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Julius H.E. Uzoaba, Ph.D.
Direction de la recherche
Service correctionnel du Canada
Plusieurs personnes ont collaboré à la réalisation de la présente étude sur les délinquants âgés, et je voudrais leur exprimer toute ma gratitude. Ray Belcourt, Larry Motiuk et Mark Nafekh mont aidé à rassembler les données et mont fourni de précieux conseils. De plus, Maggie Do et Nicole Davidson mont aidé à préparer le document. Cathy Delnef a assuré la mise au point et le formatage du rapport.
La présente étude vise principalement à tracer un profil complet des délinquants âgés qui sont incarcérés dans les établissements fédéraux ou en liberté sous condition dans la collectivité. Elle met en lumière leurs problèmes et leurs besoins particuliers qui les distinguent des délinquants plus jeunes. Nous avons commencé par définir les termes utilisés dans létude et par délimiter les groupes dâge de la population de référence. Nous avons recueilli des données sur la population des délinquants âgés (c.-à-d. de 50 ans ou plus) par rapport à quatre types dinfractions graves (homicide, vol qualifié, infractions sexuelles et infractions liées à la drogue) ainsi que sur lensemble de la population carcérale sous responsabilité fédérale. Nous avons analysé un échantillon extrait de la base de données sur lÉvaluation initiale des délinquants et de la base de données sur lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité.
La première partie du rapport examine la croissance rapide de la population carcérale âgée au moyen de comparaisons portant sur les années 1993 et 1996. Elle analyse la répartition de cette population par région et par établissement comptant le plus grand nombre de détenus âgés dans chaque région. La différence entre la population de délinquants de 50 ans ou plus et la population des moins de 50 ans en mai et en juillet 1996 met en évidence la croissance rapide de la population carcérale âgée. Son taux de croissance national au cours de cette période est près de dix fois plus élevé que celui des délinquants plus jeunes. Les données montrent que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir été condamnés à lemprisonnement pour une infraction sexuelle ou un crime de violence que ne le sont leurs cadets. Des comparaisons sont établies entre les caractéristiques personnelles des délinquants des deux groupes dâge en fonction du comportement conventionnel dans sept domaines, aussi qualifiés de catégories de besoins (lemploi, les relations conjugales et familiales, les fréquentations et les relations sociales, la toxicomanie, le fonctionnement dans la collectivité, la vie personnelle et affective, et lattitude générale) et en fonction de quatre déterminants du risque (les antécédents criminels, la gravité de linfraction, les antécédents de délinquance sexuelle et le risque de suicide). Sur le plan de lemploi, aucune différence significative na été relevée entre les groupes dâge quant au niveau dinstruction et à la compétence professionnelle. Quelques différences significatives se dégagent dans le domaine des relations conjugales et familiales. Elles montrent quune plus forte proportion de délinquants âgés ont été témoins dactes de violence conjugale dans leur enfance, ne sentendaient pas avec leurs frères et soeurs dans leur enfance, et éprouvent des frustrations sexuelles dans leurs rapports conjugaux. Des différences ont aussi été relevées entre les délinquants âgés et leurs cadets dans dautres catégories de besoins ainsi que dans les domaines servant à lévaluation du risque.
La deuxième partie du rapport analyse les besoins des délinquants des deux groupes dâge dans la collectivité, le risque quils posent ainsi que leur niveau combiné de risque et de besoins. Létude porte notamment sur les catégories de besoins suivantes : la formation scolaire et professionnelle, lemploi, la gestion financière, les relations conjugales et familiales, les fréquentations, le logement, la stabilité affective, la consommation dalcool et de drogue, laptitude mentale, la santé, la réceptivité et les besoins des autochtones. Des comparaisons sont établies entre les groupes dâge selon le niveau de leurs besoins dans chacune de ces catégories. Nous avons relevé des différences très significatives entre les groupes dâge qui, toutefois, ne présentent aucune différence significative au chapitre de laptitude mentale. Les délinquants plus jeunes manifestent un plus grand besoin et posent un risque plus élevé que leurs aînés dans tous les autres domaines de référence.
La troisième partie de létude contient une analyse détaillée des besoins critiques des délinquants âgés daprès nos données et selon les résultats dautres travaux de recherche sur les délinquants âgés. Voici une liste partielle de ces besoins : soins de santé, adaptation à la vie carcérale, programmes, aménagement dun milieu carcéral adapté, vulnérabilité à la violence du milieu, relations avec les autres détenus, relations familiales, et préoccupations concernant la mise en liberté sous condition.
Daprès les résultats de la présente étude, la population de délinquants âgés augmente beaucoup plus rapidement que celle des moins de 50 ans. La situation mérite réflexion. Il y a tout lieu délaborer des plans et de prendre les mesures qui simposent. Avec le vieillissement de lensemble de la société, le Service correctionnel du Canada devrait se préparer pour faire face au « grisonnement » de sa population carcérale.
Lun des faits nouveaux les plus marquants de lévolution des services correctionnels au cours des dernières décennies est lattention accrue qui est accordée à la question des délinquants âgés et de leur gestion. Ce phénomène se manifeste surtout aux États-Unis où la tendance sest accélérée depuis une vingtaine dannées (Ham, 1976, 1980; Aday, 1977, 1994; Shichor et Kobrin, 1978; Krajick, 1979; Reed et Glamser, 1979; Wiegand et Burger, 1979; Dickinson et Wheeler, 1980; Markham, 1981; Teller et Howell, 1981; Brickfield, 1982; Morton et Anderson, 1982; Sunderland, 1982; Curran, 1984; Goetting, 1983, 1984; McCarthy, 1983; Newman et al., 1984; Shichor, 1984; Chaiklin et Fultz, 1985; Kelsey, 1986; Leeke, 1986; Hall, 1992; etc.). À ces études savantes sest ajoutée la couverture médiatique qui a pris plus dampleur (Daugherty, 1982; Long, 1982). Tout cela a abouti à la tenue, aux États-Unis, en 1982, dune conférence nationale sur les délinquants âgés, qui a maintenant lieu à tous les ans. Étant donné lintérêt et les préoccupations que suscitent les délinquants âgés, il semble que la criminalité du troisième âge et le traitement réservé à ce groupe soient en train de devenir un riche filon détudes empiriques aux États-Unis. Constituée en 1985, la Society for Interdisciplinary Research on Elderly Offenders appuie et encourage les études sur les délinquants âgés et leur incarcération (Forsyth et Shover, 1986).
Au Canada, les délinquants âgés suscitent de plus en plus dintérêt depuis quelques années en raison de la croissance rapide de leur nombre, que confirment les données provenant des établissements Mountain, Westmorland et de Warkworth. La présente étude est la première dune série que le Service correctionnel mène sur les délinquants âgés du Canada et leurs crimes. Plusieurs éléments de la criminalité du troisième âge méritent dêtre étudiés, entre autres : les causes des crimes commis par les délinquants âgés; les tendances de la criminalité chez les délinquants âgés; le traitement qui leur est réservé au sein du système de justice pénale de leur arrestation jusquà laide postpénale qui leur est offerte, en passant par leur incarcération même et leur mise en liberté (Pollack, 1941; Malinchak, 1980; Cullen et al., 1985; Lipman et al., 1985). Il existe très peu de renseignements sur les délinquants âgés au Canada.
Problème de la délimitation de la population de référence
Le chercheur qui se penche sur un sujet comme celui des délinquants âgés se heurte inévitablement au problème de la délimitation de la population de référence. Comme le fait voir la littérature sur le sujet, les chercheurs, les biologistes et les épidémiologistes ne sentendent pas sur lâge auquel un individu devrait être classé comme « âgé » ou même « vieillissant » (Newman et al., 1984; Forsyth et Gramling, 1988). On pourrait soutenir que lâge auquel une personne devrait être considérée comme « âgée » constitue une classification subjective. Daprès Wolfgang (1964), il nest pas facile de définir lâge chronologique auquel un individu devient « âgé ». Lorsquon dépouille les écrits sur le sujet, on est frappé par lénorme diversité des âges auxquels les gens sont qualifiés de « âgés », allant de 25 ans (Straus et Sherwin, 1975), 40 ans (Silfen, 1977) et 45 ans (Ham, 1976) jusquà 82 ans (Aday et Webster, 1979; Krajick, 1979). Dans le monde du travail, les travailleurs de plus de 45 ans sont considérés comme âgés, alors que dans certains sports, un joueur dans la trentaine est jugé vieux (Cottrell, 1974). Il semble que la délimitation de la population âgée soit fonction des données cernées par le chercheur.
Bien que le système de justice pénale classe souvent les personnes de 55 ans et plus comme âgées, nombre de chercheurs établissent la ligne de démarcation à un âge plus avancé sils disposent de données suffisantes sur ce groupe dâge plus vieux (Newman et al., 1984). Certains auteurs classent parmi les « personnes âgées » les 50 ans et plus, alors que dautres y rangent les 55 ans et plus; pour dautres encore, la « vieillesse » commence à 60 ans, alors que pour dautres, elle commence à 65 ans ou à un âge plus avancé (Toch, 1977; Aday, 1984; Rubenstein, 1984; McCarthy et Langworthy, 1988). Ces incohérences de la délimitation de la population de référence sèment la confusion, interdisent la mise en comparaison des résultats des recherches et rendent difficile toute généralisation sur la criminalité chez les personnes âgées (Forsyth et Gramling, 1988).
Lauteur utilise les termes suivants dans la présente étude :
Âge : lâge chronologique correspond normalement au nombre dannées qui se sont effectivement écoulées depuis la naissance de la personne en question.
Délinquants plus jeunes : les délinquants de moins de 50 ans.
Délinquants âgés : les délinquants de 50 à 64 ans. Cette catégorie englobe les groupes dâge de 50 à 54 ans, de 55 à 59 ans et de 60 à 64 ans.
Délinquants plus âgés : les délinquants de 65 ans ou plus.
Délinquants âgés : terme collectif utilisé pour désigner à la fois les délinquants de 50 à 64 ans et les délinquants de 65 ans ou plus. Le qualificatif « âgé » décrit en général les divers changements physiologiques, sociaux et biologiques qui accompagnent le vieillissement et rendent la personne moins apte à se livrer à des activités exigeant une grande force physique.
Délinquants dâge avancé : les délinquants de 70 ans ou plus.
Les délinquants âgés ne constituent aujourdhui quune petite proportion de la population carcérale. Lidée de les traiter comme un groupe spécial au sein de la population carcérale se répand peu à peu (Fry, 1988; McShane et Williams, 1990). La présence dun nombre croissant de délinquants âgés dans certains de nos établissements fédéraux posera probablement des problèmes très particuliers à la direction des services correctionnels. Leurs besoins diffèrent beaucoup de ceux du délinquant moyen. Selon Statistique Canada, en janvier 1996, 19,7 % de la population canadienne avaient 55 ans ou plus. Le vieillissement de la population entraînera inévitablement un accroissement du nombre de détenus âgés sous responsabilité fédérale, même si les tendances actuelles de la criminalité et de la détermination des peines ne changent pas. Pour comprendre cette réalité, il suffit dexaminer la population de délinquants âgés incarcérés dans les établissements fédéraux au cours de deux périodes de référence quelconques.
La présente étude trace le profil complet des délinquants âgés sous responsabilité fédérale. Nous espérons quil aidera à faire comprendre les préoccupations et les besoins de ce groupe de délinquants. Létude porte notamment sur la présence ou le manque de politiques, dinstallations et de programmes spéciaux qui sont conçus, ou pourraient être conçus, pour répondre aux besoins de cet élément de la population carcérale. Nous espérons que les résultats de cette première étude aideront à attirer lattention sur cette « minorité oubliée » (Ham, 1976) « à la dérive dans un océan de désespoir silencieux » (Morton et Anderson, 1982) et à susciter un débat sur leur situation parmi les artisans des politiques. De plus, le Service correctionnel du Canada (SCC) peut se fonder sur les renseignements recueillis dans le cadre de la présente étude pour prendre des mesures proactives dans la gestion des délinquants âgés. En règle générale, les détenus âgés ne créent pas de remous; ils ne cherchent pas à se faire remarquer et sadaptent assez bien à la vie en milieu carcéral. Par conséquent, il y a de fortes chances que les administrateurs des établissements correctionnels ne leur prêtent aucune attention.
Les délinquants âgés se distinguent fondamentalement et socialement des plus jeunes; ils constituent un élément distinct de la population carcérale et éprouvent des besoins et des problèmes particuliers nécessitant une attention et des interventions spéciales. Si lexistence de leurs besoins et de leurs problèmes est généralement reconnue aujourdhui, les experts ne sentendent pas sur les meilleurs moyens à prendre pour y répondre. Pour y trouver des solutions efficaces, il faut comprendre le profil des délinquants âgés. Leurs besoins et les risques quils posent sont au coeur de la présente étude.
Les délinquants âgés présentent certaines caractéristiques qui les distinguent du reste de la population carcérale adulte (LaWall, 1982). Ils se différencient par leurs antécédents. La plupart dentre eux nen sont pas à leur première période demprisonnement, et la majorité de ceux-ci ont été emprisonnés antérieurement pour des infractions sexuelles et des crimes de violence contre des personnes. Les caractéristiques des délinquants âgés en juillet 1996 permettent de les classer en trois catégories selon leurs antécédents carcéraux.
La première catégorie est celle des délinquants qui, jeunes, ont été condamnés à une longue peine demprisonnement ou à lemprisonnement à perpétuité et ont vieilli en prison. Notre population de référence, composée de 1 527 délinquants âgés (juillet 1996), compte 155 sujets (10,15 %) de cette catégorie. La majorité dentre eux purgent leur première peine demprisonnement. Il est à noter que ces détenus ont généralement une conduite exemplaire. Les pronostics de réussite de la réinsertion sociale sont souvent meilleurs dans leur cas que dans celui des criminels de carrière; peu dentre eux se considèrent comme des criminels, et la plupart acceptent leur emprisonnement (Kratcoski et Pownall, 1989).
La deuxième catégorie est celle des délinquants qui ont été incarcérés à plusieurs reprises, cest-à-dire les criminels de carrière qui ont fait de leurs activités criminelles un mode de vie et ont fini par accepter lemprisonnement comme un élément inéluctable de la vie. Ce sont habituellement les « vieux taulards », les multirécidivistes qui rentrent et sortent de prison comme par une porte à tambour tout au long de leur longue carrière criminelle. Ils se rangent généralement dans la catégorie à faible risque et peuvent sadapter très bien à la vie carcérale à condition de conserver leur santé. Selon certaines études, la plupart des délinquants de ce groupe ont prémédité leurs crimes et se considèrent comme des criminels (Teller et Howell, 1981). Notre population de référence compte 261 sujets (17,09 %) de ce groupe. Contrairement aux délinquants âgés du premier groupe, ils se rapprochent des délinquants plus jeunes pour ce qui est de leur classement selon la nature des crimes commis. Leurs antécédents criminels révèlent que la plupart dentre eux ont été condamnés à lemprisonnement pour des crimes contre les biens. On a constaté que bon nombre de ces délinquants estimaient ne tirer aucun bien de leur séjour en prison (Teller et Howell, 1981).
Enfin, la troisième catégorie est celle des délinquants âgés qui purgent leur première peine demprisonnement tard dans la vie. Ils ont généralement respecté la loi pendant presque toute leur vie, mais pour diverses raisons, ils ont eu des démêlés avec la justice tard dans leur vie (Aday, 1994). Ils risquent davoir plus de difficulté à sadapter aux contraintes et aux pressions de la vie en milieu carcéral. Selon les données sur notre population de délinquants âgés, 1 111 sujets (72,75 %) ont été incarcérés tard dans leur vie.
Le tableau 1A indique le nombre et le pourcentage de délinquants âgés qui, en juillet 1996, se rangeaient dans chacune de ces trois catégories, selon leurs antécédents carcéraux.
| Antécédents carcéraux | Nombre | En % de la population carcérale âgée |
|---|---|---|
| Ont été incarcérés jeunes et ont vieilli en prison | 155 | 10,2 |
| Incarcérés sur révocation avec ou sans récidive | 261 | 17,1 |
| Incarcérés tard dans la vie | 1 111 | 72,8 |
| Total | 1 527 | 100,0 |
Comme le fait voir le tableau 1A, les délinquants primaires cest-à-dire ceux qui étaient jeunes au moment de leur incarcération et ont vieilli en prison, et ceux qui ont été incarcérés tard dans la vie forment le gros de la population carcérale âgée. Selon certaines estimations (Aday, 1976, 1994), plus de 50 % des délinquants âgés purgent leur première peine demprisonnement, ce que nos données confirment. Dautres chercheurs ont constaté la présence de certains schèmes de criminalité propres au délinquant âgé primaire. Il peut sagir dun criminel en col blanc, condamné à lemprisonnement pour fraude, détournement de fonds ou vol après de nombreuses années de succès dans le monde des affaires. Il peut sagir dun délinquant violent condamné à lemprisonnement pour une infraction sexuelle. Il peut aussi sagir dun alcoolique incurable incarcéré pour homicide commis au volant dun véhicule automobile. Enfin, il peut sagir dune personne condamnée pour trafic de stupéfiants, qui ne se drogue pas et na pas dantécédents de consommation de drogues (Fry, 1988; Roth, 1992).
Après les infractions sexuelles viennent les homicides ou les crimes de violence. Selon nos données que les résultats dautres études corroborent (Panton, 1974, Tardiff et Sweillam, 1979, Goetting, 1983), il existe une forte relation entre les délinquants âgés, en particulier les délinquants âgés primaires, et la condamnation à une peine antérieure pour homicide ou à la peine actuelle pour des crimes de violence, par exemple la décharge dune arme à feu. La proportion de délinquants âgés condamnés à lemprisonnement pour un crime passionnel de violence, tel que le meurtre de sa conjointe, ou de son conjoint, dun voisin ou dun membre de sa famille, dépasse le double de la proportion correspondante chez les délinquants plus jeunes.
Cette violence apparemment disproportionnée chez les délinquants âgés est attribuée à diverses causes. Sur le plan biologique, Rodstein pense que la violence chez ces délinquants est peut-être attribuable au syndrome cérébral chronique observé chez les personnes âgées. Il se peut que cette affection soit associée à un relâchement des inhibitions, lequel se traduit par lagression, une humeur querelleuse, des attitudes rigides et un comportement sexuel illégal tel que lexhibitionnisme (Rodstein, 1975). Pour expliquer ce phénomène, dautres chercheurs signalent que la gamme des relations sociales se rétrécit avec le vieillissement et que par voie de conséquence, les relations interpersonnelles primaires deviennent plus intenses, ce qui augmente les occasions de conflit (Shichor et Kobrin, 1978; Teller et Howell, 1981).
Par comparaison à lensemble des personnes mises en état darrestation, une forte proportion des personnes âgées qui sont arrêtées sont accusées de crimes de violence et dinfractions sexuelles. Comme le font voir les données tirées de lÉvaluation initiale des délinquants, la majorité des délinquants âgés sont incarcérés pour des infractions sexuelles. Dautres chercheurs ont constaté quen règle générale, les délinquants primaires âgés ne se considèrent pas comme des criminels, mais sont plus susceptibles daccepter lemprisonnement comme la punition de leurs crimes (Aligood, 1988; McShane et Williams, 1990). On fait remarquer quavant leur emprisonnement, ces personnes respectaient la loi, se conformaient aux normes sociales et avaient selon toute apparence une conduite exemplaire (Feinberg, 1984). Dans lensemble, elles occupaient un rang social plus élevé, envisageaient la vie dun regard positif et avaient un esprit religieux (Rubenstein, 1984).
Cela explique peut-être pourquoi la plupart des délinquants âgés risquent davoir de la difficulté à sadapter au processus de déculturation qui marque la socialisation en milieu carcéral. Ils éprouvent des besoins qui les distinguent du reste de la population carcérale. Le présent rapport analyse ces besoins, par exemple : les soins de santé, ladaptation à la vie carcérale, les programmes, laménagement du milieu carcéral, la vulnérabilité à la violence, les relations avec les autres détenus, les relations familiales, les chances de réadaptation et les soucis concernant la mise en liberté sous condition.
La présente étude sur les délinquants âgés a été réalisée à laide de la méthodologie suivante :
En mai 1996, il y avait 1 379 délinquants âgés de 50 à 90 ans dans les établissements correctionnels fédéraux, dont huit femmes. La région de lOntario comptait le plus grand nombre de détenus âgés (405), suivie de la région du Québec (303), de celle des Prairies (281) puis de celle du Pacifique (230). Seule la région de lAtlantique comptait moins de 200 détenus de ce groupe dâge.
Comme le fait voir le tableau 1B, les 50 à 54 ans sont les plus nombreux, soit 632 sujets, et représentent plus de 45 % de la population carcérale âgée. Trois cent soixante-dix-sept détenus (27,3 %) ont entre 55 et 59 ans, 200 (14,5 %) entre 60 et 64 ans, 104 (7,5 %) entre 65 et 69 ans, alors que 66 (4,8 %) ont 70 ans ou plus.
| Région | 50-54 | 55-59 | 60-64 | 65-69 | 70+ | Total | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | |
| Atlantique | 63 | 4,6 | 40 | 2,9 | 30 | 2,2 | 13 | 0,9 | 14 | 1,0 | 160 | 11,6 |
| Québec | 160 | 11,6 | 84 | 6,1 | 35 | 2,5 | 14 | 1,0 | 10 | 0,7 | 303 | 21,9 |
| Ontario | 184 | 13,3 | 110 | 7,9 | 60 | 4,4 | 31 | 2,2 | 20 | 1,5 | 405 | 29,4 |
| Prairies | 125 | 9,1 | 78 | 5,7 | 48 | 3,5 | 20 | 1,5 | 10 | 0,7 | 281 | 20,4 |
| Pacifique | 100 | 7,3 | 65 | 4,7 | 27 | 1,9 | 26 | 1,9 | 12 | 0,9 | 230 | 16,7 |
| Total | 632 | 45,9 | 377 | 27,3 | 200 | 14,5 | 104 | 7,5 | 66 | 4,8 | 1 379 | 100,0 |
Le tableau 2 répartit les deux grands segments de la population carcérale âgée, cest-à-dire les 50 à 64 ans et les 65 ans ou plus, par région au mois de mai 1996. Il montre que 170 délinquants de 65 ans ou plus sont incarcérés dans des établissements fédéraux, soit 51 dans la région de lOntario, 38 dans la région du Pacifique, 30 dans la région des Prairies, 27 dans la région de lAtlantique et 24 dans celle du Québec.
| Région | Délinquants de 50 à 64 ans | Délinquants de 65 ans ou plus | Total | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | |
| Atlantique | 133 | 9,6 | 27 | 2,0 | 160 | 11,6 |
| Québec | 279 | 20,2 | 24 | 1,7 | 303 | 21,9 |
| Ontario | 354 | 25,7 | 51 | 3,7 | 405 | 29,4 |
| Prairies | 251 | 18,2 | 30 | 2,2 | 281 | 20,4 |
| Pacifique | 192 | 13,9 | 38 | 2,8 | 230 | 16,7 |
| Total | 1 209 | 87,6 | 170 | 12,4 | 1 379 | 100,0 |
Lâge des délinquants âgés varie beaucoup dun établissement à lautre et dune région à lautre. Certains établissements comptent plus de délinquants âgés que dautres. Le tableau 3 indique létablissement qui compte le plus grand nombre de délinquants de 65 ans ou plus dans chaque région, ainsi que la plage de ce groupe dâge. Cest la région du Pacifique qui compte la plus forte concentration de délinquants de ce groupe dâge (20) dans un établissement; le détenu le plus âgé de la région est un homme de 81 ans, incarcéré à létablissement Mountain pour une infraction sexuelle. La région de lAtlantique se classe deuxième sur ce plan (16 délinquants de 65 ans ou plus dans un établissement); un homme de 84 ans est incarcéré à létablissement Westmorland pour une infraction sexuelle. La région de lOntario suit avec 14 délinquants de ce groupe dâge dans un établissement; un homme de 90 ans est incarcéré à létablissement de Beaver Creek pour homicide.
| Région | Établissement comptant le plus grand nombre de délinquants de 65 ans ou plus | Nombre de délinquants de 65 ans ou plus | Plage de ce groupe dâge dans la région |
|---|---|---|---|
| Atlantique | Westmorland | 16 | 65-84 ans |
| Québec | Cowansville | 5 | 65-75 ans (CFF) |
| Ontario | Warkworth | 14 | 65-90 ans (Beaver Creek) |
| Prairies | Bowden | 10 | 65-78 ans (Rockwood) |
| Pacifique | Mountain | 20 | 65-81ans |
Tendance actuelle : croissance rapide
Le tableau 4 compare la composition de la population carcérale âgée en 1993 à sa composition en mai 1996. Les chiffres de mai 1996 sont indiqués entre parenthèses.
| Groupe dâge (ans) | Nombre | En % de la population | En % des 50 ans ou plus |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 | 12 021 (13 448) | 91,6 (90,7) | s.o (s.o.) |
| 50 - 54 | 524 (632) | 4,0 (4,3) | 47,5 (45,8) |
| 55 - 59 | 264 (377) | 2,0 (2,5) | 23,9 (27,3) |
| 60 - 64 | 200 (200) | 1,5 (1,3) | 18,1 (14,5) |
| 65 ou plus | 116 (170) | 0,9 (1,1) | 10,5 (12,3) |
| Total | 1 104 (1 379) | 8,4 (9,3) | 100 (100) |
Comme le fait voir le tableau précédent, la population carcérale âgée a augmenté de 10 % en trois ans (soit de 275) et présente un taux de croissance exponentielle dans la seule année de 1996. Pour mettre en évidence la croissance rapide de ce segment de la population carcérale sous responsabilité fédérale, il suffit dexaminer son évolution sur une courte période de temps, entre mai et juillet 1996 en loccurence. Pour faire ressortir lampleur de laccroissement de la population carcérale âgée, une comparaison est établie avec les variations de la population carcérale plus jeune.
Le tableau 5 montre quen mai 1996, il y avait 13 448 délinquants de moins de 50 ans sous responsabilité fédérale, par opposition à 13 575 en juillet de la même année, soit une augmentation de 127 personnes (0,9 %); par contre, le nombre de délinquants de 50 ans ou plus est passé de 1 379 en mai à 1 529 en juillet, soit une augmentation de 150 personnes (10,9 %). Au cours de la même période, lensemble de la population carcérale sous responsabilité fédérale a augmenté de seulement 1,9 % à léchelle nationale.
| Groupe dâge | Mai | Juillet | Variation en nombre | Variation en % |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 13 448 | 13 575 | 127 | 0,9 |
| 50 ans ou plus | 1 379 | 1 529 | 150 | 10,9 |
| Total | 14 827 | 15 104 | 277 | 1,9 |
Comme le fait voir le tableau 5, le taux de croissance de la population carcérale âgée au cours de la période de référence dépasse le décuple de celui des délinquants de moins de 50 ans. Les données montrent clairement que le nombre de délinquants âgés incarcérés dans les établissements fédéraux augmente beaucoup plus rapidement que le nombre de détenus plus jeunes.
Alors que le tableau 5 indique la présence, en juillet 1996, de 1 529 délinquants âgés dans lensemble des établissements correctionnels fédéraux, le tableau 6 répartit ce chiffre par région. Cest la région de lOntario qui a connu la plus forte croissance de ce segment de la population carcérale (46 détenus), suivie de la région du Québec (43), puis de celle des Prairies (41). Seule la région du Pacifique a vu sa population carcérale âgée augmenter de moins de 10 personnes (soit de 8 détenus) pendant la courte période de référence. Avec le vieillissement de la population dans la collectivité, on peut sattendre à ce que le nombre de délinquants âgés continue daugmenter au fil des ans.
| Région | Mai | Juillet | Variation en nombre | Variation en % |
|---|---|---|---|---|
| Atlantique | 160 | 172 | 12 | 0,9 |
| Québec | 303 | 346 | 43 | 3,1 |
| Ontario | 405 | 451 | 46 | 3,3 |
| Prairies | 281 | 322 | 41 | 3,0 |
| Pacifique | 230 | 238 | 8 | 0,6 |
| Total | 1 379 | 1 529 | 150 | 10,9 |
Au tableau 7, la population de délinquants âgés de juillet 1996 est ventilée par groupe dâge et par région. Cest encore la région de lOntario qui compte le plus grand nombre de délinquants âgés (451), alors que la région du Québec possède le plus grand nombre de délinquants de moins de 50 ans (3 665).
| Groupe | Atlantique | Québec | Ontario | Prairies | Pacifique | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Incarcérés | 1 393 | 3 753 | 3 743 | 3 396 | 1 922 | 14 207 |
| Au registre | 1 474 | 4 011 | 3 995 | 3 565 | 2 059 | 15 104 |
| Moins de 50 ans | 1 302 | 3 665 | 3 544 | 3 243 | 1 821 | 13 575 |
| 50-54 ans | 66 | 178 | 208 | 142 | 90 | 684 |
| 55-59 ans | 50 | 97 | 118 | 82 | 68 | 415 |
| 60-69 ans | 42 | 59 | 101 | 86 | 63 | 351 |
| 70+ | 14 | 12 | 24 | 12 | 17 | 79 |
| 50 ou plus | 172 | 346 | 451 | 322 | 238 | 1 529 |
Répartition régionale des délinquants âgés
La proportion de délinquants âgés par rapport à lensemble de la population carcérale de chacune des régions en juillet 1996 est indiquée au tableau 8. La région du Pacifique compte la plus forte proportion de délinquants âgés par rapport à sa population carcérale (13,1 %), suivie des régions de lOntario (12,3 %), de lAtlantique (11,8 %) et des Prairies (10,0 %). La région du Québec, qui compte le plus grand nombre de délinquants de moins de 50 ans, affiche par ailleurs la plus faible proportion de détenus âgés (8,9 %).
| Région | Population totale | Population de 50+ | En % de la pop. régionale | En % de la pop. nationale |
|---|---|---|---|---|
| Atlantique | 1 405 | 166 | 11,8 | 1,2 |
| Québec | 3 704 | 331 | 8,9 | 2,4 |
| Ontario | 3 690 | 454 | 12,3 | 3,2 |
| Prairies | 3 296 | 329 | 10,0 | 2,3 |
| Pacifique | 1 881 | 247 | 13,1 | 1,8 |
| Total | 13 976 | 1 527 | 56,1 | 10,9 |
Infractions principales des délinquants âgés
La population carcérale âgée est étudiée par rapport à la nature des principales infractions commises homicide, vol qualifié, infractions sexuelles et infractions liées à la drogue. Le tableau 9 montre que la plus forte proportion de délinquants âgés sont incarcérés pour une infraction sexuelle ou une infraction à caractère sexuel. Toutefois, les données ne précisent pas la nature de linfraction sexuelle commise; il pourrait sagir dun viol, de pédophilie ou dinceste.
| Région | Homicide | Vol qualifié | Infraction sexuelle | Drogue | Autres | Total | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | Nbre | % | |
| Atlantique | 26 | 1,7 | 24 | 1,6 | 86 | 5,6 | 9 | 0,6 | 30 | 1,9 | 175 | 11,3 |
| Québec | 84 | 5,4 | 68 | 4,4 | 86 | 5,6 | 63 | 4,1 | 59 | 3,8 | 360 | 23,3 |
| Ontario | 130 | 8,4 | 48 | 3,1 | 178 | 11,5 | 30 | 1,9 | 55 | 3,6 | 441 | 28,6 |
| Prairies | 68 | 4,4 | 29 | 1,9 | 140 | 9,1 | 23 | 1,5 | 44 | 2,9 | 304 | 19,8 |
| Pacifique | 67 | 4,3 | 32 | 2,1 | 97 | 6,3 | 26 | 1,7 | 40 | 2,6 | 262 | 17,0 |
| Total | 375 | 24,3 | 201 | 13,0 | 587 | 38,1 | 151 | 9,8 | 228 | 14,8 | 1542 | 100,0 |
Comme le fait voir le tableau 9, la région de lOntario compte le plus grand nombre de délinquants âgés incarcérés pour homicide (130) et plus du double du nombre de délinquants âgés incarcérés pour une infraction sexuelle dans la région du Québec (178 par opposition à 86). La région des Prairies se classe deuxième pour ce qui est du nombre de délinquants âgés ayant commis une infraction sexuelle, suivie de la région du Pacifique. Les régions de lAtlantique et du Québec comptent toutes les deux le plus petit nombre de délinquants âgés incarcérés pour une infraction sexuelle, soit 86 chacune. Par ailleurs, la région du Québec se range première pour ce qui est du nombre de délinquants âgés incarcérés pour vol qualifié (68) ou pour une infraction liée à la drogue (63). Les crimes liés à la drogue sont le type de crimes le moins courant chez les délinquants âgés, tout particulièrement dans la région de lAtlantique (9 détenus).
Le tableau 10 indique le groupe dâge dans lequel la grande criminalité est le plus répandue chez les délinquants âgés. Il révèle que les 50 à 54 ans lemportent de loin. Au total, ils ont commis près de deux fois plus de crimes que les 55 à 59 ans et trois fois plus que les 60 à 64 ans. Le tableau souligne lopinion générale voulant que lactivité criminelle diminue avec lâge (Vedder et Keller, 1968).
| TInfraction | 50-54 | 55-59 | 60-64 | 65-69 | 70+ | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Homicide | 185 | 106 | 54 | 15 | 15 | 375 |
| Vol qualifié | 123 | 49 | 21 | 7 | 1 | 201 |
| Infraction sexuelle | 216 | 159 | 109 | 60 | 43 | 587 |
| Drogue | 88 | 41 | 10 | 12 | 0 | 151 |
| Autres | 119 | 64 | 20 | 17 | 8 | 228 |
| Total | 731 | 419 | 214 | 111 | 67 | 1 542 |
Comme le fait voir le tableau ci-dessus, les infractions sexuelles prédominent dans tous les groupes dâge de la population carcérale âgée, y compris chez les 70 ans ou plus. Plus du tiers (38,1 %) des délinquants âgés sont incarcérés pour une infraction sexuelle, quil sagisse de la principale infraction à lorigine de leur peine actuelle ou pas. La principale infraction à lorigine de lincarcération est linfraction pour laquelle le délinquant est condamné à sa plus longue peine devant être purgée dans un établissement fédéral. Les différences fondamentales entre les délinquants âgés et leurs cadets ne se limitent pas à la nature des infractions commises, la proportion de délinquants âgés incarcérés pour une infraction sexuelle ou pour homicide étant le double de la proportion correspondante chez les moins de 50 ans qui, par ailleurs, dominent toujours dans la catégorie du vol qualifié. Elles sont manifestes au chapitre des besoins aussi. Le meilleur moyen de les mettre en évidence est de comparer un échantillon de délinquants âgés à un échantillon de délinquants plus jeunes, prélevés tous les deux de la base de données sur lÉvaluation initiale des délinquants, et de faire porter cette comparaison sur plusieurs catégories de besoins ou facteurs.
Léchantillon sur lequel repose la présente étude est prélevé en partie de la base de données sur lÉvaluation initiale des délinquants, qui contient des données sur 3 629 détenus, dont 50 femmes. Cette population carcérale se compose de 1 290 délinquants de moins de 30 ans, de 1 722 délinquants de 30 à 49 ans, de 272 délinquants de 50 à 64 ans, et de 44 délinquants de 65 ans ou plus.
Il est à noter que la taille de léchantillon sur lequel reposent les analyses varie. De plus, certaines variations de la taille de léchantillon peuvent être attribuables à des données manquantes. Il se peut donc que léchantillon soit biaisé lorsque ces lacunes réduisent la taille de léchantillon de manière significative. Le lecteur devrait en tenir compte. Les différences entre les délinquants âgés et les délinquants plus jeunes sont significatives au niveau 0,05* . Toutes les comparaisons reposent sur des différences significatives entre les délinquants âgés et leurs cadets*.
Caractéristiques personnelles des délinquants âgés
Des comparaisons sont établies entre les délinquants âgés et les plus jeunes, portant sur diverses variables qui servent dindicateurs clés de lobtention et de la conservation dun emploi, par exemple le niveau de scolarité et la compétence professionnelle. Aucune différence significative na été relevée entre les délinquants âgés et leurs cadets quant à leur niveau de scolarité. Un nombre à peu égal de détenus de chaque groupe dâge nont pas terminé leurs études primaires ou leurs études secondaires. Le tableau 11 répartit léchantillon de délinquants en pourcentage par groupe dâge et par indicateur du domaine de lemploi correspondant au niveau de scolarité.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| <la 8e année | 21,2 | 22,1 | 20,4 | 28,9 | ns |
| <la 10e année | 53,2 | 53,2 | 51,1 | 40,0 | ns |
| Pas de diplôme détudes secondaires | 79,1 | 77,1 | 78,6 | 80,0 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Au chapitre de la compétence professionnelle, la comparaison entre les divers groupes dâge porte sur plusieurs variables ou caractéristiques telles que les difficultés et troubles dapprentissage, les problèmes de concentration, la difficulté à comprendre, le manque de compétences professionnelles, linstabilité dans lemploi, le manque dassiduité et la participation à des programmes de formation professionnelle. Tout comme dans lanalyse des indicateurs du niveau de scolarité, nous navons relevé aucune différence significative entre les délinquants âgés et les plus jeunes. Le tableau 12 montre la proportion des délinquants de chaque groupe dâge qui manifestent les besoins correspondant aux indicateurs de la compétence et des antécédents professionnels.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| A des difficultés dapprentissage | 31,4 | 31,6 | 28,4 | 28,9 | ns |
| A des troubles dapprentissage | 16,6 | 16,5 | 15,9 | 13,6 | ns |
| A des problèmes de concentration | 38,0 | 30,1 | 25,9 | 20,0 | ns |
| A de la difficulté à comprendre | 11,8 | 12,3 | 11,0 | 17,8 | ns |
| Pas de métier/compétences professionnelles | 58,5 | 58,3 | 53,1 | 60,0 | ns |
| A de la difficulté à satisfaire aux exigences | 9,2 | 12,2 | 11,1 | 13,3 | ns |
| Instabilité dans lemploi | 65,3 | 68,8 | 63,8 | 66,7 | ns |
| Manque dassiduité | 10,4 | 12,5 | 10,6 | 14,3 | ns |
| A participé à un programme de formation prof. au complet | 11,8 | 12,8 | 11,1 | 2,2 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Relations conjugales et familiales
Le tableau 13 présente les comparaisons établies entre les délinquants âgés et leurs cadets, portant sur les indicateurs des relations conjugales et familiales. Les deux catégories de délinquants ne diffèrent pas de manière significative à légard de la plupart des variables de ce domaine. Une différence significative est toutefois à signaler sur trois plans : violence conjugale durant lenfance, relations négatives avec les frères et soeurs durant lenfance, et insatisfaction sexuelle. Daprès nos données, les délinquants âgés sont plus susceptibles que leurs cadets davoir été témoins dactes de violence conjugale et de ne pas avoir eu de bons rapports avec leurs frères et soeurs pendant leur enfance. Ils sont en outre plus susceptibles déprouver des frustrations sexuelles dans leurs rapports conjugaux.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Relation dysfonctionnelle entre les parents durant lenfance | 44,4 | 48,2 | 44,9 | 45,5 | ns |
| Violence conjugale durant lenfance | 25,0 | 30,2 | 27,6 | 33,3 | * |
| Relations négatives avec les frères et soeurs durant lenfance | 10,7 | 12,7 | 11,3 | 22,7 | * |
| Autres relations négatives avec la parenté durant lenfance | 10,2 | 11,2 | 9,1 | 13,6 | ns |
| Des problèmes financiers nuisent à la relation | 26,8 | 30,5 | 25,8 | 28,9 | ns |
| Insatisfaction sexuelle | 9,8 | 9,7 | 9,4 | 22,7 | * |
| Incapable de bien surveiller des enfants | 11,3 | 10,3 | 12,4 | 16,7 | ns |
| La famille narrive pas à saccorder | 24,6 | 25,4 | 23,3 | 29,6 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Fréquentations et relations sociales
Nous avons comparé les délinquants âgés avec leurs codétenus plus jeunes par rapport à divers indicateurs des fréquentations et des relations sociales : la présence dun réseau damis; la fréquentation de toxicomanes; la fréquentation de criminels; laffiliation à un gang; le fait dhabiter un quartier criminogène; labsence totale de liens avec des groupes communautaires; un comportement de prédateur dans ses relations interpersonnelles; et le fait davoir été exploité dans ses relations sociales. Nos données ne révèlent aucune différence significative entre eux sur ces plans. Le tableau 14 répartit la population de référence par groupe dâge et par indicateur des fréquentations et des relations sociales.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Isolé socialement | 22,2 | 23,8 | 22,8 | 22,2 | ns |
| Se tient avec des toxicomanes | 66,4 | 68,3 | 62,9 | 72,7 | ns |
| Fréquente de nombreux délinquants | 59,4 | 59,6 | 56,2 | 46,7 | ns |
| A en majorité des amis délinquants | 39,4 | 42,7 | 38,0 | 27,9 | ns |
| A été affilié à un gang | 10,8 | 9,8 | 11,3 | 6,8 | ns |
| Habite un quartier criminogène | 24,5 | 27,2 | 27,1 | 23,3 | ns |
| Aucun lien avec des groupes communautaires | 57,9 | 58,2 | 53,9 | 53,3 | ns |
| Comportement prédateur dans ses relations sociales | 18,9 | 20,0 | 19,7 | 27,3 | ns |
| A souvent été exploité dans ses relations sociales | 18,7 | 19,8 | 21,1 | 27,3 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Les données sur les délinquants âgés et les moins de 50 ans permettent détudier les différences entre eux au chapitre de la toxicomanie, cest-à-dire de labus de lalcool et de la drogue. Des différences très nettes se dégagent de leurs habitudes de consommation abusive dalcool. Les délinquants âgés sont beaucoup plus susceptibles davoir commencé à boire très jeunes, davoir consommé de lalcool et de la drogue en même temps, et de boire excessivement lors dactivités sociales. Ils sont aussi beaucoup plus susceptibles davoir des antécédents dabus épisodiques et dabuser de lalcool pendant leurs loisirs. Ils sont plus susceptibles de considérer lalcool comme un moyen de détente que ne le sont les délinquants plus jeunes. (Voir le tableau 15.)
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| A commencé à boire très jeune | 42,9 | 47,6 | 44,8 | 55,6 | * |
| Boit régulièrement | 39,2 | 43,2 | 37,4 | 53,3 | * |
| Antécédents dabus épisodiques | 42,3 | 47,6 | 41,6 | 55,6 | ** |
| A consommé de lalcool et des drogues ensemble | 40,8 | 46,0 | 40,7 | 44,4 | * |
| Problème de consommation dalcool | 58,4 | 61,8 | 59,2 | 68,9 | ns |
| Consommation abusive durant les loisirs | 41,7 | 47,6 | 41,4 | 55,6 | * |
| Consommation abusive lors dactivités sociales | 45,6 | 50,3 | 48,5 | 55,6 | * |
| Boit pour se libérer du stress | 36,1 | 40,2 | 33,1 | 57,8 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Plusieurs différences significatives entre les groupes dâge se dégagent de nos données quant aux conséquences de labus de lalcool. Les délinquants âgés sont beaucoup plus susceptibles den souffrir les conséquences dans leur emploi et leurs relations sociales que ne le sont leurs cadets. Le tableau 16 montre quils sont en outre plus susceptibles denfreindre la loi par suite de leur consommation excessive dalcool. Aucune différence significative na été relevée entre les deux groupes pour ce qui est des effets de labus dalcool sur leurs relations conjugales ou familiales et de ses effets sur leur santé.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Boire nuit à lemploi | 23,0 | 28,1 | 24,9 | 33,3 | ** |
| Boire nuit aux relations conjugales ou familiales | 35,0 | 38,7 | 36,9 | 48,9 | ns |
| Boire nuit aux relations sociales | 26,4 | 31,3 | 29,5 | 44,4 | *** |
| Boire a conduit à des infractions à la loi | 44,7 | 50,6 | 47,8 | 62,2 | *** |
| Boire nuit à la santé | 15,1 | 16,7 | 14,9 | 15,9 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Bien que la population carcérale âgée se différencie de façon très significative des délinquants plus jeunes au chapitre de labus dalcool, la différence entre les deux groupes nest pas aussi évidente dans le cas de la consommation de drogue (le tableau 15 par opposition au tableau 17). Pour ce qui est des habitudes dabus de drogue, une différence significative a été relevée entre les deux groupes sur trois plans : les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir commencé à se droguer très jeunes et de se droguer pour se détendre, alors que les moins de 50 ans sont plus susceptibles de consommer différentes drogues simultanément. Aucune différence significative entre les groupes dâge ne se dégage des données sur les autres indicateurs de labus de drogue. Le tableau 17 présente les indicateurs des habitudes dabus de drogue, ventilés par groupe dâge.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| A commencé à se droguer très jeune | 39,4 | 44,6 | 39,6 | 48,9 | * |
| Se drogue souvent | 43,6 | 44,1 | 37,1 | 51,1 | ns |
| Consommation de drogue | 38,1 | 41,7 | 35,1 | 40,0 | ns |
| A consommé différentes drogues en même temps | 32,2 | 38,3 | 34,2 | 34,1 | ** |
| Consommation abusive de drogues | 61,8 | 63,6 | 62,0 | 60,0 | ns |
| Consommation abusive durant les loisirs | 50,1 | 54,1 | 50,7 | 51,1 | ns |
| Consommation de drogues en société | 51,4 | 52,8 | 50,4 | 53,3 | ns |
| Se drogue pour se libérer du stress | 39,5 | 43,9 | 37,8 | 44,4 | * |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Lanalyse des données sur les conséquences de labus de drogue révèle quil ny a pratiquement aucune différence significative entre les groupes dâge sur ce plan, alors quau moins trois indicateurs des conséquences de labus dalcool présentaient une différence significative entre les groupes. Le tableau 18 montre divers indicateurs des conséquences de labus de drogue, ventilés par groupe dâge.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| La consommation de drogue nuit à lemploi | 24,9 | 29,1 | 26,1 | 29,6 | ns |
| La consommation de drogue nuit aux relations conjugales/familiales | 32,1 | 34,9 | 31,7 | 31,8 | ns |
| La consommation de drogue nuit à la vie sociale | 27,6 | 30,8 | 25,2 | 31,8 | ns |
| Consommer de la drogue a conduit à enfreindre la loi | 43,9 | 47,7 | 47,8 | 41,9 | ns |
| La consommation de drogue nuit à la santé | 18,0 | 19,8 | 16,5 | 33,3 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Le tableau 19 porte sur le traitement de la toxicomanie. Les données, ventilées par indicateur, montrent la présence de différences très significatives entre les groupes dâge. Une plus forte proportion de délinquants de moins de 50 ans ont subi une évaluation de la toxicomanie. Ils sont en outre plus susceptibles que les délinquants âgés davoir participé à un programme de traitement de la toxicomanie ou davoir suivi un tel programme au complet.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Évaluation antérieure de la toxicomanie | 29,8 | 40,2 | 35,1 | 40,0 | *** |
| A participé à un programme de traitement de la toxicomanie | 33,8 | 41,3 | 36,5 | 37,8 | *** |
| A suivi un traitement au complet | 25,5 | 31,1 | 29,7 | 22,2 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Fonctionnement dans la collectivité
Les indicateurs du fonctionnement dans la collectivité montrent les divergences ou corrélations entre les groupes dâge à cet égard (c.-à-d. relativement à limportance accordée aux connaissances et aux compétences nécessaires dans la vie quotidienne). Nous avons relevé des différences significatives sur cinq plans. Les délinquants âgés sont beaucoup plus susceptibles davoir une mauvaise présentation de soi et de navoir aucun bien à donner en nantissement. Par ailleurs, les délinquants de moins de 50 ans sont plus susceptibles que leurs aînés de changer souvent de logement, davoir de la difficulté à payer leurs factures et davoir des dettes. (Voir le tableau 20.)
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Changements fréquents de logement | 34,7 | 38,2 | 27,3 | 35,6 | *** |
| Logement mal entretenu | 9,4 | 11,2 | 7,2 | 9,8 | ns |
| Mauvaise présentation de soi | 9,1 | 12,1 | 6,7 | 13,3 | ** |
| Mauvaise hygiène personnelle | 4,0 | 5,8 | 3,3 | 4,4 | ns |
| Difficulté à payer ses factures | 45,4 | 48,9 | 41,3 | 43,2 | * |
| A des dettes | 35,8 | 39,9 | 34,8 | 29,6 | * |
| Pas de biens à donner en nantissement | 58,7 | 63,1 | 52,3 | 69,1 | *** |
| Na pas de crédit | 59,4 | 60,3 | 54,2 | 62,8 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Toujours dans le domaine du fonctionnement dans la collectivité, des comparaisons ont été établies entre les groupes dâge, portant sur les communications et les interventions. Aucune différence significative na été relevée aux chapitres de lexpression écrite et orale, de la connaissance des services sociaux, de lévaluation antérieure du fonctionnement au sein de la collectivité, et de la participation à un programme complet ou partiel dacquisition de compétences psychosociales. Par contre, une différence très significative se dégage des données sur les passe-temps et sur le recours à laide sociale, tandis quune différence moindre ressort des données sur la participation à des activités organisées. Comme le fait voir le tableau 21, les délinquants de moins de 50 ans sont beaucoup plus susceptibles de ne pas avoir de passe-temps, alors que leurs aînés sont plus susceptibles de fuir les activités organisées et davoir eu recours à laide sociale.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| A des problèmes de communication écrite | 23,7 | 24,5 | 21,3 | 17,8 | ns |
| Incapable de communiquer verbalement | 8,7 | 9,8 | 8,5 | 8,9 | ns |
| Pas de passe-temps | 29,0 | 32,9 | 21,9 | 24,4 | *** |
| Ne participe pas à des activités organisées | 51,7 | 54,5 | 45,2 | 60,0 | * |
| Ne connaît pas les services sociaux | 3,9 | 4,3 | 3,0 | 0,0 | ns |
| A eu recours à laide sociale | 67,5 | 74,4 | 67,0 | 77,8 | *** |
| Évaluation antérieure du fonct. dans la collectivité | 7,3 | 8,3 | 7,6 | 11,1 | ns |
| A participé au progr. d'acq. de compétences psychosociales | 7,3 | 8,6 | 8,7 | 6,8 | ns |
| A participé au progr. dacq. de compétences psychosociales au complet | 6,4 | 7,9 | 5,6 | 2,3 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Nous avons utilisé les indicateurs du domaine de la vie personnelle et affective pour étudier les différences entre les groupes dâge aux chapitres de la perception de soi, des aptitudes cognitives, de lagressivité, de la sexualité et des interventions médicales. Pour ce qui est de la perception de soi, aucune différence significative na été relevée quant aux problèmes liés à lapparence physique, aux liens familiaux, à lorigine ethnique ou à lappartenance religieuse. Des différences significatives se dégagent toutefois entre les groupes dâge au chapitre des aptitudes cognitives, les délinquants âgés étant plus susceptibles davoir de la difficulté à résoudre leurs problèmes interpersonnels et à concevoir diverses solutions à leurs problèmes. Par ailleurs, les délinquants de moins de 50 ans sont beaucoup plus susceptibles que leurs aînés de se fixer des objectifs irréalistes et de ne pas voir les signes précurseurs de problèmes interpersonnels. Aucune différence significative entre les groupes dâge ne se dégage des données sur létroitesse desprit et la rigidité de la pensée. (Voir le tableau 22.)
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Problèmes apparence physique | 9,9 | 11,5 | 8,5 | 17,8 | ns |
| Problèmes liens familiaux | 44,3 | 46,9 | 42,8 | 55,6 | ns |
| Problèmes origine ethnique | 6,7 | 6,3 | 5,5 | 4,4 | ns |
| Problèmes appartenance religieuse | 1,7 | 2,1 | 0,4 | 4,6 | ns |
| Difficulté à résoudre des problèmes interpersonnels | 69,2 | 72,8 | 64,2 | 73,3 | ** |
| Incapable de se donner des choix | 55,5 | 60,3 | 51,1 | 62,2 | *** |
| Se fixe des objectifs irréalistes | 28,7 | 33,0 | 26,4 | 28,9 | * |
| Pas de conscience sociale | 27,0 | 29,9 | 20,4 | 24,4 | *** |
| Étroitesse desprit et pensée rigide | 38,7 | 42,0 | 37,9 | 42,2 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Les données sur le comportement et la sexualité des délinquants révèlent la présence de différences significatives entre les groupes dâge au chapitre du comportement. Les délinquants âgés sont plus susceptibles que leurs cadets dêtre agressifs, dêtre incapables de composer avec des situations stressantes, de ne pas employer de bons moyens pour résoudre leurs conflits, et davoir de la difficulté à gérer les stress de la vie quotidienne. Par ailleurs, comme le fait voir le tableau 23, les délinquants de moins de 50 ans sont plus susceptibles dêtre joueurs, de tolérer mal les frustrations et de prendre des risques inconsidérés, et moins susceptibles de réfléchir à leur conduite dans différentes situations. Contrairement aux attentes générales, aucune différence significative entre les groupes dâge na été relevée sur dautres plans, et notamment au chapitre des problèmes suscités par la performance et les attitudes sexuelles.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Agressif | 41,1 | 44,8 | 35,9 | 47,7 | * |
| Sadapte mal au stress | 61,2 | 64,8 | 58,2 | 77,8 | ** |
| Difficulté à résoudre des conflits | 66,3 | 70,6 | 63,0 | 71,1 | * |
| Gère mal son temps | 39,5 | 44,5 | 38,2 | 46,7 | * |
| Joueur | 7,8 | 6,1 | 4,6 | 0,0 | * |
| Faible tolérance aux frustrations | 42,8 | 46,3 | 37,6 | 44,4 | * |
| Prend des risques inconsidérés | 48,4 | 49,4 | 43,1 | 46,7 | ns |
| Irréfléchi | 49,5 | 51,9 | 42,4 | 47,7 | * |
| Peu consciencieux | 36,8 | 39,2 | 28,0 | 26,7 | *** |
| Problèmes attitudes sexuelles | 21,0 | 21,5 | 22,3 | 25,6 | ns |
| Problèmes performance sexuelle | 7,03 | 7,60 | 8,6 | 9,8 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Pour ce qui est des soins de santé, les données montrent que les deux groupes de délinquants ne diffèrent pas de manière significative quant à la consommation actuelle et antérieure de médicaments psychotropes de prescription, et quant au taux dhospitalisation pour troubles psychologiques dans le passé ou juste avant de commettre linfraction à lorigine de la peine actuelle. Deux différences significatives se dégagent toutefois des données : les moins de 50 ans sont plus susceptibles davoir subi une évaluation psychologique et psychiatrique dans le passé, alors que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir participé à des programmes daide psychologique dans le passé, comme le fait voir le tableau 24.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Évaluation antérieure problèmes affectifs et personnels | 23,1 | 27,9 | 24,6 | 25,0 | * |
| Médicament prescrit dans le passé | 19,3 | 22,3 | 19,1 | 26,7 | ns |
| Médicament prescrit en ce moment | 8,7 | 9,3 | 7,1 | 13,3 | ns |
| Hospitalisation dans le passé | 15,9 | 17,2 | 17,1 | 24,4 | ns |
| Hospitalisation présentement | 1,5 | 1,8 | 1,1 | 0,0 | ns |
| Consultations externes dans le passé | 15,3 | 17,0 | 15,0 | 16,3 | ns |
| Consultations externes avant ladmission | 4,2 | 4,7 | 5,6 | 4,6 | ns |
| Participation à un programme dans le passé | 16,9 | 21,8 | 17,1 | 26,7 | ** |
| Participation actuelle à un programme | 6,7 | 7,7 | 7,4 | 0,0 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Attitude générale
Le tableau 25 compare les attitudes des délinquants des divers groupes dâge à légard de la justice, de la société, dautrui et de la propriété. Il en ressort des différences significatives entre les groupes sur ces plans. Pour ce qui est du système de justice, les délinquants de moins de 50 ans sont plus susceptibles que leurs aînés davoir une attitude négative à lendroit des tribunaux et de la réadaptation, et de voir le système correctionnel et la surveillance dans la collectivité dun mauvais oeil. Aucune différence significative na été relevée dans les attitudes des deux groupes à légard de la loi et de la police.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Négative à légard de la loi | 34,4 | 38,1 | 35,4 | 35,6 | ns |
| Négative à légard de la police | 31,6 | 34,8 | 28,9 | 24,4 | ns |
| Négative à légard des tribunaux | 28,7 | 33,7 | 28,5 | 26,7 | * |
| Négative à légard du système correctionnel | 17,2 | 22,3 | 21,2 | 13,3 | *** |
| Négative à légard de la collectivité | 20,3 | 25,0 | 19,3 | 15,9 | *** |
| Négative à légard de la réadaptation | 14,4 | 18,9 | 18,4 | 17,8 | * |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Pour ce qui est de leur attitude à légard de la société, les délinquants âgés et leurs codétenus plus jeunes ne présentent aucune différence significative quant à limportance quils accordent à lemploi, aux relations conjugales et familiales, aux relations interpersonnelles et aux compétences psychosociales. Des différences significatives se dégagent toutefois sur dautres plans, comme le montre le tableau 26 : les délinquants âgés sont plus susceptibles que leurs cadets de valoriser la toxicomanie et de ne pas avoir de but dans la vie, alors que les moins de 50 ans sont plus susceptibles de faire preuve dintolérance religieuse.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Le travail n'a pas de valeur | 15,7 | 18,5 | 13,8 | 15,6 | ns |
| Les relations conjugales/familiales n'ont pas de valeur | 9,2 | 12,0 | 9,7 | 8,9 | ns |
| Les relations interpersonnelles n'ont pas de valeur | 10,9 | 12,9 | 9,3 | 11,1 | ns |
| Valorise la toxicomanie | 37,2 | 41,3 | 35,9 | 48,9 | * |
| Les compétences psychosociales n'ont pas de valeur | 12,8 | 14,5 | 10,0 | 11,4 | ns |
| Intolérance religieuse | 0,4 | 1,3 | 0,0 | 0,0 | * |
| Manque de buts dans la vie | 58,1 | 60,7 | 55,6 | 68,9 | * |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Les données sur les attitudes des délinquants à légard dautrui et de la propriété révèlent que les moins de 50 ans sont beaucoup plus susceptibles de manifester du mépris pour les biens publics et les biens dentreprises commerciales, alors que leurs aînés sont plus susceptibles de manifester du mépris pour les biens personnels dautrui. Le tableau 27 fait voir dautres différences significatives entre ces deux groupes : les délinquants de moins de 50 ans sont plus susceptibles dêtre en faveur de recourir à la violence pour parvenir à leurs fins, alors que leurs aînés sont plus susceptibles de manquer de buts.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Intolérance envers les différentes ethnies | 5,1 | 6,0 | 3,9 | 0,0 | ns |
| Intolérance envers les handicapés | 0,3 | 0,4 | 0,4 | 2,3 | ns |
| Manque de respect envers les biens privés | 32,4 | 37,4 | 32,0 | 46,0 | * |
| Manque de respect envers les biens publics | 22,9 | 28,2 | 24,3 | 20,9 | ** |
| Manque de respect envers les biens dentreprises commerciales | 29,1 | 34,4 | 32,5 | 20,9 | ** |
| Encourage la violence familiale | 13,2 | 14,1 | 12,3 | 15,6 | ns |
| Encourage la violence instrumentale | 29,1 | 33,6 | 27,9 | 31,1 | * |
| Manque de buts | 58,1 | 61,8 | 55,6 | 68,9 | * |
| Anticonformiste | 47,5 | 50,5 | 46,5 | 44,4 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Antécédents criminels : tribunal de la jeunesse
Les tableaux 28 et 29 comparent les délinquants des différents groupes dâge selon leurs condamnations antérieures devant le tribunal de la jeunesse et selon les peines auxquelles ils ont été condamnés pour ces infractions. Nulle part ailleurs les différences entre les délinquants âgés et leurs cadets sont-elles aussi évidentes. Les indicateurs des antécédents criminels présentent des différences très significatives entre les groupes dâge et révèlent que plus de 60 % des délinquants plus jeunes sous responsabilité fédérale ont comparu devant le tribunal de la jeunesse pendant leur adolescence. Les données montrent aussi que plus de 59 % des délinquants de ce groupe dâge comptent au moins une condamnation devant le tribunal de la jeunesse et que plus de 6 % en comptent au moins 15. Entre ces deux extrêmes, certains comptent entre deux et 14 condamnations comme jeunes contrevenants. Comme le fait voir également le tableau 28, les plus jeunes sont aussi plus susceptibles davoir commis dans leur adolescence des crimes de violence graves, à lexception de meurtres au premier et au deuxième degré.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Comparution devant le tribunal de la jeunesse | 61,5 | 26,0 | 7,3 | 2,2 | *** |
| 15 condamnations ou plus | 6,7 | 2,2 | 0,7 | 0,0 | *** |
| 10-14 condamnations | 12,0 | 4,0 | 0,7 | 0,0 | *** |
| 5-9 condamnations | 24,7 | 7,7 | 1,4 | 0,0 | *** |
| 2-4 condamnations | 45,3 | 15,1 | 3,9 | 0,0 | *** |
| Une condamnation | 59,6 | 22,5 | 7,0 | 2,2 | *** |
| Infraction figurant à lannexe | 21,3 | 4,6 | 1,1 | 2,2 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Le tableau 29 présente les peines auxquelles les délinquants des divers groupes dâge ont été condamnés dans leur adolescence par le tribunal de la jeunesse. Des différences très significatives se dégagent de ces données. Une proportion nettement plus élevée de délinquants plus jeunes ont été condamnés à la surveillance au sein de la collectivité, ont été placés sous garde en milieu ouvert et ont été transférés dun milieu ouvert à un milieu fermé apparemment en raison de manquements à la discipline ou pour dautres raisons. Ils sont aussi beaucoup plus susceptibles davoir enfreint les conditions de leur liberté sous surveillance dans la collectivité, davoir fait lobjet dun rapport de manquement à la discipline en milieu fermé, davoir tenté de sévader et davoir été transférés dun milieu fermé pour jeunes contrevenants à un établissement correctionnel pour adultes.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Surveillance dans la collectivité | 48,8 | 14,7 | 2,5 | 0,0 | *** |
| Garde en milieu ouvert | 34,9 | 10,6 | 3,5 | 0,0 | *** |
| Garde en milieu fermé | 36,6 | 13,2 | 3,5 | 2,2 | *** |
| Manquement aux conditions durant la surveillance dans la collectivité | 29,6 | 5,8 | 1,1 | 0,0 | *** |
| Transfèrement dun milieu ouvert à un milieu fermé pour des raisons de discipline | 10,1 | 2.1 | 0,4 | 0,0 | *** |
| Rapports de manquement à la discipline en milieu fermé | 10,7 | 3,1 | 0,0 | 0,0 | *** |
| Tentative dévasion dun milieu fermé/ illégalement en liberté | 10,0 | 3,3 | 0,7 | 0,0 | *** |
| Transfèrement dun milieu fermé à un établissement pour adultes | 4,8 | 1,4 | 0,0 | 0,0 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Antécédents criminels : tribunaux pour adultes
Tout comme dans le cas des antécédents criminels relevant du tribunal de la jeunesse, des différences très significatives entre les groupes dâge se dégagent des données sur le nombre de condamnations antérieures prononcées par les tribunaux pour adultes et sur les peines infligées pour ces infractions. Comme on sy attendait, les moins de 50 ans comptent beaucoup plus de condamnations antérieures par les tribunaux pour adultes que nen comptent leurs aînés. Le tableau 30 montre quentre 79 % et 87 % dentre eux comptent au moins une condamnation antérieure devant les tribunaux pour adultes et que plus de 36 % en comptent plus de 15, alors quentre 30 % et 71 % en comptent entre deux et 14. Ils sont en outre plus susceptibles que les délinquants âgés davoir commis des crimes de violence graves, à lexception de meurtres au premier et au deuxième degré.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Comparution antérieure devant les tribunaux pour adultes | 80,4 | 87,8 | 67,6 | 34,8 | *** |
| 15 condamnations ou plus | 17,0 | 36,7 | 21,7 | 0,0 | *** |
| 10-14 condamnations | 29,9 | 49,0 | 29,3 | 0,0 | *** |
| 5-9 condamnations | 49,8 | 65,1 | 39,0 | 10,9 | *** |
| 2-4 condamnations | 70,9 | 79,2 | 54,5 | 23,9 | *** |
| Une condamnation | 79,8 | 87,5 | 67,2 | 34,8 | *** |
| Infraction figurant à lannexe | 44,3 | 62,7 | 45,2 | 17,4 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Nous avons comparé les peines auxquelles les délinquants des divers groupes dâge ont été condamnés par les tribunaux pour adultes pour leurs infractions antérieures, et nous avons relevé des différences significatives. Les données révèlent quen comparaison des délinquants âgés, les moins de 50 ans sont plus susceptibles davoir été condamnés à la surveillance dans la collectivité, à une peine demprisonnement dans un établissement provincial aussi bien que dans un établissement fédéral, davoir enfreint les conditions de leur liberté sous surveillance, davoir été placés en isolement, davoir tenté de sévader ou davoir été illégalement en liberté, davoir été reclassés à un niveau de sécurité plus élevé et davoir manqué aux conditions de leur libération conditionnelle, mais sont moins susceptibles davoir passé une année complète sans commettre un acte criminel (tableau 31).
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Surveillance dans la collectivité | 66,6 | 74,12 | 44,3 | 28,3 | *** |
| Peine dans un établissement provincial | 68,6 | 71,2 | 45,2 | 28,3 | *** |
| Peine dans un établissement fédéral | 13,0 | 35,3 | 26,2 | 8,7 | *** |
| Manquement aux conditions durant la surveillance dans la collectivité | 54,0 | 53,1 | 23,6 | 15,2 | *** |
| Isolement infractions disciplinaires | 21,6 | 25,1 | 7,1 | 0,0 | *** |
| Tentative d'évasion/illégalement en liberté/ évasion(s) | 22,5 | 24,4 | 8,3 | 0,0 | *** |
| Reclassé à un niveau de sécurité plus élevé | 13,1 | 17,3 | 5,0 | 0,0 | *** |
| Échec de la liberté sous condition | 31,1 | 35,8 | 17,8 | 4,4 | *** |
| Moins de 6 mois depuis la dernière condamnation | 28,8 | 18,5 | 6,9 | 0,0 | *** |
| Aucune période d'un an ou plus sans perpétration dun acte criminel | 30,1 | 12,7 | 4,8 | 0,0 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Enfin, nous avons comparé les groupes dâge selon les infractions à lorigine de leur peine actuelle et avons constaté linverse des résultats relevés dans le cas des infractions antérieures quant aux condamnations et aux peines infligées (tableaux 28 à 31).
Les délinquants âgés sont proportionnellement plus nombreux que leurs cadets à compter plusieurs condamnations à lorigine de leur peine actuelle et à être emprisonnés pour des crimes de violence très graves; la différence est significative comme le fait voir le tableau 32.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| 15 condamnations ou plus | 6,6 | 4,6 | 4,5 | 6,5 | ns |
| 10-14 condamnations | 14,3 | 9,8 | 7,2 | 21,7 | *** |
| 5-9 condamnations | 41,1 | 30,0 | 27,7 | 45,7 | *** |
| 2-4 condamnations | 81,0 | 74,0 | 76,0 | 84,8 | *** |
| Une condamnation | 99,8 | 99,6 | 99,7 | 100,0 | ns |
| Infraction figurant à lannexe | 74,2 | 73,4 | 77,1 | 93,5 | * |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Gravité des infractions commises
Comme le fait voir le tableau 33, les indicateurs de la gravité des infractions commises donnent à croire que les délinquants de moins de 50 ans prédominent dans presque tous les secteurs de la narco-criminalité, que la comparaison porte sur les infractions antérieures ou sur les infractions à lorigine de la peine actuelle. Ils se distinguent très nettement des délinquants âgés pour ce qui est du trafic et de limportation de drogues, domaines où ils lemportent, alors quaucune différence significative na été relevée dans le domaine de la culture de drogues.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Culture de drogues : | |||||
| Infractions antérieures | 0,3 | 0,8 | 0,0 | 2,2 | NS |
| Infractions - peine actuelle | 0,9 | 1,2 | 1,7 | 2,2 | NS |
| Trafic de drogues : | *** | ||||
| Infractions antérieures | 9,9 | 17,7 | 9,0 | 2,2 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 12,4 | 18,5 | 14,4 | 0,0 | |
| Importation de drogues : | * | ||||
| Infractions antérieures | 0,2 | 0,9 | 0,0 | 0,0 | * |
| Infractions - peine actuelle | 2,5 | 4,2 | 4,1 | 0,0 | |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Nature des infractions antérieures
Des différences intéressantes et significatives se dégagent des indicateurs des infractions antérieures, présentés au tableau 34, portant sur la gravité des crimes commis. Les données indiquent que les délinquants de moins de 50 ans sont plus susceptibles de compter des condamnations antérieures pour voies de fait avec violence, vol qualifié, tentative de meurtre, utilisation darmes prohibées et complot en vue commettre un crime dune de ces catégories, alors que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir commis des infractions sexuelles et des homicides.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Incendie criminel | 1,2 | 1,5 | 1,0 | 0,0 | ns |
| Utilisation darmes prohibées | 7,4 | 9,1 | 5,5 | 2,2 | * |
| Décharge darmes à feu | 1,2 | 2,3 | 1,7 | 0,0 | ns |
| Séquestration/enlèvement | 2,1 | 3,1 | 1,4 | 0,0 | ns |
| Violence (voies de faits, vol qualifié) | 43,3 | 50,0 | 32,8 | 6,5 | *** |
| Infractions sexuelles | 5,9 | 10,0 | 12,4 | 8,7 | *** |
| Tentative de meurtre | 0,0 | 0,6 | 0,3 | 0,0 | * |
| Homicide | 0,4 | 0,9 | 1,7 | 2,2 | * |
| Complot en vue de commettre un crime dune catégorie susmentionnée | 2,0 | 3,7 | 1,0 | 2,2 | *** |
| Introduction par effraction et perpétration dun crime dune catégorie susmentionnée | 8,7 | 9,3 | 7,6 | 0,0 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Pour ce qui est de la nature de linfraction à lorigine de la peine actuelle, les indicateurs du tableau 35 montrent que la proportion de délinquants âgés condamnés à leur peine actuelle pour avoir déchargé une arme à feu ou pour une infraction sexuelle dépasse de manière significative la proportion correspondante de délinquants plus jeunes. Daprès nos données, la proportion de délinquants emprisonnés actuellement pour des crimes de violence est plus forte chez les moins de 50 ans que chez les 50 ans ou plus, mais dautres auteurs ont constaté le contraire (Goetting, 1984). Par ailleurs, les données indiquent que les délinquants de moins de 50 ans sont nettement plus susceptibles que leurs aînés davoir été condamnés à leur peine actuelle pour séquestration et enlèvement, voies de fait avec violence, vol qualifié, introduction par effraction, ou utilisation darmes prohibées.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Incendie criminel | 0,7 | 1,3 | 1,4 | 2,2 | ns |
| Utilisation darmes prohibées | 11,8 | 7,2 | 3,8 | 2,2 | *** |
| Décharge darmes à feu | 3,2 | 2,3 | 2,7 | 8,7 | * |
| Séquestration/enlèvement | 5,7 | 4,7 | 2,1 | 0,0 | * |
| Violence (voies de faits, vol qualifié) | 52,3 | 36,2 | 23,6 | 17,4 | *** |
| Infractions sexuelles | 10,8 | 19,3 | 45,2 | 78,3 | *** |
| Tentative de meurtre | 1,5 | 1,0 | 2,4 | 2,2 | ns |
| Homicide | 6,6 | 6,3 | 6,9 | 4,4 | ns |
| Complot en vue de commettre un crime dune catégorie susmentionnée | 8,5 | 7,3 | 6,5 | 2,2 | ns |
| Introduction par effraction et perpétration dun crime dune catégorie susmentionnée | 7,3 | 4,0 | 0,3 | 0,0 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Les délinquants âgés et les moins de 50 ans se distinguent par la durée de la peine à laquelle ils ont été condamnés pour leurs infractions antérieures et pour les infractions à lorigine de leur peine actuelle. À cet égard, les indicateurs révèlent que la proportion de délinquants condamnés à une peine de 10 à 24 ans pour leurs infractions antérieures et pour les infractions à lorigine de leur peine actuelle est plus forte chez les 50 ans et plus que chez leurs cadets, et que la différence est significative; il en va de même pour la proportion de délinquants des deux groupes condamnés à une peine de 5 à 9 ans. Par ailleurs, la proportion de délinquants condamnés à une courte peine variant entre un jour et 4 ans pour leurs infractions antérieures est plus forte chez les moins de 50 ans (73,3 % chez les moins de 30 ans et 74,3 % chez les 30 à 49 ans) que chez les délinquants âgés comme le fait voir le tableau 36.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Peine de plus de 24 ans : | |||||
| Infractions antérieures | 0,2 | 0,2 | 0,7 | 0,0 | NS |
| Infractions - peine actuelle | 3,0 | 3,9 | 4,8 | 4,4 | NS |
| Peine de 10 à 24 ans : | |||||
| Infractions antérieures | 0,3 | 2,5 | 5,2 | 4,4 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 5,8 | 8,7 | 12,7 | 13,04 | *** |
| Peine de 5 à 9 ans : | |||||
| Infractions antérieures | 2,6 | 11,1 | 12,4 | 4,4 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 21,5 | 26,7 | 36,0 | 45,7 | *** |
| Peine de 1 jour à 4 ans : | |||||
| Infractions antérieures | 73,3 | 74,3 | 51,7 | 26,1 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 99,7 | 99,6 | 100,0 | 100,0 | NS |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Des comparaisons ont aussi été établies entre les délinquants âgés et les plus jeunes selon les victimes de leurs infractions antérieures et des infractions à lorigine de leur peine actuelle. Nos données indiquent que les victimes des infractions antérieures des délinquants âgés étaient le plus souvent des enfants et des personnes handicapées. Par ailleurs, la proportion de délinquants ayant fait au moins trois victimes par le passé est plus forte chez les moins de 50 ans, et la proportion ayant fait deux victimes par le passé est encore plus élevée. Par comparaison avec leurs aînés, la plus forte proportion de délinquants de moins de 50 ans ont fait au moins une victime par le passé. Ils sont en outre plus susceptibles que leurs aînés davoir usé de leur pouvoir et de leur autorité sur leurs victimes comme le montre le tableau 37.
Tableau 37 : Répartition par groupe dâge et par indicateur de la gravité des infractions commises : les victimes des infractions antérieures
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Victimes étaient des enfants | 2,7 | 6,3 | 9,1 | 8,7 | *** |
| Victimes étaient des personnes handicapées | 0,2 | 0,4 | 1,7 | 2,2 | *** |
| Victimes étaient des personnes âgées | 1,1 | 2,0 | 1,7 | 0,0 | ns |
| Trois victimes ou plus | 21,0 | 28,3 | 19,3 | 8,7 | *** |
| Deux victimes | 28,2 | 35,4 | 25,7 | 8,7 | *** |
| Une victime | 46,2 | 53,8 | 38,4 | 17,4 | *** |
| A usé de son pouvoir/autorité sur ses victimes | 13,5 | 19,9 | 16,1 | 8,7 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Le tableau 38 révèle la présence de différences très significatives entre les groupes dâge. Il confirme que les victimes des délinquants âgés sont généralement des enfants et des personnes handicapées. Lorsque la comparaison entre les groupes dâge porte sur les victimes des infractions à lorigine de leur peine actuelle, les résultats sont plutôt linverse des constatations présentées au tableau 37. Le tableau 38 indique que 21,7 % et 43,5 % des délinquants âgés ont fait au moins trois victimes lorsquils ont commis les infractions à lorigine de leur peine actuelle, par opposition à 16,5 % et 19,4 % des délinquants plus jeunes. En outre, une plus forte proportion de délinquants âgés ont fait deux victimes lors de la perpétration des crimes à lorigine de leur peine actuelle. Enfin, les données montrent que 66,6 % et 93,5 % des délinquants âgés ont fait au moins une victime, par comparaison avec 58,6 % et 67,7 % des moins de 50 ans, et quils étaient plus susceptibles davoir usé de leur pouvoir et de leur autorité sur les victimes des infractions à lorigine de leur peine actuelle.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Victimes étaient des enfants | 6,3 | 14,7 | 42,1 | 76,1 | *** |
| Victimes étaient des personnes handicapées | 0,4 | 1,2 | 2,8 | 0,0 | *** |
| Victimes étaient des personnes âgées | 3,6 | 2,7 | 3,1 | 4,4 | ns |
| Trois victimes ou plus | 19,4 | 16,5 | 21,7 | 43,5 | *** |
| Deux victimes | 33,5 | 28,1 | 37,6 | 67,4 | *** |
| Une victime | 67,7 | 58,6 | 66,5 | 93,5 | *** |
| A usé de sonpouvoir/autorité sur ses victimes | 25,2 | 28,5 | 47,2 | 80,4 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Degré de force exercé sur les victimes
Le tableau 39 indique le degré de force que les délinquants ont exercé sur leurs victimes quand ils ont commis leurs infractions antérieures et les infractions à lorigine de leur peine actuelle. Il sen dégage des différences très significatives entre les groupes dâge. Lors de la perpétration de leurs infractions antérieures et des infractions à lorigine de leur peine actuelle, les moins de 50 ans sont plus susceptibles que leurs aînés davoir proféré des menaces de violence à lendroit de leurs victimes, de les avoir menacées avec une arme, et davoir eu recours à la violence et à une arme contre elles. Les délinquants âgés sont par contre plus susceptibles davoir usé de violence pour commettre les infractions à lorigine de leur peine actuelle et davoir causé la mort de leur victime lorsquils ont commis leurs infractions antérieures.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Menaces de violence envers la victime | |||||
| >Infractions antérieures | 30,8 | 36,3 | 21,8 | 8,7 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 47,6 | 36,2 | 28,1 | 52,5 | *** |
| A menacé la victime avec une arme | |||||
| Infractions antérieures | 17,2 | 21,4 | 11,5 | 6,5 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 36,6 | 23,0 | 14,3 | 18,0 | *** |
| Usage de violence contre la victime | |||||
| Infractions antérieures | 33,8 | 38,7 | 28,4 | 8,7 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 41,1 | 31,7 | 31,9 | 47,7 | *** |
| Usage dune arme contre la victime | |||||
| Infractions antérieures | 11,4 | 13,9 | 9,3 | 4,4 | ** |
| Infractions - peine actuelle | 23,7 | 15,1 | 14,5 | 16,3 | *** |
| A causé la mort de la victime | |||||
| Infractions antérieures | 0,9 | 1,1 | 2,8 | 2,2 | * |
| Infractions - peine actuelle | 7,9 | 8,0 | 7,9 | 6,5 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Létendue des dommages corporels et psychologiques infligés indique lampleur et la gravité du mal que le délinquant a fait à sa victime, ainsi que le degré de force quil a exercé contre elle. Le tableau 40 répartit les délinquants selon les dommages corporels et psychologiques quils ont infligés à leurs victimes lors de leurs infractions antérieures et des infractions à lorigine de leur peine actuelle. Nous avons relevé des différences très significatives sur ce plan. Les moins de 50 ans sont plus susceptibles que leurs aînés davoir infligé des lésions graves (des blessures ou des mutilations), des lésions légères (des coups ou des gifles) ou un tort psychologique grave, moyen ou faible aux victimes de leurs infractions antérieures. Ils sont en outre plus susceptibles davoir infligé des lésions graves (des blessures ou des mutilations) aux victimes des infractions à lorigine de leur peine actuelle. Par ailleurs, pour ce qui est des dommages faits aux victimes des infractions à lorigine de la peine actuelle, les délinquants âgés sont plus susceptibles de leur avoir infligé des lésions légères (des coups ou des gifles) et un tort psychologique grave, moyen ou faible.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Lésions graves (blessures, mutilations) | |||||
| Infractions antérieures | 7,2 | 8,4 | 7,5 | 0,0 | ns |
| Infractions - peine actuelle | 17,3 | 11,6 | 12,6 | 13,0 | *** |
| Lésions légères (coups, gifles) | |||||
| Infractions antérieures | 29,7 | 34,1 | 24,7 | 0,0 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 26,9 | 21,3 | 19,9 | 34,1 | *** |
| Tort psychologique grave | |||||
| Infractions antérieures | 5,9 | 12,2 | 10,2 | 9,3 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 23,7 | 25,7 | 49,4 | 72,7 | *** |
| Tort psychologique moyen | |||||
| Infractions antérieures | 13,8 | 20,8 | 12,6 | 9,3 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 31,8 | 28,3 | 34,3 | 70,5 | *** |
| Tort psychologique faible | |||||
| Infractions antérieures | 23,6 | 30,4 | 18,2 | 11,6 | *** |
| Infractions - peine actuelle | 36,4 | 31,7 | 34,1 | 53,5 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Antécédents de délinquance sexuelle
La délinquance sexuelle est la variable qui présente les différences significatives les plus marquées entre les délinquants âgés et les plus jeunes. À lanalyse de la répartition des délinquants selon leur classement comme délinquant sexuel et selon la nature de linfraction sexuelle commise, des différences très significatives se dégagent nettement entre les groupes dâge. Cest le type de criminalité où les délinquants âgés dominent le plus. Les tableaux 41 et 42 répartissent les délinquants des divers groupes dâge selon leurs antécédents de délinquance sexuelle, cest-à-dire selon leur classement comme délinquant sexuel et selon la nature de linfraction sexuelle commise respectivement. Pour ce qui est du classement comme délinquant sexuel, les données montrent que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir des antécédents de délinquance sexuelle (peine actuelle ou peines antérieures), davoir été condamnés à leur peine actuelle pour une infraction sexuelle ou une infraction à caractère sexuel et de compter une ou deux condamnations antérieures pour des infractions sexuelles, comme le fait voir le tableau 41.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Antécédents de délinquance sexuelle (peine actuelle et peines antérieures) | 14,2 | 23,3 | 47,4 | 76,1 | *** |
| Condamné à sa peine actuelle pour une infraction sexuelle | 10,7 | 18,9 | 42,6 | 76,1 | *** |
| Compte 1 ou 2 condamnations antérieures pour infractions sexuelles | 6,1 | 10,1 | 13,5 | 8,7 | *** |
| Condamné à sa peine actuelle pour une infraction à caractère sexuel | 9,0 | 16,2 | 38,5 | 63,0 | *** |
| Condamnation antérieure pour infractions à caractère sexuel | 5,3 | 8,8 | 12,1 | 6,5 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Quand nous avons examiné la nature des infractions sexuelles commises, nous avons relevé plusieurs différences statistiquement significatives. Le tableau 42 montre que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir été condamnés à leur peine actuelle pour inceste, pédophilie, agression sexuelle ou dautres infractions sexuelles que ne le sont les moins de 50 ans. Ils sont en outre plus susceptibles davoir purgé une peine antérieure pour des infractions sexuelles.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Inceste : | |||||
| peine actuelle | 0,2 | 3,9 | 17,2 | 47,8 | *** |
| peines antérieures | 0,3 | 0,7 | 3,1 | 2,2 | |
| Pédophilie : | |||||
| peine actuelle | 1,8 | 5,4 | 17,3 | 44,4 | *** |
| peines antérieures | 1,3 | 2,9 | 5,2 | 6,5 | |
| Agression sexuelle : | |||||
| peine actuelle | 10,2 | 17,1 | 31,6 | 50,0 | *** |
| peines antérieures | 14,8 | 8,5 | 9,7 | 6,5 | |
| Autres infractions sexuelles (peine actuelle) | 0,6 | 3,2 | 12,1 | 24,4 | *** |
| Autres infractions sexuelles (peines antérieures) | 1,2 | 2,48 | 4,81 | 4,35 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Pour ce qui est du nombre de victimes, les données montrent que les délinquants âgés ont fait beaucoup plus de victimes que les moins de 50 ans. Comme lindique le tableau 43, plus de 76 % des délinquants âgés ont fait au moins une victime, par opposition à 13,8 % des délinquants plus jeunes; 65 % ont fait deux victimes, par opposition à seulement 4,8 % des délinquants plus jeunes; et plus de 43 % ont fait deux victimes ou plus, par opposition à seulement 2,2 % des délinquants plus jeunes.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Deux victimes ou plus | 2,2 | 6,4 | 17,2 | 43,5 | *** |
| Deux victimes | 4,8 | 10,9 | 27,8 | 65,2 | *** |
| Une victime | 13,8 | 22,9 | 46,1 | 76,1 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Nous avons relevé des différences significatives entre les délinquants des divers groupes dâge relativement au sexe et à lâge des victimes de la plupart des infractions sexuelles à lorigine de leur peine actuelle. Les données montrent quune plus forte proportion de délinquants âgés ont été condamnés à leur peine actuelle pour des infractions à caractère sexuel commises contre des enfants des deux sexes de moins de 12 ans ou de 12 à 17 ans. Les délinquants âgés sont en outre plus susceptibles que leurs cadets davoir été condamnés à leur peine actuelle pour sêtre livrés à des crimes sexuels sur des femmes de plus de 65 ans. Enfin, la proportion des délinquants qui ont causé la mort des victimes des infractions à lorigine de leur peine actuelle ou leur ont infligé un dommage grave est beaucoup plus élevée chez les délinquants âgés que chez les plus jeunes, comme le fait voir le tableau 44.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Filles de moins de 12 ans | 2,2 | 8,8 | 31,7 | 66,7 | *** |
| Filles de 12 à 17 ans | 5,0 | 9,1 | 27,5 | 45,7 | *** |
| Femmes de 18 à 65 ans | 7,4 | 8,7 | 9,7 | 11,1 | ns |
| Femmes de plus de 65 ans | 0,0 | 0,5 | 0,3 | 2,2 | ** |
| Garçons de moins de 12 ans | 1,2 | 3,1 | 6,5 | 26,1 | *** |
| Garçons de 12 à 17 ans | 0,4 | 2,3 | 4,2 | 17,8 | *** |
| Hommes de 18 à 65 ans | 0,2 | 0,4 | 0,7 | 0,0 | ns |
| Hommes de plus de 65 ans | 0,0 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | ns |
| A causé la mort de la victime ou lui a fait un dommage grave | 5,7 | 11,6 | 25,9 | 47,5 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Le tableau 45 présente les antécédents dévaluation et de traitement des délinquants des divers groupes dâge.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Évaluation psychologique antérieure | 2,5 | 6,7 | 8,4 | 13,0 | *** |
| Traitement antérieur | 2,0 | 4,5 | 5,6 | 6,5 | *** |
| Intervention ou traitement actuel | 1,01 | 1,7 | 6,3 | 6,5 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
La proportion des délinquants qui ont bénéficié dune intervention ou dun traitement pour délinquants sexuels diffère de façon significative entre les groupes dâge. Les données indiquent quune plus forte proportion de délinquants âgés ont subi une évaluation psychologique et participé à un programme de traitement par le passé ou bénéficient actuellement dune intervention ou dun traitement pour délinquants sexuels. Il nest pas sans intérêt de comparer ces résultats à la ventilation des délinquants ayant bénéficié dun programme de traitement pour toxicomanes (tableau 19), laquelle montre que la proportion de délinquants de moins de 50 ans ayant participé à un tel programme en partie ou au complet est supérieure à la proportion correspondante de délinquants âgés.
Le tableau 46 compare les délinquants des divers groupes dâge selon le risque de suicide quils posent. Il révèle des ressemblances intéressantes entre les délinquants de 30 à 49 ans et ceux de 50 à 64 ans. Une proportion à peu près égale de ces deux groupes dâge ont manifesté des signes de dépression et ont bénéficié dun traitement psychiatrique ou psychologique. Les données indiquent en outre que les délinquants âgés sont plus susceptibles davoir des démêlés graves avec la justice et davoir récemment subi un deuil ou rompu avec une personne qui leur était chère. Aucune différence significative ne se dégage entre les groupes dâge relativement aux tendances suicidaires, aux intentions déclarées de se suicider, aux projets et aux tentatives de suicide.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| A peut-être des tendances suicidaires | 4,4 | 6,2 | 4,6 | 6,5 | ns |
| A déjà tenté de se suicider | 17,2 | 17,3 | 12,0 | 10,9 | ns |
| A bénéficié dinterventions psychiatriques/psychologiques | 9,7 | 12,9 | 12,7 | 11,1 | * |
| Perte damitié, décès dun parent proche | 4,9 | 7,3 | 7,5 | 6,5 | * |
| Grandes épreuves (démêlés avec la justice, etc.) | 5,2 | 8,2 | 6,9 | 13,3 | *** |
| Sous lempire de lalcool ou de la drogue | 3,3 | 4,7 | 2,8 | 0,0 | ns |
| Présente des signes of dépression | 5,2 | 9,3 | 9,3 | 6,5 | |
| A exprimé lintention de se suicider | 3,4 | 5,0 | 3,5 | 4,4 | ns |
| A dressé un plan de suicide | 0,7 | 0,5 | 1,0 | 2,2 | ns |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Les délinquants âgés : le risque et les besoins
Cette partie de létude traite des besoins des délinquants en liberté dans la collectivité et du risque quils posent. Tout comme dans le cas des délinquants incarcérés, les besoins particuliers des délinquants en liberté sous condition ou en liberté doffice au sein de la collectivité suscitent beaucoup plus dattention depuis quelques années, de même que les risques inhérents à ces insuffisances. Un besoin relevé chez un délinquant peut être assimilé à un manque de ressources ou daptitudes, pouvant lempêcher de fonctionner efficacement au sein de la collectivité dans le respect de la loi. De nouvelles approches ont donc été adoptées dans la prestation des services correctionnels communautaires au cours des années récentes. Elles visent à cerner et à évaluer les besoins des libérés conditionnels ainsi quà établir les moyens à prendre pour les combler. On a constaté que cest le niveau des besoins, et pas nécessairement le risque, qui détermine lissue de la mise en liberté sous condition ou de la libération doffice. Les délinquants qui présentent des besoins élevés sont plus susceptibles de voir leur liberté conditionnelle suspendue ou révoquée que ne le sont les délinquants à faibles besoins ou les délinquants à risque élevé mais à faibles besoins (Motiuk et Porporino, 1989).
Nos données sur les délinquants sous surveillance dans la collectivité portent sur une population de 6 170 délinquants, dont 202 femmes. Cette population de référence est ventilée au tableau 47 par groupe dâge et selon divers indicateurs. On y constate des différences significatives entre les délinquants âgés et les plus jeunes dans la collectivité quant au risque et aux besoins quils présentent. Comme le font voir les données des trois premiers rangs du tableau, le risque semble diminuer avec lâge, de même que les besoins; en dautres termes, plus les délinquants sont jeunes, plus on sattend à ce quils présentent un risque élevé et des besoins élevés, alors quon sattendrait à ce que les délinquants âgés manifestent généralement de faibles besoins et un faible risque.
Les délinquants plus jeunes présentent un risque et des besoins plus élevés que leurs aînés. LÉchelle dinformation statistique sur la récidive (ISR) montre quils sont deux fois plus susceptibles de récidiver que les délinquants âgés. Le tableau indique en outre quils sont plusieurs fois plus susceptibles davoir commis un vol qualifié et plus de deux fois plus susceptibles davoir commis des crimes liés à la drogue et dautres types dinfractions que ne le sont les délinquants âgés. Par ailleurs, les données révèlent que ces derniers sont beaucoup plus susceptibles davoir commis un homicide et des infractions sexuelles que ne le sont les moins de 50 ans.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Risque | 47,5 | 33,5 | 21,1 | 15,0 | *** |
| Besoins | 77,2 | 56,1 | 41,5 | 32,1 | *** |
| Risque/Besoins | 34,8 | 23,1 | 11,8 | 10,0 | *** |
| Classement - Échelle dISR | 46,4 | 59,0 | 78,0 | 85,1 | *** |
| Homicide | 4,1 | 17,1 | 30,3 | 37,1 | *** |
| Infractions sexuelles | 6,6 | 12,8 | 23,1 | 31,4 | *** |
| Vol qualifié | 34,0 | 28,2 | 14,2 | 7,1 | *** |
| Infractions liées à la drogue | 26,3 | 33,8 | 21,6 | 12,1 | *** |
| Autres infractions | 35,6 | 21,8 | 20,3 | 16,4 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Besoins relevés chez les délinquants
Les besoins des délinquants des divers groupes dâge dans la collectivité ont été mis en comparaison afin den dégager les ressemblances et les différences. Le tableau 48 présente les besoins relevés chez les divers groupes dâge de référence. Bien que les données ne précisent pas le type de liberté sous condition dont jouissent les délinquants, les variations significatives de leurs besoins selon leur âge peuvent indiquer la façon de procéder pour les évaluer, les surveiller et leur fournir les services requis. Par exemple, la similarité de leurs besoins peut inspirer une conception plus homogène des programmes et de la prestation des services, alors que leur divergence donnerait à penser quune approche particulière adaptée au groupe dâge en question serait plus opportune. Les besoins et les risques que présentent les délinquants dans la collectivité sont classés en un minimum de 12 catégories ou domaines cibles : la formation scolaire ou professionnelle, lemploi, la gestion financière, les relations conjugales ou familiales, les fréquentations, le logement, la stabilité affective, la consommation dalcool ou de drogue, les aptitudes intellectuelles, la santé et lattitude (la réceptivité et la coopération). Dans certains cas, le niveau des besoins peut être classé selon léchelle suivante : « atout », « aucune difficulté », « une certaine difficulté » ou « une grande difficulté ». Nos données montrent que les délinquants plus jeunes manifestent beaucoup plus de besoins que leurs aînés dans 11 des 12 catégories de référence, la catégorie de la santé faisant exception. Par ailleurs, les délinquants âgés se distinguent de manière significative par leurs grands besoins de soins de santé. Les données indiquent en outre que le degré de difficulté des divers groupes dâge varie considérablement à lintérieur de chaque catégorie de besoins.
| Indicateur | <30% | 30-49% | 50-64% | 65+% | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation scolaire/professionnelle | 54,7 | 33,3 | 22,1 | 13,4 | *** |
| Emploi | 56,1 | 43,2 | 32,4 | 9,9 | *** |
| Gestion financière | 48,8 | 38,1 | 27,0 | 9,8 | *** |
| Relations conjugales/familiales | 32,9 | 27,9 | 20,7 | 14,6 | *** |
| Fréquentations/autres relations importantes | 41,6 | 26,5 | 15,1 | 8,9 | *** |
| Logement | 14,9 | 11,6 | 6,1 | 3,2 | *** |
| Stabilité comportementale ou affective | 48,3 | 3,8 | 30,8 | 26,8 | *** |
| Consommation dalcool | 20,5 | 14,6 | 8,3 | 4,9 | *** |
| Consommation de drogue | 22,9 | 16,2 | 2,9 | 2,4 | *** |
| Aptitudes intellectuelles | 4,7 | 4,9 | 4,2 | 9,0 | ns |
| Santé | 7,5 | 16,3 | 33,4 | 51,2 | *** |
| Attitude | 13,4 | 9,4 | 10,4 | 12,3 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Niveau de risque et de besoins
Loctroi de la liberté conditionnelle aux délinquants repose généralement sur lévaluation de leurs antécédents criminels et des risques quils posent en conséquence. Au cours des années récentes, des chercheurs ont constaté que lévaluation du risque et des besoins à laide de lÉchelle dévaluation du risque et des besoins dans la collectivité permet de mieux prévoir lissue de la mise en liberté sous condition (Motiuk et Porporino, 1989). Elle permet détablir avec plus de précision le pourcentage de délinquants de chaque groupe dâge qui présentent un besoin damélioration dans un domaine cible donné.
Le tableau 49 indique le niveau des besoins et des risques relevés dans chaque groupe dâge. Les délinquants plus jeunes présentent des risques et des besoins nettement plus élevés que ceux de leurs aînés dans les domaines suivants : la formation scolaire et professionnelle, lemploi, la gestion financière, les relations conjugales ou familiales, les fréquentations ou autres relations importantes, la stabilité comportementale ou affective, la consommation dalcool et de drogue, et lattitude. Toutefois, les délinquants âgés manifestent des risques et des besoins plus élevés dans le domaine des soins de santé.
| Indicateur | <30 | 30-49 | 50-64 | 65+ | RSS |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation scolaire/professionnelle | 54,7 | 33,3 | 22,1 | 11,4 | *** |
| Emploi | 56,1 | 43,2 | 32,4 | 9,9 | *** |
| Gestion financière | 48,8 | 38,1 | 27,0 | 9,8 | *** |
| Relations conjugales/familiales | 32,9 | 27,9 | 20,7 | 14,6 | *** |
| Fréquentations/autres relations importantes | 41,6 | 26,5 | 15,0 | 8,9 | *** |
| Logement | 14,9 | 11,6 | 6,1 | 3,2 | *** |
| Stabilité comportementale ou affective | 48,3 | 38,4 | 30,8 | 26,8 | *** |
| Consommation dalcool | 20,5 | 14,6 | 8,3 | 4,9 | *** |
| Consommation de drogue | 22,9 | 16,2 | 2,9 | 2,4 | *** |
| Aptitudes intellectuelles | 4,7 | 4,9 | 4,2 | 9,0 | ns |
| Santé | 7,5 | 16,3 | 33,4 | 51,2 | *** |
| Attitude | 13,4 | 9,4 | 10,4 | 12,3 | *** |
| Autochtones | 8,4 | 6,8 | 4,8 | 3,6 | *** |
Nota : *P<0,05; **P<0,01; ***P<0,001; ns = non significative
RSS : relations statistiques significatives
Il est bien établi que tous les détenus éprouvent certains besoins du fait quils sont incarcérés (Clements, 1986). Les besoins des délinquants âgés sont essentiellement les mêmes que ceux de tout autre délinquant, mais ils sont exacerbés. Le noeud du problème réside dans leur capacité réduite à faire face à leurs besoins et à les combler en milieu carcéral. Du fait même quils vieillissent en prison, condamnés à une longue peine demprisonnement (Walsh, 1989; Cowles, 1990), les délinquants âgés éprouvent des besoins et des difficultés qui les distinguent du reste de la population carcérale adulte. Leurs besoins sont divers et visent entre autres : les soins de santé, ladaptation à la vie carcérale, les programmes, laménagement du milieu carcéral, leurs rapports avec leurs codétenus, leurs rapports avec leur famille, et la préparation de leur mise en liberté sous condition.
La question des moyens à prendre pour répondre aux besoins des délinquants âgés et résoudre leurs problèmes réside au coeur des difficultés auxquelles sont confrontés les administrateurs des prisons, qui sont chargés des politiques et des programmes, mais disposent souvent de ressources limitées.
Daprès les indicateurs tirés de lensemble de nos données provenant de lÉvaluation initiale des délinquants et portant sur les besoins en soins de santé des délinquants, il existe sur ce plan une différence très significative entre les délinquants âgés et ceux de moins de 50 ans (tableaux 48 et 49). Du fait même de leur âge, les délinquants de 50 ans ou plus ont fait une consommation excessive dalcool et de drogue, alliée à une mauvaise alimentation et aux stress de la vie. Selon un des auteurs cités, il y a habituellement une différence de 10 ans entre létat de santé général des détenus et celui de lensemble de la population à lextérieur. Ainsi, un détenu de 50 ans éprouve en général les problèmes de santé dune personne de 60 ans dans la collectivité. Par conséquent, les délinquants incarcérés vieillissent plus vite que les membres de la population normale en raison de leur mode de vie antérieur (Webb, 1959; Kratcoski et Pownall, 1989; Booth, 1989; Clark, 1991).
La préoccupation numéro un des délinquants âgés est la nature des soins de santé qui leur sont prodigués. Ils sont aux prises avec de nombreux problèmes de santé et avec la crainte de vieillir en prison (Parrish, 1992; Young, 1992). Pour nombre dentre eux, cela entraîne la détérioration progressive de leur santé. Lincidence de problèmes de santé chroniques multiples maladies du coeur graves, diabète, hypertension, accidents cérébrovasculaires, cancer, maladie dAlzheimer, maladie de Parkinson, ulcères, emphysème, troubles de louïe, troubles de la vue, pertes de mémoire, et beaucoup dautres est plus élevée chez les délinquants de 65 ans ou plus que chez les plus jeunes (Aday et Webster, 1979; McCarthy, 1983; Malcolm, 1988). À la crainte de vieillir en prison sajoute celle dy mourir. Cette crainte hante la vie quotidienne les délinquants qui ont encore de nombreuses années à purger en prison (Dugger, 1990). Pour beaucoup, la honte de mourir en prison comporte des conséquences négatives insoutenables pour leurs enfants et leurs descendants (Carroll, 1989; Aday, 1994). Confrontés à de telles situations pénibles, nombre de délinquants âgés cherchent naturellement refuge dans certaines activités, souvent à caractère religieux, comme la lecture de la Bible ou lassistance aux offices du culte. Souvent, la mort de parents et damis ébranle les délinquants âgés qui peuvent en être très atteints dans leur santé. Dans leur deuil, certains semblent chercher un soutien affectif auprès de codétenus de leur âge (Aday, 1994). La santé des délinquants âgés est extrêmement importante dun autre point de vue : elle contribue à leur sentiment de bien-être général et augmente, ou restreint, indirectement la gamme et le nombre des activités professionnelles et récréatives auxquelles ils peuvent participer (Kratcoski et Pownall, 1989; Roth, 1992).
Les délinquants âgés qui vieillissent en prison et dont la santé se détériore ont naturellement besoin dune gamme complète de soins de santé, y compris des soins médicaux, dentaires, alimentaires et de longue durée (Webb, 1959; Wiltz, 1978; Antinovsky, 1979, Lewis, 1989). Certains peuvent nécessiter un traitement pour des troubles de la mémoire, de la vue ou de louïe. Certains auront besoin dappareils auditifs, de lunettes, de canes, de déambulateurs, de fauteuils roulants, de stimulateurs cardiaques, de prothèses, etc. Il se peut que certains aient besoin dun régime alimentaire spécial ou dun suivi de leur régime alimentaire. Certains peuvent être atteints daffections nécessitant des soins continus ou un suivi permanent (Shover, 1985). Des chaises percées, des douches et des baignoires équipées dune barre dappui devraient être mises à la disposition de tous les délinquants âgés qui en ont besoin, et devraient être adaptées pour permettre aux personnes en fauteuil roulant de sen servir. Au fond, les besoins des délinquants âgés en matière de soins de santé, de rôles dans le cycle de la vie, damitiés et de sécurité restent habituellement les mêmes où quils soient (Goetting, 1983). Beaucoup de délinquants âgés peuvent nécessiter des soins spéciaux pour divers problèmes de santé. Il se peut que bon nombre de leurs besoins sanitaires essentiels soient négligés du fait quils sont incarcérés, et que leur incarcération même intensifie leurs besoins (Ham, 1976). À ces besoins médicaux spéciaux peuvent sajouter notamment la remise quotidienne de médicaments et les visites médicales régulières aux malades qui ont de la difficulté à se déplacer (Origer, 1986). Tous ces besoins risquent dimposer un lourd fardeau aux professionnels de la santé et aux autres membres du personnel du SCC. Étant donné le coût total, il y a lieu de sinterroger sur la sagesse de garder en prison pendant de nombreuses années des délinquants dâge avancé qui ne sont pas violents.
Daucuns estiment quen raison de la détérioration progressive de leur santé, les délinquants âgés doivent être traités par des professionnels qui connaissent bien les composantes physiologiques du vieillissement et possèdent la patience et la formation requises pour sen occuper (Freedman, 1948; Baier, 1961; Goetting, 1983, 1984; Morton, 1993).
Certains auteurs ont mis en doute la capacité des systèmes correctionnels de répondre adéquatement aux besoins des détenus âgés. Ils soutiennent que puisque peu de systèmes correctionnels possèdent des installations pour les délinquants dâge avancé, les soins quils leur prodiguent sont inadéquats. À leur avis, nombre de détenus âgés et handicapés ont besoin de services spéciaux et parfois de soins de convalescence. Ils signalent que même dans les meilleures circonstances, le milieu carcéral est très stressant, quun des plus grands facteurs de stress est le danger auquel les détenus sont exposés quotidiennement et que ce stress nuit à leur santé (Lazarus, 1966; Davidson et Cooper, 1981; Hagel, 1982; Edwards, 1983; Vega et Silverman, 1988).
La détérioration de la santé des délinquants âgés sétend aussi à leur santé mentale (Booth, 1989). Sur ce plan, les résultats des travaux de recherche sont contradictoires. Teller et Howell (1981) ont constaté que les délinquants âgés signalaient moins de troubles psychiques et de problèmes de dépression et se montraient généralement moins antisociaux, moins impulsifs et moins hostiles que les plus jeunes. Par ailleurs, daprès Vega et Silverman (1988), il se peut quen réalité, les délinquants âgés étouffent ou nient leur état de stress, leur colère et leur angoisse. Tout indique que la dépression constitue un problème de santé grave dans la population carcérale âgée (Toch, 1976). Les délinquants âgés affichent le taux de suicide le plus élevé de tous les segments de la population, et les administrateurs des prisons devraient accorder une grande priorité à ce problème (Wetzel, 1980). Panton, dont les recherches reposent sur linventaire multiphasique de la personnalité du Minnesota (MMPI), en vient à la conclusion que, bien que les détenus âgés paraissent moins psychotiques que les délinquants plus jeunes, ils semblent plus névrosés et expriment plus de sentiments dangoisse, de dépendance et dappréhension (Panton, 1976-1977; Fry, 1986). Dans lensemble, la santé mentale constituerait donc une variable significative dans la prévision des problèmes de comportement et dadaptation, tout particulièrement en ce qui a trait aux délinquants et aux manquements à la discipline (Adams, 1981, 1986; Toch, 1982; Toch et Adams, 1986, 1987; Toch, Adams et Green, 1987; McShane, 1989; McShane et Williams, 1990).
Les chercheurs ont en outre observé plusieurs changements psychiatriques et psychologiques chez les délinquants purgeant une peine de longue durée, et en particulier chez les délinquants âgés (Buchanan, 1983; Chaneles, 1987). Voici une liste partielle des changements observés : dépression, angoisse, introversion, névrose et émotivité; apathie, dépendance à lendroit du personnel et de la routine, motivation pour faire de son mieux, intérêt porté au monde extérieur et aux relations personnelles avec des gens de lextérieur; les soucis suscités par leur éventuelle mise en liberté sous condition, la notion du temps et la perspective temporelle future (Jones, 1976; Sapsford, 1978; Von Wormer, 1981).
Il est bien établi que lalcoolisme est un des grands problèmes sociaux et médicaux qui affligent les délinquants âgés, mais son traitement en milieu carcéral se limite souvent à labstinence obligatoire (McCarthy, 1983). Il est connu en outre que lalcool exacerbe les maladies mentales ainsi que les tendances suicidaires et homicides aussi bien que le comportement (Forni, 1978).
Enfin, il est à noter que selon les résultats détudes menées auprès de délinquants dau moins 60 ans et portant sur leur perception personnelle de leur âge, il y a tout lieu de croire que létat de santé est le meilleur prédicteur de lâge que le sujet sattribue. Ni lâge chronologique ni la durée de la peine ne sont liés statistiquement à la perception personnelle de lâge du sujet. Les auteurs de ces études en viennent à la conclusion que plus les problèmes de santé du délinquant sont nombreux, plus il est susceptible davoir le sentiment dêtre plus vieux que son âge chronologique. Ces études donnent à penser que cest létat de santé et peut-être lestime de soi qui déterminent lâge quon se donne (Wiltz, 1973; Hendricks et Burkhead, 1978). Quoi quil en soit, dautres études réfutent ces constatations (Gillespie et Galliher, 1972; Reed et Glamser, 1979). La santé est peut-être le facteur auquel le délinquant âgé accorde le plus dimportance, car elle détermine non seulement son niveau de participation à des programmes, mais aussi son adaptation à la vie en milieu carcéral.
Selon nos données sur lincarcération et les infractions disciplinaires dans les établissements, les délinquants âgés présentent généralement moins de problèmes dadaptation que les plus jeunes. Dautres chercheurs affirment toutefois que si les délinquants âgés se montrent mieux adaptés et moins perturbateurs en prison, beaucoup dentre eux semblent présenter des caractéristiques psychologiques et affectives révélatrices de problèmes dadaptation qui sont négligés (Vito et Wilson, 1985). Teller et Howell ont constaté que les délinquants âgés étaient mieux adaptés que leurs cadets, moins antisociaux, moins impulsifs et moins hostiles. Cette constatation sapplique tout particulièrement aux délinquants âgés qui étaient jeunes quand ils ont été condamnés à leur première peine demprisonnement (Teller et Howell, 1981). Wiegand et Burger (1979) ont même affirmé que les agents des services correctionnels tentent souvent de dissuader les détenus âgés de quitter létablissement en raison de l« effet calmant » de leur présence.
Toutes les études portant sur la discipline en milieu carcéral montrent que, collectivement, les délinquants âgés commettent moins dinfractions à la discipline que les plus jeunes (Johnson, 1966; Mabli et al., 1979; Flanagan, 1983; McShane et Williams, 1990).
Selon dautres chercheurs, les délinquants âgés sont moins enclins à enfreindre le règlement et moins susceptibles de tenter de sévader que leurs cadets. Ils sont plus stables, plus matures et moins enclins à se battre, à se droguer ou à se livrer à dautres activités interdites. Ils coopèrent davantage avec le personnel de létablissement. Ils ne cherchent pas à se faire remarquer et sentendent bien avec les autres détenus, car ils se rendent compte quils ne peuvent plus rivaliser physiquement avec leurs codétenus plus jeunes (Jensen, 1977; Wooden et Parker, 1980).
Outre ces sources déléments probants directs, certaines études établissent la présence dune relation entre lâge du détenu et les infractions disciplinaires, bien quelles nisolent pas les délinquants âgés du reste de la population carcérale. Les résultats cadrent avec ceux qui nous avons présentés précédemment. Ils corroborent fortement la thèse selon laquelle les infractions disciplinaires diminuent avec lâge et les délinquants âgés commettent moins dinfractions disciplinaires que les plus jeunes (Wolfgang, 1964; Ellis et al., 1974; Straus et Sherwin, 1975; Jensen, 1977). Les explications du phénomène observé varient toutefois. Certains chercheurs considèrent la conformité disproportionnée des délinquants âgés au règlement comme un résultat physiologique du vieillissement, alors que dautres soutiennent que les délinquants plus jeunes sont naturellement plus actifs et énergiques, et sont donc plus susceptibles de se battre entre eux (Fuller et Orsagh, 1979). Les chercheurs sentendent généralement pour dire que les « nouveaux » délinquants primaires sadaptent mieux à la vie carcérale que les multirécidivistes âgés (Adams et Vedder, 1961; Bergman et Amir, 1973; Silfen, 1977; Aday et Webster, 1979; Teller et Howell, 1981).
Certains chercheurs ont étudié leffet de divers facteurs tels que les relations familiales, létat matrimonial, le niveau dinstruction, létat de santé, la situation financière et le nombre dannées dincarcération sur ladaptation des délinquants âgés à la vie carcérale. Ils ont constaté que de tous ces facteurs, cétaient les relations familiales, le niveau dinstruction et létat de santé qui favorisaient ladaptation à la vie carcérale le plus. Les délinquants âgés qui ont gardé le contact avec leur famille sadaptent mieux que ceux qui ont rompu leurs liens familiaux. De même, les délinquants âgés qui savent lire et sont assez instruits pour participer en établissement aux activités nécessitant une certaine formation scolaire présentent moins de problèmes dadaptation (Sabath et Cowles, 1988).
Pour beaucoup de délinquants âgés, la « perte » qui influe le plus sur leur adaptation à la vie carcérale est la détérioration de leur santé. Des chercheurs ont étudié certains déterminants de la santé des délinquants âgés et leur effet potentiel sur ladaptation à létablissement. À leur avis, certains problèmes de santé, par exemple la sénilité et la détérioration des capacités intellectuelles et physiques, peuvent rendre les délinquants âgés inflexibles, méfiants, querelleurs ou même violents (Bergman et Amir, 1973; Moore, 1989; Douglass et al. ,1994). Il se peut, en effet, que létat de santé du délinquant âgé constitue un déterminant significatif de son adaptation à la vie carcérale et de son éventuelle dépendance à légard de létablissement. Daprès certains chercheurs, les problèmes de santé créent chez les délinquants âgés une dépendance envers la communauté carcérale, et cette dépendance risque daugmenter à mesure que la santé du délinquant dépérit (Aday, 1976; Goetting, 1983).
La durée de la peine du délinquant âgé est une variable critique dans le maintien ou la rupture de ses liens sociaux avec la collectivité libre (Gaes, 1990). Plus sa peine demprisonnement est longue, plus ses attaches et ses rôles sociaux à lextérieur de la prison diminuent; il en résulte un enchaînement de traumatisme émotionnel et disolement qui augmente la dépendance envers létablissement chez beaucoup de délinquants âgés, surtout sils nont pas de proches parents ou damis auprès desquels ils peuvent aller vivre au sein de la collectivité (Rosow, 1962; Aday et Webster, 1979). Lorsque la durée de la peine est liée à la perte du rôle social, cela peut nuire à ladaptation du délinquant âgé à la vie carcérale. Cela peut aussi le pousser à chercher une nouvelle sous-culture, un nouveau rôle, une nouvelle identité et un nouveau groupe social, qui sont tous essentiels au bien-être social et psychologique. Divers chercheurs ont qualifié dinstitutionnalisme ce processus qui peut marquer les dernières étapes de lincarcération des délinquants âgés (Aday, 1976, 1994; Aday et Webster, 1979; Goetting, 1983; McShane et Williams, 1990). Il est signalé que si lemprisonnement est assez long, les délinquants âgés peuvent remplacer leurs groupes de référence dans la collectivité par des groupes de référence de détenus, et leurs rôles conventionnels par des rôles dans la sous-culture carcérale (Adams et Vedder, 1961; Aday, 1976; Ham, 1976; Aday et Webster, 1979). Le degré de dépendance des délinquants âgés à légard de létablissement varie selon les circonstances; les célibataires, les délinquants incarcérés à un jeune âge et les multirécidivistes manifestent généralement une plus grande dépendance (Aday et Webster, 1979).
La dépendance des délinquants âgés envers létablissement pose souvent de nombreux problèmes au personnel. Ces délinquants risquent dexiger beaucoup de temps et dénergie de la part du personnel et de formuler de nombreuses plaintes constantes. Sils ne sont pas satisfaits de la suite donnée à leurs revendications et à leurs plaintes, ils soutiendront probablement que lagent ne les comprend pas ou se soucie peu de ce qui leur arrive (Panton, 1974). Dautres analystes ont signalé que les délinquants âgés sont plus exigeants, plus égocentriques et plus naïfs que leurs cadets, mais moins hostiles envers lautorité (Vito et Wilson, 1985). Dautres encore ont présenté des résultats indiquant que les délinquants âgés sont insécurisés, déprimés et craintifs, quils comptent sur le personnel de létablissement pour les protéger et ont peu de prestige auprès des autres détenus (Rodstein, 1975; Krajick, 1979).
Certains chercheurs se sont penchés sur la question de la satisfaction de vivre chez les délinquants âgés. Daprès les résultats de leurs travaux, ces délinquants ont acquis des stratégies dadaptation qui leur permettent de vivre avec un minimum de stress. Ils semblent sêtre résignés au fait quils sont incarcérés, la vie en milieu carcéral semble leur offrir un soutien social adéquat, et leur conception de la vie demeure positive (Wooden et Parker, 1980).
Le vieillissement en prison diffère nécessairement du vieillissement dans la collectivité, étant donné le caractère anormal du milieu carcéral. Daprès la recension exhaustive que Lieberman a faite des études sur les détenus âgés, ceux-ci présentent généralement les caractéristiques suivantes : inadaptation, dépression, tristesse, inefficacité intellectuelle, manque destime de soi, sentiments dinsignifiance et dimpuissance, le sentiment dêtre vieux et incapable de rivaliser ou de faire face à ses problèmes, la docilité, la soumission, un éventail restreint de centres dintérêt et dactivités (Lieberman, 1969). Privés dun avenir, certains délinquants âgés peuvent chercher à fuir leur situation en envisageant le suicide.
Programmes pour délinquants âgés
La plupart des politiques et programmes actuels nont pas été conçus en fonction des délinquants âgés, pas plus que laménagement du terrain et des bâtiments des établissements correctionnels. Ils visent plutôt la réadaptation de délinquants qui sont jeunes, agressifs, peu instruits, sans formation professionnelle et peu motivés (Vito et Wilson, 1985). Au cours des années récentes, les administrateurs des prisons ont pris conscience de la présence des délinquants âgés dans leurs établissements (Anderson, 1992). Il sagit surtout de détenus qui ont été condamnés à lemprisonnement à perpétuité et ont vieilli dans létablissement. Comme ils sont peu nombreux, ils nattirent pas lattention. Ils sont affectés à de menus travaux qui les occupent, mais nexigent pas un grand effort physique. On a constaté récemment que leur nombre augmente très rapidement, et les administrateurs des prisons viennent juste de se rendre compte que les détenus âgés ont des besoins particuliers (Vega et Silverman, 1988; Kratcoski et Pownall, 1989).
Y a-t-il lieu de faire participer les délinquants âgés à des programmes de traitement en milieu carcéral? Cest là une question cruciale que les chercheurs sont appelés à résoudre. Si la réponse repose sur le principe que les délinquants devraient être mieux équipés pour obtenir un emploi au moment de leur mise en liberté, il semble inutile doffrir des cours de rattrapage scolaire et des programmes de formation professionnelle à ceux qui nont aucun avenir professionnel en raison de leur âge (Johnson, 1988).
Il existe néanmoins des raisons impérieuses daider ces délinquants à comprendre létiologie de leurs crimes, à sadapter à la vie en milieu carcéral et à se préparer en vue de leur libération conditionnelle.
En règle générale, les programmes officiels de formation scolaire et professionnelle offerts aujourdhui dans les établissements ne favorisent pas la participation des délinquants âgés et ne sont pas adaptés à leurs besoins. La majorité de ces délinquants ont quitté les bancs de lécole depuis de nombreuses années et nont aucun désir de reprendre leurs études (Goetting, 1983). Certains chercheurs ont constaté la présence apparente dun préjugé structurel contre la participation des délinquants âgés aux programmes offerts en établissement. Ils signalent lopinion répandue, bien que dissimulée, chez certains membres du personnel correctionnel, voulant que les délinquants âgés soient « trop vieux pour apprendre de nouveaux trucs ». Ainsi, les délinquants âgés sont souvent considérés comme étant « sur le retour » et comme inaptes à accroître leurs compétences à long terme (Petersilia, 1979; Vito et Wilson, 1985).
Selon certains auteurs, les délinquants âgés qui expriment le désir de suivre des cours de formation scolaire risquent den être dissuadés par des membres du personnel qui jugent que les places disponibles devraient être réservées aux jeunes délinquants plus susceptibles den profiter. À leur avis, le personnel correctionnel estime quun ancien détenu âgé a peu de chances de trouver un emploi dans la collectivité lorsquil retrouve sa liberté (Wiegand et Burger, 1979; Goetting, 1984).
Outre les présumés préjugés du personnel, il y a le problème du manque de motivation de la part des délinquants âgés, qui constitue un obstacle à la création de programmes valorisants à leur intention. Quelles que soient les déficiences physiques dont ils sont affligés et qui les empêchent de travailler ou de faire de lexercice, nombre de délinquants âgés ne sont pas disposés à entreprendre de nouvelles activités, même lorsquils ont manifestement de bonnes chances den profiter. Par exemple, beaucoup de délinquants âgés nont pas terminé leurs études secondaires. Or, cela embarrasse bon nombre dentre eux dadmettre quils sont peu instruits, surtout sils ne savent pas lire ni écrire (Bintz, 1974; Krajick, 1979; Goetting, 1983). Si un délinquant âgé participe à des programmes de traitement, les autres détenus risquent de penser quil craint de compromettre ses chances dobtenir sa liberté sous condition plus que ceux qui sen abstiennent.
Dans certains cas, la déchéance physique, intellectuelle et affective causée par le vieillissement et les longues années demprisonnement complique souvent les besoins en programmes des délinquants âgés. Comme ces délinquants purgent leur peine et ne cherchent pas à se faire remarquer, on craint que les administrateurs des prisons naient tendance à les négliger ou à les isoler dans des espèces de centres de retraite carcéraux médicalisés (Adams et Vedder, 1961; Krajick, 1979; Vito et Wilson, 1985). Il faut plutôt accorder plus dattention et affecter plus de ressources aux programmes visant le bien-être psychologique et affectif des délinquants âgés, leur isolement social ainsi que leur comportement dévitement et de déni. Étant donné lâge et létat de santé de ces délinquants, il semble que les programmes offerts couramment en établissement (rattrapage scolaire, formation professionnelle, counselling, etc.) ne répondent pas à leurs besoins (Vega et Silverman, 1988).
Aux États-Unis, le Federal Bureau of Prisons a reconnu dès les années 70 que les délinquants âgés avaient besoin de programmes spéciaux. Il a fait des progrès considérables dans la prestation de tels programmes dans les établissements correctionnels fédéraux. Comme la plupart des délinquants âgés cherchent un emploi ou ont recours à laide sociale lorsquils réintègrent la collectivité, le Bureau a reconnu quils avaient peut-être besoin de plus daide et de soutien que leurs codétenus plus jeunes (Kratcoski et Pownall, 1989).
Au Canada, la thèse selon laquelle les délinquants âgés ont besoin de programmes spéciaux reste une idée nouvelle que les administrateurs des systèmes correctionnels nont pas embrassée encore. Bien que les délinquants âgés ne constituent quune fraction de lensemble de la population carcérale dans la plupart des établissements fédéraux, il faut créer des programmes spéciaux pour répondre à leurs besoins particuliers. Ces programmes devraient être dispensés dans des endroits accessibles aux délinquants handicapés. Les programmes devraient être structurés de manière à faciliter la participation des délinquants. Les délinquants âgés qui jouissent dune bonne santé physique et mentale devraient être incités à profiter de tous les programmes disponibles. On croit que plus ils participent aux programmes offerts en établissement, plus grandes sont les chances quils adoptent une attitude constructive à légard de leur emprisonnement. Et une telle attitude positive aidera à parer à la déchéance physique et mentale (Kratcoski et Pownall, 1989). Il est conseillé de mettre laccent sur des programmes densemble, intégrés et structurés de manière à accroître la satisfaction de vivre des délinquants et à favoriser la réussite de leur éventuelle réinsertion sociale (Aday, 1977).
Par contre, certains chercheurs sopposent à loctroi dune considération spéciale ou à la prestation de programmes de traitement spéciaux aux délinquants âgés. Certains auteurs ne voient pas la nécessité ni lobligation daccorder une considération spéciale aux délinquants âgés (Silfen, 1977; Wooden et Parker, 1980). Dautres traitent plus précisément de la question du regroupement des détenus par âge, soutenant que leur répartition dans lensemble du système carcéral a un effet stabilisateur sur la population carcérale générale (McCleery, 1961; Wolfgang, 1964; Straus et Sherwin, 1975). À leur avis, le choix de lendroit où le détenu est logé et de lemploi auquel il est affecté devrait reposer dabord sur les mesures de sécurité à prendre à son endroit. Ils relèguent les besoins du délinquant en matière de santé, de relations familiales et de liens avec la collectivité au deuxième rang. Daprès ces auteurs, si un détenu a reçu une formation professionnelle particulière et quil préfère ce genre de travail, il devrait être placé dans un établissement qui peut lui offrir un emploi dans sa profession. Ils estiment que placer un détenu dans une unité spéciale pour délinquants âgés risque de nuire à sa sécurité, à ses relations avec sa famille ainsi quà ses intérêts et ses besoins professionnels (Silfen, 1977; Goetting, 1983, 1984). À cet égard, les délinquants âgés devraient être placés dans le milieu carcéral qui répond le mieux à leurs besoins.
Le milieu carcéral et les délinquants âgés
Comme le font voir les tableaux 5 et 6, environ 89 % des délinquants incarcérés dans les établissements fédéraux du Canada ont moins de 50 ans, et la vaste majorité dentre eux sont dans la vingtaine. Les établissements sont conçus pour accueillir ce grand groupe dâge et non en fonction des délinquants âgés (Kratcoski et Babb, 1990). Vito et Wilson signalent que même laménagement du terrain et des bâtiments, les conditions de vie et les réalités sociales dans les établissements carcéraux visent les délinquants de moins de 50 ans. Cela pose des problèmes considérables aux délinquants âgés qui trouvent que le milieu carcéral ne répond pas à leurs besoins particuliers (Vito et Wilson, 1985; Service correctionnel du Canada, 1991). Daucuns soutiennent quaujourdhui, les prisons devraient être des établissements à vocation sociale, tout comme les écoles et les hôpitaux. Nous pourrions donc relever les préoccupations que suscitent les conditions de vie en milieu carcéral et les besoins des détenus. Nous pourrions nous doter de politiques et de pratiques qui reposent sur le principe du respect de la personne et tiennent compte des besoins individuels (Bowker, 1982; Johnson, 1988; Moore, 1989).
Krajick (1979), tout comme Wiegand et Burger (1979), signale que la victimisation et la crainte dêtre tyrannisés constituent un problème grave chez les délinquants âgés. Ils font remarquer que bien que les délinquants âgés représentent rarement un risque pour la sécurité, la protection dun élément aussi vulnérable de la population carcérale peut poser un problème frustrant aux administrateurs des établissements. Cela soulève la question du logement des délinquants âgés. Les chercheurs ne sentendent pas sur lopportunité de grouper les détenus par âge dans des unités de logement distinctes ou dintégrer tous les groupes dâge. La question suscite aujourdhui autant de controverse dans le secteur correctionnel que dans le domaine de la gérontologie en général (Williams, 1984; Golant, 1985). La plupart des délinquants âgés trouvent cela stressant de vivre en étroite proximité avec des détenus plus jeunes, et cette situation leur pose un problème grave (Krajick, 1979; Walker et Gordon, 1980). Les plus jeunes sont souvent bruyants et agressifs. Les plus vieux peuvent être victimes de diverses formes de mauvais traitements aux mains de leurs cadets, allant du harcèlement aux actes dagression et au vol (Golden, 1984).
Certains chercheurs ont constaté que la menace constante de violence qui plane dans les établissements correctionnels ne se retrouve pas à lextérieur des prisons. À lappui de leur observation, ils font état de la violence généralisée que lon associe normalement au milieu carcéral (Cohen et al., 1976). Dautres soutiennent que la violence dans les prisons est en grande partie attribuable à des facteurs internes tels que le surpeuplement, les différences ethniques, le manque de formation du personnel, les injustices perçues au sein du système, la double occupation des cellules et la myopie des administrateurs (Conrad, 1982; Toch et Adams, 1987; Toch, Adams et Green, 1987).
Les partisans du placement des délinquants âgés dans des unités distinctes considèrent que cest le meilleur moyen de les protéger contre les détenus plus jeunes violents. Ils estiment que le regroupement des délinquants âgés peut accroître leur estime de soi, réduire leurs sentiments de solitude et disolement, stimuler leur désir dentretenir des relations sociales, éveiller leur curiosité intellectuelle, les amener à sidentifier à leurs pairs, leur inspirer le sentiment de partager un patrimoine commun, accroître leur capacité de se réinsérer dans la collectivité, et provoquer la prestation de programmes de traitement, si de tels programmes sont disponibles. Les exceptions, à leur avis, sont les détenus qui posent un risque à la sécurité de létablissement (Krajick, 1979; Roberg et Webb, 1981; Rubenstein, 1984; Johnson, 1988). Daucuns soutiennent que laménagement dinstallations distinctes pour les délinquants âgés faciliterait la mise en oeuvre de programmes spéciaux répondant à leurs besoins. Le regroupement des délinquants âgés est bénéfique pour leur santé mentale et favorise leur adaptation sociale (Wiegand et Burger, 1979; Golant, 1985).
Dans les systèmes où les délinquants âgés sont groupés dans des installations distinctes, les autorités carcérales estiment souvent quelles protègent ainsi les détenus plus jeunes en empêchant les « vieux taulards » de transmettre leurs connaissances aux détenus moins expérimentés. Les raisons pour lesquelles certains auteurs sont en faveur du placement des délinquants âgés dans des unités distinctes varient. Krajick (1979), par exemple, constate que les unités spéciales ou disolement protecteur sont plus tranquilles et plus paisibles, même si les possibilités de loisirs et demploi y sont restreintes. Silfen (1977) et ses collègues affirment que les détenus âgés devraient être placés dans une unité spéciale parce quils narrivent pas à sadapter à la population carcérale générale.
De plus, certains auteurs proposent comme terrain dentente quil nest peut-être pas souhaitable de grouper les délinquants âgés dans une unité de logement distincte à lintérieur dun établissement. Nous pourrions concevoir des locaux dhabitation qui protégeraient les délinquants âgés contre la maladie et les invalidités physiques. Nous pourrions doter ces locaux déquipements de première nécessité adaptés aux délinquants âgés et les aménager de manière à faciliter laccès aux salles de bains et aux pièces où dorment les détenus (Kratcoski et Pownall, 1989).
Des arguments tout aussi persuasifs ont été formulés en faveur de lintégration des détenus âgés dans la population carcérale générale. À la thèse voulant que les délinquants âgés soient souvent victimes de violence soppose la thèse selon laquelle ils ont du prestige auprès des autres détenus qui les traitent avec déférence. Daucuns affirment en outre quils jouissent du respect des détenus plus jeunes en raison de leur grande connaissance des opérations carcérales et de la vie en milieu carcéral, connaissance qui leur permet de manipuler le système dans leur intérêt (Wiltz, 1973). Selon dautres auteurs, la place des délinquants âgés dans la hiérarchie carcérale repose en partie sur leur ancienneté; les « vieux taulards »qui ont une longue expérience de la vie carcérale établissent les normes et jouent des rôles de chef. Labsence de toute préparation officielle à la « vie dans la cour de létablissement » favoriserait le maintien dune hiérarchie sociale officieuse dominée par les détenus expérimentés. Cette autorité que les détenus âgés exercent sur les rites et les épreuves dinitiation leur confère le pouvoir de reléguer les nouveaux venus à un rang subalterne et de les y maintenir jusquà ce quils se conforment aux normes de la culture carcérale (McCleery, 1961; Goetting, 1983).
Largument le plus persuasif qui est souvent avancé en faveur de lintégration des délinquants âgés dans la population carcérale est néanmoins leur présumé effet stabilisateur. Selon le concept sociologique de contrôle social, les délinquants âgés remplissent une fonction vitale en maintenant lordre au sein de la population carcérale et prêtent donc leur concours dimportance capitale au contrôle exercé par les gardiens et létablissement (Rubenstein, 1984; Roth, 1992). Daprès certains spécialistes des sciences sociales, on serait malavisé de continuer disoler les délinquants âgés des plus jeunes, car leur présence dans la population carcérale générale a un effet stabilisateur (Straus et Sherwin, 1975). Toutefois, lorsque les autorités carcérales parlent des délinquants âgés dans ce contexte, il sagit des délinquants de 35 à 50 ans. Les délinquants de 65 ans et plus sont considérés comme trop passifs et dépendants pour exercer une grande influence sur les détenus plus jeunes (Johnson, 1988).
De plus, le regroupement des délinquants âgés dans des unités distinctes risque de les priver des programmes de traitement et des emplois dont disposent leurs cadets plus nombreux. Cela risque aussi daller à lencontre des préférences des délinquants âgés qui ne veulent pas sidentifier aux autres membres de leur groupe dâge (Goetting, 1984).
Il se peut que le phénomène de lexploitation et de lagression des détenus âgés par les plus jeunes soit exagéré quelque peu. Il ne faut pas oublier que la majorité des délinquants âgés, et surtout les récidivistes, nen sont pas à leur première période demprisonnement. Ils nignorent pas ce quest la vie carcérale; ils ont eu le temps et loccasion de se mettre au courant et savent ce quil faut faire pour survivre en prison (Kratcoski et Pownall, 1989).
Ces points de vue contradictoires opposent les avantages du regroupement des détenus âgés dans des unités de logement distinctes à leurs conditions de vie dans la population carcérale générale. Les deux formes de logement soulèvent des questions concernant lintérêt accordé aux délinquants âgés. À partir de cette abondance dopinions et de constatations, les établissements ont le choix entre les formules suivantes pour loger les délinquants âgés :
Cette dernière formule ne serait envisagée que pour les détenus qui nont pas de famille ou dont la famille refuse de les prendre en charge.
Si le débat sur le regroupement par opposition à lintégration des délinquants âgés nest toujours pas tranché, cest notamment parce que les effets de lemprisonnement sur ces détenus ne sont pas clairs. Les avis divergent beaucoup sur la réaction des personnes âgées au milieu carcéral. Par exemple, Reed et Glamser (1979) signalent que 15 des 19 délinquants âgés de leur population de référence disaient se sentir plus jeunes en prison. Les chercheurs en sont donc venus à la conclusion que les délinquants âgés sont dans une meilleure position que les personnes de leur âge dans la collectivité, car ils mangent trois repas par jour à des heures régulières, se reposent souvent, ont accès à des soins de santé, ne sont pas soumis à de durs travaux manuels et nabusent pas de lalcool. Par contre, dans le cadre de leur étude menée en Israël, Bergman et Amir (1973) ont constaté que la santé physique et mentale des détenus âgés se détériorait rapidement dès leur incarcération.
Que les délinquants âgés soient regroupés dans des unités spéciales distinctes ou intégrés dans lensemble de la population carcérale, il est important que les installations répondent aux besoins particuliers des pensionnaires âgés et handicapés afin déviter toute accusation de violation des droits humains, sinon pour des raisons humanitaires.
Aux États-Unis, les autorités correctionnelles sont légalement tenus de se conformer aux dispositions de lAmericans with Disabilities Act. Cette loi confère aux citoyens américains des droits quils conservent pendant leur incarcération. Elle a donné lieu à de nombreuses poursuites judiciaires pour diverses formes de négligence, intentées contre les départements des services correctionnels par des délinquants et des associations de défense des droits civiques (Van Sickle, 1995; Goetting, 1985). Actuellement, les délinquants âgés sont intégrés dans lensemble de la population carcérale générale où la plupart dentre eux sont mal à laise avec les détenus plus jeunes. Les établissements carcéraux devraient être construits de manière à donner aux détenus âgés la plus grande mobilité possible. La meilleure façon dy parvenir est peut-être de les placer dans des établissements spéciaux, équipés pour répondre à tous les besoins des personnes âgées besoins physiques, sociaux et psychologiques (Goetting, 1984).
Pour ce qui est du logement des détenus âgés, les établissements devraient être dotés déquipements spéciaux pour ceux dont la mobilité est très réduite. La forme et laménagement des bâtiments, tout comme la topographie du terrain sur lequel ils sont construits, peuvent gêner, voire entraver, laccès à divers services. Il faudra peut-être élargir les portes des cellules pour permettre aux délinquants dy accéder en fauteuil roulant. Il faudra peut-être remplacer les lavabos et cuvettes dencombrement réduit et fixer des barres dappui aux murs des cellules et des douches. Il faudra peut-être prévoir une place où ranger un fauteuil roulant à lintérieur des cellules. Les détenus âgés ou handicapés ne seront peut-être pas en mesure de partager une cellule avec une autre personne. Les activités en plein air peuvent présenter un danger pour les détenus âgés; il se peut que leurs loisirs se limitent à des activités sédentaires comme les jeux de cartes, les jeux de table et les échecs. Il faudra peut-être livrer leurs repas à ceux qui sont incapables de se déplacer, et les professionnels de la santé devront peut-être faire des visites (Ham, 1980; Goetting, 1984; Dugger, 1988). Le fonctionnement des établissements carcéraux montre clairement quen règle générale, ils tiennent compte de lâge chronologique uniquement par rapport à létat de santé. Les installations, les programmes et les traitements adaptés aux délinquants âgés sont rares et jamais complets; ces lacunes témoignent peut-être du défaut des autorités de se rendre compte de la situation et de leur manque de sensibilité aux besoins spéciaux des détenus âgés (Goetting, 1983, 1984).
Les rapports des délinquants âgés avec les autres détenus
Selon plusieurs études menées auprès des délinquants âgés, cest, après la famille, aux associations bénévoles, aux amitiés et aux réseaux dentraide des détenus quils accordent le plus dimportance, car ces liens déterminent leur capacité de sadapter à la vie carcérale. Les rapports du délinquant avec les autres détenus lui fournissent souvent loccasion davoir des conversations intimes sur divers sujets, par exemple sur ses relations avec sa famille, ses problèmes de santé, sa situation financière, la politique, les choses qui le rendent heureux ou malheureux, la mort de personnes qui lui sont chères, et ses sentiments à légard de létablissement (Carroll, 1982; Aday, 1994). Malgré ces liens très prisés entre détenus, ces études présentent un bilan contrasté en ce qui a trait à la participation des détenus âgés à des associations bénévoles et à des réseaux damitiés.
Reed et Glamser (1979) ont constaté que la majorité des détenus âgés de leur échantillon faisaient partie dune association bénévole quelconque et que les amitiés fondées sur la confiance étaient rares, car elles étaient considérées comme un signe de faiblesse personnelle et un danger potentiel. Par ailleurs, Wiegand et Burger (1979) considèrent les délinquants âgés comme des êtres solitaires qui ne sassocient pas à des groupes. Contrairement à cette opinion, Wooden et Parker (1980) ont constaté que la plupart des sujets de leur échantillon avaient un réseau damis unis principalement par leur origine ethnique, et pas nécessairement par leur âge. Il est à noter que les délinquants âgés seraient moins enclins à parler de certains sujets comme leurs sentiments religieux, leurs sentiments de solitude et des choses dont ils ont honte. Lamitié avec dautres détenus fournit au délinquant âgé un soutien quotidien important. De plus, certains délinquants âgés semblent chercher un soutien affectif auprès de leurs pairs lorsquils perdent un membre de leur famille ou un ami intime (Booth, 1989; Aday, 1994).
Pour comprendre les délinquants âgés, il faut absolument tenir compte de la durée de leur incarcération et de sa portée sur ses relations personnelles et ses groupes de référence (Rubenstein, 1984). Lemprisonnement minimise généralement la vie familiale du détenu en limitant ses rapports avec les membres de sa famille à de courtes visites très structurées et contrôlées, à des appels téléphoniques, des lettres et des permissions de sortir. Il peut donc avoir des effets dévastateurs sur lunité et la stabilité de la famille (Goetting, 1983). De plus, chez beaucoup de délinquants, le milieu carcéral contribue à détruire leurs rapports avec les personnes qui, à une époque, occupaient une place importante dans leur vie. Rompre avec leur famille et leurs amis peut contraindre les délinquants à se replier sur eux-mêmes ou à chercher un soutien affectif au sien du milieu carcéral, ce qui peut créer un état de dépendance envers létablissement ou de névrose institutionnelle (Aday, 1976; Aday et Webster, 1979). On a constaté depuis longtemps que les délinquants qui sont incarcérés depuis de nombreuses années et nont ni parents ni amis à lextérieur se montrent plus inquiets au sujet de leur réinsertion sociale et sont moins disposés à tenter de réintégrer la société (Webb, 1959).
La capacité des délinquants âgés à rester en contact avec leur famille dépend souvent de nombreux facteurs tels que leurs antécédents criminels, leur niveau dinstruction, leur état de santé et létablissement dans lequel ils sont placés. Si la victime du délinquant âgé est un membre de sa famille, et surtout si le crime commis est de nature sexuelle, il est peu probable que les membres de sa famille lui rendent visite sils lui en veulent toujours. Si le délinquant âgé ne sait ni lire ni écrire, son analphabétisme réduit ou exclut les relations épistolaires. De plus, si les membres de sa famille sont dans limpossibilité de voyager en raison de leur âge ou de leur santé, il est peu probable quils lui rendent visite. Enfin, létablissement dans lequel le délinquant âgé est incarcéré peut poser des problèmes particuliers aux membres de sa famille et influer sur leurs contacts avec lui ainsi que sur le nombre de visites quils peuvent lui faire. Si les membres de sa famille doivent voyager plusieurs centaines de milles pour se rendre à létablissement, leurs visites risquent dêtre très rares (Reed et Glamser, 1979; Wooden et Parker, 1980; Goetting, 1983; Aday, 1994). Comme il est précisé précédemment, les données empiriques indiquent que les délinquants qui restent en contact avec leur conjoint ou conjointe et leur famille sadaptent mieux à la vie carcérale que ceux qui ne jouissent daucun soutien familial (Kratcoski et Pownall, 1989).
Les visites conjugales en prison aident les délinquants à garder le contact avec leur famille. Elles ont lavantage pratique de réduire la tension et lhostilité entre les détenus. Elles constituent une incitation à la conformité sociale en encourageant ladoption dun mode de vie normal en vue de la réinsertion dans la société. Elles augmentent les chances de réussite de la libération conditionnelle en favorisant la stabilité du mariage. Les visites familiales en prison peuvent être bénéfiques pour certains délinquants âgés. Largument le plus courant en faveur des visites conjugales en prison est peut-être quelles contribuent à réduire la tension et lhostilité parmi les détenus, attribuables au refoulement de leur désir sexuel (Goetting, 1982; Wooden et Parker, 1982). Il est à souligner quil existe, même à la lumière de ces avantages, des objections et des arguments contre les visites conjugales en prison (Balogh, 1964; Burstein, 1977). Malgré de telles objections, on croit généralement que ces visites constituent le meilleur moyen de réduire la forte incidence de viol homosexuel brutal en prison.
La famille est le fondement de lexistence de ses membres, et la protection inhérente et naturelle quoffre le système familial sétend aux délinquants aussi. Daprès les résultats empiriques de plusieurs études, il existe une corrélation positive entre le maintien des relations familiales pendant lincarcération et la réussite de la libération conditionnelle (Balogh, 1964; Burstein, 1977). Cette observation sapplique-t-elle aussi aux délinquants âgés?
Les délinquants âgés et la mise en liberté sous condition
Comme catégorie de détenus, les délinquants de 50 ans et plus obtiennent rarement leur liberté sous condition. Loctroi de la liberté conditionnelle repose toujours sur certaines conditions auxquelles le délinquant doit satisfaire avant que la commission des libérations conditionnelles nenvisage de le mettre en liberté. Étant donné leur situation particulière, les délinquants âgés ont beaucoup de difficulté à satisfaire à ces conditions. Krajick (1979) signale quil est difficile de motiver les délinquants âgés à participer à des programmes, ce qui réduit leurs chances dobtenir leur liberté sous condition. Wiegand et Burger ont eux aussi constaté que les délinquants âgés nattachent aucune valeur aux programmes de rattrapage scolaire et de formation professionnelle, ce qui réduit les chances de réussite de leur réinsertion sociale. Ils font remarquer que les détenus âgés ne jouent pas un rôle actif au sein des organisations carcérales, nont aucun réseau de soutien, nont pas dendroit où aller vivre, ont des problèmes de santé et sont inaptes au travail (Wiegand et Burger, 1979).
Les commissions des libérations conditionnelles appliquent des critères précis auxquels le délinquant doit satisfaire en matière de logement, demploi et damélioration de sa conduite amélioration quil manifeste dans le cadre de sa participation à des programmes. Le délinquant âgé est invariablement en position de faiblesse à tous ces égards. Des parents et des amis peuvent laider à répondre au premier critère en offrant de lhéberger jusquà ce quil soit en mesure de subvenir lui-même à ses besoins. Dans la plupart des cas, toutefois, les délinquants âgés, et notamment ceux qui sont incarcérés depuis de nombreuses années, ont peu damis et de parents qui vivent encore et qui sont en mesure de les héberger temporairement. Bon nombre de leurs amis et de leurs parents sont morts ou ont déménagé, les laissant sans soutien au sein de la collectivité. Ils risquent aussi de ne plus être au courant des types de logement et des ressources qui sont disponibles dans la collectivité (Goetting, 1983; Aday et Webster, 1979).
Le délinquant est en outre obligé de trouver un emploi avant dobtenir sa liberté sous condition. Or, certains délinquants de 65 ans ou plus sont inaptes au travail en raison de leur âge ou de leur état de santé. Même sils nont pas à justifier dun emploi, ils doivent prouver quils sont en mesure de subvenir à leurs besoins au moment de leur libération conditionnelle. Les ressources financières de bon nombre de libérés conditionnels âgés se limitent à une pension de retraite quelconque ou à leurs prestations daide sociale (Wiegand & Burger, 1979).
De plus, la libération conditionnelle est habituellement considérée comme une récompense du succès de ladaptation à la vie carcérale, que le détenu démontre notamment en participant à des programmes au sein de létablissement. La participation à de tels programmes est normalement associée à une réduction du risque de récidive et à lamélioration du comportement, des attitudes, des croyances et des valeurs. Comme la majorité des délinquants âgés participent rarement à des programmes, ils ne sont pas en mesure dimpressionner la commission des libérations conditionnelles en lui faisant la preuve quils se sont amendés.
Les délinquants âgés sont également dans une position désavantageuse lorsque leurs casiers judiciaires, qui sétendent sur de nombreuses années, sont comparés à ceux de leurs cadets qui commencent à peine leur carrière criminelle. Comme la commission des libérations conditionnelles tient toujours compte des antécédents criminels du candidat à la liberté conditionnelle, le délinquant âgé se trouve dans une position encore plus désavantageuse même si, statistiquement, il ne commet pas plus dactes criminels que le délinquant plus jeune. On pourrait en venir à cette conclusion si lon compare les activités dun délinquant étalées sur de nombreuses décennies à celles dun autre étalées sur 20 ou 25 ans.
Plusieurs facteurs mettent les délinquants de 50 ans ou plus dans une position défavorable pour satisfaire à tous ces critères qui régissent loctroi de la liberté sous condition. Peu dentre eux obtiennent donc leur liberté sous condition. Le manque de programmes adaptés aux délinquants âgés, allié aux lacunes des connaissances que le personnel correctionnel possède de la dynamique du vieillissement, réduit énormément les chances de succès de la réinsertion sociale du libéré conditionnel âgé (Wiegand & Burger, 1979). Cette situation explique pourquoi certains délinquants âgés hésitent à demander leur libération conditionnelle. Aday et Webster (1979) citent un délinquant âgé, qui était adolescent au moment de son incarcération et a purgé 15 ans de sa peine avant dêtre mis en liberté sous condition. Ce fut un échec. Réincarcéré, le délinquant a déclaré : « Je veux rester ici jusquà ce que je sois sûr de pouvoir réussir la prochaine fois. Je veux mentendre avec les gens à lextérieur, mais je ne sais pas comment my prendre .»
Malgré leurs craintes et leurs hésitations, les délinquants âgés sont dans lensemble de meilleurs candidats à la libération conditionnelle que les délinquants plus jeunes. Même si les résultats des recherches ne concordent pas tous, certaines études corroborent fortement la thèse selon laquelle la réussite de la libération conditionnelle est plus répandue chez les délinquants âgés que dans la population carcérale générale (Glaser, 1964; Gottfredson, 1967; Vedder et Keller, 1968; McCarthy et Langworthy, 1987; Goetting, 1983).
Le système de libération conditionnelle devrait commencer à reconnaître que, accablés du double handicap de leur casier judiciaire et de leur âge, les délinquants âgés sont confrontés à des problèmes particuliers lorsquils cherchent à se réinsérer dans la société (Wiegand et Burger, 1979). Pour surmonter ou supprimer les préventions contre les délinquants âgés (c.-à-d. lâgisme), il est indispensable que tous les intervenants soient sensibilisés à ces préjugés comme à toute autre forme de discrimination (Borgatta, 1991). On devrait donc songer sérieusement à modifier le régime de libération conditionnelle pour les délinquants âgés lorsquil y a lieu et que cest opportun.
Le délinquant âgé qui est mis en liberté conditionnelle après de nombreuses années dincarcération constate souvent, lorsquil réintègre la société, que son réseau de soutien personnel et ses points de référence ont disparu. Daprès certaines études, bien que la personne âgée puisse sadapter au train-train de la vie carcérale, il semble quaprès lâge de 41 ans, les libérés conditionnels aient de la difficulté à sadapter à la vie dans la collectivité. De plus, il nest pas sûr que les délinquants âgés puissent se réinsérer dans la société avec succès (Glaser, 1964; Burstein, 1977). Plus defforts devraient être consacrés à la préparation des détenus âgés en vue de leur réinsertion sociale. Ces efforts devraient viser à supprimer les effets de lincarcération prolongée et à garantir que la libération conditionnelle demeure un risque pris en toute connaissance de cause et non une bombe à retardement pour la société (Wiegand et Burger, 1979; Ham, 1976; Bergman et Amir, 1973; Gordon et Rudenstine, 1974; Citizens Inquiry, 1974). On devrait étudier les solutions de rechange à lincarcération des délinquants de 70 ans ou plus de manière à réserver la capacité daccueil limitée des établissements carcéraux aux délinquants qui présentent un danger pour la société.
La présence de délinquants âgés dans nos prisons a de sérieuses répercussions sur le plan des politiques et des programmes, et elle mérite réflexion. La présente étude exploratoire visait à mettre en lumière diverses variables qui préoccupent beaucoup ces délinquants au cours de leur incarcération. Si nous comprenons bien leurs préoccupations, nous serons plus en mesure de formuler des stratégies dintervention adaptées à leur situation. Comme laugmentation de leur nombre est quasi inévitable, il faut concevoir des mesures, des stratégies et des plans directeurs pour répondre à leurs besoins.
Pour commencer, on devrait reconnaître la diversité de la population carcérale âgée et accorder à ces détenus une attention particulière dans lélaboration des programmes offerts en établissement. Par exemple, les délinquants âgés condamnés à leur première peine demprisonnement ne devraient pas être intégrés dans le milieu carcéral de la même façon que les multirécidivistes ou les récidivistes âgés endurcis pour qui le retour en prison fait partie de la vie.
Comme les établissements correctionnels et les programmes sont conçus en fonction du délinquant « moyen » plus jeune, une certaine prise de conscience de la diversité de la population carcérale constitue un premier pas dans la reconnaissance des besoins particuliers de certains éléments de cette population, tels les délinquants de 50 ans ou plus. Outre le fait que les délinquants âgés vieillissent en prison, la gravité de leurs problèmes réside dans leur caractère unique, car la société ne sattend pas à ce que ses aînés se livrent à des activités criminelles. Il semble que les établissements correctionnels fédéraux du Canada ne possèdent actuellement ni installations, ni politiques, ni programmes adaptés spécialement aux besoins des détenus assez âgés et dâge très avancé. Étant donné laccroissement actuel de leur nombre, nous devrions songer à créer de nouveaux programmes ou à élargir les programmes existants afin de combler les besoins particuliers de cet élément de la population carcérale. Nous devrions songer à consacrer plus dattention et de ressources aux besoins de ce groupe.
Des programmes adaptés devraient donc leur être dispensés dans des endroits auxquels ils peuvent accéder facilement. Ces programmes devraient être structurés de manière à faciliter la participation des délinquants âgés plutôt que de les obliger à rivaliser avec leurs codétenus plus jeunes (Dugger, 1988; Allen et Simonsen, 1995). Il faudra peut-être créer à leur intention des cours de formation de base séparés, adaptés au rythme dapprentissage plus lent des personnes âgées. De plus, la prestation de cours séparés permettrait de réduire sensiblement lembarras et les frustrations que les délinquants âgés risquent déprouver en présence des plus jeunes. Les éducateurs estiment que lapprentissage chez les personnes âgées est plus facile et plus agréable si les techniques et méthodes denseignement sont adaptées à leurs besoins (Fatula, 1977).
De même, nous devrions offrir des programmes de formation professionnelle qui incorporent lapprentissage de formes dartisanat adaptées aux besoins des délinquants âgés. Nous devrions réserver aux délinquants âgés des espaces consacrés à la lecture, aux jeux de cartes, aux échecs et à la conversation tranquille. Les programmes récréatifs devraient prévoir des activités telles que les jeux de table, les quilles, la musique et le cinéma. Certaines activités physiques peu exigeantes comme la marche et les exercices adaptés devraient être offertes aux délinquants âgés afin de minimiser la léthargie et les problèmes de santé quentraîne généralement une vie sédentaire (Vito et Wilson, 1985).
Des psychologues et conseillers spécialisés en gériatrie devraient être chargés de programmes de réadaptation afin de sensibiliser davantage les intervenants aux besoins sociaux, psychologiques et émotionnels de ces délinquants (Goetting, 1983; Vito et Wilson, 1985). Nous devrions étudier la possibilité de créer un organisme daide postcarcérale qui se consacrerait exclusivement aux besoins des délinquants âgés.
Le logement des délinquants âgés devrait tenir compte de leurs handicaps physiques ainsi que de leurs besoins de tranquillité et dinteraction avec leurs pairs. On pourrait notamment les loger dans une unité ou un pavillon particulier de létablissement, à lécart des délinquants plus jeunes, mais sans séparer les deux groupes complètement.
Une autre possibilité serait daffecter à lintérieur de chaque région un établissement à sécurité minimale au logement des délinquants de 50 ans ou plus qui satisfont aux critères de sécurité applicables. Les locaux dhabitation devraient être verrouillables et accessibles, et devraient répondre aux besoins des délinquants handicapés. Ils devraient être aménagés de manière à protéger les délinquants âgés contre les blessures et les dangers pour leur santé, et devraient être équipés dappareils de chauffage et déclairage adaptés ainsi que de salles de bains et de dortoirs, chambres ou cellules daccès facile. Les escaliers devraient être réduits au minimum, sils ne peuvent être éliminés complètement. Le milieu carcéral dans lequel les délinquants âgés sont placés devrait être organisé de manière à répondre à leurs besoins physiques, psychologiques et sociaux; laccent devrait être placé sur la prestation de programmes intégrés et complets, destinés à aider ces délinquants à tirer une plus grande satisfaction de leur vie et à favoriser leur réinsertion sociale. Certains délinquants âgés auront de la difficulté à partager une cellule avec un autre détenu. La distance des autres centres dactivité au sein de létablissement, notamment de la salle de récréation, de la cantine et de la bibliothèque, devrait être réduite au minimum. En règle générale, nous pourrions accorder plus de poids aux facteurs conjugués de lâge et de létat de santé dans laffectation des délinquants âgés à des installations distinctes. Et nous pourrions intégrer sous une forme quelconque ce critère au processus de classement des délinquants (Dugger, 1988; Allen et Simonsen, 1995).
Nous devrions dispenser une formation spéciale au personnel de correction afin quil comprenne mieux les besoins sociaux et affectifs des délinquants âgés, la dynamique de la mort, la méthode de dépistage de la dépression, et la marche à suivre pour orienter des délinquants âgés vers des spécialistes au sein de la collectivité. Les délinquants déprimés devraient être soumis à des évaluations plus fréquentes. Les conseillers gériatriques devraient aider les délinquants âgés à sadapter à la vie carcérale. Des soins de santé devraient être dispensés pour répondre à leurs besoins particuliers : régime alimentaire et nutrition, incontinence, baisse de la vue, affaiblissement de louïe, défauts de mémoire, déficience intellectuelle et infirmités physiques. De plus, les professionnels de la santé devraient être tenus de posséder une certaine connaissance de la gérontologie, de la gériatrie et des soins de réadaptation afin de faire connaître les effets du vieillissement et des maladies propres aux personnes âgées.
Le régime de libération conditionnelle devrait tenir compte du fait que les délinquants âgés font face à des problèmes particuliers dans leur réinsertion sociale. Ils sont très désavantagés par rapport aux délinquants plus jeunes lorsquils demandent leur liberté sous condition. Lexamen de leur dossier en vue de leur libération conditionnelle devrait se faire à intervalles plus courts, surtout si le délinquant est atteint dune maladie en phase terminale.
La croissance rapide de la population carcérale âgée sous responsabilité fédérale se présente à la fois comme un défi à relever et comme une occasion dapporter des solutions avantageuses pour tous les intéressés. À mesure que le nombre de délinquants âgés continuera daugmenter, il sera de plus en plus difficile de ne pas tenir compte de leurs besoins particuliers. Nous devrions en outre chercher énergiquement des solutions de rechange à lemprisonnement des délinquants très âgés qui ne posent aucune menace de violence pour la société, comme cela se fait dans certains pays (Breda et Ferracuti, 1980; Blumstein, 1995).
Pour faciliter la gestion des délinquants âgés, nous devrions songer à dispenser aux membres du personnel une formation spéciale en cours demploi, dont les objectifs seraient les suivants :
Les délinquants âgés constituent une clientèle croissante qui éprouve vraiment des besoins particuliers. Puisquun point à temps en vaut cent, nous devrions commencer dès maintenant à planifier la gestion de la croissance rapide de ce groupe de délinquants.
Même si les détenus âgés constitueront toujours une faible proportion de lensemble de la population carcérale, le défi que pose leur gestion prendra sans doute plus dampleur et deviendra plus complexe à mesure que leur nombre grossira dannée en année, justifiant ladoption de programmes spéciaux et laménagement dinstallations adaptées à leurs besoins.
Tous les indicateurs démographiques confirment le vieillissement de notre société. Le Service correctionnel, tout comme les autres organismes à vocation sociale, doit se préparer à faire face aux conséquences du « grisonnement » de la population carcérale.
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