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2004 No B-29, PDF
Roger Boe
Direction de la recherche
Service correctionnel du Canada
Août 2004
Nous examinons dans ce rapport les tendances en matière de criminalité et d’incarcération aux États-Unis, en Angleterre et au pays de Galles, ainsi qu’au Canada depuis 1981. Nous comparons les taux d’incidents pour cinq des infractions les plus courantes et graves signalées par la police dans les enquêtes annuelles de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) de chaque pays (homicide, vol qualifié, voies de fait graves, introduction par effraction/cambriolage et vol de véhicule automobile), ainsi que les taux d’incarcération d’adultes des trois pays.
Le rapport fait fond sur deux études antérieures. La première, intitulée Crime and Justice in the United States and in England & Wales, 1981-96, de Patrick A. Langan et David P. Farrington, a été publiée par le U.S. Bureau of Justice Statistics (BJS) en 1998. La seconde, intitulée Comparaisons de la criminalité entre le Canada et les États-Unis, de Marie Gannon, a été publiée par le Centre canadien de la statistique juridique (CCSJ) en 2001 et a porté sur les taux de criminalité au Canada et aux États-Unis de 1980 à 2000. Les données de ces deux études antérieures ont été prolongées jusqu’en 2001, et les résultats ont ensuite été combinés pour permettre de comparer les tendances dans les trois pays.
Au cours des deux dernières décennies, l’augmentation globale des taux d’incidents pour les cinq crimes « répertoriés » comparables révèle que les hausses des taux de criminalité ont systématiquement été plus fortes en Angleterre et au pays de Galles qu’au Canada et aux États Unis. Une comparaison des tendances révèle que les courants dans ces deux derniers pays ont été remarquablement similaires au cours des 20 dernières années — le Canada et les États Unis ont en effet affiché, entre 1981 et 1991, des hausses modestes des taux de criminalité, qui ont par la suite diminué.
Au Canada, le taux de crimes avec violence (homicide, vol qualifié, voies de fait graves) était légèrement inférieur à la fin des deux décennies. Aux États-Unis, après avoir augmenté sensiblement durant les 10 premières années étudiées, il a suivi une tendance à la baisse durant la seconde décennie. Enfin, en Angleterre et au pays de Galles, le taux était initialement beaucoup plus faible qu’ailleurs, mais il a augmenté 2,3 fois au cours des deux décennies au point de dépasser, en 2000, le taux américain.
En Amérique du Nord, les taux pour les cinq crimes ont diminué, alors qu’ils ont augmenté en Angleterre et au pays de Galles, mais les trois pays ont enregistré depuis 1981 une augmentation nette de leurs taux d’incarcération. Celle-ci a été beaucoup plus marquée aux États Unis qu’ailleurs : entre 1981 et 2001, le taux d’incarcération par habitant a en effet triplé (il était en 2001 2,84 fois plus élevé), alors qu’en Angleterre et au pays de Galles, il a augmenté de 1,47 fois depuis 1981, tandis que l’augmentation au Canada a été beaucoup plus faible, soit seulement 1,11 fois depuis 1981.
Certaines des constatations sont un peu paradoxales : les chiffres examinés révèlent que les tendances en matière de criminalité et d’incarcération ont divergé en 1991 aux États-Unis, qui, des trois pays, ont affiché la baisse la plus marquée des taux de criminalité au cours des 10 dernières années, mais, en même temps, les accroissements de loin les plus rapides de la population de détenus adultes. En Angleterre et au pays de Galles, par contre, les taux de criminalité et d’incarcération sont demeurés relativement synchronisés, les uns et les autres ayant augmenté sensiblement au cours de la dernière décennie. Enfin, les taux de criminalité et d’incarcération sont aussi demeurés synchronisés au Canada, diminuant dans l’un et l’autre cas après 1991, après avoir augmenté au cours de la décennie précédente.
Bref, comparés aux tendances enregistrées sur 20 ans aux États-Unis
et en Angleterre et au pays de Galles, les taux du Canada pour les cinq crimes
répertoriés ont été soit plus bas que ceux des
deux autres pays, soit en baisse, soit les deux. Durant la période
de 20 ans étudiée, le taux global du Canada pour les trois crimes
avec violence répertoriés était un des plus faibles,
tandis que les taux pour le vol qualifié, les voies de fait graves
et les tentatives de meurtre étaient les plus bas. Au cours de cette
période, le Canada a également réussi à maintenir
ses taux d’incarcération parmi les plus faibles du groupe. D’après
ces repères, le Canada a mieux réussi que les deux autres pays
à maintenir simultanément un taux élevé de sécurité
publique (ses taux de criminalité sont relativement bas) et de faibles
taux d’incarcération.
The analysis in this document is based, in part, on data from the Canadian Centre for Justice Statistics that has been provided by various federal, provincial, territorial or municipal agencies responsible for the administration of justice. The opinions expressed are those of the author(s) and do not necessarily represent the views of Statistics Canada or the data providers.
This report is also indebted to the work by Patrick A. Langan and David P. Farrington, in their study on “Crime and Justice in the United States and in England & Wales, 1981-96” (U.S. Bureau of Justice Statistics, 1998), and to Marie Gannon, for her work in “Crime Comparisons Between Canada and the United States”, (the Canadian Centre for Justice Statistics, 2001).
La criminalité, notamment les actes les plus spectaculaires comme le meurtre et les agressions sexuelles, peuvent susciter une publicité intensive au Canada. Des crimes médiatisés comme ceux-là échauffent inévitablement le débat public au sujet de la meilleure ou de la pire approche à adopter en matière de politique sur la justice et la criminalité. Les forces de l’ordre disposent-elles des outils nécessaires pour appréhender les auteurs de ces crimes? Les tribunaux réussissent-ils vraiment à déterminer la culpabilité et à imposer aux criminels la peine appropriée? Nos services correctionnels parviennent-ils à surveiller efficacement les délinquants et à les aider à se réadapter?
Les réponses à ces interrogations soulèvent inévitablement des questions de plus vaste portée, comme celles des comparaisons et repères en matière de criminalité. Comment les taux de criminalité du Canada se comparent-ils exactement à ceux d’autres pays? Sont-ils supérieurs, inférieurs ou à peu près identiques à ceux qu’on constate ailleurs? Qu’en est-il de la relation entre les taux de criminalité et les taux d’incarcération? Quelle a été l’expérience d’autres pays en ce qui concerne différentes approches de la détermination de la peine, autrement dit, l’imposition de peines plus sévères aide-t-elle vraiment à réduire les taux de criminalité, et quel est le lien, dans d’autres pays, entre les taux de criminalité et d’incarcération?
Il importe d’avoir des repères qui montrent le succès relatif du Canada par rapport aux tendances enregistrées dans d’autres pays – sommes-nous aussi ou plus efficaces que d’autres dans notre approche de la criminalité et des questions connexes? Personne n’a bien sûr trouvé la panacée pour combattre la criminalité, mais certaines approches et politiques semblent produire de meilleurs résultats que d’autres. Une comparaison des tendances en matière de criminalité et d’incarcération est un moyen de déterminer notre succès en ce qui concerne nos politiques et pratiques de justice pénale.
Il va sans dire que l’établissement de repères servant à comparer les taux de criminalité et d’incarcération entre différents pays présente un certain nombre de défis. Premièrement, quels autres pays voulons-nous inclure dans la comparaison? Il faut déterminer si différents pays se ressemblent suffisamment pour que les comparaisons soient utiles. Une comparaison entre pays rendus à des stades de développement différents ne semblerait pas appropriée étant donné les vastes écarts éventuels sur le plan des ressources consacrées aux programmes sociaux, de la collecte de statistiques sociales, de l’évolution des institutions sociales et juridiques clés, etc.
Pour cette raison, le Canada tend à se comparer principalement aux États-Unis. Toutefois, des comparaisons secondaires sont aussi souvent faites par rapport aux progrès et tendances d’autres pays industriels avancés (comme les membres du G-7) et ceux du Commonwealth, tels l’Angleterre, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Tous ces pays sont rendus à peu près au même stade de développement économique et social et ressemblent sous de nombreux rapports au Canada, avec lequel ils ont en commun, par exemple, des institutions et aspirations culturelles, sociales et politiques (étant donné notamment que des millions d’immigrants se sont établis au Canada, mais continuent à s’identifier à de nombreux aspects de leur patrimoine ancestral).
Deuxièmement, une comparaison des tendances en matière de criminalité et de justice repose sur l’hypothèse que la collecte de données en séries chronologiques fiables a évolué d’une manière qui permet de faire une comparaison utile des statistiques sur la criminalité de deux ou plusieurs pays. Des considérations d’ordre pratique, comme la similarité du classement des crimes et infractions par les forces de l’ordre de différents pays, rendent certaines comparaisons plus pratiques que d’autres. Une recherche dans les statistiques officielles sur la criminalité de différents pays oblige rapidement le chercheur à réduire la liste des pays dont on peut raisonnablement comparer les données sur la criminalité et l’incarcération.
À l’heure actuelle, il existe des comparaisons quantitatives de statistiques sur la criminalité et l’incarcération principalement pour le Canada et les États-Unis, ainsi que pour les États-Unis et l’Angleterre et le pays de Galles. D’autres études ont été publiées qui incluent un plus grand nombre de pays, par exemple les pays européens, mais elles ne consistent généralement qu’en une comparaison des tendances générales plutôt qu’en des comparaisons absolues de taux de criminalité entre les pays. Ainsi, Gordon Barclay, Cynthia Tavares et Arsalaan Siddique ont récemment présenté des comparaisons statistiques en matière de justice pénale pour des pays de l’Union européenne (ainsi que pour d’autres pays comme le Canada, les États-Unis, le Japon et la Russie). Toutefois, ces auteurs ont explicitement exclu des comparaisons absolues de la criminalité entre ces pays :
Des comparaisons absolues des niveaux de criminalité déclarée de différents pays peuvent induire en erreur, et c’est pourquoi nous n’incluons normalement dans ce bulletin que des comparaisons de tendances .1 (traduction)
Deux rapports distincts publiés récemment comparent directement les taux de criminalité du Canada et des États-Unis, ainsi que de l’Angleterre/pays de Galles et des États-Unis. Il suffit de combiner leurs constatations pour aboutir à une comparaison à trois dimensions du Canada, des États-Unis et de l’Angleterre et du pays de Galles. Cette comparaison à trois dimensions sera particulièrement intéressante parce que les Canadiens se sont traditionnellement tournés vers leur voisin au Sud pour connaître les tendances en matière de justice pénale aux États-Unis et vers l’Europe pour voir ce qu’ils ont réalisé par rapport à un de leurs pays fondateurs. Pourtant, même ces comparaisons sont possibles uniquement après certains rajustements additionnels aux séries statistiques que produit normalement chaque pays (nous reviendrons sur ces aspects dans la section suivante).
1"International comparisons of criminal justice statistics 1999". Research, Development and Statistics Directorate, Home Office Bulletin 6/01 (May 2001). [www.homeoffice.gov.uk/rds/].
Nous n’avons trouvé aucune étude comparant la situation en matière de criminalité des trois pays (Canada, États-Unis et Angleterre) simultanément. Toutefois, deux études récentes présentent une comparaison directe des statistiques officielles en matière de criminalité entre deux des trois pays.
La première, intitulée Crime and Justice in the United States and in England & Wales, 1981-96, a été publiée par le U.S. Bureau of Justice Statistics en 1998.2 La seconde, intitulée Comparaisons de la criminalité entre le Canada et les États-Unis, a été publiée par le Centre canadien de la statistique juridique (CCSJ) en 2001 et a porté sur les taux de criminalité au Canada et aux États Unis de 1980 à 2000.3
Le présent rapport fait fond sur ces deux études antérieures. Les résultats de celles-ci ont été combinés pour permettre une comparaison entre les trois pays. Les données ont également été mises à jour, permettant une présentation des statistiques officielles jusqu’en 2001.
Anciennes colonies britanniques, le Canada et les États-Unis ont évolué chacun à leur manière depuis leur fondation, mais ont aussi de nombreuses caractéristiques en commun, issues des systèmes politique et juridique britanniques. Les trois pays recueillent aussi tous des statistiques officielles sur les crimes déclarés par la police au moyen d’un système de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), fort utile pour obtenir des statistiques comparables sur les actes criminels. Il existe néanmoins des différences dans la manière dont chaque pays recueille ses données, classe les différents crimes et indique dans la DUC le nombre et le type de crimes. C’est pourquoi il faut effectuer des rajustements aux séries officielles de chaque pays afin de produire des statistiques communes sur la criminalité permettant de faire des comparaisons valables.
2 Patrick A. Langan, statisticien du BJS, et David P. Farrington, expert invité du BJS, University of Cambridge. [www.ojp.usdoj.gov/bjs/]
3 Marie Gannon, CCSJ, Juristat, vol. 21, no 11 (numéro au catalogue de Statistique Canada 85-002 XPF).
Comparabilité des infractions dans les trois DUC
|
Aux États-Unis, le Federal Bureau of Investigation (FBI) recueille et compile des statistiques nationales sur la criminalité à partir de données fournies par la police au moyen de la DUC américaine. Il recueille toutefois moins d'information (c. à d., par rapport à la DUC du Canada) sur les crimes (huit infractions désignées). Ces huit crimes " répertoriés " constituent ensuite le fondement du rapport annuel de l'" index de la criminalité " du FBI (ces infractions sont l'homicide, le viol par contrainte, les voies de fait graves, le vol qualifié, l'introduction par effraction/cambriolage, le vol/vol simple, le vol de véhicules à moteur et l'incendie criminel). |
|
Case 1 - Comparabilité des infractions incluses dans les DUC du Canada, des États-Unis et de l'Angleterre | |
| Infraction | Commentaire |
|---|---|
| 1. Homicide | Aucune différence. |
| 2. (Viol par contrainte) | Infraction exclue - il n'y a pas de données canadiennes équivalentes disponibles. |
| 3. Voies de fait graves | La définition américaine inclut les voies de fait à main armée et la tentative de meurtre. Ces infractions sont incluses dans l'index canadien. |
| 4. Vol qualifié | Aucune différence. |
| 5. Introduction par effraction/cambriolage | Infraction équivalente au cambriolage sauf pour des différences minimes. |
| 6. Vol de véhicules à moteur | Infraction équivalente sauf pour des modifications minimes. |
| 7. (Vol/vol simple) | Infraction exclue - il n'y a pas de données américaines et britanniques équivalentes disponibles. |
| 8. (Incendie criminel) | Infraction exclue -il n'y a pas de données américaines et britanniques équivalentes disponibles. |
| Source : Gannon (2001) | |
Cette information est très différente de ce que la police au Canada déclare actuellement à Statistique Canada (le Centre canadien de la statistique juridique). En effet, la DUC canadienne permet de recueillir des statistiques sur 106 infractions pour le CCSJ, contre huit infractions incluses dans l’index de la criminalité du FBI. Par conséquent, les comparaisons entre les données provenant des DUC américaine et canadienne sont nécessairement limitées à prime abord à ces huit crimes « répertoriés ».
Vu l’écart dans le nombre d’infractions, il est impossible de comparer directement les DUC pour les taux totaux de criminalité des États-Unis et du Canada. On peut toutefois grouper des infractions comparables de la DUC canadienne pour créer un « index de la criminalité » canadien comprenant les mêmes infractions que celles qui sont incluses dans les rapports du FBI. Il y a lieu de noter que cette approche est également utilisée pour produire les comparaisons entre l’Angleterre et le pays de Galles et les États-Unis. Toutefois, à cause d’anomalies particulières dans les déclarations, il a été impossible de créer des séries comparables pour les huit infractions incluses dans l’index de la criminalité du FBI. La case 1 (ci-dessus) montre en effet qu’il est possible de faire des comparaisons raisonnables pour seulement cinq des huit crimes répertoriés initiaux lorsqu’on utilise des comparaisons statistiques des trois pays.
Il a fallu apporter trois rajustements aux données déclarées par la police (DUC) pour rendre les séries des trois pays comparables :
Nous avons par ailleurs pu étendre les données comparatives initiales pour le Canada et les États-Unis jusqu’en 2001 et les séries pour l’Angleterre et le pays de Galles jusqu’en 2000.4 Ces rajustements nous ont permis de comparer les taux et tendances de criminalité pour les cinq infractions comparables (homicide, voies de fait graves, y compris la tentative de meurtre, vol qualifié, cambriolage/introduction par effraction et vol de véhicules à moteur (dans les trois pays).
Ces cinq infractions correspondent à une part considérable de la plupart des crimes les plus courants pour les trois pays. Une comparaison des tendances pour ces crimes « répertoriés » permettra de déterminer exactement où le Canada se situe par rapport à deux pays avec lesquels son histoire a été si intimement liée. Il importe toutefois de rappeler que ces cinq catégories ne correspondent absolument pas à une liste complète des crimes saisis par les DUC du Canada, de l’Angleterre et du pays de Galles ou même par l’index de criminalité complet du FBI. La comparaison porte donc essentiellement sur les crimes qui peuvent être comparés directement entre les trois pays plutôt que sur tout l’éventail des infractions pour lesquelles chaque pays tient des statistiques. En ce sens, ces comparaisons constituent donc des indicateurs sélectifs de la criminalité et ne correspondent pas au nombre total de crimes.
4Nous avons pu mettre à jour les statistiques déclarées par la police pour l’Angleterre et le pays de Galles jusqu’en 2000 et les données américaines et canadiennes jusqu’en 2001.
On peut voir au tableau 1 le nombre d'incidents signalés par la police en 2001 pour les cinq infractions comparables sur lesquelles porte l'étude. Ce tableau présente les nombres absolus pour chaque type d'infraction signalée par la police durant la dernière année de déclaration. Les États-Unis affichent bien sûr le nombre absolu le plus élevé d'incidents criminels, toutes catégories confondues, puisqu'ils comptent beaucoup plus d'habitants (285 millions d'Américains contre près de 53 millions de citoyens en Angleterre et au pays de Galles et seulement 31 millions de Canadiens). Toutes autres choses étant égales, on peut s'attendre à ce que les pays plus populeux affichent un nombre plus élevé de crimes.
| Tableau 1: Nombre d’incidents criminels signalés - 2001 |
|||
| Pays |
Canada |
États-Unis |
Angleterre et pays de Galles1 |
| Nombre d’habitants |
31 110 600 |
284 796 887 |
52 939 000 |
| Crimes effectivement signalés à la police ou connus de celle-ci |
|||
| Homicide |
551 |
15 980 |
765 |
| Vol qualifié |
27 414 |
422 921 |
84 277 |
| Voies de fait graves 2 |
56 591 |
907 219 |
231 735 |
| Introduction par effraction / cambriolage |
285 512 |
2 109 767 |
906 468 |
| Vol de véhicules à moteur |
170 213 |
1 226 457 |
338 796 |
| 1 Les données sur la criminalité pour l’Angleterre et le pays de Galles se rapportent à l’an 2000. |
|||
Clairement, des comparaisons absolues peuvent en elles-mêmes être fort trompeuses étant donné qu'il faut tenir compte des différences relatives quant à la taille de la population entre les pays. Pour bien évaluer les niveaux comparables de criminalité, il faut faire entrer en ligne de compte les écarts sur le plan démographique en comparant le nombre d'incidents criminels par habitant. Le tableau 2 présente une comparaison des niveaux de criminalité des pays lorsque le nombre d'incidents criminels est exprimé par rapport à 100 000 habitants dans chaque pays.
Même lorsqu'on uniformise les incidents criminels pour présenter le nombre de crimes par 100 000 habitants, on constate que les États-Unis conservent la première place avec les taux les plus élevés pour l'homicide, tandis que l'Angleterre et le pays de Galles se classent au premier rang pour le vol qualifié, les voies de fait graves, l'introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur. Le Canada se situe, quant à lui, en seconde place pour le taux d'homicides, bien que loin derrière les États-Unis, et aussi en seconde place pour l'introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur, mais aussi avec des taux beaucoup plus bas que ceux de l'Angleterre et du pays de Galles.
Une comparaison des taux de criminalité généraux des trois pays révèle que le Canada semble réussir le mieux globalement à combattre la criminalité, surtout la criminalité avec violence, ses taux étant en général parmi les plus faibles. Cependant, il n'a relativement pas été aussi efficace à combattre le crime contre les biens, ses taux étant un peu plus élevés que ceux des États-Unis, bien qu'inférieurs à ceux de l'Angleterre et du pays de Galles.
| Tableau 2 : Incidents criminels par 100 000 habitants – 2001 |
|||
| Pays |
Canada |
États-Unis |
Angleterre et pays de Galles1 |
| Nombre d’habitants |
31 110 600 |
284 796 887 |
52 939 000 |
| Crimes commis par 100 000 habitants |
|||
| Homicide |
1,8 |
5,6 |
1,4 |
| Vol qualifié |
88 |
148 |
159 |
| Voies de fait graves 2 |
182 |
319 |
438 |
| Introduction par effraction / cambriolage |
908 |
741 |
1 712 |
| Vol de véhicules à moteur |
547 |
431 |
640 |
| 1 Les données sur la criminalité pour l’Angleterre et le pays de Galles se rapportent à l’an 2000. |
|||
D’après ces repères, les taux de crimes avec violence et de crimes contre les biens du Canada sont relativement faibles par rapport à ceux des États-Unis et de l’Angleterre et du pays de Galles. Il va sans dire que des mesures ponctuelles ne sont pas très révélatrices des tendances en matière de criminalité.
Tendances pour les cinq crimes comparables
Les tendances annuelles, pour l’index total des cinq crimes comparables de chacun des pays (taux d’incidents par 100 000 habitants), sont présentées à la figure 1. À la figure 2, nous présentons l’évolution de ces taux dans chaque pays par rapport à 1981. Un examen des taux pour tous les crimes comparables révèle des différences significatives entre les trois pays.


Bref, au cours des deux dernières décennies, l’augmentation globale du taux pour les cinq crimes comparables a été beaucoup plus forte en Angleterre et au pays de Galles qu’au Canada et aux États-Unis. Si l’on compare les taux pour ces deux derniers pays, on constate qu’après une évolution latérale pendant presque toute la décennie des années 1980, la tendance globale a été à la baisse au cours de la dernière décennie. Nous allons maintenant examiner la situation dans chaque pays pour les différentes catégories de crimes au cours de cette période.
Taux de crimes avec violence
Les deux graphiques jumeaux suivants montrent les tendances globales en ce qui concerne les crimes avec violence pour chaque pays. La figure 3 présente la tendance composée pour les trois crimes qui constituent l’index des crimes avec violence (homicide, vol qualifié et voies de fait graves). À la figure 4, on peut voir l’évolution des taux de crimes avec violence par rapport à 1981.


Bref, le taux annuel du Canada pour les trois crimes avec violence comparables a tout d’abord augmenté pour ensuite diminuer légèrement avant de terminer les deux décennies à un niveau presque identique à celui du début. Aux États-Unis, le taux a augmenté fortement durant la première décennie et s’est ensuite plus qu’inversé durant la seconde décennie. En Angleterre et au pays de Galles, les taux étaient initialement beaucoup plus bas que les autres, mais ils ont augmenté régulièrement; en 1996, ils surpassaient même le niveau des États Unis.
Homicide
Les taux d’homicides sont souvent considérés comme la statistique internationale sur la criminalité la plus facile à comparer étant donné que la définition du meurtre est normalement à peu près la même dans tous les pays et que les infractions d’homicide tendent à être celles qui, partout, sont suivies et signalées le plus rigoureusement par la police et les autorités de la justice pénale. Les homicides sont aussi relativement rares : ils correspondent au tiers de 1 % de l’index total de la criminalité aux États-Unis, à environ le dixième de 1 % de l’index au Canada et à 0,05 % de l’index en Angleterre et au pays de Galles.
Les figures 5 et 6 présentent les taux annuels d’homicides pour chacun des trois pays et l’évolution de ces taux depuis 1981.


Bref, au cours des 20 dernières années, seuls l’Angleterre et le pays de Galles ont affiché une augmentation des taux d’homicides (bien que relative), qui demeurent néanmoins quatre fois plus faibles que ceux des États-Unis. Dans ce dernier pays, les taux ont diminué sensiblement depuis 1981, lorsqu’ils étaient plus de cinq fois plus élevés qu’ailleurs. Les taux d’homicides du Canada ont aussi diminué, bien qu’ils demeurent légèrement plus élevés que ceux de l’Angleterre et du pays de Galles et bien en deçà de ceux des États-Unis.
Vol qualifié
Le deuxième type de crime inclus dans la catégorie des crimes avec violence est le vol qualifié. Il y a beaucoup plus de vols qualifiés qui sont commis chaque année que d’homicides. Dans les trois pays, le vol qualifié correspond à un taux allant de 5 à 9 % de l’index (près de 9 % aux États-Unis, 5 % au Canada et 5,4 % en Angleterre et au pays de Galles respectivement). Encore une fois, les statistiques pour chaque pays révèlent que les États-Unis ont dominé en ce qui concerne le taux annuel de vols qualifiés, jusqu’à récemment, lorsque le taux de vols qualifiés en Angleterre et au pays de Galles a dépassé celui des États Unis.


Les taux de vols qualifiés en Amérique du Nord ont diminué depuis 1991. En 2000, le taux des États-Unis était même tombé sous celui de l’Angleterre et du pays de Galles. Le taux du Canada est le plus faible des trois et il a aussi diminué depuis 1991, mais même à son sommet, en 1991, il n’a jamais dépassé celui de 1981 par plus de 1,12 fois.
Voies de fait graves
Les voies de fait graves (qui, pour nos besoins, incluent les tentatives de meurtre) sont le plus courant des trois crimes avec violence comparables. Mesurées dans ce contexte, elles représentent environ 19 % de l’index pour les États-Unis, 11 % pour le Canada et environ 15 % pour l’Angleterre et le pays de Galles. Il s’agit de la dernière infraction comparable incluse dans la catégorie des crimes avec violence.


Le taux de voies de fait graves des États-Unis était le plus élevé parmi les trois pays jusque vers 1995, lorsqu’il a été dépassé par celui de l’Angleterre et du pays de Galles. Le Canada n’a affiché qu’une augmentation modeste au cours des deux décennies et était largement dépassé par les autres membres du groupe pendant toute la période.
Bref, l’Angleterre et le pays de Galles ont affiché les augmentations les plus marquées des taux de crimes avec violence de tous les pays depuis 1981. En effet, les taux de crimes avec violence pour deux des trois composantes de l’index des crimes avec violence (vol qualifié et voies de fait graves) sont actuellement beaucoup plus élevés qu’en Amérique du Nord. La seule exception est l’homicide, crime pour lequel les taux des États-Unis continuent à largement dépasser les autres, même si ces taux ont diminué très rapidement au cours de la dernière décennie. En général, le Canada, qui enregistrait des taux bas en ce qui concerne les crimes de violence, s’est classé au dernier ou à l’avant-dernier rang, et continue de voir ses taux de crimes avec violence diminuer depuis 1991.
Taux de crimes contre les biens
Il n’y avait que deux crimes contre les biens pour lesquels les taux pouvaient être comparés entre les trois pays (nous ne pouvions pas obtenir pour les trois pays de données pour le vol/vol simple, qui fait partie de l’index de la criminalité du FBI)5. C’est pourquoi nous n’avons pas créé d’index fusionné des crimes contre les biens. Dans cette section, nous examinons les taux pour les crimes contre les biens courants que sont le cambriolage/ l’introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur.
5Le CCSJ fournit des taux comparables pour le vol/vol simple au Canada et aux États-Unis (Gannon, 2001), mais aucune donnée sur le vol simple/vol n’a été incluse dans la comparaison entre les États-Unis et l’Angleterre (Langan et Farrington, 1998). Nous n’avons par conséquent pas pu inclure ce crime dans les comparaisons entre les trois pays.
Taux de cambriolages/introductions par effraction
L’infraction de cambriolage correspond ordinairement au nombre le plus élevé d’incidents dans cet index comparatif. Elle représente 44 % de l’index comparable aux États-Unis, environ 53 % de l’index au Canada et environ 58 % de l’index en Angleterre et au pays de Galles. On peut voir à la figure 11 les taux annuels déclarés pour chaque pays, de même que l’évolution des taux annuels à compter de 1981 (figure 12).


Bref, les taux de cambriolages correspondent à une plus forte proportion de l’index composé de la criminalité en Angleterre et au pays de Galles (58 %). Depuis 1981, ils ont systématiquement été plus élevés qu’en Amérique du Nord.
Taux de vols de véhicules à moteur
Les vols de véhicules à moteur viennent en deuxième place pour le nombre d’incidents dans les index composés de la criminalité. De plus, leur contribution, au Canada, est plus forte qu’ailleurs : ils correspondent à près de 32 % de l’index, contre 26 % aux États-Unis et à peine 22 % en Angleterre et au pays de Galles. On peut voir les tendances comparées aux figures 13 et 14.


Le Canada a dominé la tendance en ce qui concerne les vols de véhicules à moteur, le nombre par 100 000 habitants ayant généralement augmenté chaque année pendant presque toute la période. Cela explique sans doute pourquoi ces vols correspondent actuellement à près de 32 % de l’index total de criminalité au Canada, contre approximativement 26 % et 22 % respectivement aux États-Unis et en Angleterre et au pays de Galles.
Les études antérieures de la population carcérale ont conclu que les taux d’incarcération des États-Unis étaient parmi les plus élevés du monde. Bien que ceux du Canada et de l’Angleterre et du pays de Galles demeurent élevés par rapport aux pays de l’Europe de l’Ouest, ils ne correspondent qu’à environ le cinquième du taux actuel des États-Unis.
C’est là la conclusion d’une étude récente du Home Office réalisée par Gordon C. Barclay et Cynthia Tavares intitulée International comparisons of criminal justice statistics 20006 . Roy Walmsley a présenté des statistiques analogues dans l’ouvrage intitulé World Prison Population List (third edition) du Home Office7. Nous avons tiré les données pour nos comparaisons principalement de l’étude de Barclay et Tavares, que nous avons complétées à l’aide des dernières statistiques officielles publiées8.
Les statistiques sur les dénombrements de détenus révèlent que les États-Unis avaient en 2001 un taux d’incarcération de près de 700 détenus (dans des prisons et des pénitenciers fédéraux ou d’États) par 100 000 habitants. Le taux comparable au Canada était de 101 délinquants incarcérés dans des établissements fédéraux et provinciaux pour adultes par 100 000 habitants. Pour l’Angleterre et le pays de Galles, le taux en 2001 était de 126 détenus pour 100 000 habitants.
6Home Office Statistical Bulletin 05/02, 12 juillet 2002.
7Home Office Finding Number 166, 2002.
8Par exemple : Services correctionnels pour adultes au Canada, 2001-2002, CCSJ (Statistique Canada); Prisoners in 2001, BJS (US Department of Justice). Il faut faire preuve de prudence lorsqu’on compare les systèmes correctionnels de différents pays. En effet, le dénombrement des détenus peut sembler relativement simple, mais, en réalité, les systèmes pénitentiaires varient énormément entre pays et même à l’intérieur d’un pays. Au Canada, les détenus adultes relèvent d’au moins 14 administrations indépendantes, dont chacune tient ses propres dénombrements et statistiques. Aux États-Unis, le Federal Bureau of Prisons, 50 États et des centaines de gouvernements régionaux assument la compétence à l’égard d’une partie de la population de détenus adultes et ont leur propre manière de tenir des statistiques. Ce n’est qu’en Angleterre et au pays de Galles qu’il existe un système relativement unitaire pour les prisonniers adultes.
On peut voir à la figure 15 les taux annuels d’incarcération pour les trois pays et, à la figure 16, l’évolution de ces taux depuis 1982.


Dans l’ensemble, le taux d’incarcération dans les trois pays a augmenté depuis 1981, mais de façon beaucoup plus marquée aux États-Unis. Le recours par habitant à l’incarcération a presque triplé aux États-Unis (il a été multiplié 2,8 fois) entre 1981 et 2001. En 1982, le taux d’incarcération des États-Unis était 2,8 fois plus élevé que celui du Canada et trois fois plus élevé que celui de l’Angleterre et du pays de Galles. Ce taux a augmenté si rapidement par rapport aux autres pays jusqu’en 2001 qu’il est maintenant près de sept fois (6,8) le taux affiché au Canada et 5,5 fois celui de l’Angleterre et du pays de Galles.
Il a été quelque peu étonnant de constater qu’au cours des 20 dernières années la première place pour la croissance du taux de criminalité (basée uniquement sur les cinq crimes comparables examinés ici) est allée à l’Angleterre et le pays de Galles. Au cours des deux dernières décennies et surtout au cours de la dernière, le taux de criminalité de l’Angleterre et du pays de Galles a augmenté beaucoup plus rapidement qu’au Canada ou aux États-Unis. Lorsqu’on examine les tendances pour ces deux derniers pays, on constate une grande similarité au cours des 20 dernières années : il y a eu une augmentation modeste ou négligeable des taux de criminalité dans les années 1980, suivie d’une diminution dans les années 1990.
Si l’on compare les taux pour les trois crimes avec violence comparables, on constate que le taux annuel du Canada était légèrement inférieur après deux décennies (0,96 fois celui de 1981); le taux des États-Unis a augmenté sensiblement durant la première décennie et s’est ensuite inversé durant la seconde décennie pour aboutir à un niveau équivalant à seulement 0,88 fois celui de 1981; enfin, le taux en Angleterre et au pays de Galles était au départ relativement plus faible, mais il a augmenté de 2,3 fois pour dépasser en 2000 celui des États-Unis.
Toutefois, en ce qui concerne les homicides, les taux en Angleterre et au pays de Galles sont demeurés relativement stables pendant la période de 20 ans examinée et demeurent environ quatre fois plus faibles qu’aux États-Unis, où les taux ont diminué sensiblement depuis 1981. Le taux d’homicides du Canada est légèrement plus élevé que celui de l’Angleterre et du pays de Galles, mais bien inférieur à celui des États-Unis, et il a généralement diminué depuis 1981.
Les taux pour les vols qualifiés et les voies de fait graves en Amérique du Nord ont atteint un sommet vers 1991 pour ensuite retomber près du niveau où ils se situaient en 1981. Par contre, l’Angleterre et le pays de Galles ont affiché une augmentation marquée. En 2001, leurs taux de vols qualifiés et de voies de fait graves étaient même plus élevés que ceux des États-Unis, tout comme leurs taux de cambriolages et de vols de véhicules à moteur.
Bien que les taux de crimes graves aient diminué dans deux des trois pays, il y a eu une augmentation nette du taux d’incarcération dans les trois pays au cours des deux dernières décennies. L’augmentation des taux d’incarcération aux États-Unis est beaucoup plus marquée qu’ailleurs : en effet, ces taux ont presque triplé (ils ont été multipliés 2,84 fois), tandis qu’en Angleterre et au pays de Galles, ils ont été multipliés par près de 1,5 fois par rapport à 1981 et, au Canada, par à peine 1,11 fois en 2001.
Ces résultats sont quelque peu paradoxaux. En Angleterre et au pays de Galles, les taux de criminalité et d’incarcération sont demeurés relativement synchronisés, les deux augmentant parallèlement depuis 1981. Ils sont aussi demeurés relativement synchronisés au Canada, augmentant dans les deux cas entre 1981 et 1991 pour ensuite diminuer au cours de la décennie suivante. Par contre, aux États-Unis, les taux de criminalité et d’incarcération ont semblé se dissocier après 1991. Ce pays a connu une baisse marquée des taux de criminalité au cours de la dernière décennie, à l’instar du Canada, mais, contrairement au Canada, il a continué à afficher des augmentations rapides des taux d’incarcération après 1991.
Il y aurait une dernière observation à faire au sujet de la dynamique démographique; la croissance démographique explique jusqu'à un certain point la différence dans la croissance absolue des nombres de crimes et de détenus, étant donné que la population dans les deux pays d’Amérique du Nord a augmenté beaucoup plus rapidement qu’en Angleterre et au pays de Galles au cours des deux dernières décennies. Le Canada a affiché l’augmentation la plus marquée (en 2001, la population était 1,25 fois celle de 1981), tandis que l’augmentation a été presque identique aux États-Unis (une augmentation de 1,24 fois au cours de la même période), alors que la croissance démographique en Angleterre et au pays de Galles a été beaucoup plus faible, soit de seulement 1,07 fois. Mais les écarts en ce qui concerne l’accroissement démographique ne sont clairement pas le principal facteur qui distingue ces pays étant donné que l’Angleterre et le pays de Galles affichaient la croissance démographique la plus faible, mais l’augmentation la plus marquée du nombre de crimes par habitant.
Cela semble indiquer que si la croissance démographique a contribué aux tendances en matière de criminalité, cela tenait davantage à un changement dans la composition de la population qu’à une augmentation absolue. En effet, l’accroissement démographique plus rapide au Canada et aux États-Unis s’est accompagné d’un vieillissement rapide de la population : la très nombreuse génération du baby-boom que renferment les deux pays a finalement franchi la tranche d’âge la plus à risque (celle des 15 à 25 ans) et commencé à grossir les rangs des groupes d’âge à plus faible risque (la population âgée de plus de 50 ans). Au Canada, par exemple, bien que la population ait augmenté sensiblement depuis 1981, presque toute l’augmentation s’est faite dans le groupe des 50 ans et plus, tandis que la population âgée de 18 à 29 ans n’a pas augmenté. La relation entre les tendances en matière de criminalité et les tendances démographiques, surtout dans le sens où celles-ci ont influé sur les différentes tendances historiques en matière de criminalité et d’incarcération en Europe par opposition à l’Amérique, est un domaine qu’il serait clairement utile d’explorer plus en profondeur.
1998 Crime and Justice in the United States and in England & Wales, 1981-96”, par Patrick A. Langan et David P. Farrington, U.S. Bureau of Justice Statistics (BJS).
2001 Comparaisons de la criminalité entre le Canada et les États-Unis, par Marie Gannon, Centre canadien de la statistique juridique (CCSJ).