Larry Motiuk

Larry Motiuk

En tant que premier agent de recherche du Service correctionnel du Canada (SCC) et ancien directeur général de la Direction de la recherche, dont c’est le 30e anniversaire cette année, Larry Motiuk est probablement la meilleure personne pour vous parler de la valeur de la Direction au sein du Service et de ses réalisations.

« C’est toute notre histoire – une histoire de recherche au fil du temps, » dit celui qui est actuellement commissaire adjoint, Politiques, à propos de l’évolution de la recherche au SCC. « Nous avons beaucoup de chance. La Direction de la recherche du SCC est très particulière – ce ne sont pas tous les ministères au Canada ou à l’étranger qui ont une si grande équipe de recherche spéciale à l’interne. La haute direction a toujours été à l’appui, fournissant non seulement les questions et les enjeux à étudier, mais aussi les ressources nécessaires pour s’y consacrer. »

Le SCC a aussi été chanceux d’avoir un chercheur dévoué et exceptionnel comme Larry depuis plus de trois décennies maintenant. Après avoir obtenu un doctorat en psychologie à l’Université Carleton, Larry a axé sa carrière sur la recherche appliquée dans le système correctionnel fédéral. Il compte à son actif depuis ce temps de nombreuses publications sur l’évaluation des délinquants et les programmes correctionnels efficaces.

Même s’il est commissaire adjoint, Politiques, depuis 2013, Larry a également été directeur général, Programmes pour délinquants et réinsertion sociale, conseiller spécial pour la transformation et le renouvellement, et commissaire adjoint associé, Politiques. Au fil des ans, il a géré les activités de réinsertion en établissement et dans la collectivité, ainsi que les projets de recherche appliquée à l’échelle nationale. Cela comprend des projets comme les Normes nationales régissant la surveillance des détenus mis en liberté sous condition, la Stratégie de gestion des délinquants dans la collectivité, l’Évaluation initiale et la planification correctionnelle ainsi que le renouvellement de l’infrastructure. Quel que soit le rôle qu’il occupait, Larry a toujours été un ardent défenseur des politiques, des pratiques et des programmes correctionnels fondés sur des données probantes.

Larry et la Direction de la recherche ont entrepris leur histoire de 30 ans en même temps, en 1988, quand le directeur de l’époque, Frank Porporino, a reçu le mandat du commissaire de l’époque, Ole Ingstrup, de créer une fonction de recherche organisationnelle au SCC. Larry a été le premier agent de recherche de l’extérieur embauché par le Service. Il a entrepris sa carrière correctionnelle comme employé de première ligne au département de psychologie d’un établissement provincial à sécurité maximale de l’Ontario. Il signale que le tout premier Plan de recherche pour 1989-1990 a été publié en juin 1989. On cherchait alors à établir un équilibre entre la recherche requise pour des applications pratiques immédiates, afin d’appuyer les initiatives de programmes opérationnels découlant de nos objectifs organisationnels, et la recherche requise pour des raisons plus stratégiques, afin de développer une base de connaissances sur laquelle on pourrait bâtir des initiatives futures pour réaliser notre Mission. Larry est très fier d’indiquer que le Plan de recherche 2019 2020 vient d’être approuvé et que le travail est bien en cours.

Au fil des ans, l’ardeur à la tâche de Larry et de la Direction ont fait de la recherche une pierre angulaire du SCC. L’équipe de la recherche emploie aujourd’hui plus de 20 personnes. Ensemble, ces gens dévoués entreprennent des projets de recherche qui éclairent et soutiennent le processus décisionnel tout en s’assurant que leurs travaux de recherche satisfont aux normes universitaires les plus élevées.

En posant un regard sur cette histoire, Larry affirme que l’une des plus grandes difficultés a été d’adapter les outils et les programmes d’évaluation pour répondre aux besoins uniques des populations de délinquants vulnérables. Ce travail novateur a couvert des secteurs comme les prévisions de croissance de la population, l’élaboration de la technologie de l’évaluation, la conception des programmes et l’exécution des stratégies de surveillance pour mesurer les résultats correctionnels.

« Nous avons dû adapter nos efforts d’évaluation et de programmation pour répondre au mieux aux besoins uniques de différentes populations de délinquants, dit-il. Le fait que nous pouvons influencer et modifier le comportement délinquant est important. C’est vraiment la pierre angulaire de notre façon de contribuer à la sécurité publique à long terme. »

De nombreux programmes correctionnels axés directement sur les besoins des femmes, des Autochtones, des toxicomanes, des personnes violentes et des délinquants sexuels ont été élaborés en fonction du travail de l’équipe de recherche.

La Direction de la recherche du SCC a souvent été à l’avant-garde des enjeux correctionnels au Canada. Au début des années 1990, les chercheurs du SCC ont tenu le premier sondage national sur la santé mentale dans le système correctionnel fédéral pour examiner la prévalence, la nature et la gravité des problèmes de santé mentale des détenus. Ce travail a été repris en 2017.

« La recherche ajoute vraiment de la valeur au travail que nous faisons parce qu’elle nous aide à mieux répartir des ressources qui sont souvent limitées, dit Larry. Cette compréhension est essentielle afin de répondre aux besoins de réinsertion de chaque délinquant. »

Bien qu’il lui soit difficile de choisir la plus grande réussite parmi ces réalisations importantes, Larry considère comme un fait marquant la création du processus automatisé d’évaluation initiale des délinquants (EID) par le SCC et sa mise en œuvre en 1994.

« Cela s’est avéré une mine d’or de données pour d’autres recherches et enquêtes, dit-il. Le processus automatisé était basé sur les meilleurs résultats de recherche disponibles et mises à l’essai dans un contexte opérationnel à l’époque et il a duré 25 ans. Nous surpassons beaucoup d’autres pays à cet égard. »

Les occasions de collaboration avec nos homologues de l’Australie, des États-Unis, de la Namibie, de la Nouvelle-Zélande, de la Bosnie-Herzégovine, de Hong Kong et, plus récemment, de la Roumanie ont également été des points culminants.

« La capacité de participer avec d’autres pays à des pratiques correctionnelles efficaces est vraiment importante, » affirme Larry, qui a servi d’expert pour le Conseil de l’Europe, l’Institut des Nations Unies pour l’Asie et l’Extrême-Orient et le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime. « Nous apprenons des diverses expériences des autres pays et des difficultés souvent semblables qu’ils rencontrent. »

Avec une demande sans cesse croissante de renseignements liés au système correctionnel, Larry croit que l’avenir demeure intéressant pour l’équipe de chercheurs du SCC. « L’élimination de l’isolement offre des possibilités de nouveaux projets, dont les unités d’intervention structurée et les besoins de recherche émergents en ce qui a trait à l’élaboration d’outils d’évaluation tenant compte des besoins des Autochtones pour la gestion des cas et les Centres d’intervention pour Autochtones. »

« La recherche nous aide à reconnaître ce qui est précieux pour les citoyens et les intervenants et à y répondre avec des programmes et des services fondés sur des données probantes, affirme Larry. La sécurité publique est importante pour tout le monde – c’est l’essentiel, et la recherche y contribue. »