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Examen opérationnel de la fiabilité,de la validité et de l'utilité pratique de l'échelle de classement par niveau de sécurité
Frederick P. Luciani
Laurence L. Motiuk
Mark Nafekh
Division de la recherche
Service correctionnel du Canada
Juillet 1996
Les auteurs remercient Ray Belcourt d'avoir fourni les bases de
données qui ont été employées pour
cette étude et d'avoir répondu avec patience aux
demandes répétées pour obtenir des données
supplémentaires. Nous signalons également la contribution
de Ralph Serin, dont les conseils au sujet des analyses de données
ont permis de préciser l'objet de l'étude.
Il est indispensable de bien classer les détenus pour gérer efficacement les pénitenciers et les populations carcérales ainsi que pour remplir les mandats législatif et en matière d'orientation du Service correctionnel du Canada. Des méthodes de classement objectives sont nécessaires pour empêcher qu'on n'impose aux délinquants des contrôles excessifs, pour aider à orienter l'affectation des ressources restreintes et pour produire une information exacte sur les délinquants en vue de la planification à long terme des locaux. L'Échelle de classement par niveau de sécurité, que le Service a adoptée en 1988, a établi des critères normalisés et objectifs pour le classement initial des délinquants sous responsabilité fédérale (en 1991, une version informatisée de l'Échelle est devenue une composante du module de placement pénitentiaire). La présente étude constitue le troisième examen de l'Échelle de classement par niveau de sécurité et elle vise à déterminer sa fiabilité, sa validité et son utilité pratique.
En mars 1995, un échantillon de 6 745 dossiers de délinquants actifs, comprenant des évaluations complètes et exactes effectuées au moyen de l'Échelle de classement par niveau de sécurité, a été prélevé du Système de gestion des détenus. Contrairement aux projets pilotes ou aux essais antérieurs sur le terrain, le présent examen est basé sur un vaste échantillon national, et les données correspondent au milieu carcéral actuel.
L'étude révèle que, d'après divers
critères psychométriques et opérationnels
traditionnels, l'Échelle de classement par niveau de sécurité
continue à produire de bons résultats. L'adoption
de la version informatisée permet d'appliquer l'Échelle
à tous les délinquants à l'admission et de
réduire grandement les omissions, les erreurs de calcul
et les irrégularités dans l'application des protocoles
de classement selon les niveaux de sécurité.
Le taux de concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire a atteint 74 %, ce qui représente une augmentation de 11 % par rapport aux examens antérieurs. Ce gain est attribuable à un accroissement de l'accord entre les cas des délinquants classés au niveau de sécurité minimale et placés dans un pénitencier de ce niveau de sécurité et il laisse supposer une tendance à utiliser des pratiques de placement moins traditionnelles. L'Échelle s'est également révélée un bon moyen de prévoir les incidents dans les établissements (comme les actes de violence, la consommation de drogues ou d'alcool et les évasions), la mise en liberté de forme discrétionnaire et l'adaptation suivant la mise en liberté sous condition.
En outre, les corrélations significatives constatées entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et d'autres indicateurs du risque employés par le Service (comme l'Échelle d'information statistique sur la récidive et le processus d'évaluation initiale des délinquants) semblent indiquer la validité convergente (le degré auquel différentes mesures permettent de prévoir les mêmes facteurs) de l'Échelle. En effet, des comparaisons entre la désignation du niveau de sécurité d'après l'Échelle de classement par niveau de sécurité et les décisions de placement pénitentiaire ont révélé que l'Échelle permettait de prévoir efficacement les besoins quant au classement de sécurité des délinquants (d'après un certain nombre d'indicateurs de l'adaptation à l'établissement).
Nous avons également examiné l'incidence de la non-application
par l'évaluateur de l'Échelle de classement par
niveau de sécurité. Bien que l'informatisation de
l'Échelle ait éliminé un grand nombre des
risques d'administration erronée, des essais de la cohérence
interne ont confirmé de manière modeste la fiabilité
de l'Échelle. Néanmoins, l'Échelle a continué
à produire des résultats de classement discrets,
s'excluant mutuellement.
Une analyse comparative des résultats de l'étude a révélé l'existence d'un certain nombre de différences entre les régions. La moyenne des points pour l'adaptation à l'établissement variait entre 31 et 47 pour les cinq régions du Service; les taux de concordance variaient entre 66 % et 77 %. Nous avons également noté des différences quant à la nature et à la fréquence des cas de non-application de l'Échelle. Ces divergences régionales peuvent être attribuables à des différences dans les profils de la population, à la documentation disponible, aux pressions exercées pour ce qui est des locaux, aux pratiques pénitentiaires et de classement ou aux orientations régionales. Pour assurer l'application uniforme de l'Échelle, nous recommandons ce qui suit :
i. diffuser de nouveau un énoncé de principe pour insister sur la nécessité d'administrer de façon complète et exacte l'Échelle à tous les délinquants incarcérés sous responsabilité fédérale;
ii. prévoir des séances de formation sur l'Échelle de classement par niveau de sécurité;
iii. examiner les documents disponibles et leur utilisation dans les cinq régions en se basant sur un échantillon actuel d'admission.
Un accord complet avec l'Échelle de classement par niveau de sécurité n'était pas attendu et n'est pas nécessairement souhaitable. Il y a eu dérogation aux résultats de l'Échelle dans 26 % des cas environ. Les dérogations étaient souvent attribuables à des facteurs exclus de l'Échelle et, par conséquent, légitimes. Vu ces réalités, il est recommandé ce qui suit :
iv. adopter une politique pour reconnaître que les besoins de protection, l'état de santé, l'emplacement géographique, la perpétration d'une agression sexuelle avec violence et la déportation constituent des motifs autorisés de ne pas appliquer les résultats de l'Échelle;
v. modifier les instructions qui accompagnent l'Échelle afin d'y inclure des définitions opérationnelles et des procédures convenables en ce qui concerne les cas de non-application;
vi. exiger la présentation par écrit des motifs,
dans les cas où la non-application n'est pas expressément
autorisée.
Des analyses supplémentaires ont été effectuées pour déterminer la validité de l'Échelle de classement par niveau de sécurité pour ce qui est des femmes, des Autochtones et des délinquants sexuels. Les résultats de ces analyses semblent indiquer que l'Échelle peut également être utilisée auprès de ces délinquants. Des comparaisons avec les décisions de placement pénitentiaire ont révélé que l'Échelle de classement par niveau de sécurité constituait un instrument plus efficace de classement pour ces groupes de délinquants en ce qui concerne les incidents en établissement, les évasions et la mise en liberté de forme discrétionnaire.
Cette méthode de classement des délinquants présente un avantage important : elle permet à la direction de mieux contrôler la répartition des délinquants entre les différents niveaux de sécurité. Il est en effet possible de modifier et de contrôler plus précisément la répartition des délinquants en rajustant les valeurs limites des sous-échelles de l'Échelle de classement par niveau de sécurité ou en personnalisant les protocoles de sécurité en fonction des réalités immédiates.
Les valeurs limites initiales de l'Échelle ont été fixées vers le milieu des années 1980 à partir d'un échantillon qui correspondait au profil de la population carcérale et aux problèmes de gestion de l'époque. Toutefois, ni la répartition entre les niveaux de sécurité d'après l'Échelle de classement par niveau de sécurité (27 %, sécurité minimale, 68 %, sécurité moyenne et 5 %, sécurité maximale) ni le placement réel (24 %, sécurité minimale, 68 %, sécurité moyenne et 8 %, sécurité maximale) ne correspondent à la répartition prévue. D'après les répartitions résultant tant de l'Échelle de classement par niveau de sécurité que du placement initial réel, il a plus de délinquants assignés aux niveaux de sécurité inférieurs. Pour permettre une répartition plus adaptée à la réalité actuelle, un certain nombre de valeurs limites ont été explorées. Il est recommandé d'adopter des valeurs limites qui produiront la répartition suivante : 20 %, sécurité minimale, 70 %, sécurité moyenne et 10 %, sécurité maximale.
Nous disposons de la technologie nécessaire pour modéliser tous les changements pouvant être apportés aux valeurs limites de l'Échelle afin de déterminer leurs répercussions avant qu'ils ne soient mis en application.
EXAMEN OPÉRATIONNEL DE LA FIABILITÉ, DE LA VALIDITÉ ET DE L'UTILITÉ PRATIQUE DE L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ
Échelle de classement par niveau de sécurité
Répartition en fonction du classement selon le niveau de sécurité
Validité
a) Validité concourante
b) Validité convergente
c) Validité prédictive
i) Désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité et taux d'incidents
ii) Désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité et type de mise en liberté
iii) Désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité et interruption de la mise en liberté sous condition
d) Exhaustivité (délinquantes, Autochtones, délinquants sexuels)
i) Taux de concordance et d'écart des groupes
ii)Corrélation entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité, l'Échelle d'information statistique sur la récidive et la cote du risque et des besoins de l'évaluation initiale du délinquant
iii) Répartition des taux d'incidents et des types de mises en liberté pour les groupes en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
a) Désignations et décisions de placement pénitentiaire
i) Taux d'incidents dans l'établissement en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et le placement pénitentiaire
ii) Taux d'évasion en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
iii) Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire en fonction de la
concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
b) Examen de nouvelles valeurs limites
Tableau 1 : Total des points obtenus sur l'Échelle de classement par niveau de sécurité selon la région
Tableau 2 : Répartition d'après les sous-échelles en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 3 : Répartition régionale en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 4 : Moyennes des postes de l'Échelle en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 5 : Concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et
la décision de placement pénitentiaire
Tableau 6 : Résultats régionaux - concordance et écart par rapport à l'Échelle
Tableau 7 : Corrélations entre l'Échelle d'information statistique sur la récidive, le risque et les besoins, l'adaptation à l'établissement, le risque pour la sécurité et les désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8a : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8b : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents de violence en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8c : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents liés aux drogues ou à l'alcool en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8d : Répartition des délinquants placés au niveau de sécurité minimale ayant participé à des incidents d'évasion en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8e :Type de mise en liberté en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 8f :Adaptation suivant la mise en liberté sous condition en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 9a : Moyennes pour adaptation à l'établissement et le risque pour la sécurité selon les groupes
Tableau 9b : Taux de concordance et d'écart des groupes
Tableau 9c : Répartition des niveaux de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité en fonction des groupes
Tableau 9d :Corrélation entre l'Échelle d'information statistique sur la récidive, le risque et les besoins, l'adaptation à l'établissement, le risque pour la sécurité et les désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité de différents groupes
Tableau 9e : Répartition des taux d'incidents, des types de mises en liberté et de l'adaptation suivant la mise en liberté sous condition pour les groupes en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Tableau 10a : Taux d'incidents en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
Tableau 10b : Taux d'évasion en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
Tableau 11a : Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
Tableau 11b : Nombre moyen de jours jusqu'à la mise en liberté en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de classement pénitentiaire
Tableau 12 : Nouvelles valeurs limites
Annexes
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
Annexe 4
Annexe 5
Il est indispensable de bien classer les détenus pour gérer efficacement les pénitenciers et les populations carcérales ainsi que pour remplir les mandats législatif et en matière d'orientation du Service correctionnel du Canada, il. Des méthodes de classement objectives sont nécessaires pour empêcher qu'on n'impose aux délinquants des contrôles excessifs, pour aider à orienter l'affectation des ressources restreintes et pour produire une information exacte sur les délinquants en vue de la planification à long terme des locaux.
Le présent examen du classement selon le niveau de sécurité a été entrepris pour déterminer l'efficacité des pratiques de classement des délinquants, valider de nouveau l'Échelle de classement selon le niveau de sécurité et élaborer un modèle objectif de reclassement des délinquants. Il s'agit du troisième rapport qui traite de l'application, de la validité et de l'incidence de l'Échelle de classement par niveau de sécurité. Pour les études antérieures, on avait réuni des données produites manuellement sur papier et provenant de deux régions du Service qui avaient participé aux essais pilotes de l'Échelle. La présente étude reprend, tout en les élargissant, un grand nombre des analyses faites dans le contexte des études antérieures, mais elle porte sur un échantillon plus vaste constitué auprès des cinq régions du Service. Elle est basée sur les données provenant du Système de gestion des détenus, ce qui permet d'évaluer tant l'incidence de l'informatisation que la qualité des données produites par ce système. De plus, les données ont été recueillies au cours d'une période beaucoup plus longue, permettant ainsi de faire des analyses tant rétrospectives que de comparaison avec les résultats antérieurs.
CONTEXTE
Le classement constitue l'étape
initiale de la gestion du comportement des délinquants.
Il traduit l'importance fondamentale de comprendre les similitudes
et les différences entre les personnes, ce qui simplifie
en retour la prise de décisions au sujet de la gestion
et du traitement de ces personnes (Clements, 1982). Il est indispensable
pour mettre de l'ordre là où il y a complexité,
communiquer avec autrui, mesurer les résultats des décisions
et comprendre la tâche immédiate à accomplir
(Jesness, 1988).
Le classement des délinquants a joué un rôle
primordial dans l'évolution des vues sur la criminalité
et le traitement des délinquants (Clements, 1981). Il repose
sur l'existence, entre les délinquants, de différences
mesurables qui entraînent des conséquences en ce
qui a trait au traitement et à la gestion de ces derniers
(Gottfredson et Tony, 1987; Andrews, Bonta et Hoge, 1990).
Les plans de classement objectifs sont fondés sur des
modèles actuariels qui reposent sur des principes psychométriques
et des normes de validation rigoureuses (Austin, 1986), par opposition
aux méthodes plus traditionnelles qui font appel à
des jugements cliniques formels et à des impressions subjectives.
Il existe une pléthore de modèles de classement
des délinquants basés sur des variables psychologiques
et comportementales (Quay, 1984; Jesness, 1988) ou des facteurs
de la personnalité (Megargee, 1979), ainsi que de modèles
ayant des conséquences directes sur le traitement des délinquants
et la gestion des pénitenciers (Bonta & Motiuk, 1985;1987;1990;
Motiuk, Bonta et Andrews, 1986). Malgré certaines critiques
formulées au sujet de leur pouvoir prédictif (Gottfredson,
1986; Veneziano et Veneziano, 1986; Carey, Garske et Ginsberg,
1986), les modèles de classement objectifs ont présenté
de nombreux avantages, notamment en ce qui concerne leur évaluation
de la sécurité en milieu carcéral, de la
détention et du potentiel des programmes, l'affectation
des ressources et l'appariement des besoins des délinquants
et des ressources existantes. On attribue à ces méthodes
l'augmentation de la proportion des délinquants qui ont
pu être classés à des niveaux de sécurité
inférieurs sans que cela nuise aux taux d'inconduite en
milieu carcéral, d'évasion ou de mortalité
(Buchanan, Whitlow et Austin, 1986; Bonta et Motiuk, 1992; Van
Voorhis, 1988).
Un modèle de classement doit traduire les principes appliqués
par l'organisme en question et fournir un cadre théorique
cohérent qui est en accord avec les pratiques de classement.
La plupart des cadres de classement visent à évaluer,
à gérer et à contenir le risque d'évasion,
le risque pour la sécurité publique et le risque
d'inadaptation à l'établissement par l'application
de cotes de classement, une intervention sous forme de programmes
et la baisse graduelle des restrictions. Le classement objectif
est souvent vu comme un processus à deux étapes,
soit celle du classement initial et celle du reclassement périodique.
Le reclassement permet de faire contrepoids aux erreurs qui ont
pu être commises à l'étape du classement initial.
Sans cette deuxième étape, un nombre considérable
de délinquants pourraient être classés à
un niveau plus élevé que nécessaire (Austin,
1983; Walter, 1992). Tandis que les cotes de classement initiales
sont souvent établies en fonction de facteurs statiques
ou historiques (telles les incarcérations et les évasions
antérieures), les décisions de reclassement sont
ordinairement basées sur le comportement dynamique pendant
l'incarcération ainsi que sur l'envergure et le sens du
changement survenu dans le comportement. Les instruments de reclassement
doivent donc comprendre des critères distincts de ceux
de l'évaluation initiale et être fondés largement
sur des mesures du comportement pendant la détention (Quay,
1984).
La plupart des organismes correctionnels établissent des
conditions qui permettent à leurs employés de déroger
aux cotes de classement. D'après l'information obtenue,
le nombre de cellules disponibles, les besoins de protection et
les facteurs liés aux programmes sont les principaux motifs
à l'origine des dérogations (Buchanan, Whitlow et
Austin, 1986), bien que celles-ci soient souvent attribuables
à des généralisations imprécises ou
vagues quant à l'inacceptabilité de la cote produite
par l'instrument utilisé (Solliciteur général
du Canada, 1987; Porporino, Luciani, Motiuk, Johnston et Mainwaring,
1989; Luciani, Motiuk et Mainwaring, 1995). Les instruments de
classement doivent donc être valides dans le sens où
les conséquences qu'ils entraînent pour le traitement
et la gestion sont valables et peuvent être reproduites
(Gottfredson et Tonry, 1987; Kane, 1986). Les instruments de classement
objectifs doivent être conçus de manière à
atteindre quatre buts opérationnels : la prévision,
la gestion, le traitement et la compréhension (MacKenzie,
Posey et Rapaport, 1988; Brennan, 1987).
En cette période de compression constante des ressources et de sensibilisation accrue aux droits prévus par la Charte, on constate une tendance irrésistible à l'utilisation accrue de méthodes de classement objectives. Le classement objectif fournit aux organismes correctionnels un cadre à la fois pratique et juridique pour s'occuper du comportement difficile des détenus, établir des stratégies d'intervention et maximiser le potentiel de gestion des établissements correctionnels.
Un certain nombre d'auteurs recommandent les critères fondamentaux devant servir à mesurer les systèmes et instruments de classement (Clements, 1981; Megargee, 1979; Motiuk, 1986; Toch, 1981). On s'entend généralement pour reconnaître que les systèmes de classement doivent être exhaustifs dans le sens où chaque délinquant est «étiqueté» et où l'assignation à diverses catégories s'appuie sur des définitions opérationnelles d'application universelle. De plus, les instruments de classement doivent être suffisamment fiables pour que différents membres du personnel puissent appliquer les définitions et les protocoles de classement de manière à produire des résultats uniformes. Pour qu'elles soient valides, les catégories de classement doivent être véritablement distinctes les unes des autres et les prévisions implicites faites à partir du plan de classement doivent être confirmées. En outre, les plans de classement doivent faire entrer en ligne de compte les changements de statut et de comportement, traiter des conséquences en matière de traitement et être d'application économique. Enfin, il faut examiner le contexte dans lequel le processus de classement est appliqué et déterminer son incidence sur le système de classement.
Beaucoup de ces principes sont tout aussi importants pour répondre au besoin de revalidation de l'Échelle de classement par niveau sécurité signalé par le vérificateur général. C'est pourquoi nous examinons dans ce rapport le rendement de l'Échelle en ce qui concerne son application, sa validité et sa stabilité. Les taux d'achèvement nationaux et régionaux sont analysés et les erreurs d'application, évaluées. La relation entre les cotes obtenues sur l'Échelle, les décisions de placement et les résultats sert de base à diverses évaluations de la validité.
Une analyse des postes sert à évaluer la stabilité de l'Échelle, tandis qu'un examen des courbes de répartition de la population permet de déterminer son incidence éventuelle. Enfin, des comparaisons rétrospectives et interrégionales sont étudiées et des recommandations sont formulées quant aux pratiques en matière de classement ou aux raffinements qu'il y aurait lieu d'apporter.
Toutes les données présentées
dans ce rapport (y compris les points obtenus pour les postes
de l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et les totaux des sous-échelles, les cotes de sécurité,
les décisions de placement initial, les incidents en milieu
carcéral, le risque et les besoins, et les données
démographiques connexes) sont tirées du Système
de gestion des détenus. Celui-ci permet d'avoir aisément
accès à une vaste gamme de données normalisées,
bien que les méthodes d'accès à ces données
soient relativement nouvelles et qu'il faille absolument confirmer
la qualité des données pour toute analyse ou application.
Nous avons par conséquent utilisé certaines méthodes
de confirmation de données (y compris des recherches de
scores hors-limite, de scores manquants et de dossiers d'archives,
inactifs ou en double). Des contrôles ont également
été effectués pour confirmer les calculs
de points et garantir l'application adéquate des protocoles
de classement sécuritaire. Lorsque les données ont
été contaminées ou que des irrégularités
ont été décelées, nous avons éliminé
le dossier de l'échantillon.
Échelle de classement par niveau
de sécurité
L'Échelle de classement par niveau de sécurité (voir l'annexe 1) comprend deux sous-échelles qui sont cotées séparément : celle de l'adaptation à l'établissement, à cinq postes, et celle du risque pour la sécurité, à sept postes. Dans la plupart des cas, les points obtenus pour les postes augmentent en fonction de la fréquence des incidents; l'augmentation des points pour l'une ou l'autre des sous-échelles permet de prévoir un classement à un niveau de sécurité plus élevé. Le classement selon le niveau de sécurité est basé sur le total des points des sous-échelles en fonction de protocoles prédéterminés prévoyant des valeurs limites pour le niveau de sécurité minimale et le niveau de sécurité maximale. En cas de désaccord entre les sous-échelles, le niveau de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité est déterminé en fonction de la sous-échelle qui attribue la cote la plus élevée.
Le total des points peut varier entre 0 et 186 sur la sous-échelle
de l'adaptation à l'établissement et entre 17 et
190 (et même plus lorsqu'on tient compte des scores ouverts
pour les échecs de la mise en liberté sous condition)
sur la sous-échelle du risque pour la sécurité.
Les coefficients de pondération des postes et les valeurs
limites des niveaux de classement sont pour la plupart dérivés
empiriquement d'un échantillon de délinquants sous
responsabilité fédérale de 1987. Dans certains
cas, la pondération des postes est définie selon
les grandes priorités en matière d'orientation.
Ainsi, la gravité de l'infraction est pondérée
de manière à empêcher qu'un délinquant
purgeant une peine à perpétuité ne soit placé
dans un établissement à sécurité minimale.
Les valeurs limites sont conçues de façon à
produire la répartition suivante des délinquants :
15 %, sécurité minimale, 73 %, sécurité
moyenne et 12 %, sécurité maximale.
Échantillon
L'échantillon était composé
de tous les dossiers actifs de délinquants pour lesquels
il existait une évaluation complète et exacte selon
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
le 20 mars 1995. La population carcérale totale, à
cette date, s'élevait à 14 114 délinquants.
Nous avons trouvé des évaluations selon l'Échelle
pour 6 790 délinquants; toutefois, 45 dossiers ont
été éliminés parce qu'ils renfermaient
des erreurs, qu'ils étaient en double ou qu'ils étaient
inactifs. Nous avons donc obtenu un échantillon de 6 745
dossiers, correspondant à 48 % de la population carcérale,
répartis entre les régions du Service de la manière
présentée au tableau suivant.
Ventilation régionale de l'échantillon
|
Région | Population
totale Nbre | Part de la population totale | Nombre d'Échelles | Part
du total des Échelles |
| Atlantique | 1 425 | 10 % | 49 | 0,7 % |
| Québec | 3 702 | 26 % | 3 213 | 47,6 % |
| Ontario | 3 792 | 27 % | 2 441 | 36,2 % |
| Prairies | 3 272 | 23 % | 692 | 10,3 % |
| Pacifique | 1 923 | 14 % | 350 | 5,2 % |
| Total | 14 114 | 100 % | 6 745 | 100 % |
Les taux d'achèvement de l'Échelle de classement par niveau de sécurité variaient selon les régions, de sorte que la représentation d'une région au sein de l'échantillon ne correspond pas nécessairement à sa proportion de la population nationale. On ne s'attendait pas à des taux d'achèvement de 100 % pour diverses raisons, notamment à cause des admissions antérieures à la mise en oeuvre du Système de gestion des détenus, des transfèrements d'autres régions et d'une stratégie de mise en oeuvre qu'on ne pourrait certes qualifier d'enthousiaste. Les instructions accompagnant l'Échelle ne précisaient pas non plus les cas où les délinquants admis étaient exemptés de l'évaluation, si bien que l'application de l'Échelle prêtait à diverses interprétations. Toutefois, les inexactitudes constatées dans la représentation de la population ne constituaient pas une préoccupation capitale, étant donné que nous avons examiné le rendement de l'Échelle principalement en fonction des résultats produits par l'ensemble des données.
Normalement, le processus de placement pénitentiaire devrait suivre l'admission du délinquant. Toutefois, certaines dates d'admission suivaient le placement, ce qui laisse supposer que l'Échelle de classement par niveau de sécurité a été remplie lorsque le délinquant a été réincarcéré pour manquement aux conditions de sa mise en liberté sous condition. Nous avons relevé 479 cas où la date d'admission suivait la date de placement pénitentiaire.
Il s'est écoulé en moyenne 72 jours (ET = 122) jusqu'à l'achèvement de l'Échelle de classement par niveau de sécurité. Dans la région du Québec, on a réussi à terminer le processus de placement dans les 57 jours suivant l'admission, tandis que dans les autres régions, le laps de temps moyen écoulé jusqu'à l'achèvement de l'Échelle variait entre 78 et 87 jours. Dans un certain nombre de cas, l'Échelle de classement par niveau de sécurité n'a manifestement pas été remplie au moment de l'admission initiale puisque des centaines de jours se sont écoulés avant qu'elle ne le soit. Ces cas gonflent le nombre moyen de jours écoulés jusqu'à l'achèvement de l'Échelle; il pourrait donc être plus utile de dire que l'Échelle a été remplie dans les 60 jours suivant l'admission pour 64 % de l'échantillon, tandis que pour 16 % de l'échantillon, il a fallu plus de 90 jours avant que l'Échelle ne soit remplie.
Une analyse du total des points pour les postes et pour les sous-échelles a permis de mieux comprendre la nature et le profil de l'échantillon. Ainsi,
la moyenne pour la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement était de 37 (ET = 24,5), ce qui semble indiquer un profil d'adaptation au bas de la gamme pour le niveau de sécurité minimale. Le total des points le plus bas possible a été attribué à 7 % des membres de l'échantillon, tandis que 87 % des délinquants ont obtenu un total de points allant jusqu'à 60 pour l'adaptation. Quatre-vingt pour cent des membres de l'échantillon n'avaient jamais pris part à des incidents en milieu carcéral, 82 % n'avaient pas d'antécédents d'évasion (ou de tentative d'invasion) et un peu plus de 60 % n'avaient pas d'antécédents de toxicomanie ou avaient des antécédents de toxicomanie de gravité moyenne.
Les facteurs de l'«âge» et de la «stabilité avant l'incarcération» sont inclus dans les deux sous-échelles; même si les coefficients de pondération attribués varient, les répartitions des cotes étaient identiques. L'échantillon était composé largement de délinquants âgés soit de plus de 35 ans (33 %) soit de moins de 25 ans (30 %). La stabilité avant l'incarcération de plus de la moitié des membres de l'échantillon a été jugée «moyenne» ou «inférieure à la moyenne». Dans l'ensemble, les scores moyens obtenus sur la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement étaient beaucoup plus bas que ceux prévus dans le plan original de l'Échelle de classement par niveau de sécurité. Ces faibles scores entraînent des conséquences en ce qui concerne la répartition des délinquants.
La moyenne du total des points quant au risque pour la sécurité
était de 75 (ET = 25,8), ce qui semble indiquer
un profil de sécurité général gravitant
autour de la cote de sécurité moyenne. Le total
des points le plus bas possible a été accordé
à 1 % à peine des membres de l'échantillon.
À leur admission, la plupart des membres de l'échantillon
(83 %) n'avaient aucune accusation en suspens, 86 %
faisaient face à des accusations considérées
comme «graves», 58 % purgeaient des peines de quatre
ans ou moins, 63 % n'avaient jamais obtenu la libération
conditionnelle ou la libération d'office, 18 % n'avaient
jamais été condamnés auparavant, tandis que
20 % comptaient plus de 15 condamnations antérieures.
Dans des rapports antérieurs, nous avons exprimé des préoccupations au sujet d'un certain nombre de facteurs opérationnels qui nuisaient à l'application exacte de l'Échelle. L'adoption d'une version informatisée de l'Échelle allait permettre, croyait-on, d'éliminer un grand nombre des erreurs commises dans le calcul des points, la détermination de l'âge des délinquants et l'application des protocoles de classement par niveau de sécurité. Or notre examen a révélé seulement 16 erreurs de contamination de ce genre dans l'échantillon de 6 790 délinquants, ce qui dissipe bien des inquiétudes au sujet des erreurs d'inattention. Nous ne nous sommes pas arrêtés à la disponibilité des documents d'enquête, mais le Système de gestion des détenus permet d'avoir immédiatement accès sur place à toutes les données démographiques comme l'âge, les antécédents criminels et la gravité des infractions. Souvent, il fournit également des données secondaires concernant une incarcération antérieure, la consommation d'alcool ou de drogues et la stabilité avant l'incarcération (tirées des rapports récapitulatifs antérieurs sur l'évolution du cas du Service). Nous continuons à nous fier aux renseignements fournis par les délinquants uniquement pour l'incarcération sous responsabilité provinciale et les antécédents sociaux des délinquants primaires.
Il ne fait aucune doute que l'adoption de la version informatisée
de l'Échelle de classement par niveau de sécurité
a permis d'améliorer considérablement la qualité,
l'exactitude et l'uniformité d'application de l'Échelle
et d'éliminer un grand nombre des préoccupations
d'ordre opérationnel signalées dans les examens
antérieurs.
Comparaisons interrégionales
Le total moyen des points pour l'adaptation
à l'établissement était uniformément
faible (par rapport au total possible) dans toutes les régions
et bien inférieur à la valeur limite pour le classement
au niveau de sécurité moyenne. Il variait entre
31 dans la région des Prairies à 47 dans celle du
Pacifique. Le total moyen des points obtenus sur la souséchelle
du risque pour la sécurité se rapprochait davantage
du milieu de la gamme et était supérieur à
la valeur limite pour le classement au niveau de sécurité
moyenne (il variait entre 72 dans la région des Prairies
et 81 dans celle de l'Atlantique).
Tableau 1 : Total des points obtenus sur l'Échelle
de classement par niveau de sécurité selon la région
| Moyenne
Adaptation à | Moyenne
Risque pour | |
| Région | l'établissement (ET) | la sécurité (ET) |
| Atlantique (n = 49) | 42 (24) | 81 (30) |
| Québec (n = 3 213) | 37 (23) | 74 (25) |
| Ontario (n = 2 441) | 38 (24) | 77 (27) |
| Prairies (n = 692) | 31 (23) | 72 (25) |
| Pacifique (n = 350) | 47 (34) | 76 (28) |
| Total (N = 6 745) | 37 (24) | 75 (26) |
Les raisons qui expliqueraient ces divergences régionales ne sont pas parfaitement claires. Comme l'adoption de la version informatisée de l'Échelle de classement par niveau de sécurité a entraîné une réduction des erreurs de calcul et d'interprétation, ces disparités auraient dû diminuer. Il est possible que celles-ci soient attribuables en partie aux différences quant au profil de la population entre les régions. Par ailleurs, l'administration de l'Échelle dépend de l'obtention en temps opportun de renseignements provenant de diverses sources du système de justice pénale, et il est possible qu'on n'ait pas uniformément accès à cette information dans toutes les régions. Le manque d'information ou le recours à des données fournies par les délinquants peuvent faire baisser le total des points et, par conséquent, les cotes de classement. La petite taille des échantillons dans les régions de l'Atlantique, du Pacifique et des Prairies peut aussi contribuer aux écarts dans les points pour ces régions.
Répartition en fonction du
classement selon le niveau de sécurité
Les points obtenus pour l'adaptation à l'établissement ont produit un profil principalement à sécurité minimale (94 %), tandis que ceux du risque pour la sécurité ont produit une répartition plus équilibrée mais un plus grand nombre de cotes de sécurité minimale que celles qui étaient prévues dans le plan initial de l'Échelle. Il y avait manque d'accord entre les sous-échelles surtout en ce qui concerne les cotes de sécurité minimale par opposition aux cotes de sécurité moyenne. La plupart des délinquants classés au niveau de sécurité minimale d'après la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement ont en fait abouti au niveau de sécurité moyenne parce qu'ils ont été classés à ce niveau d'après la sous-échelle du risque pour la sécurité. La répartition des délinquants en fonction de l'Échelle de classement par niveau de sécurité a en effet été largement déterminée par le total des points obtenus sur la sous échelle du risque pour la sécurité. Sauf dans la mesure où on a augmenté le nombre de délinquants classés au niveau de sécurité maximale d'après l'Échelle, les points obtenus sur la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement n'ont pas contribué beaucoup, semble-t-il, au résultat final du classement.
Tableau 2 : Répartition d'après les sous-échelles en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
|
Sous-échelle | Sécurité minimale | Sécurité moyenne | Sécurité maximale |
| Adaptation à l'établissement | 94,3 % | 3,0 % | 2,7 % |
| Risque pour la sécurité | 27,8 % | 69,5 % | 2,7 % |
| Total | 27,3 % | 67,6 % | 5,1 % |
(N = 6 745)
Dans les régions du Québec et des Prairies, un peu plus de 3 % de la population carcérale a été classée au niveau de sécurité maximale, tandis que dans les régions de l'Atlantique et du Pacifique, plus de 14 % des délinquants ont été classés à ce niveau. Dans toutes les régions, sauf celle de l'Atlantique où la proportion était de 55 %, entre 61 % et 68 % des délinquants admis ont été classés au niveau de sécurité moyenne. Il y avait moins de variabilité en ce qui concerne le classement au niveau de sécurité minimale, pour lequel la proportion variait entre 32,5 % (Prairies) et 24 % (Pacifique).
Tableau 3 : Répartition régionale en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Région (Nombre) | Sécurité minimale | Sécurité moyenne | Sécurité maximale |
| Atlantique (49) | 30,6% | 55,1 % | 14,3 % |
| Québec (3 231) | 27,8% | 68,6 % | 3,6 % |
| Ontario (2 441) | 25,7% | 68,3 % | 6,1 % |
| Prairies (692) | 32,5% | 64,3 % | 3,2 % |
| Pacifique (350) | 24,0% | 61,4 % | 14,6 % |
| Total (6 745) | 27,3% | 67,6 % | 5,1 % |
L'Échelle de classement par niveau de sécurité établit des normes et des procédures nationales en ce qui a trait au classement par niveau de sécurité des délinquants. Ces normes et procédures sont appliquées dans les cinq régions; toutefois, chacune de celles-ci possède des traditions en matière de classement, des points de vue et des solutions quant aux locaux qui lui sont propres. C'est pourquoi il est important de veiller à ce que l'Échelle soit appliquée uniformément, en conformité avec des normes de fiabilité acceptables. D'après notre expérience, l'Échelle est beaucoup plus fiable depuis qu'elle est incluse dans le module de placement pénitentiaire et qu'elle est basée sur des données concrètes et discrètes, et depuis que le personnel s'est sensibilisé aux techniques de classement objectives et les a acceptées.
Un test fondé sur le coefficient alpha, servant à mesurer la cohérence interne des postes de l'Échelle, a été employé pour étudier plus exactement la fiabilité de celle-ci. Un coefficient alpha élevé signifie ordinairement une grande cohérence interne. Les sous-échelles de l'Échelle de classement par niveau de sécurité ont été conçues pour mesurer des facteurs distincts, et c'est pourquoi des tests de cohérence interne ont été menés séparément pour chacune. L'annexe 2 présente les relations réciproques entre les postes des sous-échelles et la corrélation entre les postes et les totaux composés.
Le coefficient de fiabilité globale (alpha) était de 0,39 et de 0,10 respectivement pour la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement et celle du risque pour la sécurité. Les corrélations entre les postes de la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement et le total ainsi que presque toutes les intercorrélations étaient significatives (p < 0,005), à deux exceptions près (consommation d'alcool ou de drogue et âge au moment de la détermination de la peine). En ce qui concerne la sous-échelle du risque pour la sécurité, les accusations en instance, la gravité de l'infraction à l'origine de la peine actuelle et la stabilité avant l'incarcération ont produit les seuls totaux de postes pour lesquels les corrélations étaient significatives (p < 0,005).
Ces résultats montrent bien la cohérence interne de la souséchelle de l'adaptation à l'établissement et montrent assez bien celle de la sous-échelle du risque pour la sécurité. Nous avons donc décidé d'examiner davantage les moyennes des postes de l'Échelle afin d'évaluer la capacité de celle-ci de produire des résultats uniques et discrets en matière de classement (voir le tableau 4).
Tableau 4 : Moyennes des postes de l'Échelle en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Poste | Total | Max. | Moy. | Min. | Ratio F |
| Taux des points pour les incidents dans l'établissement | 5,6 | 36,63 | 4,86 | 1,67 | 1 241** |
| Antécédents d'évasion | 1,92 | 5,59 | 2,13 | 0,73 | 135** |
| Stabilité avant l'incarcération | 20,39 | 26,65 | 22,28 | 14,56 | 437** |
| Alcool/Drogues | 3,16 | 3,98 | 3,38 | 2,45 | 112** |
| Âge au moment de la détermination de la peine | 5,85 | 10,46 | 7,18 | 1,71 | 471** |
| Condamnations antérieures | 7,62 | 9,18 | 8,24 | 5,18 | 171** |
| Gravité des accusations en instance | 2,79 | 5,81 | 3,38 | 0,75 | 151** |
| Gravité de l'infraction à l'origine de la peine actuelle | 28,21 | 33,56 | 30,97 | 20,34 | 765** |
| Durée de la peine | 13,58 | 38,33 | 14,49 | 6,71 | 799** |
| Stabilité avant l'incarcération - Risque pour la sécurité | 6,34 | 8,28 | 6,96 | 4,53 | 445** |
| Total des points pour la libération conditionnelle/ libération d'office | 1,31 | 1,87 | 1,41 | 0,98 | 25** |
| Âge à l'admission | 14,84 | 22,6 | 17,86 | 5,92 | 789** |
(**p <0,001)
Les relations entre les classements et la moyenne du total des
points des postes étaient uniformément linéaires
pour tous les postes et allaient dans le sens prévu. Les
délinquants classés au niveau de sécurité
maximale ont obtenu la moyenne la plus élevée pour
les postes, suivis des délinquants classés au niveau
de sécurité moyenne et de ceux classés au
niveau de sécurité minimale. Les écarts entre
les moyennes pour les postes étaient significatifs (p < 0,001)
dans tous les cas, et d'autres comparaisons de groupes multiples
ont confirmé l'existence d'écarts significatifs
(p < 0,05) pour toutes les comparaisons de groupes
possibles. Ces résultats révèlent que, malgré
des résultats médiocres
en ce qui concerne la cohérence interne, l'Échelle
a effectivement permis de faire la distinction entre les différents
résultats du classement par niveau de
sécurité. Ils laissent également entendre
que, même s'il faut peut-être confirmer de nouveau
les postes de l'Échelle et les coefficients de pondération,
on pourrait améliorer davantage la fiabilité de
l'Échelle en se concentrant sur les conditions opérationnelles.
Il faudrait en effet étudier l'incidence de facteurs comme
la documentation disponible et les pratiques d'application et
déterminer leur contribution à l'application uniforme
de l'Échelle.
Validité
a) Validité concourante
La validité concourante désigne le degré d'accord entre la désignation du niveau de sécurité obtenu par l'application de l'Échelle de classement par niveau de sécurité et le classement de sécurité résultant de l'application d'une autre méthode, comme la décision de placement réelle. La validité concourante peut aussi avoir d'importantes conséquences sur la confiance du personnel dans l'Échelle de classement par niveau de sécurité et son acceptation de cet instrument. Nous examinons, dans l'analyse qui suit, la concordance entre le classement résultant de l'application de l'Échelle et la décision de placement pénitentiaire réelle afin de déterminer la validité concourante de l'Échelle. Les totaux des taux de concordance pour l'échantillon sont présentés au tableau 5, tandis que la ventilation des taux selon les régions se trouve à l'annexe 3.
Au tableau 5, on peut voir dans les cases ombrées en diagonale
les fréquences et pourcentages d'accord quant au classement
de sécurité entre la cote obtenue sur l'Échelle
et la décision de placement pénitentiaire. Les cellules
au-dessus de la diagonale correspondent aux cas où il y
a eu dérogation à la cote obtenue sur l'Échelle
et où le délinquant a été classé
à un niveau de sécurité supérieur.
Les cellules sous la diagonale correspondent aux cas de désaccord
où l'on a dérogé à la cote obtenue
sur l'Échelle et où l'on a placé le délinquant
à un niveau de sécurité inférieur.
Les décisions de placement pénitentiaire n'avaient pas été indiquées dans 112 dossiers, ce qui a produit un échantillon de 6 633 cas. Le taux de concordance global (correspondant à la somme des valeurs dans les cases ombrées en diagonale) était de 74 %. Cela représente une augmentation de 11 % par rapport à celui obtenu aux deux essais antérieurs sur le terrain et de 14 % par rapport à celui obtenu aux essais structurels initiaux.
Tableau 5 : Concordance entre l'Échelle
de classement par niveau de sécurité et la décision
de placement pénitentiaire
Décision de placement
Sécurité minimale | Sécurité moyenne | Sécurité maximale | Total
Échelle de classement par niveau de sécurité | ||
Échelle de | Sécurité
minimale (nbre) | 16,3 % (1 078) | 10,7 % (707) | 0,3 % (21) | 27,3 % (1 806) |
| classement
par niveau de sécurité | Sécurité
moyenne (nbre) | 7,7 % (508) | 54,7 % (3 629) | 5,3 % (349) | 67,7 % (4 486) |
| Sécurité
maximale (nbre) | 0,1 % (4) | 2,1 % (142) | 2,9 % (195) | 5,1 % (341) | |
| Total
Décision de placement (nbre) | 24,1 % (1 590) | 67,5 % (4 478) | 8,5 % (565) |
(Khi-deux = 2 768; p < 0,001; n = 6 633)
D'après les examens antérieurs, le taux de concordance réel pourrait atteindre 84 % si l'on tenait compte de l'incidence des cas légitimes de non-application de l'Échelle. (Signalons par contraste que nous avons constaté un taux de concordance de 89 % entre les décisions de placement pénitentiaire et les recommandations en matière de placement des agents de gestion des cas, pour lesquelles on tient compte des cas légitimes de non-application.)
Les délinquants classés au niveau de sécurité minimale ou moyenne (16 %) mais placés à un niveau de sécurité supérieur constituaient la plus grande source de désaccord. Les deux tiers de ces écarts étaient attribuables au placement au niveau de sécurité moyenne de délinquants classés au niveau de sécurité minimale; dans les autres cas, il s'agissait de délinquants classés au niveau de sécurité moyenne qu'on avait décidé de placer au niveau de sécurité maximale. Ce taux est bien inférieur à celui signalé dans les études antérieures selon lesquelles, dans 32 % des cas, on s'était écarté des cotes obtenues par l'administration de l'Échelle en plaçant les délinquants à un niveau de sécurité supérieur. Il est également intéressant de noter que le taux d'écart dans le sens d'un placement à un niveau de sécurité inférieur est passé de 4 % à 10 % dans ce dernier échantillon. Dans la plupart de ces cas, des délinquants classés au niveau de sécurité moyenne avaient été placés au niveau de sécurité minimale. Bien que les cotes globales obtenues au moyen de l'échelle traduisent un plus grand libéralisme relativement au classement selon le niveau de sécurité, l'écart entre les cotes et les pratiques de placement s'est clairement rétréci depuis cinq ans.
Le tableau suivant constitue un résumé des résultats régionaux pour ce qui est de la concordance et de l'écart par rapport à l'Échelle.
Tableau 6. Résultats régionaux - concordance et écart par
rapport à l'Échelle
Région (nbre) | Concordance |
Écart - niveau de sécurité supérieur | Écart - niveau de sécurité inférieur |
| Atlantique (44) | 66 % | 20 % | 14 % |
| Québec (3 202) | 77 % | 11 % | 12 % |
| Ontario (2 401) | 71 % | 22 % | 7 % |
| Prairies (638) | 74 % | 17 % | 9 % |
| Pacifique (348) | 70 % | 21 % | 9 % |
| Total (6 633) | 74 % | 16 % | 10 % |
Les taux de concordance variaient entre 77 % dans la région du Québec et 66 % dans la région de l'Atlantique. Sauf pour le Québec, les écarts par rapport à l'Échelle en faveur d'un placement à un niveau de sécurité supérieur prédominaient dans toutes les régions et l'emportaient sur les écarts en faveur d'un placement à un niveau de sécurité inférieur à deux contre un dans la région du Pacifique (21 % par rapport à 9 %) et dans la région des Prairies (17 % contre 9 %), à trois contre un dans la région de l'Ontario (22 % contre 7 %) et à cinq contre trois dans la région de l'Atlantique (20 % contre 14 %). Dans la région du Québec, les écarts en faveur d'un placement à un niveau de sécurité inférieur étaient un peu plus fréquents que les écarts en faveur d'un placement à un niveau de sécurité supérieur (12 % contre 11 %). Dans les régions où les écarts en faveur d'un niveau de sécurité supérieur prédominaient, les délinquants classés au niveau de sécurité minimale étaient le plus souvent placés au niveau de sécurité moyenne, alors que l'inverse s'est produit au Québec.
Ces résultats confirment nos constatations antérieures, qui ont révélé que les décisions de placement tendaient à traduire une vue plus prudente en ce qui concerne le classement selon le niveau de sécurité que la cote basée sur l'Échelle. Il est toutefois notoire que, d'après la présente étude, le taux de concordance a augmenté de près de 11 %, en raison d'une baisse du nombre d'écarts en faveur d'un placement à un niveau de sécurité supérieur. Au cours des exercices 1991 à 1994, les placements au niveau de sécurité maximale représentaient ordinairement entre 8 % et 9 % des admissions. Les placements au niveau de sécurité minimale sont toutefois passés de 22 % en 1991 à 26 % en 1992, puis à 27 % en 1993 pour retomber à 21 % en 1994. L'adoption de l'Échelle, du moins dans les premières années, a coïncidé avec une tendance croissante à placer un nombre accru de délinquants à des niveaux de sécurité inférieurs.
Un accord complet avec l'Échelle
n'était pas prévu et n'est pas non plus souhaitable.
Aucune méthode actuarielle ne peut faire entrer en ligne
de compte la myriade de facteurs qui entourent une décision
aussi complexe que celle du classement selon le niveau de sécurité.
Un certain pouvoir discrétionnaire est nécessaire
pour appliquer les méthodes d'évaluation actuarielles.
D'après nos calculs antérieurs, entre 8 % et
12 % du désaccord pourrait être attribuable
à des facteurs légitimes comme le besoin de protection,
l'état de santé, la disponibilité des programmes,
la proximité de la famille et les exigences de déportation.
Il faut reconnaître l'existence de ces facteurs et en tenir
compte dans l'équation du classement sans pour autant que
cela nuise à l'évaluation au moyen de l'Échelle
de classement par niveau de sécurité. Une modification
du processus d'application de l'Échelle destinée
à faire entrer en ligne de compte les motifs légitimes
de non-application permettrait de mieux comprendre l'aspect de
la concordance et de produire des profils de population plus exacts,
tout en préservant l'intégrité du processus.
b) Validité convergente
La validité convergente traduit
la relation existant entre les facteurs qui sont mesurés
différemment mais qui devraient normalement entretenir
entre eux une corrélation significative et aller dans le
même sens. Nous présentons ci-dessous la corrélation
entre les scores obtenus sur l'Échelle d'information statistique
sur la récidive et les cotes des niveaux de risque et de
besoins produites par le processus de l'Évaluation initiale
du délinquant (EID) et les scores sur les sous-échelles
de l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et la désignation générale du niveau de sécurité.
L'échantillon comprenait 3 656 dossiers renfermant
l'Échelle d'information statistique sur la récidive,
290 dossiers dans lesquels figuraient des cotes des niveaux de
risque et de besoins d'après l'évaluation initiale
et 309 dossiers comportant des cotes particulières du niveau
de risque et des besoins. Le score moyen général
obtenu sur l'Échelle d'information statistique sur la récidive
était de +0,47, variant de +5,0 pour les délinquants
classés au niveau de sécurité minimale à
-0,63 et -1,4 pour les délinquants classés au niveau
de sécurité moyenne et au niveau de sécurité
maximale respectivement. Selon l'EID, les délinquants «à
risque et à besoins élevés» formaient
le groupe le plus important (33 %), suivis des délinquants
«à risque et à besoins moyens» (28 %)
et de ceux «à risque et à besoins faibles»
(10 %).
Tableau 7 : Corrélations entre l'Échelle
d'information statistique sur la récidive, le risque
et les besoins, l'adaptation à l'établissement,
le risque pour la sécurité et les désignations
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
Échelle (nbre) | Adaptation à l'établissement | Risque pour la sécurité | Échelle de classement par niveau de sécurité |
| Échelle d'information statistique sur la récidive (3 656) | -0,53*** | -0,12*** | -0,39*** |
| Niveau de risque EID (309) | 0,35*** | 0,43*** | 0,46*** |
| Niveau de besoins EID (309) | 0,47*** | 0,39*** | 0,52*** |
| Niveau de risque/besoins EID (290) | 0,43*** | 0,46*** | 0,52*** |
(***p < 0,0001)
Les corrélations entre les scores
obtenus sur l'Échelle d'information statistique sur la
récidive, les cotes des niveaux de risque et de besoins
d'après l'EID et les totaux des points généraux
et des sous-échelles de l'Échelle de classement
par niveau de sécurité étaient toutes statistiquement
significatives (p < 0,0001) et linéaires,
et allaient dans le sens prévu. La probabilité de
récidive augmentait en fonction de l'accroissement du niveau
de classement sécuritaire. Nous avons également
examiné les corrélations entre les résultats
(par opposition aux scores) et constaté des corrélations
significatives bien que plus faibles entre toutes les mesures
précédentes et les sous-échelles.
c) Validité prédictive
Les évaluations actuarielles supposent implicitement une prévision du comportement futur. Le degré auquel l'Échelle de classement par niveau de sécurité permet de bien classer les délinquants, pour ce qui est de prévoir leur comportement futur, constitue une mesure de sa validité prédictive. Pour déterminer la validité prédictive de l'Échelle, nous avons examiné la relation entre les résultats prévus par l'Échelle et le comportement des délinquants (que traduisent les données sur les incidents en milieu carcéral, le type de mise en liberté et l'interruption de la mise en liberté sous condition).
i) Désignation
selon l'Échelle de classement par niveau
de sécurité et taux d'incidents
Les incidents commis en milieu carcéral allaient du meurtre
et des voies de fait à la désobéissance à
un ordre et au manque de respect envers un agent. Les données
sur les incidents ont été recueillies après
avoir administré l'Échelle au cours d'une période
de suivi qui s'est étendue de mars 1991 à août
1995 (ou, dans certains cas, pendant quatre ans et demi au maximum).
Pour étudier la relation entre le classement et le comportement,
nous avons effectué des analyses de tableaux de contingence
portant sur la fréquence à laquelle les délinquants
participaient à des incidents (répartis entre tous
les résultats par niveau de classement), tant pour l'ensemble
des incidents que pour les actes de violence, les incidents liés
aux drogues et à l'alcool et l'évasion séparément.
Nous avons également calculé les taux d'incidents
pour chaque niveau de classement en nous basant sur le pourcentage
de délinquants qui ont été impliqués
dans les incidents à chaque niveau.
Tableau 8 a : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents en fonction de la désignation
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale | |
| Délinquants n'ayant pas participé à des incidents (nbre) |
168 | 2 961 | 1 556 |
| Délinquants ayant participé à des incidents (nbre) | 175 | 1 597 | 288 |
| Taux d'incidents % | 51 | 35 | 15,6 |
(Khi-deux =305; p < 0,001; N = 6 745)
Tableau 8b : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents de violence en fonction de la désignation
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale | |
| Délinquants n'ayant pas participé à des incidents de violence (nbre) |
294 | 4 191 | 1 787 |
| Délinquants ayant participé à des incidents de violence (nbre) | 49 |
367 | 57 |
| Taux d'incidents de violence % | 14,3 | 8,1 | 3,1 |
(Khi-deux =77; p < 0,001; N = 6 745)
Tableau 8c : Répartition des délinquants ayant participé à des incidents liés aux drogues ou à l'alcool en fonction de la désignation
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale | |
| Délinquants n'ayant pas participé à des incidents liés aux drogues ou à l'alcool (nbre) |
331 | 4 488 | 1 838 |
| Délinquants ayant participé à des incidents liés aux drogues ou à l'alcool ( %) | 12 | 70 | 6 |
| Taux d'incidents liés aux drogues ou à l'alcool % | 3,5 | 1,5 | 0,03 |
(Khi-deux = 28; p < 0,001; N = 6 745)
Le taux d'incidents de base suivant le placement pénitentiaire variait entre 31 % pour tous les incidents et 5 % pour les incidents de violence et 1 % pour les incidents liés aux drogues et à l'alcool. Le taux de participation à des incidents de toutes sortes dans l'établissement différait de façon significative pour chaque désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité, les délinquants classés au niveau de sécurité maximale enregistrant les taux les plus élevés, suivis de ceux classés au niveau de sécurité moyenne et au niveau de sécurité minimale. Comme prévu, la participation par les délinquants à des incidents en général ainsi qu'à des incidents de violence ou liés aux drogues et à l'alcool diminuait avec la cote selon l'Échelle, ce qui traduisait une relation linéaire positive entre le classement et la participation à des incidents dans l'établissement.
Comme les évasions tendent à être plus fréquentes dans les établissements à sécurité minimale, il faut neutraliser l'«occasion» d'évasion qui s'offre aux délinquants classés et placés à ce niveau. Pour examiner la relation entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et les incidents d'évasion, nous avons recensé les délinquants «placés» au niveau de sécurité minimale et avons établi leur taux d'évasion en fonction de la désignation selon l'Échelle. Le taux d'évasion global (indépendamment du classement initial) est de 5,2 %, tandis que le taux enregistré pour les délinquants placés au niveau de sécurité minimale est de 5,6 %. On peut voir au tableau suivant la répartition des délinquants placés directement au niveau de sécurité minimale, ainsi que les taux d'évasion en fonction de la désignation selon l'Échelle.
Tableau 8d : Répartition des délinquants placés au niveau de sécurité minimale ayant participé à des incidents d'évasion en fonction de la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale | |
| Délinquants n'ayant pas participé à des incidents d'évasion (nbre) |
4 | 469 | 1 028 |
| Délinquants ayant participé à des incidents d'évasion (nbre) | 0 | 39 | 50 |
| Taux d'évasion % | 0,0 | 7,7 | 4,6 |
(Les cellules à sécurité maximale et à sécurité moyenne ont été combinées.
Khi-deux = 5,8; p < 0,05; n = 1 590)
S'ils en avaient eu la chance, les délinquants classés
à un niveau supérieur à minimal (les niveaux
maximal et moyen étant confondus) s'étaient évadés
à un taux atteignant 7,6 %, soit 3 % de plus
que le taux d'évasion constaté pour les délinquants
classés au niveau de sécurité minimale. Autrement
dit, pour 10 délinquants classés au niveau de sécurité
minimale sur 100 qui se sont évadés, 16,5 délinquants
classés à un niveau plus élevé sur
100 se sont évadés. Il est également intéressant
de noter que sur les 707 délinquants classés au
niveau de sécurité minimale mais placés au
niveau de sécurité moyenne, 27 se sont évadés
(produisant un taux de 3,8 %). Ce taux est inférieur
au taux d'évasion de base de 5,6 % enregistré
pour tous les délinquants classés au niveau de sécurité
minimale et placés directement à ce niveau et bien
inférieur à celui de 7,7 % enregistré
pour les délinquants classés au niveau de sécurité
moyenne (nous reviendrons sur la question du comportement que
ces délinquants auraient eu s'ils avaient été
placés initialement au niveau de sécurité
minimale).
ii) Désignation selon l'Échelle
de classement par niveau de sécurité et type
de mise en liberté
La plupart des mises en liberté d'établissements de détention fédéraux peuvent être considérées soit comme «discrétionnaires» soit comme «non discrétionnaires». La première catégorie inclut la semi-liberté ou la libération conditionnelle totale nécessitant l'approbation de la Commission nationale des libérations conditionnelles; cette forme de mise en liberté est accordée aux délinquants qui présentent relativement moins de risque, qui se sont bien adaptés à l'établissement et qui se sont montrés aptes à réussir leur réinsertion sociale. La seconde catégorie inclut la libération d'office et la libération à la fin de la peine. Les délinquants visés par ces formes de mise en liberté sont ceux qui sont généralement considérés comme présentant plus de risque et dont l'adaptation à la société est douteuse. Nous n'avons pas inclus dans cet échantillon les mises en liberté attribuables au décès ou à la déportation. Nous nous attendions à constater une relation entre le résultat prévu par l'Échelle et le type de mise en liberté, c'est-à-dire une augmentation de la fréquence des mises en liberté de forme discrétionnaire et une baisse de mises en liberté de forme non discrétionnaire selon qu'un risque plus bas pour la sécurité était prévu. Le tableau suivant présente la répartition des types de mises en liberté en fonction de la désignation du niveau de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité.
En tout, 3 919 délinquants ont obtenu une mise en
liberté à un moment quelconque suivant l'administration
de l'Échelle de classement par niveau de sécurité :
2 734 (70 %) ont obtenu une mise en liberté de
forme discrétionnaire, tandis que les autres 30 %
ont obtenu une mise en liberté de forme non discrétionnaire.
Le taux de mise en liberté de forme discrétionnaire
pour les délinquants classés au niveau de sécurité
maximale était de 34 %; ce taux atteignait 65 %
pour les délinquants classés au niveau de sécurité
moyenne et 80 % pour les délinquants classés
au niveau de sécurité minimale. Ces résultats
révèlent l'existence d'une relation significative
entre la répartition des délinquants selon le type
de mise en liberté et le résultat prévu par
l'Échelle. L'amélioration des cotes obtenues pour
l'adaptation à l'établissement et le risque pour
la sécurité s'accompagne d'un diminution de la probabilité
d'une mise en liberté de forme discrétionnaire.
Tableau 8e :Type de mise en liberté en fonction des désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Type de mise en liberté | Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale |
| Délinquants ayant obtenu une mise en liberté de forme non discrétionnaire (nbre) |
39 | 858 | 288 |
| Délinquants ayant obtenu une mise en liberté de forme discrétionnaire (nbre) | 20 | 1 590 | 1 124 |
| Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire % | 34 | 65 | 80 |
(Khi-deux = 128; p < 0,001; n = 3 919)
Enfin, nous avons étudié la relation entre l'adaptation suivant la mise en liberté sous condition et la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité (ÉCNS) en examinant les «interruptions» de la mise en liberté. Par interruption, nous entendons la suspension ou la révocation de la mise en liberté sous condition indépendamment de la manière dont le cas est réglé. Nous avons utilisé cette définition large de l'échec de la mise en liberté pour deux raisons. Premièrement, le comportement réel ou soupçonné du délinquant qui mène à la délivrance ou à l'exécution d'un mandat d'arrestation sous-entend une mesure de risque pour le public qui se réalise ou qui est prévu. Deuxièmement, les dossiers de suspension précèdent généralement les dossiers de révocation et permettent de calculer un taux par rapport à une base plus vaste aux fins d'analyse. La «réussite» suivant la mise en liberté signifie le fait pour tout délinquant ayant obtenu une mise en liberté sous condition d'avoir purgé sa peine jusqu'à l'expiration du mandat sans suspension ou d'être actuellement sous surveillance sans qu'il y ait eu interruption de la liberté. Nous n'avons pas tenu compte, pour l'analyse, des mises en liberté attribuables à la déportation, des achèvements de peine attribuables au décès et des sorties supervisées.
Tableau 8f :Adaptation suivant la mise en liberté sous condition en fonction des désignations
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
| Adaptation suivant la mise en liberté sous condition | Sécurité maximale | Sécurité moyenne | Sécurité minimale |
| Délinquants sans interruption de la mise en liberté (nbre) |
9 | 918 | 802 |
| Délinquants avec interruption de la mise en liberté (nbre) | 48 | 1 443 | 554 |
Taux d'interruption % | 84 | 61 | 41 |
(Khi-deux = 128; p < 0,001; n = 3 774)
Nous avons eu accès à des données sur la période postlibératoire pour 3 774 délinquants : 2 045 avaient été visés par une suspension ou une révocation, ce qui a produit un taux d'interruption de base global de 54 %. Le taux d'interruption de la mise en liberté sous condition était de 84,2 % pour les délinquants classés au niveau de sécurité maximale, de 61,2 % pour les délinquants classés au niveau de sécurité moyenne et de 40,9 % pour les délinquants classés au niveau de sécurité minimale (Khi-deux = 163; p < 0,001).
Dans les analyses précédentes, la validité
prédictive de l'ECNS a été évaluée
par rapport à un certain nombre d'indices implicites dans
la conception et l'application de l'Échelle. Ces analyses
étaient basées sur l'hypothèse selon laquelle
l'Échelle produirait de «bonnes décisions»
en ce qui concerne les indices de l'adaptation à l'établissement
et du risque pour la sécurité publique. Tous les
essais de l'Échelle ont produit les résultats attendus.
Les délinquants qui, d'après l'ECNS, présentaient
moins de risque pour la sécurité s'adaptaient mieux
à l'établissement (ainsi que le traduisait un taux
d'incidents plus faible) et présentaient moins de risque
(comme le traduisaient des taux plus élevés de mise
en liberté de forme discrétionnaire et de réussite
postlibératoire) que les délinquants qui présentaient
un risque plus élevé pour la sécurité.
Nous avons pu observer que les taux d'incidents diminuaient, tandis
que les taux de mise en liberté de forme discrétionnaire
et les taux de réussite postlibératoire augmentaient
avec la cote de sécurité selon l'Échelle.
d) Exhaustivité (délinquantes,
Autochtones, délinquants sexuels)
Dans l'échantillon initial, aucune distinction n'avait été faite entre les délinquants autochtones et les délinquants non autochtones; les délinquantes n'avaient pas été incluses et les délinquants sexuels n'avaient pas été considérés comme une source de préoccupation capitale. L'applicabilité de l'Échelle de classement par niveau de sécurité à ces groupes n'avait donc pas été établie. L'échantillon actuel comprenait 65 femmes, 470 Autochtones et 1 089 délinquants sexuels, ce qui permettait de déterminer la validité de l'Échelle pour ces groupes. Les analyses suivantes reprennent un grand nombre des mesures de fiabilité et de validité précédentes, mais auprès de ces groupes particuliers. Comme les données provenant du Système de gestion des détenus au sujet des décisions de placement pénitentiaire relatives aux délinquantes n'étaient pas fiables, nous avons dépouillé les dossiers pour recueillir cette information et mener les analyses de concordance.
Les moyennes du total des points obtenus par chaque groupe sur les sous-échelles de l'adaptation à l'établissement et du risque pour la sécurité, ainsi que les désignations globales du niveau de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité sont présentées au tableau suivant. À cause d'omissions quant à l'appartenance à un des groupes, les fréquences globales sont inférieures à celles qui avaient été prévues.
Nous n'avons pas constaté de différences significatives
entre les hommes et les femmes en ce qui concerne les moyennes
pour l'adaptation à l'établissement et le risque
pour la sécurité ou pour les désignations
générales du niveau de sécurité selon
l'Échelle de classement. Les délinquants autochtones
ont obtenu des moyennes sensiblement plus élevées
que les non-Autochtones pour ce qui est de ces trois mesures et
ont aussi obtenu les cotes les plus élevées de tous
les groupes. Par contre, les délinquants sexuels ont obtenu
des moyennes beaucoup plus basses que les autres délinquants
pour ce qui est des trois mesures, de même que les moyennes
les plus basses de tous les groupes.
Tableau 9a : Moyennes pour adaptation à l'établissement et le risque pour la sécurité selon les groupes
Groupe (nombre) |
Moyenne pour l'adaptation à l'établissement | Moyenne du risque pour la sécurité | Moyenne globale
ÉCNS |
| Hommes (6 679) | 36,9 | 74,7 | 111,6 |
| Femmes (65) | 37,7 | 73,9 | 111,6 |
| Autochtones (470) | 41,6*** | 80,8*** | 122,4*** |
| Non-Autochtones (6 257) | 36,5 | 74,3 | 110,8 |
| Délinquants sexuels (1 089) | 27,9*** | 69,3*** | 97,3*** |
| Délinquants non sexuels (5 656) | 38,6 | 75,8 | 114,4 |
| Total pour l'échantillon (6 745) | 37,0 | 75 | 111,6 |
(***p < 0,0001)
Les Autochtones se distinguaient également des non-Autochtones par des totaux de points sensiblement plus élevés en ce qui concerne la consommation de drogue ou d'alcool, les condamnations antérieures et l'âge à l'admission. Sauf en ce qui concerne le total des points pour la gravité de l'infraction à l'origine de la peine actuelle, qui était plus élevé, les délinquants sexuels ont obtenu des cotes plus faibles que les délinquants non sexuels pour tous les autres postes de l'Échelle.
i) Taux de concordance et d'écart
des groupes
Le taux de concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire variait entre 100 % pour les délinquantes (elles ont toutes été placées en fonction de la cote obtenue sur l'Échelle) et 66 % pour les délinquants sexuels. Les taux de concordance pour les délinquants et les Autochtones étaient semblables, soit 74 % et 75 % respectivement. Un examen des tendances en ce qui concerne l'écart a été fort révélatrice de la manière dont le risque est interprété par les différents groupes.
Tableau 9b : Taux de concordance et d'écart des groupes
Groupe (nombre) | Concordance % | Écart - niveau de sécurité plus élevé % | Écart - niveau de sécurité plus faible % |
| Hommes (6 612) | 74 | 16 | 10 |
| Femmes (65) | 100 | 0 | 0 |
| Autochtones (464) | 75 | 14 | 10 |
| Délinquants sexuels (1 080) | 66 | 29 | 5 |
| Total (6 745) | 74 | 16 | 10 |
Les délinquants sexuels, par exemple, étaient placés
plus souvent à des niveaux de sécurité plus
élevés que ceux auxquels correspondaient les cotes
produites par l'Échelle. On s'est écarté
des cotes obtenues en plaçant ces délinquants à
un niveau de sécurité plus élevé (29 %)
presque deux fois plus souvent que dans le cas des délinquants
(16 %) et des délinquants autochtones (14 %).
Inversement, on s'est écarté des cotes obtenues
en les plaçant à un niveau de sécurité
inférieur (5 %) la moitié moins souvent que
dans le cas des délinquants (10 %) et des Autochtones
(10 %). On peut voir au tableau 9c) la répartition
initiale des délinquants et la mesure dans laquelle les
désignations du niveau de sécurité selon
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et le placement varient entre les quatre groupes de délinquants.
Le lecteur trouvera à l'annexe 5 les résultats détaillés
quant à la concordance pour chaque groupe.
Tableau 9c : Répartition des niveaux de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité en fonction des groupes
|
Groupe (nombre) |
Sécurité minimale selon l'ÉCNS (placement) | Sécurité moyenne selon l'ÉCNS (placement) | Sécurité maximale selon l'ÉCNS (placement) |
| Hommes (6 612) | 27 %(24 %) | 68 %(68 %) | 5 %(8 %) |
| Femmes (65) | 34 %(34 %) | 61 %(60 %) | 5 %(4 %) |
| Autochtones (464) | 19 %(15 %) | 72 %(77 %) | 8 %(8 %) |
| Délinquants sexuels (1 080) | 37 %(20 %) | 60 %(68 %) | 3 %(11 %) |
| Total (6 745) | 27 %(24 %) | 68 %(68 %) | 5 %(8 %) |
Le tableau 9c traduit encore une fois
le préjugé contre le placement des délinquants
sexuels au niveau de sécurité minimale et la tendance
à surclasser ces délinquants en les plaçant
au niveau de sécurité maximale. On constate, par
exemple, que les délinquants sexuels étaient ceux
qui étaient le plus fréquemment classés au
niveau de sécurité minimale (37 %), alors que
seulement 20 % d'entre eux avaient effectivement été
placés à ce niveau; par comparaison, signalons que
27 % des délinquants ont été classés
au niveau de sécurité minimale et que 24 %
ont effectivement été placés à ce
niveau. Inversement, bien que seulement 3 % des délinquants
sexuels aient été classés au niveau de sécurité
maximale, plus de 11 % de ces délinquants ont été
placés à ce niveau. En ce qui concerne les délinquantes
et les délinquants autochtones, leur placement correspondait
étroitement à la cote qui leur avait été
attribuée.
ii) Corrélation entre l'Échelle
de classement par niveau de sécurité, l'Échelle
d'information statistique sur la récidive et la cote du
risque et des besoins de l'évaluation initiale du délinquant
Nous ne disposions pas, pour les délinquantes, des cotes obtenues sur l'Échelle d'information statistique sur la récidive ni des cotes du risque et des besoins de l'évaluation initiale. On peut toutefois voir au tableau 9d les corrélations entre les cotes obtenues sur l'Échelle d'information statistique sur la récidive, les niveaux de risque et de besoins d'après l'évaluation initiale et les désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité pour les délinquants du sexe masculin, les Autochtones et les délinquants sexuels.
Tableau 9d : Corrélation entre l'Échelle
d'information statistique sur la récidive, le risque et
les besoins, l'adaptation à l'établissement, le
risque pour la sécurité et les désignations
selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité
de différents groupes
Groupe (nombre) | Adaptation à l'établissement | Risque pour la sécurité | Échelle de classement par niveau de sécurité |
| Hommes | |||
| ISR (4 080) | -0,55*** | -0,18*** | -0,43*** |
| Risque (308) | 0,35*** | 0,43*** | 0,45*** |
| Besoins (308) | 0,47*** | 0,39*** | 0,52*** |
| Risque/besoins (308) | 0,40*** | 0,45*** | 0,50*** |
| Autochtones | |||
| ISR (58) | -0,27* | -0,26* | -0,30* |
| Risque (72) | 0,05 | 0,21 | 0,22 |
| Besoins (72) | 0,32* | 0,23* | 0,34* |
| Risque/besoins (72) | 0,11 | 0,23* | 0,20 |
| Délinquants sexuels | |||
| ISR (653) | -0,57*** | -0,53*** | -0,62*** |
| Risque (65) | 0,21 | 0,44** | 0,35* |
| Besoins (65) | 0,30* | 0,41** | 0,39* |
| Risque/besoins (65) | 0,26* | 0,49*** | 0,41** |
(***p < 0,0001; **p < 0,001; *p < 0,05)
Les corrélations entre l'Échelle
de classement par niveau de sécurité, ses sous-échelles,
l'Échelle d'information statistique sur la récidive
et l'Échelle du risque et des besoins de l'EID et ses sous-échelles
étaient significatives (p < 0,05) pour les
groupes des hommes et des délinquants sexuels, à
une exception près (l'adaptation à l'établissement
et le risque selon l'EID pour les délinquants sexuels).
On a constaté les corrélations les plus fortes (p < 0,0001)
entre les diverses mesures pour les hommes. Il existait également
de fortes corrélations entre l'Échelle de classement
par niveau de sécurité, l'ISR, les cotes de risque/besoins
de l'EID et les cotes de besoins de l'EID pour les délinquants
autochtones (p < 0,05), et même si les corrélations
avec les cotes de risque de l'EID n'étaient pas tout à
fait significatives, elles allaient dans le bon sens.
iii) Répartition des taux d'incidents
et des types de mises en liberté pour les groupes en fonction
de la désignation selon l'Échelle de classement
par niveau de sécurité
Nous avons aussi étudié la validité prédictive
de l'Échelle de classement par niveau de sécurité
en examinant la relation entre la désignation du niveau
de sécurité, les taux d'incidents et les taux de
mise en liberté de forme discrétionnaire pour les
hommes, les femmes, les délinquants autochtones et les
délinquants sexuels.
Tableau 9e : Répartition des taux d'incidents,
des types de mises en liberté et de l'adaptation suivant
la mise en liberté sous condition pour les groupes en
fonction des désignations selon l'Échelle de classement
par niveau de sécurité
Groupe (nombre) | Sécurité maximale % (nbre) | Sécurité moyenne % (nbre) | Sécurité minimale %(nbre) | Khi-deux |
| Hommes | ||||
| Taux d'incidents (6 679) | 50 (171) | 35 (1 587) | 16 (287) | 295*** |
| Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire (3 878) |
34 (20) | 65 (1 576) |
79 (1 105) | 122*** |
| Taux d'interruption de la mise en liberté sous condition (3 735) | 84 (47) | 61 (1 436) | 41 (548) | 162*** |
| Femmes | ||||
| Taux d'incidents (65) | 100 (4) | 26 (10) | 5 (1) | 18*** |
| Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire (41) |
0 (0) |
70 (14) |
95 (19) | 8,2* |
| Taux d'interruption de la mise en liberté sous condition (39) | 100 (1) | 37 (7) | 32 (6) | 1,9 |
| Autochtones | ||||
| Taux d'incidents (470) | 58 (21) | 38 (130) | 8 (7) | 39*** |
| Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire
(209) |
67 (2) |
47 (71) |
55 (31) | 1,3 |
| Taux d'interruption de la mise en liberté sous condition (206) | 67 (2) | 73 (107) | 43 (24) | 15,8*** |
| Délinquants sexuels | ||||
| Taux d'incidents (1 089) | 43 (12) | 27 (178) | 8 (32) | 64*** |
| Taux de mise en liberté de forme discrétionnaire (417) |
40 (2) | 42 (78) |
58 (131) | 11** |
| Taux d'interruption de la mise en liberté sous condition (206) | 80 (4) | 43 (76) | 19 (42) | 31,9*** |
(***p < 0,001; **p < 0,01; *p < 0,05)
On peut voir au tableau 9e qu'il existe une relation significative (p < 0,05) entre la répartition des incidents, la mise en liberté de forme discrétionnaire et l'adaptation après la mise en liberté sous condition pour toutes les désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité. Sauf pour les délinquants autochtones, le taux d'incidents dans l'établissement diminue et le taux de mise en liberté de forme discrétionnaire augmente selon que les désignations selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité passent du niveau de sécurité maximale au niveau de sécurité minimale. Le faible taux de mise en liberté des Autochtones classés au niveau de sécurité maximale (n = 3) pourrait expliquer cette anomalie. En fait, à cause de la rareté des mises en liberté des délinquants autochtones classés au niveau de sécurité maximale (3), des femmes (1) et des délinquants sexuels (5), nous avons combiné les niveaux de sécurité maximale et moyenne et reproduit les analyses des tableaux de contingence pour la mise en liberté de forme discrétionnaire et la réussite postlibératoire. Encore une fois, la relation entre la répartition des incidents, la mise en liberté de forme discrétionnaire et la réussite postlibératoire selon la cote de sécurité est maintenue (p < 0,05) dans toutes les situations, sauf pour la mise en liberté de forme discrétionnaire des Autochtones.
Bref, les taux de concordance entre l'Échelle de classement
par niveau de sécurité et le placement pénitentiaire
sont plus élevés pour les délinquantes et
les Autochtones que pour les hommes ou pour l'ensemble de l'échantillon.
Même s'ils obtiennent des cotes sensiblement plus basses
sur l'Échelle de classement par niveau de sécurité,
les délinquants sexuels sont beaucoup plus susceptibles
d'être placés à un niveau de sécurité
plus élevé que celui prévu par l'Échelle,
ce qui explique que le taux de concordance soit plus faible dans
leur cas. Par conséquent, il faudrait peut-être établir
des protocoles de non-application ou rajuster le total des points
pour les délinquants sexuels afin que les cotes soient
plus en accord avec les pratiques actuelles de placement.
Les tests de la validité convergente du total des points
obtenus par les délinquants sexuels sont très positifs
et, bien qu'ils soient un peu plus faibles pour les délinquants
autochtones, rien ne semble empêcher l'administration de
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
à l'un ou à l'autre groupe. Enfin, et ce point est
peut-être le plus important, les preuves fournies par les
tests de la validité prédictive semblent indiquer
que l'Échelle permet d'attribuer des cotes de classement
par niveau de sécurité qui sont en accord avec le
total des points pour l'adaptation à l'établissement
et le risque pour la sécurité dans le cas des femmes,
des Autochtones et des délinquants sexuels.
Utilité pratique
a) Désignations et décisions
de placement pénitentiaire
L'Échelle de classement par
niveau de sécurité représente un critère
normalisé et objectif pour juger de la justesse des décisions
de placement pénitentiaire. Les analyses présentées
ci-après constituent une tentative de montrer la justesse
et l'incidence des décisions de classement au moyen d'une
comparaison des écarts de taux entre l'Échelle de
classement par niveau de sécurité et les décisions
de placement pénitentiaire basée sur des données
au sujet d'incidents postérieurs au placement et des données
sur la mise en liberté. Les tableaux suivants reprennent
le tableau de concordance à trois variables par rapport
à trois variables comparant l'Échelle de classement
par niveau de sécurité et la décision de
placement pénitentiaire, sauf que les données sur
la concordance sont remplacées par les taux d'incidents,
d'évasions et de mise en liberté de forme discrétionnaire
pour chaque cellule.
i) Taux d'incidents dans l'établissement
en fonction de la concordance entre l'Échelle de classement
par niveau de sécurité et le placement pénitentiaire
Des analyses antérieures ont révélé
que l'Échelle de classement par niveau de sécurité
était un moyen efficace de prévoir les incidents
dans l'établissement. Dans les analyses suivantes, nous
comparons la justesse et l'incidence des décisions de placement
pénitentiaire avec les résultats prévus par
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
compte tenu de leur incidence sur les taux d'incidents.
Tableau 10a : Taux d'incidents en fonction de la concordance
entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et la décision de placement pénitentiaire
Décisions de placement
| Sécurité minimale
%/(nbre) | Sécurité minimale
%/(nbre) | Sécurité maximale
%/(nbre) | Total %/(nbre) | ||
Sécurité minimale | 14 (1 078) | 18 (707) | 10 (21) | 16 (1 806) | |
| Échelle de classement par niveau de sécurité | Sécurité moyenne | 26 (508) | 37 (3 629) | 30 (349) | 35 (4 486) |
Sécurité maximale | 75 (4) | 60 (142) | 44 (195) | 51 (341) | |
Total | 18 (1 590) | 35 (4 478) | 34 (565) |
(n = 6 633)
Sur la première ligne du tableau,
on peut voir que 16 % (1 806) des délinquants
ont été classés au niveau de sécurité
minimale. Le taux d'incidents des délinquants classés
et placés au niveau de sécurité minimale
était de 14 %, celui des délinquants placés
au niveau de sécurité moyenne de 18 % et celui
des délinquants placés au niveau de sécurité
maximale de 10 %. Par contre, les délinquants classés
au niveau de sécurité moyenne mais placés
au niveau de sécurité minimale ont enregistré
un taux d'incidents qui était presque le double de celui
des délinquants classés et placés au niveau
de sécurité minimale (26 % contre 14 %)
et 8 % plus élevé que celui des délinquants
classés au niveau de sécurité minimale mais
placés au niveau de sécurité moyenne (26 %
contre 18 %). De même, les délinquants classés
au niveau de sécurité maximale et placés
au niveau de sécurité minimale avaient des taux
d'incidents beaucoup plus élevés que les délinquants
classés au niveau de sécurité minimale mais
placés au niveau de sécurité maximale (75 %
centre 10 %). Le placement au niveau de sécurité
minimale des délinquants qui n'étaient pas classés
à ce niveau selon l'Échelle de classement par niveau
de sécurité a fait passer le taux d'incidents de
16 % à 18 %. Si l'on avait respecté les
cotes de classement par niveau de sécurité, un nombre
plus élevé de délinquants (1 806 plutôt
que 1 590) auraient pu être placés au niveau
de sécurité minimale, ce qui aurait pu faire baisser
le taux d'incidents de 2 %.
ii) Taux d'évasion en fonction de
la concordance entre l'Échelle de classement par niveau
de sécurité et la décision de placement pénitentiaire
De la même façon, nous
comparons au tableau 10b l'incidence et l'efficacité relatives
des désignations selon l'Échelle de classement par
niveau de sécurité et les décisions de placement
pénitentiaire, en utilisant comme mesure du résultat
les taux d'évasion. (Contrairement au tableau 8d, le tableau
suivant présente les évasions indépendamment
du placement initial.)
Tableau 10b : Taux d'évasion en fonction de la
concordance entre l'Échelle de classement par niveau
de sécurité et la décision de placement
pénitentiaire
Décisions de placement
| Sécurité minimale
%/( nbre) | Sécurité moyenne
%/( nbre) | Sécurité maximale
%/( nbre) | Total
%/( nbre) | ||
Sécurité minimale | 5 (1 078) | 4 (707) | 1 (21) | 4 (1 806) | |
| Échelle de classement par niveau de sécurité | Sécurité moyenne | 8 (508) | 4 (3 629) | 3 (349) | 5 (4 486) |
Sécurité maximale | 0 (4) | 11 (142) | 7 (195) | 9 (341) | |
Total | 6
(1 590) | 5
(4 478) | 4
(565) |
(n = 6 633)
Le taux d'évasion des délinquants classés
et placés au niveau de sécurité minimale
était de 5 % contre 8 % pour les délinquants
classés au niveau de sécurité moyenne mais
placés au niveau de sécurité minimale. Les
délinquants classés au niveau de sécurité
minimale mais placés au niveau de sécurité
moyenne (707) avaient un taux d'évasion inférieur,
soit de 4 % (bien qu'il soit moins facile de s'évader
pour les délinquants qui sont initialement placés
dans un établissement à sécurité moyenne).
Il est intéressant de noter que le taux d'évasion
le plus élevé (11 %) était celui des
délinquants classés au niveau de sécurité
maximale mais placés dans un établissement à
sécurité moyenne. Il est possible que le placement
de ces délinquants dans un établissement à
sécurité moyenne leur ait permis d'avoir plus rapidement
accès à des établissements à sécurité
minimale à partir desquels se produisent la plupart des
évasions. Enfin, le taux d'évasion global des délinquants
classés au niveau de sécurité minimale était
de 4 %, tandis que le taux des délinquants placés
à ce niveau était de 6 %, ce qui laisse supposer
qu'un plus grand nombre de délinquants auraient pu être
placés au niveau de sécurité minimale sans
que cela nuise au taux d'évasion si l'on avait suivi de
plus près les désignations selon l'Échelle
de classement par niveau de sécurité.
iii) Taux de mise en liberté de forme
discrétionnaire en fonction de la concordance entre l'Échelle
de classement par niveau de sécurité et la décision
de placement pénitentiaire
Un classement efficace devrait permettre de placer les délinquants dans le milieu de détention le moins restrictif possible pour ainsi maximiser les chances de mise en liberté. Le lieu de placement initial du délinquant exerce une influence déterminante sur ses possibilités de mise en liberté et sur la rapidité à laquelle elle surviendra. Les délinquants placés dans des établissements réservés à ceux qui présentent moins de risque ont davantage l'occasion de prouver leur crédibilité que ceux qui sont classés au même niveau ou qui présentent les mêmes risques mais qui sont placés dans des établissements réservés à ceux qui présentent plus de risque. De même, les délinquants qui présentent moins de risque mais qui sont initialement placés dans un établissement dont le niveau de sécurité est plus élevé que nécessaire enregistrent normalement des taux de mise en liberté de forme discrétionnaire plus faibles et plus lents que les délinquants classés au même niveau mais placés au niveau indiqué.
Dans les tableaux 11a et 11b, on compare l'incidence de l'Échelle de classement par niveau de sécurité et des décisions de placement pénitentiaire, en examinant les taux de mise en liberté de forme discrétionnaire et les périodes d'incarcération. Les tableaux fournissent les taux de mise en liberté de forme discrétionnaire et le nombre moyen de jours d'incarcération entre l'admission et la première date de mise en liberté pour chaque cellule.
Tableau 11a : Taux de mise en liberté de forme
discrétionnaire en fonction de la concordance entre
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et la décision de placement pénitentiaire
Décisions de placement
| Sécurité minimale
(n) | Sécurité moyenne
(n) | Sécurité maximale
(n) | Total (n) | ||
| Sécurité minimale | 85 (795) | 68 (297) | 64 (7) | 80 (1 099) | |
| ÉCNS | Sécurité moyenne | 78 (335) | 3 (1 210) | 36 (18) | 65 (1 563) |
| Sécurité maximale | 50 (1) | 39 (13) | 25 (6) | 34 (20) | |
| Total | 83 (1 131) | 63 (1 520) | 36 (31) | (2 682) |
(n = 2 682)
Tableau 11b : Nombre moyen de jours jusqu'à la
mise en liberté en fonction de la concordance entre
l'Échelle de classement par niveau de sécurité
et la décision de classement pénitentiaire
Décisions de placement
| Sécurité minimale
(n) | Sécurité moyenne
(n) | Sécurité maximale
(n) | Total (n) | ||
| Sécurité minimale | 421 (932) | 499 (431) | 413 (11) | 445 (1 374) | |
| ÉCNS | Sécurité moyenne | 471 (424) | 574 (1 918) | 699 (50) | 558 (2 392) |
| Sécurité maximale | 1,327 (2) | 570 (32) | 658 (24) | 633 (58) | |
Total | 438 (1 358) | 560 (2 381) | 650 (85) | (3 824) |
(n = 3 825)
Le taux de mise en liberté de forme discrétionnaire pour les délinquants classés et placés au niveau de sécurité minimale était de 86 %, et ces délinquants ont été mis en liberté après avoir purgé en moyenne 421 jours d'incarcération. Par contraste, les délinquants classés à ce niveau mais placés au niveau de sécurité moyenne ont enregistré un taux de mise en liberté plus faible, soit de 68 % et une période d'incarcération moyenne plus longue, soit de 498 jours. Toutefois, malgré leur classement à un niveau supérieur, les délinquants classés au niveau de sécurité moyenne mais placés dans un établissement à sécurité minimale ont enregistré un taux de mise en liberté de 78 % et ont été incarcérés en moyenne pendant 471 jours.
Il est également intéressant de noter que le risque, mesuré au moyen de l'Échelle d'information statistique sur la récidive, n'explique pas les écarts entre les taux de mise en liberté ou les périodes d'incarcération. Les délinquants classés au niveau de sécurité minimale selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité ont obtenu des scores de risque de récidive inférieurs à la moyenne, qu'ils aient été placés dans un établissement à sécurité minimale (score IRS moyen = 6,2) ou moyenne (score IRS moyen = 4,3), par rapport aux délinquants classés au niveau de sécurité moyenne mais placés dans un établissement à sécurité minimale (score IRS moyen = -1,1). Si l'on neutralise le risque de récidive, on constate que les délinquants présentant moins de risque mais placés dans un établissement à sécurité plus élevée ont des taux de mise en liberté plus faibles et des périodes d'incarcération plus longues que les délinquants présentant plus de risque mais placés dans un établissement à niveau de sécurité inférieur. On pourrait soutenir qu'un taux de mise en liberté de 78 % atteste du bien-fondé de placer certains délinquants classés au niveau de sécurité moyenne directement dans un établissement à niveau de sécurité minimale; cela n'élimine toutefois pas les problèmes liés au refus et au report de la mise en liberté des délinquants classés au niveau de sécurité minimale mais placés dans un établissement à niveau de sécurité plus élevé. Or, comme le révèlent les tableaux précédents, placer un délinquant classé au niveau de sécurité moyenne dans un établissement à sécurité minimale entraîne certains coûts, soit des taux plus élevés d'incidents et d'évasions.
Les trois analyses précédentes démontrent
que l'Échelle de classement par niveau de sécurité
est un outil plus efficace et efficient que les décisions
de placement pénitentiaire si l'on en juge par les taux
d'incidents, d'évasions et de mise en liberté de
forme discrétionnaire, de même que par l'attribution
d'une cote de sécurité. Ces résultats montrent
clairement que la non-application de l'Échelle de classement
par niveau de sécurité en faveur d'un placement
à un niveau de sécurité plus élevé
n'est pas sans entraîner des coûts et qu'il est possible
également d'améliorer l'efficience du placement
initial. Ils confirment aussi la nécessité d'accorder
plus d'importance à l'Échelle de classement par
niveau de sécurité dans les pratiques de placement
initial.
b) Examen de nouvelles valeurs limites
Les valeurs limites originales du classement par niveau de sécurité visaient à produire la répartition suivante des délinquants au moment du placement pénitentiaire initial : 15 %, sécurité minimale, 73 %, sécurité moyenne et 12 %, sécurité maximale. L'application actuelle ainsi que les deux applications précédentes de l'Échelle n'ont pas produit les répartitions visées pour diverses raisons, qui peuvent être attribuables à des différences entre le profil de la population employée pour l'échantillon de construction et celui de la population servant à l'application de l'Échelle, des disparités dans la documentation disponible et des différences quant aux procédures d'application.
Malgré le taux élevé de concordance dans des cas particuliers, les répartitions actuelles selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité et le placement ne sont pas en accord avec les objectifs. Il faudrait donc modifier l'Échelle pour trouver un juste milieu entre les répartitions théoriques, les répartitions produites par l'Échelle et les répartitions découlant du placement. On pourrait soit rajuster le total des points des postes, soit fixer des valeurs limites adaptées à la population actuelle. Nous avons choisi d'examiner la possibilité de modifier les valeurs limites, puisque cette solution permettrait davantage de préserver l'intégrité de l'Échelle et de suivre plus exactement les conséquences sur l'adaptation et le risque.
Pour aboutir à la répartition en fonction de laquelle l'Échelle de classement par niveau de sécurité a été conçue, il fallait diminuer le nombre de délinquants classés au niveau de sécurité minimale et augmenter le nombre de ceux qui étaient classés au niveau de sécurité moyenne ou maximale. Pour cela, il s'agissait de réduire les valeurs limites pour le classement aux niveaux de sécurité moyenne et maximale. Afin de préciser les valeurs limites propres à produire la répartition souhaitée, nous avons augmenté graduellement les valeurs limites pour le classement au niveau de sécurité moyenne et au niveau de sécurité maximale (tout en préservant les valeurs limites pour les sous-échelles) jusqu'à atteindre la répartition souhaitée. Pour obtenir une proportion de 15 % de délinquants classés au niveau de sécurité minimale, nous avons réduit de 14 et 10 points respectivement les valeurs limites pour le classement au niveau de sécurité moyenne des sous-échelles de l'adaptation à l'établissement et du risque pour la sécurité. De la même façon, pour avoir une proportion de 12 % de délinquants classés au niveau de sécurité maximale, il a fallu réduire de 15 et 20 points respectivement les valeurs limites pour le classement au niveau de sécurité maximale des sous-échelles de l'adaptation à l'établissement et du risque pour la sécurité. La contraction du groupe classé au niveau de sécurité minimale et l'augmentation de celui classé au niveau de sécurité maximale ont eu pour effet net une augmentation de 5 % des délinquants classés au niveau de sécurité moyenne.
Les pratiques de classement employées depuis quatre ans
montrent clairement que des changements considérables se
sont produits dans la répartition des délinquants
entre les divers niveaux de sécurité. Vu l'augmentation
du nombre de cellules à sécurité minimale
disponibles, la diminution du nombre de cellules à sécurité
maximale et l'insistance sur le placement des délinquants
au niveau le moins restrictif possible, un nombre accru de délinquants
sont placés à des niveaux de sécurité
plus bas. C'est pourquoi nous avons également examiné
des valeurs limites qui entraîneraient des répartitions
plus en accord avec la réalité actuelle en ce qui
concerne le placement et les locaux. La répartition recommandée
à laquelle ont abouti ces examens était la suivante :
20 %, sécurité minimale, 70 %, sécurité
moyenne et 10 %, sécurité maximale. On peut
voir au tableau 12 les valeurs limites nécessaires pour
produire cette répartition.
Tableau 12 : Nouvelles valeurs limites
| Répartition | Minimale 15 % | Moyenne 73 % | Maximale 12 % |
| Valeur limite prévue | Adapt. à l'ét. <79,5
et Risque séc. <58,5 | Adapt. à l'ét. 79,5 à 94,5
ou Risque séc. 58,5 to 133,5 | Adapt. à l'ét. >94,5
ou Risque séc. >133,5 |
| Répartition | Minimale 20 % | Moyenne 70 % | Maximale 10 % |
| Valeur limite recommandée | Adapt. à l'ét. <72,5
et Risque séc. <53,5 | Adapt. à l'ét. 72,5 à 81,5
ou Risque séc. 53,5 à 117,5 | Adapt. à l'ét. >81,5
ou Risque séc. >117,5 |
Pour obtenir une proportion de 20 % de délinquants au niveau de sécurité minimale, nous avons réduit de 7 et 6 points respectivement les valeurs limites du niveau de sécurité moyenne pour les sous-échelles de l'adaptation à l'établissement et du risque pour la sécurité, ce qui a entraîné une baisse de 7 % des cas classés au niveau de sécurité minimale. Pour obtenir une proportion de 10 % de délinquants au niveau de sécurité maximale, nous avons réduit de 13 % et de 16 % respectivement les valeurs limites du niveau de sécurité maximale pour les sous-échelles de l'adaptation à l'établissement et du risque pour la sécurité, ce qui a entraîné une augmentation de 5 % des délinquants au niveau de sécurité maximale. La réduction du nombre de délinquants au niveau de sécurité minimale et l'augmentation du nombre de délinquants au niveau de sécurité maximale ont eu pour effet net de produire une augmentation de 3 % du nombre de délinquants au niveau de sécurité moyenne.
La réduction des valeurs limites des deux sous-échelles entraîne un relèvement des normes pour le classement aux niveaux de sécurité minimale et moyenne; en diminuant le risque pour la sécurité, on augmente les chances d'adaptation des délinquants.Cependant, d'après la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement, un nombre plus élevé que prévu de délinquants continue d'être classés au niveau de sécurité minimale. Malgré cela, c'est la sous-échelle du risque pour la sécurité qui contribue le plus à la désignation selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité, notamment en ce qui concerne les délinquants classés au niveau de sécurité moyenne. Les valeurs limites recommandées constituent des rajustements modestes, mais elles produisent une répartition basée sur une application opérationnelle de l'Échelle qui correspond davantage à la réalité actuelle quant à la pratique et aux locaux.
En conformité avec la recommandation formulée dans le Rapport du vérificateur général de 1994, nous avons entrepris une nouvelle validation de l'Échelle de classement par niveau de sécurité. La présente étude constitue le troisième examen de cette échelle mais, contrairement aux examens antérieurs, l'échantillon a été considérablement élargi pour englober toutes les régions du Service; en outre, l'étude fait suite à la mise en oeuvre de la version informatisée de l'Échelle. Nous avons passé en revue les dossiers pour y déceler des erreurs, des défauts de notation, des irrégularités et pour voir s'il y avait eu administration incomplète de l'Échelle. Contrairement aux auteurs des études précédentes, nous avons relevé peu d'erreurs, ce qui a confirmé le fait que l'utilisation de la version informatisée de l'Échelle de classement par niveau de sécurité avait à toutes fins utiles éliminé les erreurs d'application en tant que source de préoccupation. Le Système de gestion des détenus a aussi permis d'améliorer l'accès aux documents nécessaires pour administrer de façon compétente et exacte l'Échelle, même s'il n'est pas certain que la documentation est uniformément disponible dans toutes les régions ou de nature à garantir l'application optimale de l'Échelle.
Le taux national d'achèvement de l'Échelle de classement par niveau de sécurité était de 48 %, mais les taux variaient de façon marquée selon les régions. La moyenne du total des points obtenus sur la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement était de 37 (bien inférieure à la valeur limite pour le niveau de sécurité moyenne), entraînant un classement presque exclusivement au niveau de sécurité minimale (94 %). La moyenne pour la sous-échelle du risque pour la sécurité était de 74 (entre les valeurs limites pour le niveau de sécurité moyenne et le niveau de sécurité maximale), entraînant une répartition plus équilibrée. La désignation du niveau de sécurité selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité a été déterminée largement au moyen de la sous-échelle du risque pour la sécurité, qui l'a emporté sur les cotes principalement de sécurité minimale produites par la sous-échelle de l'adaptation à l'établissement.
Des tests de la cohérence interne ont semblé indiquer un degré modeste de fiabilité de l'Échelle, malgré l'incertitude de la contribution faite par certains postes. Néanmoins, l'Échelle a produit des résultats de classement discrets et s'excluant mutuellement et a effectivement permis de prévoir les délinquants susceptibles de participer à des incidents en milieu carcéral, des actes de violence, des incidents liés aux drogues ou à l'alcool et des évasions, de même que la mise en liberté de forme discrétionnaire et l'adaptation suivant la mise en liberté sous condition. Nous avons également constaté une corrélation significative entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité, l'Échelle d'information statistique sur la récidive et les niveaux de risque/besoins d'après l'EID. Il n'est pas apparu nécessaire de confirmer les postes ou de réétalonner les coefficients de pondération tant que les répercussions des conditions opérationnelles (comme la documentation disponible) ne seraient pas mieux connues. Dans l'ensemble, l'Échelle de classement par niveau de sécurité s'est révélée efficace et valable comme un outil de classement d'après divers critères psychométriques et opérationnels et apte à répondre aux exigences du vérificateur général et à constituer pour le Service une méthode de classement objective et applicable à l'échelle de l'organisme.
Les taux de concordance entre l'Échelle de classement par niveau de sécurité et la décision de placement pénitentiaire ont augmenté de 11 % par rapport aux études antérieures pour atteindre 74 %, tandis que les taux régionaux variaient entre 66 % (région de l'Atlantique) et 77 % (région du Québec). L'amélioration des taux de concordance avait entraîné une baisse marquée des cas de non-application de l'Échelle en faveur d'un placement à un niveau de sécurité supérieur, ce qui neutralise largement l'augmentation des cas de non-application en faveur d'un placement à un niveau de sécurité inférieur. Ces changements dans les tendances à la non-application ont eu pour effet d'entraîner une augmentation, depuis les études antérieures, du nombre de délinquants placés directement au niveau de sécurité minimale. Cette tendance était particulièrement évidente pour la période de 1991 à 1993, au cours de laquelle les placements initiaux au niveau de sécurité minimale sont passés de 22 % à 27 %.
D'après les résultats des études antérieures, on pourrait, semble-t-il, atteindre un taux de concordance de près de 85 % en tenant compte des cas de non-application légitimes. Ceux-ci incluent les écarts basés sur des motifs de protection, de santé et d'emplacement géographique. La déportation, les antécédents d'infractions sexuelles et les conséquences des nouvelles mesures législatives devraient également être considérés comme des critères pouvant justifier la non-application de l'Échelle. Il faudrait aussi tenir compte des locaux disponibles et de la restriction imposée par la politique récente de l'occupation double et juger de leur incidence sur les pratiques futures de placement. Le fait de reconnaître les écarts légitimes et de placer un délinquant à un niveau de sécurité autre que celui prescrit par l'Échelle n'invaliderait pas l'Échelle de classement par niveau de sécurité, mais pourrait accroître le degré de confiance du personnel dans cet instrument. Une modification de l'Échelle de classement par niveau de sécurité pour permettre des écarts autorisés et inclure une disposition exigeant de justifier les écarts dans les cas non autorisés permettrait d'obtenir une information précieuse et de contrer les tentatives de manipuler les résultats obtenus au moyen de l'Échelle afin d'appuyer les décisions de placement.
Un certain nombre d'analyses ont été menées pour déterminer la validité de l'Échelle en ce qui concerne les délinquantes, les Autochtones et les délinquants sexuels. Les taux de concordance étaient élevés pour les deux premiers groupes mais plus faibles pour les délinquants sexuels, étant donné le nombre accru d'écarts, dans le cas de ces derniers, en faveur d'un placement à un niveau de sécurité plus élevé. Les tests de la validité convergente et de la validité prédictive se sont révélés favorables et nous n'avons rien découvert qui justifierait de ne pas appliquer l'Échelle aux femmes, aux Autochtones ou aux délinquants sexuels.
Nous avons utilisé les taux d'incidents dans l'établissement, d'évasion et de mise en liberté de forme discrétionnaire de même que les périodes d'incarcération pour faire une analyse comparative de l'incidence de l'Échelle de classement par niveau de sécurité et des décisions de placement pénitentiaire. En accordant davantage d'importance à l'Échelle de classement par niveau de sécurité, on pourrait, d'après les résultats, augmenter le nombre de placements à des niveaux de sécurité inférieurs tout en réduisant peut-être aussi les taux d'incidents et d'évasion. Cela permettrait peut-être aussi d'augmenter les taux de mise en liberté de forme discrétionnaire et de réduire les périodes d'incarcération.
La répartition selon les niveaux de sécurité des délinquants, dans le cadre de l'application actuelle de l'Échelle, n'était pas en accord avec la répartition à laquelle l'Échelle était censée aboutir. C'est pourquoi nous avons examiné de nouvelles valeurs limites, susceptibles de produire la répartition en fonction de laquelle l'Échelle a été conçue. Toutefois, étant donné les tendances récentes en ce qui concerne les décisions de placement et le profil actuel des locaux, il a été jugé plus opportun d'utiliser des valeurs limites qui produiraient une répartition de 20 %, sécurité minimale, 70 %, sécurité moyenne et 10 %, sécurité maximale. Les valeurs limites nécessaires pour produire la répartition recommandée ont été déterminées.
Les courbes de classement sont souvent propres aux différentes
régions et déterminées par les réalités
du logement, les traditions locales, la variabilité infinie
des régimes de sécurité et le potentiel de
gestion du risque des programmes disponibles. Bien que les mesures
visant à favoriser une plus grande uniformité dans
l'application de l'Échelle et à garantir la disponibilité
de la documentation requise puissent réduire les disparités
régionales, elles risquent de n'avoir guère d'effet,
à l'échelon local, sur les décisions de placement
et les écarts par rapport à l'Échelle. Même
s'il est nécessaire d'avoir des valeurs limites nationales,
il faudrait explorer la possibilité d'adapter ces valeurs
aux réalités régionales. Dans la mesure où
on maintient une norme nationale comportant des jalons mesurables
et où on encourage l'application exacte de l'Échelle,
il est possible de contrôler les déviations résultant
de l'adaptation des valeurs limites aux conditions régionales
et d'évaluer leurs conséquences.
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Échelle de classement selon le niveau de sécurité - Instructions
SÉCURITÉ MINIMALE
On recommande de placer au niveau de sécurité minimale
les détenus dont le total des points est inférieur
à 79,5 pour la dimension de l'ADAPTATION À L'ÉTABLISSEMENT
ou à 58,5 pour la dimension du RISQUE POUR LA SÉCURITÉ.
SÉCURITÉ MOYENNE
On recommande de placer au niveau de sécurité moyenne
les détenus dont le total des points se situe entre 79,5
et 94,5 pour la dimension de l'ADAPTATION À L'ÉTABLISSEMENT
ou entre 58,5 et 133,5 pour la dimension du RISQUE POUR LA SÉCURITÉ.
SÉCURITÉ MAXIMALE
On recommande de placer au niveau de sécurité maximale les détenus dont le total des points est supérieur à 94,5 pour la dimension de l'ADAPTATION À L'ÉTABLISSEMENT ou à 133,5 pour la dimension du RISQUE POUR LA SÉCURITÉ.
ÉCHELLE DE CLASSEMENT
PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ
| SED : NOM : DATE : | ||
| ADAPTATION À L'ÉTABLISSEMENT | TOTAL DES POINTS | |
| 1. Antécédents de participation à des incidents dans l'établissement | a. aucune participation antérieure ...................0
b. une participation antérieure .................................2 c. participation antérieure à un ou plusieurs incidents dans les catégories de gravité les plus«élevées» ......................2 d. participation durant les cinq dernières années d'incarcération : - à des voies de fait (sans armes ni blessures graves) ......................................................1 - à une émeute ou à des troubles graves .......................2 - à des voies de fait (avec une arme ou causant des blessures graves) ......................................2 e. participation à un ou plusieurs incidents graves avant la détermination de la peine et/ou en attendant le placement pour l'infraction à l'origine
de la peine actuelle ............................................5 8 X TOTAL de a à e | |
| 2. Antécédents d'évasion | a. aucune évasion ni tentative d'évasion ...........................0
b. une évasion ou tentative d'évasion d'un établissement à sécurité minimale ou d'un centre communautaire sans violence ni menace de violence : - il y a plus de deux ans ...........................................4 - au cours des deux dernières années ..............................12 c. une évasion ou tentative d'évasion d'un établissement à sécurité moyenne ou maximale ou une évasion d'un établissement à sécurité minimale ou d'un centre communautaire avec violence ou menace de violence : - il y a plus de deux ans ..........................20 - au cours des deux dernières années .........................28 d. deux évasions ou plus d'un établissement, quel que soit le niveau de sécurité, au cours des cinq dernières années ................................. 28 | |
| 3. Stabilité avant
l'incarcération | a. supérieure à la moyenne....................0
b. moyenne ............................................16 c. inférieure à la moyenne .............................32 | |
| 4. Consommation d'alcool ou de drogue | a. aucun problème identifiable ....................................0
b. consommation touchant un secteur de la vie ou plusieurs.......................................3 c. consommation grave touchant plusieurs secteurs de la vie......................................6 | |
| 5. Âge (au moment de la détermination de la peine) | a. 18 ans ou moins.................................24
b. 19...........................................22 c. 20............................................20 d. 21................................................18 e. 22............................................16 f. 23..............................................14 g 24...........................................12 h.25......................................10 I.26.................................................... 08 j. 27 ....................................................06 k 28...................................................04 l. 29..................................................... 02 m30 ans ou plus..................................00 | |
| TOTAL DES POINTS RELATIFS À L'ADAPTATION À L'ÉTABLISSEMENT | ||
| RISQUE POUR LA SÉCURITÉ | TOTAL DES POINTS | |
| 1. Nombre de
condamnations antérieures | a. aucune............................................... 0
b. une.......................................................3 c. 2 à 4...................................................6 d. 5 à 9...................................................9 e. 10 à 14............................................12 f. 15 et plus..............................................15 | |
| 2. Accusation
en instance la plus grave | a. aucune accusation en instance..........0
b. mineure................................................12 c. moyenne..............................................15 d. grave....................................................25 e. majeure.................................................35 | |
| 3. Gravité de
l'infraction à l'origine de la peine |
a. mineure ou moyenne................................12
b. majeure ou grave....................................36 | |
| 4. Durée de
la peine |
a. 1 jour à 4 ans........................................5
b. 5 à 9 ans...............................................20 c. 10 à 24 ans...........................................45 d. 24 ans et plus.........................................65 | |
| 5. Stabilité avant
l'incarcération |
a. supérieure à la moyenne.......................0
b. moyenne.................................................5 c. inférieure à la moyenne...........................10 | |
| 6. Libération
conditionnelle ou libération d'office antérieure |
a. aucune..................................................0
b. 1 point pour chaque libération conditionnelle antérieure ______ c. 2 points pour chaque libération d'office antérieure ______ TOTAL ______ | |
| 7. Âge (au
moment de l'admission) |
a. 25 ans ou moins......................................30
b. 26.............................................................27 c. 27.............................................................24 d. 28.............................................................21 e. 29.............................................................18 f. 30..............................................................15 g. 31...........................................................12 h. 32...........................................................09 i. 33........................................................06 j. 34..........................................................03 k. 35 ans ou plus.........................................00 | |
| TOTAL DES POINTS QUANT AU RISQUE POUR LA SÉCURITÉ | ||
Corrélation entre les postes et corrélation poste-total pour
l'adaptation à l'établissement
| Poste | A | B | C | D | E |
| A. Incidents dans l'établissement | |||||
| B. Évasions | 0,17** | ||||
| C. Stabilité avant l'incarcération | 0,21** | 0,17** | |||
| D. Alcool/drogue | 0,15** | 0,12** | 0,40** | ||
| E. Âge à la détermination de la peine | 0,03** | 0,13** | 0,15** | 0,006 | |
| Corrélation poste-total | 0,22** | 0,24** | 0,32** | 0,30** | 0,13** |
| Moyenne | 5,6 | 1,9** | 20,4 | 3,2 | 5,8 |
| ET. | 14,5 | 5,3 | 10,9 | 2,5 | 7,5 |
(**p < 0,005;
N = 6 745)
Corrélation entre les postes et corrélation
poste-total pour le risque pour la sécurité
| Poste | A | B | C | D | E | F | G | H |
| A. Condamnations antérieures | ||||||||
| B. Accusations en instance | 0,10** | |||||||
| C. Gravité de l'infraction | -0,15** | -0,02 | ||||||
| D. Durée de la peine | -0,15** | -0,03 | 0,28** |
|||||
| E. Stabilité avant l'incarcération | 0,40** | 0,07** |
-0,02 | -0,04** | ||||
| F. Libération conditionnelle | 0,34** | 0,04** | -11** |
-04** | 0,16** | |||
| G. Libération d'office | 0,38** | 0,03 | -09** |
-04** | 0,18** | 0,29** | ||
| H. Âge à l'admission | 0,001 | 0,06** | -0,03 |
-06** | 0,19** | -09** | -13** | |
| Corrélation poste-total | -0,03 | 0,04** | 0,12** |
0,06** | 0,19** | 0,004 | -0,01 | -0,03 |
| Moyenne | 7,6 | 2,8 | 28,2 | 13,6 | 6,4 | 0,49 | 0,82 | 14,8 |
| ET. | 5,1 | 6,6 | 11,2 | 15,3 | 3,4 | 1,1 | 2,1 | 12,8 |
(**p < 0,005 N = 6 745)
Concordance entre l'Échelle de classement
par niveau de sécurité et la décision de
placement pénitentiaire - régions
Atlantique Québec
Décision de placement Décision de placement
| Min. | Moy. | Max. | Min. | Moy. | Max. | ||
Échelle de | Min.
%/(nbre) | 11
(5) | 9
(4) | 6
(2) | 20
(650) | 7
(237) | 0,1
(3) |
| classement
par niveau de sécurité | Moy.
%/(nbre) | 7
(3) | 45
(20) | 7
(3) | 11
(343) | 54
(1,732) | 4
(122) |
| Max.
%/(nbre) | 0
(0) | 7
(3) | 10
(4) | 0,1
(3) | 1
(32) | 3
(80) |
n = 44
n = 3 202
Ontario Prairies
Décision de placement Décision de placement
| Min. | Moy. | Max. | Min. | Moy. | Max. | ||
|
Échelle de | Min.
%/(nbre) | 12
(283) | 13
(317) | 1
(16) | 17
(109) | 15
(97) | 0
(0) |
| classement
par niveau de sécurité | Moy.
%/(nbre) | 5
(109) | 56
(1,336) | 8
(194) | 7
(44) | 56
(356) | 2
(10) |
| Max.
%/(nbre) | 0
(1) | 3
(69) | 3
(76) | 0
(0) | 3
(16) | 1
(6) |
n = 2 401 n = 638
Pacifique
Décision de placement
| Min. | Moy. | Max. | ||
Échelle de | Min.
%/ (nbre) | 9
(31) | 15
(52) | 0
(0) |
| classement
par niveau de sécurité | Moy.
%/ (nbre) | 3
(9) | 53
(185) | 6
(20) |
| Max.
%/ (nbre) | 0
(0) | 6
(22) | 8
(29) |
n = 348
Taux d'incidents en fonction de l'Échelle
de classement par niveau de sécurité et du placement
Délinquants placés au niveau
de sécurité minimale
| Séc. max. | Séc. moy. | Séc. min. | |
| Délinquants sans incident (nbre) | 1 | 375 | 927 |
| Délinquants ayant participé à des incidents (nbre) | 3 | 133 | 151 |
| Taux d'incidents % | 75 | 26 | 14 |
(Khi-deux = 43; p < 0,001; n = 1 590)
Délinquants placés au niveau
de sécurité moyenne
| Séc. max. | Séc. moy. | Séc. min. | |
| Délinquants sans incident (nbre) | 57 | 2 295 | 575 |
| Délinquants ayant participé à des incidents (nbre) | 85 | 1 334 | 132 |
| Taux d'incidents % | 60 | 37 | 19 |
(Khi-deux = 126; p < 0,001; n = 4 478)
Délinquants placés au niveau
de sécurité maximale
| Séc. max. | Séc. moy. | Séc. min. | |
| Délinquants sans incident (nbre) | 110 | 243 | 19 |
| Délinquants ayant participé à des incidents (nbre) | 85 | 106 | 2 |
| Taux d'incidents % | 44 | 30 | 10 |
(Khi-deux = 17; p < 0,001; n = 565)
Taux de concordance entre l'Échelle
de classement par niveau de sécurité et la décision
de placement pénitentiaire pour différents groupes
Hommes Femmes
Décision de placement
Décision de placement
| Min. | Moy. | Max. | Min. | Moy. | Max. | ||
|
Échelle de | Min.
%/ (nbre) | 16
(1 077) | 11
(707) | 0,2
(14) | 34
(22) | 0
(0) | 0
(0) |
| placement par niveau
de sécurité | Moy.
%/ (nbre) | 8
(508) | 56
(3 628 | 5
(339) | 0
(0) | 60
(40) | 0
(0) |
| Max.
%/ (nbre) | 0,1
(4) | 2
(142) | 3
(193) | 0
(0) | 0
(0) | 4
(3) |
n = 6 612
n = 65
Autochtones Délinquants sexuels
Décision de placement
Décision de placement
| Min. | Moy. | Max. | Min. | Moy. | Max. | ||
|
Échelle de | Min.
%/ (nbre) | 10
(45) | 9
(41) | 0,4
(2) | 17
(179) | 20
(212) | 1
(8) |
| placement
par niveau de sécurité | Moy.
%/ (nbre) | 5
(23) | 62
(282) | 5
(22) | 4
(40) | 48
(516) | 9
(97) |
| Max.
%/ (nbre) | 0
(0) | 5
(24) | 3
(13) | 0
(0) | 1
(9) | 12
(19) |
n = 452 n = 1 080