Efficacité du Modèle de programme correctionnel intégré (MPCI) chez les délinquants sous responsabilité fédérale ayant été désignés auteurs d’agressions conjugales.

Le taux de réincarcération sous responsabilité fédérale des délinquants désignés auteurs d’agressions conjugales diminue chez les personnes ayant suivi avec succès le MPCI.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

La mise en œuvre nationale du Modèle de programme correctionnel intégré (MPCI) du Service correctionnel du Canada (SCC) représente un changement de paradigme en ce qui a trait à la prestation des programmes correctionnels, qui passe d’un modèle de plusieurs programmes présentés selon un certain ordre, ou cumulables, à trois programmes correctionnels distincts destinés aux hommes délinquants : un programme multicibles, un programme multicibles pour Autochtones et un programme pour délinquants sexuels, chacun d’eux comportant un volet de maintien des acquis. Le MPCI est conçu pour améliorer le continuum global de soutien et de gestion du risque des délinquants en établissement et dans la collectivité; améliorer la gestion et le rendement des programmes correctionnels; accroître la capacité des délinquants d’accéder aux programmes correctionnels et de les terminer avec succès, et de le faire plus tôt durant leur peine; répondre aux besoins de chaque délinquant de la manière la plus efficace, adaptée à la culture et holistique possible.

Comme pour tous les changements à la prestation des services correctionnels, on peut se demander si les programmes répondent adéquatement aux besoins relatifs à la violence familiale. Par conséquent, on a procédé à une analyse comparative entre le MPCI, le Programme de prévention de la violence familiale (PPVF) et d’autres programmes correctionnels reconnus à l’échelle nationale, afin d’en savoir plus sur l’efficacité du MPCI en ce qui touche la réduction de la réincarcération sous responsabilité fédérale des personnes désignées auteurs d’agressions conjugales.

Ce que nous avons fait

Les données sur le taux de réincarcération après mise en liberté (nouvelles infractions et révocations) ont été extraites du Système de gestion des délinquant(e)s (SGD) du SCC, ainsi que les renseignements sur l’évaluation initiale des délinquants et sur les programmes suivis. L’évaluation initiale permet la normalisation de l’enregistrement d’un indicateur important dans le domaine familial/conjugal lié à l’agression conjugale (même s’il n’y a pas eu de condamnation) dans les différents cas. On a examiné une cohorte de délinquants admis en 2012-2013 et présentant l’indicateur (4 279 cas). Parmi ces délinquants, 1 510 (35 %) ont été désignés comme auteurs d’agressions conjugales, et 1 247 (85 %) d’entre eux ont été libérés dans la collectivité. La période moyenne d’exposition au risque dans la collectivité pour l’ensemble du groupe de suivi était de 720,7 jours. Les données disponibles sur les programmes indiquent que parmi les délinquants en liberté, 254 avaient terminé le MPCI, 257 avaient suivi le PPVF et 736 avaient suivi un autre programme correctionnel reconnu à l’échelle nationale.

Ce que nous avons constaté

Le pourcentage de réincarcération est de 37,8 % pour le groupe ayant suivi le MPCI, de 40,5 % pour le groupe ayant suivi le PPVF et de 45,3 % pour le groupe ayant suivi un autre programme reconnu. Bien que l’écart entre le groupe ayant suivi le MPCI et celui ayant suivi le PPVF soit relativement faible (3 %), l’écart entre les résultats du MPCI et d’autres programmes est plus que doublé (7,5 %).

En ce qui a trait au taux de réadmission de l’ensemble du groupe suivi (42,8 %), le PMCI présente une diminution relative du taux de réincarcération de 11,6 %, alors que le PPVF présente une diminution relative de 5,4 %. Toutefois, les autres programmes correctionnels reconnus à l’échelle nationale sont liés à un taux de réincarcération plus élevé que la moyenne.

Ce que cela signifie

L’analyse comparative de l’efficacité des programmes chez les hommes – MPCI, PPVF et autres programmes correctionnels reconnus à l’échelle nationale – indique que le fait d’avoir terminé le MPCI est lié à une amélioration importante en ce qui a trait à la réduction de la réincarcération pour les délinquants désignés auteurs d’agressions conjugales.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Préparé par : Larry Motiuk et Ben Vuong