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Roger Boe,
Larry Motiuk
et
Michael Muirhead
Direction générale de la recherche
Service correctionnel du Canada
Mai 1998
Au cours de la période de cinq ans sétendant de 1989-1990 à 1994-1995, la croissance de la population carcérale au Canada a été très rapide. Daprès un rapport spécial préparé à lintention des ministres responsables de la Justice du gouvernement fédéral, des provinces et des territoires, la population des pénitenciers fédéraux a connu une croissance particulièrement rapide pendant cette période - une hausse de 22 p. 100, soit le double du taux moyen jusquà ce jour. La population des prisons provinciales a aussi augmenté rapidement, mais la croissance de 12 p. 100 a été relativement plus modeste. Heureusement, en 1994-1995, la population carcérale a commencé à diminuer, et le système correctionnel semble se remettre de cette période de croissance inhabituelle.
Même si la croissance très rapide sest résorbée, on cherche encore à en déceler et à en comprendre les causes. Un groupe de travail spécial composé de sous-ministres et de responsables des services correctionnels continue détudier la question et de rédiger régulièrement des rapports détape sur le sujet. La Direction générale de la recherche du Service correctionnel examine aussi la question de la croissance de la population carcérale en vue de définir et de quantifier les facteurs qui pourraient permettre détablir de meilleures prévisions. Nous exposons ici quelques-uns des résultats préliminaires de ces travaux.
Table des matières
Sommaire
Table des matières
Sources de la croissance rapide de la population carcérale
a. Tendances relatives au nombre annuel dadmissions dans les établissements carcéraux
b. Tendances relatives à la durée moyenne des peines imposées
c. Tendances relatives à la durée moyenne de la peine purgée en détention
d. Résumé et conclusions
ANNEXE : Données et tableaux
NOTES COMPLÉMENTAIRES 18
Sources de la croissance rapide de la population carcérale
Le groupe de travail FPT spécial a suggéré un certain nombre de causes qui pourraient expliquer la croissance rapide de la population carcérale. Cependant, les membres du groupe ont convenu que ce sont probablement les effets combinés de plusieurs facteurs qui sont à lorigine de cette croissance rapide (p. 2 et 3) :
Depuis 1991, le taux de criminalité est à la baisse au Canada; la croissance soudaine qua connue la population carcérale est donc probablement attribuable à une combinaison dautres facteurs. Nous examinons ici trois des causes les plus probables de la croissance rapide de la population carcérale :
Malheureusement, nous ne disposons pas encore des données chronologiques de la nouvelle enquête effectuée par le CCSJ sur les tribunaux de juridiction criminelle pour adultes, et nous ne pouvons donc pas donner de détails sur les tendances actuelles relatives à la détermination de la peine. Il va sans dire quune analyse plus détaillée sera possible une fois ces données obtenues.
a. Tendances relatives au nombre annuel dadmissions dans les établissements carcéraux
Il ne fait pratiquement aucun doute que la hausse marquée du nombre annuel dadmissions a largement contribué à laugmentation rapide du nombre de détenus incarcérés dans les prisons provinciales et territoriales. Cette augmentation a été enregistrée également au niveau fédéral, mais la hausse du nombre annuel dadmissions a commencé avant et a culminé plus tôt au niveau provincial, cest-à-dire entre 1986-1987 et 1992-1993. Le nombre dadmissions à léchelle provinciale/territoriale a atteint un point culminant en 1992-1993 (soit une année avant la pointe des admissions au niveau fédéral, 1993-1994, voir ci-dessous). Cette augmentation a été surtout due à laugmentation du nombre de «prévenus» (c.-à-d. des délinquants non condamnés), qui a commencé en 1985-1986. Pendant la majeure partie de cette période, si le nombre dadmissions de prévenus navait pas augmenté, la tendance relative du nombre dadmissions serait resté assez stable, comme le montre le Tableau 1A suivant :

Notre analyse des admissions dans les pénitenciers fédéraux porte principalement sur les délinquants qui ont été admis en vertu dun mandat dincarcération (c.-à-d. les délinquants condamnés à une peine dune durée déterminée de deux ans ou plus). Nous avons exclu les autres types dadmission pour être en mesure dexaminer la durée de la peine globale et la période de la peine purgée en détention. Les admissions en vertu dun mandat dincarcération représentent chaque année près des deux tiers de lensemble des admissions dans les pénitenciers fédéraux (les admissions suivant une révocation viennent au deuxième rang et représentent environ 30 p. 100 de lensemble des admissions annuelles) . Daprès les données, le nombre annuel de détenus admis en vertu dun mandat dincarcération na commencé à augmenter de façon sensible quau cours de lexercice 1989-1990.

Le nombre dadmissions en vertu dun mandat dincarcération dans les pénitenciers fédéraux a augmenté de près de 1 000 délinquants par année (près de 25 p. 100) entre 1989-1990 et 1993-1994 (Tableau 1B, en annexe), passant de 4 004 à 4 948. Après une pointe en 1993-1994, il est passé à 4 569 en 1996-1997. Il est évident que cette progression importante a largement contribué à la croissance rapide de la population carcérale enregistrée au cours de cette période.
Au niveau fédéral, la croissance rapide a commencé environ deux ans après le début de la hausse du nombre dadmissions dans les établissements provinciaux et territoriaux. Elle sest accélérée en 1991-1992 et a culminé en 1993-1994, avec un décalage dun an par rapport à la pointe de la croissance aux niveaux provincial et territorial. Comme les deux hausses sont si étroitement synchronisées, nous pouvons raisonnablement supposer quelles ont été provoquées par une même force ou une même série dévénements, dont nous ne connaissons toutefois pas encore la nature. Depuis leur sommet, les taux de croissance ont diminué considérablement.
b. Tendances relatives à la durée moyenne des peines imposées
Statistique Canada publie annuellement la durée moyenne de la peine globale (la « médiane », en nombre de jours) imposée aux délinquants condamnés à lincarcération dans les prisons provinciales ou territoriales et la durée moyenne de la peine globale (la « médiane », en nombre de mois) imposée aux délinquants admis dans les pénitenciers fédéraux.
La durée moyenne des peines imposées aux délinquants sous responsabilité provinciale ou territoriale est denviron 31 jours et elle est restée à peu près la même depuis 1988-1989. La durée moyenne de la peine globale des délinquants condamnés a augmenté depuis le début des années 1980 (comme le montre le Tableau 2A), passant de 28 à 31 jours, soit une hausse de près de 11 p. 100. Cependant, cette hausse sest produite entre 1984-1985 et 1988-1989. Depuis, la durée moyenne des peines est restée stable (à lexception dune pointe en 1994-1995, qui savère avoir été un phénomène isolé). Leffet combiné de laugmentation du nombre de prévenus (comme nous lavons vu dans la section précédente) et de la hausse de 11 p. 100 de la durée moyenne des peines des délinquants condamnés aurait largement contribué à la croissance de la population des prisons provinciales et territoriales.

La peine globale moyenne des délinquants admis en vertu dun mandat dincarcération dans les pénitenciers fédéraux est considérablement plus longue quau niveau provincial ou territorial, puisquelle est denviron 44 mois. Cet écart sexplique par le fait que les délinquants condamnés à lincarcération dans un pénitencier fédéral ont des peines plus longues en vertu de la règle des deux ans (les peines de deux ans ou plus sont purgées dans un pénitencier fédéral, tandis que les peines de moins de deux ans, c.-à-d. de deux ans moins un jour et moins, sont purgées dans un établissement provincial ou territorial). La tendance relative à la durée moyenne des peines pour cette même période diffère également. Comme on peut le voir ci-dessous (Tableau 2B), la durée moyenne des peines a diminué au niveau fédéral.

La durée moyenne des peines globales a varié dune année à lautre au niveau fédéral, mais on a remarqué une tendance à la baisse. Contrairement à la situation observée aux niveaux provincial et territorial, les résultats au niveau fédéral nous obligent à conclure que laugmentation de la population des pénitenciers fédéraux na pas pu être causée par une augmentation de la durée moyenne des peines imposées aux délinquants.
c. Tendances relatives à la durée moyenne de la peine purgée en détention
La durée moyenne des peines purgées dans les établissements provinciaux ou territoriaux est maintenant denviron 10 jours, et elle est légèrement à la baisse. Comme nous avons déjà constaté que la durée moyenne des peines imposées est denviron 31 jours, cela signifie que le délinquant purge en moyenne environ le tiers de sa peine globale en détention. Étant donné que la durée des peines imposées est légèrement à la hausse, tandis que la durée des peines purgées est légèrement à la baisse, il se produit un équilibre.

Comme on peut le voir au Tableau 3A (ci-dessus), la durée moyenne des peines dincarcération purgées par les délinquants a augmenté durant la période visée, tandis que la période de temps passée en prison par les prévenus a diminué. La hausse du nombre de prévenus admis a toutefois été la cause principale de laugmentation du nombre dadmissions au cours de la dernière décennie. Ces diverses tendances ont pour résultat final une légère diminution de la durée des peines purgées dans les établissements provinciaux ou territoriaux (malgré les pointes importantes aux extrémités de la ligne). Il semble peu probable que la légère tendance à la baisse dans la durée des peines purgées ait contribué à la croissance de la population dans les prisons provinciales et territoriales.
La durée moyenne de la peine purgée par les délinquants sous responsabilité fédérale avant la première mise en liberté reflète laspect discrétionnaire de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (1992). Daprès les données que nous avons recueillies sur les admissions en vertu dun mandat dincarcération, la durée moyenne de la peine purgée dans un pénitencier fédéral est demeurée assez stable au cours de la période visée par notre étude. Le Tableau 3B (page suivante) montre la durée moyenne de la peine purgée par les délinquants admis au cours de la dernière décennie.
Le tableau ne montre que les tendances pour les délinquants qui ont été condamnés aux peines globales les plus courtes (entre deux et trois ans, trois et quatre ans, quatre et cinq ans) parce que la période de suivi pour les délinquants qui ont reçu une peine plus longue nest pas suffisante pour permettre une bonne estimation pour les dernières années. (Il faut prendre note que les délinquants condamnés à une peine de deux à cinq ans représentent près de 80 p. 100 de lensemble des délinquants admis en vertu dun mandat dincarcération.)

La plupart des délinquants sous responsabilité fédérale, du moins ceux qui sont condamnés à une peine de deux à cinq ans, purgent environ la moitié de leur peine en détention, et la moitié sous surveillance dans la collectivité. Par ailleurs, cest environ le tiers de leur peine que les délinquants sous responsabilité provinciale ou territoriale purgent en détention.
La durée moyenne de la peine purgée dans les pénitenciers fédéraux a subi une légère diminution au cours de la dernière décennie. Il est donc peu probable que la durée de la peine purgée en détention ait contribué concrètement à la croissance rapide récente de la population carcérale des pénitenciers fédéraux.
Les tendances que nous avons examinées nous révèlent que parmi les trois facteurs importants pour lesquels nous disposons de données, cest principalement laugmentation du nombre dadmissions dans les établissements fédéraux, provinciaux et territoriaux qui est à lorigine de la croissance soudaine de la population carcérale au Canada. Cette croissance est apparue dabord dans les systèmes provinciaux et territoriaux, et a duré environ cinq ans (de 1986-1987 à 1991-1992). Au niveau fédéral, la progression a commencé deux ans plus tard (en 1989-1990), a duré elle aussi environ cinq ans, et sest terminée trois ans après la hausse du nombre dadmissions dans les établissements provinciaux (en 1994-1995).
De plus, les systèmes provinciaux et territoriaux ont aussi connu une augmentation (11 p. 100) de la durée moyenne des peines globales, bien quelle soit en partie compensée par une légère baisse de la durée moyenne des peines purgées en détention. Au niveau fédéral, la durée moyenne des peines imposées et la durée moyenne des peines purgées en détention ont enregistré une diminution, ce qui donne à penser que ces facteurs ont eu un effet modérateur sur la croissance de la population carcérale dans les pénitenciers.
Si la croissance de la population carcérale canadienne durant la période visée par notre étude est principalement due à une hausse du nombre de nouvelles admissions, quels ont été les facteurs à lorigine de cette hausse rapide? Il ne nous est pas possible de répondre à cette question à partir des données dont nous disposons actuellement. Le sujet offre dintéressantes avenues de recherche.
Le groupe de travail spécial a mentionné un certain nombre dautres facteurs en plus de ceux que nous avons examinés ici. La réponse se trouve peut-être dans cette liste. En outre, nous croyons que la série de modifications importantes apportées aux lois concernant le système correctionnel (p. ex. les projets de loi C-67, 1987, et C-36, 1992) ainsi quau Code criminel du Canada ont eu des conséquences. Enfin, le pays a également connu, au cours des deux dernières décennies, deux graves récessions, une restructuration importante de divers secteurs économiques et dimportantes réformes régionales. Les répercussions de ces changements sur la croissance de la population carcérale restent à déterminer.
Ces résultats mettent en évidence une autre difficulté que nous rencontrons dans le secteur correctionnel : en effet, il est bien connu que laugmentation rapide du nombre de nouvelles admissions est difficile à prévoir. Le Service correctionnel commence tout juste à élaborer un modèle de prévision des nouvelles admissions dans les pénitenciers fédéraux. Nous croyons que ces travaux nous amèneront à connaître davantage les principes qui régissent lévolution de notre population carcérale et, mieux encore, à bien repérer les prédicateurs généraux de la croissance. Nous espérons communiquer les résultats de notre recherche dici peu.
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Admissions, peines moyennes et peines purgées dans les établissements provinciaux |
||||||||||||||
|
Tableau 1A : Admissions annuelles dans les établissements provinciaux |
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Exercice |
1983/84 |
1984/85 |
1985/86 |
1986/87 |
1987/88 |
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
| Admissions des délinquants condamnés |
129 748 |
123 771 |
119 299 |
116 269 |
117 325 |
116 051 |
115 100 |
114 834 |
120 733 |
121 817 |
119 789 |
117 938 |
114 562 |
107 997 |
| Admissions des prévenus |
60 885 |
61 042 |
63 722 |
67 638 |
72 816 |
82 202 |
84 797 |
92 893 |
123 014 |
123 929 |
120 945 |
120 922 |
115 768 |
117 462 |
|
Admissions totales |
190 633 |
184 813 |
183 021 |
183 907 |
190 141 |
198 253 |
199 897 |
207 727 |
243 747 |
245 746 |
240 734 |
238 860 |
230 330 |
225 459 |
|
Tableau 2A : Peine globale moyenne dans les établissements provinciaux (en jours) |
||||||||||||||
|
Exercice |
1983/84 |
1984/85 |
1985/86 |
1986/87 |
1987/88 |
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
| Peine globale moyenne (en jours) |
28 |
28 |
30 |
30 |
30 |
31 |
31 |
31 |
31 |
31 |
31 |
33 |
31 |
31 |
|
Tableau 3A : Peine moyenne purgée dans les établissements provinciaux (en jours) |
||||||||||||||
|
Exercice |
1983/84 |
1984/85 |
1985/86 |
1986/87 |
1987/88 |
1988/89 |
1989/90 |
1990/91 |
1991/92 |
1992/93 |
1993/94 |
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
| Mise en liberté de délinquants condamnés |
24 |
14 |
20 |
22 |
21 |
21 |
22 |
20 |
19 |
18 |
26 |
27 |
27 |
24 |
| Mise en liberté de prévenus |
11 |
5 |
6 |
6 |
6 |
5 |
6 |
6 |
5 |
4 |
6 |
6 |
6 |
7 |
| Nombre total de délinquants mis en liberté |
19 |
9 |
12 |
13 |
9 |
9 |
12 |
10 |
11 |
10 |
11 |
8 |
12 |
16 |
|
Source : Services correctionnels pour adultes au Canada, 1995-1996, CCSJ, Statistique Canada, no de cat. 85-211 (publication annuelle) |
||||||||||||||
| Tableau 1B : Nombre dadmissions dans les pénitenciers fédéraux en vertu dun mandat dincarcération par peine globale | ||||||||||
|
AF |
2<3 |
3<4 |
4<5 |
5<6 |
6<7 |
7<8 |
8<9 |
9<10 |
10+ |
Total |
|
1985-86 |
1 462 |
938 |
449 |
285 |
132 |
112 |
82 |
48 |
136 |
3 644 |
|
1986-87 |
1 477 |
921 |
487 |
260 |
129 |
132 |
71 |
40 |
155 |
3 672 |
|
1987-88 |
1 458 |
898 |
460 |
281 |
147 |
99 |
82 |
39 |
162 |
3 626 |
|
1988-89 |
1 524 |
933 |
438 |
276 |
145 |
111 |
85 |
46 |
157 |
3 715 |
|
1989-90 |
1 644 |
1 040 |
506 |
283 |
173 |
116 |
65 |
42 |
135 |
4 004 |
|
1990-91 |
1 588 |
1 018 |
540 |
317 |
166 |
88 |
93 |
45 |
150 |
4 005 |
|
1991-92 |
1 928 |
1 191 |
552 |
337 |
171 |
120 |
94 |
49 |
148 |
4 590 |
|
1992-93 |
2 050 |
1 190 |
640 |
340 |
188 |
141 |
108 |
46 |
166 |
4 869 |
|
1993-94 |
2 037 |
1 281 |
603 |
363 |
214 |
134 |
93 |
57 |
166 |
4 948 |
|
1994-95 |
2 041 |
1 165 |
558 |
327 |
199 |
141 |
96 |
58 |
182 |
4 767 |
|
1995-96 |
1 961 |
1 015 |
530 |
326 |
162 |
140 |
62 |
42 |
153 |
4 391 |
|
1996-97 |
1 818 |
1 019 |
617 |
334 |
183 |
133 |
78 |
59 |
142 |
4 569 |
|
Tableau 2B : Peine globale à ladmission en vertu dun mandat dincarcération |
Tableau 3B : Peine moyenne purgée au moment de la première mise en liberté (en mois) |
||||||
|
Année financière |
Admissions en vertu dun mandat dincarcération | Peine globale moyenne (en mois) | Durée de la peine
2<3 |
Durée de la peine
3<4 |
Durée de la peine
4<5 |
Total |
|
|
1985-86 |
3 644 |
46,6 |
15,71 |
21,04 |
25,5 |
22,25 |
|
|
1986-87 |
3 672 |
47,3 |
14,17 |
18,77 |
23,0 |
21,67 |
|
|
1987-88 |
3 626 |
47,2 |
14,71 |
18,57 |
25,27 |
|
|
|
1988-89 |
3 715 |
47,2 |
14,82 |
19,10 |
24,52 |
|
|
|
1989-90 |
4 004 |
46,0 |
14,39 |
18,23 |
22,15 |
|
|
|
1990-91 |
4 005 |
46,6 |
13,79 |
17,84 |
23,59 |
|
|
|
1991-92 |
4 590 |
44,9 |
13,41 |
17,47 |
22,52 |
|
|
|
1992-93 |
4 869 |
45,5 |
13,23 |
17,31 |
23,79 |
|
|
|
1993-94 |
4 948 |
45,5 |
13,68 |
18,35 |
23,70 |
|
|
|
1994-95 |
4 767 |
45,8 |
13,96 |
16,97 |
|
|
|
|
1995-96 |
4 391 |
44,5 |
13,80 |
|
|
|
|
|
1996-97 |
4 569 |
43,1 |
|
|
|
||