Caractéristiques des participantes au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM): une étude comparative

Mots clés

délinquantes, traitement d'entretien à la méthadone

Pourquoi nous effectuons cette étude

Une recherche récente sur les participants de sexe masculin au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM) du Service correctionnel du Canada (SCC) a révélé qu'il s'agit d'un groupe complexe de délinquants à risque et à besoins très élevés (Johnson, Farrell MacDonald et Cheverie, 2012). La compréhension des caractéristiques des femmes participant au PTEM aidera à améliorer les services de traitement destinés aux délinquantes.

Ce que nous faisons

Aux fins de la recherche, nous comparons les caractéristiques de 209 délinquantes qui ont commencé à suivre le PTEM du SCC entre 2003 et 2008 avec un groupe de délinquantes qui ont été incarcérées pendant la même période, mais qui n'ont pas participé au PTEM (n = 1 879). De plus, nous examinons les antécédents autodéclarés de toxicomanie, de comportements à risque élevé y étant associés, de traumatismes et de traitement pour des problèmes de santé mentale parmi les participantes au PTEM.

Ce que nous avons constaté jusqu'à maintenant

Environ une délinquante sur dix a participé au PTEM. Comparées aux non-participantes, les participantes au PTEM étaient considérées comme étant à risque plus élevé et comme étant plus susceptibles de présenter d'importants facteurs criminogènes en ce qui a trait à l'emploi, à la situation conjugale ou familiale, aux fréquentations et à la toxicomanie; elles avaient également un potentiel de réinsertion sociale plus faible et un degré de motivation moindre pour modifier leur comportement. En outre, les participantes au PTEM ont des antécédents criminels plus lourds. En effet, elles avaient purgé un plus grand nombre de peines de ressort fédéral et avaient commis un plus grand nombre d'infractions à l'origine de leurs peines actuelles. Les participantes au PTEM étaient plus susceptibles d'être incarcérées relativement à des infractions acquisitives, comme le vol, l'introduction par effraction et la fraude, et étaient moins susceptibles d'être incarcérées pour des infractions liées à la drogue.

Des analyses additionnelles sur les participantes au PTEM ont montré que la plupart d'entre elles (68 %) avaient indiqué que les opioïdes pharmaceutiques étaient ceux qu'elles préféraient (comparativement à l'héroïne ou à une combinaison d'héroïne et d'opioïdes pharmaceutiques). Toutefois, des variations régionales ont été observées à cet égard : la consommation d'héroïne était plus courante dans les régions du Québec et du Pacifique. Un peu moins des deux tiers des participantes ont rapporté avoir consommé d'autres drogues, en plus des opioïdes, qui leur causaient des problèmes. Parmi ces autres drogues, la cocaïne était la plus fréquemment consommée.

Un très grand nombre de délinquantes au sein du groupe du PTEM ont indiqué avoir eu des comportements à risque élevé associés à leur consommation de drogue, dont l'usage de drogues injectables (97 %) et le partage de seringues (74 %). Un peu plus du tiers des participantes ont déclaré avoir consommé des opioïdes pendant leur incarcération avant de participer au PTEM; de ce nombre, 62 % avaient fait l'usage de drogues injectables pendant qu'elles étaient incarcérées, et 86 % de celles-ci avaient partagé des seringues.

Une des constatations les plus frappantes est qu'une grande proportion de délinquantes ont rapporté avoir vécu différents problèmes de santé mentale et traumatismes. Plus précisément, un fort pourcentage d'entre elles avaient reçu des traitements pour des troubles d'anxiété (62 %) ou de dépression (63 %), avaient des antécédents de tentatives de suicide (57 %) ou d'automutilation (39 %) et avaient été victimes de violence psychologique (74 %), de violence physique (81 %) ou d'abus sexuels (67 %).

Ce que cela signifie

Conformément aux résultats observés dans la recherche de Johnson et al. (sous presse) sur les hommes participant au PTEM, les femmes qui participent au PTEM du SCC constituent un groupe de délinquantes présentant des risques et des besoins très élevés et ayant de multiples problèmes que l'on devrait peut-être prendre en considération au moment de traiter leur dépendance aux opioïdes. Plus particulièrement, la forte prévalence de problèmes de santé mentale et de traumatismes au sein de cette population devrait être prise en compte, étant donné la relation bien documentée entre la toxicomanie, les traumatismes et la maladie mentale. Une autre recherche visant à examiner l'incidence du PTEM du SCC sur les résultats postlibératoires chez les participantes est en cours.

Références

Johnson, S., S. Farrell MacDonald et M. Cheverie (2012). Caractéristiques des participants au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM). Rapport de recherche, R253. Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Préparé par : Mary-Ann MacSwain, Madelon Cheverie, Shanna Farrell MacDonald et Sara Johnson

Pour nous joindre

Direction de la recherche

613-995-3975