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Rapport de synthèse

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Les gangs en milieu carcéral : examen et aperçu des stratégies

2009 No B-43
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Le présent rapport a été rédigé en vertu d'un contrat géré par le
Service correctionnel du Canada, Direction de la recherche,
Division de la recherche correctionnelle

Les opinions exprimées dans le présent rapport sont
 celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles
du Service correctionnel du Canada

 Service correctionnel du Canada

Août 2009

Équipe de recherche Mount Royal

John Winterdyk, Ph.D. (chercheur principal)
Criminal Justice Research Lab
Dept. of Criminal Justice
Mount Royal College

Nikki Filipuzzi, M.A. (conseillère en recherche)
Criminal Justice Research Lab
Dept. of Criminal Justice
Mount Royal College

Jessica Mescier (étudiante adjointe de recherche)
Criminal Justice Research Lab
Dept. of Criminal Justice
Mount Royal College

Crystal Hencks (étudiante adjointe de recherche)
Criminal Justice Research Lab
Dept. of Criminal Justice
Mount Royal College

Aide du Service correctionnel du Canada

Rick Ruddell, Ph.D.
Directeur, Recherche opérationnelle

Présenté le 31 mars 2009

Sommaire des constatations

Avec l’aide de deux étudiantes adjointes de recherche, d’une conseillère en recherche et du directeur de la Recherche opérationnelle du Service correctionnel du Canada (SCC), nous avons obtenu 34 questionnaires remplis, sur un total de demandes envoyées à des représentants de 50 États, de deux sociétés de services correctionnels et du Bureau of Prisons des États-Unis, soit un taux de réponse de 64 p. 100 (ces systèmes carcéraux s’occupaient 954 132 détenus au milieu de 2008). De plus, nous avons procédé à une analyse bibliographique exhaustive de la littérature sur les gangs en milieu carcéral au moyen de sources nord-américaines et internationales. Le plan de l’étude était fondé sur une étude antérieure effectuée par Ruddell, Decker et Egley (2006), et le directeur de la Recherche opérationnelle du SCC nous a aidés à réaliser l’enquête. Nous croyons qu’il s’agit de l’une des enquêtes les plus complètes sur les interventions auprès des gangs en milieu carcéral aux États-Unis.

L’étude visait à donner un aperçu des questions de recherche suivantes :

  1. Quelles sont les différentes stratégies de gestion des gangs utilisées actuellement dans les trois domaines principaux suivants?
    1. prévention (p. ex. contrecarrer le recrutement de nouveaux membres par les gangs);
    2. sanctions (p. ex. le recours à des méthodes officieuses et officielles pour lutter contre les membres des gangs actuels);
    3. interventions (p. ex. traitements ou interventions thérapeutiques qui répondent aux besoins découlant des facteurs criminogènes du délinquant).
  2. Quelles stratégies ont‑elles été utilisées afin de recenser les gangs et de procéder à leur cartographie criminelle (p. ex. structure et activités des gangs), y compris les applications de nouvelles technologies (p. ex. retracer les fonds de J-Pay, à partir de sources de la collectivité jusqu’aux détenus, ou concevoir des bases de données informatisées pour suivre les interrelations entre les délinquants)?
  3. Des évaluations officielles de ces stratégies ont‑elles été réalisées et, dans l’affirmative, ces interventions se sont‑elles révélées efficaces? (Faute d’évaluations officielles, y a-t-il des stratégies qui semblent efficaces ou prometteuses?)

Voici certaines des principales constatations, classées selon les six principales sections de l’enquête :

  • La plupart des systèmes carcéraux ont enregistré une certaine hausse du nombre de membres des groupes qui menacent la sécurité (GMS) au cours des cinq dernières années, et l’on a établi un lien entre ce phénomène et la gamme croissante des problèmes, dont la violence, les comportements nuisibles et les menaces à l’autorité du personnel.
  • Même si pratiquement tous les systèmes carcéraux sondés avaient des stratégies de gestion pour sanctionner les membres des gangs, l’intervention la plus courante demeure toujours l’isolement et l’isolement suivi d’une réduction des privilèges, ainsi que la prise en considération de l’appartenance à un gang dans la cote de sécurité ou l’échelle de classement.
  • Relativement peu de répondants ont reconnu qu’ils avaient des stratégies d’orientation ou de réception officielles visant à informer les membres de gangs ou les membres de gangs éventuels et à les dissuader d’adhérer à des gangs.
  • Environ la moitié des membres de gangs incarcérés étaient considérés comme n’étant pas affiliés à un gang au moment de leur admission dans un pénitencier. Selon près de deux répondants sur trois, la principale raison d’adhérer à un gang est la peur des autres détenus.
  • Il y avait des programmes de renonciation aux gangs et de traitement dans le tiers environ des systèmes carcéraux et, dans le cas des administrations qui ont de tels programmes, la stratégie la plus efficace de réduction de l’inconduite des membres des GMS était les activités de gestion des cas des conseillers.
  • Presque tous les répondants recueillent des données et des renseignements sur les membres des GMS, mais pratiquement aucune évaluation externe n’a été effectuée concernant l’efficacité relative des interventions auprès des gangs en milieu carcéral.
  • Selon les 34 répondants, le problème le plus courant auquel font face les pénitenciers américains aujourd’hui est le manque de ressources affectées spécialement pour lutter contre les GMS, problème qui s’ajoute à l’accroissement de la population carcérale, au fait que le personnel est surchargé et à l’évolution de la dynamique des GMS.
  • Dans l’ensemble, bien qu’il soit évident que les gangs et les GMS en milieu carcéral constituent des problèmes de taille pour les systèmes carcéraux des États-Unis, il n’y a pas de stratégie claire de gestion, de surveillance ou d’évaluation de l’efficacité relative des interventions actuelles auprès des gangs. Le manque de coordination et d’examen est principalement attribuable à un manque de ressources pour les enquêtes sur les GMS et à un manque de coordination entre les différentes administrations (p. ex. prisons locales et pénitenciers d’État et fédéraux).

Table des matières

Aperçu

« À la bonne heure! s'écria Tom. Je vois que j'ai bien choisi mes hommes et que je puis compter sur eux. Maintenant, je vais vous lire le serment, et vous le signerez de votre sang. Il tira de sa poche une feuille de papier sur laquelle il avait écrit le serment. Les membres de la bande juraient d'obéir aux ordres du capitaine et de se soutenir les uns les autres. Extrait des Aventures de Huckleberry Finn (1884).

La présente étude porte sur les résultats d’une enquête sur les interventions auprès des gangs en milieu carcéral aux États-Unis. La justification de cette étude est fondée en partie sur l’observation selon laquelle les gangs en milieu carcéral sont florissants au Canada (Service correctionnel du Canada [2008]). Afin d’avoir un aperçu des mesures prises pour faire face à ce problème par d’autres administrations, nous avons procédé à une enquête auprès des coordonnateurs des interventions auprès des gangs et des groupes qui menacent la sécurité (GMS) dans les 50 États, de deux organismes privés de services correctionnels et du Federal Bureau of Prisons. L’enquête s’intitulait « Enquête sur les gangs en milieu carcéral » (voir l’annexe A).

Les systèmes correctionnels américains font face depuis longtemps au problème des gangs dans leurs établissements, et la plupart des administrations ont relevé activement les défis que posent les gangs en milieu carcéral pour le fonctionnement sécuritaire des établissements. Par conséquent, nous avons mené cette enquête auprès des systèmes carcéraux afin de déterminer les stratégies qui pourraient être efficaces pour gérer les gangs en milieu carcéral en répondant à trois questions principales :

  1. Quels types de stratégies de gestion des gangs utilisent les différentes administrations?
  2. Comment les gangs/GMS sont-ils surveillés?
  3. Quelles études officielles, le cas échéant, ont été réalisées sur les interventions auprès des GMS et quel est le résultat de ces études?

Même si les résultats de la présente étude sont de nature exploratoire et descriptive, ils offrent une combinaison variée de résultats qualitatifs et quantitatifs. En guise de conclusion, nous formulons dans le rapport un certain nombre de recommandations à l’intention du Service correctionnel du Canada (SCC) pour mieux contrer le problème croissant des gangs en milieu carcéral et leurs activités illégales et nuisibles. Les recommandations servent aussi de base à partir de laquelle les responsables correctionnels peuvent prendre des décisions éclairées sur la façon d’intervenir auprès des gangs en milieu carcéral et d’éviter ou de réduire au minimum certaines des embûches auxquelles se heurtent les systèmes carcéraux américains dans ce qu’elles font ou ne font pas.

Problème(s)

Incarcérez un grand nombre de personnes, et un marché concurrentiel et une division apparaîtront- Trulson et coll. [2006], p. 27). [TRADUCTION]

La prolifération des gangs et des membres de gangs dans les pénitenciers croît de façon constante depuis les années 80 (SCC [2008]; Decker [2003]). Selon une enquête menée en 1999 par le National Gang Crime Research Center, le nombre de membres de gangs dans les établissements correctionnels pour adultes des États s’est accru, passant de 9,4 % en 1991 à 24,7 % en 1999 (Knox [1999]). Knox (2005] a défini les gangs en milieu carcéral, également connus sous le nom de groupes qui menacent la sécurité (GMS), de la façon suivante : 

  • Tout groupe de trois (3) personnes ou plus qui adoptent constamment un comportement menaçant ou nuisible (c.-à-d. qui enfreignent les règles de discipline lorsque ces manquements sont connus de tous ou que l’avantage qu’en retire le groupe suffit en milieu carcéral), y compris, entre autres, les crimes ou les actes de violence commis par des gangs (c.-à-d. que tout genre de crime fait automatiquement du groupe un gang, et en tant que gang en milieu carcéral, il serait logiquement un GMS). (p. 1) [TRADUCTION]

La plupart des systèmes correctionnels des États-Unis utilisent des définitions semblables (p. ex. trois membres ou plus ayant une identité commune). Le Federal Bureau of Investigation [2009] emploie également cette norme pour définir les gangs de rue, et les autorités canadiennes l’utilisent dans leurs définitions du crime organisé et des criminels (Gendarmerie royale du Canada [2005]). Il semble que les définitions des gangs et des membres du crime organisé fondées sur la taille et les activités du groupe soient généralement acceptées.

Selon les estimations d’un rapport récent du SCC (2008), 16 % des détenus et 12 % des détenues sous responsabilité fédérale faisaient partie d’un gang en milieu carcéral (contre 12 % et 7 % respectivement en 1997). Le problème des détenus appartenant à des gangs est également évident dans les systèmes correctionnels provinciaux et territoriaux; c’est pourquoi les ministres responsables de la justice et des services correctionnels de quatre provinces de l’Ouest envisagent de construire un centre de détention provisoire pour ces détenus (CBC [2009]). Les gangs en milieu carcéral exigent généralement une loyauté absolue (Ralph et coll. [1996]) et le secret (Fong et Buentello [1991]), ce qui complique encore davantage les efforts visant à recenser ces membres. Il est donc possible que le nombre de membres de gangs signalé dans une administration soit sous-estimé (p. ex. au SCC, les délinquants considérés comme des membres d’un gang au moment de leur évaluation initiale sont plus nombreux que ceux qui sont confirmés par les agents du renseignement de sécurité).

L’attention accordée par les médias et l’accroissement des activités des gangs ont suscité en partie un certain nombre d’études et de rapports récents au Canada qui ont porté sur certains aspects des gangs en milieu carcéral (Solliciteur général et Sécurité publique de l’Alberta [2003]; Service de police d’Edmonton [2005]; Grekul et LaBoucane-Benson [2007, 2008]; Mellor et coll. [2005]). Même si ces études nous aident à comprendre l’étendue du problème, aucune n’a porté de façon empirique sur les différents programmes de gestion des gangs. La présente étude comble donc cette lacune dans la littérature.

Comme il est mentionné dans un site en ligne consacré aux conditions en milieu carcéral, les gangs constituent de plus un plus une menace à la sécurité des établissements correctionnels (Insideprison.com [2006]). Les menaces se concrétisent sous différentes formes, notamment la participation à des incidents graves, la distribution d’objets interdits (dont les drogues), la contribution à l’accroissement des taux de violence, l’accroissement des tensions raciales, ethniques ou entre groupes dans les établissements, la sape des programmes de réadaptation par le soutien aux valeurs criminogènes, la participation à des activités criminelles et la contribution à l’échec de la réinsertion sociale si les libérés conditionnels recommencent à participer aux activités des gangs après leur mise en liberté (Federal Bureau of Investigation [2009]; Fischer [2002]; Ruddell, Decker et Egley [2006]; Trulson, Marquart et Kawucha [2006]).

Les activités des gangs ont été associées à des taux plus élevés de violence dans les établissements correctionnels. Ingraham et Wellford (1987) comptaient parmi les premiers chercheurs qui ont signalé officiellement un rapport entre la présence de gangs en milieu carcéral et la violence. Selon un rapport récent du Department of Corrections de l’État de Washington, les membres de gangs constituent jusqu’à 18 % des 17 000 détenus de l’État, mais commettent 43 % des crimes violents graves à l’intérieur de leurs pénitenciers leur sont attribuables (Dininny [2009]). Dans la même veine, Fischer (2002) a observé qu’entre 1994 et 2000, les membres de gangs en milieu carcéral sous la responsabilité du Department of Corrections de l’Arizona étaient plus susceptibles dans une proportion de 74 %  de commettre des infractions graves que les délinquants qui n’appartenaient pas à un gang. De plus, d’après une étude de Fong, Vogel et Buentello (1992), sur les 25 homicides perpétrés dans le système carcéral du Texas en 1984, vingt (80%) étaient attribuables à un gang. Gaes et coll. (2002) ont souligné que même si les gangs en milieu carcéral sont un problème omniprésent dans bien des administrations, « il y a eu très peu d’analyses empiriques concernant l’incidence de l’appartenance à un gang en milieu carcéral sur la violence » (p. 359). 

Les problèmes associés aux gangs ne se posent pas seulement aux États-Unis. En février 2009, un gang dans un pénitencier de Ciudad Juarez (Mexique) a provoqué des troubles qui ont entraîné la mort de 20 détenus (CNEWS [2009]). Selon une étude sud-africaine, les gangs en milieu carcéral ont terrorisé et exploité leurs codétenus et continuent de le faire (van Zyl Smit [1998]). Enfin, la presse de Wellington en Nouvelle-Zélande a fait état récemment, de manière générale, de la violence et des gangs en milieu carcéral. D’après un rapport du Correctional Department national qui a fait l’objet d’une fuite, depuis 2003, le nombre d’agressions dans les pénitenciers a augmenté, passant de 1,7 pour 100 détenus à 4,3 pour 100 en 2006-2007 (Hubbard [2009]).

Des actes de violence semblables attribuables aux gangs se produisent dans les pénitenciers canadiens. Même si tous les cas de violence ne sont pas associés directement aux activités des gangs, le Bureau de l’enquêteur correctionnel (BEC) s’est intéressé vivement à des décès survenus récemment dans des pénitenciers du SCC (BEC [2009]). Bien que les gangs de rue dans la collectivité et en milieu carcéral ne constituent pas une partie importante de la classe marginale criminelle, ils contribuent d’une manière disproportionnée aux activités violentes et occasionnent des difficultés importantes aux responsables des pénitenciers, qui doivent entre autres assurer la sécurité du personnel et des détenus.

Un autre problème grave que posent les membres de gangs en ce qui concerne la sécurité dans les pénitenciers est la mesure dans laquelle ils cherchent à compromettre les membres du personnel en recourant à des complices dans la collectivité. Wilkinson et Delgado (2006), par exemple, ont souligné que des membres de gangs ont essayé collectivement de manipuler et d’intimider des membres du personnel. Les meurtres de Diane Lavigne et Pierre Rondeau, agents de correction pour le ministère des Services correctionnels du Québec, commis en 1997 et 2001 par les Hell’s Angels, montrent jusqu’où peuvent aller les gangs pour menacer ou tuer des agents de correction dans la collectivité ou leur porter préjudice.

En plus de la violence, les autres activités illégales des membres de gangs comprennent l’introduction de drogues dans les établissements correctionnels et la perpétuation d’une économie clandestine (p. ex. opérations non autorisées entre détenus - voir Reuters [2009]). Des conférenciers à un symposium tenu en décembre 2008 sur les gangs et les drogues dans les pénitenciers fédéraux ont établi un lien entre les gangs et la prolifération des drogues en milieu carcéral (SCC [2008]). L’un des défis que doivent relever les systèmes correctionnels est le fait que les drogues illicites et l’économie clandestine mènent également à la violence.

Les membres de gangs en milieu carcéral peuvent aussi chercher à nuire au programme de réadaptation dans un établissement. Colon (2004) a constaté, par exemple, que les jeunes appartenant à un gang essayaient d’affaiblir les programmes d’éducation ou de traitement. Les mêmes comportements sont probablement observés dans les établissements correctionnels pour adultes. Selon une étude à venir du Service correctionnel du Canada [2009], les membres de gangs accordent la priorité aux activités illégales plutôt qu’à la réadaptation et à la réinsertion sociale. Il est possible que ces membres de gangs dissuadent les autres délinquants de participer activement à leur plan de gestion du cas.

Enfin, bien des gangs se forment en fonction de la race ou du groupe ethnique; ce phénomène peut contribuer aux niveaux plus élevés de tensions intergroupes dans les établissements correctionnels (Ligue anti-diffamation du B’nai B’rith [2002]; Ross et Richards [2002]). On observe une nouvelle tendance dans certaines administrations : la radicalisation des détenus. D’après Hamm (2008), aux États-Unis, certains gangs en milieu carcéral se radicalisent (p. ex. ils adoptent et promeuvent des programmes politiques radicaux ou terroristes - voir dans Ford [2009] un exemple de l’Angleterre). Les groupes terroristes peuvent également considérer les pénitenciers comme un terrain de recrutement fertile : Marchese (2009) a fait état des exemples de « Richard Reid (qu’on a appelé le kamikaze à la chaussure) et de Jose Padilla (qu’on a appelé le kamikaze à la bombe sale), tous deux ex-détenus convertis à l’Islam et qui ont par la suite embrassé la cause du terrorisme » (p. 46).

Il est également important de comprendre l’étendue du problème des gangs en milieu carcéral pour assurer la sécurité publique, car il existe une forte corrélation entre l’appartenance à un gang et la récidive (Adams et Olson [2002]; Olson, Dooley et Kane [2004]). L’engagement continu envers une organisation criminelle est de mauvais augure pour la réinsertion sociale en toute sécurité. La gestion efficace des gangs est devenue un élément du programme de transformation du SCC (voir le Comité d’examen du SCC [2007]). Étant donné ces difficultés, il importe d’être proactif et d’élaborer des stratégies qui peuvent réduire l’influence de ces groupes et mettre fin au recrutement par les gangs en milieu carcéral des délinquants nouvellement admis. Ces stratégies devraient commencer par un examen des différentes stratégies de gestion des gangs pour déterminer s’il y a des interventions efficaces - ce qui est l’objectif de la présente étude.

Il faut réellement mieux comprendre la dynamique des gangs en milieu carcéral pour mieux gérer leur comportement et leurs activités dans les pénitenciers. Grekul et LaBoucane-Benson (2008) ont fait remarquer récemment qu’« il y relativement peu d’études canadiennes sur le sujet » (p. 60) et que jusqu’à tout récemment « la plupart des politiques et des programmes de prévention et d’intervention auprès des gangs étaient influencés par les reportages des médias sur les activités des gangs ou par les États-Unis » (p. 60). Bien que la présente étude repose sur un échantillon américain, elle vise à établir une base de référence à partir de laquelle il sera possible d’entreprendre une série d’études canadiennes plus exhaustives sur les gangs en milieu carcéral et leur influence.

Aperçu conceptuel

« Je suis convaincu que si trois personnes se trouvaient sur une île déserte, deux d’entre elles formeraient une clique et se transformeraient à un moment donné en prédateurs à l’endroit de l’autre » - Cory Godwin, ancien président de la Gang-Investigators Association pour le Department of Corrections de la Floride (cité dans Trulson et coll. [2006], p. 26). [TRADUCTION]

Selon Trostle [1996], les années 80 et 90 peuvent être considérées comme les « décennies des gangs ». Aujourd’hui, l’étude des gangs et leur évocation dans les médias de masse suscitent encore de l’intérêt. Une lecture attentive de tout répertoire sur la criminologie ou la justice pénale révélera rapidement une foule de publications sur les gangs de jeunes et de rue et, dans une moindre mesure, sur les gangs en milieu carcéral. Pourtant, les pénitenciers jouent un rôle de plus en plus important dans la vie des gangs et des membres de gangs. Comme l’ont fait remarquer Curry et Decker (2003), les gangs s’adonnent davantage aux activités criminelles; par conséquent, leurs membres risquent d’être arrêtés et de finir par être incarcérés. Les pénitenciers constituent donc un prolongement naturel de la vie des gangs de rue. Par exemple, Wilkinson et  Delgado (2006) soulignent que « le monde extérieur influe constamment sur l’environnement à l’intérieur des pénitenciers » (p. 36). Les gangs et les membres de gangs en milieu carcéral suscitent une deuxième préoccupation : le système de justice pénale vise généralement les gros caïds afin de démanteler les gangs. Des études ont cependant montré que les chefs des gangs peuvent parfois poursuivre leurs activités en milieu carcéral et continuer de mener la barque tout en étant en isolement protecteur. Joan Petersilia (2006), chercheuse renommée dans le domaine correctionnel, a décrit les activités suivantes auxquelles se livrent les gangs dans les pénitenciers de la Californie :

  • Selon le Department of Justice de la Californie, les gangs en milieu carcéral ont la haute main sur de nombreuses activités criminelles à l’intérieur des pénitenciers, y compris l’extorsion, le jeu clandestin, les manœuvres frauduleuses, les vols qualifiés, l’introduction d’objets interdits, le trafic de stupéfiants, les voies de fait à l’endroit des détenus et du personnel et le meurtre. Par exemple, en 2004, huit dirigeants de La Nuestra Familia ont plaidé coupables à des accusations fédérales pour avoir conspiré afin de commettre des manœuvres frauduleuses et de s’adonner au trafic de stupéfiants, ordonné des meurtres et orchestré des vols qualifiés à partir de leurs cellules à la Pelican Bay State Prison, pénitencier à sécurité maximale renforcée de la Californie. (p. 33) [TRADUCTION]

Même si tous conviennent que les gangs constituent un problème, la définition du concept de gang pose des difficultés depuis l’étude classique qu’a réalisée Frederick Thrasher sur les gangs pendant qu’il poursuivait des études de deuxième cycle à l’Université de Chicago (voir Thrasher [1927]; Winterdyk [2001]). Depuis lors, la gamme des étiquettes accolées aux gangs va du déni (par certains organismes de justice pénale) à diverses significations différentes pour les chercheurs, les spécialistes et ceux qui sont ou pourraient être considérés comme des membres de gangs (voir Ball et Curry [1995]). Et même si certains ont laissé entendre que tous comprennent intuitivement la signification (National Institute of Justice [1992]), une telle approche ne facilite pas la compréhension des gangs et la normalisation de la meilleure façon de répondre aux préoccupations relatives aux gangs. Toutefois, comme Thrasher (1927) l’a observé, il n’y a pas deux gangs tout à fait identiques. En fait, ils revêtent « une variété infinie de formes, et tous sont uniques en un certain sens » (p. 45). Thrasher indique que les gangs varient « en fonction de leur composition, de leurs genres de dirigeants, de leur mode d’organisation, de leurs intérêts et de leurs activités et, finalement, du statut de leurs dirigeants du mode d’organisation de ces derniers » (p. 45).

Sanchez-Jankowski (2003) a soutenu que la plupart des chercheurs n’ont pas réussi à établir une distinction entre les gangs et d’autres types de comportements collectifs. Il a fait valoir que les gangs ne devraient pas être considérés comme « un ensemble de déviants », mais comme un groupe de personnes qui partagent les « mêmes valeurs et objectifs que les autres membres de la société américaine » et qui réagissent simplement aux « conditions socio-économiques particulières auxquelles font face ses participants » (p. 211-212). Pour compliquer les choses davantage, les pénitenciers constituent des milieux sociaux particuliers qui posent des défis supplémentaires lorsqu’il s’agit de déterminer la meilleure façon de répondre aux préoccupations réelles ou perçues au sujet des gangs. Comme l’ont fait remarquer Wilkinson et Delgardo (2006], à l’intérieur des murs d’un pénitencier, « des facteurs comme la loyauté envers la ville, la race et même le secteur du pénitencier où ils résident unissent les détenus » (p. 37). Le comportement collectif des détenus est généralement modulé sur ce qu’ils ont à offrir aux autres détenus, comme la protection, le statut, les drogues ou d’autres objets interdits illégaux (p. ex. téléphones cellulaires). Pour s’adonner à ces activités, il faut une certaine organisation qui suppose la coopération d’un certain nombre d’individus, à l’intérieur et à l’extérieur du pénitencier. Par conséquent, l’expression couramment utilisée par les établissements correctionnels américains pour désigner les gangs en milieu carcéral est « groupes qui menacent la sécurité ».

Qu’on souscrive ou non à ces observations, du point de vue de la recherche, il faut établir une définition normalisée. Par exemple, l’étiquette de gang est souvent accolée intuitivement à un groupe de jeunes qui adoptent un comportement collectif antisocial. Toutefois, comme le montre la littérature, bien des membres de gangs, surtout ceux qui se trouvent dans des établissements correctionnels, sont des adultes - et certains font partie d’organisations criminelles complexes, comme les bandes de motards criminels (Federal Bureau of Investigation [2009]). L’examen de la littérature révèle un fait évident : il y a un certain nombre de définitions opposées et elles n’aident pas à concentrer l’attention sur une expression qui a jusqu’à maintenant été utilisée pour décrire un comportement collectif considéré comme nuisible (voir Winterdyk [2001]). Par exemple, des chercheurs ont souligné que certains jeunes hommes ne sont pas nécessairement des membres de gangs au moment de leur admission dans un pénitencier, mais ils le deviennent dans le cadre du processus de détentionnalisation et du désir de « survivre » pendant qu’ils purgent leur peine.

Aux fins du présent projet, nous utilisons la définition des gangs en milieu carcéral du National Gang Crime Research Center, qui définit les gangs en milieu carcéral comme des groupes qui menacent la sécurité. Comme il est indiqué plus haut, les GMS sont définis par Knox (2005) comme « tout groupe de trois (3) personnes ou plus qui adoptent constamment un comportement menaçant ou nuisible » (p. 1).

Alors que la plupart des études portent sur les gangs de rue, la première étude documentée sur les gangs en milieu carcéral a été réalisée aux États-Unis et portait sur les Gypsy Jokers, une bande de motards criminels située à Portland (Oregon) qui avait été créée dans les années 50 et qui poursuivait ses activités pendant que ses membres étaient incarcérés au pénitencier de l’État de Washington, à Walla Walla (Stastny et Tyrnauer [1983]). L’un des premiers gangs nationaux était le groupe Mexican Mafia, qui, selon Lyman (1989), pouvait « agir dans le système carcéral comme entité criminelle autoperpétuée » (p. 48). Ils ont commencé leurs activités vers 1957 au Department of Corrections de la Californie. Selon le site Web Insideprison.com, les gangs en milieu carcéral mexicains sont généralement concentrés dans les États du Sud-Ouest et ont connu une croissance au fil des ans. En 1998, il y avait, selon les estimations, plus de 1 500 membres de la Mexican Mafia dans les pénitenciers, et ce nombre continuait d’augmenter (Insideprison.com [2006]).

Selon le Federal Bureau of Investigation (2009), il y a un certain nombre de gangs nationaux en milieu carcéral qui exercent leurs activités aux États-Unis, et certains de ces gangs ont des ramifications internationales (Aryan Brotherhood, Barrio Azteca, Black Guerilla Family, Hermanos de Pistoleros Latinos, Mexikanemi, Mexican Mafia et Neta). De plus, il y a un certain nombre de gangs régionaux qui exercent généralement leurs activités dans un ou deux États. Enfin, il y a des gangs locaux et au niveau d’un État dont les activités se limitent généralement à un territoire. Même si les bandes de motards criminels ne sont pas considérées comme des gangs en milieu carcéral distincts, on retrouve une structure semblable aux niveaux national, local et de l’État et, lorsque leurs membres sont incarcérés, ils forment des gangs en milieu carcéral. Étant donné les activités d’envergure internationale de ces gangs aux États-Unis, il est probable que certains de leurs membres sont incarcérés dans des pénitenciers canadiens.

Bien que l’on soutienne que le nombre de gangs en milieu carcéral a augmenté au Canada et aux États-Unis (voir Camp et Camp [1985]; SCC [2002; 2008]), d’aucuns estiment que la détermination du nombre réel de détenus affiliés à un gang est l’une des données les plus difficiles à obtenir dans le domaine correctionnel (voir Trulson et coll. [2006]). Au moyen de données du Federal Bureau of Prisons, Trulson et coll. (2006) ont indiqué que les membres de gangs en milieu carcéral constituaient moins de 1,2 % des détenus dans les pénitenciers fédéraux et des États. Et selon la définition plus souple des GMS, « les détenus affiliés à un gang constituaient moins de cinq pour cent des détenus incarcérés dans tout le pays » (p. 26). Il faut toutefois faire preuve d’une certaine prudence dans l’interprétation de ces estimations, car les membres de gang confirmés (ceux dont l’appartenance à des gangs en milieu carcéral a été prouvée par les organismes d’application de la loi) sont souvent beaucoup moins nombreux que les pourcentages estimés par les intervenants comme les membres du personnel de la sécurité. Petersilia (2006) indique, par exemple, que seulement deux pour cent environ des détenus de la Californie ont été confirmés comme étant des membres de gangs, même si, de l’avis général, le total est beaucoup plus élevé (p. 35).

En plus des travaux de pionnier de Stastny et Tyrnauer (1983) et de Camp et Camp (1985), d’autres études clés sur les gangs dans les établissements correctionnels comprennent les travaux de Ralph et Marquart (1991), qui portaient sur la violence des gangs au Texas, et les travaux de Gaes, Wallace, Gilman, Klein-Saffran et Suppa (2002), qui ont étudié l’incidence des gangs en milieu carcéral sur la violence dans les pénitenciers et l’inconduite connexe. Plus récemment, Ruddell et coll. (2006) ont procédé à une enquête à l’échelle nationale auprès des administrateurs de pénitenciers concernant les sortes de stratégies de gestion des gangs utilisées et leur succès relatif.

Comme les pénitenciers sont considérés comme un prolongement du monde extérieur de la criminalité, les gangs en milieu carcéral manipulent leur environnement intérieur pour exercer leur pouvoir et leur influence et poursuivre leurs entreprises extérieures. Étant donné que les gangs ont souvent recours à la violence pour exercer leur pouvoir, leur intimidation et leur domination sur un territoire contesté, il est facilement compréhensible qu’ils utilisent des pratiques semblables en milieu carcéral. Camp et Camp (1985) ont noté que les gangs constituent environ trois pour cent des populations carcérales, mais que jusqu’à 50 % des actes de violence dans les pénitenciers leur sont attribuables. Lorsque plus de deux gangs cohabitent dans le même établissement, le risque s’accroît proportionnellement.

Réponses des pénitenciers et du système correctionnel aux gangs en milieu carcéral

S’inspirant en grande partie des travaux de Curry et Decker (2003), des responsables des administrations pénitentiaires ont établi un certain nombre de modes de gestion des gangs en milieu carcéral ou des GMS. Les pratiques sont en grande partie essentiellement les mêmes que celles utilisées avec les détenus qui constituent un risque pour le fonctionnement ordonné d’un pénitencier sans toutefois appartenir à un gang. Voici quelques‑unes des stratégies utilisées :

  • détenus dénonciateurs (Wilkinson et Delgado [2006]);
  • unités d’isolement (Trulson et coll. [1996]; Fischer [2002]);
  • isolement des dirigeants des gangs, pratique introduite dans les États du Midwest au début des années 70; elle a remporté un succès mitigé en raison des ressources limitées (Rivera et coll. [2003]);
  • interruption des activités de l’établissement (Ward et Werlich [2003]);
  • surveillance des communications internes et externes des membres des gangs en milieu carcéral (Fischer [2002]);
  • examen de chacune des infractions des gangs en milieu carcéral;
  • rotation ou transfèrement des dirigeants des gangs dans le système carcéral;    
  • isolement des détenus et des membres de gangs problématiques dans des sous-unités pour restreindre leurs interactions avec les autres détenus (Crouch et Marquart [1989]);
  • conversion des pénitenciers en établissements sans gangs (Rivera, Cowles et Dorman [2003]).

Même si certains membres du personnel qui s’occupent des gangs en milieu carcéral et des GMS reçoivent plus de formation sur ceux‑ci (Knox [2000]), les principales interventions auprès des membres de gangs dans certaines administrations ne sont pas très différentes de celles auprès des détenus qui ne font pas partie de gangs. Dans bien des cas, ces interventions ne sont pas évaluées et, sans compréhension claire de l’efficacité relative des stratégies d’intervention, ces approches manquent de crédibilité.

Ce qui est peut-être quelque peu ironique, étant donné le problème que peuvent poser les gangs pour le fonctionnement des pénitenciers, c’est que Curry et Decker (2003) soulignent qu’« il n’y a pas d’évaluations des études publiées sur l’efficacité de ces stratégies de suppression pour ce qui est de réduire la violence des gangs en milieu carcéral et d’autres formes d’activités criminelles à l’intérieur des établissements correctionnels » (p. 160). L’étude de Fischer (2002) révèle qu’au sein du Department of Corrections de l’Arizona, l’identification des membres des GMS et la prise de sanctions à leur endroit semblaient avoir un effet positif. Toutefois, Fisher a également noté que l’incidence des interventions était atténuée par les pénuries de personnel, l’adaptation des membres des gangs à leur environnement et la connaissance de la politique en matière de GMS, qui leur permet d’éviter les activités qui les relient à un gang (p. ex. afficher les couleurs ou les tatouages propres aux gangs).

Plus récemment, dans leur étude sur les gangs autochtones dans les pénitenciers canadiens, Grekul et LeBoucane-Benson (2008) ont constaté que « les autorités des pénitenciers ont pris des mesures pour faire face aux gangs de rue et aux gangs en milieu carcéral sans bénéficier de bourses d’études pour guider leurs interventions ». En fait, ils soutiennent que des interventions précoces ont entraîné « une prolifération involontaire des gangs dans l’ensemble du pays, causée officiellement par les autorités ». 

La présente étude comble les lacunes dans la littérature sur l’efficacité des stratégies de gestion des gangs en examinant les mesures que prennent les administrations aux États-Unis pour réduire la prolifération et les influences négatives des gangs en milieu carcéral.

Méthodologie du projet

La présente étude repose sur une méthodologie en deux parties comprenant une analyse documentaire et un questionnaire d’enquête envoyé à 53 systèmes carcéraux des États-Unis (système fédéral, systèmes d’État et systèmes privés). En ce qui concerne l’analyse documentaire, deux étudiantes adjointes de recherche ont établi une liste de publications à partir de la littérature universitaire, d’informations nationales et internationales trouvées dans Internet et de rapports de divers services correctionnels aux niveaux local, des États et national. Un certain nombre de moteurs de recherche différents ont servi à repérer les documents (p. ex. Google et le moteur de recherche de la bibliothèque du Mount Royal College, qui permet d’avoir accès à une gamme étendue de publications universitaires et gouvernementales en ligne).  

En ce qui concerne l’enquête, une liste de personnes ressources des services correctionnels des États-Unis a été dressée à partir du site Web du National Major Gang Task Force. Lorsque des données manquaient, les deux adjointes de recherche ont effectué des recherches sur Internet pour trouver la personne ressource appropriée. La plupart des personnes contactées étaient des directeurs de la sécurité pour les systèmes correctionnels d’États, des directeurs de bureaux d’enquête ou des enquêteurs sur les gangs ou les GMS. À ce titre, ils avaient une connaissance directe des stratégies d’intervention auprès des gangs dans leur administration.
Le questionnaire semi-structuré (voir à l’annexe A un exemplaire de l’enquête sur les gangs en milieu carcéral) a servi à recueillir des données dans six domaines principaux relatifs aux gangs en milieu carcéral ainsi qu’aux stratégies et pratiques d’intervention auprès des gangs en milieu carcéral. Le questionnaire a été envoyé par courrier électronique par le SCC à toutes les personnes ressources aux niveaux fédéral et des États et dans le secteur privé. Les participants potentiels ont été contactés au cours des deux premières semaines de mars 2009 par courrier électronique, téléphone et(ou) télécopieur. Après avoir été contactés, ils ont été invités à participer au projet et à retourner le questionnaire au chercheur principal, John Winterdyk, au Criminal Justice Research Lab du Department of Justice Studies, au Mount Royal College à Calgary (Alberta), au plus tard le 16 mars 2009. En plus d’une adresse électronique, un numéro de télécopieur a été fourni au cas où le répondant préférerait envoyer le questionnaire rempli par télécopieur. Au 31 mars 2009, nous avions reçu 34 réponses, soit un taux de réponse de 64 p. 100. Dans la plupart des cas, les répondants étaient les personnes susmentionnées (p. ex. directeurs de la sécurité ou enquêteurs sur les gangs).

Résultats : enquête sur les gangs en milieu carcéral

Les résultats de cette étude exploratoire sont présentés en six sections qui correspondent aux principales sections de l’enquête. Ensemble, ils donnent des réponses aux questions administratives définies dans le sommaire et l’aperçu.

La première série de questions, à la Section I, portait sur la composition des gangs et des GMS. Le pourcentage de la population carcérale totale considérée comme faisant partie d’un GMS le 1er janvier 2009 variait de 2 % à 50 %, la moyenne s’établissant à 18,04 %. Par contre, le pourcentage de la population carcérale totale confirmée comme faisant partie d’un GMS variait de 0 % à 39 %, la moyenne s’établissant à 10,93 %. En soi, ces chiffres sont assez conformes à ceux d’études antérieures qui portaient sur la prévalence des membres de gangs en milieu carcéral : Minor, Wells, Angel, Carter et Cox (2002), par exemple, ont constaté que 13 % des détenus des pénitenciers américains faisaient partie d’un GMS. Par contre, Ruddell et ses collaborateurs (2006) ont constaté que 13,2 % des détenus des pénitenciers étaient affiliés à des gangs. De plus, ces statistiques montrent la difficulté d’établir une distinction entre les estimations des membres de gangs confirmés et non confirmés - il s’agit d’un problème auquel fait face le SCC dans les estimations qu’il établit à partir de données relevées à l’admission comparées à celles confirmées par les agents du renseignement de sécurité.

Il est important de comprendre la composition, la direction et la structure des gangs pour concevoir des interventions en matière de gestion des gangs. Il est possible, par exemple, d’élaborer différentes stratégies pour les gangs fortement organisés ayant de longs antécédents comparativement aux gangs de rue plus éphémères qui ont été créés récemment. Selon Grekel et LaBoucane-Benson (2007), la structure et la direction des gangs autochtones au Canada sont généralement dynamiques et elles n’ont pas une structure uniforme. Cela contraste avec les familles du crime organisé, qui sont plus organisées et plus enracinées, ou avec les bandes de motards criminels bien établies, qui ont des structures de direction et d’adhésion mieux définies.

En ce qui concerne la meilleure estimation du pourcentage de membres qui jouaient un rôle de direction dans les gangs, les réponses variaient de « ne sais pas » (deux répondants ou 5.8 %) à « 33 % de tous les membres des GMS », la moyenne s’établissant à 4,72 %. La dernière question de cette série demandait aux répondants d’estimer le pourcentage de membres qui étaient « solidement ancrés », et les réponses variaient de 0,3 % à 93 %, la moyenne étant de 22,19 %. Il est important de comprendre ces caractéristiques pour élaborer des stratégies de gestion des gangs : si environ 30 % des membres de gangs sont des dirigeants ou des membres solidement ancrés, on peut en déduire que l’allégeance de 70 % des membres à ces gangs est plus faible, et que ce groupe pourrait être moins réfractaire à différentes interventions. Des études de suivi devraient permettre de déterminer si les gangs en milieu carcéral au Canada présentent une structure semblable.

Une série de questions visait à interroger les répondants sur les changements survenus chez les membres et la composition des GMS au cours des cinq dernières années. Près de 70 % des répondants estimaient que le pourcentage de membres de GMS dans leur système correctionnel avait augmenté. De plus, environ 60 % étaient d’avis que le nombre de membres de gang ayant des antécédents en matière de violence s’était accru. Au total, 43,8 % des répondants croyaient que le nombre de membres de sexe féminin des GMS avait augmenté au cours des cinq dernières années. En outre, 59,4 % des participants estimaient que les membres de GMS faisaient partie d’organismes plus complexes aujourd’hui. Il importe de connaître ces tendances, car les gangs en milieu carcéral moins complexes peuvent devenir des organismes plus grands et plus complexes, ce qui peut en rendre la gestion plus difficile.

La série suivante de questions a révélé que le nombre de comportements négatifs ou illégaux des membres de gangs au cours des cinq dernières années s’était accru, que ces groupes étaient devenus plus nuisibles et qu’ils causaient généralement plus de problèmes au personnel et à l’administration des pénitenciers. Cette observation est conforme aux constatations figurant dans l’analyse bibliographique des États-Unis et du Canada. Par exemple, 28,1 % des répondants ont dit que les membres de gangs avaient davantage recours aux « litiges ou aux griefs des détenus pour contrer les stratégies de gestion des gangs » tandis que 65,6 % ont fait état d’une hausse des « tentatives visant à compromettre des membres du personnel ». Ce pourcentage était suivi de près par les répondants qui ont déclaré que les gangs étaient plus susceptibles aujourd’hui d’adopter un « comportement nuisible » et de commettre « plus d’actes de violence envers les autres détenus » (62,5 %) comparativement à il y a cinq ans.

Les chercheurs voulaient aussi déterminer si le nombre de membres des gangs radicaux avait augmenté dans les administrations des États-Unis. Seulement 21,9% des répondants ont dit que leur système carcéral comptait des membres de gangs qui faisaient partie de ces groupes radicaux et extrémistes. Hamm [2008] avait proposé un certain nombre de stratégies pour réduire la propagation et l’incidence de ces groupes, y compris l’accroissement du nombre d’aumôniers dans les pénitenciers, la diversité du personnel, la formation, la collecte de renseignements, la surveillance de l’adhésion des détenus à des groupes religieux et l’échange de renseignements avec les organismes d’application de la loi ou d’autres organismes correctionnels (p. 18-19). On a demandé aux répondants si ces stratégies étaient efficaces, et la plupart (80 %) ont indiqué que « l’échange de renseignements avec d’autres organismes correctionnels » (80 %) et « l’échange de renseignements avec d’autres organismes d’application de la loi » (80 %) étaient les interventions les plus efficaces pour faire face aux groupes radicaux.

La section II du questionnaire portait sur les stratégies de gestion des GMS. Il s’agissait surtout de déterminer si différentes administrations imposent des sanctions aux détenus après qu’on a confirmé leur statut de membres de gangs. Un peu plus du tiers (34 %) des répondants ont indiqué que leur système carcéral imposait des sanctions à tous les détenus dont le statut de membres de gangs avait été confirmé.

Tableau 1 - Réponse à la question de savoir si les programmes ou interventions étaient un moyen efficace de réduire l’influence des membres de gangs

Programmes ou interventions Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Isolement (placement en isolement) 69,2 % 23,1 % 0 7,7 %
Unités résidentielles spécialisées 53,8 % 15,4 % 0 30,8 %
Réduction des privilèges :        
Visites 57,1 % 21,4 % 3,1 % 14,3 %
Participation aux programmes 35,7 % 50 % 7,1 % 7,1 %
Cantine des détenus 30,8 % 30,8 % 0 38,5 %
Participation à l’emploi 38,5 % 15,4 % 7,7 % 38,5 %
Accès à la collectivité 30,8 % 15,4 % 0 53,8 %
Accès aux communications 45,5 % 18,2 % 0 36,4 %
Perte de la réduction de peine pour bonne conduite 30,8 % 15,4 % 0 53,8 %
Admissibilité à la libération conditionnelle retardée 38,5 % 15,4 % 0 46,2 %
Contrôle du lieu de mise en liberté 25 % 8,3 % 0 66,7 %
Hausse automatique de la cote de sécurité et de l’échelle de classement 50 % 14,3 % 0 35,7 %
Pénitenciers sans gang 8,3 % 16,7 % 0 75 %

Le tableau 1 montre l’efficacité relative de diverses sanctions. Dans l’ensemble, on peut constater que la plupart des programmes ou interventions sont considérés comme « très efficaces » ou « assez efficaces ». Il faut en particulier déterminer s’il y a eu une hausse automatique de la cote de sécurité ou de classement des détenus dont le statut de membres de gangs a été confirmé. Même si l’échelle de classement par niveau de sécurité ou l’échelle de réévaluation du niveau de sécurité du SCC ne comprennent pas un tel élément, beaucoup d’administrations des États-Unis haussent la cote de sécurité des délinquants faisant partie d’un gang en raison de leurs niveaux plus élevés d’inconduite en milieu carcéral. Austin (2003), par exemple, soutient que l’appartenance à un gang est un facteur prédicteur du comportement d’un détenu et devrait figurer dans le classement et l’évaluation du risque.

La section III comprenait quatre questions sur les stratégies de réduction du recrutement par les GMS. Les chercheurs voulaient savoir s’il y a des stratégies qui découragent ou empêchent le recrutement de membres par les gangs. Un peu moins du tiers des répondants ont indiqué que leur système carcéral offrait une certaine forme de programme d’éducation ou d’intervention aux détenus au moment de leur réception ou de leur orientation pour les dissuader de faire partie de gangs (comme un vidéo ou une classe d’orientation, des documents écrits ou dans le cadre d’activités de gestion de cas). Parmi les systèmes carcéraux qui offraient de tels programmes, la stratégie la plus efficace était « le counseling, les interventions ou les activités de gestion par unité », dont 27,3 % des répondants ont dit qu’elle était « très efficace », suivis de ceux qui ont indiqué que leurs « classes d’orientation » étaient un moyen efficace de réduire le recrutement par les gangs. Toutefois, étant donné le petit nombre de systèmes qui offraient ces interventions, les résultats doivent être interprétés avec beaucoup de prudence.

Huit participants ont indiqué que leur système carcéral recourait actuellement à d’autres stratégies afin d’empêcher ou de dissuader les détenus de faire partie de gangs et ils ont formulé presque une douzaine d’observations écrites. Un répondant a dit qu’ils distribuaient aux établissements une liste des « groupes nuisibles » (p. ex. les grands gangs nationaux) et une liste de « groupes à surveiller » (p. ex. les gangs de rue locaux). Plusieurs répondants ont indiqué qu’après qu’un gang a été considéré comme un GMS, les délinquants affiliés à ce groupe peuvent être placés dans une unité de gestion des GMS (UGGMS). On surveille tous les autres gangs pour déterminer s’ils constituent ou constitueront une menace importante. Un troisième répondant a indiqué qu’au moment où un adulte arrive au pénitencier, « il a déjà pris la décision de faire partie d’un GMS et a adopté le mode de vie des gangs depuis des années ». Enfin, un répondant d’un État a noté qu’ils ont une unité d’information, mais aucun programme d’intervention particulier.

Les chercheurs voulaient entre autres savoir combien de délinquants sont devenus membres d’un gang après avoir été admis dans un pénitencier. On a demandé aux répondants d’estimer ce total; les pourcentages variaient de 3 % à 98 %, la moyenne s’établissant à 48,7 %. Cette constatation donne à penser que près de la moitié des membres de gangs en milieu carcéral aux États-Unis deviennent associés à un groupe qui menace la sécurité après avoir été incarcérés. Bien que cette constatation soit fondée sur un échantillon relativement petit de répondants, elle a de profondes répercussions sur les stratégies de gestion des gangs : si les responsables des administrations pénitentiaires pouvaient mettre fin au recrutement par les gangs, ils pourraient réduire de moitié l’étendue du problème. Bien entendu, le défi consiste à déterminer comment les systèmes carcéraux peuvent contrecarrer le recrutement par les gangs ou dissuader les détenus d’adhérer à un gang.

Dans les questions de suivi, on a demandé aux répondants pourquoi les détenus adhéraient à un gang après leur admission dans un pénitencier. Comme l’indique le tableau 2, la principale raison était la « peur des autres détenus ou des gangs », les raisons secondaires étant « le rehaussement de leur statut social » et « le sentiment d’appartenance ou le fait de ne pas avoir d’amis ou de relations ».

Tableau 2 - Raison de l’affiliation à un gang

Raisons d’adhérer à un gang Principale(s)
raison(s)
Raison(s)
secondaires(s)
Raison(s)
la(les) moins
importante(s))
Sans
objet
Accès aux objets interdits 12,5 % 34,4 % 28,1 % 25 %
Avantages économiques 6,3 % 37,5 % 31,3 % 25 %
Rehaussement de leur statut social 21,9 % 34,4 % 15,6 % 28,2 %
Sentiment d’appartenance, fait de ne pas avoir d’amis ou de relations 37,5 % 34,4 % 9,3 % 18,8 %
Peur des autres détenus ou des gangs 62,5 % 18,8 % 3,1 % 15,7 %

Le fait que la plupart des responsables de la sécurité ou des gangs croient que la peur est la principale raison pour laquelle un délinquant adhère à un gang a d’importantes répercussions sur les politiques. Comme Ross et Richards (2002) l’ont fait remarquer, « dans certains pénitenciers, un délinquant doit absolument faire partie d’un groupe qui le protégera. Les solitaires, les délinquants sans aptitudes sociales ou amis, sont vulnérables à des agressions physiques ou peuvent devenir des proies » (p. 133). Dans un même ordre d’idée, Marchese (2009) a écrit que « les détenus nouvellement incarcérés qui ne font pas partie d’un gang peuvent demander la protection et le soutien des gangs établis. Si des détenus croient que l’établissement ne peut pas les protéger, ils sont plus susceptibles d’adhérer à un gang pour obtenir une protection » (p. 46). Ces constatations donnent à penser qu’en créant des établissements plus sûrs, nous réduirons l’attrait des gangs et leur capacité de recruter de nouveaux membres.

La section IV du questionnaire comprenait trois questions principales relatives à la réduction de l’influence des GMS. Nombre d’administrations ont toujours ciblé les dirigeants de gangs (p. ex. des ressources importantes en matière d’enquête visaient à surveiller ces dirigeants et à les isoler après qu’ils avaient commencé à s’adonner à des activités illégales ou nuisibles). Environ la moitié des répondants ont reconnu qu’ils visaient la direction ou les chefs des GMS afin de mettre fin aux activités du groupe. Comme le montre le tableau 3, la stratégie la plus courante et la plus efficace consistait à « isoler les dirigeants » (36,8 %), suivie de la « poursuite au criminel des chefs de gangs » (31,6 %). Lorsqu’elle est combinée à la réponse « assez efficace », l’initiative visant à « isoler les chefs de gangs » semble être la stratégie la plus courante et la plus efficace (78,9 %). La méthode jugée la moins efficace consistait à consacrer plus de temps des enquêteurs aux chefs de gangs, car seulement 16,7 % des répondants ont indiqué qu’il s’agissait d’une stratégie « très efficace », quoique 50 % ont dit qu’elle était « assez efficace ».  

Table 3 - Évaluation de l’efficacité des méthodes de réduction de l’influence des chefs de gangs

Viser la direction des gangs Très
efficace
Assez
 efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Isoler les chefs (p. ex. les placer en isolement) 36,8 % 42,1 % 15,8 % 3,1 %
Viser les chefs au moyen de sanctions internes 21,1 % 47,4 % 21,1 % 10,5 %
Consacrer plus de temps des enquêteurs aux chefs de gangs 16,7 % 50 % 11,1 % 22,2 %
Poursuivre au criminel les chefs de gangs 31,6 % 26,3 % 5,3 % 36,8 %

Dans une série de questions de suivi, on a demandé aux répondants s’ils avaient un ensemble différent d’interventions pour les membres du crime organisé ou les gangs de longue date (p. ex. les bandes de motards criminels) et les membres de gangs moins organisés, comme les gangs de rue de quartier. Il est intéressant de noter que seulement deux des participants à l’enquête ont reconnu qu’ils avaient recours à un ensemble différent d’interventions pour les membres du crime organisé ou les gangs de longue date.

La dernière question de cette section portait sur le classement des menaces que présentent les différents gangs pour le système correctionnel (p. ex. gestion ou évaluation des menaces). Seulement six des répondants ont indiqué qu’ils utilisaient une méthode officielle pour classer les menaces que présentent les différents GMS. En d’autres termes, l’utilisation d’un outil ou d’un instrument d’évaluation des menaces n’est pas généralisée dans les systèmes carcéraux. Même si les répondants ont été invités à envoyer par télécopie une copie de leurs instruments d’évaluation des menaces aux chercheurs, ceux-ci n’en ont reçu aucune.

La section V comptait deux principales questions sur les GMS, la renonciation aux gangs et les interventions. Les programmes de renonciation aux gangs aident les détenus affiliés à un gang à quitter celui-ci. Après avoir effectué une analyse documentaire sur la renonciation aux gangs en milieu carcéral, Forsythe (2006) a indiqué que ces programmes comptent généralement un petit nombre de participants et qu’il s’agit habituellement de détenus plus âgés. Pourtant, son étude a aussi montré qu’après que le délinquant a renoncé à son affiliation à un gang, il risque moins de commettre des actes de violence qu’auparavant et il réadhère rarement au gang. Notre étude des administrations des États-Unis a révélé qu’un peu plus du tiers des répondants ont indiqué qu’ils avaient instauré un programme officiel de renonciation aux gangs.

Une série de questions de suivi portaient sur l’efficacité des stratégies de renonciation et, à l’exception des « interventions fondées sur un programme officiel d’éducation ou d’intervention », aucune des stratégies de renonciation énumérées n’a été considérée comme très efficace. Le tableau 4 présente une ventilation des réponses et montre que la plupart des administrations n’offrent pas de programmes de ce genre. Étant donné l’importance de ces initiatives, toutefois, il s’agit d’un aspect qui semblerait justifier un examen plus poussé.

Tableau 4 - L’efficacité perçue en ce qui concerne l’accroissement du nombre de membres qui ont renoncé officiellement à leur appartenance à un GMS


Stratégies de renonciation à un gang
Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans objet
Interventions faisant appel à des stratégies fondées sur la foi 0 15,4 % 7,7 % 76,9 %
Interventions faisant appel à des aumôniers ou à d'autres chefs religieux 0 7,7 % 0 92,3 %
Interventions de conseillers, d’agents responsables des cas ou de gestionnaires d’unité 7,7 % 38,5 % 0 53,8 %
Interventions fondées sur les valeurs raciales, culturelles ou ethniques 0 23,1 % 7,7 % 69,2 %
Interventions fondées sur un programme officiel d’éducation ou de traitement 15,4 % 30,8 % 0 53,8 %

À la dernière question de la section V, on a demandé aux répondants si leur système carcéral avait un programme de traitement officiel qui visait spécialement les membres des GMS. Seulement six des répondants ont indiqué qu’ils offraient un programme de traitement officiel aux membres des GMS, la stratégie la plus courante étant « les activités de gestion des cas des conseillers, des agents responsables des cas ou des gestionnaires d’unité ». Bien qu’il y ait eu peu d’interventions efficaces aux États-Unis à l’intention des membres de gangs fondées sur des modèles de réadaptation, il importe de noter que des chercheurs canadiens ont démontré l’efficacité des interventions thérapeutiques auprès des membres de gangs (Di Placido, Simon, Witte, Gu et Wong [2006]).

La dernière section du questionnaire, la section VI, portait sur les Enquêtes sur les GMS et les gangs. Cette section comprenait sept questions demandant des réponses sur différentes stratégies considérées comme efficaces pour améliorer la qualité des enquêtes. On a posé un certain nombre de questions sur différents logiciels et stratégies d’analyse des données utilisés par les organismes d’application de la loi (p. ex. la cartographie criminelle ou l’exploration de données) pour déterminer si ces approches étaient aussi utilisées dans le domaine correctionnel.

Presque tous les répondants (93,8 %) ont indiqué que leur système carcéral recueille et examine différents genres de renseignements sur les individus et les établissements pour aider aux enquêtes sur les GMS. Même si les résultats du tableau 5 indiquent que les répondants estiment que leurs stratégies d’enquête sont généralement efficaces, à la question sur les techniques utilisées pour interpréter les données recueillies, la plupart des réponses aux options énumérées (p. ex. exploration des données, modèles de prévision, cartographie criminelle, analyse de réseaux) étaient « sans objet » (allant de 55,6 % pour l’exploration des données à 85,2 % pour l’analyse par grappes et les modèles de prédiction). Par conséquent, bien que certaines administrations aient recours à des stratégies et à des outils d’analyse complexes, les enquêtes fondées sur ces techniques constituent la minorité.

Tableau 5 -  Stratégies perçues comme étant efficaces pour appuyer vos enquêtes sur les GMS

Données Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Analyse des dossiers financiers 42,3 % 46,2 % 3,8 % 7,7 %
Analyse des registres des appels 73,3 % 20 % 0 6,7 %
Surveillance des conversations téléphoniques des membres des GMS 80 % 15,6 % 0 3,1 %
Examen du courrier des membres des GMS 83,3 % 16,7 % 0 0
Analyse de l’inconduite des détenus et des incidents auxquels ils ont participé 70 % 30 % 0 0
Suivi des relations avec des complices criminels ou des GMS 63,3 % 30 % 0 6,3 %
Surveillance de personnes associées aux GMS dans la collectivité 43,3 % 36,7 % 0 20 %
Participation aux programmes 3,4 % 31 % 13,8 % 51,7 %

Moins d’un cinquième des répondants ont utilisé un  programme informatisé afin de déterminer, d’analyser ou d’afficher les relations avec des gangs ou des GMS. Peu de répondants, environ dix pour cent, ont indiqué qu’ils recouraient à des systèmes d’information géographique (SIG) pour établir le lieu des membres de gangs ou leurs comportements (p. ex. établir une carte des incidents mettant en cause des gangs dans un établissement). Les répondants ont indiqué que les SIG servent à déterminer où dans l’établissement des incidents mettant en cause un gang ou un GMS se sont produits. Étant donné la mesure dans laquelle les SIG sont utilisés dans d’autres domaines du système de justice pénale (y compris la localisation des libérés conditionnels dans la collectivité), il semblerait prudent d’examiner pourquoi les SIG ne sont pas utilisés davantage dans les systèmes carcéraux.

Un nouveau domaine des enquêtes correctionnelles consiste à établir un partenariat avec des fournisseurs de services pour les détenus et leurs familles, comme des entreprises privées qui facilitent les dépôts en ligne de fonds dans les comptes des détenus. Des sociétés comme J-Pay effectuent ces opérations contre le versement de droits par la famille du détenu, mais elles fournissent aussi un rapport au système carcéral qui permet d’assurer le suivi de ces dépôts. Par conséquent, si une seule personne dépose des fonds dans de nombreux comptes de détenus dans plusieurs établissements différents, cela peut être un indicateur d’activités illégales ou de gangs. On a demandé aux répondants s’ils avaient des accords de partenariat avec des entreprises commerciales de ce genre; seulement deux ont répondu que leur système carcéral avait recours à ces services. Toutefois, ces répondants considéraient ces services comme seulement « assez efficaces », ce qui donne à penser que ces accords de partenariat devraient être évalués avec prudence, mais qu’ils devraient néanmoins faire l’objet d’un examen plus approfondi.

On a aussi demandé aux participants leur opinion au sujet de l’échange de renseignements - au sein de leur système correctionnel et avec d’autres éléments du système de justice pénale. La plupart des répondants ont indiqué qu’ils trouvaient très efficace l’échange de renseignements dans leur système (78,1 %) et qu’ils jugeaient en général très efficace l’échange de renseignements avec les responsables de la libération conditionnelle, d’autres systèmes carcéraux ou les organismes d’application de la loi. Constatation surprenante, près de la moitié des systèmes carcéraux des États n’échangent pas de renseignements avec les prisons locales. Comme environ 13 % à 16 % des détenus des prisons américaines sont affiliés à un gang (voir Minor et coll. [2002]; Ruddell et coll. [2006]), cela semble être une occasion perdue. Des études de suivi pourraient aider à déterminer si cet état de fait se vérifie aussi au Canada et la mesure dans laquelle le SCC échange des renseignements avec ses homologues des services correctionnels provinciaux et territoriaux, ainsi que l’efficacité de cet échange de renseignements.

Tableau 6 - Avec qui les produits de vos enquêtes sont-ils échangés? 

Échange de renseignements Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans objet -
données
manquantes
Au sein de notre système carcéral 78,1 % 15,6 % 0 6,3 %
Avec les responsables de la libération conditionnelle 46,9 % 28,1 % 9,4 % 15,7 %
Pénitenciers d’autres administrations (État, niveau fédéral ou sociétés) 53,1 % 31,3 % 0 12,5 %
Prisons de comté 28,1 % 12,5 % 6,3 % 46,9 %
Organismes d’application de la loi (locaux, État et fédéraux) 64,5 % 28,1 % 0 9,4 %
Procureurs 37,5 % 28,1 % 0 34,4 %

L’une des limites de notre connaissance des interventions en matière de justice pénale est le fait que peu d’administrations procèdent à des évaluations des programmes pour en déterminer l’efficacité. À la dernière question du questionnaire concernant les enquêtes sur les gangs, on a demandé aux participants si leurs interventions en matière de gestion des gangs avaient déjà fait l’objet d’une évaluation officielle. Moins du quart des répondants (21,9 %) ont indiqué que des évaluations avaient eu lieu. Selon le résultat global de ces évaluations, la population carcérale augmente, et ces pressions exercées sur le système s’accompagnent d’une diminution du personnel et du financement, ce qui compromet davantage la qualité et l’efficacité du travail effectué par le personnel des pénitenciers pour faire face aux GMS.

La dernière question était une question à réponse libre où l’on a demandé aux répondants d’indiquer le principal problème auquel est confronté leur système carcéral aujourd’hui. Selon presque tous les coordonnateurs des interventions auprès des gangs et des GMS, le principal défi ou problème auquel font face les systèmes carcéraux aux États-Unis est le manque de ressources et les problèmes de dotation en personnel largement attribuables au nombre croissant de détenus et, en particulier, aux membres de gangs et de GMS. Par exemple, un répondant a indiqué que « nous fermons actuellement des établissements et nous souffrons d’une diminution draconienne des fonds et des budgets ». Un autre a noté que la qualité des candidats aux postes d’agents de correction se détériore et qu’il y a un niveau d’attrition général chez le personnel en poste. Parmi les autres observations, mentionnons l’absence d’une unité de renseignements centralisée qui permettrait aux pénitenciers de déterminer la taille réelle, la croissance et l’ampleur de la situation des GMS; le manque de ressources spécialisées; la pénurie de personnel et une cohorte plus jeune de membres des GMS; le surpeuplement et le manque de locaux pour gérer efficacement les membres de gangs; le manque de ressources et de compétences pour lutter efficacement contre le niveau de violence chez les GMS et la technologie à leur disposition; la préoccupation croissante à l’égard de l’accès des membres des GMS aux téléphones cellulaires et aux objets interdits (y compris le tabac). Essentiellement, malgré les efforts considérables des coordonnateurs des interventions auprès des GMS, il semble y avoir un écart important entre les objectifs des établissements visant à assurer un environnement sûr et la capacité (ressources et personnel) d’atteindre cet objectif dans bien des administrations des États-Unis.

Conclusions

Le présent projet visait à procéder à une enquête auprès des coordonnateurs des interventions à l’endroit des gangs et des GMS dans les systèmes carcéraux des États-Unis afin d’acquérir une meilleure connaissance du mode de gestion des gangs en milieu carcéral et de déterminer s’il y avait ou s’il y a des stratégies qui semblent fonctionner mieux que d’autres. Le SCC et ses homologues provinciaux et territoriaux pourraient alors recourir à ces interventions efficaces pour faire face aux problèmes des gangs en milieu carcéral et des GMS incarcérés dans leurs établissements. En particulier, nous avons cherché à répondre aux questions de recherche stratégique suivantes :

  • Quelles sont les stratégies de gestion des gangs utilisées actuellement dans les trois domaines principaux suivants?
  • prévention;
  • sanctions;
  • interventions.
  • Quelles stratégies ont été utilisées pour repérer les gangs et en établir la cartographie criminelle, y compris les applications de nouvelles technologies?
  • Des évaluations officielles de ces stratégies ont‑elles été effectuées et, dans l’affirmative, ces interventions se sont‑elles révélées efficaces.  

Le présent rapport a été produit avec un échantillon limité (N=34 sur une possibilité de 53 répondants qui représentaient des établissements comptant 954 132 détenus - près de 68 % de tous les détenus des États) et a été présenté le 31 mars 2009. Nous espérons que d’autres administrations répondront et qu’un rapport à jour sera produit par le SCC. Néanmoins, nous pouvons formuler maintenant un certain nombre d’observations, car les résultats sont généralement assez constants pour l’ensemble de l’échantillon.

Résultats de l’analyse documentaire

En premier lieu, l’analyse documentaires confirme ce que reconnaissent déjà de nombreux spécialistes, c’est-à-dire que non seulement la présence des gangs en milieu carcéral et des GMS varie d’un établissement à l’autre, mais qu’ils constituent un phénomène international qui présente des risques pour le fonctionnement sécuritaire des pénitenciers, ainsi que pour la collectivité si ces délinquants restent affiliés à des gangs. De plus, des preuves donnent à penser qu’il est généralement difficile de classer et de définir correctement l’appartenance à des gangs en milieu carcéral dans les systèmes carcéraux. Cela explique la constatation selon laquelle même si 18,04 % des délinquants des États-Unis étaient considérés comme des membres de gangs, environ 10,93 % étaient en fait des membres de gangs confirmés. En outre, comme l’a montré la littérature sur les gangs, il n’y a pas de consensus clair sur ce que constitue un gang, et ce qui est peut-être encore plus important, il faut établir une distinction entre les gangs de rue en établissement et les gangs en milieu carcéral. Chacun de ces groupes présente un ensemble différent de défis.

Stratégies de gestion des gangs

La présente étude montre qu’il y a une foule de stratégies utilisées pour lutter contre les gangs en milieu carcéral aux États-Unis. La plupart consistent à identifier les membres de gangs et à prendre des mesures proactives pour supprimer la menace qu’ils constituent ou à retirer les fauteurs de troubles potentiels de la population générale au moyen de l’isolement. Toutefois, comme l’indique l’analyse documentaire, de par leur nature même, les milieux carcéraux engendrent et appuient involontairement la création de sous-groupes - processus désigné sous le nom de « détentionnalisation ». D’après un examen de la littérature sur les gangs et les GMS, il était également évident qu’il y a eu peu d’études systématiques sur le succès des autres stratégies de lutte contre les gangs en milieu carcéral. Parmi les interventions examinées, la méthode la plus « efficace » a été l’isolement des membres de gangs. Toutefois, cette mesure semble punitive et, sans programmes d’intervention structurés et fondés sur des preuves pour aider les membres de gangs à quitter leur gang, on peut se demander si de telles mesures font plus que contenir un problème éventuel. Cela pourrait équivaloir à envoyer un jeune enfant dans sa chambre sans assurer un suivi approprié.

En réponse aux trois questions de recherche stratégique proposées dans le présent projet, un certain nombre d’observations peuvent être formulées à partir des résultats de l’étude :

  • Comparativement à il y a cinq ans, le nombre de membres de GMS a augmenté, et ces groupes adoptent des comportements plus nuisibles au sein des systèmes carcéraux.
  • Relativement peu de systèmes carcéraux aux États-Unis ont officialisé, et encore moins uniformisé, des stratégies de prévention pour réduire le recrutement par les GMS. Aucune stratégie de prévention claire n’était ou n’est utilisée efficacement. Toutefois, il semble y avoir un modeste soutien au recours au counseling, aux interventions ou aux activités de gestion par unité. D’après les réponses qualitatives, les limites financières à un certain nombre de niveaux soulèvent de sérieux doutes quant au degré d’appui dont pourraient bénéficier ces initiatives dans les systèmes carcéraux des représentants ayant répondu à la présente étude.
  • La sanction la plus courante utilisée pour lutter contre l’influence des membres de gangs en milieu carcéral était leur isolement (p. ex. le placement en isolement). Environ les deux tiers de tous les systèmes carcéraux ont reconnu qu’ils recouraient à une ou plusieurs sanctions, comme le placement en isolement, les unités résidentielles spécialisées, la réduction des privilèges et la hausse automatique de la cote de sécurité ou de l’échelle de classement des membres de gangs. Même si le placement en isolement semblait efficace, rien n’indique qu’il permet de faire plus que de contenir le problème au lieu de le résoudre.
  • Seulement la moitié des répondants ont indiqué qu’ils avaient des stratégies d’intervention officielles pour répondre aux besoins criminogènes des délinquants. La méthode la plus couramment utilisée était les activités de gestion des cas des conseillers, des spécialistes des interventions ou des gestionnaires d’unité.
  • Environ la moitié des membres de gangs en milieu carcéral ne sont pas affiliés à un gang lorsqu’ils sont admis dans un pénitencier. Près des deux tiers des répondants croient que ces délinquants ont adhéré à un gang à cause de la peur, tandis qu’une proportion moindre estime que l’accès des délinquants à des objets interdits ou leur sentiment accru d’appartenance sont les principales raisons de faire partie d’un gang. Cette constatation donne à penser que si le recrutement par les gangs en milieu carcéral était éliminé, le problème des gangs pourrait diminuer considérablement.
  • Presque tous les systèmes carcéraux recueillent et examinent différents genres de renseignements sur les individus ou les établissements pour aider aux enquêtes sur les GMS. Toutefois, seulement 10 % des systèmes carcéraux utilisaient des SIG pour établir la cartographie criminelle des membres de gangs et de leur comportement. Aucun système carcéral ou presque n’avait recours à des entreprises commerciales ou à des fournisseurs pour aider à surveiller ou à suivre les membres de gangs. Encore une fois, cette constatation semble se rapporter étroitement à l’observation selon laquelle le manque de ressources et de personnel qualifié ainsi le problème de surpopulation dans les pénitenciers ne permettent pas de faire appel à des ressources extérieures.
  • Moins du quart des répondants ont indiqué que des évaluations officielles de leurs stratégies de gestion des gangs avaient eu lieu. Étant donné les réponses à la dernière question du questionnaire (le principal problème auquel fait face leur système), il semble que les ressources et peut-être la volonté politique soient insuffisantes pour que de telles évaluations soient effectuées.
  • Le principal obstacle à toute initiative constructive semble relié à une réduction continue des ressources (spécialisées) pour gérer efficacement les membres des GMS, empêcher ceux-ci de recruter des membres et enquêter sur eux. Tous les systèmes carcéraux américains font face à un nombre croissant de membres de GMS et à un accroissement de la complexité des comportements indésirables et illégaux des GMS, et ont recours à des interventions qui n’ont pas fait l’objet d’examens empiriques - observations formulées par Gaes et coll. (2002) et, plus récemment, par Grekul et LeBoucane-Benson (2008).

Même si les résultats de l’étude ne fournissent pas d’orientation claire concernant une initiative constructive, ils donnent un aperçu des mesures susceptibles d’être prises pour résoudre les problèmes rencontrés dans les systèmes carcéraux américains. Les études futures devraient porter sur des essais pilotes et l’évaluation d’une ou de plusieurs initiatives prometteuses. Il faudrait procéder à ces interventions et études avec une idée claire de la nature et du genre de gangs en milieu carcéral et de GMS auxquels on fait face. Par exemple, selon les données présentées dans la littérature, il n’y a pas deux gangs identiques, et il est probable qu’il faudra recourir à des stratégies légèrement différentes pour gérer différents genres de GMS ou de gangs. Pour replacer cette observation dans un contexte canadien, les stratégies qui peuvent être efficaces pour accroître la renonciation chez un gang autochtone sont peu susceptibles de fonctionner auprès d’un membre de longue date d’une bande de motards criminels.

Il est également recommandé de procéder à une enquête combinée à des entrevues avec des directeurs d’établissement de partout au Canada pour déterminer les stratégies de gestion des gangs qu’ils utilisent et l’efficacité relative de ces stratégies. Par exemple, comme l’a mentionné récemment un directeur d’établissement, la réponse d’un établissement a été réactive et l’adoption d’une approche qui a peut-être permis de contenir les problèmes qu’il rencontrait n’était peut-être pas la meilleure pour la gestion du pénitencier. Par exemple, il a fait remarquer qu’« il faut garder constamment les membres des gangs isolés, y compris dans l’organisation des repas, des exercices et des visites » (CBC [2007]).

Il pourrait également être utile de tenir des entrevues avec les membres de gangs en milieu carcéral au Canada (des membres actuels et anciens), en particulier pour savoir quand ils ont adhéré au gang, leur raison de le faire et les facteurs qui les ont amenés à y renoncer (dans le cas des ex-membres). Même si l’on reconnaît que ce groupe pourrait ne pas être très disposé à donner des réponses, il est plausible que des chercheurs qui ne feraient pas partie du SCC pourraient mieux réussir à obtenir ces renseignements. Ces données pourraient permettre au SCC d’élaborer des stratégies qui empêcheraient les délinquants d’adhérer à ces groupes ou qui les inciteraient à renoncer à un gang.

Recommandations

Il est également recommandé que le SCC prenne les mesures suivantes :

  • Explorer des stratégies pour établir des relations de travail entre les organismes d’application de la loi et les organismes correctionnels (y compris avec des responsables des systèmes provinciaux et fédéraux) pour assurer l’échange de renseignements sur les membres de gangs transférés dans les pénitenciers ou mis en liberté.
  • Procéder à une analyse nationale des établissements correctionnels pour déterminer les secteurs qui pourraient avoir besoin d’aide. Il pourrait être possible que les activités de prévention des gangs les plus efficaces aient lieu dans les centres correctionnels et les centres pour jeunes provinciaux et territoriaux - ce qui réduirait leur participation aux activités criminelles ainsi que l’afflux de membres de gangs dans les établissements du SCC.
  • Comme les organismes d’application de la loi constituent la première ligne de la réponse du système de justice pénale aux problèmes des gangs, la recherche devrait aussi porter sur leurs stratégies de lutte contre les gangs, compte tenu du fait que les efforts de suppression ont généralement donné lieu à des réactions ou à des comportements d’adaptation. C’est-à-dire que les membres de gangs apprennent simplement à modifier leur mode de fonctionnement afin de poursuivre leur mode de vie criminel.
  • Même si la suppression sous différentes formes est la façon traditionnelle de faire face aux gangs en milieu carcéral et aux GMS, il faudrait envisager de connaître et de comprendre la raison première de l’appartenance aux gangs en milieu carcéral et aux GMS (p. ex. pour la protection ou par peur).

Enfin, il faut reconnaître que, tout comme dans le cas de toute forme d’activité criminelle ou de tout genre de crime, les causes profondes des GMS sont souvent complexes et il n’y a pas de solutions simples au problème. Toutefois, quelles que soient les stratégies utilisées, elles doivent s’accompagner d’un financement suffisant et d’un personnel formé et qualifié pour atteindre de manière appropriée les objectifs de l’initiative. De plus, des ressources suffisantes doivent être disponibles pour appuyer de manière appropriée toutes les initiatives. Par exemple, les pénuries de personnel, le surpeuplement et la réduction des ressources - en d’autres termes, la diminution des capacités - réduiront le succès de toute stratégie de gestion des gangs. En fin de compte, comme c’est le cas de toutes les questions sociales, ce dont on a besoin, ce sont des stratégies de collaboration et de coopération pour faire face à la nature complexe des gangs en milieu carcéral et de leurs membres dans l’environnement correctionnel d’aujourd’hui.

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Annexe A

Le 9 mars 2009

Aux coordonnateurs des interventions auprès des gangs et des GMS,

La présente lettre vise à vous demander de participer à une enquête sur tous les systèmes carcéraux des États-Unis (niveau fédéral, État et sociétés privées) dans le cadre d’une étude sur les gangs et les groupes qui menacent la sécurité (GMS). Cette étude porte sur les questions suivantes : composition et structure des GMS, enquêtes, prévention et stratégies d’intervention. Nous espérons trouver des interventions prometteuses que nous pourrons utiliser pour réduire l’influence des gangs dans notre système carcéral.

Le questionnaire compte 25 questions qui se répartissent en six sections. Il faudra environ 15 à 20 minutes pour répondre au questionnaire. Nous vous saurions gré de répondre à toutes les questions, mais ne vous sentez pas obligés de répondre à certaines questions si vous estimez que cela pourrait mettre en danger vos activités. Toutes les données déclarées seront combinées de sorte que les résultats ne permettront pas d’identifier ou de mettre en évidence un système ou un organisme. Tous les renseignements resteront anonymes.

Pour vous aider à mieux comprendre comment les données seront présentées, je serais heureux de vous envoyer par courrier électronique une copie en format PDF d’une étude semblable que j’ai réalisée avec mes collègues sur le problème des gangs dans les pénitenciers des États-Unis.

Si vous désirez obtenir les résultats de l’étude, il y a une case à la dernière page du questionnaire où vous pouvez indiquer une adresse électronique, et nous nous ferons un plaisir de vous envoyer un sommaire du projet par courrier électronique.

M. John Winterdyk du Criminal Justice Research Lab, au Mount Royal College de Calgary (Alberta), sera chargé de la collecte et de l’analyse de toutes les données, et nous vous demandons d’envoyer à son attention, par télécopieur ou courrier électronique, le questionnaire rempli (le numéro de télécopieur et l’adresse électronique figurent à la dernière page).

Si vous avez des questions, veuillez me contacter directement au 613-947-8866, ou par courrier électronique à :  ruddellrk@csc-scc.gc.ca

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Rick Ruddell
Directeur, Recherche opérationnelle
Service correctionnel du Canada

 

Directives : Répondez le plus exactement possible à toutes les questions. Si vous ne pouvez répondre, veuillez passer à la question suivante.
____________________________________________
___________________________________________


Section I - COMPOSITION DES GANGS ET DES GMS

Aux fins de la présente enquête, nous utilisons les termes « gang » et « groupe qui menace la sécurité » (GMS) de façon interchangeable : un groupe de trois membres ou plus qui adopte constamment un comportement menaçant ou nuisible.

1. Le 1er janvier 2009, quel était le pourcentage de votre population carcérale totale qui était considérée comme étant membres de GMS?

  • __ % des détenus
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

2. Le 1er janvier 2009, quel était le pourcentage de votre population carcérale totale qui était confirmée comme membres de GMS?

  • __ % des détenus
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

3. Le 1er janvier 2009, parmi les membres de GMS dans votre système carcéral, quelle est votre meilleure estimation du pourcentage de membres qui jouaient un rôle de direction dans leur gang? (p. ex. reconnus par les membres du personnel ou par d’autres détenus comme des chefs de gang).

  • ____ % des membres de GMS sont des chefs
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

4. Le 1er janvier 2009, parmi les membres de GMS dans votre système carcéral, quelle est votre meilleure estimation du pourcentage de membres qui y sont solidement ancrés (p. ex., membres entièrement dévoués qui se battraient pour le gang - mais qui n’étaient pas des chefs de gang et qui jouaient un rôle plus grand dans le groupe que les « aspirants » ou les « affiliés »).

  • ____ % des membres de GMS qui y sont solidement ancrés
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

5. La population de membres de GMS dans votre système carcéral a-t-elle varié au cours des cinq dernières années? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent :

Variation de la composition et du pourcentage de membres des GMS au cours des cinq dernières années Oui Non Ne sais pas
- sans objet
Le pourcentage de membres de GMS dans notre système a augmenté [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Le pourcentage de membres de GMS ayant des antécédents en matière d’infractions avec violence dans notre système a augmenté [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Le pourcentage de membres féminins de GMS dans notre système a augmenté [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Les membres de GMS appartiennent à des organismes plus complexes aujourd’hui [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.

6. Les comportements en établissement des membres de gangs dans votre système carcéral ont-ils varié au cours des cinq dernières années? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent :

Variation des comportements des membres de gangs au cours des cinq dernières années Oui Non Ne sais
pas -
sans
objet
Hausse du nombre de cas de comportements nuisibles [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre d’actes de violence envers les autres détenus [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre de tentatives visant à saper les programmes de réadaptation [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre d’actes de violence envers les membres du personnel [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre de menaces ou d’actes d’intimidation envers le personnel [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre de tentatives visant à saper l’autorité du personnel [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre de tentatives visant à infiltrer le système carcéral (p. ex., emploi, fournisseurs) [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Hausse du nombre de tentatives visant à compromettre des membres du personnel [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.
Recours accru aux processus de règlement des litiges ou des griefs des détenus pour contrer les stratégies de gestion des gangs [ ]Oui [ ]Non [ ]S.O.

7. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral comptait-il des membres de gangs qui faisaient partie de groupes radicaux extrémistes ayant des croyances radicales ou des visées terroristes?  (p. ex., membres de gangs radicaux)

  • [ ] Oui (passez à 7b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - incapable de répondre

7b. Si OUI, l’une des stratégies suivantes a-t-elle été un moyen efficace de faire face à la radicalisation des détenus? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si elles ont été un moyen efficace de réduire l’influence de ces groupes.

Programmes ou interventions Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Augmenter le nombre d’aumôniers [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Accroître la diversité du personnel [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Accroître la formation du personnel pour qu’il puisse reconnaître la radicalisation ou y faire face [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Collecte de renseignements [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Surveillance de l’adhésion des détenus à des groupes religieux [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Échange de renseignements avec d’autres organismes correctionnels (prisons, pénitenciers, probation ou libération conditionnelle) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Échange de renseignements avec d’autres organismes d’application de la loi [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

SECTION II - STRATÉGIES DE GESTION DES GMS

8. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral imposait-il des sanctions à tous les détenus confirmés ou considérés comme des membres de gangs?

  • [ ] Oui (passez à 8b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

8b. Si OUI, veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si ces approches étaient un moyen efficace de réduire l’influence de ces groupes:

Programmes ou interventions Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Isolement (placement en isolement) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Unités résidentielles spécialisées [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Restriction des privilèges :
Visites [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Participation aux programmes [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Cantine des détenus [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Participation à l’emploi [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Accès à la collectivité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Accès aux communications [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Perte de la réduction de peine pour bonne conduite [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Admissibilité à la libération conditionnelle retardée [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Contrôle du lieu de mise en liberté [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Hausse automatique de la cote de sécurité ou de l’échelle de classement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Pénitenciers sans gang [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

Section III - RÉDUCTION DU RECRUTEMENT PAR LES GMS

9. Le 1er janvier 2009, au moment de l’orientation ou de la réception des détenus, votre système carcéral offrait-il une certaine forme de programme d’éducation ou d’intervention pour les dissuader d’adhérer à des gangs? (p. ex. un vidéo, une séance d’orientation officielle ou des documents à lire distribués aux détenus).

  • [ ] Oui (passez à 9b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

9b. Si OUI, quelles stratégies votre système a-t-il utilisées pour dissuader les détenus de faire partie de gangs? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si elles sont efficaces pour réduire le recrutement.

Réduction du recrutement par les GMS Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Vidéo d’orientation/DVD [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Classe d’orientation [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Documents distribués - documents à lire [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Counseling, interventions ou activités de gestion par unité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

10. Votre système a-t-il actuellement d’autres stratégies qui semblent efficaces pour dissuader les détenus de faire partie de gangs? Si vous avez un site en ligne décrivant la stratégie, veuillez l’indiquer.

  • [ ] Oui (passez à 10b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

10b. Si OUI, veuillez donner une description :
___________________________________

11. Parmi les membres de gangs dans votre système carcéral au 1er janvier 2009, quelle est votre meilleure estimation du pourcentage de membres qui faisaient déjà partie d’un GMS lorsqu’ils ont été admis?

  • ____ % des détenus faisaient partie d’un GMS au moment de leur admission
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

12. Parmi les personnes qui se sont affiliées à un gang après leur première admission dans un pénitencier, quelles étaient selon vous les principales raisons d’adhérer à un gang?

Raisons d’adhérer à un gang Principale(s)
raison(s)
Raison(s)
secondaires(s)
Raison(s)
la(les)
moins
importante(s)
Sans
objet
Accès aux objets interdits [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Avantages économiques [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Rehaussement de leur statut social [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Sentiment d’appartenance, fait de ne pas avoir d’amis ou de relations [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Peur des autres détenus ou des gangs [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

Section IV - RÉDUCTION DE L’INFLUENCE DES GMS

13. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral visait-il précisément la direction ou les chefs des GMS pour entraver les activités du groupe?

  • [ ] Oui (passez à 13b et 13c)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet  - Incapable de répondre

13b. Si OUI, quel pourcentage approximatif de vos ressources en matière d’enquête vise les chefs des GMS?

  • _____ % des ressources en matière d’enquête
  • [ ] Ne sais pas
  • [ ] S.O.

13c. Si OUI, veuillez évaluer l’efficacité des méthodes suivantes de réduction de l’influence de la direction des gangs.

Viser la direction des gangs Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Isoler les chefs (p. ex. placer ceux-ci en isolement) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Viser les chefs au moyen de sanctions internes [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Consacrer plus de temps des enquêteurs aux chefs de gangs [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Poursuivre au criminel les chefs de gangs [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

14. Votre système carcéral a-t-il actuellement un ensemble différent d’interventions pour les membres du crime organisé ou les gangs de longue date (p. ex. les bandes de motards criminels) par rapport aux gangs moins organisés? (p. ex. un gang de rue de quartier qui n’est pas affilié à d’autres groupes).

  • [ ] Oui (passez à 14b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

14.b Si OUI, veuillez donner une description :

____________________________________________
____________________________________________

15. Votre système utilise-t-il actuellement des méthodes officielles de classement des menaces que présentent les différents GMS? (p. ex. un outil d’évaluation des menaces qui établit une distinction entre un gang de rue local et une organisation criminelle comme une bande de motards criminels).

  • [ ] Oui (passez à 15b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

15b. Si OUI, accepteriez-vous d’envoyer par télécopieur ou par courrier électronique une copie de votre outil d’évaluation des menaces à M. John Winterdyk (son numéro de télécopieur et son adresse électronique figurent à la fin du questionnaire)?

OUI ( ) NON ( )

Section V -RENONCIATION AUX GMS ET AUX GANGS ET INTERVENTIONS

16. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral avait-il un programme officiel de renonciation aux gangs?

  • [ ] Oui (passez à 16b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

16b. Si OUI, l’une des approches suivantes a-t-elle été efficace pour augmenter le nombre de membres qui ont renoncé officiellement à faire partie d’un GMS? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent :


Stratégies de renonciation à un gang
Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Interventions faisant appel à des stratégies fondées sur la foi [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Interventions faisant appel à des aumôniers ou à d'autres chefs religieux [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Interventions de conseillers, d’agents responsables des cas ou de gestionnaires d’unité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Interventions fondées sur les valeurs raciales, culturelles ou ethniques [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Interventions fondées sur un programme officiel d’éducation ou de traitement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

17. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral offrait-il un programme officiel visant spécialement les membres de GMS (p. ex. pour réduire la participation à des incidents).

  • [ ] Oui (passez à 17b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

17b. Si OUI, veuillez cocher toutes les interventions qui s’appliquent et indiquer si elles ont été efficaces pour réduire l’inconduite des membres de GMS.

Interventions   Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Programmes d’éducation officiels [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Programme de traitement officiel (p. ex., un groupe qui se réunit) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Auto-interventions (p. ex., programmes dirigés par les détenus) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Activités de gestion des cas des conseillers, des spécialistes des interventions ou des gestionnaires d’unité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

Section VI - ENQUÊTES SUR LES GMS ET LES GANGS

18. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral a-t-il recueilli et examiné différents genres de renseignements sur les individus et les établissements pour aider aux enquêtes sur les GMS?  

  • [ ] Oui (passez à 18b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

18b. Si OUI, veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si ces stratégies ont été efficaces pour vos enquêtes sur les GMS.

Données Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Analyse des dossiers financiers [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Analyse des registres des appels [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Surveillance des conversations téléphoniques des membres des GMS [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Examen du courrier des membres des GMS [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Analyse de l’inconduite des détenus et des incidents auxquels ils ont participé [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Suivi des relations avec des complices criminels ou des GMS [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Surveillance de personnes associées aux GMS dans la collectivité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Participation aux programmes [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

19. Y a-t-il des stratégies particulières que les enquêteurs de votre système carcéral utilisent actuellement pour interpréter les données recueillies? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si ces approches ont été efficaces pour aider aux enquêtes.

Techniques d’interprétation des données Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Exploration de données [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Modèles de prévision [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Analyses par grappes [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Système fondé sur des règles [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Analyses chronologiques [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Mise en correspondance [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Analyses de réseaux [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

20. Avec qui les produits de vos enquêtes sont-ils échangés? Veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer si l’échange de renseignements a été efficace.

Échange de renseignements Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Au sein de notre système carcéral [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Avec les responsables de la libération conditionnelle [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Pénitenciers d’autres administrations (État, niveau fédéral ou sociétés) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Prisons de comté        
Organismes d’application de la loi (locaux, État et fédéraux) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Procureurs [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

21. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral a-t-il utilisé des programmes informatisés pour déterminer et afficher des relations entre les gangs? (p. ex. programmes qui produisent un graphique montrant les relations entre des gangs, leur intensité et leur structure -souvent appelé analyse de réseaux).   

  • [ ] Oui (passez à 21b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

21b. Si OUI, veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et évaluer leur efficacité.

Analyse de réseaux Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Dans un seul établissement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Entre des pénitenciers différents [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Relations entre les détenus et des membres de la collectivité [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

22. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral a-t-il utilisé des systèmes d’information géographique (SIG) pour établir la cartographie criminelle du lieu des membres de gangs ou de leur comportement (p. ex. l’endroit et le moment où des incidents ont eu lieu)? 

  • [ ] Oui (passez à 22b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

22b. Si OUI, veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et évaluer leur efficacité.

Programmes ou réponses Très
efficace
Assez
efficace
Pas
efficace
Sans
objet
Cartographier le lieu des détenus faisant partie de gangs dans un établissement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Cartographier l’endroit où des incidents liés à des gangs se produisent dans un établissement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Cartographier le moment où des incidents ou des événements liés à des gangs se produisent dans un établissement [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Lieux où des membres de gangs sont mis en liberté (p. ex. quartiers) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

23. Le 1er janvier 2009, votre système carcéral a-t-il établi un partenariat avec des entreprises commerciales ou des fournisseurs (comme J-Pay) pour surveiller ou suivre les relations avec les membres de gangs?

  • [ ] Oui (passez à 23b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

23b. Si OUI, veuillez cocher toutes les réponses qui s’appliquent et indiquer leur efficacité.

Programmes ou réponses Très
efficace
Assez efficace Pas
efficace
Sans
objet
Relations entre membres de gangs (au moyen de dossiers financiers) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Relations entre les membres de gangs et la collectivité (au moyen de registres des appels téléphoniques) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Relations entre la collectivité et les membres de gangs (au moyen de dossiers financiers - comme les dépôts dans les comptes des détenus) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.
Relations entre la collectivité et les membres de gangs au moyen de services de courrier électronique (p. ex., J-PAY ou systèmes de courrier électronique ATG) [ ]Oui [ ]Oui [ ]Oui [ ]S.O.

24. Votre administration a-t-elle déjà procédé à une évaluation officielle de vos méthodes de gestion des gangs?

  • [ ] Oui (passez à 24b)
  • [ ] Non
  • [ ] Sans objet - Incapable de répondre

24b Si OUI, quelles étaient les principales conclusions?
__________________________________________
__________________________________________

 

25. À votre avis, quel est le principal problème auquel fait face votre système carcéral aujourd’hui?
___________________________________________
___________________________________________

Le questionnaire est terminé. Nous vous remercions de votre participation. Le questionnaire peut être envoyé par télécopieur à M. John Winterdyk au 403-440-6201 ou par courrier électronique à :  JWinterdyk@mtroyal.ca

VEUILLEZ RETOURNER LE QUESTIONNAIRE REMPLI ET LES DOCUMENTS CONNEXES
AVANT LE 16 MARS 2009

N. B. : Si vous désirez recevoir une copie des résultats, veuillez indiquer votre adresse électronique. Les résultats préliminaires seront envoyés d’ici la fin d’avril 2009.

Adresse électronique (écrivez lisiblement) : ___________________________