Cette page Web a été archivée dans le Web.
Paul Gendreau et Claire Goggin
Université du Nouveau-Brunswick
Direction de la recherche et des statistique
Service correctionnel du Canada
Avril 1991
1. Ce projet a été financé dans le cadre du contrat de recherche n° 21100-9-1575-INH-00, Service correctionnel du Canada (SCC), ministère du Solliciteur général du Canada. Nous souhaitons remercier les fonctionnaires suivants du SCC qui nous ont aidés pour divers aspects de la recherche: M. Frank Porporino et M. David Robinson, Direction de la recherche et de la statistique, et M. Jon Klaus, Direction des services de santé. Nous remercions également Mme Helen Annis, de la Fonction de la recherche sur la toxicomanie, pour ses conseils sur l'évaluation de l'alcoolisme et sur les ouvrages publiés dans le domaine de l'intervention.
2. Pour obtenir des renseignements additionnels, on est prié de s'adresser au premier auteur, au département des sciences sociales, Université du Nouveau-Brunswick, C.P. 5050, Saint John (N.-B.) E2L 4L5.
Les responsables de cent douze programmes de lutte contre la toxicomanie, relevant de la compétence du SCC, ont répondu à un questionnaire appelé Inventaire d'évaluation des programmes correctionnels (IEPC) sur leurs méthodes de fonctionnement. On a découvert des lacunes dans tous les domaines d'exécution des programmes: mise en oeuvre des programmes, classement des clients, traitement et évaluation.
On a également évalué la "qualité" des programmes. La majorité des programmes ont été jugés inadéquats; on a cependant identifié plusieurs programmes satisfaisants. En outre, les programmes donnés à contrat et(ou) dans la collectivité ont obtenu une cote supérieure aux autres dans le cadre de l'IEPC.
Les auteurs présentent des recommandations précises visant à améliorer la qualité des programmes de lutte contre la toxicomanie du SCC.
L'un des problèmes majeurs que pose la prestation de services efficaces aux détenus découle de ce que nous ne sommes pas la société expérimentatrice (voir Gendreau et Ross, 1987) que nous prétendons être. En effet, bien qu'une abondance de données témoignent de façon probante du fait que divers types de services réduisent la récidive chez les délinquants (Andrews, Zinger, Hoge, Bonta, Gendreau et Cullen, 1990a; Gendreau et Andrews, 1990; Gendreau et Ross, 1987; Hill, Andrews et Hoge, à paraître; Lipsey, 1990), la majorité des conclusions faites en ce sens proviennent d'études qui avaient un caractère "expérimental".
Les détracteurs de la réadaptation (p. ex., Lab, 1990; Lab et Whitehead, 1990) ont axé leurs critiques sur ce caractère expérimental et affirmé que les programmes couronnés de succès n'étaient guère plus qu'"'utopiques" et "chimériques". Ils soutiennent que ces programmes ne reflètent pas la réalité des programmes donnés aux délinquants par le gouvernement et les organismes privés que l'on trouve couramment "sur le terrain". Le propos de ce raisonnement vise, comme on l'a noté ailleurs (Andrews, Zinger, Hoge, Bonta, Gendreau et Cullen, 1990b), à tenter de nier que la réadaptation puisse d'une quelconque façon réussir, ce qui n'est manifestement pas le cas1. On constate cependant des préoccupations légitimes, chez les cliniciens qui oeuvrent dans le domaine de la réadaptation des délinquants, à propos de la qualité générale des services donnés. Par exemple, il existe probablement quelque 1 0002 programmes de traitement des délinquants au Canada. Seul un très faible pourcentage de ces programmes a fait l'objet d'évaluations formelles, sans parler d'évaluations publiées. Il est encore plus troublant de constater qu'on ne dispose guère d'information sur la nature même de ces services. À l'heure actuelle, nous n'avons connaissance de l'existence d'aucune étude empirique à grande échelle des programmes de traitement des délinquants au pays. Il est nécessaire d'obtenir ce genre d'information pour que l'on puisse agir en vue d'améliorer les programmes donnés sur le terrain.
Récemment, le Service correctionnel du Canada (SCC) s'est lancé avec vigueur dans une initiative de mise en valeur de la réadaptation. Une partie de cette initiative consiste à adopter une stratégie nationale destinée à changer le mode de prestation des programmes de lutte contre la toxicomanie. La nécessité d'une telle stratégie a été illustrée de façon spectaculaire par des enquêtes exhaustives (Direction de la recherche et de la statistique, SCC, 1990a,b) auprès des détenus fédéraux, selon lesquelles 54 p. 100 des détenus manifestaient de graves troubles de toxicomanie, et 64 p. 100 avaient consommé une substance psychotrope le jour où ils avaient commis le crime pour lequel ils étaient incarcérés. Le groupe de travail sur la toxicomanie du SCC, que l'on a créé récemment, avait notamment pour mandat de procéder à une enquête auprès des responsables de programmes existants de lutte contre la toxicomanie au SCC pour en déterminer la nature. De plus, il devait procéder à une évaluation préliminaire de la qualité des services.
L'évaluation des programmes de lutte conte la toxicomanie du SCC a été effectuée au moyen de l'Inventaire d'évaluation des programmes correctionnels (IEPC) conçu par Gendreau et Andrews (1990) et adapté pour les fins de cette étude. L'IEPC se compose d'une gamme éléments évaluant plusieurs facteurs qui s'avèrent associés, d'aprèes la documentation, aux programmes efficaces auprès des délinquants (p. ex; Andrew et al. 1990; Gendreau et Andrews, 1979; Gendreau et Rose 1979). Ces facteurs sont la mise en oeuvre du programme, l'évaluation des clients, les modalités thérapeutiques, les caractéristiques et pratiques du personnel et l'évaluation du programme. En résumé, l'IEPC permet d'obtenir un tableau complet du fonctionnement actuel d'un programme, et de coter celui-ci eu égard à son efficacité potentielle.
La Direction de la recherche et de la statistique du Service correctionnel du Canada a envoyé l'IEPC à 170 responsables de programmes de lutte contre la toxicomanie directement mis en oeuvre par le Service correctionnel du Canada ou exécutés à contrat par des organismes de l'extérieur. On donnait des directives sur la façon de remplir le questionnaire. Les inventaires remplis ont par la suite été transmis aux auteurs, qui en ont compilé les résultats. Le dernier protocole a été reçu en juillet 1990.
1. Taux de réponse
Parmi les 170 responsables de programmes auxquels on avait demandé de prendre part à l'enquête, 112 ont répondu, à savoir 66 p. 100. On trouvera à l'annexe A la liste des responsables de programmes qui ont répondu. Onze répondants, dont six étaient identifiables en raison du cachet de la poste, ont renvoyé l'inventaire sans y avoir répondu. Ces 11 responsables de programmes ont été inclus dans le compte final de 112. En outre, il faut signaler que, même parmi les 101 responsables de programmes qui ont répondu au questionnaire, à arrivait souvent, dans une proportion allant de 20 p. 100 à 50 p. 100, que des questions aient été laissées sans réponse.
La compilation qui suit s'appuie uniquement sur les données des responsables de programmes qui ont répondu aux éléments du questionnaire, exception faite de l'élément 2a), où l'on a pu inclure les six questionnaires non remplis mentionnés plus haut.
2. Données démographiques sur les programmes
| N | ||
|---|---|---|
| a) Réponses par région: | ||
| Pacifique | 5 | |
| Prairies | 30 | |
| Ontario | 20 | |
| Québec | 23 | |
| Atlantique | 28 | |
| b) Cadre d'exécution du programme: | ||
| Établissement | 80 | |
| Résidentiel | 12 | |
| Milieu thérapeutique/autre | 9 | |
| c) Niveau de sécurité: | ||
| Minimale | 18 | |
| Moyenne | 32 | |
| Maximale | 22 | |
| Combinaisons des niveaux ci-dessus | 8 | |
| Collectivité | 17 | |
| d) i) nombre de programmes et composition de la clientèle: | ||
| Alcooliques | 14 | |
| Toxicomanes | 11 | |
| Les deux | 75 | |
| ii) quatre-vingt-huit pour cent des programmes s'adressaient aux hommes uniquement | ||
| iii) dans cinq des programme donnés dans les établissements, les clients étaient séparés de la population générale | ||
| e) Exécution par le SCC/à contrat: | ||
| à contrat | 56 | |
| par le SCC | 36 | |
| les deux | 1 | |
| f) i) durée d'existence du programme: | 7.51 years | |
| SD | 10.01 | |
| ii) le tiers (33 %) des programmes existaient depuis un an ou moins | ||
| iii) durée du programme: | 45.32 days | |
| SD | 65.69 |
3. Mise en oeuvre du programme
Le taux de non-réponse aux éléments de cette catégorie variait entre 24 p. 100 et 57 le 100.
Trente-six pour cent des personnes responsables au premier chef de la conception et de l'établissement des programmes avaient reçu une formation professionnelle, tandis que 33 p. 100 avaient participé à la prestation de programmes analogues dans le passé. Dans 30 p. 100 des cas, cette personne prenait directement part à la sélection et à la formation du personnel, et 36 p. 100 des répondants ont indiqué que le responsable participait aussi directement à la prestation de certains des volets thérapeutiques du programme. Trente-cinq pour cent ont affirmé que la personne ayant joué un rôle essentiel dans la conception et la mise en oeuvre du programme continuait d'y jouer un rôle actif.
Quarante-cinq pour cent des répondants ont déclaré avoir procédé à une recherche documentaire avant la mise en oeuvre du programme, et 58 p. 100 ont indiqué qu'ils avaient effectué une évaluation des besoins avant de mettre le programme sur pied.
La majorité des répondants ont déclaré que leur programme était généralement considéré, tant par l'établissement (76 p. 100) que par la collectivité (64 p. 100), comme économique et viable. Ce n'est que dans une minorité distincte de cas (seulement 16 p. 100) qu'un programme pilote a été réalisé avant la mise en oeuvre du programme officiel.
4. Évaluation des clients
En dépit de toute la gamme de caractéristiques des clients disponibles pour les fins de l'évaluation, de 35 p. 100 à 55 le 100 environ des intervenants interrogés n'ont pas répondu aux éléments de cette section. Une proportion additionnelle de 11 p. 100 de répondants ont indiqué que l'évaluation officielle des clients ne faisait pas régulièrement partie de leur programme. L'analyse des réponses restantes donne une indication des variables d'évaluation des clients qui sont le plus couramment utilisées par les responsables des programmes de traitement qui ont répondu au questionnaire. Il faut signaler que, pour les caractéristiques qui étaient évaluées "régulièrement", la majorité des répondants (75 p. 100) ont indiqué l'information sur laquelle l'évaluation était basée. Les outils les plus courants étaient l'information conservée dans le dossier, l'entrevue personnelle et les documents de gestion des car Toutefois, seuls quelques-uns des outils cités étaient des tests psychométriques reconnus et normalisés, p. ex., MAST-DAST, MMPI, Buss-Durkee.
Les pourcentages qui suivent ont été établis uniquement pour les responsables de programmes qui avaient coché l'une des trois réponses possibles. Par exemple, 45 p. 100 des responsables de programmes ont affirmé avoir évalué "régulièrement" la variable de l'agressivité.
a) Variables d'évaluation des clients:
| Variable évaluée |
Non évaluée |
Rarement / à l’occasion |
Régulièrement |
|---|---|---|---|
| Agressivité | 17% | 38% | 5% |
| Aliénation | 19% | 53% | 28% |
| Attitudes antisociales | 16% | 29% | 55% |
| Anxiété | 17% | 39% | 45% |
| Aptitudes cognitives-au raissonement | 19% | 47% | 34% |
| Modes d’adaptation | 19% | 34% | 47% |
| Dépression | 17% | 38% | 45% |
| Régine | 20% | 64% | 16% |
| Éducation | 18% | 45% | 37% |
| Empathie | 18% | 42% | 40% |
| Emploi | 17% | 38% | 45% |
| Facteurs familiaux | 16% | 34% | 50% |
| Antécédents familiaux: toxicomanie | 15% | 26% | 59% |
| Antécédents familiaux: criminalité | 20% | 31% | 49% |
| Tort causé à la victime | 17% | 46% | 37% |
| Intelligence | 20% | 58% | 22% |
| Troubles d’apprentissage | 20% | 60% | 20% |
| Loisirs | 18% | 43% | 39% |
| État de santé | 19% | 45% | 36% |
| Trouble mental | 20% | 58% | 22% |
| Motivation | 16% | 24% | 61% |
| Développement moral | 19% | 48% | 33% |
| Association avec le groupe affinitaire | 19% | 40% | 41% |
| Psychopathie | 22% | 56% | 22% |
| Valeurs religieuses | 19% | 60% | 21% |
| Estime de soi | 16% | 25% | 59% |
| Croyances sexuelles | 20% | 50% | 30% |
| Facteurs conjoncturels: toxicomanie | 20% | 30% | 50% |
| Soutien social | 16% | 23% | 61% |
| Socialisation | 18% | 32% | 50% |
| Autres | 47% | 18% | 35% |
| b) Évaluation du niveau de risque du client: |
pas de réponse non oui |
35% 37% 29% |
5. Modalités de traitement
Exception faite de la catégorie "autres", le pourcentage de non-réponse pour les modalités suivantes variait entre 24 p. 100 et 39 p. 100. Par conséquent les pourcentages présentés ci-dessous sont basés sur les responsables de programmes qui ont répondu à l'une des trois catégories indiquées.
a) Modality:
| Pas importante | Moyennement important | Très importante | |
|---|---|---|---|
| AA | 7% | 32% | 61% |
| Défense d’intérêts | 20% | 68% | 12% |
| Chimique | 71% | 25% | 4% |
| Confrontation | 37% | 50% | 13% |
| Modif. cognitive du comport. | 28% | 47% | 25% |
| Consommation contrôlée d’alcool | 71% | 20% | 9% |
| Sensibilisation cachée | 70% | 21% | 9% |
| Pensée criminelle | 59% | 34% | 7% |
| Désintoxication | 58% | 25% | 17% |
| Éducation | 12% | 32% | 56% |
| Thérapie familiale | 42% | 41% | 17% |
| IPPS (Platt) | 23% | 42% | 35% |
| Alphabétisation | 33% | 45% | 22% |
| Thérapie conjugale | 43% | 52% | 5% |
| Développement moral | 28% | 49% | 23% |
| Counselling axé sur le client | 25% | 49% | 26% |
| Stratégies de cond. opérant | 56% | 38% | 6% |
| Culture positive du groupe affinitaire | 13% | 51% | 36% |
| Drogues psychotropes | 85% | 5% | 10% |
| >Thérapie psychodynamique | 60% | 27% | 13% |
| Loisirs | 37% | 45% | 18% |
| Réparation | 62% | 37% | 1% |
| Aptitudes sociales - cognitives | 25% | 55% | 20% |
| Dév. spirituel | 20% | 51% | 29% |
| Gestion du stress | 23% | 46% | 31% |
| Surveillance | 72% | 19% | 9% |
| Professionnelle | 44% | 43% | 13% |
| Autres | 13% | 7% | 80% |
b) Appariement:
Les renseignements qui suivent ne s'appliquent qu'aux responsables de programmes qui ont répondu aux questions. Soixante pour cent des responsables de programmes ne modifiaient pas l'intensité du traitement en fonction du niveau de risque du client Dans 52 % des cas, on n'appariait pas les caractéristiques des clients et le traitement, et 46 p. 100 des responsables de programmes n'appariaient pas les clients et les compétences personnelles et professionnelles du thérapeute.
Dans 21 p. 100 des programmes, on accordait une latitude au personnel en matière de gestion des cas exceptionnels. Enfin, dans seulement 13 p. 100 des programmes donnés dans les établissements, les détenus pouvaient participer au cours des trois derniers mois de leur peine.
c) Prévention des rechutes:
Les techniques suivantes de prévention des rechutes, consistant à enseigner au client: 1) à surveiller et à prévoir les situations problèmes, 2) à s'exercer à trouver des solutions de rechange aux situations problèmes mettant en cause une consommation abusive et 3) à s'exercer à adopter de nouveaux comportements dans des situations de plus en plus difficiles, ont fait l'objet de réponses affirmatives de la part de 52 p. 100 à 56p. 100 des programmes qui ont répondu à ces éléments.
Deux autres techniques, c'est-à-dire les séances de motivation et le recours aux amis à titre de cothérapeutes, étaient appliquées dans 17 p. 100 à 22 p. 100 des cas, ce qui n'est pas étonnant car 71 p. 100 des programmes étaient donnés dans des établissements.
6. Caractéristiques du personnel
a) Soixante-treize pour cent des programmes ont répondu aux questions portant sur les caractéristiques du personnel. Le programme "moyen", où le personnel était masculin dans une proportion de 63 p. 100, présentait les caractéristiques démographiques suivantes.
| Études | % |
|---|---|
| Secondaire | 19 |
| Collège communautaire | 34 |
| B.A | 27 |
| B.Sc. | 6 |
| M.A. / M.Sc. | 4 |
| Doctorat | 1 |
| Autres 7 | 7 |
| Profession | % |
|---|---|
| Clergé | 13 |
| Criminologie | 16 |
| Éducaiton | 8 |
| Médecine | 1 |
| Soins infirmiers | 11 |
| Psychologie | 17 |
| Travail social | 27 |
| Sociologie | 6 |
Autres 30 |
30 |
b) Le nombre moyen d'années au cours desquelles le personnel avait travaillé auprès de toxicomanes et de délinquants s'établissait respectivement comme suit: 1) n = 82, X = 3,72, ET = 0,98; 2)n = 77, X = 3,71, ET = 1,01.
c) Voici les pourcentages obtenus pour plusieurs autres caractéristiques importantes du personnel:
| Pas de réponse |
Non | Oui | |
|---|---|---|---|
| i) employé embauché pour des caractéristiques autres que l’expérience et la formation |
44% | 11% | 45% |
| ii) évaluation périodique des compétences des employés | 40% | 22% | 38% |
| iii) participation des employés à la conception du programme | 37% | 13% | 50% |
| iv) participation des employés au fonctionnement du programme | 37% | 3% | 50% |
| v) ateliers de formation des employés | 38% | 15% | 47% |
| vi) embauche des employés: dans 58 programmes, le nombre
moyen l’employés embauchés au cours des trois dernières années s’élevait à un par année |
|||
| vii) embauche du directeur: dans 44 programms, la donnée
statistique analogue s’établissait à un par trois ans. |
7. Évaluation/responsabilité
| Pas de réponse |
Non | Oui | |
|---|---|---|---|
| i) Conseil de direction |
13% | 62% | 25% |
| ii) Comité consultatif (programmes) |
35% | 54% | 11% |
| iii) Évaluation d’assurance de la qualité | 41% | 20% | 39% |
| iv) Satisfaction des clients | 25% | 34% | 41% |
| v) Suivi auprès des clients |
25% | 46% | 29% |
| vi) Évaluation officielle de programme | 25% | 53% | 22% |
8. Région, exécution par le SCC/à contrat et cadre d'exécution du programme
L'analyse visait également à déterminer si l'un ou l'autre des facteurs susmentionnés était associé aux résultats obtenus dans l'IEPC. Les associations indiquées ci-dessous sont significatives au niveau de 0,05 selon le r de Pearson.
Le cadre d'exécution des programmes était subdivisé en deux catégories: établissements et collectivités.
On a constaté plusieurs différences entre les deux catégories. D'abord, dans le groupe des données démographiques, les programmes de la collectivité sont exécutés plus souvent à contrat, sont plus susceptibles d'être surveillés par un conseil de direction et un comité consultatif des programmes, et sont de durée plus brève.
Sur le plan de l'évaluation, les programmes de la collectivité mettent davantage l'accent sur l'aliénation, l'anxiété, l'éducation, les antécédents familiaux en matière de toxicomanie et(ou) les comportements criminels, l'état de santé, l'association avec le groupe affinitaire et les soutiens sociaux. Les programmes des établissements évaluent plus souvent l'agressivité.
Les programmes de la collectivité travaillent davantage à faire concorder les caractéristiques du thérapeute et du client et permettent davantage des écarts par rapport à la norme thérapeutique pour les cas exceptionnels. Les stratégies de prévention des rechutes, comme on pouvait s'y attendre, sont utilisées plus souvent dans la collectivité.
On a constaté d'importantes différences sur le plan du personnel. Les programmes de la collectivité:
Cette catégorie chevauche la précédente, puisque 90 p. 100 des programmes de la collectivité étaient exécutés à contrat.
Les programmes confiés à des organismes de l'extérieur diffèrent à certains importants égards de ceux qui sont directement exécutés par le SCC. Sur le plan administratif, ils sont davantage susceptibles d'être régis par un conseil de direction et d'avoir une clientèle combinée d'alcooliques et de toxicomanes. De même, ils sont de plus brève durée.
En ce qui a trait aux modalités thérapeutiques, les programmes exécutés à contrat se fondent davantage sur la modification cognitive du comportement et le counselling axé sur le client. Ils se soucient davantage de faire concorder : i) l'intensité du traitement et le niveau de risque, ii) les caractéristiques du thérapeute et celles du client et iii) le type de traitement et le client. Ils dispensent davantage de formation au personnel, procèdent à un plus grand nombre d'évaluations périodiques des compétences des employés et permettent davantage à ceux-ci de prendre part aux décisions sur le programme. Les responsables de programmes impartis au secteur privé sont plus susceptibles de mener des recherches documentaires sur les traitements et d'embaucher des personnes détenant un diplôme en criminologie.
Enfin, pour ce qui est de l'importance relative des variables d'évaluation des clients, contrairement aux écarts constatés entre les programmes des établissements et ceux de la collectivité, il n'y a que des différences minimes entre les programmes du SCC et ceux des entrepreneurs.
9. Qualité des programmes
Il nous faut formuler la réserve suivante à l'égard des résultats exposés dans la présente section. Même si l'IEPC permet de coter la qualité d'un programme et, par conséquent, d'obtenir un classement des programmes, cet inventaire en est au stade expérimental et son peaufinage est en cours. Ainsi, il est préférable de considérer les données relatives au classement selon la qualité comme préliminaires. La section "Analyse" contient des mises en garde additionnelles à ce sujet.
Quarante-quatre éléments de l'IEPC ont été désignés comme indices importants de la qualité des programmes. Chaque programme a été coté en fonction de ces éléments et les résultats sont exprimés en pourcentages Le pourcentage moyen de l'ensemble des programmes d'après l'IEPC est de 25 p. 100; 10 programmes ont obtenu une cote égale ou supérieure à 50 p. 100.
| Région |
n | IEPC% |
|---|---|---|
| Pacifique |
5 | 40% |
| Prairies |
30 | 25% |
| Ontario | 20 | 28% |
| Québec | 23 | 26% |
| Atlantique |
28 | 20% |
| TOTAL | 112 | 25% |
On n'a constaté aucune différence significative entre les régions (F = 1,76, dl = 4/101, p<0,05).
| Exécutés par la SCC/à contrat |
n | IEPC% |
|---|---|---|
| Exécutés par le SCC | 36 | 20% |
| A contrat | 56 | 32% |
Les programmes exécutés à contrat ont obtenu des résultats significativement plus élevés selon l'IEPC (F = 12,65, dl= 1/90, p<0,05).
| Cadre d’exécution du programme |
n | IEPC% |
|---|---|---|
| Établissements | 80 | 23% |
| Collectivité | 20 | 37% |
Les programmes de la collectivité ont obtenu des résultats significativement plus élevés selon l'IEPC (F = 11,78, dl = 1/98, p<0,05).
Il convient de faire remarquer que les effets significatifs signalés pour les programmes exécutés à contrat et les programmes de la collectivité étaient indépendants l'un de l'autre. Des corrélations partielles ont indiqué que la corrélation entre les résultats supérieurs selon l'IEPC et les programmes de la collectivité était de: r 13,2 = 0,28, dl = 109, p < 0,01, la variable de l'exécution par le SCC ou à contrat étant constante. De même, la corrélation entre les résultats supérieurs selon l'IEPC et les programmes exécutés à contrat était de: r 23,1 = 0,45, dl = 109, p < 0,01, le facteur du cadre d'exécution (établissement/collectivité) étant constant.
Il nous faut faire d'importantes mises en garde avant de poursuivre. D'abord, même si le taux de réponse au questionnaire s'est élevé à une proportion impressionnante de 66 p. 100, la non-réponse aux éléments individuel variait entre 20 p. 100 et 50 p. 100. Si le taux de réponse aux questions avait été supérieur, on aurait peut-être obtenu un tableau quelque peu différent du type et de la qualité des services donnés. La même logique s'applique à la façon dont l'information a été recueillie. Il est essentiel que les recherches à venir dans ce domaine fassent appel à la méthode du témoin privilégié. Un examen sur place assurerait la cueillette de toutes les données pertinentes. Nous n'avons échantillonné que la "qualité sur papier" des programmes. Sans aucun doute, quelques programmes ont été desservis par cette façon de procéder. Enfin, l'instrument de mesure de la "qualité" des programmes, l'IEPC, satisfait aux épreuves de la validité apparente et de la validité de contenu, mais pas encore à celle de la validité de critère3. En fait, même s'il est tout à fait probable que les programmes ayant obtenu une cote élevée d'après l'IEPC parviennent avec plus d'efficacité à réduire le taux de récidive de leur clientèle, il nous faut souligner que certains des programmes obtenant une cote plus basse peuvent aussi être efficaces dans ce domaine. Dans la perspective du SCC et de son désir de modifier les méthodes de lutte contre la toxicomanie, il est essentiel qu'à l'avenir, les responsables de programmes recueillent des données de suivi sur le taux de récidive. Seuls 25 responsables de programmes ont déclaré procéder à des évaluations de suivi et l'on ne connaît pas la nature des renseignements obtenus grâce à ces activités.
Compte tenu des limites susmentionnées, il serait cependant juste de conclure que les données recueillies portent à croire à la nécessité d'une révision et d'une amélioration, dans presque tous les domaines, des programmes de lutte contre la toxicomanie du SCC. Cette conclusion n'étonnera guère les observateurs qui ont exprimé des réserves sur la qualité générale des services donnés aux délinquants sur le terrain. Dans les pages qui suivent, nous examinerons les préoccupations générales soulevées par la présente étude, nous aborderons certaines questions propres au fonctionnement interne du SCC et nous présenterons des recommandations particulières.
Questions généralesD'abord, il faut accorder davantage d'attention à la mise en oeuvre des programmes. Plusieurs facteurs doivent être mis en place pour accroître les chances qu'un programme soit mis sur pied et, élément plus important encore, qu'il soit maintenu en activité (voir Gendreau et Andrews,1979).
Deuxièmement, les méthodes de classement des clients ont été établies quelque peu à l'aveuglette. Certaines des variables le plus souvent privilégiées pour l'évaluation, par exemple: l'anxiété, la dépression, l'estime de soi ou la motivation, sont des prédicteurs peu fiables, voire médiocres, de la récidive (voir Andrews, Bonta et Hoge, 1990). La façon de compiler et de coter les évaluations pose de graves problèmes. On en trouve un exemple type dans le fait qu'aucun programme n'a affirmé utiliser deux instruments de grande qualité pour la mesure des comportements criminels (LSI, PCL) ou l'inventaire des toxicomanies d'Annis (1990).
La situation est également grave en ce qui touche les modalités thérapeutiques. Le programme des Alcooliques anonymes s'est avéré la modalité la plus populaire; les preuves de son efficacité sont pour le moins maigres (Miller et Hester, 1985). De même, la culture positive du groupe affinitaire, le développement spirituel et le counselling axé sur le client sont d'ordinaire des stratégies inefficaces auprès des délinquants (Andrews et al., 1990a). Parallèlement à cela, les modalités de la consommation contrôlée d'alcool, de la sensibilisation cachée, du conditionnement opérant et de la surveillance n'étaient guère appliquées par les répondants. Toutes ces modalités sont prometteuses pour le traitement de l'alcoolisme, selon les experts dans le domaine (Miller et Hester, 1985).
Il semble en outre qu'il existe un gouffre conceptuel, dans l'esprit de la plupart des répondants, concernant le classement et le traitement. La documentation sur le système correctionnel et le traitement des toxicomanies (Andrews et al., 1990a; Annis, 1990) abonde d'exemples de l'importance d'un appariement des caractéristiques du client (c.-à-d., son niveau de risque) et du type et de l'intensité du traitement. Moins de 30 p. 100 des responsables de programmes interrogés ont déclaré procéder à l'un ou l'autre type d'appariement.
Quatrièmement, le volet de l'évaluation est à toutes fins utiles laissé pour compte, bien qu'il faille admettre que bon nombre des programmes (33 p. 100) en étaient à leur première année d'activité.
Questions internesLes différences régionales entre les programmes de lutte contre la toxicomanie n'étaient pas profondes. Il a été difficile d'évaluer la région du Pacifique en raison de son faible taux de réponse. Le fait que certaines caractéristiques d'évaluation aient été pondérées différemment d'une région à l'autre traduit vraisemblablement des différences sur le plan du personnel et de la formation, pour ne mentionner que ces facteurs. Une certaine diversité est probablement très saine.
On a constaté que l'Ontario semblait faire exécuter beaucoup de programmes à contrat, peut-être parce que cette région dispose de ressources plus importantes pour ce faire. Les indications selon lesquelles les programmes de la région du Québec ont tendance à accorder moins d'importance à certains facteurs de perfectionnement du personnel se sont avérées quelque peu déconcertantes.
Le résultat le plus frappant est celui des cotes plus élevées obtenues pour les programmes exécutés à contrat et les programmes de la collectivité selon l'IEPC. On peut présumer que ce phénomène est attribuable à certaines raisons systémiques bien connues des personnes rompues au fonctionnement du SCC. Les principaux domaines à améliorer, pour la plupart des programmes mis en oeuvre dans les établissements et exécutés par le SCC, semblent être l'appariement des caractéristiques du client et du traitement, et le perfectionnement du personnel. Le lecteur ne doit pas oublier que les programmes de la collectivité et les programmes exécutés à contrat ne sont pas une panacée. La cote moyenne obtenue selon l'IEPC par les programmes exécutés à contrat et les programmes de la collectivité était inférieure à 40 p. 100. De plus, il se peut que des programmes donnés dans les établissements soient bien cotés et qu'ils soient exécutés directement par le SCC.
Recommandations particulières visant les programmes
Lorsqu'on met un programme sur pied, on devrait respecter les critères suivants:
La documentation sur le traitement des délinquants indique clairement que les programmes ayant du succès observent les principes généraux énoncés ci-dessous. Les programmes de lutte contre la toxicomanie devraient envisager d'adopter les lignes de conduite suivantes:
Les programmes qui échouent présentent généralement les caractéristiques suivantes:
Par conséquent, à moins qu'il n'y ait des circonstances atténuantes solidement étayées, il est recommandé que les catégories susmentionnées de prestation de services soient abandonnées.
Bien que les programmes de modification cognitive du comportement s'avèrent les plus efficaces, ils doivent posséder les caractéristiques suivantes pour fonctionner adéquatement :
Dans le cas des programmes donnés dans la collectivité, il y a une composante que l'on doit à tout prix intégrer; il s'agit de la prévention des rechutes, qui comprend les activités suivantes:
Enfin, nous formulons trois autres recommandations importantes relativement à l'efficacité du traitement.
D'abord, on doit faire concorder les caractéristiques du client et l'intensité du traitement. Les délinquants présentant un risque de moyen à élevé sont ceux qui bénéficient le plus des types les plus intensifs de services.
Deuxièmement, dans toute la mesure du possible, on doit faire concorder les caractéristiques du thérapeute avec celles du client. Certains types de délinquants réagissent mieux à des types particuliers de thérapeutes. Si, dans le cadre d'un programme, l'on ne tente pas d'apparier d'une quelconque façon les clients et les thérapeutes, on devrait en expliquer les raisons.
Troisièmement, la durée recommandée du traitement devrait varier entre trois et six mois.
Les initiatives prises par le SCC en matière de réadaptation sont survenues à point nommé. Elles ont entraîné la production d'une quantité significative d'information normative, et la création d'un indice expérimental de la "qualité" des programmes de lutte contre la toxicomanie chez les délinquants relevant de la compétence du SCC. Des lacunes, dans certains cas importantes ont été constatées dans la qualité des programmes.
Plutôt que d'être une source de découragement toutefois, les nouvelles connaissances acquises permettent maintenant aux décideurs et aux cliniciens de travailler à combler ces lacunes de façon rationnelle, constructive et positive. Les programmes de lutte contre la toxicomanie ne pourront qu'y gagner.
Andrews, D.A. (1989). Recidivism is predictable and can be influenced: Using risk assessments to reduce recidivism. Forum - Recherche sur l'actualité correctionnelle, 1, 11-18.
Andrews, D.A., Bonta, J., Hoge, R.D. (1990). Classification for effective rehabilitation: Rediscovering psychology. Criminal Justice & Behaviour, 17, 19-52.
Andrews, D.A., Zinger, I., Hoge, R.D., Bonta, J., Gendreau, P. et Cullen, F.T. (1990). Does correctional treatment work? A clinically-relevant and psychologically-informed meta-analysis. Criminology, 28, 369-404.
Annis, H. (1982). Inventory of Drinking Strategies. Toronto: Fondation de la recherche sur la toxicomanie.
Annis, H.M. (1990). Effective treatment for drug and alcohol problems: What do we know? Forum -Recherche sur l'actualité correctionnelle, 2 , 18-23.
Cullen, F. et Gendreau, P. (1989). The effectiveness of correctional rehabilitation: Reconsidering the "Nothing Works" doctrine. Dans L. Goodstein & D.L. Mackenzie (dir. publ.), The American Prison: Issues in Research Policy, N.Y.: Plenum.
Gendreau, P. (1990). An outline of the principles of effective intervention. Division of Social Sciences, University of New Brunswick, Saint John (N.-B.).
Gendreau, P. et Andrews, D.A. (1979). Psychological consultation in correctional agencies: Case studies and general issues. Dans J.J. Platt et R.W. Wicks (dir. publ.). The Psychological Consultant, New York: Grune & Stratton.
Gendreau, P. et Andrews, D.A. (1990). Tertiary prevention: What the meta-analysis of the offender treatment literature tells us about "what works". Revue canadienne de criminologie, 32, 173-184.
Gendreau P. et Ross, R.R. (1979). Effective correctional treatment: Bibliotherapy for cynics. Crime & Delinquency, 25, 463-489.
Gendreau, P. et Ross, R.R. (1987). Revivification of rehabilitation: Evidence from the '80s. Justice Quarterly, 2, 18-23.
Hill, J.K., Andrews, D.A. et Hoge, R.D. (à paraître). Meta-analysis of treatment programs for young offenders: The effect of clinically relevant treatment on recidivism with controls for various methodological variables. Revue canadienne d'évaluation de programme.
Lab, S. (1990). Discussant to symposium by M.W. Lipsey, "What works in delinquency treatment: Results from 400 studies". Academy of Criminal Justice Science, Denver, mars 1990.
Lab, S.P. et Whitehead, J.T. (1990). From "nothing works" to the "appropriate works": The latest step in the search for the secular grail. Criminology, 28, 405-417.
Lipsey, M. (1990). What works in delinquency research: Results from 400 studies. Claremont Graduate School, Claremont (CA) 91711.
Miller, W.R. et Hester, R.K. (1985). The effectiveness of alcoholism treatment methods: What research reveals. Dans W.R. Miller et N. Heather (dir. publ.). Treating addiction behaviors: Process of change. N.Y.: Plenum.
Direction de la recherche et de la statistique (1990a). Prevalence, Nature, and Severity of Mental Health Disorder Amongst Federal Male Offenders. Service correctionnel du Canada.
Direction de la recherche et de la statistique (1990b). Assessing offender substance-abuse problems at reception: Preliminary findings from the computerized lifestyle assessment instrument. Forum - Recherche sur l'actualité correctionnelle, 2, 11-14.
Ross, R.R. et Gendreau, P. (1980). Effective Correctional Treatment. Toronto: Butterworth.
| Addictions Education | Prince Albert, Sask | Prairies |
| Journey to Wholeness | Drumheller, Alberta | Prairies |
| Twilight Serenity Retreats | Drumheller, Alberta | Prairies |
| Smoking Cessation | RPC, Prairies | Prairies |
| Drug/Alcohol Education | RPC, Prairies | Prairies |
| Adult Children of Dysfunctional Families | RPC, Prairies | Prairies |
| AA, Sask. Farm Institution | Prince Albert, Sask. | Prairies |
| Narcotics Anonymous, Sask. Farm Institution | Saskatchewan | Prairies |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| St. Norbert Foundation | St. Norbert, Manitoba | Prairies |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| Skill Development Program | Stony Mountain, Manitoba | Prairies |
| Chemical Dependency Awareness | Stony Mountain, Manitoba | Prairies |
| Getting It Straight | Stony Mountain, Manitoba | Prairies |
| Novalco Alcohol Program, Sask. Penitentiary | Saskatchewan | Prairies |
| ADD-CAN Drug Abuser Program | Saskatchewan | Prairies |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| AA/NA, Westmorland Institution | Dorchester, N.S. | Prairies |
| Chemical Dependency Awareness | Drumheller, Alberta | Prairies |
| AA, Edmonton Institution | Edmonton, Alberta | Prairies |
| NA, Edmonton Institution | Edmonton, Alberta | Prairies |
| Lifestyle Assessment, Dorchester | Dorchester, N.S. | Prairies |
| PACADA, Addiction Education Program | Prince Albert, Sask. | Prairies |
| Getting It Straight | RPC, Prairies | Prairies |
| Alc/Sub Abuse Counselling for Natives | Bowden Institution | Prairies |
| Arrows to Freedom | Drumheller, Alberta | Prairies |
| AA, (Campus AA Group) | Drumheller, Alberta | Prairies |
| NA, (NA Freedom Group) | Drumheller; Alberta | Prairies |
| Familyships Program | RPC, Prairies | Prairies |
| Alcan & Novelco 12 Step Program | RPC, Prairies | Prairies |
| Individual Counselling | RPC, Prairies | Prairies |
| Retourné sans réponse, Salvation Army, TO | Toronto, Ontario | Ontario |
| Mann House Corp. | Charlottetown P.E.I. | Atlantic |
| Sand River, CCC | Parrsboro, N.B. | Atlantic |
| Sobriety House | Ottawa, Ontario | Ontario |
| Programme d'information, Archambault | Montréal, Québec | Québec |
| AA Partage Archambault | Montréal, Québec | Québec |
| Atlantic Substance Abuse Program, Springhill | Springhill, N.S. | Atlantic |
| NA, Springhill Institution | Springhill, N.S. | Atlantic |
| AA, Springhill Institution | Springhill, N.S. | Atlantic |
| Life Styles Projects (Computers) | Springhill, N.S. | Atlantic |
| Queen's Co. Addiction Services | Charlottetown, P.E.I. | Atlantic |
| Skill Development Program | Rockwood Institution, Prairies | Prairies |
| Getting It Straight | Rockwood Institution, Prairies | Prairies |
| Chemical Dependency Awareness | Rockwood Institution, Prairies | Prairies |
| Substance Abuse Program, Atlantic Institution | Renous, N.B. | Atlantic |
| AA, Atlantic Institution | Renous, N.B. | Atlantic |
| NA, Atlantic Institution | Renous, N.B. | Atlantic |
| Clean & Sober | inconnu | inconnu |
| Alcare Place | Halifax, N.S. | Atlantic |
| Établissement carcéral: AA | Québec | Québec |
| Sub Abuse Program, Westmorland Institution | Dorchester, N.B. | Atlantic |
| Christian Education Program, Chapel | Springhill Institution | Atlantic |
| Camillus Centre, St. Joseph's General Hospital | Elliot Lake, Ontario | Ontario |
| Talbot House | North Sydney, N.S. | Atlantic |
| Substance Abuse Relapse Prevention Program | Kentville, N.S. | Atlantic |
| Alternatives de la Toxicomanie, Étab. Drummond | Frontenac | Québec |
| Groupe l'Éclaircie, Établissement Drummond | Drummondville, Québec | Québec |
| AA, Établissement Drummond | Drummondville, Québec | Québec |
| Royal Ottawa Hospital Addiction Services | Ottawa, Ontario | Ontario |
| AA, français et anglais, E.M.S.F. | Québec | Québec |
| Toxicomanie, Établissement Montée St-François | Québec | Québec |
| St-Leonard Society | Brantford, Ontario | Ontario |
| W.L. Judson, Beaver Creek Institution | Gravenhurst, Ontario | Ontario |
| Alcohol & Drug Education/Counselling | Gravenhurst, Ontario | Ontario |
| AA Astra & Discussion Group, Warkworth | Warkworth, Ontario | Ontario |
| Drug Addiction Studies Program, Warkworth | Warkworth, Ontario | Ontario |
| Alcohol & Drug Education Program, Kingston | Kingston, Ontario | Ontario |
| NA, Établissement Leclerc | Québec | Québec |
| AA, Établissement Leclerc | Québec | Québec |
| HAPEC House | Belleville, Ontario | Ontario |
| Retourné sans réponse | Dorchester, N.B. (postmark) | Atlantic |
| Retourné sans réponse | Dorchester, N.B. (postmark) | Atlantic |
| Retourné sans réponse | Dorchester, N.B. (postmark) | Atlantic |
| Retourné sans réponse | inconnu | inconnu |
| BIIPMAD, Bowden Institution | Alberta | Prairies |
| Retourné sans réponse | Dorchester, N.B. (postmark) | Atlantic |
| Centre Correctionnel Communautaire Ogilvey | Montréal, Québec | Québec |
| Salvation Army Harbor Light | Sault Ste-Marie, Ontario | Ontario |
| C.B.I. Recovery - Brentwood | Ontario | Ontario |
| Kingston, Collins Bay Inst. | ||
| Programme de Toxico, Étab. Ste-Anne-des-Plaines | Québec | Québec |
| Enfants Adultes de Parents | Québec | Québec |
| Alcooliques, La Macaza | ||
| AA Francophones, Établissement La Macaza | Québec | Québec |
| Journée Intensive AA Francophone, La Macaza | Québec | Québec |
| Journée Intensive AA Anglophone, La Macaza | Québec | Québec |
| AA Anglophone, Établissement La Macaza | Québec | Québec |
| Cours Toxicomanie, Étab. La Macaza | Québec | Québec |
| Harbor Light Centre (Addictions Program) | St-John's, Newfoundland | Atlantic |
| Native Substance Abuse Program, Kent | British Columbia | Pacific |
| Women's Substance Abuse Program | Kingston, Ontario | Ontario |
| La Maisonée d'Oka | Oka, Québec | Québec |
| Alcohol/Substance Abuse Program | ||
| Addiction Follow-Up | Kingston Pen., Ontario | Ontario |
| Pre-Release Substance Abuse Program, | ||
| Joyceville | Kingston, Ontario | Ontario |
| JI Recovery Program, Joyceville Institute | Kingston, Ontario | Ontario |
| Bibliotherapy, Dorchester Library | Dorchester, N.B. | Atlantic |
| NA, Dorchester Penitentiary | Dorchester, N.B. | Atlantic |
| Native Drug & Alcohol Workshop, Dorchester | Dorchester, N.B. | Atlantic |
| AA, Dorchester Penitentiary | Dorchester, N.B. | Atlantic |
| Centre de Traitement Toxicomanie, | ||
| Pavillon E. Grégoire | Québec | Québec |
| Salvation Army Yukon Adult Resource Centre | Whitehorse, Yukon | Pacific |
| Programme Portage, Lac Echo Prévost | RCSCC Laurentides, Québec | Québec |
| Substance Abuse Pre-Release Program, Warkworth | Gravenhurst, Ontario | Ontario |
| Établissement Résidentielle Communautaire | ||
| l'Étape | Sherbrooke, Québec | Québec |
| Programme Virage, Unité "L" | Québec | Québec |
| St-Leonard's Substance Abuse Treatment Centre | Hamilton, Ontario | Ontario |
| Atlantic Substance Abuse Program | St-John, N.B. | Atlantic |
| Pro-Soft Substance Abuse Program | Surrey, British Columbia | Pacific |
| Pro-Soft Training Institute Substance | ||
| Abuse Program | Province not specified | Pacific |
| Alcohol & Drug Program, Win. Head Inst. | Victoria, B.C. | Pacific |