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Semaine de la justice réparatrice 2008

Semaine de la justice réparatrice de 2007 : « Promouvoir une vision réparatrice pour notre monde »

Du Canada à la Jamaïque – La justice réparatrice dans les écoles

Meredith Egan

Si nous voulons obtenir une paix réelle dans le monde… nous devrons commencer par les enfants… et non pas en adoptant des résolutions infructueuses et idéalistes, mais en multipliant les actes d'amour et de paix jusqu'à ce que tous les coins du monde soient finalement empreints de cette paix et de cet amour dont le monde entier a cruellement besoin.

– Mohandas K. Gandhi

« Non, man . Toi. » Les adolescents se poussent les uns les autres sur des chaises placées comme les bancs d'un autobus dans une église de quakers donnant sur la mer des Caraïbes.

« Quessé passe? » dit un troisième garçon, jouant le rôle du chauffeur. ( Qu'est-ce qui se passe? – traduction ) Vince Zelazny, un intervenant du Nouveau-Brunswick, et moi nous démenons pour comprendre le patois qui devient plus incompréhensible au fur et à mesure que l'excitation augmente. Nous sommes reconnaissants à Monica, un membre de l'équipe jamaïcaine-canadienne qui sert d'interprète. Les jeunes, âgés entre 13 et 18 ans, participent à des ateliers visant à explorer les moyens d'aborder, d'une façon réparatrice, les inévitables conflits qui se présentent dans nos vies. Leur sagesse et leur expérience sont profondes et créatives.

Dans le cadre de notre travail auprès de quakers canadiens, nous nous sommes rendus dans la petite collectivité de Hector's River , à Portland , à la demande de la « Happy Grove High School » (HGHS), la dernière école secondaire pour quakers subsistant en Jamaïque. Nous nous sommes joints à des éducateurs jamaïcains et nous avons formé un partenariat pour convaincre les étudiants que ce qu'ils faisaient pour encourager la paix était important. Nous espérons que ces jeunes auront des répercussions immenses sur les efforts des gens de leur pays pour réduire la violence.

La sécurité est au centre des préoccupations ici, parce que le taux de criminalité est élevé; par exemple, chaque année, on dénombre entre 35 et 45 meurtres par 100 000 personnes en Jamaïque (données constantes provenant des rap ports d'organisations connues spécialisées dans l'actualité, de gouvernements étrangers et d'universités); au Canada, le nombre de meurtres pour 100 000 habitants se situe entre 2 et 3 (données provenant de Statistique Canada). Cela place la Jamaïque, de façon constante, parmi les dix pays qui comptent et/ou rapportent le plus grand nombre de meurtres. Les Jamaïcains expriment des préoccupations généralisées à propos de la corruption au sein des organismes d'application de la loi et du système judiciaire, et ce dernier est connu pour être lent et peu fiable. Le gouvernement jamaïcain a décidé de s'occuper en priorité des préoccupations communes concernant les droits de la personne (l'homophobie presque systématique et la violence envers les personnes homosexuelles, par exemple).

Les brillants étudiants de la HGHS sont différents des étudiants canadiens à bien des égards; ils parcourent de grandes distances entassés dans de vieux véhicules (dix étudiants peuvent être assis les uns sur les autres sur un banc conçu pour deux ou trois personnes), ils se déplacent rapide ment sur des routes sinueuses et parsemées de nids de poule et d'inévitables afflux d'eau. L'éducation est une priorité majeure : certains retournent à la maison où ils n'ont pas d'électricité, ni de réfrigérateur, ni de livre, mais terminent néanmoins leurs devoirs et retournent à l'école le matin suivant, dans leurs impeccables uniformes, avec l'argent durement gagné par leur famille pour payer leur repas, leur billet d'autobus et leurs droits de scolarité. Ils sont prêts à apprendre de nouveau. Je sais que certains d'entre eux, pour lesquels je me suis liée d'affection, ne s'attendent pas à avoir de la nourriture, un abri ou de la protection – comme certains étudiants au Canada.

À bien d'autres égards, ces jeunes sont semblables aux Canadiens. Ils ont des conflits avec leurs frères et sœurs, qui leur empruntent des biens précieux, avec ceux qui les poussent dans les files d'attente pour l'autobus, ils ont des conflits au sujet des personnes qu'ils fréquenteront, et s'ils peuvent ou non demeurer à l'extérieur après leur heure de rentrée. Chacun de ces jeunes, cependant, a une expérience personnelle de grande violence à raconter. Nous travaillons ensemble afin de trouver la source de leur pouvoir et de leur sagesse, et ce à quoi ressemblerait un monde sans blâme ni sanction.

Au fil du temps, je m'attends à ce que ces étudiants doués demandent plus d'approches réparatrices pour les questions disciplinaires. Déjà, on assiste à des conversations à propos du respect à l'endroit et de la part des enseignants. Le directeur (et d'autres personnes) voit l'efficacité de cette façon d'aborder les conflits, où l'apprentissage, la responsabilisation et le renforcement des liens sont à la fois des buts et des moyens; il prévoit discuter avec le doyen régional en charge de la discipline en compagnie du ministre de l'Éducation de la Jamaïque.

Combien de temps faudra-t-il pour que les approches réparatrices soient utilisées à l'échelle mondiale, une fois que les jeunes les auront comprises et y croiront? J'ai vu des jeunes, des policiers, des éducateurs, des organismes de service et d'autres personnes de ma collectivité, au Canada, s'unir autour d'approches réparatrices holistiques communautaires. Les bienfaits sont profonds et sont reconnus; chacun fait des progrès de façon constante en vue d'un changement positif. Un tel monde est possible, et je fonde beaucoup d'espoir dans ce que ces enfants jamaïcains nous enseigneront.

Quel beau cadeau de la part de ces gens bienveillants! Alors que nous nous disons « au revoir » à la fin de ce deuxième voyage, nous nous enlaçons et versons quelques larmes… et nous faisons une promesse à nos amis jamaïcains de retourner pour voir leur cheminement continu vers la paix et la justice réparatrice et pour les accompagner dans cette évolution.

Inscrivez-vous au symposium sur la Justice réparatrice qui aura lieu à l'Hôtel Delta, Kitchener, Ontario, le 19 et 20 novembre 2008 http://www.cjiwr.com/

Semaine de la justice réparatrice de 2008 : « Promouvoir une vision réparatrice pour notre monde »