Les placements à l’extérieur font réduire le taux de chômage des délinquants autochtones

Mots clés

placement à l’extérieur, délinquants autochtones, réinsertion sociale, effets du dosage, emploi

Ce que cela signifie

La participation des délinquants autochtones à des placements à l’extérieur (PE) contribue de façon positive à la réinsertion sociale. La participation à au moins un PE est liée à la réduction du taux de chômage après la mise en liberté, et les avantages croissent avec le nombre de PE du délinquant.

Ce que nous avons constaté

Environ 2,5 % des délinquants autochtones ont participé à un PE au cours de leur peine. Dans l’ensemble, 81 % des délinquants autochtones ayant participé à un PE ont trouvé un emploi dans la collectivité dans les deux ans suivant leur mise en liberté, comparativement à 47 % des délinquants autochtones qui n’ont pas obtenu de PE. Après avoir isolé les différences se rapportant au risque entre les deux groupes, on a établi que la participation à un PE réduit de façon significative les risques de chômage de 64 %. L’effet du dosage est aussi significatif : les avantages en matière d’emploi après la mise en liberté augmentent en fonction du nombre de placements à l’extérieur du délinquant.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Le PE offre à un délinquant la possibilité de sortir de l’établissement pendant des périodes déterminées afin d’acquérir de l’expérience professionnelle dans la collectivité. L’étude avait pour objectif d’établir si la participation à un PE améliore les résultats relatifs à l’emploi dans la collectivité. Compte tenu des coûts liés à l’administration des PE et des risques possibles pour la sécurité publique lorsque l’on permet aux détenus d’avoir accès à la collectivité sous condition, il est nécessaire d’établir si les PE aident au processus de réinsertion sociale.

Ce que nous avons fait

Cette étude visait à examiner l’influence de la participation aux PE sur l’emploi après la mise en liberté. L’échantillon final comprenait 5 039 délinquants autochtones libérés dans la collectivité entre le 1er avril 2005 et le 31 mars 2011. On a cherché à savoir si le délinquant avait obtenu un emploi (à temps plein ou partiel) dans les deux ans suivant sa première mise en liberté après une peine de ressort fédéral, au cours de la période visée.

Au moyen de variables permettant de prévoir la participation aux PE chez les délinquants autochtones, un score de propension a été calculé avec une régression logistique afin de créer une valeur résumant les différences entre les sujets ayant participé aux PE et ceux n’ayant pas participé aux PE (tableau 1). Aux fins d’analyse de l’efficacité des PE selon l’analyse par score de propension, l’échantillon a été réduit à 4 458 parce que les données n’étaient pas suffisantes chez tous les délinquants pour calculer le score de propension. Les analyses de l’efficacité des PE ont été fondées sur une régression logistique et le score de propension. Les analyses des effets du dosage ont permis d’étudier l’incidence du nombre de PE auxquels le délinquant a participé, après avoir isolé l’effet dichotomique de la participation à un PE et les scores de propension.

Variables utilisées pour établir le score de propension
  • Infraction actuelle violente
  • Cote de potentiel de réinsertion
  • Cote de sécurité selon l’Échelle de classement par niveau de sécurité
  • Cote d’adaptation au milieu carcéral selon l’Échelle de classement par niveau de sécurité
  • Évaluation des facteurs de risque statiques (modéré c. autres niveaux)
  • Antécédents d'isolement pour des infractions disciplinaires
  • Cote selon la sous-échelle liée aux antécédents criminels de l’évaluation des facteurs de risque statiques
  • Évaluation des facteurs de risque dynamiques (besoins modérés c. autres niveaux)
  • Infractions antérieures (jeunesse)
  • Durée de la peineNote de bas de page1
  • Infractions sexuelles antérieures
  • Cote de motivation

Pour de plus amples de renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel (research@csc-scc.gc.ca) ou par téléphone au 613-995-3975.

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Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Pour ce qui est de la durée de la peine, la durée des peines à perpétuité est établie à 31 ans, puisque la peine à durée déterminée la plus longue était de 30 ans.

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