Délinquants dont la date d’admissibilité à la libération conditionnelle est très éloignée : thèmes puisés dans la documentation

Les délinquants purgeant de très longues peines pourraient présenter des défis liés à la gestion des cas différents de ceux des autres délinquants.

Ce que nous avons examiné

Récemment, le Code criminel du Canada a été modifié pour permettre l’imposition de peines consécutives d’emprisonnement à perpétuité. Au cours des prochaines années, la gestion des délinquants qui purgent de telles peines pourraient présenter de nouveaux défis pour le Service correctionnel du Canada (SCC), car leurs dates d’admissibilité à la libération conditionnelle seront très éloignées. Comme d’autres administrations gèrent déjà de tels cas, un examen de la documentation existante a été effectué pour tenter de prévoir quels seront les enjeux importants pour les délinquants dont la date d’admissibilité à la libération conditionnelle est très éloignée.

Ce que nous avons constaté

Des thèmes pertinents émergent de la documentation existante sur les délinquants qui purgent une peine d’emprisonnement à perpétuité et de longues peines, plus particulièrement sur la résilience, l’adaptation à l’établissement, le vieillissement et l’institutionnalisation.

Résilience. Au cours des premières étapes de leur incarcération, les délinquants qui purgent de très longues peines peuvent vivre un sentiment de perte apparenté aux étapes du deuil (p. ex., déni, colère; Silva, 2014). Par conséquent, plusieurs cherchent à exercer leurs choix personnels et à donner un sens à leur nouvelle situation.  

Adaptation à l’établissement. Généralement, les délinquants qui purgent de très longues peines présente une meilleure adaptation à l’établissement que ceux qui purgent des peines plus courtes, tant sur le plan de l’inconduite en milieu carcéral (Morris et al., 2010) que du bien‑être mental (Leigey, 2010). En fait, ceux qui purgent de très longues peines sont souvent considérés comme ayant une influence stabilisante en établissement. Lorsque des problèmes d’adaptation à l’établissement sont présents, ils sont généralement concentrés au début de la peine, peut-être en raison de la réaction initiale à l’incarcération, décrite ci-dessus.   

Vieillissement. Étant incarcérés pendant de longues périodes, ces délinquants peuvent subir les conséquences normales en matière de santé liées au vieillissement, comme une détérioration de l’état de santé physique et des besoins palliatifs en établissement. 

Institutionnalisation. Dans plusieurs cas, ceux qui purgent de longues peines font face davantage à un affaiblissement de leurs relations en dehors de leur vie en établissement (p. ex., famille, amis) qu’à des problèmes en établissement (Leigey, 2015). Lorsqu’ils sont libérés dans la collectivité, plusieurs manquent de soutien et font face à des difficultés d’adaptation aux changements sociétaux et aux nouvelles normes ou attentes de la collectivité. 

Ce que cela signifie

Prévoir les défis possibles pour ceux dont la date d’admissibilité à la libération conditionnelle est très éloignée pourrait permettre la mise en œuvre d’approches et de stratégies appropriées pour ce groupe. Par exemple, à la lumière des résultats liés à la résilience, il pourrait être important de soutenir ces délinquants dans leur quête d’outils habilitants, au cours de leur incarcération, comme un emploi valorisant en établissement. Pour les délinquants dont le cas est finalement considéré aux fins d’une mise en liberté, la planification de la mise en liberté pourrait aussi être compliquée en raison des possibles effets de l’institutionnalisation.

Bibliographie

Leigey, M. E. (2010). (2014). For the longest time: The adjustment of inmates to a sentence of life without parole. The Prison Journal, 90, 247-268.

Leigey, M. E. et Ryder, M. A. (2015). The pains of permanent imprisonment.  Examining perceptions of confinement among older life without parole inmates. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 59, 726-742.

Morris, R. G., Longmire, D. R., Buffington-Vollum, J. et Vollum, S. (2010). Institutional misconduct and differential parole eligibility among capital inmates. Criminal Justice and Behavior, 37, 417-438.

Silva, S. M. (2014). On the meaning of life: A qualitative interpretative meta synthesis of the lived experience of life without parole. Journal of Social Work.  Advance online publication. doi: 10.1177/1468017314550748 

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Préparé par : M. B. Ritchie, S. M. Biro, et R. Gobeil