Chapitre 9 : Mot de la fin : faire ce qu'il faut

L'établissement Ferndale a fait preuve d'excellence, et l'établissement Elbow Lake est aussi en voie de devenir un centre d'excellence pour les programmes autochtones. L'établissement Elbow Lake sera très prochainement reconstruit selon un modèle autochtone. Ce projet est enthousiasmant, et j'aurais aimé y participer. Dianne Brown assurera ma relève. Je l'ai rencontrée et je crois qu'elle est la personne qu'il faut : elle a les valeurs et les qualités de gestionnaire voulues, et de très bonnes aptitudes en relations humaines. Elle se réjouit de venir ici. Je lui ai dit que c'est probablement le meilleur poste de tout le système correctionnel canadien. C'est effectivement le meilleur poste que j'ai occupé et je me sens triste à l'idée de devoir l'abandonner, mais il faut bien lâcher prise. Ce que j'espère, c'est que nous ne perdrons pas les gains que nous avons réalisés au cours des années en faisant ce travail, et en le faisant bien.

Pour résumer ma carrière, je suis fier du nombre de succès que j'ai eus et d'avoir pu changer quelque chose dans le système correctionnel - non seulement à l'établissement Ferndale, mais dans l'ensemble du Canada. J'ai eu l'occasion de montrer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. J'ai pris quelques risques en mettant en application des choses qui, selon moi, allaient améliorer le système de justice pénale, et la satisfaction que j'en ai tirée est que certaines de ces choses ont bien réussi. J'ai pu jouer un rôle de chef de file dans divers domaines, comme la justice réparatrice et plusieurs politiques et procédures de gestion des établissements.

Avoir eu une certaine influence est la plus grande satisfaction que l'on puisse avoir, et être reconnu pour cette influence est encore mieux. J'ai obtenu une telle reconnaissance probablement plus souvent qu'à mon tour. J'ai eu un soutien et une reconnaissance énormes de mes collègues. Le fait qu'ils aient voulu créer des prix et des récompenses portant mon nom pour reconnaître l'excellence dans le domaine correctionnel me donne à penser que j'ai travaillé dans une organisation qui accepte et reconnaît les personnes qui font preuve d'initiative, même si j'ai fait courir des risques à mes collègues à l'occasion et s'il est arrivé que je les mette dans l'embarras. Mais ils ont eu le courage de se tenir debout face aux critiques, de dire « non » et de faire ce qu'il fallait.

Je dis constamment à mon personnel : nous allons faire ce qu'il faut, plutôt que simplement faire les choses convenablement. Si on se limite à faire les choses convenablement, on peut être induit en erreur par des détails et des futilités qui n'ont aucune valeur, aucune conséquence. Nous devons toujours nous demander quelle est la bonne chose à faire lorsque nous avons des décisions à prendre. C'est le principe qui m'a guidé, le principe selon lequel j'ai toujours essayé de travailler, et il nous a bien servis. Je suis encore convaincu que si le système correctionnel maintient cette orientatio, il continuera d'obtenir du succès.

Postface

Le 28 juillet 1999, deux semaines après avoir enregistré ces dernières observations, Ron Wiebe est décédé. Au service commémoratif qui a eu lieu le 2 août, le commissaire Ole Ingstrup a parlé au nom de tous les employés du Service correctionnel lorsqu'il a dit : « Ron Wiebe avait la capacité morale et professionnelle d'un chef de file. Sa mort représente une perte énorme. »