Examen de l’utilisation de chiens détecteurs de drogues dans les établissements correctionnels à l’échelle internationale

Mots clés

répression du trafic des drogues, dressage de chiens détecteurs, chiens détecteurs de drogues, détection des drogues, prison

Ce que nous avons examiné

La lutte contre le trafic des drogues est une grande priorité du SCC. Le Programme de chiens détecteurs est l’un des éléments qui composent la stratégie du SCC relative à la répression ds drogues. Mis en œuvre en 2001, ce programme permet à l’ensemble des établissements du SCC d’avoir recours à des unités canines.

Le présent examen se penche sur l’utilisation de chiens détecteurs de drogues à l’échelle internationale, sur les avantages et les inconvénients de ceux-ci et sur les recherches qui ont étudié leur efficacité à réduire le trafic de drogues dans les établissements carcéraux.

Ce que nous avons constaté

Il existe deux principaux types de chiens détecteurs de drogues : les chiens actifs et les chiens passifs (Gravett, 2000). On a recours aux chiens passifs, dotés d’un collier et menés par un maître-chien, pour fouiller les détenus et les visiteurs. Les chiens actifs, quant à eux, ne sont pas utilisés pour fouiller les gens. On détache plutôt leur laisse pour les laisser fouiller des bâtiments, des corridors et les zones à l’extérieur du périmètre. Un certain nombre d’organismes dans le monde se spécialisent dans le dressage de chiens détecteurs de drogues, dont les races les plus courantes sont le retriever du Labrador, le berger allemand, le golden retriever et le braque allemand (US Department of Justice, 2000).

Les chiens du SCC sont dressés par le Service de dressage des chiens détecteurs de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC, 2006). Mis à part un chien, tous les chiens dressés par l’ASFC sont des chiens détecteurs passifs. L’ASFC privilégie les retrievers du Labrador pour le dépistage des drogues.

Le recours aux chiens détecteurs de drogues dans les établissements carcéraux est bénéfique, car ceux-ci sont moins susceptibles de repérer des traces infimes de substances comparativement aux appareils de dépistage (US Department of Justice, 2000). On peut dresser les chiens pour qu’ils dépistent n’importe quel type de drogue, mais on doit se limiter à leur apprendre à dépister un maximum de neuf drogues pour assurer leur efficacité. Les chiens détecteurs de drogues ne peuvent travailler durant de longues périodes et doivent prendre une pause toutes les heures.

Bien que beaucoup de pays, dont le Canada, les États‑Unis, la Grande‑Bretagne et l’Australie, ont recours à des unités de chiens détecteurs de drogues, peu de preuves empiriques démontrent l’efficacité de ce type d’intervention. Les renseignements auxquels nous avons accès prouvent cependant que ces chiens sont en mesure de dépister les drogues (Black et coll., 2004; ASFC, 2006; US Department of Justice, 2000).

Les seules preuves qui démontrent l’efficacité des chiens dans la répression de l’importation et de la contrebande des drogues dans les établissements correctionnels sont de nature anecdotique. Beaucoup d’employés correctionnels considèrent que la seule présence des chiens dans les établissements sert d’élément dissuasif pour contrer la contrebande des drogues (Black et coll., 2004; US Department of Justice, 2000; Gravett, 2000). Le taux d’erreur (faux positifs et faux négatifs) demeure toutefois plus ou moins clair. Les auteurs ont été en mesure de trouver un seul rapport faisant état des taux de dépistage des drogues par les chiens détecteurs (New South Wales Ombudsman, 2008). Ce rapport, qui a été élaboré dans un contexte de dépistage par la police, révèle que 23 % des signaux envoyés par les chiens ont mené à une saisie de drogues. Il convient aussi de noter que les coûts et les bénéfices liés à l’utilisation de chiens détecteurs de drogues dans les prisons ne sont pas définis.

On explique le manque de preuves en ce qui a trait aux techniques de répression, dont les chiens détecteurs, par la pénurie de données préliminaires ou de référence ainsi que par la complexité des initiatives de répression dans les établissements carcéraux. Il arrive souvent que plusieurs interventions de répression soient mises en œuvre en même temps, ce qui rend difficile la tâche de déterminer l’effet d’une intervention donnée sur le trafic de drogues dans les prisons.

Ce que cela signifie

Le présent examen a permis de souligner le manque de preuves empiriques concernant l’efficacité des chiens détecteurs de drogues dans les établissements correctionnels.

Il est nécessaire de mener des recherches supplémentaires bien contrôlées qui incluent les concepts préalables et subséquents à la mise en œuvre ainsi qu’une méthode uniformisée de collecte des données afin de déterminer l’efficacité réelle des chiens détecteurs de drogues comme technique de répression du trafic des drogues dans les établissements correctionnels.

Bibliographie

BLACK, E., DOLAN, K., et A., WODAK. Supply, Demand, and Harm Reduction Strategies in Australian Prisons: implementation, cost and evaluation, Canberra, ACT:Australian National Council on Drugs, 2004.

AGENCE DES SERVICES FRONTALIERS DU CANADA. Service des chiens détecteurs - Étude d’évaluation, 2006, [en ligne], http://cbsa-asfc.gc.ca/agency-agence/reports-rapports/ae-ve/2006/dds-scd-fra.html (site Web de l’Agence des services frontaliers du Canada consulté le 21 décembre 2007).

GRAVETT, S. Drugs in Prison: A Practitioner’s Guide to Penal Policy and Practice in Her Majesty’s Prison Service, The Cromwell Press, Trowbridge, Wiltshire, London, England, 2000.

NEW SOUTH WALES OMBUDSMAN Review of the Police Powers (Drug Detection Trial) Act 2003, Sydney, New South Wales, 2008.

US DEPARTMENT OF JUSTICE. Guide for the Selection of Drug Detectors for Law Enforcement Applications (NIJ Guide 601-00), 2000.

Préparé par : Madelon Cheverie et Sara Johnson

Pour nous joindre

Centre de recherche en toxicomanie
902-838-5900
addictions.research@csc-scc.gc.ca