de leurs actes et ont établi de nouvelles relations, et les collectivités trouvent un apaisement. Pour toutes ces raisons, et pour d'autres encore, des membres des communautés chrétiennes et des autres groupes confessionnels, des défenseurs des droits des victimes, des membres des services de police, du système judiciaire et du système d'éducation, des bénévoles engagés dans leur collectivité, ainsi que le Service correctionnel du Canada, sont favorables à la justice réparatrice.
Une prière pour la justice :
(Veuillez noter que la rédaction du texte et des questions du présent dépliant a pour but de nourrir la réflexion personnelle ou la discussion en groupe au sujet de la place de la justice réparatrice dans une perspective chrétienne.)
Soyez libre d'adapter ce contenu selon vos besoins confessionnels.
*Pour de plus amples renseignements concernant les recherches récentes sur la justice réparatrice consultez le document suivant : http://www.smith-institute.org.uk/pdfs/RJ_full_report.pdf (en anglais seulement).
Pour de plus amples renseignements sur la justice réparatrice, consultez le site Web du Prison Fellowship International à l'adresse suivante : http://www.restorativejustice.org/.
Pour mieux comprendre le processus de la justice réparatrice et pour de plus amples renseignements sur la Semaine de la justice réparatrice, consultez le site Web du SCC à l'adresse suivante : http://www.csc-scc.gc.ca/text/rj/rj2007/lett-fra.shtml.
Pour trouver des ressources concernant les groupes confessionnels : http://www.csc-scc.gc.ca/text/prgrm/chap/faith/index-fra.shtml.
Le présent dépliant a été préparé par le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie et des représentants des groupes confessionnels qui l'appuient, en collaboration avec le Service correctionnel du Canada (ChaplaincyG@csc-scc.gc.ca).