Suivi des tendances observées au sein de la population carcérale fédérale entre 2010 à 2016

Le suivi et l’analyse systématiques des tendances au sein de la population peuvent faciliter la gestion correctionnelle

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Entre mars 2010 et mars 2016, la population carcérale fédérale moyenne a augmenté à l’échelle nationale de 4,1 % (ou 610 détenus), passant de 14 027 à 14 637 détenus. Bien que la population carcérale fédérale ait atteint un sommet en mars 2014 avec 15 276 détenus, elle a depuis diminué de 4,2 % (ou 639 délinquants). Il faut préciser que le taux de croissance annuel a été à son plus haut niveau en 2010 2011, atteignant les 4,5 %, après avoir légèrement augmenté en 2011 2012 de 1,8 % et en 2012-2013 de 1,9 %; puis ralenti en 2013-2014, avec une hausse de 0,5 % et diminué de 2,7 % en 2014 2015, puis de nouveau de 1,6 % en 2015-2016.

En sachant où, quand et pourquoi des hausses des déviations de lignes de tendance sont survenues au sein de la population carcérale, l’attribution des ressources opérationnelles et la planification du logement peuvent être facilitées. Depuis le passage du nouveau millénaire, des lignes de tendances à la hausse pour plusieurs administrations ont été observées dans les estimations prévues, ce qui a entraîné une demande nette de capacité accrue. Un suivi systématique des décomptes de population carcérale ou de taux d’occupation (niveau des dénombrements réels/capacité pondérée) peut permettre d’indiquer à quel moment une tendance à la hausse à long terme est à prévoir. Essentiellement, cela indiquerait que la demande nette en capacité d’accueil a faibli et qu’un changement de tendance pourrait survenir incessamment.

Ce que nous avons fait

Depuis mars 2010, les dénombrements mensuels de la population carcérale physique réelle moyenne (qui n’incluent pas les délinquants bénéficiant d’une permission de sortir, les accords d’échange de services, les délinquants placés dans des hôpitaux externes ou sous garde dans un établissement provincial) ont fait l’objet de rapports produits au moyen du Système intégré de rapports du SCC. Des analyses des dénombrements de la population de délinquants et de délinquantes ont été effectuées séparément, car les tendances historiques pour ces groupes diffèrent grandement.

Les dénombrements informatisés et les analyses graphiques effectués à l’échelle des cinq régions administratives ont permis d’accéder à des renseignements additionnels qui tiennent compte des écarts survenus au fil du temps au sein de ces sous­populations.

Ce que nous avons constaté

Une hausse de la population de délinquants sous responsabilité fédérale de 3,1 % a été observée entre mars 2010 et mars 2016, celle-ci ayant passé de 13 522 à 13 935 délinquants. Parallèlement, la population de délinquantes sous responsabilité fédérale a augmenté en mars 2016 par rapport à mars 2010 de 39 % (197), passant de 505 à 702 délinquantes. À l’échelle régionale, depuis 2010, la région des Prairies est celle ayant connu la hausse la plus importante, soit 16,4% (ou 583 détenus), suivie par celle du Pacifique, avec 9,7 % (ou 183 détenus), et du Québec, avec 7,2 % (ou 235 détenus). Fait intéressant, les régions de l’Ontario et de l’Atlantique ont toutes deux connu une baisse (de 9,2 % ou 361 délinquants et de 2,4 % (33 détenus, respectivement). Les fermetures effectuées au cours de 2013 dans la région de l’Ontario et les transfèrements interrégionaux expliquent ces changements de tendance.

Le suivi et l’analyse des tendances à l’échelle régionale ont révélé des tendances à la hausse à l’échelle nationale et dans toutes les régions, sauf dans la région de l’Ontario, où une tendance à la baisse a été observée. Il pourrait toutefois être plus important de savoir qu’une rupture structurelle à un niveau inférieur aux lignes de tendance a été observée à l’échelle nationale, mais aussi dans les régions de l’Atlantique et du Québec. Il importe de souligner que bien qu’une rupture soit visible en dessous de la ligne de tendance pour la région des Prairies, les dénombrements de population ont depuis augmenté dans cette région, laissant supposer une croissance à long terme.

Ce que cela signifie

Dans l’ensemble, il semble qu’au cours du récent horizon opérationnel les taux de crime et le nombre de nouvelles admissions plus faibles, ainsi que l’augmentation des mises en liberté discrétionnaires ont entraîné une baisse de la population de délinquants sous responsabilité fédérale. Néanmoins, les délinquantes et la région des Prairies échappent à ces tendances observées au sein de la population de délinquants sous responsabilité fédérale.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Préparé par : Larry Motiuk