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Rapports de recherche

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Le domaine des Fréquentations et des Interactions Sociales


Claire Goggin, Paul Gendreau, Glenn Gray

Centre d'études sur la justice pénale
Université du Nouveau-Brunswick
Saint John (N.-B.)

mars 1998


SOMMAIRE

Les auteurs ont effectué un examen narratif et une méta-analyse du domaine des fréquentations et des interactions sociales. D'un recensement de trente-cinq études, ils ont pu dégager soixante-quinze tailles d'effet liées à la récidive et obtenir une corrélation moyenne avec celle-ci de r = 0,18, reproduisant ainsi les résultats d'une méta-analyse antérieure où le domaine des fréquentations et des interactions sociales était parmi les prédicteurs les plus fiables de la récidive. Par ailleurs, des trois composantes du domaine des fréquentations et des interactions sociales, à savoir les compagnons, le quartier ayant un taux élevé de criminalité et la famille comportant des éléments criminels, la catégorie des compagnons s'est révélée la plus utile. De plus, un dépouillement des recherches a permis de découvrir d'autres mesures servant à évaluer le construct des fréquentations et des interactions sociales. Enfin, les auteurs formulent des recommandations précises sur la manière d'améliorer le Système d'identification et d'analyse des besoins des délinquants (SIABD) employé par le Service correctionnel du Canada.

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES TABLEAUX

INTRODUCTION

La grande majorité des chercheurs en criminologie s'entendent pour dire qu'il est essentiel de prendre en compte la mesure dans laquelle le délinquant fréquente des individus antisociaux pour comprendre l'évolution du comportement criminel et prédire la récidive (Andrews et Bonta, 1994; Gendreau, Little et Goggin, 1996). Des recherches sur l'évolution du comportement ont apporté des preuves convaincantes de l'existence d'un lien étroit entre le début de la délinquance chronique à l'adolescence et les fréquentations du jeune (Moffitt, 1997). Ce lien est confirmé par des méta-analyses de recherches sur la prédiction de la récidive. Plus le délinquant fréquente d'autres délinquants, plus le taux de récidive est élevé (Lipsey et Derzon, 1997; Simourd et Andrews, 1994).

Pour une raison quelconque, la recherche sur les délinquants adultes ne s'est guère portée sur la fréquentation de criminels. C'est plutôt étonnant car des enquêtes ont révélé que la fréquentation de criminels est un des problèmes les plus répandus chez les délinquants adultes (Motiuk, 1997). Or , nous n'avons relevé que deux protocoles d'évaluation du risque et des besoins qui traitent dans une mesure quelconque de l'évaluation de la fréquentation de criminels (Gendreau et coll., 1996), soit l'Inventaire du niveau de service-révisé, INS-R (Andrews et Bonta, 1995) et le Système d'identification et d'analyse des besoins des délinquants, SIABD (Motiuk, 1993; Motiuk et Brown, 1994), qui est employé par le Service correctionnel du Canada.

De plus, une méta-analyse récente des prédicteurs de la récidive chez les adultes (Gendreau et coll., 1996) a révélé que le domaine prédicteur de la fréquentation de criminels, qu'on appelle aussi celui des compagnons, était sous-représenté comparativement aux autres domaines prédicteurs (seulement 27 tailles d'effet, dont un bon nombre de l'INs-R). Ce qui est encore plus pertinent à notre étude, c'est que la catégorie des compagnons (définie comme étant la fréquentation de criminels ou l'identification avec eux) constituait l'un des prédicteurs les plus puissants de la récidive (r = 0,18), comparable aux grands prédicteurs de la récidive tels les antécédents criminels (Gendreau et coll., 1996).

Manifestement, le domaine de la fréquentation de criminels pourrait être très utile dans la prédiction de la récidive chez les adultes. Vu que l'un des principaux protocoles d'évaluation du risque et des besoins utilisés au sein du système correctionnel, soit le SIABD, fait actuellement l'objet d'une refonte, une nouvelle vérification de la validité prédictive du domaine de la fréquentation de criminels tombait à point nommé. La présente étude a donc pour objet :

  1. d'apporter une mise à jour à la méta-analyse de Gendreau et coll. (1996) en ce qui concerne le domaine prédicteur des compagnons;
  2. d'accroître l'étendue du domaine en trouvant des prédicteurs valables liés à la fréquentation de criminels en plus des compagnons;
  3. de dépouiller les recherches sur les tests psychologiques afin de relever de nouveaux instruments psychométriques permettant d'évaluer le construct de la fréquentation de criminels.

MÉTHODE

Échantillon d'études

À l'aide d'un service de résumés analytiques et suivant une démarche linéaire, nous avons dépouillé des documents publiés entre janvier 1994 et décembre 1997 pour trouver des études pertinentes. Nous avons incorporé ces dernières à la base de données présentée dans la méta-analyse réalisée en 1996 par Gendreau et coll. Nous n'avons retenu que les études qui répondaient aux critères qui suivent.

  1. Les données sur les délinquants devaient avoir été recueillies avant que le critère de récidive n'ait été enregistré. La période de suivi était d'au moins six mois. Si l'étude comportait plusieurs périodes de suivi, nous avons utilisé les données portant sur la période la plus longue.
  2. Les études liées à des traitements qui visaient à modifier directement les attitudes ou le comportement des délinquants n'ont pas été retenues.
  3. La récidive devait avoir été enregistrée chez un délinquant adulte (18 ans ou plus).
  4. Les critères devaient prévoir une catégorie pour l'absence de récidive. Les études où l'on établissait le classement selon qu'il y avait eu plus ou moins d'infractions commises étaient exclues. Les critères étaient l'arrestation, la condamnation, l'incarcération et la violation des conditions de la libération conditionnelle ou de la probation.
  5. Les données statistiques des études retenues devaient pouvoir être converties en une taille métrique ou une taille d'effet courante (c.-à-d. le coefficient r de Pearson).

Plan et protocole

Codage des études

Pour chaque étude, nous avons enregistré les données suivantes :

  1. les caractéristiques de l'étude : si elle était publiée ou inédite, la décennie de publication;
  2. les caractéristiques de l'échantillon : l'âge, le sexe et l'origine raciale des sujets, les types de délinquants, le niveau de risque établi à l'évaluation initiale et les antécédents de crimes de violence;
  3. la méthodologie de l'étude : l'importance de l'échantillon, les types de critères de résultat, la durée du suivi, la composition des groupes extrêmes, la perte de sujets, la précision de la description des sujets, l'évaluation et la consignation de résultats multiples quant à la récidive et l'évaluation des données sur la récidive par des évaluateurs n'ayant pas participé à l'évaluation des prédicteurs.

Nous avons calculé l'indice de qualité des études à partir des cotes attribuées pour les éléments liés à la qualité de la méthodologie (MÉTH1, MÉTH2, MÉTH10, MÉTH11 et MÉTH12 à l'annexe).

Catégories de prédicteurs

Nous avons divisé le domaine prédicteur de la fréquentation de criminels en trois catégories constituées des composantes suivantes :

  1. compagnons – la sous-composante compagnons de l'INS-R, des amis, connaissances et associés dans le milieu criminel et l'identification à d'autres criminels;
  2. quartier ayant un taux élevé de criminalité – taux élevé de criminalité, milieu de socialisation;
  3. famille comportant des éléments criminels – sujet provenant d'une famille où les parents, les frères ou les sours se livraient à des activités criminelles.
Calcul de la taille d'effet

La méthode employée pour calculer la taille d'effet aux fins d'études de prédicteurs à déjà été décrite ailleurs (Gendreau, Goggin et Law, 1997; Gendreau, Little et coll., 1996). Nous pouvons donc nous contenter d'indiquer que les coefficients de corrélation produit-moment de Pearson (r) ont été établis pour tous les prédicteurs de chaque étude où il existait un rapport numérique avec un critère. Dans le cas d'études présentant des statistiques autres que le coefficient r de Pearson, nous avons converties celles-ci en r au moyen des formules statistiques nécessaires (Rosenthal, 1991). Lorsqu'une valeur de p supérieure à 0,05 était la seule statistique présentée, nous avons attribué un coefficient r de 0,0.

Ensuite, nous avons transformé les corrélations ainsi obtenues selon la table de Fisher. Après quoi nous avons utilisé le procédé décrit par Hedges et Olkin (1985, p. 230-232) pour calculer la statistique , soit l'estimation pondérée du coefficient r de Pearson, pour chaque catégorie de prédicteurs en divisant la somme de zrs pondérée de chaque catégorie par la somme de la taille de l'échantillon de chaque prédicteur moins trois pour toute la catégorie.

Afin de déterminer l'utilité pratique relative des divers prédicteurs, nous avons appliqué l'indicateur de taille d'effet de langage commun, LC (McGraw et Wong, 1992). Cet indicateur permet de convertir la taille d'effet en la probabilité que la valeur d'une relation entre critère et prédicteur, prise au hasard dans la distribution d'une catégorie (p. ex. les compagnons), sera supérieure à la valeur tirée d'une autre distribution (p. ex. le quartier ayant un taux élevé de criminalité).

Tests de signification

Pour établir quelles catégories de prédicteurs prédisaient des critères avec des valeurs significativement différentes de zéro, nous avons multiplié les valeurs moyennes de de chaque groupe par (N - 3k)2 , où N = le nombre de sujets par catégorie de prédicteurs et k = le nombre de prédicteurs par catégorie (Hedges et Olkin, 1985).

Nous avons également appliqué l'analyse unilatérale de la variance ainsi que le test de Student-Newman-Keuls en utilisant le coefficient r de Pearson afin d'évaluer les différences dans la relation entre les variables modératrices (durée du suivi, caractéristiques des études, etc.) et les critères de résultat.

L'indicateur de langage commun (LC) n'a pas fait l'objet de tests de signification. Sauf indication contraire, nous avons établi le coefficient alpha à 0,05 bilateral pour tous les tests de signification.

RÉSULTATS

 

Caractéristiques des études

Nous avons retenu 35 études se prêtant à la méta-analyse, qui ont produit 75 tailles d'effet. En ce qui concerne les variables pour lesquelles au moins 50 % des études fournissaient des données sur les caractéristiques de l'étude et de l'échantillon, les résultats étaient les suivants : a) 97 % des tailles d'effet provenaient d'études portant sur des hommes seulement ou sur des sujets des deux sexes, b) 71 % des tailles d'effet se rapportaient à des échantillons d'adultes ou des échantillons mixtes de jeunes et d'adultes, c) les tailles d'effet étaient réparties équitablement sur les décennies (1960-1990), d) 69 % des tailles d'effet se rapportaient à des sujets présentant différents niveaux de risque, e) moins de 5 % des tailles d'effet se rapportaient à des délinquants ayant des antécédents d'infractions sexuelles ou avec violence, f) 93 % des tailles d'effet provenaient d'études dont la période de suivi était de deux ans ou plus, g) dans 86 % des cas, l'issue comprenait la condamnation, l'incarcération, ou les deux et h) la grande majorité des tailles d'effet se rapportaient à des cas de récidive sans violence.

Méta-analyse : validités prédictives

Les 35 études ont produit 75 tailles d'effet ou corrélations individuelles entre un prédicteur lié à la fréquentation de criminels et la récidive. Le domaine de la fréquentation de criminels se divisait en trois catégories de prédicteurs : les compagnons, le quartier ayant un taux élevé de criminalité et la famille comportant des éléments criminels. Les résultats sont présentés dans le tableau 1, qu'il faut interpréter de la façon suivante.

Tableau 1 : Tailles d'effet moyennes pour les catégories de prédicteurs liées à la fréquentation de criminels
Predicteur (k) N M r IC M z± IC
1. Compagnons (38) 16 118 0,19(0,10) 0,16 à 0,20 0,21* 0,19 à 0,22
2. Quartier ayant un taux élevé de criminalité (6) 7 226 0,12(0,08) 0,03 à 0,21 0,15* 0,12 à 0,17
3. Famille comportant des éléments criminels (31) 16 322 0,17(0,10) 0,13 à 0,21 0,12* 0,11 à 0,14
4. Total (75) 39 676 0,18(0,10) 0,16 à 0,20 0,17* 0,16 à 0,18

Nota. k = taille d'effet par catégorie de prédicteurs; N = nombre de sujets par catégorie de prédicteurs; M r = coefficient r moyen de Pearson (ET); M z± = S [(zr)x(n) – 3)] ¸ (n – 3)½] où = le nombre de sujets par taille d'effet; IC = intervalle de confiance pour le coefficient moyen de Pearson et le coefficient z± moyen. *p<0,05.

À la ligne 1, on voit que la catégorie des compagnons a produit 38 tailles d'effet regroupant 16 118 délinquants. Le coefficient r moyen était de 0,19 et l'intervalle de confiance (IC) pour le coefficient r moyen variait entre 0,16 et 0,20. Le coefficient r moyen pondéré (z±) pour la même catégorie était de 0,21 et son IC variait entre 0,19 et 0,22. Chacune des catégories de prédicteurs avait un pouvoir de prédiction de la récidive nettement supérieur à zéro. Pour le coefficient moyen, il y avait chevauchement entre les IC liés aux trois catégories de prédicteurs. En revanche, il n'y avait pas de chevauchement pour le coefficient r moyen pondéré en fonction de la taille de l'échantillon. Il n'y avait pas non plus de chevauchement entre l'intervalle de confiance (IC) de la catégorie des compagnons et ceux des deux autres catégories, c'est-à-dire le quartier ayant un taux élevé de criminalité et la famille comportant des éléments criminels.

Comme on le voit au tableau 2, les indicateurs de taille d'effet de langage commun (LC) ont démontré que la catégorie des prédicteurs liés aux compagnons produisait des corrélations plus fortes avec la récidive que les autres catégories, dans 56 % des cas lorsqu'elle était comparée à celle de la famille comportant des éléments criminels et dans 67 % des cas lorsqu'elle était comparée à celle du quartier ayant un taux élevé de criminalité.

Tableau 2 : Indicateurs de taille d'effet de langage commun1
Famille comportant des éléments criminels Quartier ayant un taux élevé de criminalité
Compagnons 56 67
Famille comportant des éléments criminels 61

1 Indicateurs de taille d'effet de langage commun pour les coefficients r moyens. Les catégories de prédicteurs sont classées à gauche selon le nombre de comparaisons favorables.

Méta-analyse : modérateurs

L'analyse de la relation entre la taille d'effet moyenne par catégorie de prédicteurs et les modérateurs des études a été effectuée, sans résultats notables. La taille d'effet moyenne n'a pas varié, notamment, en fonction de l'âge [F(2,65) = 1,21, p> 0,05], ni du sexe des sujets [F(1,65) = <1].

En ce qui a trait aux caractéristiques des études, le niveau de risque des sujets des échantillons (risque élevé, faible ou échantillons mixtes) n'a eu aucune incidence sur la valeur de la taille d'effet moyenne [F(2,69) = <1]. Étant donné la distribution assymétrique des tailles d'effet liées aux délinquants ayant des antécédents d'infractions sexuelles ou avec violence (= 2) et à ceux qui n'en avaient pas (= 70), nous avons jugé inopportun d'approfondir l'analyse.

Nous avons étudié plusieurs variables méthodologiques, dont un indice de qualité composé. Or, aucune n'était liée de façon significative à la taille d'effet, à une exception près. C'est-à-dire que les tailles d'effet produites par des études parues dans des revues spécialisées ou des livres publiés étaient nettement supérieures à celles produites par des études qu'on trouve dans des ouvrages inédits [F(1,73) = 5,90, p < 0,05].

Protocoles d'évaluation

Outre l'INS-R et le SIABD, nous avons cerné cinq protocoles où le domaine de la fréquentation de criminels était évalué en quelque détail. Chacun comportait des éléments pouvant être utiles à la révision prochaine du SIABD. Il s'agit du Criminal Socialization and Lifestyle Questionnaire (CSLQ), questionnaire sur le mode de vie et la socialisation des criminels (Zamble, Conroy et Brown, 1997), du Social Network Rating Scheme (SNRS), inventaire d'évaluation du réseau social (S. Brown, communication personnelle du 20 janvier 1998), du Differential Association Questionnaire, questionnaire d'évaluation des associations différentielles (Jensen, 1972), des Exposure to Family and Peer Deviance Indices, indices d'exposition à des déviances dans la famille et parmi les pairs (Severy, 1973) et de l'Index of Social Contacts, indice des contacts sociaux (Arnold, 1965).

ANALYSE ET RECOMMANDATIONS

Les résultats de cette méta-analyse ont confirmé que le domaine de la fréquentation de criminels est un des prédicteurs les plus puissants de la récidive. La catégorie des compagnons de ce domaine a produit un coefficient r moyen de 0,19 et un coefficient z± pondéré de 0,21 en rapport avec la récidive, ce qui est presque identique aux résultats obtenus par Gendreau et coll. lors de leur méta-analyse de 1996. Si nous avons enrichi la base de données, la faisant passer de 27 à 35 tailles d'effet, ce nombre demeure petit. La base de données nous apprend peu, du reste, sur la capacité du domaine de la fréquentation de criminels de prédire la récidive chez les femmes et les Autochtones. Quant aux femmes, d'aucuns prétendent (Gendreau, Goggin et Paparozzi, 1996) que bon nombre des prédicteurs de la récidive chez les hommes et chez les femmes sont très semblables, mais on manque de preuves pour ce qui est des compagnons. Nous avons relevé deux études portant sur des Autochtones (Bonta, 1989; Bonta, LaPrairie et Wallace-Capretta, 1987). Les corrélations entre les compagnons et la récidive obtenues pour des Autochtones et des non-Autochtones étaient très semblables, soit 0,18 et 0,22 respectivement.

Notre décision d'incorporer les catégories du quartier ayant un taux élevé de criminalité et de la famille comportant des éléments criminels peut prêter à controverse. Nous devons reconnaître que la catégorie du quartier ayant un taux élevé de criminalité n'est certes qu'une faible approximation du construct de la fréquentation de criminels. Elle ne comprenait que six tailles d'effet et la taille d'effet moyenne pondérée était fortement biaisée par une étude ayant un grand échantillon pour lequel on distinguait les endroits de socialisation selon leur caractère urbain ou rural. De son côté, la catégorie de la famille comportant des éléments criminels fait normalement partie du domaine de la famille (Gendreau et coll., 1996). Cela dit, la fréquentation de parents, frères et sours délinquants est une forme d'interaction sociale avec des criminels qui peut avoir des répercussions à long terme. (Dans cette catégorie, 53 % des tailles d'effet provenaient d'études portant sur des jeunes ou des sujets de groupes d'âges différents qu'on suivait pendant plusieurs années, jusqu'à l'âge adulte.) L'ampleur de cette variable prédictive était semblable à celle des compagnons pour le coefficient r non pondéré seulement.

Recommandations concernant le SIABD

Outre notre objectif d'étendre la base de connaissances relative à la capacité prédictive du domaine de la fréquentation de criminels, nous visions également à contribuer à la révision du SIABD. Le domaine des fréquentations et interactions sociales du SIABD comporte onze énoncés et deux principales composantes, soit les liens et les relations interpersonnelles. La base de données que nous avons constituée au cours de la méta-analyse était petite et la gamme des éléments au sein de chaque catégorie réduite, si bien que les recommandations suivantes se fondent en partie sur des conjectures raisonnées. Ayant formulé ces mises en garde, nous proposons ce qui suit.

  1. La validité empirique des compagnons comme prédicteur étant grande, il faut continuer d'utiliser les énoncés actuels de la catégorie des liens. La nécessité d'en avoir sept est toutefois sujette à discussion. Par exemple, la catégorie des compagnons de l'INS-R ne comporte que quatre énoncés, lesquels ont produit des validités prédictives suffisantes lors de la méta-analyse. Autrement, on pourrait adapter certains éléments du SNRS. Les cotes de « densité » des catégories des fréquentations, du respect, du comportement instrumental et du soutien affectif semblent particulièrement intéressantes. Il faudrait à tout le moins un essai pilote du SNRS au sein du système. Il pourrait produire des validités prédictives (r) se situant entre 0,20 et 0,30.
  2. À la catégorie des liens du SIABD, on pourrait ajouter un examen des changements qui s'opèrent dans les modes de socialisation du délinquant quand il se trouve dans la collectivité (Arnold, 1965). À condition que les données soient disponibles, il serait utile d'ajouter une question sur la socialisation du délinquant dans le milieu carcéral avant sa mise en liberté.
  3. Il reste à savoir s'il faut incorporer quelques éléments relatifs à la famille comportant des éléments criminels au domaine des fréquentations et des interactions sociales du SIABD. On trouve déjà un énoncé de ce type dans le domaine des relations conjugales et de la famille. D'ailleurs, dans la présente méta-analyse, la question était formulée de telle sorte qu'elle renvoyait au passé lointain du délinquant, ce qui n'est pas pertinent au domaine des fréquentations et des interactions sociales où tout se rapporte au présent. On pourrait peut-être formuler la question au présent, puis l'axer sur les taux de délinquance des membres de la famille et sur la mesure dans laquelle ils sont impliqués dans des activités illicites (Severy, 1973).
  4. Si l'on inclut une question relative au quartier ayant un taux élevé de criminalité, il serait préférable de l'articuler autour de la perception qu'a le délinquant de ce problème (Jensen, 1972).
  5. À notre avis, les quatre énoncés de la composante des relations interpersonnelles du SIABD posent problème. Notre méta-analyse n'a relevé aucun prédicteur qui s'y rapporte. Il faudrait peut-être les regrouper dans le domaine de la vie personnelle ou en faire un domaine à part.

Pour conclure, nous affirmons que notre méta-analyse, malgré les limites susmentionnées, confirme que la composante sur les liens du domaine des fréquentations et des interactions sociales est un élément très important du SIABD.

BIBLIOGRAPHIE

L'astérisque désigne les études retenues pour la méta-analyse.

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*Motiuk, L. L., J. Bonta et D. A. Andrews. Dynamic predictive criterion validity in offender assessment, Ottawa, 1990. Communication présentée à la Conférence annuelle de la Société canadienne de psychologie.

*Motiuk, L. L. et S. L. Brown. La validité des processus de détermination et d’analyse des besoins des délinquants dans la collectivité, Rapport R-34, Ottawa, Service correctionnel du Canada, Direction de la recherche et de la statistique, 1993.

*Motiuk, L. L. et F. J. Porporino. Évaluation combinée des besoins et du risque chez les détenus : Étude de mise en liberté sous condition, Rapport R-01, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 1988.

*Motiuk, L. L. et F. J. Porporino. Essai pratique de l'Échelle d’évaluation du risque et des besoins dans la collectivité : étude des libérés sous condition, Rapport R-06, Ottawa, Solliciteur général du Canada, Service Correctionnel du Canada, Direction de la recherche, Communication et développement organisationnel, 1989.

*Osborn, S. G et D. J. West. « The effectiveness of various predictors of criminal careers », Journal of Adolescence, vol. 1 (1978), p. 101-117.

*Osborn, S. G et D. J. West. « Conviction records of fathers and sons compared », British Journal of Criminology, vol. 19 (1979), p. 120- 133.

*Platt, J. J. et C. Labate. « Recidivism in youth heroin offenders and characteristics of parole behaviour and environment », International Journal of Addictions, vol. 11 (1976), p. 651-657.

*Rogers, S. Factors related to recidivism among adult probationers in Ontario, Toronto, Ministère du Solliciteur général et des Services correctionnels de l'Ontario, 1981.

Rosenthal, R. Meta-analytic procedures for social research, Newbury Park (Californie), Sage, 1991.

Severy, L. J. « Exposure to deviance committed by valued peer group and family members », Journal of Research in Crime and Delinquency, vol. 10 (1973), p. 35-46.

*Shannon, K. W., J. C. McKim, J. P. Curry et L. I. Heffner. Criminal career continuity: It’s social context, New York, Human Service Press, 1988.

Simourd, L. et D. A. Andrews. « Délinquance chez les hommes, délinquance chez les femmes - corrélation », Forum : Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 6 (1994), p. 26-31.

Zamble, E., P. Conroy et S. Brown. The Criminal Socialization and Lifestyle Questionnaire (CSLQ), Kingston, Queen's University, 1997. Test inédit.

*Zamble, E. et F. Porporino. « Coping, imprisonment, and rehabilitation: Some data and their implications », Criminal Justice and Behavior, vol. 17 (1990), p. 53-70.

ANNEXE

Guide de codage


ENREGISTREMENT
Numéro d'enregistrement de la réimpression

AUTEUR
Auteur de l'étude

ANNÉE
Année de l'étude ou du rapport

DÉCENNIE
Décennie de l'étude ou du rapport

DOCUMENT
Revue, livre, rapport, etc.
 
Valeur
Étiquette
 
1
Revue
 
2
Rapport
 
3
Rapport inédit
 
4
Livre

CODE2
Codeur
 
Valeur
Étiquette
 
1
Glenn Gray
 
2
Paul Gendreau
 
3
Claire Goggin

ÉTUDE1
Publication
 
Valeur
Étiquette
 
1
oui (revue publiée, livre publié ou livre)
 
2
non
 
3
indéterminable
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON1
Âge au moment de l'évaluation initiale
NOTA : Le prédicteur peut être évalué avant que les sujets n'aient atteint dix-huit ans,
mais non les données liées à la récidive.
 
Valeur
Étiquette
 
1
adolescents (80 % des sujets ont moins de 18 ans)
 
2
adultes (80 % des sujets ont plus de 18 ans)
 
3
âges divers
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON2
Sexe
 
Valeur
Étiquette
 
1
hommes (>90 %)
 
2
femmes (>90 %)
 
3
hommes et femmes
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON3
Origine raciale
 
Valeur
Étiquette
 
1
Blancs (>90 %)
 
2
Noirs (>90 %)
 
3
Autochtones (>90%)
 
4
autres
 
5
non différencié
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON6
Niveau de risque
NOTA : Pour être considéré comme établi par l'auteur, le niveau de risque doit avoir été déterminé
au moyen d'un protocole d'évaluation actuariel. Ce niveau l'emporte alors sur le niveau de risque
établi par l'équipe de recherche du Centre d'études sur la justice pénale (CEJP).
 
1
établi par l'auteur : faible
 
2
établi par l'auteur : élevé
 
3
établi par l'auteur : mixte
 
4
établi par l'équipe du CEJP : faible (< = une condamnation, sans incarcération antérieure)
 
5
établi par le CEJP : élevé (> = deux condamnations, incarcérations antérieures)
 
6
établi par le CEJP : mixte
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON7
Antécédents de violence ou d'infractions sexuelles
 
Valeur
Étiquette
 
1
un des deux (minimum de 80 %)
 
2
aucun des deux (minimum de 80 %)
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON8
Type de délinquant
 
Valeur
Étiquette
 
1
délinquants sexuels (minimum de 80 %)
 
2
atteints de troubles mentaux (minimum de 80 %)
 
3
non différencié
 
9
données manquantes

ÉCHANTILLON9
Violent ou non
 
Valeur
Étiquette
 
1
non violents (minimum de 80 %)
 
2
violents (minimum de 80 %)
 
3
non différencié
 
9
données manquantes

PRÉDICTEUR
Variable prédictive

CAT2
Catégorisation des prédicteurs
 
Valeur
Étiquette
 
1
famille comportant des éléments criminels
 
2
quartier à taux élevé de criminalité
 
3
compagnons

MÉTH1
Composition des groupes extrêmes
 
Valeur
Étiquette
 
0
non (9 à ÉCHANTILLON1, 2 ou 3)
 
1
oui

MÉTH11
Évaluation et consignation d'issues multiples
 
Valeur
Étiquette
 
0
non
 
1
oui
 
2
inconnu

MÉTH12
Données sur la récidive évaluées par des évaluateurs n'ayant pas participé à l'évaluation du prédicteur
 
Valeur
Étiquette
 
0
non
 
1
oui
 
2
inconnu

QUALITÉ
Qualité globale de l'étude
NOTA : Cote fixée selon les résultats de MÉTH 1, 2, 10, 11 et 12.

QUALITÉ2
Le partage pour la qualité globale de l'étude se fait selon la médiane de la cote de qualité.
 
Valeur
Étiquette
 
0
inférieure ou égale à la médiane
 
1
supérieure à la médiane

MÉTH3
Durée du suivi
 
Valeur
Étiquette
 
2
6 mois -<1 an
 
3
1 an -<2 ans
 
4
2 ans - <5 ans
 
5
5 ans +
 
9
données manquantes

MÉTH4
Type de récidive
 
Valeur
Étiquette
 
1
violation des conditions de la probation ou de la libération conditionnelle
 
2
arrestation
 
3
condamnation
 
4
incarcération
 
5
mixte

MÉTH5
Taille de l'échantillon

NROUI
Nombre de non-récidivistes ÉLEVÉ pour le prédicteur

NRNON
Nombre de non-récidivistes PEU ÉLEVÉ pour le prédicteur

ROUI
Nombre de récidivistes ÉLEVÉ pour le prédicteur

RNON
Nombre de récidivistes PEU ÉLEVÉ pour le prédicteur

TRÉCID
Taux de récidive

MÉTH6
Test statistique appliqué
 
Valeur
Étiquette
 
1
r
 
2
chi carré
 
3
t
 
4
F
 
5
p
 
6
%

MÉTH7
Valeur de la statistique

DEGRÉ
Degrés de liberté

MÉTH8
Coefficient r de Pearson