Délinquantes autochtones : Aperçu du processus correctionnel de l’admission à l’expiration du mandat

Mots clés

Antécédents sociaux, délinquantes autochtones, délinquantes des Premières Nations, délinquantes métisses

Ce que cela signifie

Notre étude a été la première à examiner sous tous leurs aspects les différences entre les délinquantes métisses et les délinquantes des Premières Nations. Les différences relevées dans le schéma criminel, dans les besoins lié aux facteurs criminogènes et d’autres domaines donnent à penser qu’un examen plus ample de la diversité parmi les délinquantes autochtones – en plus de celle entre les délinquantes autochtones et les délinquantes non autochtones – pourrait améliorer l’efficacité des interventions et de la gestion correctionnelle.

Les différences constatées entre les délinquantes autochtones et les délinquantes non autochtones concordent avec les résultats de recherche antérieurs. Conformément à ces tendances, le Service correctionnel du Canada (SCC) fournit des interventions spéciales aux Autochtones depuis plusieurs années. Le SCC a mis en œuvre le Continuum de soins pour les Autochtones, qui comprend par exemple des programmes adaptés aux différences culturelles, des unités des Sentiers autochtones et des pavillons de ressourcement – initiatives auxquelles, d’après les constatations, une grande proportion des délinquantes ayant pris part à cette étude ont recouru. Malgré la corrélation entre la participation à certaines de ces initiatives et les résultats positifs des délinquantes autochtones, on a fait valoir que, pour produire des améliorations plus nettes, les interventions pourraient aussi être mises en œuvre avant que les femmes n’aient des démêlés avec le système de justice pénale de façon à réduire les écarts à l’admission entre les deux groupes de délinquantes. 

Ce que nous avons constaté

En général, les antécédents sociaux des délinquantes autochtones relevés lors de l’évaluation initiale ont montré que bon nombre d’entre elles avaient une vie difficile avant leur incarcération actuelle, notamment une enfance difficile, des expériences traumatisantes et des problèmes de toxicomanie. Sur une note plus positive néanmoins, beaucoup avaient un lien avec leur collectivité, culture et spiritualité autochtones. 

Les délinquantes métisses et les délinquantes des Premières Nations se distinguaient du point de vue de leurs antécédents sociaux, des infractions commises, du niveau de risque évalué, de l’adaptation au milieu carcéral, des types de mise en liberté et des résultats postlibératoires, les délinquantes des Premières Nations ayant par exemple une cote de sécurité plus élevée et des résultats postlibératoires inférieurs. À l’opposé de cette tendance, les délinquantes des Premières Nations ont saisi davantage les occasions qui se présentaient pendant leur incarcération, comme les visites et la participation à des programmes correctionnels et à des programmes d’emploi.

Même si l’étude ne visait pas en premier lieu à comparer les délinquantes autochtones et les délinquantes non autochtones, il en est ressorti que, par rapport à leurs homologues non autochtones, les délinquantes autochtones avaient plus tendance à être reconnues coupables d’infractions violentes, à être évaluées comme présentant un risque élevé, à enfreindre les règlements de l’établissement et à être placées en isolement. Elles ont aussi moins bénéficié de libérations discrétionnaires et ont été plus souvent réincarcérées après avoir été libérées.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Les délinquantes autochtones ont été désignées comme étant la population de délinquants qui croît le plus rapidement. Même si les différences entre les délinquants autochtones et les délinquants non autochtones sont bien connues, celles parmi les délinquantes autochtones de diverses ascendances le sont moins. Cette étude visait donc à décrire et à comparer les délinquantes métisses et les délinquantes des Premières Nations.

Ce que nous avons fait

Nous avons procédé à un examen détaillé des expériences correctionnelles vécues par 626 délinquantes nouvellement admises au SCC entre le 1er avril 2008 et le 31 mars 2010. Parmi elles, 124 se sont désignées d’ascendance des Premières Nations et 46 d’ascendance métisse (étant donné leur petit nombre, les 4 délinquantes d’ascendance inuite n’ont pu être étudiées en tant que groupe distinct). Les données administratives du SCC ont servi à évaluer les antécédents sociaux des Autochtones et les expériences des délinquantes dans le processus correctionnel.

Pour de plus amples renseignements

Thompson, J. et R. Gobeil. (2015). Délinquantes autochtones : Aperçu du processus correctionnel de l’admission à l’expiration du mandat (Rapport de recherche R-342). Ottawa (Ontario), Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, ou pour toute autre demande de renseignement, veuillez communiquer par courriel avec la Direction de la recherche ou par téléphone au 613-995-3975.

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