L'adaptation au milieu carcéral des participants au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM) : une étude comparative

Mots clés

adaptation au milieu carcéral, traitement d'entretien à la méthadone TEM

Pourquoi nous effectuons cette étude

Peu d'études ont examiné l'incidence de la participation au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM) sur l'adaptation au milieu carcéral des délinquants ayant une dépendance aux opioïdes. L'adaptation au milieu carcéral, ou la façon dont les détenus s'adaptent et font face aux difficultés de la vie en prison, est un aspect essentiel à considérer pour fournir un environnement sécuritaire dans lequel la réadaptation peut se faire. Les résultats attendus du PTEM du Service correctionnel du Canada (SCC) comprennent, durant l'incarcération, une diminution de la consommation de drogue ainsi que des sanctions disciplinaires et des incidents en établissement qui y sont associés. De plus, on prévoyait que le fait de suivre le PTEM faciliterait la participation aux interventions correctionnelles.

Ce que nous faisons

Dans le cadre de la recherche, nous avons examiné les placements en isolement, les accusations d'infraction disciplinaire, la participation aux programmes correctionnels et les résultats d'analyses d'urine aléatoires parmi trois groupes de délinquants : le groupe « continuant le TEM », composé de délinquants qui ont commencé le TEM dans la collectivité et qui l'ont poursuivi pendant leur incarcération (n = 318), le groupe « commençant le TEM », formé de délinquants qui ont amorcé le TEM durant leur incarcération (n = 827), et le groupe « témoin », constitué de délinquants ayant un problème de toxicomanie modéré à grave, qui ont indiqué que les opioïdes étaient la catégorie de drogues qu'ils avaient le plus souvent consommées durant les 12 mois précédant leur arrestation, mais qui n'ont pas participé au PTEM (n = 315). De plus, nous avons observé les résultats chez les délinquants appartenant au groupe commençant le TEM  avant et après l'amorce du traitement (périodes pré- et post-TEM), pour déterminer si la participation au TEM est associée à une amélioration du comportement durant l'incarcération.

Ce que nous avons constaté jusqu'à maintenant

L'analyse des caractéristiques des trois groupes a révélé que le groupe commençant le TEM était un groupe beaucoup plus complexe, composé de délinquants à risque et à besoins plus élevés, en comparaison au groupe continuant le TEM et au groupe témoin. En raison de la complexité du groupe commençant le TEM par rapport aux autres groupes étudiés, il a été décidé que pour examiner l'incidence du TEM sur le comportement en établissement, il serait plus approprié de comparer le comportement des délinquants du groupe commençant le TEM avant et après l'amorce du traitement, afin de déterminer si un changement de comportement était survenu après qu'un délinquant avait commencé à recevoir le traitement.

L'examen des résultats du groupe commençant le TEM, en ce qui a trait à l'adaptation au milieu carcéral pour la période précédant le début du TEM (la période pré-TEM), comparés aux résultats observés pour la période post-TEM, a permis de constater des changements positifs de comportement. Par exemple, il y a eu une diminution de la proportion de résultats positifs aux analyses d'urine (22 % c. 11 %), de refus de se soumettre aux analyses (22 % c. 16 %) et de résultats positifs aux tests de dépistage des opioïdes (8 % c. 1 %) durant les deux années suivant le début de la participation au TEM, par rapport à la période de deux ans précédant l'adhésion au TEM. Des résultats positifs relativement à la participation aux programmes correctionnels ont également été observés; en effet, le temps consacré à des programmes de formation et d'emploi a augmenté respectivement de 15 % et de 30 % chez les délinquants appartenant au groupe commençant le TEM, de la période pré-TEM à la période post-TEM. En outre, parmi les délinquants qui ont commencé à suivre un programme de traitement de la toxicomanie ou un autre programme de base au cours des périodes de deux ans précédant et suivant le début du TEM, le pourcentage de délinquants ayant terminé un programme est passé de 9 % durant la période pré-TEM à 80 % durant la période post-TEM pour les programmes de traitement de la toxicomanie, et de 53 % à 80 % pour les autres programmes de base.

Ce que cela signifie

Jusqu'à maintenant, les résultats de notre étude indiquent, chez les délinquants ayant une dépendance aux opioïdes qui ont commencé à suivre le PTEM pendant leur incarcération, une diminution de la consommation de drogue durant l'incarcération, une augmentation de la conformité aux analyses d'urine aléatoires (mesurée par une diminution des refus de se soumettre aux analyses) et des incidences positives sur la participation aux programmes correctionnels et sur le taux d'achèvement.

Préparé par : Mary-Ann MacSwain, Madelon Cheverie, Shanna Farrell MacDonald et Sara Johnson

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