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La validité du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité
1994, N°. R-34
Laurence L. Motiuk
Shelley L. Brown
Direction de la recherche et des statistiques
Service correctionnel du Canada
Novembre 1993
LISTE DES FIGURES
TABLEAU 1 Répartition des délinquants de l'échantillon
TABLEAU 2 Caractéristiques de l'échantillon
TABLEAU 3 Niveau global de risque : Mises en liberté des délinquants
TABLEAU 4 Niveau global de besoins : Mises en liberté des délinquants
TABLEAU 5 Niveaux combinés de risque et de besoins : Mises en liberté des délinquants
TABLEAU 6 Pourcentage de mises en liberté de délinquants avec des besoins identifiés
TABLEAU 7 Répartition des délinquants selon le nombre de besoins identifiés
TABLEAU 8 Niveau global de risque selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
TABLEAU 9 Niveau global de besoins selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
TABLEAU 10 Niveaux de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
TABLEAU 11 Pourcentage de délinquants chez qui on a décelé des besoins selon les catégories de mise en liberté
TABLEAU 12 Répartition des délinquants selon le nombre de besoins déterminés et les catégories de mise en liberté
TABLEAU 13 Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de risque - Hommes
TABLEAU 14 Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de besoins - Hommes
TABLEAU 15 Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de risque et de besoins - Hommes
TABLEAU 16 Suspension de la mise en liberté pour les délinquants ayant des besoins
TABLEAU 17 Suspension de la mise en liberté selon le nombre de besoins identifiés
TABLEAU 18 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - emploi
TABLEAU 19 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - relations conjugales/familiales
TABLEAU 20 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs -fréquentations/interactions sociales
TABLEAU 21 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs de la toxicomanie
TABLEAU 22 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs -fonctionnement au sein de la collectivité
TABLEAU 23 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - vie personnelle/affective
TABLEAU 24 Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - attitude
TABLEAU 25 Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de motivation des délinquants
TABLEAU 26 Suspension de la mise en liberté pour les délinquants qui ont des conditions spéciales
TABLEAU 27 Niveau global de risque des délinquantes
TABLEAU 28 Niveau global de besoins des délinquantes
TABLEAU 29 Niveaux combinés de risque et de besoins des délinquantes
TABLEAU 30 Pourcentage de délinquantes chez qui on a identifié des besoins
TABLEAU 31 Répartition des délinquantes selon le nombre de besoins déterminés
TABLEAU 32 Niveau global de risque selon les catégories de mise en liberté
TABLEAU 33 Niveau global de besoins selon les catégories de mise en liberté
TABLEAU 34 Niveaux combinés de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté
TABLEAU 35 Pourcentage de délinquantes ayant des besoins selon les catégories de mise en liberté
TABLEAU 36 Répartition des délinquantes selon le nombre de besoins et les catégories de mise en liberté
TABLEAU 37 Indicateurs - emploi (délinquantes)
TABLEAU 38 Indicateurs - relations conjugales/familiales des délinquantes
TABLEAU 39 Indicateurs - fréquentations/interactions sociales des délinquantes
TABLEAU 40 Indicateurs -Toxicomanie (délinquantes)
TABLEAU 41 Indicateurs - fonctionnement au sein de la collectivité (délinquantes)
TABLEAU 42 Indicateurs - vie personnelle/affective (délinquantes)
TABLEAU 43 Indicateurs - attitude (délinquantes)
TABLEAU 44 Niveau de motivation des délinquantes
TABLEAU 45 Conditions spéciales imposées aux délinquantes
Nous désirons exprimer notre gratitude au Groupe de travail sur la stratégie correctionnelle de la région de l'Ontario pour sa collaboration à ce projet. À cet égard, nous sommes reconnaissants à Bob Brown, Pat Castillo, Eric Duggan, Bruce Jefferson, Gareth Hughes, Lynn Stewart, Craig Townson et Gertie Witte de leur participation empressée et de leur aide constante.
Nous aimerions remercier particulièrement Ray Belcourt, Roger Boe et Sue Seguin, de l'Administration centrale, pour nous avoir aidés à extraire des données du système informatisé d'information sur les détenus du SCC.
Par-dessus tout, nous sommes redevables aux bureaux de libération conditionnelle et aux organismes privés dont le personnel et les surveillants ont participé à l'élaboration de la stratégie correctionnelle.
L'utilisation d'une démarche méthodique pour évaluer les besoins des délinquants, le risque de récidive et tout autre facteur pouvant avoir une incidence sur la réintégration dans la collectivité constitue un élément essentiel des normes régissant la surveillance des détenus mis en liberté sous condition élaborées par le Service correctionnel du Canada (SCC) et la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC). Plus récemment, on a intégré dans une stratégie correctionnelle globale la nécessité d'offrir dans la collectivité des programmes et des services pouvant répondre efficacement aux besoins des délinquants. Dans ce document, nous examinons la validité d'une méthode améliorée de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité.
Dans la région de l'Ontario, on a adapté et mis à l'essai, dans la collectivité, le volet «détermination et analyse des besoins» du processus d'évaluation initiale des délinquants. Le protocole de détermination et d'analyse des besoins des délinquants avait ramené les 12 catégories de besoins de l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité à 7 catégories (emploi, relations conjugales/familiales, fréquentations/ interactions sociales, toxicomanie, fonctionnement au sein de la collectivité, vie personnelle/affective, attitude); le groupe de l'Ontario a conservé les cotes globales attribuées selon les niveaux de risque (faible, élevé) et de besoins (faible, moyen, élevé), en plus des cotes correspondant aux différents domaines cibles. En outre, il a amélioré le processus afin de recueillir les renseignements suivants : situation professionnelle (par ex. emploi à temps plein, à temps partiel), interventions nécessaires, niveau de motivation des délinquants face aux interventions recommandées, conditions spéciales pouvant être imposées par la CNLC qui facilitent les interventions jugées nécessaires.
Un échantillon composé de 604 adultes (573 hommes et 31 femmes) purgeant une peine fédérale dans des établissements de la région de l'Ontario et ayant été mis en liberté sous condition au cours d'une période de six mois a été constitué pour l'étude. Le processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité a été appliqué par des agents de gestion des cas (surveillants de liberté conditionnelle) dans 22 bureaux de libération conditionnelle du SCC (y compris un centre correctionnel communautaire) et 7 bureaux d'organismes privés. Comme on s'y attendait, la plus grande proportion des mises en liberté avaient été accordées dans le district du Centre (55%), suivi du district de l'Est et du Nord (26%) et du district de l'Ouest (19%). La majorité des délinquants étaient sous la surveillance directe du SCC, mais environ 16% étaient surveillés par un organisme privé.
L'examen de certaines caractéristiques de l'échantillon révèle que la majorité des délinquants avaient plus de 25 ans, purgeaient une peine de moins de quatre ans et avaient été admis pour des infractions majeures (infractions associées aux peines les plus longues) telles que vols qualifiés (36,5%), crimes contre les biens (36,5%) et infractions relatives aux drogues (26,9%). Les délinquants étaient répartis assez également entre les trois catégories de mise en liberté : semi-liberté (35,5%), libération conditionnelle totale (31,7%) et libération d'office (32,8%).
Les résultats de l'essai pilote du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants permettent de confirmer des constatations qui avaient déjà été faites à propos de la valeur opérationnelle de l'évaluation et de la réévaluation méthodiques du risque et des besoins que présentent les délinquants. Les agents de gestion des cas ont réussi à classifier facilement les délinquants des deux sexes selon la nature et le niveau du risque et des besoins. Les proportions de délinquants présentant un risque faible ou un risque élevé sont sensiblement les mêmes chez les hommes (53% et 47% respectivement) et les femmes (50% et 40% respectivement), ainsi que les proportions de délinquants présentant un niveau de besoins faible, moyen ou élevé (28%, 45% et 27% respectivement chez les hommes, et 17%, 53% et 30% respectivement chez les femmes).
Quant à la nature des besoins, toutefois, on constate certaines différences entre les hommes et les femmes. Pour les hommes, on a décelé plus de besoins que pour les femmes dans les catégories fréquentations/interactions sociales, toxicomanie, et attitude. Les femmes, quant à elles, ont plus de besoins que les hommes dans les catégories emploi, relations conjugales/familiales et fonctionnement au sein de la collectivité. Un pourcentage semblable d'hommes et de femmes ont des besoins dans la catégorie vie personnelle/affective. Pour ce qui est du nombre de besoins déterminés, une plus grande proportion de femmes que d'hommes avaient des besoins multiples (deux catégories ou plus) lors de la mise en liberté (71% et 65% respectivement).
Comme on s'y attendait, la plus grande proportion de délinquants présentant un risque élevé et un niveau élevé de besoins se retrouvent dans le groupe en libération d'office, alors que la plus petite proportion des délinquants présentant ce niveau de risque et de besoins sont des délinquants en libération conditionnelle totale. En fait, près de la moitié des délinquants en libération conditionnelle totale présentent un faible risque et un faible niveau de besoins. Il est intéressant de constater que les proportions de délinquants présentant un risque élevé et un niveau élevé de besoins ou un faible risque et un faible niveau de besoins sont à peu près équivalentes chez les hommes et les femmes en semi-liberté. Ces répartitions correspondent au profil de niveau de risque et de besoins obtenu pour l'ensemble du pays à l'aide de l'échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité.
Bien que les raisons justifiant la suspension d'une mise en liberté soient variées, l'émission d'un mandat de suspension est le plus souvent associée à des indicateurs de récidive. Les raisons des suspensions n'ont pas été examinées dans cette étude. Des recherches ont déjà montré que les deux principales raisons qui justifient une suspension sont les accusations criminelles et la violation des conditions de la mise en liberté. Un suivi de six mois a révélé que 116 délinquants (21%) et 4 délinquantes (13%) ont vu leur mise en liberté suspendue. Étant donné le faible nombre de suspensions chez les femmes, nous présentons les estimations de validité prédictive pour les délinquants de sexe masculin uniquement.
Si l'on combine l'évaluation du risque et la cote globale attribuée aux besoins, on constate que 36,7% des hommes présentant un risque élevé et un niveau élevé de besoins ont vu leur mise en liberté suspendue dans les six mois suivant l'évaluation initiale du risque et des besoins, par rapport à 9% des délinquants présentant un faible risque et un faible niveau de besoins. Bien que le taux de suspension de 36,7% pour les délinquants présentant un risque élevé et un niveau élevé de besoins soit considérablement supérieur au taux de suspension global de 21% enregistré chez les hommes, le taux de 9% observé chez les délinquants présentant un faible risque et un faible niveau de besoins est considérablement inférieur à ce taux global. Cette conclusion correspond aux résultats d'autres travaux de validation effectués sur l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité et sur d'autres outils d'évaluation des besoins. En outre, elle apporte un appui empirique à l'utilisation d'un processus objectif d'évaluation du risque et des besoins dans le but d'établir des lignes de conduite ou des normes régissant les divers niveaux de surveillance des délinquants mis en liberté sous condition.
Les sept catégories de besoins, ou domaines cibles, sont liées de façon significative aux probabilités qu'un mandat de suspension soit émis pour les hommes dans les six mois suivant la mise en liberté. Comme on s'y attendait, moins les hommes ont de besoins dans la collectivité, moins ils ont de chances de voir leur mise en liberté suspendue. Les indicateurs les plus déterminants de la suspension chez les hommes sont le faible niveau de scolarité, l'insatisfaction face au travail ou au domaine de compétence, l'instabilité dans la vie professionnelle, les problèmes conjugaux, le caractère dysfonctionnel de la famille, les fréquentations criminelles, le changement fréquent de domicile, la mauvaise gestion financière, les aptitudes cognitives déficientes et les attitudes antisociales. Les facteurs qui ne sont pas liés à la suspension de la mise en liberté sont les difficultés d'apprentissage, les déficiences physiques, la violence physique ou l'exploitation sexuelle subie dans l'enfance, l'isolement social, l'affirmation de soi, la santé, la présentation personnelle, les troubles sexuels et les déficiences mentales.
Des recherches antérieures avaient démontré que plusieurs catégories de besoins ne sont pas liées à l'issue de la mise en liberté (p. ex. les aptitudes mentales, la santé). Par conséquent, il semble bien qu'il soit justifié de réduire le nombre de catégories de besoins du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants et de le ramener à sept pour des fins d'efficacité et de clarté.
Pour ce qui est de la motivation des délinquants à l'égard des interventions recommandées, les agents de gestion des cas lui ont attribué la cote faible (refuse de collaborer), moyenne (disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) ou élevée (motivation personnelle). Il est intéressant de noter qu'il existe une relation statistiquement significative entre le niveau de motivation et l'issue de la mise en liberté pour chacune des catégories suivantes de besoins : relations conjugales/familiales, fréquentations/interactions sociales, fonctionnement au sein de la collectivité, vie personnelle/affective, attitude. Comme on s'y attendait, plus le niveau de motivation est faible, plus grandes sont les probabilités qu'un mandat de suspension soit émis. Bien que les résultats n'aient pas été statistiquement significatifs pour ce qui est du lien entre l'issue de la mise en liberté et les catégories de l'emploi et de la toxicomanie, on a quand même observé le même genre de relation. Il semblerait donc que les résultats de l'essai pilote du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants apportent de forts arguments en faveur de l'utilité d'évaluer le niveau de motivation des délinquants.
Nous avons aussi examiné les conditions spéciales que peut imposer la CNLC et qui facilitent les interventions jugées nécessaires. Nous avons constaté que pour 71,7% des délinquants mis en liberté, on avait imposé une condition spéciale par rapport à la toxicomanie (par ex. abstention) et pour 50%, une condition liée à la vie personnelle/affective (par ex. counseling). Toutefois, parmi les sept catégories de besoins auxquelles se rattachent des conditions spéciales, c'est seulement pour les besoins liés à la vie personnelle/affective que l'on constate une relation significative entre la condition et l'issue de la mise en liberté.
Après avoir mis à l'essai le processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité selon la méthode traditionnelle papier-crayon, on s'aperçoit que cette importante masse d'information se prête bien à une informatisation complète et à une mise à l'essai comme système d'évaluation des délinquants sur ordinateur personnel. En outre, l'informatisation de ce processus d'évaluation permettrait de produire des rapports normalisés d'évaluation du risque et des besoins, des plans correctionnels et des rapports récapitulatifs sur l'évolution du cas, ainsi que des bases de données d'information de gestion. À cet égard, nous pourrions considérer l'évaluation des besoins des délinquants comme une fonction améliorée de gestion des cas plutôt que comme un exercice effectué dans le cadre de la stratégie correctionnelle.
À la section cinq des Normes régissant la surveillance des délinquants mis en liberté sous condition (SCC, 1989), il est stipulé que le personnel de gestion des cas du Service correctionnel du Canada (SCC) doit avoir recours à une démarche méthodique pour évaluer les besoins des délinquants, les probabilités de récidive et tout autre facteur pouvant avoir une incidence sur leur réintégration dans la collectivité. Afin de respecter cette exigence, on a conçu et mis en application une «Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité» qui permet, à partir des renseignements propres à chaque cas sur les «antécédents criminels» et sur un ensemble crucial de facteurs liés aux «besoins», de classifier les délinquants sous responsabilité fédérale mis en liberté sous condition (Motiuk, 1989; Motiuk et Porporino, 1989b).
Bien que l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité ait été conçue dans le but d'utiliser à meilleur escient les ressources de surveillance (c.-à-d. la fréquence des contacts) et de surveiller les changements dans le comportement, les attitudes et les conditions de vie du délinquant pendant la période de surveillance, on s'était néanmoins fondé sur une approche stratégique de gestion des cas qui utilise un outil appelé Analyse des besoins en fonction des forces et faiblesses. Cet outil, élaboré dans le Midwest américain pour les jeunes probationnaires (Lerner, Arling et Baird, 1986), avait été adopté pour évaluer les besoins individuels des délinquants adultes sous responsabilité fédérale. Cependant, en plus de l'analyse des besoins en fonction des forces et faiblesses, le SCC devait être en mesure de rendre objectifs et méthodiques les jugements posés par les agents de gestion des cas (agents de liberté conditionnelle) sur les besoins des délinquants, non seulement en fonction du contexte (collectivité ou établissement), mais aussi en fonction du temps et des situations. L'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité permettait ainsi de mettre en pratique un procédé selon lequel les agents de gestion des cas pourraient classifier les besoins des délinquants dans l'une des trois catégories suivantes : faible, moyen, élevé (Motiuk et Porporino, 1989b).
Des recherches sur la valeur prédictive de l'évaluation du risque et des besoins des délinquants avaient déjà révélé quelques points : 1) les facteurs liés aux antécédents criminels sont fortement associés à l'issue de la mise en liberté sous condition (Nuffield, 1982), 2) il existe un lien constant entre la nature et le nombre de besoins que présentent les délinquants et les probabilités de récidive (Motiuk et Porporino, 1989a), et, constatation encore plus importante, 3) l'évaluation combinée du risque (par ex. antécédents criminels) et des besoins (par ex. emploi, toxicomanie) améliore considérablement notre capacité de classifier les délinquants selon les probabilités de récidive (Andrews, 1982; Bonta et Motiuk, 1990, 1992; Motiuk et Porporino, 1989a).
Lorsqu'on a mis à l'essai l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité, on a constaté que les agents de gestion des cas dans la collectivité (agents de liberté conditionnelle) pouvaient facilement classifier les délinquants sous responsabilité fédérale selon la nature et le niveau du risque et des besoins qu'ils présentaient, et que le classement effectué était invariablement lié à l'issue de la mise en liberté sous condition (Motiuk et Brunet, 1991). Motiuk et Porporino (1989b) ont également constaté que si l'on combinait simplement les évaluations du «risque» faites par les agents de gestion des cas d'après les antécédents criminels et les cotes globales attribuées aux «besoins», on obtenait un classement tel que le taux de suspension de la mise en liberté dans les six mois suivant l'évaluation initiale était de 47,5% chez les délinquants de la catégorie «risque élevé/besoins élevés». Par ailleurs, beaucoup moins de délinquants présentant un faible risque et un faible niveau de besoins avaient vu leur mise en liberté suspendue (5,1%). Il est particulièrement intéressant de noter que cette catégorie regroupait le plus grand nombre de délinquants de l'échantillon (35%). Par conséquent, la réduction de la fréquence des contacts de surveillance pour ce groupe a eu des répercussions considérables sur la réaffectation et la réorientation des ressources dans la collectivité.
Comme il existe invariablement un lien entre la nature et le nombre des besoins des délinquants d'une part et les probabilités de récidive d'autre part, il n'est pas étonnant de constater que la nécessité de répondre aux besoins des délinquants est un élément clé de la stratégie correctionnelle du SCC. Plus précisément, les besoins des délinquants devraient guider l'exécution des programmes et la prestation des services et constituer l'élément essentiel vers lequel tous les efforts doivent être concentrés pour que la réintégration des délinquants dans la collectivité soit réussie.
En août 1991, dans le cadre de l'élaboration de la stratégie correctionnelle du SCC, on a avancé que les besoins des délinquants devraient guider l'exécution des programmes et la prestation des services, ces programmes et services devant eux-mêmes être axés sur la réussite de la réintégration des délinquants dans la collectivité. À ce moment-là, on utilisait l'Analyse des besoins en fonction des forces et faiblesses pour évaluer les besoins des délinquants qui étaient admis dans le système correctionnel fédéral. Toutefois, après un examen plus minutieux, on a jugé que cette méthode présentait des limites dans la mesure où les besoins des délinquants lors de leur admission étaient classés par ordre de priorité puis déterminés en fonction de deux critères : l'évolution des besoins et les programmes offerts. En outre, un groupe de travail regroupant les trois districts de la région de l'Ontario a conclu que l'Analyse des besoins en fonction des forces et faiblesses, dans sa forme et son application, était un outil qui ne convenait pas aux objectifs de la stratégie correctionnelle (c.-à-d. établir le profil des besoins des délinquants) et aux services correctionnels communautaires.
Par conséquent, en collaboration avec la Direction de la recherche et des statistiques de l'Administration centrale, un groupe de travail de la région de l'Ontario a retenu et adapté le volet «détermination et analyse des besoins» du projet d'évaluation initiale des délinquants qui était en cours depuis décembre 1990. Le protocole de détermination et d'analyse des besoins des délinquants avait ramené les 12 catégories de l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité à sept domaines cibles (Motiuk et Pisapio, 1991) : emploi, relations conjugales/familiales, fréquentations/ interactions sociales, toxicomanie, fonctionnement au sein de la collectivité, vie personnelle/affective, attitude.
Le processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants, qui repose sur quelque 200 indicateurs et fait actuellement l'objet d'un essai, a été conçu principalement pour l'évaluation des besoins des délinquants lors de leur admission dans un établissement fédéral. Le groupe de travail s'est servi du cadre conceptuel de ce processus, mais il a simplifié l'évaluation des besoins en éliminant les indicateurs qui permettaient de recueillir des renseignements jugés sans relation avec les interventions. Fait plus important encore, on a conservé les cotes globales correspondant aux niveaux de risque et de besoins aussi bien que celles attribuées pour les différentes catégories de besoins. On estimait que ce cadre d'évaluation du risque et des besoins lors de la mise en liberté sous condition correspondrait ainsi davantage à l'évaluation du risque et des besoins effectuée lors de l'admission dans un établissement fédéral. Ultérieurement, on a reçu l'autorisation de mettre cette méthode à l'essai dans tous les bureaux de libération conditionnelle et les organismes du secteur privé de la région de l'Ontario. Détermination et analyse des besoins des délinquants dans la collectivité
Comme nous l'avons mentionné, l'élaboration du nouvel outil a été fondée sur le processus de détermination et d'analyse des besoins utilisé lors de l'admission des délinquants dans le système correctionnel fédéral. L'objectif était de tirer profit de la vaste consultation du personnel de gestion des cas et d'exécution des programmes qui avait déjà eu lieu. Les sept catégories de besoins (c.-à-d. les domaines cibles) retenues pour la détermination et l'analyse des besoins sont semblables à celles qui sont utilisées dans les outils d'évaluation des besoins des délinquants à d'autres endroits. On retrouve donc sept catégories de besoins qui sont subdivisées en divers indicateurs (annexe A).
Catégories de besoinsDe plus, on a amélioré le processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité afin d'obtenir les renseignements suivants : situation professionnelle (emploi à temps plein, à temps partiel, etc.), interventions nécessaires, niveau de motivation des délinquants face aux interventions recommandées (faible : refus de collaborer; moyen : disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige; élevé : motivation personnelle), conditions spéciales pouvant être imposées par la CLNC et qui facilitent les interventions jugées nécessaires.
Un échantillon composé de 604 adultes (573 hommes et 31 femmes) purgeant une peine fédérale dans des établissements de la région de l'Ontario et ayant été mis en liberté sous condition au cours d'une période de six mois a été constitué pour l'étude. Ces délinquants appartenaient aux trois districts de la région de l'Ontario : Centre (n=332), Ouest (n=114) et Est/Nord (n=158).
Vingt-deux des endroits ayant participé à l'étude étaient des bureaux de libération conditionnelle du SCC (y compris un centre correctionnel communautaire) et sept étaient des bureaux d'organismes privés (Elizabeth Fry, John Howard, Armée du salut). Au tableau 1, on présente la répartition des délinquants de l'échantillon selon les districts, les bureaux ou organismes, et le sexe. Comme on s'y attendait, la plus grande proportion des mises en liberté ont été accordées dans le district du Centre (55%), suivi du district de l'Est et du Nord (26%) et du district de l'Ouest (19%). La majorité des délinquants sont sous la surveillance directe du Service correctionnel du Canada, mais environ 16% sont surveillés par un organisme privé.
Répartition des délinquants de l'échantillon
DISTRICT
|
BUREAU/ORGANISME
|
HOMMES
|
FEMMES
|
CENTRE |
Barrie | 14
|
0
|
| Hamilton | 44
|
2
|
|
| Hamilton Elizabeth Fry Society |
0
|
1
|
|
| Hamilton John Howard Society | 8
|
0
|
|
| Keele C.C.C. | 44
|
0
|
|
| Peel | 24
|
2
|
|
| Muskoka | 2
|
0
|
|
| Toronto Downtown | 16
|
1
|
|
| Toronto Est | 39
|
0
|
|
| Toronto Ouest | 16
|
1
|
|
| Toronto - bureau de supervision d'équipe |
20
|
0
|
|
| Toronto Elizabeth Fry Society | 0
|
12
|
|
| Toronto Salvation Army | 53
|
0
|
|
| York/Durham | 33
|
0
|
|
| Sous-total | 313
|
19
|
|
OUEST
|
Brantford | 8
|
1
|
| Guelph | 21
|
0
|
|
| London | 20
|
0
|
|
| London John Howard Society |
0
|
0
|
|
| London Salvation Army | 7
|
0
|
|
| St. Catharines | 30
|
0
|
|
| St. Catharines Salvation Army |
10
|
1
|
|
| Windsor | 13
|
0
|
|
| Windsor John Howard Society | 3
|
0
|
|
| Sous-total | 112
|
2
|
|
EST/NORD
|
Bureau de surveillance de Kingston | 45
|
8
|
| Ottawa | 46
|
2
|
|
| Peterborough | 35
|
0
|
|
| Portsmouth | 6
|
0
|
|
| Sault Ste. Marie | 0
|
0
|
|
| Sudbury | 16
|
0
|
|
| Timmins | 0
|
0
|
|
| Sous-total | 148
|
10
|
|
| Total | 573
|
31
|
|
Au tableau 2, on présente une répartition de l'échantillon selon certaines caractéristiques. Notons que la majorité des délinquants mis en liberté ont plus de 25 ans (87,5%) et purgent une peine de moins de quatre ans (71,5%). En outre, la majorité d'entre eux ont commis des infractions majeures telles que vols qualifiés (35,5%), crimes contre les biens (36,5%) et infractions en matière de drogues (26,9%). Fait intéressant, la répartition des délinquants est à peu près semblable dans les trois catégories de mise en liberté : semi-liberté (35,5%), libération conditionnelle totale (31,7%) et libération d'office (32,8%).
Caractéristiques de l'échantillon
CARACTÉRISTIQUE
|
POURCENTAGE
DE DÉLINQUANTS |
| Âge : | |
| < 19 ans 20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 39 ans 40 à 49 ans 50 ans et + |
0,2 12,3 25,9 38,3 16,1 0,2 |
| Durée de la peine : | |
| < 4 ans 4 à 10 ans plus de 10 ans perpétuite |
71,5 18,8 5,1 4,6 |
| Infraction principale : | |
| Homicide Homicide involontaire Tentative de meurtre Infraction sexuelle Vol qualifié Infraction en matière de drogues Crime contre les biens |
3,8 5,0 0,6 7,8 36,5 26,9 36,5 |
PARTIE 2. MISES EN LIBERTÉ (HOMMES)
Afin de déterminer les caractéristiques personnelles des délinquants et autres facteurs qui permettent de prévoir l'issue de la mise en liberté sous condition, nous avons examiné la valeur prédictive d'une série d'éléments évalués au moment de la mise en liberté relativement à sa suspension dans un délai de six mois. Pour les délinquants, nous présentons une série d'analyses descriptives de khi-carré et de corrélation à propos des éléments suivants : niveaux de risque (antécédents criminels), de besoins (emploi, toxicomanie), niveaux de risque et de besoins, besoins déterminés, nombre de besoins, indicateurs dans chacune des catégories, niveau de motivation et conditions spéciales imposées par la CNLC.
Niveau de risque
Pour déterminer le risque, les agents de gestion des cas se fondent sur l'évaluation du risque effectuée par la CNLC (risque faible ou élevé), sur l'Échelle d'information statistique sur la récidive (ISR), ou ils s'en remettent à leur propre jugement après un examen approfondi du dossier du délinquant. Au tableau 3, on présente la répartition des délinquants selon leur niveau de risque. Notons que 53% d'entre eux présentent un risque faible et 48% un risque élevé. La répartition presque égale dans les deux catégories illustre bien le type de limitations pratiques que présentent les méthodes traditionnelles d'évaluation du risque dans la prise de décisions. Si on se fie aux antécédents (p. ex. le casier judiciaire), on obtient comme résultat une mesure essentiellement fixe et immue. Par conséquent, cette mesure perd une grande partie de sa valeur prédictive avec le temps et elle est incapable de traduire le changement qui peut s'opérer chez le délinquant à la suite des diverses interventions effectuées au cours de la mise en liberté.
Niveau global de risque : Mises en liberté des délinquants
NIVEAU DE RISQUE
|
POURCENTAGE
DE DÉLINQUANTS |
FAIBLE (n = 294)
|
53,2
|
ÉLEVÉ (n = 259)
|
46,8
|
Niveau de besoins
Après avoir considéré la nature et le niveau des besoins d'un délinquant, l'agent de gestion des cas se sert tout simplement de son jugement professionnel pour classer le niveau de besoins dans l'une des trois catégories : faible, moyen ou élevé. Le tableau 4 indique la répartition des délinquants selon l'évaluation globale de leurs besoins. On constate que la majorité d'entre eux (44%) ont été classés par les agents de gestion des cas dans la catégorie «moyen». Dans les catégories «faible» et «élevé», les taux sont équivalents (28 et 27% respectivement).
Niveau global de besoins : Mises en liberté des délinquants
NIVEAU DE BESOINS
|
POURCENTAGE DE DÉLINQUANTS
|
FAIBLE (n = 155)
|
28,0
|
MOYEN (n = 248)
|
44,8
|
ÉLEVÉ (n = 151)
|
27,3
|
Niveaux combinés de risque et de besoins
Au tableau 5, on présente la répartition des délinquants selon les niveaux combinés de risque et de besoins. Il convient de noter que le pourcentage de délinquants classés dans les catégories «faible risque, faible niveau de besoins», «faible risque, niveau moyen de besoins» et «risque élevé, niveau élevé de besoins» est à peu près semblable (24,5, 26,6 et 25,2% respectivement) et représentent la majorité des cas.
Niveaux combinés de risque et de besoins : Mises en liberté des délinquants
RISQUES\BESOINS
|
FAIBLE
|
MOYEN
|
ÉLEVÉ
|
FAIBLE
|
24,5% (135)
|
26,6% (147)
|
2,2% (12)
|
ÉLEVÉ
|
3,4% (19)
|
18,1% (100)
|
25,2% (139)
|
Besoins identifiés
En évaluant divers éléments dans chaque catégorie de besoins, les agents de gestion des cas déterminent les domaines (par ex. emploi, etc.) dans lesquels il existe soit un «besoin modéré d'amélioration», soit un «besoin considérable d'amélioration». Prises dans leur ensemble, les évaluations des divers éléments indiquent si on a décelé ou non un besoin particulier. D'après le tableau 6, on constate que les délinquants ont des besoins dans les sept catégories examinées dans le cadre du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants. Les catégories prédominantes sont la toxicomanie (53%), l'emploi (47%), la vie personnelle/affective (45%) et les relations conjugales/familiales (44%).
Pourcentage de mises en liberté de délinquants avec des besoins identifiés
CATÉGORIE DE BESOINS
|
NOMBRE DE
DÉLINQUANTS |
%
|
| Emploi | 272
|
47,5
|
| Relations conjugales/familiales | 249
|
43,5
|
| Fréquentations/interactions sociales | 239
|
41,7
|
| Toxicomanie | 304
|
53,1
|
| Fonctionnement au sein de la collectivité | 165
|
28,8
|
| Vie personnelle/affective | 257
|
44,9
|
| Attitude | 133
|
23,6
|
Nombre de besoins identifiés
En additionnant les besoins identifiés pour chaque délinquant, nous avons établi une cote globale de besoins qui peut s'échelonner de 0 à 7. Au tableau 7, on présente la répartition des délinquants selon les cotes globales de besoins. Comme on le voit, environ 65% les délinquants de l'échantillon ont des besoins multiples (c.-à-d. dans plus d'une catégorie). Fait intéressant, dans 16% des cas, aucun besoin n'a été décelé et dans 18%, un seul besoin a été décelé.
Répartition des délinquants selon le nombre de besoins identifiés
NOMBRE DE
BESOINS |
NOMBRE DE
DÉLINQUANTS |
%
|
NOMBRE
CUMULATIF DE DÉLINQUANTS |
%
CUMULATIF |
Aucun
|
93
|
16,2
|
93
|
16,2
|
Un
|
103
|
18,0
|
196
|
34,2
|
Deux
|
90
|
15,7
|
286
|
49,9
|
Trois
|
74
|
12,9
|
360
|
62,8
|
Quatre
|
71
|
12,4
|
431
|
75,2
|
Cinq
|
55
|
9,6
|
486
|
84,8
|
Six
|
54
|
9,4
|
540
|
94,2
|
Sept
|
33
|
5,8
|
573
|
100,0
|
Niveau de risque
Au tableau 8, on montre la répartition des niveaux de risque que présentent les délinquants de l'échantillon, selon les catégories de mise en liberté. Comme on pouvait s'y attendre, la plus forte proportion des délinquants présentant un faible risque (84,6%) sont en libération conditionnelle totale, tandis que la plus forte proportion des délinquants présentant un risque élevé (72,5%) sont en libération d'office. Fait intéressant, la proportion des délinquants présentant un faible risque et la proportion des délinquants présentant un risque élevé sont presque équivalentes chez les délinquants en semi-liberté.
Niveau global de risque selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
CATÉGORIE DE
MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAU DE RISQUE
|
Semi-liberté
(n = 202) |
Libération
conditionnelle
totale (n = 162) |
Libération d’office
(n = 189) |
FAIBLE (n = 294)
|
52,0
|
84,6
|
27,5
|
ÉLEVÉ (n = 259)
|
48,0
|
15,4
|
72,5
|
Niveau de besoins
Au tableau 9, on présente la répartition des niveaux de besoins selon les catégories de mise en liberté. Comme on peut le voir, la plus forte proportion des délinquants avec un faible niveau de besoins (51,5%) sont en libération conditionnelle totale, tandis que la plus forte proportion des délinquants ayant un niveau élevé de besoins (42,3%) sont en libération d'office. La proportion des délinquants ayant un faible niveau de besoins et ceux ayant un niveau élevé de besoins est presque équivalente chez les délinquants en semi-liberté, soit 29,7% et 28,7% respectivement; par ailleurs, le taux des délinquants ayant un niveau moyen de besoins est comparable dans les trois catégories.
Niveau global de besoins selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
CATÉGORIE DE
MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAU DE BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 202) |
Libération
conditionnelle totale (n = 163) |
Libération d’office
(n = 189) |
FAIBLE (n = 155)
|
29,7
|
51,5
|
5,8
|
MOYEN (n = 248)
|
41,6
|
40,5
|
51,9
|
ÉLEVÉ (n = 151)
|
28,7
|
8,0
|
42,3
|
Niveaux combinés de risque et de besoins
À la lumière de la répartition des niveaux combinés de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté, au tableau 10, on constate que la plus forte proportion des délinquants classés dans la catégorie «faible risque, faible niveau de besoins» (48,8%) sont en libération conditionnelle totale, tandis que la plus forte proportion des délinquants de la catégorie «risque élevé, niveau élevé de besoins» (49,2%) sont en libération d'office. Il convient aussi de noter que seulement 6,8% des délinquants en libération conditionnelle totale présentent un risque et un niveau élevés de besoins.
Niveaux de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté (Hommes)
CATÉGORIE DE
MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAUX DE RISQUE
ET DE BESOINS |
Semi-liberté
(n = 206) |
Libération
conditionnelle
totale (n = 170) |
Libération d’office
(n = 197) |
FAIBLE RISQUE/FAIBLES BESOINS
|
24,8
|
48,8
|
3,2
|
FAIBLE RISQUE/BESOINS MOYENS
|
25,3
|
34,6
|
21,3
|
FAIBLE RISQUE/BESOINS ÉLEVÉS
|
2,0
|
1,2
|
3,2
|
RISQUE ÉLEVÉ/FAIBLES BESOINS
|
5,0
|
2,5
|
2,7
|
RISQUE ÉLEVÉ/BESOINS MOYENS
|
16,3
|
6,2
|
30,3
|
RISQUE ÉLEVÉ/BESOINS ÉLEVÉS
|
26,7
|
6,8
|
39,4
|
Besoins identifiés
Au tableau 11, on présente la répartition des besoins identifiés selon les catégories de mise en liberté. Parmi les délinquants en libération d'office, les principaux besoins se retrouvent dans les catégories emploi (69%), toxicomanie (66%), vie personnelle/affective (61,4%), relations conjugales/familiales (56,4%) et fréquentations/interactions sociales (54,8%). Les besoins prédominants pour les délinquants en semi-liberté ou en libération conditionnelle totale sont liés à la toxicomanie (51% et 40,6% respectivement).
Pourcentage de délinquants chez qui on a décelé des besoins selon les catégories de mise en liberté
CATÉGORIE DE
MISE EN LIBERTÉ |
|||
BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 206) |
Libération
conditionnelle
totale (n = 170) |
Libération d’office
(n = 197) |
Emploi
|
38,8
|
32,9
|
69,0
|
Relations conjugales/ familiales
|
39,3
|
33,5
|
56,4
|
Fréquentations/interactions
sociales
|
44,2
|
23,5
|
54,8
|
Toxicomanie
|
51,0
|
40,6
|
66,0
|
Fonctionnement au sein de la
collectivité
|
22,8
|
14,7
|
47,1
|
Vie personnelle/affective
|
46,1
|
24,1
|
61,4
|
Attitude
|
17,5
|
11,8
|
39,1
|
Nombre de besoins déterminés
Au tableau 12, on présente la répartition des besoins déterminés (nombre) selon les catégories de mise en liberté. Il n'est pas étonnant de constater qu'un taux élevé de délinquants en libération d'office (81,7%) ont des besoins multiples (deux ou plus) comparativement aux délinquants en semi-liberté (64%) ou en libération conditionnelle totale (45,8%).
Répartition des délinquants selon le nombre de besoins déterminés et les catégories de mise en liberté
CATÉGORIE DE
MISE EN LIBERTÉ |
|||
BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 206) |
Libération conditionnelle
totale (n = 170) |
Libération d’office
(n = 197) |
Aucun
|
17,5
|
27,1
|
5,6
|
Un
|
18,5
|
27,1
|
9,6
|
Deux
|
18,5
|
15,9
|
12,7
|
Trois
|
12,6
|
13,5
|
12,7
|
Quatre
|
14,1
|
5,9
|
16,2
|
Cinq
|
7,8
|
6,5
|
14,2
|
Six
|
6,8
|
2,9
|
17,8
|
Sept
|
4,4
|
1,2
|
11,2
|
Nous présentons ici une série d'analyses de khi-carré et de corrélation relativement au niveau de risque (par ex. antécédents criminels), au niveau de besoins (par ex. emploi, toxicomanie), aux niveaux combinés de risque et de besoins, aux besoins déterminés, au nombre de besoins, aux indicateurs de chacune des catégories de besoins, au niveau de motivation et aux conditions spéciales imposées par la CNLC.
Niveau de risque
Nous avons examiné la valeur prédictive du niveau de risque par rapport à la suspension de la mise en liberté sous condition. Comme le montre le tableau 13, le taux de suspension chez les délinquants présentant un faible risque est sensiblement plus bas que chez les délinquants présentant un risque élevé (12% et 31,3%, respectivement). Comme on pouvait s'y attendre, on constate une différence significative entre ces taux [X2 (1, N = 523) = 31,8, p < 0,001].
Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de risque - Hommes
NIVEAU DE RISQUE
|
TAUX DE SUSPENSION (%)
|
FAIBLE
|
12,0
|
ÉLEVÉ
|
31,3
|
Niveau de besoins
De la même manière, nous avons examiné (tableau 14) la valeur prédictive du niveau de besoins par rapport à la suspension de la mise en liberté. Les délinquants ayant un faible niveau de besoins ont le taux de suspension le plus bas (11,7%), suivis par ceux ayant un niveau moyen de besoins (19%) et, loin derrière, les délinquants ayant un niveau élevé de besoins (33%). D'après l'analyse de khi-carré, les taux de suspension présentés au tableau 14 diffèrent les uns des autres de façon significative [X2 (2, N = 523) = 23,9, p < 0,001].
Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de besoins - Hommes
| NIVEAU DE BESOINS |
TAUX DE SUSPENSION (%) |
FAIBLE
|
11,7
|
MOYEN
|
19,0
|
ÉLEVÉ
|
33,8
|
Niveaux combinés de risque et de besoins
Nous avons aussi analysé la valeur prédictive des niveaux combinés de risque et de besoins par rapport à la suspension de la mise en liberté. Comme le montre le tableau 15, la proportion des délinquants qui ont fait l'objet d'une suspension est quatre fois plus élevée dans la catégorie «risque élevé, niveau élevé de besoins» que chez les délinquants de la catégorie «faible risque, faible niveau de besoins».
Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de risque et de besoins - Hommes
NIVEAUX DE RISQUE
ET DE BESOINS |
% DES
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
FAIBLE RISQUE/FAIBLES BESOINS
|
24,3
|
9,0
|
FAIBLE RISQUE/BESOINS MOYENS
|
26,7
|
15,7
|
FAIBLE RISQUE/BESOINS ÉLEVÉS
|
2,2
|
0,0
|
RISQUE ÉLEVÉ/FAIBLES BESOINS
|
3,5
|
31,6
|
RISQUE ÉLEVÉ/BESOINS MOYENS
|
18,2
|
24,0
|
RISQUE ÉLEVÉ/BESOINS ÉLEVÉS
|
25,2
|
36,7
|
Besoins identifiés
Le tableau 16 présente le pourcentage de délinquants chez qui on a déterminé des besoins et le pourcentage d'échecs (c.-à-d. les suspensions) associé à chacun des besoins. Les analyses statistiques ont révélé que les sept catégories de besoins examinées dans le cadre du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants sont toutes liées de façon significative à la suspension de la mise en liberté sous condition.
Suspension de la mise en liberté pour les délinquants ayant des besoins
CATÉGORIE DE BESOINS
|
% DE
DÉLINQUANTS AYANT DES BESOINS |
SUSPENSION
DANS UN DÉLAI DE QUATRE MOIS |
RELATIONS
STATISTIQUES SIGNIFICATIVES |
Emploi
|
47,6
|
27,9
|
***
|
Relations conjugales/familiales
|
43,5
|
25,7
|
**
|
Fréquentations/interactions
sociales
|
41,8
|
28,9
|
***
|
Toxicomanie
|
53,1
|
26,3
|
***
|
Fonctionnement au sein de la
collectivité
|
28,9
|
30,3
|
***
|
Vie personnelle/affective
|
44,9
|
26,9
|
**
|
Attitude
|
23,3
|
36,1
|
***
|
Note : **p<0,01; ***p<0,001.
Nombre de besoins identifiés
Au tableau 17, on présente la répartition des délinquants et le pourcentage de suspensions selon le nombre de besoins. Comme on peut le constater, le moins les délinquants dans la collectivité ont de besoins, le moins ils sont susceptibles de voir leur mise en liberté suspendue.
Suspension de la mise en liberté selon le nombre de besoins identifiés
| NOMBRE DE BESOINS |
% DE DÉLINQUANTS |
TAUX DE SUSPENSION(%) |
% CUMULATIF DE DÉLINQUANTS |
TAUX CUMULATIF DE SUSPENSION (%) |
| Aucun | 16,1 | 7,6 | 16,1 | 7,6 |
| Un | 18,0 | 13,6 | 34,1 | 17,8 |
| Deux | 15,7 | 10,0 | 49,8 | 25,4 |
| Trois | 12,9 | 27,0 | 62,8 | 42,4 |
| Quatre | 12,4 | 29,6 | 75,2 | 60,2 |
| Cinq | 9,6 | 23,6 | 84,8 | 71,2 |
| Six | 9,4 | 42,6 | 94,2 | 90,7 |
| Sept | 5,8 | 33,3 | 100,0 | 100,0 |
Regardons de plus près les indicateurs de chaque catégorie de besoins, le pourcentage de délinquants ayant fait l'objet d'une suspension et la relation entre les indicateurs et la suspension de la mise en liberté, pour les catégories suivantes : emploi, relations conjugales/familiales, fréquentations/interactions sociales, toxicomanie, fonctionnement au sein de la collectivité, vie personnelle/affective et attitude.
Emploi
En jetant un coup d'oeil aux indicateurs dans la catégorie de l'emploi (tableau 18), on constate que deux délinquants sur trois ont moins de 12 ans de scolarité et que près de la moitié avait de l'instabilité dans leur vie professionnelle. La moitié des indicateurs sont liés à la suspension de la mise en liberté. La corrélation la plus importante s'établit avec les indicateurs suivants : «pas de diplôme d'études secondaires» (r=0,12), «mécontent de son domaine de compétence, de son métier ou de sa profession» (r=0,14), «instabilité dans sa vie professionnelles» (r=0,19), «manque de sérieux dans les emplois occupés» (r=0,10), «difficulté à accomplir toutes ses tâches» (r=0,12).
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - emploi
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Moins de 8 ans de scolarité
|
21,7
|
20,2
|
,01
|
ns
|
Pas de diplôme d'études
secondaires |
65,8
|
24,2
|
,12
|
**
|
Difficultés d'apprentissage
|
6,9
|
29,7
|
,06
|
ns
|
Déficience physique
|
11,6
|
29,2
|
,08
|
ns
|
Mécontent de son métier, de ses
compétences ou de sa profession |
33,6
|
27,5
|
,14
|
**
|
Instabilité dans sa vie
professionnelle |
47,4
|
28,9
|
,19
|
***
|
Manque de sérieux dans les
emplois occupés |
15,5
|
28,6
|
,10
|
*
|
Difficulté à accomplir toutes ses
tâches |
6,9
|
35,5
|
,12
|
*
|
Problèmes dans ses relations
interpersonnelles au travail |
9,3
|
29,3
|
,09
|
ns
|
Note: *p<0,05; **p<0,01; ***p<0,001; ns = non significatif.
Relations conjugales/familiales
Au tableau 19, on présente les indicateurs de cette catégorie. Notons qu'un pourcentage important de délinquants ont connu des problèmes dans leur union de fait ou leur mariage, que le tiers ont vécu au sein d'une famille dysfonctionnelle et que le quart ont été victimes de violence physique ou d'exploitation sexuelle au cours de leur enfance. Fait intéressant, seulement trois indicateurs sur sept ont une valeur prédictive par rapport à la suspension : «problèmes dans l'union de fait ou le mariage» (r=0,12), «auteur de violence conjugales» (r= 0,13) et «famille dysfonctionnelle» (r=0,12).
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - emploi
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Mauvais traitements ou exploitation
sexuelle au cours de son enfance |
26,8
|
26,1
|
,07
|
ns
|
Problèmes dans l’union
de fait ou le mariage |
42,0
|
25,0
|
,12
|
**
|
Auteur de violence conjugale
|
13,6
|
33,9
|
,13
|
**
|
Victime de violence conjugale
|
4,4
|
27,3
|
,04
|
ns
|
Ennuis résultant de mauvais
traitements à l’égard d’un enfant |
7,9
|
10,5
|
-,07
|
ns
|
Semble être un parent inadéquat
|
11,9
|
21,7
|
,04
|
ns
|
Famille dysfonctionnelle
|
34,3
|
26,9
|
,12
|
**
|
Note : **p<0,01; ns = non significatif
Fréquentations/interactions sociales
Au tableau 20, on présente les divers indicateurs de cette catégorie. Il n'est pas étonnant de constater qu'une forte proportion de délinquants ont des amis et des connaissances dans le milieu criminel et que près du tiers fréquentent des personnes qui boivent beaucoup ou consomment de la drogue. En ce qui concerne la suspension, quatre indicateurs sur six sont liés de façon significative à cette mesure et ont une valeur prédictive : «amis et connaissances dans le milieu criminel» (r=0,22), «fréquente des personnes qui boivent beaucoup ou consomment de la drogue» (r=0,19), «tendance à exploiter les personnes avec qui il a des relations» (r=0,17) et «se laisse facilement influencer par les autres» (r=0,11).
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - fréquentations/interactions sociales
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Isolé sur le plan social
|
13,6
|
23,3
|
,03
|
ns
|
Amis et connaissances
dans le milieu criminel |
42,2
|
31,2
|
,22
|
***
|
Fréquente des personnes qui
boivent beaucoup ou qui consomment de la drogue |
31,0
|
31,8
|
,19
|
***
|
Exploite les personnes avec
qui il a des relations |
12,9
|
37,5
|
,17
|
***
|
Se laisse facilement influencer
par les autres |
30,7
|
26,7
|
,11
|
*
|
Manque d’assurance
|
15,1
|
20,0
|
-,01
|
ns
|
Note : *p<0,05; ***p<0,001, ns = non significatif
Toxicomanie
Au tableau 21, on présente les indicateurs de cette catégorie. Bien qu'il n'y ait que deux indicateurs, il convient de noter qu'on a décelé un problème d'alcool ou de drogue chez la moitié des délinquants. Pour ce qui est des suspensions, seule la consommation de drogue a une valeur prédictive par rapport à la suspension de la mise en liberté dans un délai de six mois.
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs de la toxicomanie
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Problème d’alcool
|
50,1
|
22,8
|
,04
|
ns
|
Problème de drogue
|
50,1
|
24,6
|
,10
|
*
|
Note : *p<0,05, ns = non significatif
Fonctionnement au sein de la collectivité
Au tableau 22, on présente une répartition des cas selon les indicateurs de cette catégorie. Comme on peut le constater, plus du tiers des délinquants ont de la difficulté à gérer leurs finances et trois délinquants sur dix ont changé souvent de domicile. Ces deux indicateurs sont liés de façon significative à la suspension de la mise en liberté au cours de la période de suivi.
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - fonctionnement au sein de la collectivité
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Changement fréquent de domicile
|
29,0
|
28,6
|
,13
|
**
|
Mauvaise présentation
|
7,8
|
31,8
|
,08
|
ns
|
Mauvaise santé
|
9,1
|
27,5
|
,05
|
ns
|
Difficulté à gérer
ses finances
|
36,4
|
28,0
|
,16
|
***
|
Pas de passe-temps
|
20,9
|
26,9
|
,08
|
ns
|
Difficulté à utiliser les
services
sociaux
|
7,7
|
30,0
|
,07
|
ns
|
Note : **p<0,01; ***p<0,001; ns = non significatif
Vie personnelle/affective
Au tableau 23, on présente une répartition des cas selon les indicateurs de cette catégorie. En examinant ce tableau, on constate qu'une grande proportion des délinquants ont des déficiences sur le plan des aptitudes cognitives. Fait intéressant, les cinq indicateurs d'aptitudes cognitives qui sont examinés dans le cadre du processus de détermination et d'analyse des besoins des délinquants ont une valeur prédictive en ce qui a trait à la suspension au cours de la période de suivi. Quatre indicateurs (troubles sexuels, lenteur d'esprit, tentatives de suicide, troubles alimentaires) ne touchent qu'un faible taux de délinquants (moins de 5%) et n'ont aucune valeur prédictive.
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - vie personnelle/affective
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Incapable de résoudre ses
problèmes |
30,6
|
29,1
|
,15
|
**
|
Imcapable de se fixer des buts
|
16,5
|
39,3
|
,21
|
***
|
Peu d’empathie à l’égard
des autres
|
12,6
|
40,6
|
,20
|
***
|
Comportement impulsif
|
30,4
|
32,1
|
,19
|
***
|
Difficulté à maîtriser
sa colère
|
28,6
|
32,2
|
,19
|
***
|
Difficulté à faire face
au
stress ou aux frustrations |
43,9
|
30,7
|
,20
|
***
|
Comportements sexuels illégaux
|
10,2
|
13,5
|
-,06
|
ns
|
Troubles sexuels
|
4,2
|
28,6
|
,05
|
ns
|
Lenteur d’esprit
|
4,5
|
36,0
|
,08
|
ns
|
Tentative de suicide
ou d’automutilation |
4,3
|
33,3
|
,07
|
ns
|
Troubles alimentaires
|
2,4
|
15,4
|
-,02
|
ns
|
Note : **p<0,01; ***p<0,001; ns = non significatif
Attitude
Au tableau 24, on présente les indicateurs de cette catégorie. Même si ces indicateurs ne touchent qu'une proportion relativement faible de l'échantillon, soulignons qu'ils ont tous une valeur prédictive relativement à la suspension au cours de la période de suivi.
Suspension de la mise en liberté selon les indicateurs - attitude
INDICATEURS
|
% DE
DÉLINQUANTS |
TAUX DE
SUSPENSION (%) |
r
|
p
|
Attitudes antisociales
|
14,4
|
35,0 x
|
35,0 ,15
|
**
|
Croit à l’infériorité des
femmes
|
6,1
|
44,4
|
,16
|
**
|
Croit à l’infériorité des
autres groupes ethniques |
3,9
|
43,8
|
,12
|
*
|
Incapable de poursuivre
des buts fondamentaux |
16,9
|
38,9
|
,21
|
***
|
Note : *p<0,05; **p<0,01; ***p<0,001.
Niveau de motivation
Au tableau 25, on présente la répartition des niveaux de motivation des délinquants face aux interventions recommandées dans les domaines cibles. On constate que les délinquants acceptent bien les interventions recommandées qui répondent à leurs besoins. Tel que prévu, moins les délinquants sont motivés, plus ils sont susceptibles de voir leur mise en liberté suspendue.
Suspension de la mise en liberté selon les niveaux de motivation des délinquants
| INDICATEURS |
% DE DÉLINQUANTS |
TAUX DE SUSPENSION (%) |
p | |
| Emploi |
Faible Moyen Élevé |
13,3 38,3 48,5 |
32,6 26,6 21,0 |
ns |
| Relations conjugales/ familiales | Faible Moyen Élevé |
17,3 41,9 40,8 |
38,0 28,1 13,6 |
*** |
| Fréquentations/ interactions sociales | Faible Moyen Élevé |
24,5 47,8 27,7 |
36,8 27,1 7,8 |
*** |
| Toxicomanie | Faible Moyen Élevé |
12,9 47,2 39,9 |
34,8 24,4 19,0 |
ns |
| Fonctionnement au sein de la collectivité | Faible Moyen Élevé |
21,7 42,3 40,0 |
36,4 26,2 11,0 |
*** |
| Vie personnelle/ affective | Faible Moyen Élevé |
18,4 49,4 32,2 |
32,8 27,4 11,2 |
*** |
| Attitude | Faible Moyen Élevé |
24,0 47,5 28,5 |
39,7 30,4 5,8 |
*** |
Note : ***p<0,001; ns = non significatif.
Conditions spéciales
Au moment de la prise de décisions en matière de mise en liberté, la CNLC peut imposer une ou plusieurs conditions spéciales que le détenu doit respecter au cours de la période de surveillance au sein de la collectivité. Nous avons analysé la fréquence relative et la valeur prédictive de ces conditions selon les sept catégories de besoins (tableau 26). Fait intéressant, la CNLC a imposé à près des trois quarts des délinquants masculins de l'échantillon, des conditions spéciales liées à la toxicomanie, à la vie personnelle/affective à près de la moitié, aux fréquentations/interactions sociales à environ la même proportion et des conditions liées aux relations conjugales/familiales à un tiers d'entre eux. Notons que seules les conditions imposées dans la catégorie vie personnelle/affective ont une valeur prédictive par rapport à la suspension au cours de la période de suivi.
Suspension de la mise en liberté pour les délinquants qui ont des conditions spéciales
| CATÉGORIE DE BESOINS |
% DE DÉLINQUANTS AVEC UNE CONDITION SPÉCIALE |
SUSPENSION DANS UN DÉLAI DE 4 MOIS |
RELATIONS STATISTIQUES SIGNIFICATIVES |
| Emploi |
8,4 | 35,7 | ns |
| Relations conjugales/ familiales | 33,3 | 25,5 | ns |
| Fréquentations/interactions sociales | 44,0 | 27,3 | ns |
| Toxicomanie | 71,7 | 24,2 | ns |
| Fonctionnement au sein de la collectivité |
16,5 | 28,6 | ns |
| Vie personnelle/ affective | 50,5 | 31,4 | ** |
| Attitude | 19,3 | 31,9 | ns |
Note : **p<0,01; ns = non significatif
PARTIE 3. MISES EN LIBERTÉ DES DÉLINQUANTES
Dans le cadre de la validation du processus de détermination et d'analyse de besoins des délinquants dans la collectivité, nous avons aussi examiné les caractéristiques personnelles et autres facteurs touchant les délinquantes. Toutefois, en raison de la petite taille de l'échantillon (N = 31) et du faible nombre de délinquantes qui ont vu leur mise en liberté suspendue au cours de la période de suivi (N = 4), nous n'avons pas effectué d'estimations de la valeur prédictive. Par conséquent, nous ne présentons que des statistiques descriptives à propos des éléments suivants : niveau de risque (par ex., antécédents criminels), niveau de besoins (par ex., emploi, toxicomanie), niveaux combinés de risque et de besoins, besoins identifiés, nombre de besoins, indicateurs dans chaque catégorie de besoins, niveau de motivation et conditions spéciales imposées par la CNLC.
Niveau de risque
Le niveau de risque a été établi à la suite d'un examen méthodique et approfondi du casier judiciaire des délinquantes. Au tableau 27, on constate que les délinquantes se répartissent également dans les deux niveaux de risque, faible et élevé. Comme nous l'avons déjà vu dans le cas des délinquants, cette répartition illustre le type de limitations pratiques que présentent les méthodes traditionnelles d'évaluation du risque dans la prise de décisions. Une fois de plus, l'évaluation du risque en fonction des antécédents (par ex. le casier judiciaire) donne nécessairement comme résultat une mesure qui est statique de par sa nature et incapable de traduire le changement qui peut s'opérer chez les délinquantes à la suite des interventions effectuées.
Niveau global de risque des délinquantes
NIVEAU DE RISQUE
|
POURCENTAGE DE DÉLINQUANTES
|
FAIBLE (n = 15)
|
50,0
|
ÉLEVÉ (n = 15)
|
50,0
|
Niveau de besoins
Le tableau 28 montre le niveau de besoins des délinquantes. Notons que la majorité d'entre elles (53%) ont été classées dans la catégorie «moyen» par les agents de gestion des cas.
Niveau global de besoins des délinquantes
NIVEAU DE RISQUE
|
POURCENTAGE DE DÉLINQUANTES
|
FAIBLE (n = 5)
|
16,7
|
MOYEN (n = 16)
|
53,3
|
ÉLEVÉ ( n = 9)
|
30,0
|
Niveaux combinés de risque et de besoins
Au tableau 29, on présente les niveaux combinés de risque et de besoins des délinquantes. Notons que les délinquantes classées dans les catégories «faible risque, faible niveau de besoins» et «faible risque, niveau moyen de besoins» constituent 50% de l'échantillon. Près du tiers des délinquantes ont été classées dans la catégorie «risque élevé, niveau élevé de besoins».
Niveaux combinés de risque et de besoins des délinquantes
RISQUE/BESOINS
|
FAIBLE
|
MOYEN
|
ÉLEVÉ
|
FAIBLE
|
16,7% (5)
|
33,3% (10)
|
0,0% (0)
|
ÉLEVÉ
|
0,0% (0)
|
20,0% (6)
|
30,0% (9)
|
Besoins identifiés
Au tableau 30, on présente la répartition des besoins qui ont été décelés chez les délinquantes. Les principaux besoins se retrouvent dans les catégories relations conjugales/familiales (64,5%), emploi (58,1%) et toxicomanie (48%).
Pourcentage de délinquantes chez qui on a identifié des besoins
CATÉGORIE DE BESOINS
|
NOMBRE DE
DÉLINQUANTES |
%
|
Emploi
|
18
|
58,1
|
Relations conjugales/familiales
|
20
|
64,5
|
Fréquentations/interactions sociales
|
9
|
29,0
|
Toxicomanie
|
15
|
48,4
|
Fonctionnement au sein de la collectivité
|
12
|
38,7
|
Vie personnelle/affective
|
13
|
41,9
|
Attitude
|
3
|
9,7
|
Nombre de besoins déterminés
Le nombre total de besoins déterminés pour chaque délinquante est présenté au tableau 31. Comme on le voit, environ 70% des délinquantes ont des besoins multiples (c.-à-d. dans plus d'une catégorie). Notons en particulier que chez 20% des délinquantes, aucun besoin n'a été décelé.
Répartition des délinquantes selon le nombre de besoins déterminés
| NOMBRE DE BESOINS |
NOMBRE DE DÉLINQUANTS |
TAUX DE SUSPENSION(%) |
NOMBRE CUMULATIF DE DÉLINQUANTS |
CUMULATIF |
| Aucun |
6
|
19,4
|
6
|
19,4
|
| Un | 3
|
9,7
|
9
|
29,0
|
| Deux | 3
|
9,7
|
12
|
38,7
|
| Trois | 10
|
32,3
|
22
|
71,0
|
| Quatre | 2
|
6,5
|
24
|
77,4
|
| Cinq | 1
|
3,2
|
25
|
80,6
|
| Six | 4
|
12,9
|
29
|
93,5
|
| Sept | 2
|
6,5
|
31
|
100,0
|
B. Vue d'ensemble selon les catégories de mise en liberté
Niveau de Risque
Au tableau 32, on montre la répartition des niveaux de risque que présentent les délinquantes de l'échantillon, selon les catégories de mise en liberté. Comme on pouvait s'y attendre, la plus forte proportion des délinquantes présentant un faible risque (71,4%) bénéficient d'une libération conditionnelle totale, tandis que la plus forte proportion des délinquantes présentant un risque élevé (83,3%) sont en libération d'office.
Niveau global de risque selon les catégories de mise en liberté
| CATÉGORIE DE MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAU DE RISQUE
|
Semi-liberté
(n = 10) |
Libération
conditionnelle
totale (n = 14) |
Libération d’office
(n = 6) |
FAIBLE (n = 15)
|
40,0
|
71,4
|
16,7
|
ÉLEVÉ (n = 15)
|
60,0
|
28,6
|
83,3
|
Niveau de besoins
Au tableau 33, on présente la répartition des niveaux de besoins selon les catégories de mise en liberté. Notons que la plus forte proportion des délinquantes ayant un niveau élevé de besoins (66,7%) sont en libération d'office. Par ailleurs, le pourcentage de délinquantes ayant un niveau moyen de besoins est proportionnellement plus important chez celles en semi-liberté (50%) et en libération conditionnelle totale (64,3%).
Niveau global de besoins selon les catégories de mise en liberté
| CATÉGORIE DE MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAU DE BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 10) |
Libération
conditionnelle totale (n = 14) |
Libération d’office
(n = 6) |
FAIBLE (n = 5)
|
20,0
|
21,4
|
0,0
|
MOYEN (n = 16)
|
50,0
|
64,3
|
33,3
|
ÉLEVÉ (n = 9)
|
30,0
|
14,3
|
66,7
|
Niveaux combinés de risque et de besoins
La répartition des niveaux combinés de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté, présentée au tableau 34, montre que dans la catégorie «faible risque, faible niveau de besoins» la proportion de délinquantes en semi-liberté est équivalente à celle des délinquantes en libération conditionnelle totale (environ 20%), tandis que dans la catégorie «risque élevé, niveau élevé de besoins», les délinquantes en libération d'office l'emportent (66,7%).
Niveaux combinés de risque et de besoins selon les catégories de mise en liberté
| CATÉGORIE DE MISE EN LIBERTÉ |
|||
NIVEAU DE RISQUE ET DE
BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 10) |
Libération
conditionnelle
totale (n = 14) |
Libération d’office
(n = 6) |
FAIBLE RISQUE-FAIBLES BESOINS
|
20,0
|
21,4
|
0,0
|
FAIBLE RISQUE-BESOINS MOYENS
|
20,0
|
50,0
|
16,7
|
FAIBLE RISQUE-BESOINS ÉLEVÉS
|
0,0
|
0,0
|
0,0
|
RISQUE ÉLEVÉ-FAIBLES BESOINS
|
0,0
|
0,0
|
0,0
|
RISQUE ÉLEVÉ-BESOINS MOYENS
|
30,0
|
14,4
|
16,7
|
RISQUE ÉLEVÉ-BESOINS ÉLEVÉS
|
30,0
|
14,3
|
66,7
|
Besoins identifiés
Au tableau 35, on présente la répartition des besoins identifiés selon les catégories de mise en liberté. Parmi les délinquantes en libération d'office, les principaux besoins se retrouvent dans les catégories emploi (100%), toxicomanie (100%) et fréquentations/interactions sociales (83,3%). Les principaux besoins des délinquantes en semi-liberté sont liés à l'emploi (70%), aux relations conjugales/familiales (60%) et à la vie personnelle/affective (50%). Quant aux délinquantes en libération conditionnelle totale, leurs principaux besoins sont liés aux relations conjugales/familiales (66,7%).
Pourcentage de délinquantes ayant des besoins selon les catégories de mise en liberté
| CATÉGORIE DE MISE EN LIBERTÉ |
|||
CATÉGORIE DE BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 10) |
Libération conditionnelle
totale (n = 14) |
Libération d’office
(n = 6) |
Emploi
|
70,0
|
33,3
|
100,0
|
Relations conjugales/familiales
|
60,0
|
66,7
|
66,7
|
Fréquentations/interactions sociales
|
10,0
|
20,0
|
83,3
|
Toxicomanie
|
40,0
|
33,3
|
100,0
|
Fonctionnement au sein
de la collectivité |
40,0
|
26,7
|
66,7
|
Vie personnelle/affective
|
50,0
|
26,7
|
66,7
|
Attitude
|
10,0
|
6,7
|
16,7
|
Nombre de besoins déterminés
Nous avons examiné le nombre de besoins chez les délinquantes pour chaque catégorie de mise en liberté (tableau 36). Fait intéressant, on constate que toutes les délinquantes en libération d'office ont des besoins multiples (deux catégories ou plus). Par ailleurs, chez 30% des délinquantes en semi-liberté et 20% des délinquantes en libération conditionnelle totale, aucun besoin n'a été décelé.
Répartition des délinquantes selon le nombre de besoins et les catégories de mise en liberté
CATÉGORIE DE MISE EN LIBERTÉ |
|||
NOMBRE DE BESOINS
|
Semi-liberté
(n = 10) |
Libération conditionnelle
totale (n = 15) |
Libération d’office
(n = 6) |
| Aucun | 30,0
|
20,0
|
0,0
|
| Un | 0,0
|
20,0
|
0,0
|
| Deux | 10,0
|
13,3
|
0,0
|
| Trois | 20,0
|
40,0
|
33,3
|
| Quatre | 20,0
|
0,0
|
0,0
|
| Cinq | 0,0
|
0,0
|
16,7
|
| Six | 20,0
|
0,0
|
33,3
|
| Sept | 0,0
|
6,7
|
16,7
|
Emploi
À l'examen du tableau 37, on constate que près des deux tiers des délinquantes ne possèdent pas de diplôme d'études secondaires et près du quart ont moins de huit ans de scolarité. De plus, il convient de noter que plus du tiers des délinquantes ont fait montre d'instabilité dans leur vie professionnelle et près de la moitié sont mécontentes de leur domaine de compétence, de leur métier ou de leur profession.
Indicateurs - emploi (délinquantes)
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Moins de 8 ans de scolarité
|
24,1
|
Pas de diplôme d'études
secondaires
|
63,3
|
Difficultés d'apprentissage
|
0,0
|
Déficience physique
|
22,6
|
Mécontente de son métier,
de son domaine de
compétence ou de sa profession |
44,8
|
Instabilité dans sa vie professionnelle
|
38,7
|
Manque de sérieux dans les emplois
occupés
|
3,7
|
Difficulté à accomplir
toutes ses tâches
|
7,4
|
Problèmes dans ses relations
interpersonnelles au travail |
7,7
|
Relations conjugales/familiales
Au tableau 38, on présente la répartition des cas selon les indicateurs de cette catégorie. La majorité des délinquantes de l'échantillon ont connu des problèmes dans leur union de fait ou dans leur mariage, près de la moitié ont été victimes d'exploitation dans leur enfance, victimes de violence conjugale ou ont vécu au sein d'une famille dysfonctionnelle.
Indicateurs - relations conjugales/familiales des délinquantes
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Victime de violence physique ou d'exploitation
sexuelle au cours de son enfance |
48,0
|
Problèmes dans l'union de fait
ou le mariage
|
60,7
|
Auteur de violence conjugale
|
10,7
|
Victime de violence conjugale
|
42,3
|
Ennuis résultant d'actes d'exploitation
sexuelle
commis à l'égard d'un enfant |
21,4
|
Semble être un parent inadéquat
|
26,9
|
Famille dysfonctionnelle
|
48,3
|
Fréquentations/interactions sociales
Le tableau 39, où l'on présente les indicateurs de cette catégorie, montre qu'une proportion importante des délinquantes se laissent facilement influencer par les autres (44,4%).
Indicateurs - fréquentations/interactions sociales des délinquantes
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Isolée sur le plan social
|
9,7
|
Amis et connaissances dans
le milieu de la criminalité |
22,6
|
Fréquente des personnes qui boivent
beaucoup
ou qui consomment de la drogue |
17,2
|
Tendance à exploiter les personnes
avec qui elle a des relations |
23,3
|
Se laisse facilement influencer par les
autres
|
44,4
|
Manque d'assurance
|
30,0
|
Toxicomanie
Le tableau 40 est consacré aux indicateurs de cette catégorie. Il convient de noter que près de la moitié des délinquantes ont un problème de drogue et trois sur dix ont un problème d'alcool.
Indicateurs - toxicomanie (délinquantes)
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Problème d'alcool
|
29,0
|
Problème de drogue
|
46,7
|
Fonctionnement au sein de la collectivité
Au tableau 41, on peut voir que les indicateurs touchant la plus grande proportion de délinquantes sont la «difficulté à gérer ses finances» (43,3%) et le «changement fréquent de domicile» (32,1%).
Indicateurs - fonctionnement au sein de la collectivité (délinquantes)
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Changement fréquent de domicile
|
32,1
|
Mauvaise présentation
|
3,2
|
Mauvaise santé
|
13,3
|
Difficulté à gérer
ses finances
|
43,3
|
Pas de passe-temps
|
22,6
|
Difficulté à utiliser efficacement
les services sociaux |
3,2
|
Vie personnelle/affective
Comme on peut le voir au tableau 42, le tiers des délinquantes ont de la difficulté à faire face au stress ou aux frustrations. Il convient de noter qu'aucune des délinquantes n'a commis de tentative de suicide ou d'acte d'auto-agression.
Indicateurs - vie personnelle/affective (délinquantes)
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Incapable de résoudre ses problèmes
|
30,0
|
Incapable de se fixer des buts
|
20,0
|
Peu d'empathie à l'égard
des autres
|
9,7
|
Comportements impulsifs
|
6,7
|
Difficulté à maîtriser
sa colère
|
16,7
|
Difficulté à faire face
au stress ou aux frustrations
|
33,3
|
Comportements sexuels illégaux
|
3,6
|
Troubles sexuels
|
5,3
|
Capacités mentales limitées
|
3,2
|
Tentatives de suicide ou actes d'auto-agression
|
0,0
|
Troubles alimentaires
|
3,6
|
Attitude
Au tableau 43, on présente les indicateurs relatifs à l'attitude. Notons que ces indicateurs ne concernent qu'une proportion relativement faible de délinquantes.
Indicateurs - attitude (délinquantes)
INDICATEURS
|
% DE DÉLINQUANTES
|
Attitudes antisociales
|
6,5
|
Croit à l'infériorité des
femmes
|
0,0
|
Croit à l'infériorité des
autres groupes ethniques
|
0,0
|
Incapable de poursuivre des buts fondamentaux
|
13,3
|
Niveau de motivation
Au tableau 44, on présente le niveau de motivation des délinquantes face aux interventions qui sont recommandées dans les différents domaines cibles. On constate que les délinquantes sont en général très réceptives aux interventions recommandées pour répondre à leurs besoins.
Niveau de motivation des délinquantes
CATÉGORIE DE BESOINS NIVEAU
|
% DE DÉLINQUANTES
|
|
Emploi
|
Faible Moyen Élevé |
8,7
30,4 60,9 |
Relations conjugales/
familiales
|
Faible Moyen Élevé |
3,7
37,0 59,3 |
Fréquentations/
interactions sociales
|
Faible Moyen Élevé |
3,9
42,3 53,9 |
Toxicomanie
|
Faible Moyen Élevé |
4,0
32,0 64,0 |
Fonctionnement au sein de
la collectivité
|
Faible Moyen Élevé |
0,0
26,1 73,9 |
Vie personnelle/
affective
|
Faible Moyen Élevé |
0,0
29,6 70,4 |
Attitude
|
Faible Moyen Élevé |
0,0
22,7 77,3 |
Conditions spéciales
La répartition des conditions spéciales imposées par la CNLC selon les catégories de besoins est présentée au tableau 45. On constate que les conditions spéciales ne touchent qu'une proportion relativement faible de délinquantes. Les conditions les plus fréquemment imposées sont liées à la toxicomanie (32%).
Conditions spéciales imposées aux délinquantes
CATÉGORIE DE BESOINS
|
% DE DÉLINQUANTES AYANT UNE
CONDITION SPÉCIALE |
Emploi
|
8,7
|
Relations conjugales/ familiales
|
14,8
|
Fréquentations/ interactions sociales
|
15,4
|
Toxicomanie
|
32,0
|
Fonctionnement au sein de la collectivité
|
4,2
|
Vie personnelle/affective
|
15,0
|
Attitude
|
9,1
|
L'utilisation d'une démarche méthodique pour évaluer les besoins des délinquants, le risque de récidive et tout autre facteur pouvant avoir une incidence sur la réintégration dans la collectivité constitue un élément essentiel des normes régissant la surveillance des délinquants mis en liberté sous condition élaborées par le Service correctionnel du Canada et la Commission nationale des libérations conditionnelles. Plus récemment, on a intégré dans une stratégie correctionnelle globale la nécessité d'offrir dans la collectivité des programmes et des services pouvant répondre efficacement aux besoins des délinquants. Dans ce document, nous avons examiné la validité d'une méthode améliorée de détermination et d'analyse des besoins des délinquants dans la collectivité.
Afin de recueillir des renseignements pertinents sur le risque présenté par les délinquants et sur leurs besoins, on a adapté et mis à l'essai, dans la collectivité, le volet «détermination et analyse des besoins» du processus d'évaluation initiale des délinquants. Le protocole de détermination et d'analyse des besoins des délinquants avait ramené les 12 catégories de besoins de l'Échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité (Motiuk et Porporino, 1989b) à 7 catégories (emploi, relations conjugales/familiales, fréquentations/interactions sociales, toxicomanie, fonctionnement au sein de la collectivité, vie personnelle/affective, attitude); on a conservé, outre les cotes correspondant à ces 7 catégories, des cotes globales de risque (faible, élevé) et de niveau de besoins (faible, moyen, élevé). De plus, on a amélioré le processus afin de recueillir les renseignements suivants : situation professionnelle (p. ex. emploi à temps plein, à temps partiel, etc.), interventions nécessaires, niveau de motivation des délinquants face aux interventions recommandées, conditions spéciales pouvant être imposées par la CNLC et qui facilitent les interventions jugées nécessaires.
Six mois après la mise en liberté des délinquants de l'échantillon, nous avons effectué un suivi pour vérifier le nombre de délinquants dont la mise en liberté avait été suspendue. Voici nos conclusions :
ANDREWS, D. A. The Level of Supervision Inventory (LSI): The first follow-up, Toronto, Ministère des Services correctionnels, Ontario, 1982.
ANDREWS, D. A., BONTA, J. et HOGE, R. Classification for effective réhabilitation: Rediscovering psychology, Criminal Justice & Behavior, 1990, n° 17, p. 19 à 52.
BONTA, J. et MOTIUK, L.L. Classification to halfway houses: A quasi-experimental evaluation, Criminology, 1990, n° 28, p. 497 à 506.
BONTA, J. et MOTIUK, L.L. Inmate Classification, Journal of Criminal Justice, 1992, n° 20, p 343 à 353.
LERNER, K., ARLING, G. et BAIRD, C. Client management classification strategies for case supervision, National Council on Crime and Delinquency, 1986.
MOTIUK, L. L. Identifying and assessing needs of offenders under community supervision: The conditional release supervision standards projects, un document présenté au Premier forum annuel sur la recherche dans le domaine correctionnel, Ottawa, 1989.
MOTIUK, L. L. et BRUNET, L. Normes régissant la surveillance des détenus mis en liberté sous condition : Mise à jour sur la formation pour l'évaluation du risque et des besoins des détenus, un document présenté au Deuxième forum annuel sur la recherche dans le domaine correctionnel, Québec, 1991.
MOTIUK, L. L. et PISAPIO, D. Stratégie correctionnelle : Évaluation initiale, un document inédit présenté au Congrès des instructeurs du programme d'acquisition de compétences psychosociales, Montréal, 1991.
MOTIUK, L. L. et PORPORINO, F. J. Évaluation combinée des besoins et risque chez les détenus : Étude de mises en liberté sous condition, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1989a.
MOTIUK, L. L. et PORPORINO, J. J. Essai pratique de l'échelle d'évaluation du risque et des besoins dans la collectivité : étude des libérés sous condition, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1989b.
NUFFIELD, J. Parole decision-making in Canada: Research towards decision guidelines, Ottawa, 1982.
| Détermination et analyse des besoins des délinquants |
| NOM:_____________________________________________________________ |
| DATE DE NAISSANCE : _____________________ SED : ___________________ |
| BUREAU DE LIBÉRATION CONDITIONNELLE :__________________________ |
| SURVEILLANT DE LIBERTÉ CONDITIONNELLE : _______________________ |
| DATE :__________________________ |
| NOTE : Les indicateurs servent à établir le profil
du délinquant. Les indicateurs pour lesquels vous cochez «oui» ne nécessitent pas forcément une intervention. Par ailleurs, si vous ne cochez pas «oui», il se peut que vous estimiez quand même qu'une ou plusieurs interventions seraient justifiées. Les interventions que vos collègues et vous approuverez détermineront la planification et le financement des programmes. |
| EMPLOI : DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS | |||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
||||||||
1. Le délinquant a-t-il moins de 8 ans de scolarité?
|
|
||||||||
2. Le délinquant a-t-il arrêté ses études
avant d'avoir obtenu son diplôme d'études secondaires?
|
|
||||||||
3. Le délinquant semble-t-il avoir des difficultés
d'apprentissage?
|
|
||||||||
4. Le délinquant a-t-il une déficience physique?
|
|
||||||||
5. Le délinquant est-il mécontent de son domaine
de compétence, de son métier ou de sa profession?
|
|
||||||||
| 6. Le délinquant a-t-il fait montre d'instabilité dans
sa vie professionnelle?
|
|
||||||||
| 7. Le délinquant a-t-il fait preuve d'un manque de sérieux
dans les emplois qu'il a occupés (par ex. l'employeur ne pouvait compter sur son assiduité)?
|
|
||||||||
8. Le délinquant a-t-il habituellement de la difficulté à accomplir
toutes ses tâches?
|
|
||||||||
| 9. Le délinquant éprouve-t-il des problèmes
dans ses relations interpersonnelles au travail (par ex. difficulté à s'entendre avec ses collègues et ses superviseurs)?
|
|
||||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des
interventions en établissement ou dans la collectivité,
cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS |
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation | Aucun besoin immédiat d'amélioration | Besoin modéré d'amélioration | Besoin considérable d'amélioration |
| Situation d'emploi stable | Aucun antécédent qui pourrait causer des difficultés | Antécédents qui pourraient causer des problèmes mineurs d'ajustement | Antécédents qui pourraient causer des problèmes majeurs d'ajustement |
SITUATION EN MATIÈRE D’EMPLOI
: |
||
| emploi : | à temps plein | à temps partiel |
| études ou formation professionnelle : | à temps plein | à temps partiel |
| bénéficiaire de prestations d'invalidité | bénéficiaire d'aide
sociale |
|
| autre ______________________________________________ | ||
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES oui non |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Alphabétisation/recyclage |
|
|
|
|
| Compétences spécialisées ou formation dans un métier | |
|
|
|
| Counseling professionnel : |
|
|
|
|
| i) communications
interpersonnelles (collègues, symboles d'autorité) |
|
|
|
|
| ii) habitudes de travail |
|
|
|
|
| iii) aptitudes à la recherche d'emploi | ||||
| Autre/commentaires:____________________________ | ||||
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS SI OUI, DES INTERVENTIONS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Le délinquant a-t-il été victime de violence
physique ou d'exploitation sexuelle au cours de son enfance?
|
|
|||||||
| 2. Le délinquant connaît-il régulièrement
des
problèmes ou de l'instabilité dans son mariage ou son union de fait?
|
|
|||||||
3. Le délinquant a-t-il commis des actes de violence
conjugale?
|
|
|||||||
4. Le délinquant a-t-il été victime de violence
conjugale?
|
|
|||||||
| 5. Le délinquant a-t-il déjà eu des ennuis à la
suite
d'actes d'exploitation sexuelle commis à l'égard d'un enfant?
|
|
|||||||
6. Le délinquant semble être un parent inadéquat.
|
|
|||||||
| 7. La famille du délinquant semble-t-elle être une
famille dysfonctionnelle (p. ex. les membres de la famille ne semblent pas former une véritable cellule familiale)?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation | Aucun besoin immédiat d'amélioration | Besoin modéré d'amélioration | Besoin considérable d'amélioration |
| Relations stables et de soutien | Aucun antécédent qui pourrait causer des difficultés | Instabilité occasionnelle dans ses relations | Relations très instables |
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Counseling aux victimes de violence physique ou d'exploitation sexuelle |
|
|
|
|
| Counseling conjugal |
|
|
|
|
| Counseling familial |
|
|
|
|
| Compétences parentales |
|
|
|
|
| Counseling en matière de violence conjugale |
|
|
|
|
| Counseling en matière d'exploitation d'enfants |
|
|
|
|
| Autre/commentaires :_______________________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Le délinquant est-il isolé sur le plan social (par ex. fréquente rarement d'autres personnes que les membres de sa famille immédiate)?
|
|
|||||||
2. Le délinquant a de nombreux amis ou
connaissances dans le milieu de la criminalité.
|
|
|||||||
3. Le délinquant fréquente des personnes qui
boivent beaucoup ou qui consomment de la
drogue.
|
|
|||||||
4. Le délinquant a-t-il tendance à exploiter les
personnes avec qui il a des relations?
|
|
|||||||
5. Le délinquant se laisse-t-il facilement influencer
par les autres?
|
|
|||||||
| 6. Le délinquant manque-t-il d'assurance (incapable de demander ou de refuser des choses dans ses interactions avec les autres)?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation | Aucun besoin immédiat d'amélioration | Besoin modéré d'amélioration | Besoin considérable d'amélioration |
| Relations non criminelles ou relations favorables | En général,
relations non criminelles ou relations favorables |
Parfois, relations criminelles ou néfastes | En général,
relations criminelles ou néfastes |
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Cours d'affirmation de soi |
|
|
|
|
| Formation aux aptitudes sociales |
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|
| Besoin de l'aide d'un bénévole |
|
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|
|
| Autre/commentaires__________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Les antécédents du délinquant laissent-ils
supposer que sa consommation d'alcool peut avoir des effets nuisibles sur les plans conjugal, professionnel, juridique, physique ou financier?
|
|
|||||||
| 2. Les antécédents du délinquant laissent-ils
supposer que sa consommation de drogue
peut avoir des effets nuisibles sur les plans conjugal, professionnel, juridique, physique ou financier?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation |
Aucun besoin immédiat d'amélioration |
Besoin modéré d'amélioration |
Besoin considérable d'amélioration |
| Aucun
antécédent et aucun problème en ce moment |
Antécédents ou consommation actuelle d'alcool ou de drogue causant des problèmes moyens d'adaptation |
Antécédents qui
indiquent une consommation fréquente et incontrôlée causant de graves problèmes d'adaptation |
|
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Traitement intensif en établissement |
|
|
|
|
| Traitement en consultation externe |
|
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|
| Entretien et suivi |
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|
| Counseling en matière de santé (VIH, hépatite, éducation sur les drogues) |
|
|
|
|
| Autre/commentaires__________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Avant son incarcération, le délinquant
changeait-il souvent de domicile (p. ex. de nombreuses adresses sur de courtes périodes)?
|
|
|||||||
2. Le délinquant a-t-il une mauvaise présentation
(apparence, propreté, manières)?
|
|
|||||||
3. Le délinquant est-il en mauvaise santé?
|
|
|||||||
| 4. Le délinquant a-t-il de la difficulté à gérer
ses
finances (par ex. difficulté à payer ses comptes, nombreux prêts impayés)?
|
|
|||||||
| 5. Le délinquant n'a pas de passe-temps et montre
peu d'intérêt pour les activités organisées (par ex. sport, travail bénévole).
|
|
|||||||
6. Le délinquant a-t-il de la difficulté à utiliser
efficacement les services sociaux?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation |
Aucun besoin immédiat d'amélioration |
Besoin modéré d'amélioration |
Besoin considérable d'amélioration |
| Adaptation satisfaisante | Aucun problème en ce moment | Le manque
d'aptitudes limite, mais n'empêche pas l'autonomie fonctionnelle |
Le manque
d'aptitudes limite sérieusement l'autonomie fonctionnelle |
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Hébergement en milieu surveillé |
|
|
|
|
| Hébergement |
|
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|
| Counseling en matière d'autonomie
fonctionnelle (hygiène, tenue vestimentaire, recours aux services sociaux, etc.) |
|
|
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|
| Counseling financier |
|
|
|
|
| Counseling en loisirs |
|
|
|
|
| Besoin de l'aide d'un bénévole |
|
|
|
|
| Autre/commentaires__________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Le délinquant est-il incapable de résoudre ses
problèmes (incapable de reconnaître les situations qui posent un problème, incapable de résoudre correctement les problèmes interpersonnels)?
|
|
|||||||
2. Le délinquant est-il incapable de se fixer des
buts réalistes à long terme?
|
|
|||||||
| 3. Le délinquant manifeste-t-il peu d'empathieàl'égard des autres (ne fait aucun cas des autres et de leur bien-être, incapable de comprendre les sentiments des autres)?
|
|
|||||||
4. Le délinquant a-t-il des comportements impulsifs
(par ex. se bat, recherche les sensations)?
|
|
|||||||
5. Le délinquant a-t-il de la difficulté à maîtriser
sa
colère?
|
|
|||||||
6. Le délinquant a-t-il de la difficulté à faire
face au stress ou aux frustrations?
|
|
|||||||
| 7. Le délinquant a-t-il déjà eu des comportements
sexuels illégaux ou répréhensibles (par ex. partenaires d'âge mineur, agression sexuelle, attitudes favorisant les activités sexuelles avec des enfants, violence sexuelle)?
|
|
|||||||
| 8. Le délinquant a-t-il des troubles sexuels (par ex. éjaculation précoce, impuissance ou frigidité selon le sexe)?
|
|
|||||||
9. Le délinquant est-il lent d'esprit (par ex. faible QI
ou lésion cérébrale)?
|
|
|||||||
10. Le délinquant a-t-il déjà souffert ou souffre-t-il
actuellement d'une maladie mentale?
|
|
|||||||
11. Le délinquant a-t-il déjà commis des tentatives
de suicide ou des actes d'auto-agression?
|
|
|||||||
12. Le délinquant a-t-il des troubles alimentaires (p.
ex. anorexie, boulimie, mange trop)?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation |
Aucun besoin immédiat d'amélioration |
Besoin modéré d'amélioration |
Besoin considérable d'amélioration |
| Aucun problème en ce moment |
Problèmes personnels ou affectifs qui nécessitent une certaine aide |
Problèmes
personnels ou affectifs qui nécessitent une aide importante |
|
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Maîtrise de la colère |
|
|
|
|
| Développement des aptitudes
cognitives (résolution de problèmes, définition d'objectifs, valeurs prosociales, formation à l'empathie) |
|
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|
|
| Traitement des délinquants sexuels |
|
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| Contrôle du stress |
|
|
|
|
| Counseling pour personnes ayant des comportements impulsifs |
|
|
|
|
| Counseling pour difficultés ou troubles sexuels |
|
|
|
|
| Counseling religieux, spirituel |
|
|
|
|
| Prévention du suicide et des actes d'auto-agression |
|
|
|
|
| Autre/commentaires__________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS
| DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS |
||||||||
| INDICATEURS | SI OUI, DES INTERVENTIONS ONT-ELLES ÉTÉ EFFECTUÉES?* |
|||||||
| 1. Le délinquant a-t-il des attitudes antisociales
(par ex. ne montre aucun respect pour la propriété d'autrui, encourage la violence dans les relations interpersonnelles)?
|
|
|||||||
| 2. Le délinquant croit-il que les femmes sont
inférieures aux hommes, ne sont pas capables d'assumer des rôles aussi importants dans la société et méritent d'être violentées?
|
|
|||||||
| 3. Le délinquant croit-il que les autres groupes
ethniques sont inférieurs au groupe auquel il appartient et encourage-t-il la violence à l'égard des autres groupes ethniques?
|
|
|||||||
4. Le délinquant est-il incapable de poursuivre des
buts fondamentaux?
|
|
|||||||
| * NOTE : Même si on a déjà effectué des interventions
en établissement ou dans la collectivité, cela ne signifie pas forcément qu'aucune intervention n'est nécessaire. |
OBSERVATIONS ET IMPRESSIONS
|
|||
| Facteur considéré comme un atout pour l'adaptation |
Aucun besoin immédiat d'amélioration |
Besoin modéré d'amélioration |
Besoin considérable d'amélioration |
| Participation active, est toujours réceptif à l'aide fournie |
Encouragé à changer et réceptif à l'aide fournie |
Reconnaît ses problèmes, mais n'est pas réceptif à l'aide fournie |
Incapable de reconnaître ses problèmes et n'est pas réceptif à l'aide fournie |
| INTERVENTIONS NÉCESSAIRES |
||||
| (Si aucune intervention n'est nécessaire, passez à la catégorie de besoins suivante.) | ||||
| Incapable d'évaluer |
Faible besoin |
Besoin moyen |
Besoin élevé |
|
Thérapie cognitive |
|
|
|
|
| Counseling pour comportements
violents à l'égard des femmes |
|
|
|
|
| Counseling pour intoléranceàl'égard des autres groupes ethniques |
|
|
|
|
| Autre/commentaires__________________________ |
|
|
|
|
| NIVEAU DE MOTIVATION DU DÉLINQUANT FACE AUX INTERVENTIONS | ||||
| faible (refuse de collaborer) | ||||
| moyen (par ex., disposé à collaborer si l'agent de gestion des cas l'exige) | ||||
| élevé (motivation personnelle) | ||||
| La CNLC a-t-elle imposé une condition spéciale qui pourrait faciliter les interventions précisées cidessus? |
DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS POUR L'ÉVALUATION INITIALE
| Y a-t-il des besoins spéciaux qui pourraient entraver les interventions
(par ex., barrière des langues, barrière culturelle, déficience physique, etc.)? |
|||
| non | |||
| oui (précisez) _____________________________________ | |||
| Niveau global de besoins : | faible
|
moyen
|
élevé
|
faible
|
élevé
|
||
| Niveau global de risque : | |||
| À la lumière des besoins que vous avez décelés
dans
chaque catégorie, quelles interventions vous semblent essentielles à une bonne adaptation du délinquant dans la collectivité? Classez-les par ordre de priorité. |
|||
| 1. La plus importante : ________________________________________________ | |||
| 2. Deuxième priorité ________________________________________________ | |||
| 3. Troisième priorité ________________________________________________ | |||
| 4. Quatrième priorité ________________________________________________ | |||
| 5. Aucune intervention nécessaire |