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Novembre 2008 | Numéro R197
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Examen des unités de garde en milieu fermé pour les femmes
MOTS CLÉS : délinquantes, unités de garde en milieu fermé (UGMF)
Pourquoi nous avons effectué cette étude
Les femmes classées aux niveaux de sécurité minimale ou moyenne n’ont pas les mêmes besoins que les femmes classées au niveau de sécurité maximale. Par conséquent, des unités de garde en milieu fermé ont été créées dans les établissements régionaux pour femmes afin de traiter les niveaux plus élevés de risque et de besoins des femmes classées au niveau de sécurité maximale.
Au cours des années 2003 et 2004, quatre unités de garde en milieu fermé ont été ouvertes. Notre étude examine l'incidence immédiate de l’ouverture de ces unités sur ces femmes classées au niveau de sécurité maximale, sur le personnel qui travaille auprès d’elles et sur d’autres femmes et employées dans les établissements.
Ce que nous avons fait
Deux études différentes ont été menées. Pour les deux, des données ont été collectées avant et après l’ouverture des unités de garde en milieu fermé.
Dans l’étude 1, nous avons obtenu, des délinquantes et des membres du personnel, de la rétroaction sur les répercussions qu’avait entraînées, de leur point de vue, l’ouverture des unités. Des données ont été recueillies à l'aide d’entrevues, de groupes de discussion, de sondages et de mesures normalisées.
Dans l’étude 2, nous nous sommes servis des dossiers des délinquantes pour recueillir des données six mois avant et six mois après l’ouverture des unités. Cette information a permis d’avoir un autre point de vue sur la participation des femmes aux activités pro-sociales et sur leur adaptation à la vie en établissement, suite à l’ouverture des unités.
Ce que nous avons constaté
Nous avons constaté que l’ouverture des unités de garde en milieu fermé a eu immédiatement plusieurs conséquences notables. Pour les femmes classées à un niveau de sécurité maximale, la participation aux activités pro-sociales n’a pas augmenté. En fait, elles signalaient même une hausse du degré de stress, de frustration et d’ennui. Ceci étant dit, aucune augmentation du nombre de cas de mauvaise conduite n’a été signalée dans l’établissement.
Pour les femmes classées aux niveaux de sécurité minimale et moyenne, une hausse du degré de stress et de tension a également été signalée. Ces femmes affirmaient qu’après l’ouverture des unités de garde en milieu fermé leur accès au personnel et aux activités, ainsi que leurs possibilités de mouvement, ont été réduits. Elles ont également réalisé que les établissements étaient devenus plus rigides et plus axés sur la sécurité.
Le personnel a également signalé une hausse du niveau de stress et de frustration ainsi qu’une baisse de la satisfaction au travail. Ces faits se sont avérés exacts à la fois pour le personnel des unités de garde en milieu fermé et pour les autres membres du personnel. Les membres du personnel ont mentionné en outre qu’ils aimeraient recevoir plus de formation et de soutien de la part de la direction.
Sur un plan plus positif, le personnel des unités de garde en milieu fermé a signalé un sentiment de cohésion et d’entraide entre les membres.
Ce que cela signifie
Ces études indiquent que l’ouverture des unités de garde en milieu fermé a eu immédiatement des conséquences très importantes. Un certain nombre de domaines ont été désignés comme domaines à améliorer, notamment en matière de communication et de pratiques de dotation. Cette information devrait être utile pour déterminer les points sur lesquels il faudra se pencher à l’avenir.
À noter qu’il est très courant, pour les nouvelles initiatives, de connaître des difficultés de « démarrage ». Il faudra donc procéder à un autre examen après une plus longue période.
Pour de plus amples renseignements
Gobeil, R., K. Taylor et J. Flight (2008). Unités de garde en milieu fermé pour délinquantes : Examen des répercussions, Rapport de recherche R-197, Ottawa, Service correctionnel du Canada.
Une version PDF du rapport complet peut-être obtenue en nous contactant à l'adresse suivante: recherche@csc-scc.gc.ca
Préparé par : Renée Gobeil & Kim Allenby
Pour nous joindre
Direction de la recherche
613- 996-3287