Cette page Web a été archivée dans le Web.
2002 No R-121
Mark Nafekh
Direction de la recherche
Service correctionnel du Canada
Juin 2002
Je tiens à remercier Sarah Auger et Roger Boe pour laide quils mont apporté dansce projet, ainsi que Jeff Latimer pour sa contribution dans les analyses préliminaireset son rôle dans le processus de gestion des données. Je veux aussi remercierKelley Blanchette pour son aide dans la rédaction du document.
La raison qui nous a incité à effectuer la présente étude est quon a laissé entendreque, parmi les plus jeunes délinquants sous responsabilité fédérale (25 ans oumoins), les Autochtones étaient plus susceptibles dêtre affiliés à un gang que lesnon-Autochtones. Une étude sur lappartenance aux gangs dans les établissementsfédéraux a déjà été faite dans le but délaborer des stratégies dintervention ciblantles gangs et daméliorer les stratégies existantes. Les résultats de cette étudejustifiaient une analyse plus poussée sur les délinquants autochtones affiliés à ungang, notamment lIndian Posse, les Manitoba Warriors et le Native Syndicate.Notre étude se divise en deux parties, dans lesquelles nous comparons lesdélinquants autochtones de sexe masculin selon divers facteurs de risque statiques(p. ex. la gravité des infractions et les antécédents de délinquance sexuelle) etdynamiques (tels que les antécédents professionnels, les fréquentations et lattitudegénérale). Dans la première partie, nous examinons la question de lappartenance àun gang, en tenant compte de lâge des délinquants, et dans la deuxième, nousexaminons les différences entre les plus jeunes délinquants autochtones et leursaînés.
Il est devenu manifeste, au cours des analyses préliminaires, quil fallait examinerséparément, chez les délinquants autochtones, les différences selon lâge et selonlappartenance à un gang. Létude visant à déterminer si laffiliation à un gang chezles délinquants autochtones est une caractéristique des jeunes a montré que 80 %de tous les délinquants (autochtones et non autochtones) affiliés à un gang dans larégion des Prairies avaient 25 ans ou moins au moment de leur admission dans unétablissement fédéral. Soixante-quinze pour cent des délinquants de ce groupeétaient de descendance autochtone. Compte tenu de la forte concentration de jeunesdélinquants autochtones dans les gangs, nous avons effectué des analysesindépendantes pour examiner la question de lâge et celle de laffiliation à un gang ausein de la population des délinquants autochtones sous responsabilité fédérale.Laffiliation des délinquants à un gang a été déterminée par la Division de la sécuritédu Service correctionnel du Canada (SCC)1. Nous avons ensuite eu recours auSystème de gestion des délinquants (SGD) du SCC pour en extraire toutes lesdonnées concernant le risque criminel et les besoins liés aux facteurs criminogènes.Le Système contenait des renseignements sur 2 792 délinquants autochtones desexe masculin qui avaient été ou étaient encore incarcérés dans un établissementfédéral. Environ 6,6 % de ces délinquants appartenaient à un gang.Dans la première partie de létude, nous avons apparié des délinquants autochtonesappartenant à un gang et dautres délinquants autochtones, selon leur âge àladmission, la durée de leur peine et la nature de linfraction commise. Les analysespréliminaires nont pas permis de déceler des différences entre les deux groupes selon le type de gang. Par conséquent, toutes les analyses présentées ici concernent laffiliation à un gang, quel quil soit.
Les méthodes et sources didentification sont énoncées dans la Directive du commissaire no 576.
Les comparaisons entre les deux groupes ont révélé quil y avait peu de différencesentre eux sur le plan des facteurs de risque statiques et dynamiques, sauf en ce quiconcerne ce quon pourrait associer à des facteurs socio-économiques. Ainsi, uneplus grande proportion des membres de gangs habitaient un quartier à caractèrecriminogène et avaient surtout des amis délinquants ou fréquentaient beaucoup dedélinquants. Ils étaient également plus susceptibles que les délinquantsnappartenant pas à un gang davoir de la difficulté à lire et à écrire ou davoir desdifficultés dapprentissage, et de ne pas avoir dantécédents professionnels. Demême, une plus grande proportion dentre eux étaient agressifs et hostiles, avaientcommencé à consommer de la drogue très jeunes et avaient une attitude négative àlégard de la police et des lois.
En ce qui concerne les facteurs de risque statiques, les délinquants appartenant à ungang étaient plus susceptibles que les autres davoir déjà été condamnés par untribunal pour adolescents à une période de garde en milieu ouvert ou fermé.Lexamen des antécédents criminels dans le système fédéral a montré que, parrapport aux délinquants de lautre groupe, ces délinquants étaient plus susceptiblesde purger une peine pour vol qualifié et voies de fait, mais moins susceptibles davoirété condamnés pour une infraction sexuelle. Il est intéressant de constater quil nyavait pas de différences entre les deux groupes pour ce qui est de la possession etdu trafic de drogue, des activités criminelles fortement associées aux activités desgangs.
Les résultats de la première partie de létude donnent à penser que, lorsquon tientcompte de lâge, les différences sur le plan des facteurs de risque statiques entre lesmembres de gangs et les non-membres au sein des délinquants autochtones sousresponsabilité fédérale satténuent. Toutefois, les différences qui existent corroborentla notion que lappartenance à un gang chez les délinquants autochtones est unecaractéristique des jeunes et est attribuable à des facteurs socio-économiques.Même sil y a eu une augmentation des comportements violents et de laffiliation à ungang chez les délinquants autochtones2, les résultats de la première partie de létudedonnent à penser que la jeunesse constitue un facteur de risque atténuant. Lesstratégies dintervention devraient donc être axées sur les besoins des jeunesAutochtones tout en permettant de gérer efficacement ceux qui sont affiliés à ungang.
Dans la deuxième partie de létude, nous avons examiné les différences entre lesdélinquants autochtones sous responsabilité fédérale selon leur âge. Nous avonsséparé les délinquants en deux groupes : 25 ans ou moins, et plus de 25 ans.Comme dans la première partie, nous avons établi des comparaisons selon lesfacteurs démographiques et les facteurs de risque statiques et dynamiques.
Les comparaisons du niveau global de risque ont donné des résultats statistiquementfiables. Il est intéressant de constater quune plus grande proportion des délinquantsautochtones plus âgés avaient été classés dans la catégorie «risque élevé» aumoment de ladmission. Toutefois, une étude plus approfondie des antécédentscriminels dans le système fédéral a révélé que ces délinquants étaient plussusceptibles que les plus jeunes davoir purgé ou de purger une peine pour uneinfraction sexuelle. Comme les délinquants ayant commis ce genre dinfraction ont deplus fortes chances dêtre classés dans la catégorie «risque élevé» au moment deladmission, cette constatation peut être attribuée à la différence dans la nature desinfractions commises. La comparaison de la nature des infractions a aussi révélé queles plus jeunes délinquants autochtones étaient moins susceptibles davoir étécondamnés pour possession et trafic de drogue, des infractions associées auxactivités des gangs.
Lexamen des facteurs de risque dynamiques a montré que les délinquantsautochtones ayant 25 ans ou moins au moment de ladmission avaient des besoinssensiblement plus élevés dans le domaine de lemploi. Les résultats ont aussi permisde mettre en évidence des différences significatives dans dautres catégories debesoins. Les plus jeunes délinquants avaient plus de difficultés dans les domainesde la consommation de drogue et des fréquentations, et des besoins moins élevéssur le plan des relations conjugales et familiales.
Les comparaisons de tous les indicateurs évalués au moment de ladmission ontpermis détablir dautres différences entre les deux groupes dâge. Les différencesles plus évidentes se retrouvent dans le domaine des antécédents criminels avantlâge adulte. Une plus grande proportion des plus jeunes délinquants avaient déjàcommis une infraction durant leur adolescence (84,1 % par rapport à 36,6 %),avaient fait lobjet dune période de garde en milieu ouvert ou en milieu fermé, duntransfèrement disciplinaire entre une garde en milieu ouvert et une garde en milieufermé (16,0 % par rapport à 2,2 %) et dun transfèrement dune garde en milieufermé à un établissement pour adultes.
Pour résumer, nous avons mis en lumière les principales différences entre lesdélinquants autochtones affiliés à un groupe du crime organisé et les autresdélinquants autochtones, en tenant compte de lâge. Nous avons également examinéles distinctions entre les délinquants autochtones «plus jeunes» et les «plus âgés».Même si les stratégies dintervention ciblant les gangs devraient sattaquer au risqueassocié à lappartenance à un gang, les résultats de notre étude laissent croirequelles devraient aussi être axées sur les jeunes Autochtones, et plus précisémentsur les besoins quon a identifiés chez les plus jeunes Autochtones qui consommentde la drogue et qui avaient déjà eu des démêlés avec le système judiciaire avantlâge adulte au moment de leur admission dans un établissement fédéral.
La sur représentation des Autochtones dans le système de justice pénale est un sujetqui préoccupe beaucoup les décideurs et les praticiens du domaine correctionnel.Une enquête a déjà montré que les détenus autochtones sont, en moyenne, plusjeunes que les détenus non autochtones, ont moins dinstruction et sont plussusceptibles davoir été sans emploi (Finn, Trevethan, Carrière et Kowalski, 1999).On a également observé que les délinquants autochtones ne constituent pas ungroupe homogène, puisquils ont des cultures diverses et des statuts juridiques etconstitutionnels différents (Commission nationale des libérations conditionnelles,1988). Par conséquent, les analyses portant sur les tendances au sein de lapopulation des délinquants autochtones sont souvent difficiles et complexes.De récentes initiatives de prévention du crime axées sur les gangs de jeunesAutochtones donnent à penser que laffiliation à un gang constitue un critère decomparaison au sein de la population autochtone3. Les gangs de jeunes Autochtonesont un effet négatif sur la stabilité des établissements correctionnels fédéraux, surtoutdans la région des Prairies (Rapport du groupe de travail sur la sécurité, SCC, 1999).On craint, à juste titre, que les problèmes liés à cette population persisteront, puisqueles jeunes Autochtones constituent lun des groupes démographiques en fortecroissance au sein de la population carcérale du Service correctionnel du Canada(SCC) et que lappartenance à un gang au sein de ce groupe ne cesse daugmenter4.Cette double tendance a amené les intervenants à se demander si les stratégiesdintervention devraient être axées sur laffiliation aux gangs ou sur les besoins desjeunes Autochtones en matière de traitement.
Létablissement Stony Mountain, dans la région des Prairies, a élaboré des programmes pour lutter contre lappartenance aux gangs.
Le Crossing Bridges: Bridge City Track Program, offert par les Saskatoon Tribal Council Urban
First Nations Services Incorporated, met laccent sur lenrichissement culturel et lhistoire des Autochtones pour promouvoir des valeurs qui constituent une solution de rechange à la vie dans la rue et aux activités associées aux gangs.
À Edmonton, la Beverly Towne Community Development Society a retenu les services dun coordonnateur des solutions communautaires axées sur les jeunes (Youth Options Community Based Coordinator), qui travaillera auprès des jeunes qui risquent de simpliquer dans des activités de gangs.
Le débat a porté sur la question suivante : les initiatives stratégiques quon a misesen place pour lutter contre le problème des gangs dans le système correctionnelfédéral facilitent-elles la gestion des gangs tout en favorisant la réinsertion sociale ausein de la population des délinquants autochtones? Selon la politique actuelle,laffiliation à un gang est un facteur de risque important quil faut prendre enconsidération dans les décisions liées à lattribution de la cote de sécurité au momentdu placement pénitentiaire initial, au déclassement du niveau de sécurité, et à lamise en liberté sous condition (Directives du commissaire nos 576 et 782). En vertude la politique actuelle, il est également possible de transférer dans un établissementfédéral ou un établissement communautaire situé dans une autre région, contre songré, un délinquant qui appartient à un gang. Bien que les membres de gangsconstituent un risque pour la sécurité, il se peut que les mesures qui leur sontdestinées touchent en fait une partie dune population plus étendue, cest-à-dire lesjeunes délinquants autochtones.
Plusieurs études montrent que les personnes appartenant à des gangs proviennentdune sous-culture de jeunes de minorités raciales vivant dans des milieux pauvres(Brotherton, 1996; Laflin, 1996; Laidler et Hunt, 1996; Rosenbaum, 1996). Dans lapremière étude décrite dans le présent rapport, nous examinons si laffiliation auxgangs parmi les délinquants autochtones est une caractéristique des jeunes et estattribuable à des facteurs socio-économiques. Nous avons analysé les différences,sur le plan des facteurs statiques et des facteurs dynamiques, entre les membres degangs et les non-membres, tout en tenant compte de lâge.
Conformément à son énoncé de mission, le SCC doit équilibrer ses efforts pourcontribuer «à la protection de la société en incitant activement et en aidant les[jeunes] délinquants [autochtones] à devenir des citoyens respectueux des lois, touten exerçant sur eux un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain» (Mission duService correctionnel du Canada, SCC 2000). Compte tenu que des mesures ont étémises en place pour gérer efficacement les délinquants affiliés à des gangs, nousexaminons dans la deuxième étude les besoins des jeunes délinquants autochtones.
Lobjectif corporatif no 4 du SCC est d«édifier des partenariats et des stratégies àlappui de la réinsertion sûre et opportune des délinquants autochtones»5. À lappuide cet objectif et pour donner suite aux recommandations formulées dans le Rapportdu groupe de travail sur la sécurité (mars 2000), nous étudions le problème delappartenance aux gangs et nous appuyons lélaboration de programmes autochtones innovateurs.
Notre étude porte sur les délinquants autochtones de sexe masculin et lesdifférences qui existent entre ce groupe et deux sous-groupes ceux qui sont affiliésà un gang et ceux qui ont 25 ans ou moins. Les comparaisons entre chaquesous-groupe et les autres délinquants autochtones ont été faites séparément dans lapremière étude et la deuxième étude de ce rapport. Ces comparaisons portent surdivers critères, comme le risque global (antécédents criminels, caractéristiques desvictimes, etc.), les besoins liés aux facteurs criminogènes et le risque de suicide.Pour les fins de cette étude, toutes les données sur les délinquants autochtonessous responsabilité fédérale ont été extraites de la base de données automatiséedu SCC (Système de gestion des délinquants, SGD). En janvier 2000, il y avait delinformation sur le risque et les besoins de 4 344 délinquants autochtones incarcérésdans des établissements fédéraux. Parmi ce nombre, 12,1 % (527) étaient affiliés àun gang, et 41,3 % (1 792) avaient 25 ans ou moins. Les délinquantes autochtonesnont pas été incluses dans léchantillon en raison de leur faible nombre dans lesétablissements correctionnels fédéraux.
La principale source dinformation était les données recueillies dans le cadre duprocessus dÉvaluation initiale des délinquants (EID). LEID est une évaluationexhaustive et intégrée que lon fait au moment où le délinquant est admis dans lesystème fédéral. Elle consiste à recueillir et à analyser divers renseignements sur ledélinquant : antécédents criminels, santé mentale, situation sociale, éducation, etautres facteurs pertinents à la détermination du risque criminel et des besoins dudélinquant. En bref, lEID consiste en deux éléments principaux : évaluation durisque criminel (ERC), et identification et analyse des facteurs dynamiques (IAFD).En outre, le processus dévaluation comprend lévaluation du risque de suicide àlaide de neuf indicateurs.
Le volet de lévaluation du risque criminel (ERC) permet dobtenir des renseignements précis sur les infractions antérieures et sur celles qui sont à lorigine de la peine actuelle. LERC est fondée principalement sur le casier judiciaire, maispeut aussi inclure tout autre détail pertinent sur les facteurs de risque. À partir de cesdonnées, on obtient une cote globale de risque pour chaque délinquant au momentde son admission dans un établissement fédéral.
LIdentification et lanalyse des facteurs dynamiques (IAFD) permet de définir lesbesoins du délinquant qui sont liés à ses facteurs criminogènes. Plus précisément,on examine plusieurs aspects de la personnalité et de la situation personnelle dudélinquant, et les données sont regroupées dans sept catégories comportantchacune de multiples indicateurs : emploi (35 indicateurs), relations conjugales etfamiliales (31 indicateurs), fréquentations et relations sociales (11 indicateurs),toxicomanie (29 indicateurs), adaptation à la collectivité (21 indicateurs), orientationpersonnelle et affective (46 indicateurs), et attitude générale (24 indicateurs)6.Dans le cadre du processus dIAFD, les délinquants sont évalués pour chaquedomaine selon une échelle en quatre points. La cote attribuée équivaut aux besoins :«facteur considéré comme un atout en vue de la réinsertion sociale» (ne sappliquepas à la toxicomanie et à lorientation personnelle et affective), «aucun besoinimmédiat damélioration», «besoin modéré damélioration», «besoin manifestedamélioration». Après avoir examiné attentivement tous les indicateurs de chaquecatégorie de besoins, les agents de gestion des cas fournissent une évaluation duniveau global de besoins, et ceci pour chacune des sept catégories.
Voir les Instructions permanentes 700-04 du Service correctionnel du Canada pour une liste complète des indicateurs.
Dans léchantillon utilisé pour la première étude, on a apparié les délinquantsautochtones appartenant à un gang (N = 527) à dautres délinquants autochtones, entenant compte de lâge à la première admission dans le système fédéral, de la duréede la peine et de la gravité de linfraction. Il y avait des caractéristiques notables danscet échantillon, les trois quarts des délinquants ayant moins de 26 ans au moment deladmission et près des deux tiers purgeant une peine de moins de quatre ans. Cestdans la région des Prairies que se trouvaient la plus grande proportion desdélinquants autochtones (67,9 %) et presque tous les Autochtones appartenant à ungang (90,3 %).
Lexamen des infractions à une loi fédérale commises par les délinquants a révéléque, comparativement aux délinquants autochtones qui leur étaient appariés, lesmembres de gangs étaient plus susceptibles davoir été condamnés pour un volqualifié (42 % par rapport à 29 %, p<0,0001), des voies de fait (48 % par rapportà 39 %, p<0,01) ou une infraction relative aux armes (23 % par rapport à 17 %,p<0,05). Par ailleurs, ils étaient moins susceptibles davoir été condamnés pour uneagression sexuelle. Il est intéressant de constater quil ny avait aucune différenceentre les deux groupes pour ce qui est des homicides, de la possession de drogue etdu trafic de drogue, des activités criminelles qui sont habituellement associées auxgangs. Les résultats sont présentés au Tableau 1.
| INFRACTIONS | APPARTENANCE À UN GANG | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Homicide | 4,3 % | 4,0 % | 4,2 % |
| Vol qualifié*** | 42,2 % | 29,4 % | 36,0 % |
| Armes* | 23,0 % | 16,8 % | 20,0 % |
| Voies de fait** | 48,2 % | 38,6 % | 43,6 % |
| Agression sexuelle*** | 5,3 % | 20,8 % | 12,8 % |
| Possession de drogue | 12,2 % | 9,6 % | 11,0 % |
| Trafic de drogue | 5,8 % | 7,2 % | 6,5 % |
Dans le cadre du processus dEID, on recueille de nombreux renseignements sur lesantécédents criminels (affaires entendues par des tribunaux pour adolescents etpour adultes) et les antécédents de délinquance sexuelle de chaque délinquant.Notons que plus de 80 % des délinquants de léchantillon avaient déjà comparudevant un tribunal pour adolescents ou pour adultes. Cette constatation estparticulièrement intéressante lorsquon sait que lâge moyen à ladmission nétait quede 23 ans. Lexamen des antécédents en tant que jeunes contrevenants a révélé queles délinquants autochtones appartenant à un gang étaient plus susceptibles que lesautres davoir commis, durant leur adolescence, des infractions ayant entraîné unepériode de surveillance dans la collectivité, une garde en milieu ouvert ou une gardeen milieu fermé (voir le Tableau 2). Ils étaient également plus susceptibles que lesautres, en tant quadultes, davoir été placés en isolement pour des infractionsdisciplinaires et davoir tenté de sévader. Il est intéressant de remarquer quil nyavait pas de différence entre les groupes, selon lEID, pour ce qui est de la fréquencedes activités criminelles (aucune période dau moins un an sans perpétration decrime à lâge adulte).
| INFRACTIONS | APPARTENANCE À UN GANG | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Antécédents - tribunal pour adolescents | |||
| Infractions antérieures | 83,1 % | 78,5 % | 81,0 % |
| Surveillance dans la collectivité* | 73,6 % | 66,6 % | 70,4 % |
| Garde en milieu ouvert*** | 60,7 % | 45,2 % | 53,5 % |
| Garde en milieu fermé** | 57,9 % | 47,6 % | 53,1 % |
| Transfèrement disciplinaire** | 20,0 % | 10,6 % | 15,7 % |
| Transfèrement à un établissement pour adultes** | 13,6 % | 7,0 % | 10,6 % |
| Antécédents - tribunal pour adultes | |||
| Infractions antérieures | 81,4 % | 85,0 % | 83,1 % |
| Isolement* | 38,4 % | 30,8 % | 34,9 % |
| Évasion/illégalement en liberté* | 35,4 % | 27,9 % | 31,9 % |
| Aucune période dau moins un an sansperpétration de crime | 37,1 % | 32,1 % | 34,8 % |
| Antécédents dinfractions avec violence | |||
| Infraction(s) antérieure(s) | 60,2 % | 56,5 % | 58,5 % |
| Infraction à l'origine de la peine actuelle | 51,5 % | 50,9 % | 51,2 % |
| Infraction sexuelle antérieure** | 8,2 % | 14,2 % | 11,0 % |
| Infraction sexuelle à lorigine de la peine actuelle*** | 5,4 % | 19,8 % | 12,1 % |
On a comparé les délinquants autochtones appartenant à un gang et les délinquantsde lautre groupe relativement aux caractéristiques de leurs victimes et aux blessuresinfligées. Les résultats indiquaient que lensemble des délinquants de léchantillonavaient souvent eu recours à la violence contre leurs victimes (58,5 %), mais il nyavait pas de différence entre les deux groupes. Cependant, les membres de gangsavaient eu plus souvent plusieurs victimes (46,5 % par rapport à 30,7 %, p<0,0001).
Pour déterminer un niveau global de risque au moment de ladmission, les agents degestion des cas effectuent un examen systématique des trois éléments delévaluation du risque criminel (ERC) : dossier des antécédents criminels, gravité desinfractions et antécédents de délinquance sexuelle. Contrairement à nos attentes, ilny avait pas de différences significatives entre les membres de gangs et lesdélinquants de lautre groupe.
| INFRACTIONS | APPARTENANCE À UN GANG | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Faible | 1,9 % | 3,0 % | 2,5 % |
| Moyen | 34,5 % | 35,6 % | 35,0 % |
| Élevé | 63,6 % | 61,3 % | 62,5 % |
Après une réflexion sur la nature et le niveau des besoins des délinquants dans les sept domaines couverts par le processus didentification et danalyse des facteurs dynamiques (IAFD), on a déterminé un niveau global de besoins. Ce niveau est fondé sur la cote accordée par lagent de gestion des cas aux indicateurs des diversdomaines : faibles besoins, besoins moyens, besoins élevés. Comme le montre leTableau 4, il ny avait pas de différence significative entre les groupes pour ce qui estdu niveau de besoins.
| INFRACTIONS | NIVEAU DE BESOINS | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Faible | 1,5 % | 1,2 % | 1,4 % |
| Moyen | 30,9 % | 27,3 % | 29,2 % |
| Élevé | 67,6 % | 71,5 % | 69,4 % |
En évaluant chaque catégorie de besoins (emploi, etc.), lagent de gestion des casdétermine si le délinquant a un «besoin modéré damélioration» ou un «besoinmanifeste damélioration». Les délinquants dont on juge quils ont un «besoinmodéré» ou un «besoin manifeste» dans une catégorie sont habituellement dirigésvers un traitement qui leur permettra de répondre à ces besoins. Le Tableau 5présente les résultats des comparaisons entre les deux groupes de délinquantsrelativement à la cote globale accordée aux besoins au moment de ladmission.Remarquons quil ny avait pas de différence significative dans les domaines delemploi, des fréquentations et de la toxicomanie. Par ailleurs, les délinquantsnappartenant pas à un gang semblent avoir de plus nombreux besoins dans lesdomaines des relations conjugales et familiales, de ladaptation à la collectivité, delorientation personnelle et affective, et de lattitude générale. Il se peut que lesmembres de gangs répondent aux besoins quils ont dans les domaines des relationsfamiliales et de lorientation personnelle et affective par leur affiliation au gang. Parailleurs, un examen plus attentif des indicateurs évalués dans le cadre de lEID nous donne une répartition plus détaillée des différences entre les deux groupes danschaque catégorie de besoins.
| CATÉGORIES DE BESOINS | APPARTENANCE À UN GANG | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Emploi | 75,5 % | 80,4 % | 77,9 % |
| Relations conjugales et familiales*** | 36,5 % | 63,8 % | 49,8 % |
| Fréquentations | 71,9 % | 75,2 % | 73,5 % |
| Toxicomanie | 94,4 % | 95,0 % | 94,7 % |
| Adaptation à la collectivité*** | 31,6 % | 58,4 % | 44,6 % |
| Orientation personnelle et affective* | 90,2 % | 94,0 % | 92,1 % |
| Attitude générale*** | 44,6 % | 57,6 % | 50,9 % |
Les analyses ont révélé quil y avait peu de différences entre les délinquantsautochtones appartenant à un gang et les délinquants de lautre groupe quant auxindicateurs de lEID, sauf en ce qui concerne les indicateurs quon peut associer àdes facteurs socio-économiques. Ainsi, les membres de gangs étaient plussusceptibles dhabiter un quartier à caractère criminogène, de fréquenter beaucoupde délinquants et davoir surtout des amis délinquants. Même sils étaient moinssusceptibles que lautre groupe davoir de la difficulté à lire et à écrire ou desdifficultés dapprentissage, ils étaient plus susceptibles de ne pas avoirdantécédents professionnels, dêtre agressifs, davoir un problème dhostilité, davoircommencé à consommer de la drogue très jeunes, et davoir une attitude négativeenvers la police et les lois (voir le Tableau 6). Notons que bien quil y ait unedifférence très marquée dans la catégorie des relations conjugales et familiales (voirle tableau 5), on ne trouve pas de différence entre les deux groupes au niveau desindicateurs. De même, les cotes globales montrent que les délinquants nappartenantpas à un gang ont des besoins plus élevés que les membres de gangs dans les domaines de lattitude générale et de lorientation personnelle et affective, alorsquau niveau des indicateurs, ce sont les membres de gangs qui ont le plus debesoins dans ces domaines.
| INDICATEURS | APPARTENANCE À UN GANG | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| MEMBRES | NON-MEMBRES | ||
| Emploi | |||
| A des difficultés d'apprentissage** | 12,4 % | 19,2 % | 15,5 % |
| A de la difficulté à lire** | 22,8 % | 31,6 % | 26,8 % |
| A de la difficulté à écrire*** | 25,1 % | 36,8 % | 30,5 % |
| N'a pas d'antécédents professionnels*** | 37,2 % | 20,4 % | 29,4 % |
| Fréquentations et relations sociales | |||
| Est isolé socialement*** | 12,8 % | 22,3 % | 17,4 % |
| Fréquente beaucoup de délinquants*** | 90,4 % | 77,6 % | 84,5 % |
| A surtout des amis délinquants*** | 74,4 % | 54,7 % | 65,3 % |
| Habite un quartier à caractère criminogène*** | 66,0 % | 50,1 % | 58,7 % |
| Toxicomanie | |||
| A commencé à consommer de la drogue très jeune** | 80,9 % | 73,4 % | 77,4 % |
| Orientation personnelle et affective | |||
| Agressif*** | 71,3 % | 60,2 % | 66,1 % |
| A un problème d'hostilité*** | 42,3 % | 30,9 % | 37,0 % |
| Prend des risques inconsidérés** | 74,5 % | 66,1 % | 70,6 % |
| Amateur de sensations fortes** | 49,7 % | 40,5 % | 45,4 % |
| Attitude sexuelle problématique*** | 11,7 % | 25,2 % | 17,9 % |
| Attitude générale | |||
| Attitude négative face aux lois*** | 61,5 % | 48,1 % | 55,3 % |
| Attitude négative envers la police*** | 58,0 % | 40,2 % | 49,8 % |
| Attitude négative envers le système correctionnel** | 31,6 % | 21,9 % | 27,1 % |
| Est en faveur de la violence instrumentale*** | 56,7 % | 41,5 % | 49,7 % |
Pour la deuxième étude, nous avons divisé léchantillon total des délinquantsautochtones en deux groupes : ceux qui avaient 25 ans ou moins à ladmission etceux qui avaient 26 ans ou plus. Le Tableau 7 présente une distribution descaractéristiques de léchantillon. Fait à remarquer, un tiers des délinquants avaientmoins de 26 ans à ladmission. Il nest pas étonnant de constater que cest dans larégion des Prairies que la proportion des délinquants autochtones était la plusnombreuse (67,9 %).
| CARACTÉRISTIQUES | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Région | |||
| Atlantique | 3,8 % | 2,9 % | 3,3 % |
| Québec | 4,4 % | 5,8 % | 5,2 % |
| Ontario | 9,6 % | 11,2 % | 10,5 % |
| Prairies | 71,7 % | 65,3 % | 67,9 % |
| Pacifique | 10,6 % | 14,8 % | 13,1 % |
| Peine | |||
| Moins de 4 ans | 64,9 % | 65,1 % | 65,0 % |
| De 4 à 10 ans | 26,6 % | 27,2 % | 27,0 % |
| 10 ans ou plus | 3,2 % | 3,0 % | 3,0 % |
| Perpétuité | 5,3 % | 4,7 % | 5,0 % |
Le tableau 8 présente la répartition des infractions commises, selon le groupe dâge.Il y a plusieurs différences entre les deux groupes. Dabord, les plus jeunesdélinquants autochtones7 avaient été condamnés plus souvent pour un vol qualifié(33,7 % par rapport à 24,4 %) ou pour introduction avec effraction (38,4 % parrapport à 29,7 %). Il est intéressant de constater que les plus jeunes délinquantsavaient moins souvent été condamnés pour trafic de drogue (6,2 % par rapportà 8,6 %). De même, les infractions dagression sexuelle étaient plus caractéristiquesdu groupe des délinquants plus âgés : les analyses du khi carré ont révélé quuneproportion beaucoup plus faible de jeunes délinquants avaient été condamnés pourune agression sexuelle (14,6 % par rapport à 30,6 %).
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Homicide* | 5,6 % | 4,2 % | 4,8 % |
| Tentative de meurtre | 1,1 % | 1,8 % | 1,5 % |
| Homicide involontaire coupable | 8,8 % | 10,3 % | 9,7 % |
| Vol qualifié*** | 33,7 % | 24,4 % | 28,3 % |
| Agression sexuelle*** | 14,6 % | 30,6 % | 24,0 % |
| Séquestration | 3,8 % | 4,8 % | 4,3 % |
| Armes | 18,0 % | 16,6 % | 17,1 % |
| Voies de fait | 39,7 % | 39,5 % | 39,6 % |
| Enlèvement | 0,9 % | 1,1 % | 1,0 % |
| Introduction par effraction*** | 38,4 % | 29,7 % | 33,3 % |
| Vol** | 27,5 % | 24,0 % | 25,4 % |
| Possession de drogue* | 8,2 % | 10,0 % | 9,3 % |
| Trafic de drogue** | 6,2 % | 8,6 % | 7,6 % |
| Évasion | 14,4 % | 13,7 % | 14,0 % |
| Autre** | 67,8 % | 63,9 % | 65,5 % |
Lexpression «plus jeunes» désigne les délinquants autochtones qui avaient 25 ans ou moins aumoment de leur admission dans un établissement fédéral. De même, lexpression «plus âgés»désigne les délinquants autochtones qui avaient plus de 25 ans au moment de leur admission.
Comme nous lavons mentionné, le processus dEID permet de recueillir desrenseignements complets sur les antécédents criminels des délinquants (affairesentendues par des tribunaux pour adolescents et pour adultes) et sur lesantécédents de délinquance sexuelle. Le Tableau 9 présente diverses variables liéesaux antécédents criminels, par groupe d'âge. De façon générale, une très grandeproportion de délinquants autochtones avaient déjà eu des démêlés avec le systèmejudiciaire pour adultes ou pour adolescents (96 %). Une plus grande proportion desplus jeunes délinquants avaient eu des démêlés avec le système de justice pénaleavant lâge adulte (84,1 % par rapport à 36,6 %). Comme on sy attendait, lesdélinquants plus âgés avaient accumulé plus de condamnations à lâge adulte. Enfin,le Tableau 9 révèle que les plus jeunes délinquants semblent avoir un comportementcriminel plus fréquent et continu que les plus âgés. Plus dun tiers dentre eux avaientrécidivé moins de six mois après leur dernière incarcération, par rapport à 25,7 %des plus âgés.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| VARIABLES | |||
| Antécédents - tribunal pour adolescents | |||
| Infractions antérieures*** | 84,1 % | 36,6 % | 56,5 % |
| Surveillance dans la collectivité*** | 75,8 % | 24,9 % | 46,5 % |
| Garde en milieu ouvert*** | 55,2 % | 17,2 % | 33,3 % |
| Garde en milieu fermé*** | 53,6 % | 18,6 % | 33,4 % |
| Transfèrement disciplinaire*** | 16,0 % | 2,2 % | 8,0 % |
| Transfèrement à un établissement pour adultes*** | 9,1 % | 1,6 % | 4,8 % |
| Antécédents - tribunal pour adultes | |||
| Infractions antérieures*** | 79,8 % | 95,4 % | 88,9 % |
| Surveillance dans la collectivité*** | 64,8 % | 85,7 % | 77,0 % |
| Peine dans un établissement provincial*** | 70,4 % | 86,2 % | 79,6 % |
| Peine dans un établissement fédéral*** | 18,2 % | 33,4 % | 27,1 % |
| Évasion/illégalement en liberté*** | 27,2 % | 34,1 % | 31,2 % |
| Manquement aux conditions de la mise en iberté*** | 31,3 % | 45,8 % | 39,8 % |
| Moins de 6 mois depuis la dernière incarcération*** | 35,1 % | 25,7 % | 29,6 % |
| Aucune période dau moins un an sans perpétration de crime*** | 35,7 % | 17,6 % | 25,1 % |
| Antécédents d'infractions avec violence | |||
| Infraction(s) antérieure(s)*** | 51,9 % | 65,5 % | 59,9 % |
| Infraction sexuelle antérieure*** | 9,0 % | 20,1 % | 15,5 % |
| Infraction sexuelle à lorigine de la peine actuelle*** | 14,6 % | 31,1 % | 24,2 % |
| Infraction antérieure avec utilisation dune arme*** | 21,6 % | 28,1 % | 25,4 % |
| Infraction antérieure avec lésions graves*** | 15,3 % | 22,5 % | 19,5 % |
| Infraction antérieure grave*** | 15,1 % | 28,3 % | 22,7 % |
| Infraction grave à lorigine de la peine actuelle*** | 36,1 % | 43,4 % | 40,4 % |
| Infraction antérieure contre un enfant*** | 7,9 % | 12,1 % | 10,4 % |
| Infraction à lorigine de la peine actuelle contre un enfant*** | 9,8 % | 20,1 % | 15,8 % |
| Trois condamnations antérieures ou plus*** | 32,3 % | 44,9 % | 39,7 % |
| Deux condamnations à lorigine de la peine actuelle** | 19,0 % | 14,9 % | 16,7 % |
Le Tableau 10 présente quelques indicateurs du dossier sur la gravité desinfractions. Compte tenu de la faible proportion des plus jeunes délinquants ayantcommis une infraction sexuelle, il nest pas étonnant quune moins grande proportiondentre eux aient eu des enfants comme victimes. Cependant, les plus jeunesdélinquants avaient eu plusieurs victimes et avaient utilisé une arme, dans une plusgrande proportion que les délinquants plus âgés.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Victimes enfants*** | 9,8 % | 20,1 % | 15,9 % |
| Plusieurs victimes (3 ou plus)*** | 19,3 % | 15,0 % | 16,8 % |
| Violence contre la victime | 51,6 % | 50,8 % | 51,1 % |
| Utilisation d'une arme** | 28,7 % | 24,5 % | 26,3 % |
| Lésions graves | 28,2 % | 25,6 % | 26,7 % |
| Tort psychologique grave*** | 36.,1 % | 43,4 % | 40,4 % |
Le Tableau 11 montre comment les délinquants autochtones étaient répartis selon leniveau de risque criminel, par groupe dâge. Globalement, 63,8 % des délinquantsavaient été classés comme présentant un risque élevé, lors de ladmission, etseulement 4,9% un risque faible. Contrairement aux attentes, une proportion un peuplus importante de délinquants plus âgés (65,6 %) avaient été classés dans lacatégorie «risque élevé», par rapport aux plus jeunes (61,2 %), peut-être parcequune plus grande proportion des premiers avaient été condamnés pour uneinfraction sexuelle. Les délinquants qui purgent une peine pour une infraction ayant causé un dommage grave doivent recevoir la cote «élevé». De même, la cote«élevé» doit être attribuée aux délinquants ayant commis de nombreuses infractionssexuelles (Instructions permanentes 700-04).
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Faible** | 4,3 % | 5,4 % | 4,9 % |
| Moyen** | 34,5 % | 29,0 % | 31,3 % |
| Élevé** | 61,2 % | 65,6 % | 63,8 % |
Le Tableau 12 montre comment les délinquants autochtones avaient été répartisselon la cote globale des besoins liés aux facteurs dynamiques, selon le groupedâge. On na constaté aucune différence significative entre les deux groupes.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Faible | 2,0 % | 3,1 % | 2,6 % |
| Moyen | 27,9 % | 28,1 % | 28,0 % |
| Élevé | 70,2 % | 68,9 % | 69,4 % |
Au Tableau 13, on voit que les sept catégories de besoins couvertes par leprocessus dIdentification et danalyse des facteurs dynamiques sont représentéesdans léchantillon des délinquants autochtones. Parmi les besoins les plus évidentschez les délinquants plus jeunes, il y avait les besoins liés à lemploi (80,3 %), auxfréquentations (75,7 %), et à la toxicomanie (94,0 %). Quant aux délinquants plusâgés, ils semblent avoir des besoins plus élevés que les plus jeunes dans ledomaine des relations conjugales et familiales (68,4 %).
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Emploi*** | 80,3 % | 68,3 % | 73,2 % |
| Relations conjugales et familiales*** | 56,0 % | 68,4 % | 63,3 % |
| Fréquentations*** | 75,7 % | 59,6 % | 66,6 % |
| Toxicomanie** | 94,0 % | 91,8 % | 92,7 % |
| Adaptation à la collectivité | 50,4 % | 48,1 % | 49,1 % |
| Orientation personnelle et affective | 93,3 % | 93,9 % | 93,6 % |
| Attitude générale | 52,9 % | 52,5 % | 52,7 % |
Les indicateurs du domaine de lemploi pour lesquels il y avait des différencessignificatives entre les deux groupes (22 indicateurs sur 35) sont présentés auTableau 14. Même si la proportion de jeunes délinquants autochtones nayant pasterminé leurs études secondaires était plus élevée, une plus grande proportion desdélinquants plus âgés avaient un niveau de scolarité inférieur à une 8e année.Cependant, la différence la plus marquée entre les deux groupes concernait lesantécédents professionnels, 28,7 % des délinquants plus jeunes nayant pasdantécédents professionnels, par rapport à un dixième des plus âgés. En outre, lesplus jeunes étaient plus susceptibles davoir été sans emploi au moment de leurarrestation, davoir des antécédents dinstabilité dans lemploi, davoir été sansemploi à 90 % du temps ou plus avant leur incarcération, et de ne pas avoir despécialité, de métier ou de profession (84,2 % par rapport à 57,3 %). Les délinquantsplus âgés étaient plus susceptibles davoir été mis à pied ou congédiés; cependant,lorsquon a exclu de lanalyse ceux qui avaient déclaré avoir été sans emploi 90 %du temps (ou plus) avant leur incarcération, il ny avait plus de différence significativeentre les deux groupes.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Niveau de scolarité inférieur à une 8e année*** | 24,5 % | 30,8 % | 28,2 % |
| Niveau de scolarité inférieur à une 10e année* | 67,0 % | 62,0 % | 64,1 % |
| Pas de diplôme d'études secondaires*** | 91,9 % | 85,1 % | 87,9 % |
| A des difficultés d'apprentissage** | 15,5 % | 11,7 % | 13,3 % |
| A des problèmes de santé physique qui constituent un obstacle à son apprentissage** | 3,4 % | 6,0 % | 5,1 % |
| A des problèmes de concentration*** | 37,1 % | 29,7 % | 32,8 % |
| Pas de spécialité, de métier ou de profession*** | 84,2 % | 57,3 % | 68,5 % |
| Peu satisfait de sa spécialité, de son métier ou de sa profession*** | 60,8 % | 41,9 % | 49,8 % |
| A des problèmes de santé physique qui constituent un obstacle au travail*** | 6,1 % | 15,2 % | 11,4 % |
| Sans emploi à son arrestation*** | 81,1 % | 66,6 % | 72,6 % |
| Sans emploi à 90 % ou plus*** | 63,6 % | 35,3 % | 47,0 % |
| Sans emploi à 50 % ou plus*** | 87,4 % | 67,1 % | 75,5 % |
| A des antécédents d'instabilité dans l'emploi*** | 90,0 % | 74,6 % | 81,0 % |
| N'a pas d'antécédents professionnels*** | 28,7 % | 9,5 % | 17,5 % |
| Manque d'initiative** | 38,2 % | 32,3 % | 34,8 % |
| A quitté un emploi sans en avoir un autre*** | 37,2 % | 46,4 % | 42,5 % |
| A été mis à pied*** | 40,3 % | 64,5 % | 54,4 % |
| A été congédié*** | 18,7 % | 29,8 % | 25,2 % |
| Manque d'avantages sociaux*** | 57,1 % | 63,8 % | 61,0 % |
| Pas de sécurité d'emploi*** | 56,4 % | 65,2 % | 61,5 % |
| A des problèmes avec ses collègues*** | 3,0 % | 5,9 % | 4,7 % |
| Amené à terme un programme de formation professionnelle*** | 9,0 % | 14,5 % | 12,2 % |
Les indicateurs liés aux relations conjugales et familiales sont présentés autableau 15. Dans ce domaine, 25 des 31 indicateurs permettaient détablir unedistinction significative entre les deux groupes de léchantillon. Lune des différencesles plus notables concernait les relations vécues durant lenfance, les plus jeunesdélinquants autochtones ayant eu, dans une plus grande proportion que lautregroupe, un père absent durant leur enfance. En outre, les plus jeunes délinquantsétaient plus susceptibles davoir été élevés dans un foyer caractérisé par desrelations dysfonctionnelles entre leurs parents et davoir des membres de leur familleimpliqués dans des activités criminelles. On a également constaté des différencessignificatives entre les deux groupes dans le domaine des relations conjugales : uneplus grande proportion des délinquants plus âgés étaient peu satisfaits de leurrelation de couple actuelle, avaient des problèmes financiers qui nuisaient à leurrelation de couple ou avaient nui à une relation antérieure, et avaient commis desactes de violence conjugale. Compte tenu de la nature des infractions commises, ilna pas été étonnant de constater que les délinquants plus âgés étaient plussusceptibles que les plus jeunes davoir été arrêtés pour avoir maltraité un enfant oupour inceste.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Enfance dénuée de liens familiaux*** | 44,5 % | 37,3 % | 40,3 % |
| Relations négatives avec sa mère durant son enfance*** | 40,6 % | 32,2 % | 35,7 % |
| Père absent durant son enfance*** | 58,0 % | 45,0 % | 50,4 % |
| Relations négatives avec son père durant son enfance** | 55,2 % | 49,3 % | 51,8 % |
| Relations dysfonctionnelles entre ses parents durant son enfance*** | 71,7 % | 62,8 % | 66,5 % |
| Membres de sa famille impliqués dans la criminalité*** | 63,6 % | 56,4 % | 59,4 % |
| Actuellement célibataire*** | 68,9 % | 56,7 % | 61,8 % |
| A déjà été marié/dans une union de fait*** | 66,9 % | 91,9 % | 81,5 % |
| Insatisfait de sa relation de couple actuelle*** | 13,2 % | 18,3 % | 16,1 % |
| Des problèmes financiers nuisent à sa relation actuelle ou ont nui à ses relations de couple dans le passé*** | 27,6 % | 39,3 % | 34,4 % |
| Des problèmes dordre sexuel nuisent à sa relation actuelle ou ont nui à ses relations de couple dans le passé*** | 7,0 % | 19,1 % | 14,0 % |
| Des problèmes de communication nuisent à sa relation de couple*** | 39,7 % | 61,2 % | 52,2 % |
| A été victime de violence conjugale*** | 16,0 % | 26,9 % | 22,3 % |
| A commis des actes de violence conjugale*** | 26,7 % | 54,5 % | 42,9 % |
| N'a présentement aucune responsabilité parentale*** | 54,8 % | 34,4 % | 42,9 % |
| Incapable de sacquitter de ses responsabilités parentales*** | 14,7 % | 23,7 % | 19,9 % |
| Incapable de discipliner son enfant comme il faut*** | 5,5 % | 11,7 % | 9,1 % |
| Se croit incapable de discipliner son enfant** | 2,4 % | 4,6 % | 3,7 % |
| Surveille l'enfant d'une façon inadéquate*** | 6,4 % | 15,5 % | 11,7 % |
| Ne participe pas à des activités avec l'enfant*** | 10,6 % | 15,6 % | 13,5 % |
| Ne comprend pas le développement de l'enfant*** | 14,1 % | 22,1 % | 18,7 % |
| La famille ne forme pas une cellule*** | 19,5 % | 36,0 % | 29,1 % |
| A été arrêté pour avoir maltraité un enfant*** | 1,1 % | 6,0 % | 4,0 % |
| A été arrêté pour inceste*** | 0,4 % | 6,8 % | 4,2 % |
| A participé à une thérapie familiale ou conjugale*** | 5,6 % | 9,6 % | 7,9 % |
Le Tableau 16 présente des indicateurs liés aux fréquentations et aux relationssociales. Parmi les 13 indicateurs de ce domaine, on a constaté des différencesentre les deux groupes pour huit indicateurs. Une plus grande proportion des plusjeunes délinquants autochtones fréquentaient beaucoup de délinquants et avaientsurtout des amis délinquants. Les plus jeunes délinquants étaient affiliés à un gangdans une proportion de près de quatre fois plus élevée que leurs aînés (23,1 % parrapport à 6,4 %). Par conséquent, ils étaient plus susceptibles davoir surtout desamis délinquants, de fréquenter beaucoup de délinquants et de fréquenter destoxicomanes (92,9 % par rapport à 85,1 %). En outre, une plus grande proportion dugroupe des plus jeunes habitaient un quartier à caractère criminogène et ne faisaientpartie daucun groupe communautaire.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Est isolé socialement*** | 16,9 % | 23,5 % | 20,8 % |
| Fréquente des toxicomanes*** | 92,9 % | 85,1 % | 88,3 % |
| Fréquente beaucoup de délinquants*** | 81,3 % | 60,8 % | 69,4 % |
| A surtout des amis délinquants*** | 60,3 % | 35,7 % | 46,0 % |
| A été affilié à un gang*** | 23,1 % | 6,4 % | 13,3 % |
| Habite un quartier à caractère criminogène*** | 51,2 % | 42,0 % | 45,8 % |
| Ne fait partie d'aucun groupe communautaire*** | 73,4 % | 59,9 % | 65,5 % |
| Facilement influençable*** | 57,9 % | 40,3 % | 47,6 % |
Le Tableau 17 présente des indicateurs liés à la toxicomanie. Il est intéressant deconstater que les différences entre les deux groupes dâge portent sur le type desubstance. Les plus jeunes délinquants étaient plus susceptibles de consommer dela drogue et den consommer régulièrement. Par opposition, les plus âgés étaientplus susceptibles que leurs cadets de boire pour se libérer du stress et davoir desdifficultés découlant de leur consommation dalcool. Dans lensemble, une plusgrande proportion des plus jeunes délinquants avaient commencé à boire ou àconsommer de la drogue très jeunes.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| A commencé à boire très jeune*** | 80,2 % | 74,0 % | 76,5 % |
| A consommé de lalcool et des drogues en même temps*** | 75,3 % | 63,8 % | 68,5 % |
| Boit pour se libérer du stress*** | 59,3 % | 66,5 % | 63,5 % |
| Sa consommation d'alcool nuit à son travail*** | 42,6 % | 49,3 % | 46,5 % |
| Sa consommation dalcool nuit à ses relations conjugales ou familiales*** | 59,3 % | 70,4 % | 65,8 % |
| Sa consommation dalcool nuit à ses relationssociales*** | 49,5 % | 58,7 % | 54,9 % |
| Sa consommation dalcool la amené à enfreindre laloi*** | 77,7 % | 83,1 % | 80,8 % |
| Sa consommation d'alcool nuit à sa santé*** | 22,2 % | 31,2 % | 27,5 % |
| Consomme de la drogue*** | 85,9 % | 70,5 % | 76,9 % |
| A commencé à consommer de la drogue très jeune*** | 75,9 % | 51,0 % | 61,4 % |
| Consomme de la drogue régulièrement*** | 62,8 % | 46,9 % | 53,5 % |
| Consomme de la drogue de façon excessive àloccasion*** | 54,0 % | 44,5 % | 48,5 % |
| A consommé différentes drogues en même temps*** | 53,3 % | 41,6 % | 46,5 % |
| Consomme de la drogue durant les loisirs*** | 74,1 % | 60,1 % | 65,9 % |
| Consomme de la drogue lors d'activités sociales*** | 77,4 % | 61,3 % | 68,0 % |
| Consomme de la drogue pour se libérer du stress*** | 56,1 % | 47,1 % | 50,8 % |
| Sa consommation de drogue la amené à enfreindre la loi*** | 58,3 % | 49,7 % | 53,2 % |
| Évaluation(s) antérieure(s) de la toxicomanie*** | 49,4 % | 59,1 % | 55,1 % |
| A participé à un programme de traitement de la toxicomanie*** | 57,1 % | 65,9 % | 62,3 % |
| A suivi au complet un traitement pour la toxicomanie*** | 39,0 % | 49,7 % | 45,3 % |
Le Tableau 18 présente des indicateurs liés à ladaptation à la collectivité. Il y avaitpeu dindicateurs dans ce domaine qui permettaient détablir une distinction entre lesdeux groupes de léchantillon; toutefois, on a constaté des différences sur les plansde la présentation et des questions monétaires. Une plus grande proportion desdélinquants plus âgés avaient une mauvaise hygiène personnelle, des problèmes desanté physique et des problèmes dentaires. Pour ce qui concerne les questionsdargent, 82,6 % des plus jeunes délinquants navaient pas de crédit, par rapportà 69,9 % des plus âgés, et 81,8 % des plus jeunes navaient pas de biens à remettreen nantissement, par rapport à 68,1 % de leurs aînés. Cependant, une plus grandeproportion des délinquants plus âgés avaient des dettes (38,1 % par rapportà 28,4 %) et avaient déjà eu recours aux services sociaux (91,0 % par rapportà 83,1 %). Plus de la moitié des plus jeunes délinquants (54,6 %) avaient changéfréquemment de logement, par rapport à 38,8 % des plus âgés.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Changements fréquents de logement*** | 54,6 % | 38,8 % | 45,4 % |
| A une mauvaise hygiène personnelle** | 2,8 % | 5,2 % | 4,2 % |
| A des problèmes de santé physique*** | 13,6 % | 28,1 % | 22,1 % |
| A des problèmes dentaires*** | 16,9 % | 25,8 % | 22,1 % |
| A des dettes*** | 28,4 % | 38,1 % | 34,1 % |
| N'a pas de compte de banque*** | 66,5 % | 56,9 % | 60,9 % |
| N'a pas de crédit*** | 82,6 % | 69,9 % | 75,2 % |
| N'a pas de biens à remettre en nantissement*** | 81,8 % | 68,1 % | 73,8 % |
| N'a pas de passe-temps*** | 30,6 % | 24,4 % | 26,9 % |
| Ne participe pas à des activités organisées** | 57,6 % | 51,7 % | 54,2 % |
| A eu recours aux services sociaux*** | 83,1 % | 91,0 % | 87,7 % |
Le Tableau 19 présente une répartition des indicateurs liés à lorientation personnelleet affective. Vingt des 46 indicateurs de ce domaine permettaient détablir unedifférence entre les deux groupes de léchantillon. Le Tableau 19 révèle que lesfacultés cognitives, le comportement, la sexualité et la santé mentale sont leséléments principaux qui différencient les deux groupes. Plus précisément, une plusgrande proportion des plus jeunes délinquants étaient incapables de se donner deschoix, ne se rendaient pas compte des conséquences de leurs actes, étaientamateurs de sensations fortes, et irréfléchis. Sur le plan des facultés cognitives, uneplus grande proportion dentre eux étaient impulsifs.
Comme on le voit au Tableau 19, les délinquants plus âgés avaient plus de difficultédans les domaines de la santé mentale et des questions liées aux interventions. Parexemple, une plus grande proportion dentre eux avaient été traités par un service deconsultations externes dans le passé et avaient déjà consommé ou consommaientdes médicaments prescrits. En outre, une plus grande proportion avait des besoinsdans le domaine de la sexualité. Ainsi, ils étaient plus susceptibles que les plusjeunes davoir des difficultés de performance sexuelle, un problème didentitésexuelle, une orientation sexuelle inappropriée et une attitude sexuelleproblématique. Ces résultats cadrent bien avec le fait que les délinquants plus âgés,dans une plus grande proportion que les plus jeunes, avaient commis une infractionde nature sexuelle.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Affilié à un gang*** | 16,6 % | 2,8 % | 8,5 % |
| Incapable de se donner des choix*** | 71,6 % | 65,0 % | 67,7 % |
| Ne se rend pas compte des conséquences*** | 52,3 % | 45,7 % | 48,5 % |
| Se fixe des objectifs irréalistes* | 32,9 % | 28,3 % | 30,2 % |
| Impulsif*** | 85,3 % | 73,8 % | 78,6 % |
| Gère mal son temps*** | 59,9 % | 47,9 % | 52,9 % |
| Craintes irraisonnées* | 21,0 % | 25,3 % | 23,5 % |
| Prend des risques inconsheadersérés*** | 70,4 % | 56,4 % | 62,2 % |
| Amateur de sensations fortes*** | 45,2 % | 26,2 % | 34,1 % |
| Irréfléchi** | 56,8 % | 51,2 % | 53,6 % |
| Peu consciencieux*** | 46,9 % | 39,6 % | 42,6 % |
| A des difficultés de performance sexuelle*** | 2,6 % | 5,4 % | 4,2 % |
| Problème d'headersentité sexuelle*** | 2,2 % | 4,8 % | 3,7 % |
| Orientation sexuelle inappropriée*** | 10,2 % | 23,5 % | 18,0 % |
| Attitude sexuelle problématique*** | 18,9 % | 35,5 % | 28,6 % |
| Médicaments prescrits dans le passé** | 21,8 % | 26,7 % | 24,7 % |
| Médicaments prescrits en ce moment*** | 7,6 % | 12,6 % | 10,5 % |
| Hospitalisé dans le passé*** | 15,2 % | 20,2 % | 18,1 % |
| Traité par un service de consultations externes dans le passé* | 11,6 % | 15,2 % | 13,7 % |
| Traité par un service de consultations externes avant son admission* | 2,7 % | 4,5 % | 3,8 % |
Le Tableau 20 présente des indicateurs liés à lattitude générale. Les comparaisonsentre les groupes ont révélé des différences significatives pour 9 des 24 indicateurs.De façon générale, il semble que les plus jeunes délinquants autochtones perçoiventle système de justice pénale de façon plus négative que leurs aînés. Ainsi, une plusgrande proportion dentre eux avaient une attitude négative à légard des lois, de lapolice, de la surveillance dans la collectivité et du système correctionnel. Les plusjeunes étaient également plus susceptibles de considérer que le travail na pas devaleur et de ne pas avoir de but dans la vie. Ces constatations cadrent bien avec cequon avait observé dans le domaine de l«emploi». En outre, une plus grandeproportion des plus jeunes étaient susceptibles de manquer de respect à légard dela propriété privée et de la propriété publique, et dêtre en faveur de la violenceinstrumentale.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| Attitude négative face aux lois** | 51,6 % | 45,5 % | 48,0 % |
| Attitude négative envers la police*** | 44,7 % | 35,5 % | 39,3 % |
| Attitude négative envers le système correctionnel* | 24,6 % | 20,4 % | 22,1 % |
| Attitude négative face à la surveillance dans la collectivité** | 36,4 % | 30,8 % | 33,1 % |
| Le travail n'a pas de valeur*** | 27,2 % | 16,3 % | 20,9 % |
| Les compétences psychosociales nont pas de valeur*** | 14,1 % | 9,2 % | 11,2 % |
| Les personnes âgées n'ont pas de valeur*** | 3,4 % | 1,2 % | 2,1 % |
| Le rôle des femmes et des hommes est inégal*** | 18,3 % | 28,4 % | 24,2 % |
| Manque de respect à légard de la propriété privée*** | 51,2 % | 34,6 % | 41,5 % |
| Manque de respect à légard de la propriété publique*** | 40,0 % | 25,2 % | 31,3 % |
| Manque de respect à légard de la propriété commerciale*** | 44,4 % | 29,3 % | 35,6 % |
| Est en faveur de la violence familiale*** | 18,8 % | 32,7 % | 26,9 % |
| Est en faveur de la violence instrumentale*** | 47,3 % | 40,4 % | 43,3 % |
| Pas de but dans la vie*** | 81,6 % | 66,9 % | 73,0 % |
| Anticonformiste*** | 62,0 % | 55,0 % | 57,9 % |
Parmi les neuf indicateurs utilisés pour évaluer le risque de suicide, un seulpermettait détablir une distinction entre les deux groupes de léchantillon. Une plusgrande proportion des délinquants plus âgés avaient subi la perte dun ami ou la mortdun proche parent. Un quart de léchantillon des délinquants autochtones avait déjàfait une tentative de suicide. La répartition des proportions pour les indicateurs liésau risque de suicide est présentée au Tableau 21.
| INFRACTIONS | DÉLINQUANTS AUTOCHTONES (%) | TOTAL | |
|---|---|---|---|
| 25 ANS OU MOINS | PLUS DE 25 ANS | ||
| A peut-être des tendances suicidaires | 4,6 % | 5,9 % | 5,3 % |
| A déjà tenté de se suicider | 24,2 % | 26,1 % | 25,3 % |
| A déjà bénéficié d'une intervention | 11,4 % | 13,6 % | 12,7 % |
| Perte d'amitié, décès d'un parent proche*** | 8,1 % | 11,8 % | 10,3 % |
| Connaît des problèmes graves* | 6,7 % | 8,7 % | 7,9 % |
| Est sous l'empire de l'alcool ou de la drogue | 6,1 % | 7,7 % | 7,0 % |
| Présente des signes de dépression | 8,8 % | 10,9 % | 10,0 % |
| A exprimé l'intention de se suicider* | 3,6 % | 4,8 % | 4,3 % |
| A dressé un plan pour se suicider | 0,8 % | 0,8 % | 0,8 % |
Dans ce rapport, nous avons présenté les résultats dune étude en deux parties danslaquelle nous avons examiné les questions de laffiliation à un gang et de lâge chezles délinquants autochtones incarcérés dans les établissements fédéraux. Nousavons dabord comparé les délinquants autochtones affiliés à un groupe du crimeorganisé et les autres délinquants autochtones sous responsabilité fédérale, tout entenant compte de lâge. Nous avons ensuite examiné les différences entre un groupede délinquants autochtones «plus jeunes» et un groupe de «plus âgés». Il savéraitnécessaire de mener cette étude à double volet en raison de lexistence de deuxtendances simultanées au Canada : laugmentation de lappartenance à un gangparmi les jeunes délinquants autochtones et la croissance du nombre de jeunesAutochtones dans les établissements fédéraux du Service correctionnel du Canada.Compte tenu de ces deux tendances, on se demandait si les stratégies dinterventiondevraient être axées sur lappartenance aux gangs ou sur les besoins des jeunesAutochtones en matière de traitement.
Nous avons constaté que, si lon tient compte de lâge, les différences entre lesdélinquants qui sont membres dun gang et les autres qui ne le sont pas, sur le plandu niveau global de risque, diminuent. De même, lorsquon compare deux groupesdâge au sein de cette population, on nobserve pas de différences significativesentre les plus jeunes et les plus âgés sur le plan des infractions «habituellement»associées aux activités des gangs. Ainsi, une moins grande proportion des plusjeunes délinquants autochtones avaient été condamnés pour possession de drogueet trafic de drogue, des infractions associées aux gangs.
Même si lon a déjà déterminé que lappartenance des jeunes Autochtones à desgangs a un effet négatif sur la stabilité des établissements fédéraux dans la régiondes Prairies, notre étude a permis de montrer que la «jeunesse» est un facteur trèsimportant à prendre en considération dans les stratégies dintervention. Nous avonsutilisé comme méthode une perspective historique plutôt quun profil instantané, etnous avons constaté que le risque satténuait avec lâge chez les délinquantsautochtones sous responsabilité fédérale. Cela se manifeste dans les résultats, quiont permis détablir, de façon significative, que les jeunes délinquants autochtonesétaient plus susceptibles que leurs aînés davoir déjà été condamnés par un tribunalpour adolescents.
En conclusion, notre étude montre que les politiques visant à la fois à gérer lesgangs et à favoriser la réinsertion sociale des délinquants autochtones doivent êtreaxées autant sur les besoins des plus jeunes délinquants que sur le risque associé àlappartenance à un gang. Pour augmenter lefficacité des interventions, il fautélaborer les stratégies de concert avec les Aînés et dautres ressources autochtoneset les mettre en uvre très tôt au cours du développement des jeunes afindempêcher que ceux-ci aient des démêlés avec le système de justice pénale.
BEARE, M. E. Criminal conspiracies in Canada: Organized crime in Canada, Nelson Canada, Université York, 1995.
BOE, R. «Les détenus autochtones : tendances et projections démographiques», Forum, Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 12, nº 1, 2000, p. 7-9.
BONTA, J. «Native inmates: Institutional response, risk, and needs», Canadian Journal of Criminology, nº 31, 1989, p. 49-61.
BONTA, J., LaPRAIRIE, C. et WALLACE-CAPRETTA, S. «Risk prediction and reoffending: Aboriginal and non-aboriginal offenders», Canadian Journal of Criminology, nº 39, 1997, p. 127-144.
BROTHERTON, D. C. «'Smartness', 'Toughness', and 'Autonomy': Drug Use in the Context of Gang Female Delinquency », Journal of Drug Issues, vol. 26, nº 1, 1996, p. 261-277.
FINN, A., TREVETHAN, S., CARRIÈRE, G. et KOWALSKI, M. Femmes détenues, détenus autochtones et détenus condamnés à perpétuité : un profil instantané d'une journée, Ottawa, Centre canadien de la statistique juridique, 1999.
LAFLIN, M. «Girl Gangs», Law and Order, vol. 44, nº 3, 1996, p. 87-89.
LAIDLER, K. A. J. et HUNT, G. «Violence and Social Organization in Female Gangs », Social Justice, vol. 24, nº 4, 1997, p. 148-69.
LECLAIR, M. et ASSOCIÉS. Profil des délinquants sexuels autochtones, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1996.
MOTIUK, L. et NAFEKH, M. «Profil des délinquants autochtones dans les services correctionnels fédéraux», Forum, Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 12, nº 1, 2000, p. 10-15.
MOTIUK, L. «Système de classification des programmes correctionnels : Processus d'évaluation initiale des délinquants», Forum, Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 9, nº 1, 1997, p. 18-23.
ROSENBAUM, J. L. «A Violent Few: Gang Girls in the California Youth Authority», Journal of Gang Research, vol. 3, nº 3, 1996, p. 17-23.
SAUVÉ, J. Organized crime in Canada: Results of a United Nations International Pilot Survey of 16 Police Services, Ottawa, Centre canadien de la statistique juridique, 1999.
SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA. Rapport du groupe de travail sur la sécurité, Direction de la sécurité, 2000.
SHELDON, R. G. «A comparison of gang members and non-gang members in a prison setting», Prison Journal, vol. 71, nº 2, 1991, p. 50-60.
SOLLICITEUR GÉNÉRAL CANADA. Rapport final. Groupe d'étude sur les Autochtones au sein du régime correctionnel fédéral, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1989.
SOLLICITEUR GÉNÉRAL CANADA. Problèmes correctionnels touchant les Autochtones en milieu urbain : Compte rendu des travaux d'un groupe de réflexion et aperçu de la littérature et de l'expérience sur le sujet, sous la direction de J. Nuffield, 1998.