Chapitre 7 : Trois virus affectant les prisons : l'irrespect, l'oisiveté et le détachement

Trois virus contaminent en permanence le système correctionnel. Nous devons y faire attention, car ils seront toujours présents, et ils ont des répercussions dans tous les domaines.

L'irrespect

Le premier est l'irrespect. Je veux parler de l'irrespect dans son sens le plus large : non seulement dans notre façon de traiter les délinquants, mais aussi dans notre façon de nous traiter les uns les autres en tant qu'employés, et dans la façon dont l'organisation traite ses membres. Irrespect aussi dans la façon dont nous traitons le public et dont nous lui rendons des comptes, et dans la façon dont nous traitons les victimes, qui souffrent du tort causé par les délinquants.

Nous avons réussi, dans une certaine mesure, à éliminer l'irrespect, qui se traduisait souvent par des mauvais comportements et un mauvais traitement des délinquants et des collègues. Quand j'ai commencé à travailler dans le système correctionnel, je me rappelle m'être promené dans des endroits comme le pénitencier de la Colombie-Britannique et avoir observé des comportements irrespectueux entre agents. J'étais troublé. C'était loin d'être un modèle d'excellence. Personne n'en est mort pourtant; on s'accommode d'un système parce qu'il nous faut tous survivre, mais ce n'était pas ce qu'on pourrait appeler un environnement de travail respectueux.

Nous n'étions pas vraiment sensibilisés alors aux questions des droits de la personne, beaucoup moins que nous le sommes aujourd'hui. Je me souviens de discussions à ce sujet, en particulier au début de mon travail en milieu correctionnel. On craignait que les meurtriers finissent par s'en tirer à bon compte, que tout soit axé sur les droits des détenus, et que tous les autres soient oubliés. Cela avait à voir avec le respect en général, ce qui a toujours été difficile. Même s'il y a moins d'irrespect maintenant, en raison des politiques sur le harcèlement et de l'amélioration des structures organisationnelles, il en reste des traces dans nos relations de travail et dans les conflits syndicats-direction. Il y a aussi de bons exemples de l'amélioration des relations entre les employés et la direction. Aux droits de la personne s'associe le respect de la primauté du droit. Nous devons faire preuve de plus d'assiduité dans nos façons de rendre des comptes à la population. Si nous ne sommes pas attentifs et prudents, l'irrespect peut refaire surface rapidement.

Ce qui me trouble davantage aujourd'hui, c'est l'irrespect qui se manifeste dans certaines positions adoptées par le milieu politique. Lorsqu'on réclame un traitement plus rigoureux et plus cruel, cela dénote certainement un retour vers l'époque de l'irrespect. Je suis très préoccupé par le fait que les médias ont modifié radicalement leur position par rapport aux années 1970. À cette époque, ils critiquaient notre comportement abusif; aujourd'hui, ils critiquent notre trop grande indulgence. Une partie de ces critiques sont mal orientées, parce que notre priorité est de changer les comportements humains, ce qui constitue probablement la tâche la plus difficile que l'on puisse se donner. Il est tout simplement impossible de l'accomplir dans un contexte de punition et de brutalité continuelles.

Il faut trouver un juste équilibre. Lorsque je dis que nous devons traiter les délinquants avec respect, cela ne signifie pas que nous ne devons pas tenir compte de leur comportement criminel, ou que nous devons les traiter comme s'il ne s'était rien passé ou comme s'ils avaient posé un geste honorable. Il ne s'agit pas de cela. Bien au contraire, nous devons les tenir responsables de ce qu'ils ont fait et des torts qu'ils ont causés, les inciter à changer leur comportement, et essayer d'apporter une réparation à ceux qui ont subi les conséquences de leur comportement. C'est ce que j'appellerais une façon respectueuse de mener nos activités.

Les enjeux politiques orientent l'évolution des politiques gouvernementales. Je trouve cela un peu troublant parce que, d'une certaine façon, on semble vouloir retourner en arrière vers une société plus méchante et plus brutale. Nous avons oublié combien la méchanceté et la brutalité sont humiliantes et quelles répercussions elles ont sur le grand public. Nous avons une société qui nous permet de traiter les autres êtres humains avec méchanceté, pour quelque raison que ce soit. Certains politiciens prétendent que nous ne nous préoccupons pas de la sécurité du public, mais c'est justement là notre priorité fondamentale. La chose la plus utile que nous puissions faire pour assurer la sécurité est de changer les schèmes de comportement des délinquants. Il y a différents types de délinquants et certains sont de dangereux criminels. Le mieux que nous puissions faire est de les maîtriser.

Au Canada, nous avons fait beaucoup de chemin sur le plan de l'orientation du comportement des délinquants. En me fondant sur certains travaux de recherche auxquels nous participons, je suis absolument convaincu que nous pouvons être extrêmement efficaces; nous avons déjà réussi à réduire le taux de récidive. Nous avons aujourd'hui une organisation plus complexe et des moyens technologiques plus grands, et nous pouvons désormais surveiller des choses qui étaient difficiles à mesurer auparavant. Par ailleurs, même si nous pouvons aider les délinquants à changer considérablement leur comportement, c'est toujours une question de mesure. Dans le cas de certains délinquants, un changement considérable peut simplement signifier qu'ils pourront être détenus dans un établissement à sécurité moyenne pour le reste de leur vie, sans qu'il soit évident qu'il sera jamais prudent de les libérer dans la collectivité. Néanmoins, nous pouvons vraiment aider la majorité de nos délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois. D'après ce que j'ai vu au cours des cinq dernières années à l'établissement Ferndale, les possibilités que nous avons sont énormes.

Nous sommes en mesure d'aider les délinquants à réduire leurs activités criminelles de diverses façons. L'autre jour, j'ai reçu une carte postale d'un homme qui a été mon premier libéré conditionnel en 1973, et qui vit aujourd'hui dans la collectivité. Il est plus âgé maintenant, évidemment. Il est l'une des milliers de personnes avec qui j'ai eu des contacts au cours des années, qui se sont évanouies dans la collectivité et sont devenues des citoyens normaux. Ces personnes ne susciteront jamais l'intérêt des médias parce qu'elles n'ont pas commis d'autres infractions et qu'elles ne se démarquent pas. Le travail des médias consiste à présenter l'exception. Ces gens n'étant pas des exceptions, ils n'attirent pas l'attention des médias.

Je crois que nous pourrions réduire considérablement le nombre de détenus dans les établissements correctionnels au Canada, et que cela réduirait probablement le risque pour la société. Il se dessine une tendance dans l'ensemble du système. D'après ma propre expérience dans les établissements à sécurité minimale, on s'attend à ce que le système correctionnel ait un taux de réussite beaucoup plus élevé. De façon générale, nous avons diminué considérablement le taux global de récidive. Nous estimons que 70 % de tous les délinquants ne récidiveront pas après leur mise en liberté, c'est la moyenne nationale. À une autre époque, la proportion était plutôt de 40 %. Il y aura un moins grand nombre de délinquants qui seront mis en liberté des établissements à sécurité maximale parce qu'ils sont condamnés à perpétuité et qu'ils sont plus dangereux. Si toutefois on prend l'ensemble des délinquants qui sont incarcérés aujourd'hui et si on se projette 10 ans plus tard, nous estimons qu'après une mise en liberté, environ 70 % deviendront des citoyens respectueux des lois ou du moins ne récidiveront pas.

Je ne connais pas bien la situation dans les autres pays. Certains ne tiennent pas ce genre de données. Il est difficile de faire des comparaisons parce que les définitions du crime ne sont pas semblables. La meilleure comparaison que l'on puisse établir se fait avec les pays de l'Europe de l'Ouest; cependant, leurs codes criminels respectifs et leurs définitions du crime sont très différents à plusieurs endroits. Par exemple, ils peuvent s'occuper des délinquants sexuels en vertu de leur équivalent de la Loi sur la santé mentale, plutôt qu'en vertu du Code criminel. Les États-Unis ont un système correctionnel très fragmenté parce que chaque État a le sien — il y a donc 50 systèmes correctionnels différents. Le système américain des prisons fédérales est relativement petit; il ne traite que les infractions fédérales comme le crime transfrontalier et les infractions dirigées contre le gouvernement fédéral. Si vous fraudez la sécurité sociale, vous serez incarcéré sous responsabilité fédérale, mais si vous tuez votre femme, vous serez détenu dans une prison d'État. Aux États-Unis, le système des États est plus près de notre système fédéral.

L'oisiveté

L'un des poisons du système correctionnel est l'oisiveté. Et cela a rapport à la façon dont nous avons organisé les prisons au cours des 200 dernières années. L'architecture et les systèmes de sécurité ne permettent pas un emploi du temps efficace. Les délinquants passent trop de temps à ne rien faire. Très peu de délinquants en Amérique du Nord font une vraie journée de travail. Aux États-Unis, on voit encore des chaînes de condamnés dans le Sud. Je ne veux pas dire que l'on devrait envoyer des équipes de détenus avec des coupe-broussailles nettoyer les bords des routes. C'est une bonne activité physique, mais ce n'est pas un genre de travail productif qui a beaucoup de valeur pour montrer aux délinquants ce qu'ils pourraient faire dans la société.

C'est le défi que doivent relever tous les directeurs d'établissement : comment organiser leur établissement de façon à pouvoir occuper les délinquants à des activités productives ? Le temps et l'espace dictent nos choix. On ne peut faire qu'un certain nombre de choses. Les programmes de travail novateurs — comme nos programmes d'ateliers industriels — sont très difficiles à gérer. D'un côté, nous ne devons pas avoir l'air d'exploiter des esclaves ni faire une concurrence déloyale aux entreprises du secteur privé, et d'un autre côté, nous devons avoir des pratiques commerciales efficaces et réalisables. Il est donc très difficile d'éliminer l'oisiveté. L'un des avantages que nous avons dans les établissements à sécurité minimale est que nous pouvons structurer nos activités et nous organiser pour occuper le temps des délinquants de façon beaucoup plus productive. Dans les établissements à sécurité moyenne ou à sécurité maximale cependant, il est extrêmement difficile d'occuper le temps des délinquants, y compris les heures de loisir. Nous sommes limités dans le choix des activités. Alors, qu'est-ce qui arrive ? Les délinquants s'assoient dans la salle de musculation et font de l'haltérophilie, et c'est là leur principale activité de loisir. Ce n'est pas ce que j'appelle une bonne activité de socialisation. Ce n'est pas constructif que des délinquants traînent sans rien d'autre à faire que parler de leurs futures activités criminelles. C'est là un problème difficile à régler.

Pour moi, l'emploi est absolument crucial. Je crois aux programmes, et je me fais le défenseur des bons programmes depuis plusieurs années. Mais les programmes n'ont de valeur que s'ils sont associés aux expériences de la vraie vie. Si un délinquant qui participe à un programme de formation, d'apprentissage ou de réadaptation ne peut mettre en pratique ce qu'il apprend, alors le programme n'a aucune valeur. Vous pouvez fréquenter une école de journalisme pendant toute votre vie, mais si vous ne rédigez jamais rien, vous n'apprendrez rien non plus. C'est la même chose dans le milieu correctionnel. Si les délinquants ne vivent pas comme les autres personnes — en se faisant à manger, en prenant soin d'eux-mêmes, en occupant un emploi productif doté de responsabilités, en se faisant congédier s'ils ne travaillent pas bien — tous les programmes qu'ils suivent n'ont que peu de valeur. L'un ne va pas sans l'autre. Certains de mes critiques, notamment des hommes politiques, diront que les détenus ne devraient pas participer à ce genre de projets, mais qu'ils devraient plutôt suivre des programmes de lutte contre la toxicomanie. Mais les programmes pour toxicomanes ne durent pas toute la journée, et il faut occuper les délinquants pendant le reste du temps à quelque chose qui ressemble à la vie normale. Pour mes collègues des établissements à sécurité minimale et moi-même, c'est extrêmement important; nous sommes disposés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour créer des possibilités d'emploi.

Si le travail est intéressant et productif, je n'ai jamais de mal à trouver des gens pour le faire, même les travaux salissants. Certains emplois ne sont pas particulièrement de bons emplois. Il peut s'agir de travaux industriels, notamment la construction d'éléments de parc et l'aménagement de pistes. En Colombie-Britannique, au milieu de l'hiver, ce genre de travail ne constitue pas l'expérience la plus agréable qui soit parce qu'il faut travailler au froid, sous la pluie et dans la boue, dans des conditions météorologiques défavorables. C'est un travail difficile que de parcourir les autoroutes jour après jour, à nettoyer les lignes au centre de la chaussée, à débroussailler et à arracher l'herbe à poux. La plupart d'entre nous ne choisirions pas ce genre d'occupation, mais jamais les délinquants n'ont refusé de le faire, parce que c'est un travail productif. Ils le font volontiers parce qu'ils savent qu'à la fin de la journée, ils verront le résultat de leurs efforts et parce qu'il s'agit d'un travail utile. Par contre, si je demande à des délinquants de casser des roches pour le plaisir de casser des roches, je ne trouverai pas beaucoup de preneurs. Certains accepteront même volontiers de pelleter du fumier quand notre troupeau de boeufs sera arrivé. Ayant été élevé sur une ferme, je me disais depuis cinq ans que c'était quelque chose que nous pourrions faire; c'est donc pour moi un rêve qui s'est réalisé.

Autre aspect du travail productif : offrir des expériences de travail diversifiées. Les gens présument que tous les délinquants font le même travail, mais ce n'est pas vrai. J'essaie de leur offrir une variété de travaux afin de tirer le maximum de leurs talents et de leurs habiletés. Il existe des possibilités de travail dans différents domaines, que ce soit dans la mécanique ou dans l'administration. Plusieurs personnes qui se retrouvent en prison, pour quelque raison que ce soit, ont des dons — artistiques, par exemple. Nous leur permettons de mettre leurs dons en pratique, à des fins commerciales ou à d'autres fins, comme des initiatives de service communautaire. Nous avons aussi des équipes de construction qui exécutent toutes sortes de travaux dans la collectivité pour des organismes bénévoles.

Le détachement

Par « détachement », j'entends l'habitude des organisations — en particulier dans le milieu correctionnel — de devenir trop intériorisées, secrètes et privées, de ne pas vouloir que le public ou d'autres sachent ce qu'elles font. Autrefois, très peu de gens au Canada avaient une idée de ce qui se passait derrière les murs du pénitencier de la Colombie-Britannique Aujourd'hui encore, les gens ne comprennent pas bien ce qui se passe dans nos établissements correctionnels. Bien que la situation ait changé avec la venue des comités consultatifs de citoyens et avec l'accès plus grand accordé aux médias, aux organismes publics et aux groupes, l'organisation est tentée de vouloir rester très privée, de dire que nous ferons comme nous l'entendons et que personne ne nous dira quoi faire.

Il a été difficile pour nous de devenir transparents et responsables. Le problème, c'est que nous étions secrets depuis si longtemps que lorsque nous faisons des efforts pour être transparents et responsables, on nous juge manipulateurs : le message ne passe pas; on nous perçoit comme une organisation très conspiratrice. Mais la conspiration exige une habileté et une intelligence bien au-dessus de nos capacités. Néanmoins, il reste des administrateurs et des travailleurs du secteur correctionnel qui pensent que ce que nous faisons ne regarde personne d'autre que nous. Nous avons tendance à nous demander pourquoi les autres veulent savoir comment nous agissons.

Comme la majorité des délinquants retourneront vers leur famille et leurs amis dans la collectivité, il n'est pas bon de les séparer de la collectivité. Il est important de renforcer les liens avec la collectivité, tout autant qu'il est difficile de les maintenir. Il y a tant de parties qui ont des intérêts en jeu, lesquels sont souvent opposés. Un groupe n'est pas nécessairement d'accord avec ce qu'une autre organisation considère être vrai, et on est souvent pris au milieu, à essayer de servir d'intermédiaire entre des valeurs et des intérêts opposés.

Le secteur correctionnel est aux prises avec une forme sévère du syndrome du « pas dans ma cour ». Essayer d'ouvrir une maison de transition ou un centre de ressource communautaire quelque part, même dans une zone industrielle, est presque devenu impossible. La collectivité refuse tout simplement d'assumer la moindre responsabilité par rapport au comportement criminel. Elle espère seulement que quelqu'un d'autre s'en chargera. Mais cela ne peut pas fonctionner ainsi. Nous avons affaire à des êtres humains qui ont encore des intérêts dans la collectivité et qui, un jour, y retourneront. Même dans nos pratiques de services correctionnels communautaires, il est très difficile d'obtenir un bon soutien et une bonne coopération de la part des groupes communautaires.

Le détachement est l'un des pires virus, qui revient continuellement contaminer ce que nous faisons. En bout de ligne, nous ne pouvons être efficaces que si nous obtenons un grand soutien de la collectivité dans toutes nos activités, depuis les programmes jusqu'à l'emploi. Dans un établissement comme Ferndale, l'un des moyens que nous avons trouvés consiste à établir des partenariats avec divers groupes et organisations de la collectivité. Notre devise — « Partners in Corrections » (partenaires correctionnels) — renforce continuellement l'idée que tout ce que nous faisons a une incidence sur la collectivité. Plus nous participons à des projets et à des initiatives et sollicitons des conseils de la collectivité, plus celle-ci apprend à connaître notre rôle et nos responsabilités. La collectivité peut aussi nous orienter sur la façon de mieux accomplir notre travail.

Après avoir travaillé longtemps dans le domaine correctionnel, je considère que les trois virus de l'irrespect, de l'oisiveté et du détachement sont des questions qui reviennent toujours dans tout ce que nous faisons. Je pense que mes collègues sont probablement de mon avis. Nous nous débattons continuellement pour essayer d'éviter les railleries et la perception négative que les gens ont du système correctionnel, et pour essayer de leur faire comprendre que ce que nous faisons est crucial pour la santé globale de notre société.

J'ai souvent pensé que le roman Crime et châtiment de Dostoïevsky devrait être une lecture obligatoire pour tous. C'est un classique qui explore réellement la nature du châtiment dans la société et la façon dont nous traitons le crime et ses conséquences générales sur la société. Nous pouvons apprendre beaucoup des classiques. Je crois que j'ai eu de la chance d'avoir pu diversifier mes études : littérature anglaise, anthropologie, philosophie, théologie; cela m'a permis d'avoir une vision plus large de ce que nous sommes et de ce que nous faisons, plutôt que de considérer notre profession comme unique et particulière. Le secteur correctionnel englobe de nombreux aspects, et nous devons bien comprendre où nous nous situons dans l'ensemble de la société canadienne. La plupart de mes collègues et moi, nous avons des expériences semblables, et nous voulons tous apporter notre contribution à la qualité de vie au Canada. Nous ne sommes pas ici pour tourmenter des innocents. La nécessité de ne pas nous détacher de tout ce qui se passe, mais plutôt de nous y attacher de près est extrêmement importante pour nous, et elle devrait nous guider dans l'élaboration de nombre de nos politiques.