
« La consigne "aimez vos ennemis" est à la base de la décision de cesser de répondre au tort qui nous est fait par la violence. Ce principe nous guide dans la recherche de façons constructives de réagir à la souffrance et à la perte. La mort de Jésus-Christ est l'exemple ultime de cette attitude. Le pouvoir de Dieu l'a ramené à la vie et, ainsi, a fait surgir d'un acte de vengeance la réconciliation. Nous sommes à présent obligés non seulement de refuser de faire du tort à nos propres agresseurs, mais aussi d'être une collectivité où tous les membres s'entraident - les victimes et les délinquants - afin d'établir des relations sereines, exemptes de souffrance. »
-Un mennonite
En tant que chrétiens, nous prenons la vie de Jésus comme exemple. Nos perceptions du monde sont diverses et définies par nos préoccupations et nos aspirations : il y a des chrétiens qui privilégient l'évangélisation, d'autres, la contemplation, certains ont à cœur la justice sociale, d'autres mettent l'accent sur les sacrements, etc. Les définitions varient et nous sommes souvent fiers de notre association rassurante avec un « type » de chrétienté. Mais comment vivre le principe de la justice réparatrice dans le cadre d'une conception plus large de la chrétienté? Dans quelle mesure sommesnous touchés par les questions de responsabilité, de maintien de la paix et de pardon? Comment encourageonsnous l'accueil des gens qui ont moins de chance et un dévouement à leur égard?
Il est peutêtre encore plus difficile de savoir comment mettre en pratique cette conception chrétienne de la justice à l'échelle d'une collectivité plus large. Comment créonsnous des relations satisfaisantes avec nos semblables, de manière à « les aimer comme nousmêmes »? Enfin, comment prouvonsnous que nous aimons nos ennemis, que nous leur pardonnons et que nous renouons les liens - au lieu de prendre les armes ou d'avoir recours à des fusils ou à des barreaux pour nous protéger?
Voici les réflexions de quelques chrétiens, en fonction de leurs préoccupations et de leurs aspirations. Nous espérons qu'elles vous encourageront à réfléchir.
Les quakers, aussi appelés « Seekers », croient que chaque personne possède en elle une part de Dieu; c'est cela qui nous lie tous, qui reflète le mystère de l'Inconnaissable. Au fur et à mesure que nous tentons de connaître les autres et de connaître Dieu, nous devenons infiniment responsables devant l'Esprit et devant les autres. À cause de notre nature humaine, imparfaite, nous sommes aussi amenés à blesser les autres. La façon dont nous nous réconcilions au sein de relations imparfaites devient un acte sacré. Nous devons aimer et comprendre les autres, particulièrement dans les moments les plus difficiles, et, avec l'aide de Dieu, nous devons être curieux et faire preuve de grâce et d'indulgence.
- Un membre de La Société religieuse des amis (Quakers)
Les principes de la justice réparatrice sont tirés de l'Ancien Testament et des enseignements de Jésus. Cette philosophie repose sur le rétablissement de relations brisées et la réparation des crimes commis dans une collectivité et est fondée sur la croyance selon laquelle personne n'est irrécupérable.
L'amour de Dieu, exprimé par l'amour que nous éprouvons pour nos semblables, définit la justice réparatrice. Celle-ci mène à des pratiques qui permettent d'entrevoir ce que signifie la paix biblique (shalom). On peut connaître cette paix en rétablissant l'harmonie entre les gens et Dieu par un engagement renouvelé envers Jésus Christ.
- Un membre de l'Église chrétienne réformée
William Booth, fondateur de l'Armée du Salut, a élaboré des services de pastorale en milieu correctionnel fondés sur l'aide aux détenus, une aide qui leur permettrait de connaître le salut de Dieu. Aujourd'hui, l'Armée du Salut croit toujours qu'une approche réparatrice de la justice pénale - qui cherche à tenir un délinquant responsable de ses actes tout en travaillant à guérir la victime, le délinquant et la collectivité et à leur apporter un sentiment de plénitude - est la meilleure approche pour toutes les parties.
- Un membre de l'Armée du Salut
Le monde est déjà sauvé et restauré par le sacrifice du Christ sur la croix, qui est ressuscité d'entre les morts et est retourné auprès du Père pour nous transmettre la plénitude de l'Esprit Saint. Mais c'est à nous de l'appliquer dans notre vie personnelle, dans notre vie familiale, dans notre collectivité et finalement dans notre monde pour que la PLÉNITUDE du Christ soit dans son Corps tout entier. Le Christ accueille puis guérit et pardonne pour redonner ou donner pour une première fois la dignité aux exclus, car il veut que nous soyons un comme le Père et Lui sont un. C'est la condition essentielle au rétablissement de l'équilibre dans l'univers : que chacune et chacun vivent de la Parole de Dieu et la mette en pratique. C'est ça faire la promotion de la justice réparatrice.
- Un catholique francophone
Le premier livre du Nouveau Testament, l'évangile selon Matthieu, donne le ton au ministère de la réconciliation de Jésus et nous encourage à rechercher À TOUT PRIX la paix, la réconciliation et le pardon à l'égard de tout acte répréhensible posé par nous ou contre nous. Dans le sermon de Matthieu sur les Béatitudes (5: 3-48), Jésus nous enseigne clairement la paix, la réconciliation et l'amour de nos ennemis.
- Une protestante évangéliste
>
Ce dépliant a été préparé pour le Service correctionnel du Canada par le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie en collaboration avec des représentants des groupes confessionnels qui l'appuient.
Pour de plus amples renseignements www.ccjc.ca/restorative_justice.html & www.csc-scc.gc.ca.