Kaitlyn Wardrop

Kaitlyn Wardropr

Pour de nombreux étudiants qui terminent leurs études postsecondaires, une carrière dans la fonction publique, particulièrement dans le milieu correctionnel, n’est pas le choix le plus évident.

Cela a été le cas de Kaitlyn Wardrop, une agente de recherche du Service correctionnel du Canada (SCC) et étudiante diplômée poursuivant actuellement un programme de doctorat en psychologie expérimentale à l’Université Carleton.

« J’en étais à ma deuxième année du programme de baccalauréat et je suivais tous les cours de psychologie possibles. J’ai fini par suivre un cours de psychologie judiciaire que j’ai trouvé vraiment intéressant », dit-elle. « Dans le cadre du cours, nous en étions arrivés au point où le contenu était axé sur l’évaluation du risque, ce qui m’a fait réaliser que « c’était vraiment ce qui m’intéressait et que je voulais poursuivre dans cette voie »... Nous pouvons observer ce qui se passe dans la vie des délinquants et connaître qui ils sont en tant que personnes et utiliser cette information pour prédire comment ils se comporteront dans la collectivité et déterminer le type d’intervention que nous devrions leur fournir. »

Après avoir effectué un stage à la Direction de la recherche du SCC pendant son programme de maîtrise, Kaitlyn s’est joint à la fonction publique dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) et a été embauchée pour le poste qu’elle occupe depuis maintenant presque deux ans. À l’heure actuelle, elle travaille au sein de l’unité de Recherche sur les interventions et les délinquantes, et effectue de la recherche sur des programmes correctionnels et les délinquantes. 

« [La fonction publique] n’était pas ce à quoi je m’attendais… à cet âge, on ne connaît pas le type de travail réalisé au sein du gouvernement – en fait, je n’en avais aucune idée », explique-t-elle. « J’ai reçu de nombreuses critiques de la part des membres de ma famille parce qu’aucun d’entre eux ne travaillait dans la fonction publique et, à mon avis, on croit à tort que les fonctionnaires ne font rien et qu’ils attendent uniquement leur chèque de paye. Je n’ai certainement pas vu cette attitude depuis que je suis ici et... j’ai constaté qu’une carrière au sein de la fonction publique est très enrichissante. C’est le plus beau métier du monde. C’est tellement agréable de travailler dans une organisation qui valorise autant la recherche que le SCC. » Tout le monde [mes collègues] est passionné par la recherche. Ils sont passionnés par le travail que le SCC accomplit en général, et la Direction de la recherche compte un très grand nombre de personnes qui constituent une ressource précieuse à mes yeux. »

La recherche universitaire de Kaitlyn est axée sur la prise de décisions concernant la libération conditionnelle et la surveillance dans la collectivité. Elle analyse la façon dont les commissions des libérations conditionnelles, principalement aux États-Unis, utilisent des pratiques éprouvées pour prendre des décisions concernant la libération conditionnelle de délinquants et la manière dont on peut inciter d’autres commissions à faire de même. Elle étudie également la surveillance dans la collectivité et la façon de doter les agents correctionnels des outils dont ils ont besoin pour réaliser leur travail.

Au SCC, Kaitlyn affirme qu’elle a déjà constaté par elle-même comment la recherche peut être utilisée dans le travail quotidien du personnel. L’année dernière, par exemple, quelques-uns de ses collègues du SCC recherchaient de l’information sur les besoins des délinquants Inuits afin d’élaborer un programme correctionnel destiné aux Inuits. Kaitlyn a été en mesure de dresser un profil, en se fondant sur les données recueillies dans le Système de gestion des délinquant(e)s (SGD), pour appuyer le programme en cours d’élaboration.

« J’ai eu beaucoup de plaisir à effectuer cette recherche, à déterminer qui sont ces personnes et quels sont leurs besoins, et à contribuer à quelque chose qui pourra vraiment servir », affirme-t-elle.

À l’avenir, Kaitlyn contribuera à l’élaboration d’un outil d’évaluation du risque adapté aux délinquantes. Cet outil servira à examiner comment les facteurs de risque et de besoins peuvent être différents pour les délinquantes et donnera une idée plus précise concernant la situation des délinquantes.

« Auparavant, nous utilisions le même outil d’évaluation du risque pour tous les délinquants », explique Kaitlyn. « Il y a maintenant beaucoup plus de discussions dans les milieux universitaires et les milieux du personnel correctionnel, et même dans l’espace public, parce que ce sujet fait les manchettes; on parle du fait que certains facteurs de risque et de besoins peuvent être différents d’un groupe de personnes à l’autre. »

En tant qu’étudiante arrivant de l’université et étant l’une des plus jeunes employés de la Direction de la recherche, Kaitlyn a été témoin des défis auxquels les plus jeunes candidats peuvent faire face lorsqu’ils tentent d’intégrer la fonction publique, et elle a connu le processus de concours qui est long et parfois compliqué. Même le greffier du Bureau du Conseil privé, Michael Wernick, a indiqué dans son dernier rapport annuel qu’il est essentiel d’attirer de nouveaux talents parce qu’un grand nombre de fonctionnaires commencent à prendre leur retraite.

« Nous sommes très chanceux d’avoir une employée aussi compétente et enthousiaste [Kaitlyn] », déclare Lynn Stewart, gestionnaire principale de recherche, Recherche sur les interventions et les délinquantes, au SCC. « Cela augure bien pour l’avenir de la recherche gouvernementale et prouve que nous pouvons attirer ce type de talent et offrir des emplois à temps plein et un parcours professionnel enrichissant. »

La simplification du processus de recrutement des étudiants de niveau postsecondaire et l’augmentation des activités de sensibilisation auprès des établissements postsecondaires, y compris des conférenciers invités du SCC et la participation à des conférences universitaires, pourraient constituer d’autres moyens de rejoindre les jeunes qui recherchent des possibilités et de leur communiquer de l’information sur les possibilités de carrière comme celles au SCC, laisse entendre Kaitlyn.

« J’ai eu une chance incroyable de participer au PFETE », affirme-t-elle. « Il doit y avoir beaucoup de gens hautement compétents qui correspondent au profil du poste, mais les étapes à franchir sont trop nombreuses. »

Bien que la recherche gouvernementale ne soit pas nécessairement le cheminement de carrière le plus évident pour certaines personnes, cela peut être une option intéressante pour les étudiants diplômés qui ne sont pas en mesure d’obtenir un poste d’enseignant ou d’universitaire et qui ne possèdent pas suffisamment d’expérience pour travailler à titre de consultants indépendants, déclare Kaitlyn.

L’autre avantage de la recherche gouvernementale est que les résultats sont « tellement concrets », poursuit-elle. « Vous pouvez constater l’impact de votre travail plutôt que réaliser une recherche dans le milieu universitaire et publier les résultats dans une revue évaluée par les pairs à laquelle seuls d’autres universitaires peuvent avoir accès. Le fait d’être en mesure d’effectuer une recherche, de communiquer directement avec des membres du personnel qui peuvent être touchés, puis de rendre publics les résultats afin que tout le monde puisse y accéder est très rafraîchissant. »

« Avant tout, affirme Kaitlyn, on a la possibilité de changer la vie des gens qui tentent de reprendre leur vie en main. »

« L’aspect le plus significatif de la recherche repose sur le fait que nous interagissons avec de vraies personnes, » affirme-t-elle. « L’impact que nous pouvons avoir sur de vraies personnes est énorme si nous faisons bien notre travail. »