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par
Laurence L. Motiuk Kelley Blanchette
Direction de la recherche
Service correctionnel du Canada
Mars 1997
Nous tenons à remercier plusieurs personnes qui nous ont fourni une aide précieuse aux fins de la présente étude. Barbara Fitzpatrick nous a été d'une aide inestimable en dressant une liste de candidats pour les besoins de cette étude et nous la remercions vivement. Nous remercions aussi Mark Nafekh qui a participé à la gestion des données et aux analyses.
La Commission d'enquête sur certains événements survenus à la Prison des femmes de Kingston (1996) avait souligné la nécessité de procéder au placement des délinquants en isolement conformément à la loi et de surveiller de près cette pratique correctionnelle. En outre, il était vivement recommandé d'examiner les politiques sur le recours à l'isolement préventif. En conséquence, le Service correctionnel du Canada a créé un Groupe de travail sur l'isolement préventif qui a examiné une vaste gamme de questions liées à l'isolement préventif. La présente étude descriptive vise à accroître notre somme de connaissances sur la nature et les caractéristiques des délinquants placés en isolement dans les établissements correctionnels fédéraux.
Nous avons commencé par dresser une liste des délinquants sous responsabilité fédérale placés en isolement préventif. À l'aide du Système de gestion des détenus, nous avons choisi un groupe de délinquants placés en isolement (sollicité et non sollicité) et un groupe de délinquants non placés en isolement aux fins de comparaison. Le 9 novembre 1996, il y avait en tout 799 délinquants en isolement (isolement sollicité dans 45,2 % des cas et non sollicité dans 54,8 % des cas). La majorité des délinquants placés en isolement étaient des hommes (99,2 %). D'après le système, 6 délinquantes (soit moins de 1 %) étaient placées en isolement non sollicité.
La répartition des délinquants en isolement préventif par région a donné les résultats suivants : 7,7 % dans la région de l'Atlantique, 41,8 % dans la région du Québec, 23,4 % dans la région de l'Ontario, 7,2 % dans la région des Prairies et 9,9 % dans la région du Pacifique. Bien que la majorité de ces délinquants avaient entre 30 et 49 ans (55,8 %), une proportion importante (41,3 %) étaient âgés de moins de 30 ans. La moyenne d'âge des délinquants en isolement était de 32,2 ans, le plus âgé ayant 71 ans et le plus jeune, 18 ans. Nous n'avons constaté aucune différence quant à la moyenne d'âge entre les délinquants placés en isolement sollicité (moyenne = 32,3 ans, fourchette = 19 à 60 ans) et ceux en isolement non sollicité (moyenne = 32,2 ans, fourchette = 18 à 71 ans).
Le processus d'évaluation initiale des délinquants (EID) a permis de recueillir des renseignements spécifiques sur 678 délinquants placés en isolement . Le processus d'EID sert à recueillir des renseignements complets sur les antécédents criminels et de santé mentale de chaque délinquant, sa situation sur le plan social, son niveau d'instruction et d'autres facteurs permettant de déterminer le risque de récidive et les besoins du délinquant. Nous avons obtenu d'autres renseignements à l'aide de l'échelle d'information statistique sur la récidive (ISR) (qui sert à évaluer le risque de récidive) et de l'Échelle de classement par niveau de sécurité (qui sert à déterminer le niveau de sécurité aux fins du placement initial du délinquant). Bien que ces renseignements servent à déterminer l'établissement de placement du délinquant et à élaborer un plan correctionnel, ils peuvent être utilisés aussi aux fins de l'élaboration de profils détaillés de différents segments de la population carcérale.
Nous avons aussi procédé aux fins de l'étude à la sélection aléatoire d'un groupe de comparaison de délinquants non placés en isolement préventif dans les établissements du Service correctionnel du Canada. Nous avons effectué des comparaisons entre ces deux groupes, soit celui des délinquants «placés en isolement» et celui des délinquants «non placés en isolement», en ce qui a trait à toute une gamme de variables spécifiques aux cas. Nous avons ensuite tâché de cerner les différences importantes entre les délinquants en isolement «sollicité» et ceux en isolement «non sollicité».
Les résultats de cette étude descriptive sont organisés en cinq sections : «Antécédents criminels», «Niveaux de risque/des besoins», «Niveaux de risque selon l'Échelle d'ISR», «Cotes attribuées selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité», «Niveaux des besoins dans les domaines cibles» et «Répartition des Indicateurs des besoins (sept en tout) dans les domaines cibles». Les résultats des tests de signification statistique sont présentés pour les délinquants «placés en isolement» par rapport à ceux «non placés en isolement» et pour ceux en isolement «sollicité» par rapport à ceux en isolement «non sollicité».
Les résultats des analyses statistiques ont révélé que les délinquants placés en isolement avaient plus de démêlés avec le système de justice pénale que leurs homologues non placés en isolement. C'était le cas aussi bien des jeunes contrevenants (59 % et 41 %, respectivement) que des délinquants adultes (90 % et 84 %, respectivement). Les délinquants placés en isolement étaient deux fois plus susceptibles que ceux non en isolement d'avoir été placés en isolement pour des motifs disciplinaires lors d'incarcérations précédentes. Détail intéressant, les délinquants placés en isolement n'étaient pas plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir des antécédents d'infractions sexuelles actuellement ou dans le passé (22 % et 26 %, respectivement).
Étant donné leurs antécédents criminels, nous n'avons pas été étonnés de constater que les délinquants placés en isolement avaient été évalués au moment de l'admission (dans le cadre du processus d'EID) comme présentant un risque plus élevé et ayant des besoins plus élevés que les délinquants non placés en isolement. Ce résultat est conforme à ceux de l'Échelle d'ISR, selon lesquels les délinquants placés en isolement étaient près de deux fois plus susceptibles que leurs homologues non placés en isolement d'être classés dans la catégorie «très mauvais risque» (45 % par rapport à 23 %). Par contre, le groupe «très bon risque» comportait plus de trois fois plus de délinquants non placés en isolement que de délinquants placés en isolement (29 % par rapport à 9 %, respectivement). Il est intéressant de signaler que nous n'avons pas relevé de différence importante entre les groupes de délinquants placés en isolement et non placés en isolement pour ce qui est des cotes attribuées selon l'Échelle de classement par niveau de sécurité. Toutefois, cette dernière conclusion peut tenir simplement à ce que le groupe des délinquants placés en isolement était composé de délinquants en isolement sollicité et non sollicité, qui étaient à une étape bien au-delà de leur placement pénitentiaire initial.
L'examen des évaluations des niveaux des besoins des délinquants placés en isolement et de ceux non placés en isolement a révélé des différences significatives dans six des sept domaines cibles évalués dans le cadre du processus d'EID au moment de l'admission. Les délinquants placés en isolement avaient plus de besoins que ceux non placés en isolement dans les domaines suivants : emploi, fréquentations et relations sociales, toxicomanie, vie sociale, orientation personnelle et affective et attitude générale. Nous n'avons relevé une différence fiable entre les deux groupes que dans le domaine des relations matrimoniales et familiales.
Un examen plus minutieux des différents indicateurs dans chaque domaine où se situaient les besoins a révélé des tendances intéressantes. Pour ce qui est du niveau d'instruction, les délinquants placés en isolement étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir abandonné leurs études avant la 10e année (les deux tiers et environ la moitié, respectivement). Les quatre cinquièmes des délinquants placés en isolement étaient sans emploi au moment où ils ont commis l'infraction à l'origine de leur peine actuelle et plus de 85 % avaient des antécédents d'emploi instables. Pour ce qui est de la profession ou du métier, près des deux tiers des délinquants placés en isolement n'avaient pas un domaine de compétence, un métier ou une profession.
Un examen des indicateurs dans le domaine des relations matrimoniales et familiales a révélé que la plupart des délinquants placés en isolement étaient célibataires au moment de leur dernière admission au pénitencier (72 %) et n'avaient pas de responsabilités parentales (62 %). Il convient de noter que les délinquants placés en isolement étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir eu des relations plus négatives avec leurs frères et soeurs et avec des proches durant l'enfance.
Pour ce qui est des fréquentations et des relations sociales, les délinquants placés en isolement étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir été isolés sur le plan social au moment de l'admission, de fréquenter des toxicomanes, d'avoir de nombreuses connaissances criminelles et des amis dont la majorité sont des criminels, d'être facilement influençables et d'avoir de la difficulté à communiquer avec les autres.
Selon les antécédents de toxicomanie des délinquants placés en isolement, consignés au moment de l'admission, ces délinquants étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir eu un problème d'alcool (69,3 % par rapport à 58,5 %), d'avoir commencé à boire à un jeune âge (55,5 % par rapport à 45,4 %), d'avoir consommé de la drogue (81,4 % par rapport à 62,2 %) et d'avoir commencé à consommer de la drogue à un jeune âge (61,8 % par rapport à 39,7 %). D'après les résultats, il semble que, dans le cas du groupe des délinquants placés en isolement, la consommation de drogues avant leur admission au pénitencier avait eu une incidence négative sur la plupart des aspects de leur vie, contrairement à la situation des délinquants non placés en isolement.
L'examen des indicateurs du fonctionnement dans la collectivité a révélé qu'au moment de l'admission les délinquants placés en isolement étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir eu des changements fréquents de logement et des difficultés sur le plan financier.
L'examen des indicateurs de l'orientation personnelle et affective au moment de l'admission a révélé que les délinquants placés en isolement étaient plus susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir eu toute une gamme de problèmes cognitifs (par exemple, difficulté à résoudre des problèmes interpersonnels, incapable de se donner des choix, inconscient des conséquences, établit des objectifs irréalistes, n'a pas de considération pour les autres, est inconscient des autres, impulsif, incapable de comprendre les sentiments des autres, pensée étroite et rigide). Par rapport à leurs homologues non en isolement, les délinquants placés en isolement avaient aussi d'autres problèmes, par exemple ils avaient de la difficulté à résoudre les conflits, toléraient mal les frustrations, et étaient hostiles, amateurs de sensations fortes, irréfléchis et manipulateurs. Il convient de noter que les délinquants placés en isolement étaient aussi susceptibles que ceux non placés en isolement d'avoir au moment de l'admission été reconnus comme ayant des troubles mentaux, actuellement ou dans le passé ou fait l'objet d'une mention selon laquelle des médicaments leur avaient été prescrits dans le passé ou leur étaient prescrits actuellement, ils avaient été ou étaient actuellement hospitalisés et ils avaient reçu des services de consultation externes.
Enfin, on a établi un profil descriptif des délinquants placés en isolement selon les indicateurs portant sur leur attitude générale. Il est ressorti clairement des analyses dans ce domaine que les délinquants placés en isolement, par rapport à ceux non placés en isolement, avaient plus souvent des attitudes négatives envers la loi, les tribunaux, la police, les services correctionnels, la surveillance communautaire et la réadaptation. En outre, ils étaient plus susceptibles de considérer que les relations interpersonnelles étaient sans valeur, de ne pas avoir de respect pour les effets personnels des autres, de ne pas avoir de but et d'être anticonformistes.
Comme on l'a déjà dit, nous avons aussi tâché de déceler les différences importantes entre les délinquants placés en isolement «sollicité» et ceux placés en isolement «non sollicité». Nous avons été étonnés de trouver très peu de variables pouvant les distinguer. Les délinquants placés en isolement sollicité étaient plus susceptibles que ceux placés en isolement non sollicité, au moment de l'admission, d'avoir déjà purgé une peine sous responsabilité provinciale (86 % par rapport à 77 %), d'avoir des antécédents d'infractions sexuelles (27 % par rapport à 18 %) et d'avoir été souvent victimisés dans les relations sociales (30,2 % par rapport à 18,5 %).
Ainsi, l'étude a permis de recueillir des renseignements complets sur les délinquants sous responsabilité fédérale placés en isolement. Même si les résultats obtenus ne portent que sur les délinquants purgeant une peine sous responsabilité fédérale placés en isolement, nous avons appris que ce groupe de délinquants pouvaient être caractérisés par la présence de facteurs de risque «statiques», (par exemple, démêlés antérieurs avec le système de justice pénale) et par la présence d'une vaste gamme de facteurs de risque «dynamiques» (par exemple, bas niveau de scolarité, manque de compétences, famille dysfonctionnelle, attachements antisociaux et isolement, dépendances chimiques, une ribambelle de problèmes sur le plan de la pensée et attitudes procriminelles).
Étant donné le grand nombre de facteurs spécifiques aux cas qui différencient les délinquants placés en isolement de ceux non placés en isolement, il est nécessaire de déterminer le plus tôt possible que ces délinquants présentent un risque. On pourra alors procéder à des interventions proactives axées sur un ensemble unique de comportements, d'attitudes et de circonstances qui semblent être clairement liés au placement ultérieur en isolement préventif.
Tableau 5 Répartition en pourcentage des niveaux des besoins au moment de l'admission.
CARACTÉRISTIQUES DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT DANS LES ÉTABLISSEMENTS CORRECTIONNELS FÉDÉRAUX
LA COMMISSION D'ENQUÊTE SUR CERTAINS ÉVÉNEMENTS SURVENUS À LA PRISON DES FEMMES DE KINGSTON (1996) AVAIT SOULIGNÉ LA NÉCESSITÉ DE PROCÉDER AU PLACEMENT DES DÉLINQUANTS EN ISOLEMENT CONFORMÉMENT À LA LOI ET DE SURVEILLER DE PRÈS CETTE PRATIQUE CORRECTIONNELLE. EN OUTRE, IL ÉTAIT VIVEMENT RECOMMANDÉ D'EXAMINER LES POLITIQUES SUR LE RECOURS À L'ISOLEMENT PRÉVENTIF. EN CONSÉQUENCE, LE SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA A CRÉÉ UN GROUPE DE TRAVAIL SUR LE PLACEMENT EN ISOLEMENT PRÉVENTIF AYANT POUR MANDAT D'EXAMINER UNE VASTE GAMME DE QUESTIONS LIÉES AU RECOURS À L'ISOLEMENT PRÉVENTIF. LA PRÉSENTE ÉTUDE DESCRIPTIVE, PAR CONTRE, VISE À ACCROÎTRE NOTRE CENTRE DE CONNAISSANCES SUR LA NATURE ET LES CARACTÉRISTIQUES DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT DANS LES ÉTABLISSEMENTS CORRECTIONNELS FÉDÉRAUX.
DANS LE CADRE DE LA PRÉSENTE ÉTUDE, NOUS AVONS COMPARÉ LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT À CEUX DANS LA POPULATION CARCÉRALE GÉNÉRALE SELON DIFFÉRENTS CRITÈRES STATIQUES ET DYNAMIQUES : VARIABLES RELATIVES AU RISQUE D'APRÈS LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS (Y COMPRIS LES SCORES OBTENUS SELON L'ÉCHELLE D'INFORMATION STATISTIQUE SUR LA RÉCIDIVE), LES COTES ATTRIBUÉES SELON L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ, LES NIVEAUX GÉNÉRAUX DE RISQUE ET DES BESOINS ET LES INDICATEURS ET NIVEAUX DE RISQUES DANS SEPT DOMAINES CIBLES. NOUS AVONS AUSSI PROCÉDÉ À DES COMPARAISONS MULTIPLES DANS LE BUT DE CERNER LES DIFFÉRENCES D'UN GROUPE À L'AUTRE ENTRE LES INDICATEURS DES BESOINS DANS CHAQUE DOMAINE CIBLE DANS LES DIFFÉRENTS CAS. NOUS AVONS PROCÉDÉ ENSUITE À DES ANALYSES COMPARANT LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ.
TOUTES LES DONNÉES ONT ÉTÉ TIRÉES DU SGD ET LES RENSEIGNEMENTS SUR LES CAS ONT ÉTÉ RECUEILLIS À L'AIDE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS (EID). ESSENTIELLEMENT, L'EID PERMET DE RECUEILLIR DES RENSEIGNEMENTS COMPLETS SUR LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS ET DE SANTÉ MENTALE DE CHAQUE DÉLINQUANT, SA SITUATION SUR LE PLAN SOCIAL, SA FORMATION GÉNÉRALE ET PROFESSIONNELLE ET D'AUTRES FACTEURS PERMETTANT D'ÉVALUER LE RISQUE CRIMINEL ET DE DÉTERMINER LES BESOINS DU DÉLINQUANT.
LES BESOINS CRIMINOGÈNES DE CHAQUE DÉLINQUANT ONT ÉTÉ DÉTERMINÉS À L'AIDE DE LA PARTIE DU PROCESSUS D'EID APPELÉE DÉTERMINATION ET ANALYSE DES BESOINS (DAB). LA DAB PORTE SUR TOUTE UNE GAMME D'ASPECTS LIÉS AUX ANTÉCÉDENTS PERSONNELS ET À LA SITUATION DE VIE DU DÉLINQUANT. LES DONNÉES SONT REGROUPÉES DANS SEPT DOMAINES CIBLES, CHACUN COMPORTANT DE NOMBREUX INDICATEURS : EMPLOI (35 INDICATEURS), RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES (31 INDICATEURS), FRÉQUENTATIONS ET RELATIONS SOCIALES (11 INDICATEURS), TOXICOMANIE (29 INDICATEURS), FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ (21 INDICATEURS), ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE (46 INDICATEURS) ET ATTITUDE GÉNÉRALE (24 INDICATEURS). DANS LE CADRE DE LA DAB, LES DÉLINQUANTS SONT ÉVALUÉS RELATIVEMENT À CHAQUE DOMAINE CIBLE ET UNE COTE EST ATTRIBUÉE SELON UN CONTINUUM DE QUATRE POINTS. LES COTES REFLÈTENT L'IMPORTANCE DU BESOIN, ALLANT DE «FACTEUR FAVORISANT L'ADAPTATION À LA VIE DANS LA COLLECTIVITÉ» (NE S'APPLIQUE PAS AUX DOMAINES TOXICOMANIE ET ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE) À «AUCUN BESOIN D'AMÉLIORATION», «BESOIN MODÉRÉ D'AMÉLIORATION» ET «BESOIN MANIFESTE D'AMÉLIORATION».
LE SCORE OBTENU SUR L'ÉCHELLE D'INFORMATION STATISTIQUE SUR LA RÉCIDIVE (ISR) INDIQUE LA PROBABILITÉ DE RÉCIDIVE DANS LES TROIS ANS SUIVANT LA MISE EN LIBERTÉ. LE SCORE TOTAL OBTENU PAR CHAQUE DÉLINQUANT SUR L'ÉCHELLE D'ISR EST UN SIMPLE TOTAL DES SCORES ATTRIBUÉS À CHAQUE FACTEUR, ET VA DE -30 (TRÈS MAUVAIS RISQUE) À +27 (TRÈS BON RISQUE). CETTE ÉCHELLE EST CENSÉE INDIQUER DE FAÇON FIABLE LES RÉSULTATS DE LA MISE EN LIBERTÉ DES DÉLINQUANTS SEXUELS (HANN & HARMAN, 1988; MOTIUK & ET PORPORINO, 1989), ET ELLE INDIQUE JUSQU'À UN CERTAIN POINT LE RISQUE DE RÉCIDIVE CHEZ LES FEMMES, BIEN QUE DE FAÇON CONSIDÉRABLEMENT MOINS FIABLE DANS LE CAS DES FEMMES QUE DANS CELUI DES HOMMES (BLANCHETTE, 1996; HANN & HARMAN, 1989).
L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ SERT À DÉTERMINER LE NIVEAU DE SÉCURITÉ DES DÉLINQUANTS, SOIT « SÉCURITÉ MAXIMALE», «SÉCURITÉ MOYENNE» OU «SÉCURITÉ MINIMALE». CETTE ÉCHELLE SE COMPOSE DE DEUX SOUS-ÉCHELLES SUR LESQUELLES ON ATTRIBUE LES SCORES INDÉPENDAMMENT L'UNE DE L'AUTRE : LA SOUS-ÉCHELLE DE L'ADAPTATION AU MILIEU CARCÉRAL (CINQ FACTEURS) ET LA SOUS-ÉCHELLE DU RISQUE SUR LE PLAN DE LA SÉCURITÉ (SEPT FACTEURS). LES SCORES PEUVENT ALLER DE 0 À 186 POINTS SUR LA PREMIÈRE ÉCHELLE ET DE 17 À 190 POINTS SUR LA DEUXIÈME. DES SCORES PLUS ÉLEVÉS SUR L'UNE OU L'AUTRE SOUS-ÉCHELLE LAISSENT PRÉVOIR UN NIVEAU DE SÉCURITÉ PLUS ÉLEVÉ. SELON LES VALEURS LIMITES DE L'ÉCHELLE, 15 % DES DÉLINQUANTS SE CLASSENT AU NIVEAU «SÉCURITÉ MINIMALE», 73 %, AU NIVEAU «SÉCURITÉ MOYENNE» ET 12 %, AU NIVEAU «SÉCURITÉ MAXIMALE». D'APRÈS LES RECHERCHES EFFECTUÉES DERNIÈREMENT, L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ EST UN OUTIL DE CLASSEMENT FIABLE ET D'UTILITÉ PRATIQUE DANS LE CAS TANT DES DÉLINQUANTS QUE DES DÉLINQUANTES (LUCIANI, MOTIUK & NAFEKH, 1996).
NOUS AVONS EU RECOURS AU SYSTÈME DE GESTION DES DÉTENUS (SGD, BASE DE DONNÉES AUTOMATISÉE) DU SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA POUR REPÉRER TOUS LES DÉTENUS SOUS RESPONSABILITÉ FÉDÉRALE PLACÉS EN ISOLEMENT. À LA DATE À LAQUELLE NOUS AVONS ENTREPRIS LA PRÉSENTE ENQUÊTE (LE 9 NOVEMBRE 1996), 799 DÉLINQUANTS AU TOTAL ÉTAIENT PLACÉS EN ISOLEMENT, DONT 45,2 % EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET LES AUTRES (54,8 %), EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ. NOUS AVONS CHOISI DE FAÇON ALÉATOIRE UN GROUPE DE 799 DÉTENUS NON PLACÉS EN ISOLEMENT DANS LES ÉTABLISSEMENTS DU SCC AUX FINS DE COMPARAISON.
LA MOYENNE D'ÂGE DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIT DE 32,2 ANS; L'AÎNÉ AVAIT 71 ANS, ET LE PLUS JEUNE, 18 ANS. LA MAJORITÉ DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT (55,8 %) ÉTAIENT ÂGÉS DE 30 À 49 ANS, MALGRÉ UNE PROPORTION IMPORTANTE (41,3 %) DANS LA CATÉGORIE DES «MOINS DE 30 ANS». EN MOYENNE, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS JEUNES QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT : LA MOYENNE D'ÂGE DE CE DERNIER GROUPE ÉTAIT DE 36,2 ANS, ET ILS ÉTAIENT ÂGÉS DE 18 À 85 ANS. NOUS N'AVONS DÉCELÉ AUCUNE DIFFÉRENCE D'ÂGE SIGNICATIVE ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ (MOYENNE = 32,3 ANS, FOURCHETTE = 19 À 60 ANS) PAR RAPPORT À CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ (MOYENNE = 32,3 ANS, FOURCHETTE = 18 À 71 ANS).
LA RÉPARTITION RÉGIONALE DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT A RÉVÉLÉ CE QUI SUIT : 7,7 %, RÉGION DE L'ATLANTIQUE; 41,8 %, RÉGION DU QUÉBEC; 23,4 %, RÉGION DE L'ONTARIO; 17,2 %, RÉGION DES PRAIRIES ET 9,9 %, RÉGION DU PACIFIQUE. LES ANALYSES PAR RÉGION ONT FAIT ÉTAT DE DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE LES GROUPES DE DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT. NOTAMMENT, LE NOMBRE PROPORTIONNEL DE DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIT PLUS ÉLEVÉ DANS LA RÉGION DU QUÉBEC, OÙ LES DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT REPRÉSENTAIENT SEULEMENT 26,6 % DE LA POPULATION CARCÉRALE.
EN CE QUI A TRAIT AU STATUT D'AUTOCHTONE, ENVIRON 13 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT DES AUTOCHTONES, PAR RAPPORT À 14 % DES DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT. CETTE DIFFÉRENCE N'ÉTAIT PAS SIGNIFICATIVE SUR LE PLAN STATISTIQUE.
NOUS AVONS OBTENU DES DONNÉES SUR LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS DES DÉLINQUANTS AU MOYEN DE L'ÉVALUATION DU RISQUE CRIMINEL EFFECTUÉE DANS LE CADRE DE L'EID. CETTE ÉVALUATION DU RISQUE EST FONDÉE PRINCIPALEMENT SUR LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS ET FOURNIT DES DONNÉES PRÉCISES SUR LES INFRACTIONS COMMISES DANS LE PASSÉ ET CELLES À L'ORIGINE DE LA PEINE ACTUELLE. LES AUTRES DÉTAILS PERTINENTS LIÉS AUX DIFFÉRENTS FACTEURS DE RISQUE FIGURENT DANS LE RAPPORT SUR LE PROFIL CRIMINEL. CES DONNÉES ÉTAIENT DISPONIBLES POUR PRÈS DE LA MOITIÉ DE L'ÉCHANTILLON, Y COMPRIS 332 DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET 354 DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT.
UNE COMPARAISON DE 14 INDICATEURS PORTANT SUR LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET DE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT A DONNÉ DES RÉSULTATS IMPORTANTS DANS TOUS LES DOMAINES SAUF UN : LES ANTÉCÉDENTS D'INFRACTIONS SEXUELLES. LES ANALYSES STATISTIQUES ONT RÉVÉLÉ QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT EU PLUS DE DÉMÊLÉS DANS LE PASSÉ AVEC LE SYSTÈME DE JUSTICE PÉNALE QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. ILS AVAIENT DES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS PLUS LONGS, TANT DEVANT LES TRIBUNAUX POUR ADOLESCENTS QUE DEVANT LES TRIBUNAUX POUR ADULTES. D'AILLEURS, PRESQUE TOUS LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT (96 %) AVAIENT EU ANTÉRIEUREMENT À AU MOINS UNE REPRISE DES DÉMÊLÉS AVEC LE SYSTÈME DE JUSTICE PÉNALE. ON TROUVERA AU TABLEAU 1 LES RÉSULTATS DE CES ANALYSES.
TABLEAU 1 INDICATEURS CHOISIS RELATIFS AUX ANTÉCÉDENTS CRIMINELS DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NON PLACÉS EN ISOLEMENT
| Délinquants placés en isolement (n=332) | Délinquants non placés en isolement (n=354) | |||
|---|---|---|---|---|
| # | % | # | % | |
| Décisions antérieures Tribunaux pour adolescents*** | 193 | 59 % | 142 | 41 % |
| Surveillance communautairen *** | 140 | 44 % | 106 | 31 % |
| Garde en milieu ouvert *** | 123 | 39 % | 72 | 21 % |
| Garde en milieu fermé *** | 133 | 42 % | 71 | 2 % |
| Décisions antérieures Tribunaux pour adultes * | 297 | 90 % | 298 | 84 % |
| Surveillance communautaire * | 264 | 80 % | 253 | 72 % |
| Peines provinciales *** | 267 | 81 % | 241 | 68 % |
| Peines fédérales * | 138 | 42 % | 115 | 33 % |
| Total (tribunaux pour adolescents et (ou) tribunaux pour adultes) *** | 318 | 96 % | 312 | 88 % |
| Décisions antérieures : Isolement (disciplinaire) *** | 142 | 47% | 79 | 24% |
| Décisions antérieures : Évasion/illégalement en liberté *** | 128 | 39% | 83 | 24% |
| Décisions antérieures : Manquement aux conditions de la mise en liberté sous condition *** | 178 | 54% | 130 | 37% |
| Décisions antérieures : Plus de 6 mois depuis la dernière incarcération *** | 126 | 38% | 73 | 21% |
| Previous: Antécédents d'infractions sexuelles (y compris celle à l'origine de la peine actuelle) | 71 | 22% | 91 | 26% |
REMARQUE : * P<0,05; *** P<0,001
NOUS N'AVONS PAS ÉTÉ ÉTONNÉS DE CONSTATER QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT BEAUCOUP PLUS SUSCEPTIBLES, LORS D'INCARCÉRATIONS ANTÉRIEURES, D'AVOIR ÉTÉ PLACÉS EN ISOLEMENT POUR DES MOTIFS DISCIPLINAIRES. IL CONVIENT DE NOTER EN OUTRE QU'ILS ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES D'AVOIR DES ANTÉCÉDENTS D'ÉVASION OU D'AVOIR DÉJÀ ÉTÉ ILLÉGALEMENT EN LIBERTÉ.
POUR DÉTERMINER SI LES VARIABLES RELATIVES AUX ANTÉCÉDENTS CRIMINELS DIFFÈRENT SELON QU'IL S'AGIT D'UN ISOLEMENT SOLLICITÉ OU NON SOLLICITÉ, NOUS AVONS PROCÉDÉ À UNE DEUXIÈME SÉRIE D'ANALYSES STATISTIQUES. LES RÉSULTATS N'ONT PAS RÉVÉLÉ DE DIFFÉRENCE FIABLE ENTRE LES GROUPES, SAUF POUR CE QUI EST DES ANTÉCÉDENTS D'INFRACTIONS SEXUELLES ET DES INCARCÉRATIONS ANTÉRIEURES DANS DES ÉTABLISSEMENTS PROVINCIAUX (ADULTES).
ALORS QUE 86 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ AVAIENT DÉJÀ ÉTÉ AUPARAVANT INCARCÉRÉS DANS UN ÉTABLISSEMENT PROVINCIAL, CE N'ÉTAIT LE CAS QUE DE 77 % DE LEURS HOMOLOGUES PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ. EN OUTRE, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES QUE CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ D'AVOIR COMMIS DES INFRACTIONS SEXUELLES DANS LE PASSÉ OU D'AVOIR COMMIS DES INFRACTIONS SEXUELLES À L'ORIGINE DE LEUR PEINE ACTUELLE (27 % ET 18 %, RESPECTIVEMENT). CES DEUX COMPARAISONS ENTRE LES GROUPES ÉTAIENT SIGNIFICATIVES SUR LE PLAN STATISTIQUE, SE SITUANT À P<0,05. DANS LE CAS DE TOUS LES AUTRES INDICATEURS CHOISIS RELATIFS AUX ANTÉCÉDENTS CRIMINELS, LES DONNÉES AU TABLEAU 1 POUR LE GROUPE «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» SONT VALABLES POUR LES DEUX GROUPES DE DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT, SOIT CEUX EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ.
AU MOMENT DE L'ADMISSION, ON ÉTABLIT POUR CHAQUE DÉLINQUANT UNE COTE GLOBALE INDIQUANT LES NIVEAUX DE RISQUE ET DES BESOINS («FAIBLE», «MOYEN» OU «ÉLEVÉ»). CES COTES SONT ÉTABLIES DANS LE CADRE DE L'EID ET SERVENT À DIFFÉRENTES FINS, COMME LE PLACEMENT EN ÉTABLISSEMENT, LA GESTION CORRECTIONNELLE ET LA SURVEILLANCE. CES DONNÉES ÉTAIENT DISPONIBLES POUR LA PLUPART DES DÉLINQUANTS FAISANT PARTIE DE L'ÉCHANTILLON : 678 DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET 702 DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT.
ÉTANT DONNÉ QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT DES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS PLUS LONGS QUE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT, NOUS N'AVONS PAS ÉTÉ ÉTONNÉS DE CONSTATER QUE LES PREMIERS ÉTAIENT DÉSIGNÉS AU MOMENT DE L'ADMISSION COMME PRÉSENTANT UN RISQUE PLUS ÉLEVÉ ET AYANT DES BESOINS PLUS ÉLEVÉS. EN EFFET, 60 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT (COMPARATIVEMENT À 47 % DE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT) OBTENU LA COTE «ÉLEVÉ» EN CE QUI A TRAIT TANT AU RISQUE QU'AUX BESOINS. ON TROUVERA AU TABLEAU 2 LA RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES NIVEAUX DE RISQUE/DES BESOINS DES DEUX GROUPES.
TABLEAU 2 RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES NIVEAUX DE RISQUE/DES BESOINS DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NON PLACÉS EN ISOLEMENT, AU MOMENT DE L'ADMISSION
| Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement | |||
|---|---|---|---|---|
| NIVEAU DE RISQUE/DES BESOINS *** | (678) | % | (702) | % |
| Risque faible/Besoins faibles | 11 | 1.6% | 19 | 2.7% |
| Risque faible/Besoins moyens | 9 | 1.3% | 28 | 4.0% |
| Risque faible/Besoins élevés | 6 | 0.9% | 3 | 0.4% |
| Total partiel | 26 | 3.8% | 50 | 7.1% |
| Risque moyen/Besoins faibles | 3 | 0.4% | 13 | 1.9% |
| Risque moyen/Besoins moyens | 88 | 13.0% | 136 | 19.4% |
| Risque moyen/Besoins élevés | 119 | 17.6% | 91 | 13.0% |
| Total partiel | 210 | 31.0% | 240 | 34.3% |
| Risque élevé/Besoins faibles | 2 | 0.3% | 4 | 0.6% |
| Risque élevé/Besoins moyens | 33 | 4.9% | 78 | 11.1% |
| Risque élevé/Besoins élevés | 407 | 60.0% | 330 | 47.0% |
| Total partiel | 442 | 65.2% | 412 | 59.5% |
REMARQUE : *** P<0,001
NOUS AVONS ENSUITE RESTREINT NOTRE ANALYSE AU SEUL GROUPE DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NOUS AVONS COMPARÉ CEUX EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ POUR CE QUI EST DU CRITÈRE RISQUE/BESOINS CI-DESSUS. COMME DANS LE CAS DES DONNÉES SUR LES ANTÉCÉDENTS CRIMINELS, LES RÉSULTATS N'ONT RÉVÉLÉ AUCUNE DIFFÉRENCE FIABLE ENTRE LES GROUPES POUR CE QUI EST DES NIVEAUX DE RISQUE/DES BESOINS AU MOMENT DE L'ADMISSION. AINSI, À NOUVEAU, LES DONNÉES DANS LE TABLEAU CI-DESSUS SUR LES «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» PORTENT À LA FOIS SUR LES DÉTENUS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ (N = 309) ET SUR CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ (N = 369).
NIVEAUX DE RISQUE SELON L'ÉCHELLE D'ISR
ON L'A DÉJÀ DIT, LE SCORE OBTENU SUR L'ÉCHELLE D'ISR INDIQUE DE RÉCIDIVE DANS LES DEUX ANNÉES QUI SUIVENT LA MISE EN LIBERTÉ. MÊME SI LA FOURCHETTE DES SCORES VA DE -30 (TRÈS MAUVAIS RISQUE) À +27 (TRÈS BON RISQUE), LES SCORES PEUVENT ÊTRE REGROUPÉS EN CINQ CATÉGORIES OU GROUPES : TRÈS MAUVAIS RISQUE (-30 À -9), MAUVAIS RISQUE (-8 À -5), RISQUE ACCEPTABLE (-4 À 0), BON RISQUE (+1 À +5) ET TRÈS BON RISQUE (+6 À +27). DANS LE CAS DES ANALYSES EFFECTUÉES AUX FINS DE LA PRÉSENTE ÉTUDE, NOUS AVONS REGROUPÉ LES SCORES SUR L'ÉCHELLE D'ISR EN CINQ CATÉGORIES DE RISQUE TEL QU'INDIQUÉ CI-DESSUS ET NOUS AVONS COMPARÉ LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVEC LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. LES RÉSULTATS SONT EXPOSÉS AU TABLEAU 3.
TABLEAU 3 RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES NIVEAUX DE RISQUE SELON L'ÉCHELLE D'ISR DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NON PLACÉS EN ISOLEMENT
| Niveau de risque *** | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement | ||
|---|---|---|---|---|
| # | % | # | % | |
| Très faible | 271 | 45 % | 123 | 23 % |
| Faible | 105 | 18 % | 90 | 17 % |
| Acceptable | 107 | 18 % | 89 | 17 % |
| Bon | 62 | 10 % | 71 | 14 % |
| Très bon | 53 | 9 % | 151 | 29 % |
| TOTAL | 598 | 525 | ||
REMARQUE 1 : *** P<0,001
REMARQUE 2 : LE GROUPE DES DÉLINQUANTS SEXUELS ET DES AUTEURS D'HOMICIDES OBTIENNENT UN SCORE POSITIF SUR CETTE ÉCHELLE CAR CES DÉLINQUANTS SONT CONSIDÉRABLES PLUS ÂGÉS QUE LA POPULATION CARCÉRALE GÉNÉRALE ET HABITUELLEMENT ONT EU MOINS SOUVENT AFFAIRE AU SYSTÈME DE JUSTICE PÉNALE.
COMME ON POUVAIT S'Y ATTENDRE D'APRÈS LEUR ANTÉCÉDENTS CRIMINELS PLUS LONGS ET LEURS NIVEAUX PLUS ÉLEVÉS DE RISQUE/DES BESOINS (D'APRÈS L'EID), LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT ENVIRON DEUX FOIS PLUS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE CONSIDÉRÉS COMME PRÉSENTANT UN «TRÈS MAUVAIS» RISQUE. EN OUTRE, SEULEMENT 9 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT MAIS ENVIRON LE TIERS DE CEUX NON EN ISOLEMENT ONT OBTENU UN SCORE LES PLAÇANT DANS LA CATÉGORIE «TRÈS BON RISQUE».
PARMI LES 598 DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SUR LESQUELS DES DONNÉES OBTENUES À L'AIDE DE L'ÉCHELLE D'ISR ÉTAIENT DISPONIBLES, 335 ÉTAIENT PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ ET 263, EN ISOLEMENT SOLLICITÉ. LES ANALYSES COMPARANT LES NIVEAUX DE RISQUE SELON L'ÉCHELLE D'ISR DE CES DEUX GROUPES DE DÉLINQUANTS N'ONT ABOUTI À AUCUNE CONSTATATION IMPORTANTE. PLUS PARTICULIÈREMENT, 45 % DE L'UN ET L'AUTRE GROUPE ONT ÉTÉ CLASSÉS COMME PRÉSENTANT UN «TRÈS MAUVAIS» RISQUE ET 9 % DE CHAQUE GROUPE ONT ÉTÉ CLASSÉS COMME PRÉSENTANT UN «TRÈS BON RISQUE».
DÉSIGNATION DU NIVEAU DE SÉCURITÉ D'APRÈS L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ
COMME NOUS L'AVONS DÉJÀ MENTIONNÉ, L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ EST UN OUTIL QUI SERT À DÉTERMINER LE NIVEAU DE SÉCURITÉ DU DÉLINQUANT, SOIT «SÉCURITÉ MAXIMALE», «SÉCURITÉ MOYENNE» OU «SÉCURITÉ MINIMALE». ON TROUVERA AU TABLEAU 4 CI-DESSOUS LES RÉSULTATS DES ANALYSES COMPARANT LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT SELON LE NIVEAU DE SÉCURITÉ DÉTERMINÉ D'APRÈS L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ.
TABLEAU 4 RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NON PLACÉS EN ISOLEMENT SELON LE NIVEAU DE SÉCURITÉ DÉTERMINÉ D'APRÈS L'ÉCHELLE DE CLASSEMENT PAR NIVEAU DE SÉCURITÉ
| Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement | |||
|---|---|---|---|---|
| # | % | # | % | |
| Sécurité minimale | 41 | 11% | 42 | 14% |
| Sécurité moyenne | 278 | 74% | 223 | 76% |
| Sécurité maximale | 56 | 15% | 28 | 10% |
| TOTAL | 375 | 293 | ||
COMME LE MONTRE LE TABLEAU 4, ENVIRON LES TROIS QUARTS DE CHAQUE GROUPE (DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET NON PLACÉS EN ISOLEMENT), SE SONT VU CLASSER AU NIVEAU SÉCURITÉ MOYENNE. MÊME SI LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE CLASSÉS AU NIVEAU SÉCURITÉ MAXIMALE ET CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT, AU NIVEAU SÉCURITÉ MINIMALE, CES DIFFÉRENCES N'ÉTAIENT PAS SIGNIFICATIVES SUR LE PLAN STATISTIQUE.
IL N'EST PAS ÉTONNANT DE CONSTATER NON PLUS QUE LES ANALYSES COMPARANT LES DÉLINQUANTS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ N'ONT PAS RÉVÉLÉ DE DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE CES DEUX GROUPES. VOICI LA RÉPARTITION ENTRE LES NIVEAUX DE SÉCURITÉ : 15 % DE CHAQUE GROUPE, SÉCURITÉ MAXIMALE; 72 % ET 76 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET NON SOLLICITÉS, RESPECTIVEMENT, SÉCURITÉ MOYENNE; 13 % ET 9 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET NON SOLLICITÉ, RESPECTIVEMENT, SÉCURITÉ MINIMALE.
NIVEAUX DES BESOINS DANS LES DOMAINES CIBLES
COMME NOUS L'AVONS DÉJÀ MENTIONNÉ, LA COMPOSANTE DAB DU PROCESSUS D'EID PERMET DE DÉTERMINER LES BESOINS CRIMINOGÈNES DU DÉLINQUANT. ON ATTRIBUE L'UNE DE QUATRE COTES AUX NIVEAUX DES BESOINS DANS LES SEPT DOMAINES CIBLES, ALLANT DE «FACTEUR FAVORISANT L'ADAPTATION LA VIE DANS LA COLLECTIVITÉ» À «BESOIN MANIFESTE D'AMÉLIORATION». CES DONNÉES ÉTAIENT DISPONIBLES PAR L'ENTREMISE DU SYSTÈME D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS POUR LA MAJORITÉ DE CEUX COMPRIS DANS L'ÉCHANTILLON : 727 DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET 687 DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT. NOUS AVONS PROCÉDÉ À L'AIDE DE CES DONNÉES À DES ANALYSES DU KHI-DEUX POUR DÉTERMINER LES DIFFÉRENCES ENTRE LES GROUPES DANS LES SEPT DOMAINES CIBLES OÙ SE SITUAIENT LES BESOINS. LE TABLEAU 5 FAIT ÉTAT DES RÉSULTATS DE CES ANALYSES.
TABLEAU 5 RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES NIVEAUX DES BESOINS AU MOMENT DE L'ADMISSION
| Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement | |||
|---|---|---|---|---|
| NIVEAU DES BESOINS : Domaine | (727) | % | (687) | % |
| NIVEAU DES BESOINS FACTEUR POSITIF : | ||||
| Emploi*** | 21 | 3,1 % | 59 | 8,1 % |
| Relations matr. et fam. | 31 | 4,5 % | 49 | 6,7 % |
| Fréquentations*** | 16 | 2,3 % | 59 | 8,1 % |
| Toxicomanie*** | - | - | - | - |
| Fonctionnement dans la collectivité*** | 13 | 1,9 % | 56 | 7,7 % |
| Orientation pers. et affective*** | - | - | - | - |
| Attitude générale*** | 33 | 4,8 % | 61 | 8,4 % |
| NIVEAU DES BESOINS PAS DE DIFFICULTÉ : | ||||
| Emploi | 56 | 8,2 % | 116 | 16,0 % |
| Relations matr. et fam. | 148 | 21,5 % | 179 | 24,6 % |
| Fréquentations | 85 | 12,4 % | 141 | 19,4 % |
| Toxicomanie | 92 | 13,4 % | 177 | 24,4 % |
| Fonctionnement dans la collectivité | 126 | 18,3 % | 192 | 26,4 % |
| Orientation pers. et affective | 30 | 4,4 % | 67 | 9,2 % |
| Attitude générale | 107 | 15,6 % | 195 | 26,8 % |
| NIVEAU DES BESOINS QUELQUES DIFFICULTÉS : | ||||
| Emploi | 242 | 35,2 % | 296 | 40,1% |
| Relations matr. et fam. | 252 | 36,7 % | 251 | 34,5 % |
| Fréquentations | 240 | 34,9 % | 305 | 42,0 % |
| Toxicomanie | 131 | 19,1 % | 141 | 19,4 % |
| Fonctionnement dans la collectivité | 298 | 43,4 % | 324 | 44,6 % |
| Orientation pers. et affective | 137 | 19,9 % | 171 | 23,5 % |
| Attitude générale | 183 | 26,6 % | 213 | 29,3 % |
| NIVEAU DES BESOINS DIFFICULTÉS CONSIDÉRABLES : | ||||
| Emploi | 68 | 53,6 % | 256 | 35,2 % |
| Relations matr. et fam. | 256 | 37,3 % | 248 | 34,1 % |
| Fréquentations | 346 | 50,4 % | 222 | 30,5 % |
| Toxicomanie | 464 | 67,5 % | 409 | 56,3 % |
| Fonctionnement dans la collectivité | 250 | 36,4 % | 155 | 21,3 % |
| Orientation pers. et affective | 520 | 75,7 % | 489 | 67,3 % |
| Attitude générale | 364 | 53,0 % | 258 | 35,5 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P<0,01
IL CONVIENT DE NOTER QUE, DANS TOUS LES CAS OÙ IL Y AVAIT DES DIFFÉRENCES ENTRE LES GROUPES, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT PLUS DE PROBLÈMES QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. ALORS QU'ENVIRON LES DEUX TIERS DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT UN NIVEAU D'INSTRUCTION INFÉRIEUR À LA 10E ANNÉE, CE N'ÉTAIT LE CAS QUE D'ENVIRON 53 % DES DÉTENUS NON PLACÉS EN ISOLEMENT. EN OUTRE, ENVIRON 81 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT SANS EMPLOI AU MOMENT DE LEUR ARRESTATION, ET 85 % AVAIENT DES ANTÉCÉDENTS D'EMPLOI INSTABLES.
UNE COMPARAISON DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ SELON LES 34 INDICATEURS DES BESOINS DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI N'A RÉVÉLÉ AUCUNE DIFFÉRENCE SIGNIFICATIVE ENTRE LES GROUPES. CELA N'EST PAS ÉTONNANT, ÉTANT DONNÉ QUE LE NIVEAU GÉNÉRAL DES BESOINS DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI ÉTAIT ENVIRON LE MÊME POUR L'UN ET L'AUTRE GROUPE. AINSI, LES DONNÉES AFFICHÉES À LA COLONNE DES «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» AU TABLEAU 6 PORTENT À LA FOIS SUR LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET SUR CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ.
(II) RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES. ON TROUVERA À L'ANNEXE B UNE LISTE COMPLÈTE DES INDICATEURS LIÉS AUX RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES ÉVALUÉS DANS LE CADRE DE L'EID. MÊME SI LES MÉTHODES STATISTIQUES N'ONT RÉVÉLÉ AUCUNE DIFFÉRENCE ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT QUANT AU NIVEAU GÉNÉRAL DES BESOINS DANS LE DOMAINE DES RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES, DES COMPARAISONS MULTIPLES ONT DONNÉ CERTAINS RÉSULTATS SIGNIFICATIFS QUI SONT PRÉSENTÉS AU TABLEAU 7.
TABLEAU 7 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS DANS LE DOMAINE DES RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Relations matrimoniales et familiales | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Absence de liens familiaux durant l'enfance * | 36,5 % | 28,9 % |
| Relations négatives avec ses frères et soeurs durant l'enfance ** | 19,3 % | 11,9 % |
| Autres relations négatives avec des proches durant l'enfance *** | 19,0 % | 9,1 % |
| Membres de la famille impliqués dans des activités criminelles * | 45,4 % | 36,6 % |
| Actuellement célibataire *** | 71,7 % | 57,3 % |
| A été marié/conjoint de fait dans le passé * | 70,3 % | 78,0 % |
| Des problèmes financiers nuisent à sa(ses) relation(s) actuelle(s)/passée(s) * | 24,3 % | 32,3 % |
| Des problèmes de communication nuisent à sa(ses) relation(s) * | 35,1 % | 44,2 % |
| N'a pas de responsabilités parentales *** | 61,8 % | 45,9 % |
| A été arrêté pour inceste * | 1,5 % | 4,8 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P <0,001
IL N'EST PAS ÉTONNANT DE CONSTATER QUE TOUTES LES DIFFÉRENCES CERNÉES DANS CE DOMAINE CIBLE NE TÉMOIGNAIENT PAS DE BESOINS PLUS IMPORTANTS CHEZ LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT QUE CHEZ LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. IL EST INTÉRESSANT DE NOTER, CEPENDANT, QUE, D'APRÈS LES INDICATEURS PORTANT SUR L'ENFANCE/LA FAMILLE D'ORIGINE, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ONT MANIFESTEMENT PLUS DE PROBLÈMES QUE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT. TOUTEFOIS, IL SEMBLE QUE, DANS LES RELATIONS ADULTES (P. EX., LES QUESTIONS D'ARGENT, SEXUELLES, PARENTALES), CE SONT LES DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT QUI SEMBLENT AVOIR LE PLUS DE DIFFICULTÉS. IL EST TOUT À FAIT POSSIBLE QUE CELA TIENNE À CE QUE LES DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT SONT PLUS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE MARIÉS OU D'AVOIR UN CONJOINT DE FAIT.
NOUS AVONS AUSSI COMPARÉ LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ À CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ RELATIVEMENT À CHACUN DES 31 INDICATEURS DANS LE DOMAINE DES RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES. UN SEUL INDICATEUR A RÉVÉLÉ UNE DIFFÉRENCE SIGNIFICATIVE ENTRE LES GROUPES : «SURVEILLE L'ENFANT INADÉQUATEMENT». C'ÉTAIT LE CAS DE 10,5 % DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ, MAIS DE 3,8 % SEULEMENT DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ.
(III) FRÉQUENTATIONS ET RELATIONS SOCIALES. ON TROUVERA À L'ANNEXE C UNE LISTE COMPLÈTE DES INDICATEURS RELATIFS AUX FRÉQUENTATIONS ET AUX RELATIONS SOCIALES. HUIT DES 11 INDICATEURS DANS CE DOMAINE ONT RÉVÉLÉ DES DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT. À NOUVEAU, DANS CHAQUE CAS, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT PLUS DE BESOINS QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. ON TROUVERA CES DONNÉES AU TABLEAU 8.
TABLEAU 8 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS RELATIFS AUX FRÉQUENTATIONS ET RELATIONS SOCIALES RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Fréquentations et relations sociales | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Isolé sur le plan social * | 31,9 % | 25,1 % |
| Fréquente des toxicomanes ** | 78,7 % | 68,1 % |
| Nombreuses connaissances criminelles *** | 74,4 % | 60,1 % |
| A en majorité des amis criminels *** | 59,0 % | 37,8 % |
| Habite un quartier criminogène ** | 34,1 % | 23,0 % |
| N'adhère à aucun groupe communautaire ** | 70,5 % | 61,0 % |
| Facilement influençable ** | 58,2 % | 47,5 % |
| A de la difficulté à communiquer avec les autres * | 36,5 % | 28,0 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P<0,001
LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES (AU MOMENT DE L'ADMISSION) D'AVOIR ÉTÉ ISOLÉS SUR LE PLAN SOCIAL, DE FRÉQUENTER DES TOXICOMANES, D'AVOIR DE NOMBREUX AMIS ET CONNAISSANCES CRIMINELS, D'HABITER UN QUARTIER CRIMINOGÈNE ET DE N'ADHÉRER À AUCUN GROUPE COMMUNAUTAIRE. EN OUTRE, ILS AVAIENT DE LA DIFFICULTÉ À COMMUNIQUER AVEC LES AUTRES ET ILS ÉTAIENT FACILEMENT INFLUENÇABLES. CES DEUX DERNIÈRES CARACTÉRISTIQUES PRÉSENTENT DES PROBLÈMES TOUT PARTICULIÈREMENT LORSQU'ELLES SONT ACCOMPAGNÉES D'AUTRES BESOINS COMME LA PRÉSENCE DE FRÉQUENTATIONS ET D'AMIS CRIMINELS OU TOXICOMANES.
COMME DANS LE CAS DES AUTRES DOMAINES CIBLES, LES ANALYSES ONT RÉVÉLÉ PEU DE DIFFÉRENCES ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ POUR CE QUI EST DES INDICATEURS RELATIFS AUX FRÉQUENTATIONS ET RELATIONS SOCIALES. SEULEMENT UNE DES 11 COMPARAISONS A DONNÉ DES RÉSULTATS SIGNIFICATIFS : «SOUVENT VICTIMISÉS DANS LES RELATIONS SOCIALES». ENVIRON LE TIERS (30,2 %) DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ÉTAIENT DÉCRITS COMME ÉTANT «SOUVENT VICTIMISÉS DANS LES RELATIONS SOCIALES», COMPARATIVEMENT À 10,5 % SEULEMENT DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ. IL Y A PROBABLEMENT UN LIEN ENTRE LE NOMBRE IMPORTANT DE DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ QUI ONT DES PROBLÈMES DANS CE DOMAINE ET LE FAIT QUE LEUR PLACEMENT EN ISOLEMENT A ÉTÉ «SOLLICITÉ». PLUS PARTICULIÈREMENT, LES DÉLINQUANTS QUI SONT «SOUVENT VICTIMISÉS» SERONT PROBABLEMENT PLUS SUSCEPTIBLES DE SOLLICITER UN PLACEMENT EN ISOLEMENT.
(IV) TOXICOMANIE. SELON LES ANTÉCÉDENTS DE TOXICOMANIE CONSIGNÉS AU MOMENT DE L'ADMISSION, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES QUE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT D'AVOIR EU DES PROBLÈMES D'ALCOOL ET DE DROGUE, ET D'AVOIR COMMENCÉ À UTILISER DE L'ALCOOL OU DE LA DROGUE À UN JEUNE ÂGE. D'AILLEURS, 20 DES 29 INDICATEURS ONT RÉVÉLÉ DES DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE LES GROUPES. DANS CHAQUE CAS, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT PLUS DE BESOINS DANS CE DOMAINE. ON TROUVERA À L'ANNEXE D UNE LISTE COMPLÈTE DES 29 INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE RECENSÉS DANS LE CADRE DE L'EID.
ON TROUVERA AU TABLEAU 9 LA RÉPARTITION DE CERTAINS INDICATEURS CHOISIS (STATISTIQUEMENT SIGNIFICATIFS) DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE. IL CONVIENT DE NOTER QUE LES RÉSULTATS LES PLUS FIABLES ONT ÉTÉ OBTENUS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE, LA VASTE MAJORITÉ DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT AYANT CONSOMMÉ DE LA DROGUE DANS DES SITUATIONS SOCIALE, DURANT LEURS HEURES DE LOISIRS ET POUR RÉDUIRE LE STRESS. EN OUTRE, LEUR TOXICOMANIE A CAUSÉ DES PROBLÈMES DANS D'AUTRES ASPECTS DE LEUR VIE, COMME SUR LE PLAN DES RELATIONS SOCIALES, DE L'EMPLOI, DE LA FAMILLE, DE LA SANTÉ ET DES INFRACTIONS À LA LOI.
IL EST AUSSI UTILE DE SOULIGNER QUE, MÊME SI LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT BEAUCOUP PLUS SUSCEPTIBLES D'AVOIR SUIVI UN PROGRAMME DE TRAITEMENT DE LA TOXICOMANIE, LE FAIT D'AVOIR MENÉ À BIEN UN TEL PROGRAMME NE FAISAIT PAS VRAIMENT DE DIFFÉRENCE. IL SERAIT DONC PEUT-ÊTRE NÉCESSAIRE D'ÉTABLIR UN PROTOCOLE DIFFÉRENT POUR CE QUI EST DES PROGRAMMES OFFERTS À CE GROUPE DE DÉLINQUANTS.
TABLEAU 9 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Toxicomanie | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Problème d'alcool ** | 69,3 % | 58,5 % |
| A commencé à boire à un jeune âge ** | 55,5 % | 45,4 % |
| A des antécédents d'excès d'alcool * | 53,7 % | 45,0 % |
| Consommation à la fois d'alcool et de drogues *** | 58,7 % | 42,2 % |
| Consommation excessive d'alcool durant les loisirs ** | 69,3 % | 58,5 % |
| Consommation excessive de drogues *** | 81,4 % | 62,2 % |
| A commencé à consommer des drogues à un jeune âge *** | 61,8 % | 39,7 % |
| Consomme des drogues régulièrement *** | 64,5 % | 40,3 % |
| Consommation excessive de drogues à l'occasion *** | 67,8 % | 41,1 % |
| A consommé différentes drogues en même temps *** | 58,1 % | 38,4 % |
| Consommation de drogues durant les loisirs *** | 72,0 % | 52,3 % |
| Consommation de drogues lors d'activités *** | 69,2 % | 54,2 % |
| Consomme des drogues pour réduire le stress *** | 61,0% | 44,6 % |
| Consommation de drogues nuit à l'emploi *** | 42,6 % | 27,3 % |
| Consommation de drogues nuit aux relations matrimoniales et familiales **** | 51,2 % | 34,1 % |
| Consommation de drogues a une incidence négative sur sa vie sociale *** | 47,8 % | 31,9 % |
| Consommation de drogues l'a amené à enfreindre la loi *** | 67,2 % | 44,7 % |
| Consommation de drogues nuit à la santé ** | 33,3 % | 24,0 % |
| Évaluations antérieures en matière de toxicomanie * | 47,2 % | 38,9 % |
| A participé à des programmes de traitement de la toxicomanie * | 48,9 % | 41,1 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P<0,001
À NOUVEAU, LES COMPARAISONS MULTIPLES DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET DE CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ N'ONT RÉVÉLÉ QUE DES DIFFÉRENCES NÉGLIGEABLES ENTRE LES GROUPES. PARMI LES 29 INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE, UN SEUL A INDIQUÉ DES DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES SUR LE PLAN STATISTIQUE ENTRE CES DEUX GROUPES. PLUS PARTICULIÈREMENT, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ ÉTAIENT BEAUCOUP PLUS SUSCEPTIBLES D'AVOIR COMMENCÉ À BOIRE À UN JEUNE ÂGE (60,4 %) QUE LEURS HOMOLOGUES EN ISOLEMENT SOLLICITÉ (48,9 %). DANS LE CAS DE TOUS LES AUTRES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE, LES RÉPARTITIONS EN POURCENTAGE DES «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» AU TABLEAU 9 PORTENT À LA FOIS SUR LES DÉTENUS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET SUR CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ.
FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ. ON TROUVERA À L'ANNEXE E UNE LISTE COMPLÈTE DES 21 INDICATEURS DANS LE DOMAINE DU FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ. UNE SÉRIE D'ANALYSES COMPARANT LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ET LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT EN CE QUI A TRAIT AUX INDICATEURS DANS LE DOMAINE DU FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ A DONNÉ DES RÉSULTATS SIGNIFICATIFS POUR SIX INDICATEURS. LES RÉSULTATS SIGNIFICATIFS SUR LE PLAN STATISTIQUE SONT PRÉSENTÉS DANS LE TABLEAU CI-DESSOUS.
TABLEAU 10 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS DANS LE DOMAINE DU FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Fonctionnement dans la collectivité | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Chargements fréquents de logement *** | 54.0 % | 37,0 % |
| Logement mal entretenu * | 15,6 % | 8,7 % |
| N'a pas de compte en banque *** | 62,5 % | 48,4 % |
| N'a pas de crédit * | 74,4 % | 65,4 % |
| N'a pas de bien(s) donné(s) en nantissement * | 72,7 % | 64,6 % |
| N'a pas de passe-temps * | 36,1 % | 28,8 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P<0,001
À NOUVEAU, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ONT ÉTÉ ÉVALUÉS AU MOMENT DE L'ADMISSION COMME AYANT PLUS DE DIFFICULTÉS QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. CES DONNÉES RÉVÈLENT QUE LE GROUPE DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT A PLUS DE PROBLÈMES (AU MOMENT DE L'ADMISSION) DANS LES DOMAINES DU LOGEMENT ET DE LA GESTION DES FINANCES QUE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT.
COMME DANS LE CAS DES DOMAINES CIBLES EXAMINÉS JUSQU'ICI, NOUS AVONS CONSTATÉ PEU DE DIFFÉRENCES ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ SUR LE PLAN DU FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ. LES COMPARAISONS MULTIPLES DES 21 INDICATEURS DANS CE DOMAINE N'ONT PAS DONNÉ DE RÉSULTATS SIGNIFICATIFS SUR LE PLAN STATISTIQUE. PAR CONSÉQUENT, LES RÉPARTITIONS EN POURCENTAGE PRÉSENTÉES POUR LES «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» AU TABLEAU 10 PORTENT À LA FOIS SUR LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET SUR CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ.
ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE. COMME NOUS L'AVONS DÉJÀ MENTIONNÉ, 46 INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE L'ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE SONT EXAMINÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS AU MOMENT DE L'ADMISSION. ON TROUVERA À L'ANNEXE F UNE LISTE COMPLÈTE DE CES INDICATEURS. LES ANALYSES ONT RÉVÉLÉ QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ONT BEAUCOUP PLUS DE BESOINS DANS CE DOMAINE QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT, CE QUI N'A RIEN D'ÉTONNANT. ON TROUVERA AU TABLEAU 11 LES RÉPARTITIONS EN POURCENTAGE DES ANALYSES QUI ONT RÉVÉLÉ DES DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE LES GROUPES.
TABLEAU 11 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS DANS LE DOMAINE DE L'ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Orientation personnelle et affective | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Se sent particulièrement important * | 25,8 % | 17,9 % |
| Liens familiaux présentant des problèmes * | 58,2 % | 50,0 % |
| A de la difficulté à résoudre des problèmes interpersonnels ** | 83,6 % | 74,9 % |
| Incapable de se donner des choix ** | 73,2 % | 62,8 % |
| Inconscient des conséquences * | 59,5 % | 50,6 % |
| Établit des objectifs irréalistes * | 38,6 % | 29,0 % |
| N'a pas de considération pour les autres *** | 69,5 % | 57,2 % |
| Inconscient des autres *** | 42,6 % | 30,1 % |
| Impulsif ** | 81,4 % | 72,5 % |
| Incapable de comprendre les sentiments des autres *** | 55,5 % | 37,5 % |
| Pensée étroite et rigide *** | 55,5 % | 38,5 % |
| Difficulté à résoudre les conflits *** | 83,3 % | 70,8 % |
| Tolère mal les frustrations *** | 65,0 % | 50,3 % |
| Hostile *** | 42,6 % | 29,2 % |
| Amateur de sensations fortes ** | 41,3 % | 29,7 % |
| Irréfléchi *** | 65,4 % | 52,6 % |
| Peu consciencieux *** | 52,7 % | 38,9 % |
| Manipulatif ** | 60,4 % | 49,3 % |
LE TABLEAU 11 RÉVÈLE QUE, AU MOMENT DE L'ADMISSION, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES QUE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT D'AVOIR EU UNE VASTE GAMME DE PROBLÈMES COGNITIFS, Y COMPRIS : DIFFICULTÉ À RÉSOUDRE LES PROBLÈMES INTERPERSONNELS, INCAPABLE DE SE DONNER DES CHOIX, INCONSCIENT DES CONSÉQUENCES, ÉTABLIT DES OBJECTIFS IRRÉALISTES, N'A PAS DE CONSIDÉRATION POUR LES AUTRES, INCAPABLE DE COMPRENDRE LES SENTIMENTS DES AUTRES, INCONSCIENT DES AUTRES, IMPULSIF ET ÉTROIT D'ESPRIT. EN OUTRE, PAR RAPPORT À LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SONT PEU DOUÉS POUR LA RÉSOLUTION DE CONFLITS, SUPPORTENT MAL LES FRUSTRATIONS, ET SONT PLUS HOSTILES, AMATEURS DE SENSATIONS FORTES, IRRÉFLÉCHIS ET MANIPULATEURS.
IL CONVIENT DE NOTER, TOUTEFOIS, QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT N'ÉTAIENT PAS PLUS SUSCEPTIBLES D'AVOIR ÉTÉ RECONNUS AYANT ACTUELLEMENT OU AYANT EU DANS LE PASSÉ DES TROUBLES MENTAUX, PRENANT OU AYANT PRIS DANS LE PASSÉ DES MÉDICAMENTS PRESCRITS, OU AYANT ÉTÉ HOSPITALISÉS OU AYANT REÇU DES SERVICES DE CONSULTATION EXTERNE.
DANS LE CAS DES 46 COMPARAISONS ENTRE LES DEUX GROUPES DE DÉLINQUANTS, SOIT CEUX EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ, UN SEUL INDICE A FAIT ÉTAT DE DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES. ENVIRON LA MOITIÉ (47,3 %) DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ AVAIENT ÉTÉ ÉVALUÉS COMME «HOSTILES» AU MOMENT DE L'ADMISSION, COMPARATIVEMENT À 35,8 % SEULEMENT DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ. LA RÉPARTITION EN POURCENTAGE DES «DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT» AU TABLEAU 11 PORTE À LA FOIS SUR LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT «SOLLICITÉ» ET SUR CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT «NON SOLLICITÉ».
ATTITUDE GÉNÉRALE. ON TROUVERA À L'ANNEXE G UNE LISTE COMPLÈTE DES 24 INDICATEURS UTILISÉS AUX FINS DE L'EID. LES ANALYSES DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE L'ATTITUDE GÉNÉRALE RÉVÈLENT CLAIREMENT QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ONT PLUS DE BESOINS ET DE PROBLÈMES QUE LEURS HOMOLOGUES NON PLACÉS EN ISOLEMENT. D'AILLEURS, 17 DES 24 INDICATEURS ONT FAIT ÉTAT DE DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES ENTRE LES GROUPES. ON TROUVERA AU TABLEAU 12 LES INDICATEURS RELATIVEMENT AUXQUELS NOUS AVONS CONSTATÉ DES DIFFÉRENCES, ET LES RÉPARTITIONS EN POURCENTAGE DES DEUX GROUPES.
TABLEAU 12 RÉPARTITION D'INDICATEURS CHOISIS DANS LE DOMAINE DE L'ATTITUDE GÉNÉRALE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
| Attitude générale | Délinquants placés en isolement | Délinquants non placés en isolement |
|---|---|---|
| Attitude négative envers la loi *** | 55,6% | 40,1 % |
| Attitude négative envers la police *** | 51,6 % | 33,1 % |
| Attitude négative envers les tribunaux *** | 47,0 % | 31,6 % |
| Attitude négative envers les services correctionnels *** | 42,4 % | 18,9 % |
| Attitude négative envers la surveillance communautaire *** | 40,6 % | 23,0 % |
| Attitude négative envers la réadaptation *** | 29,8 % | 19,1 % |
| Le travail est sans valeur *** | 32,0 % | 17,7 % |
| Les relations interpersonnelles sont sans valeur *** | 20,1 % | 11,6 % |
| Les compétences psychosociales de base sont sans valeur * | 22,0 % | 15,1 % |
| La stabilité affective et comportementale est sans valeur * | 21,7 % | 13,4 % |
| Les personnes âgées sont sans valeur ** | 5,7 % | 1,5 % |
| Intolérance à l'égard des personnes ayant une déficience ** | 3,5 % | 0,3 % |
| Pas de respect pour les effets personnels des autres *** | 54,0 % | 33,1 % |
| Pas de respect pour la propriété publique *** | 44,0 % | 20,2 % |
| Pas de respect pour la propriété commerciale *** | 49,1 % | 29,3 % |
| Appuie la violence instrumentale * | 49,5 % | 40,4 % |
| N'a pas de but ** | 75,9 % | 65,9 % |
| Anticonformiste ** | 65,9 % | 54,9 % |
REMARQUE : * P<0,05; ** P<0,01; *** P<0,001.
PAR RAPPORT AUX DÉLINQUANTS NON PLACÉS EN ISOLEMENT, CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT AVAIENT PLUS SOUVENT DES ATTITUDES NÉGATIVES ENVERS LA LOI, LA POLICE, LES TRIBUNAUX, LES SERVICES CORRECTIONNELS, LA SURVEILLANCE COMMUNAUTAIRE ET LA RÉADAPTATION. COMME L'INDIQUE AUSSI LE TABLEAU 12, ILS ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES DE CONSIDÉRER L'EMPLOI, LES RELATIONS INTERPERSONNELLES, LA STABILITÉ PERSONNELLE ET LES PERSONNES ÂGÉES COMME ÉTANT SANS VALEUR. ENFIN, LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT ÉTAIENT PLUS SUSCEPTIBLES D'ÊTRE ÉVALUÉS AU MOMENT DE L'ADMISSION COMME N'AYANT PAS DE BUT, ÉTANT ANTICONFORMISTES, APPUYANT LA VIOLENCE INSTRUMENTALE, ET N'AYANT PAS DE RESPECT POUR LES EFFETS PERSONNELS ET POUR LA PROPRIÉTÉ PUBLIQUE ET PRIVÉE.
ÉTANT DONNÉ CES RÉSULTATS, NOUS N'AVONS PAS ÉTÉ ÉTONNÉS DE CONSTATER QUE LES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE L'ATTITUDE GÉNÉRALE NE FAISAIENT ÉTAT QUE DE DIFFÉRENCES MINIMES ENTRE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ ET CEUX PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ. UNE SEULE COMPARAISON A DONNÉ DES RÉSULTATS SIGNIFICATIFS : LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT NON SOLLICITÉ AVAIENT PLUS SOUVENT UNE ATTITUDE NÉGATIVE À L'ÉGARD DE LA POLICE (56,5 %) QUE LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT SOLLICITÉ (44,9 %).
LA PRÉSENTE ÉTUDE A PERMIS DE RECUEILLIR DES RENSEIGNEMENTS COMPLETS SUR LA POPULATION DES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT DANS LES ÉTABLISSEMENTS CORRECTIONNELS FÉDÉRAUX. MÊME SI LES RÉSULTATS NE PORTENT QUE SUR CE GROUPE DE DÉLINQUANTS, NOUS AVONS APPRIS QU'ILS POUVAIENT ÊTRE CARACTÉRISÉS PAR LA PRÉSENCE DE FACTEURS DE RISQUE «STATIQUES» (COMME DES DÉMÊLÉS ANTÉRIEURS AVEC LE SYSTÈME DE JUSTICE PÉNALE) ET LA PRÉSENCE D'UNE VASTE GAMME DE FACTEURS DE RISQUE «DYNAMIQUES» (COMME FAIBLE NIVEAU D'INSTRUCTION, DES LACUNES SUR LE PLAN DES COMPÉTENCES, UNE FAMILLE DYSFONCTIONNELLE, DES ATTACHEMENTS ANTISOCIAUX ET L'ISOLEMENT, DES CHIMIODÉPENDANCES, AINSI QU'UNE RIBAMBELLE DE PROBLÈMES SUR LE PLAN DE LA PENSÉE ET DES ATTITUDES PROCRIMINELLES).
ÉTANT DONNÉ LES NOMBREUX FACTEURS SPÉCIFIQUES AUX CAS QUI DISTINGUENT LES DÉLINQUANTS PLACÉS EN ISOLEMENT DE CEUX NON PLACÉS EN ISOLEMENT, IL EST NÉCESSAIRE D'ÉTABLIR UN PROTOCOLE DE SÉLECTION QUI PERMETTRA DE LES IDENTIFIER LE PLUS TÔT POSSIBLE APRÈS LEUR ADMISSION AU PÉNITENCIER COMME «PRÉSENTANT UN RISQUE». CET OUTIL NOUS PERMETTRAIT DE MIEUX CIBLER CEUX QUI SONT SUSCEPTIBLES D'AVOIR DES DIFFICULTÉS D'ADAPTATION PENDANT QU'ILS PURGENT LEUR PEINE. CONFORMÉMENT À LA PRATIQUE EN MATIÈRE DE GESTION DES CAS, UN EXAMEN PÉRIODIQUE DES ÉVALUATIONS AUXQUELLES ON PROCÈDE CONSTAMMENT DU RISQUE ET DES BESOINS CHEZ LES DÉLINQUANTS PERMETTRAIT UTILEMENT DE SURVEILLER LES CHANGEMENTS CHEZ CEUX QUI PRÉSENTENT UN RISQUE. CELA FOURNIRAIT L'OCCASION DE PROCÉDER À DES INTERVENTIONS PROACTIVES SE RAPPORTANT À UN ENSEMBLE PARTICULIER DE COMPORTEMENTS, D'ATTITUDES ET DE CIRCONSTANCES QUI SEMBLENT ÊTRE CLAIREMENT LIÉS AU PLACEMENT ULTÉRIEUR EN ISOLEMENT PRÉVENTIF.
BLANCHETTE, K. (1996). THE RELATIONSHIPS BETWEEN CRIMINAL HISTORY, MENTAL DISORDER, AND RECIDIVISM AMONG FEDERALLY SENTENCED FEMALE OFFENDERS. THÈSE DE MAÎTRISE NON PUBLIÉE. OTTAWA : UNIVERSITÉ CARLETON.
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LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE LA FORMATION ET DE L'EMPLOI RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE B
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DES RELATIONS MATRIMONIALES ET FAMILIALES RECENSÉES DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE C
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DES FRÉQUENTATIONS ET DES RELATIONS SOCIALES RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE D
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE LA TOXICOMANIE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE E
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DU FONCTIONNEMENT DANS LA COLLECTIVITÉ RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE F
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE L'ORIENTATION PERSONNELLE ET AFFECTIVE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS
ANNEXE G
LISTE DES INDICATEURS DANS LE DOMAINE DE L'ATTITUDE GÉNÉRALE RECENSÉS DANS LE CADRE DU PROCESSUS D'ÉVALUATION INITIALE DES DÉLINQUANTS