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Septembre 2008 | Numéro R191
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MOTS CLÉS : délinquantes, réévaluation du niveau de sécurité, adaptation au milieu carcéral, risque
Pour gérer les délinquants, le Service correctionnel du Canada leur attribue une cote de sécurité. Ces cotes sont importantes, puisqu’elles influent sur les placements en établissement, les exigences sur le plan de la surveillance et les placements dans les programmes.
En 2005, le Service correctionnel du Canada a mis en œuvre l’Échelle de réévaluation du niveau de sécurité pour les délinquantes (ERNSD), une échelle conçue expressément pour les femmes. Toutes les décisions liées au reclassement du niveau de sécurité des délinquantes sous responsabilité fédérale sont maintenant prises en tenant en compte les résultats de l’ERNSD.
L’ERNSD produit un niveau de sécurité recommandé, mais les agents chargés des cas effectuent aussi une évaluation clinique de chaque délinquante. Ces deux méthodes d’évaluation sont prises en considération pour déterminer la cote de sécurité finale des délinquantes.
Avant sa mise en œuvre, l’Échelle avait été validée lors d’essais sur le terrain. Toutefois, il importe que de telles échelles soient revalidées régulièrement. Puisque deux années se sont écoulées depuis la mise en œuvre de l’échelle, nous avons jugé qu’il était opportun de procéder à une revalidation de cet outil.
Lors de la revalidation de l’échelle, nous avons tenu compte de l’ensemble des réévaluations du niveau de sécurité effectuées pendant deux années. Nous avons utilisé les renseignements contenus dans les dossiers de chaque délinquante ayant fait l’objet d’une réévaluation du niveau de sécurité. De plus, nous avons recueilli les commentaires de membres du personnel qui avaient effectué ou supervisé des réévaluations du niveau de sécurité.
L’étude a de nouveau confirmé la fiabilité et la validité de l’ERNSD, et ce, tant pour les délinquantes autochtones que pour les autres délinquantes.
Les recommandations fondées sur l’ERNSD étaient associées à l’adaptation au milieu carcéral et au risque que présentent les délinquantes. Comme il était prévu, les délinquantes ayant un niveau de sécurité inférieur s’adaptaient mieux que celles ayant un niveau de sécurité supérieur - comme en témoignaient leur taux de participation moindre à des inconduites en établissement, leurs niveaux de besoins moins élevés et leur plus grand potentiel de réinsertion sociale. Les délinquantes ayant un niveau de sécurité inférieur présentaient aussi moins de risques - c’estàdire que leurs niveaux de risque étaient moins élevés et qu’on leur accordait la libération conditionnelle dans une plus grande proportion.
Dans environ un tiers des réévaluations du niveau de sécurité, les recommandations fondées sur l’ERNSD et les cotes de sécurité finales étaient différentes. (Ce phénomène se produit lorsque l’évaluation clinique de l’agent chargé du cas indique qu’il serait plus approprié d’attribuer un autre niveau de sécurité.) Dans ces cas, nous avons constaté que les recommandations fondées sur l’échelle étaient plus fortement associées à la participation à des inconduites en établissement et à l’octroi de la libération conditionnelle comparativement à la cote de sécurité réelle.
Cette étude montre que l’ERNSD remplit toujours ses objectifs et qu’on peut continuer à l’utiliser. En d’autres mots, nos résultats confirment le bienfondé de la méthode utilisée par le Service correctionnel du Canada pour réévaluer le niveau de sécurité des délinquantes sous responsabilité fédérale.
De plus, l’étude indique qu’il y a assez souvent des différences entre les recommandations fondées sur l’ERNSD et les cotes de sécurité finales. Il faut mener plus de recherches à ce sujet.
Gobeil, R., K. Taylor et J. Flight (2008). Unités de garde en milieu fermé pour délinquantes : Examen des répercussions, Rapport de recherche R-197, Ottawa, Service correctionnel du Canada.
http://www.csc-scc.gc.ca/text/rsrch/reports/r191/r191-fra.shtml
Préparé par : Renée Gobeil
Direction de la recherche
613- 996-3287