La justice réparatrice permet de remédier à notre incapacité de nous aimer les uns les autres. Elle vise surtout à réparer les torts causés par le crime. Ainsi, les personnes les plus touchées par le comportement destructeur et les auteurs de l'acte criminel sont les principaux acteurs qui détermineront les solutions. La responsabilisation constructive de l'auteur du tort et l'expérience de guérison de la victime sont essentiels, tout comme la participation de la collectivité, pour ce qui est d'appuyer les personnes concernées et s'occuper d'elles.
L'histoire de la victime et ses appels à la justice sont importants et primordiaux pour la pratique de la justice. Les approches réparatrices placent au centre du processus les besoins des personnes blessées, qui peuvent ainsi diriger le rythme, l'orientation et les résultats (ce qu'elles ne pourraient pas faire dans un tribunal). Lorsque les personnes blessées participent courageusement aux processus de réparation, la personne qui les a blessées peut alors constater les conséquences humaines de ses actes et en assumer la responsabilité. Cette responsabilisation directe peut être satisfaisante pour tous.
La plupart des programmes de justice réparatrice nous présentent l'histoire de personnes qui estiment que la rencontre avec leur victime est la chose la plus difficile à faire de leur vie, beaucoup plus difficile que la peine à purger. La responsabilisation personnelle est un excellent moyen de favoriser le changement de comportement.
Presque toutes les personnes sous surveillance judiciaire (y compris celles incarcérées) sont touchées par des facteurs comme la pauvreté, les troubles mentaux, les traumatismes crâniens et/ou retards du développement, la toxicomanie chronique et/ou dépendance, le chômage et le manque d'instruction. Pour sa part, le système judiciaire ne donne pas vraiment l'occasion aux délinquants de comprendre les conséquences de leurs actes ni de s'attaquer efficacement aux problèmes qui sont à l'origine de leurs comportements.
Les processus réparateurs peuvent aider les collectivités à comprendre ces facteurs et inciter les personnes à les traiter directement.
Des obligations s'ensuivent lorsqu'une personne cause des torts, et il faut s'en acquitter. En fait, il faut encourager la personne à assumer ses responsabilités afin de réparer directement le préjudice et l'aider à prévenir les comportements destructeurs, au lieu de causer de la souffrance pour le simple but de faire souffrir. En cessant de mettre l'accent sur le « blâme » et la « punition », nous incitons toutes les personnes à être honnêtes et responsables de leurs actes et à tirer des leçons des conséquences. On ne peut atteindre les objectifs de réparation au moyen des méthodes punitives : dans la justice réparatrice, le processus est aussi important que le résultat.
Bien que les approches réparatrices favorisent le pardon, celui ci n'est jamais le but réel visé. Si tel était le cas, les victimes seraient alors obligées de pardonner, obligation que la justice réparatrice ne préconise pas.
Le pardon est complexe et personnel. Il vient du cour d'une personne, au moment où celle ci désire l'envisager et l'accorder. C'est elle qui entreprend et dirige le processus. On dit que pardonner c'est abandonner tout espoir d'améliorer le passé, et, pour certains, il s'agit d'une étape importante vers la guérison.
Oui, selon les études*, les programmes de justice réparatrice ont influé de manière importante et positive sur la sécurité, la santé et le niveau de satisfaction des collectivités qui les ont utilisés et sur leur expérience de la justice.
*Pour de plus amples renseignements concernant les recherches récentes sur la justice réparatrice, veuillez consulter le document suivant : www.smith-institute.org.uk/pdfs/RJ_full_report.pdf
Le présent dépliant a été préparé pour le Service correctionnel du Canada par le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie, en collaboration avec des représentants des groupes confessionnels qui rendent leur soutien. ChaplaincyG@csc-scc.gc.ca www.csc-scc.gc.ca/text/rj/rj2007/lett-fra.shtml
1 « L'attrait de l'affiche de La Règle d'or tient de la simplicité, de l'universalité et de la puissance de son message. » Pour l'affiche qui présente 13 religions voir www.scarboromissions.ca/Interfaith_dialogue/sacred_text.php#english « Partout où on la trouve, elle réalise la tâche [spirituel] de la guérison, de l'unité et de la réconciliation. »