Commentaires des intervenants sur l’efficacité des programmes correctionnels pour délinquantes

Les intervenants formulent de la rétroaction positive et relèvent les domaines à améliorer en lien avec les programmes correctionnels pour délinquantes.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

En 2010, le Service correctionnel du Canada (SCC) a mis en œuvre un modèle exhaustif de Programmes correctionnels pour délinquantes (PCD). Le modèle tenant compte du sexe a été créé comme un continuum, qui offre une série de volets de programmes allant de l’admission (programmes d’engagement, d’intensité modérée et d’intensité élevée) à la mise en liberté dans la collectivité (programme de maîtrise de soi), en fonction du niveau de risque que présentent les délinquantes et de leurs besoins. L’objectif était d’améliorer l’accessibilité et la participation aux programmes, tout en facilitant les gains de traitement et la réinsertion sociale des délinquantes. Par conséquent, le SCC a mené une étude exhaustive pour vérifier l’efficacité des éléments du PCD. Le présent examen résume la rétroaction des intervenants liée à tous les éléments du modèle de PCD.

Ce que nous avons fait

L’échantillon étudié visait tous les intervenants ayant offert un programme parmi tous ceux du PCD et qui ont fourni de la rétroaction de 2010 à 2014. Au total, 220 formulaires de rétroaction ont été recueillis et analysés pour en tirer les thèmes principaux. Les commentaires ont servi à relever les éléments du programme les plus efficaces et les moins efficaces.

Ce que nous avons constaté

La plupart des intervenants croient que les programmes ont une incidence positive sur les participantes. En ce qui a trait aux domaines à améliorer, les intervenants ont indiqué que la gestion du temps et l’organisation des séances pourraient être adaptées. Il est difficile de donner beaucoup de contenu pendant les courtes séances.

De plus, les intervenants ont indiqué que les répétitions et les croisements d’un programme à l’autre entraînent de la frustration chez certaines délinquantes. Il existe aussi un manque de continuité entre les manuels des intervenants et des participantes.

Les commentaires indiquent aussi que certaines activités de programmes pourraient être modifiées (p. ex. moins de tenue d’un journal, plus d’options pour briser la glace). Ils signalent aussi l’utilisation d’une terminologie dépassée, et soulignent l’importance de mettre à jour les documents (c. à d. les vidéos et les manuels).

Les intervenants ont recommandé un recours accru aux exemples et aux scénarios tirés de la vie réelle, ainsi qu'à la participation de conférenciers. Les intervenants constatent que les femmes tirent profit des exemples lorsque ceux-ci les touchent personnellement.

Les participantes aiment aussi les exercices où elles doivent établir des buts et des objectifs. Elles trouvent particulièrement utile d’apprendre à établir des buts efficaces au moyen de l’approche SMART (buts spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et en temps opportun).

Enfin, les commentaires indiquent aussi que les plus petits groupes et les séances individuelles améliorent la participation, ainsi que la compréhension de la matière.

Ce que cela signifie

Les commentaires de la plupart des intervenants indiquent qu’ils constatent que les programmes sont avantageux pour les participantes. Ils ont aussi indiqué des améliorations à apporter aux programmes, comme la simplification du contenu pour le donner plus facilement dans de courtes périodes, et la réduction du contenu redondant entre les programmes. Enfin, les intervenants ont recommandé de réduire la taille des groupes et de donner des exemples et des scénarios tirés de la vie réelle, ainsi que d’inviter des conférenciers, puisqu’il s’agit de bons outils d’apprentissage pour les femmes.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez aussi consulter la section des publications de recherche pour obtenir la liste complète des rapports et des résumés d’une page.

Préparé par : Aileen Harris et Othman Doueidar