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Décembre 2009 | Numéro R-206
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Possibilité de créer un outil d’évaluation du risque de violence propre aux Inuits

MOTS CLÉS : Délinquants inuits, risque, récidive violente

Pourquoi avons-nous effectué cette étude?

Le comité mixte d'enquête nationale sur la mise en liberté et la surveillance d'un délinquant en libération conditionnelle totale condamné pour le meurtre au premier degré d'une agente de libération conditionnelle le 22 février 2006, à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest (Service correctionnel du Canada, 2005) recommandait au Service correctionnel du Canada et à la Commission nationale des libérations conditionnelles d’élaborer « un outil statistique d’évaluation du risque convenable propre aux délinquants inuits ». Au SCC, on se sert tous les jours d’instruments actuariels pour jauger le risque que posent les délinquants pour la sécurité publique.

Notre démarche

Premièrement, nous avons procédé à une analyse des caractéristiques des délinquants inuits. Ensuite, nous avons examiné la documentation sur l’élaboration d’instruments actuariels applicables à d’autres cultures autochtones comme les Maoris de la Nouvelle-Zélande et les Aborigènes de l’Australie et nous avons aussi examiné divers instruments d’évaluation du risque ayant fait l’objet d’études approfondies et dont l’utilité pour prédire la récidive chez les délinquants des Premières nations est démontrée. Enfin, par une analyse, nous avons cherché à savoir s’il serait vraiment possible d’élaborer un outil d’évaluation du risque propre aux délinquants inuits.

Nos résultats

Les délinquants inuits sont surreprésentés dans les établissements carcéraux fédéraux du Canada. Toutes proportions gardées, ils y sont presque six fois plus nombreux que dans la population générale. Comme quelque 41 délinquants inuits sont mis en liberté tous les ans, il faudrait s’attendre à ce qu’il y ait chaque année un cas de récidive violente ou sexuelle de la part d’un délinquant inuit de sexe masculin. Vu ce faible taux de récidive de base et le faible nombre de délinquants inuits, il est extrêmement difficile de faire des prévisions actuarielles. Il faudrait plus de 20 ans pour constituer un ensemble de données sur les récidivistes inuits permettant de vérifier les calculs prédictifs.

L’examen des recherches existantes révèle que les outils d’évaluation utilisés actuellement devraient se révéler efficaces chez les délinquants inuits, puisque les caractéristiques ayant une incidence sur la violence demeurent les mêmes d’un groupe à un autre. En outre, les tentatives d’autres chercheurs qui ont voulu élaborer des instruments culturellement adaptés n’ont pas connu un franc succès.

Interprétation des résultats

Selon toute vraisemblance, les instruments d’évaluation du risque utilisés actuellement permettent d’évaluer avec une exactitude raisonnable le risque de récidive chez les délinquants inuits. Il faut préférer au seul jugement personnel le recours à des instruments empiriques d’évaluation du risque dans le cadre d’un processus d’évaluation du risque tenant compte de facteurs uniques, comme la culture.

S’il ne convient peut-être pas d’élaborer de nouvelles méthodes actuarielles d’évaluation du risque pour les délinquants inuits, il demeure possible d’adopter d’autres mesures pour améliorer le traitement et l’évaluation. Une meilleure compréhension de la culture permettrait d’en arriver à des évaluations plus exactes et de créer des programmes culturellement adaptés répondant mieux aux besoins des délinquants inuits.

Pour de plus amples renseignements

Harris, A. J. R., Cousineau, C., Pagé, C. A., Sonnichsen, P., et S. Varrette. Possibilité de créer un outil d’évaluation du risque de violence propre aux Inuits, rapport de recherche R-206, Ottawa, Service correctionnel du Canada, 2009.

Pour obtenir le rapport intégral en format PDF, veuillez écrire à l’adresse suivante : research@csc-scc.gc.ca

Préparé par : Andrew J. R. Harris

Pour nous joindre

Direction de la recherche
613-995-3975
research@csc-scc.gc.ca