Tendances en matière de consommation de substances chez les délinquants autochtones et non autochtones

Mots clés

Consommation de substances, délinquants autochtones et non autochtones et Questionnaire informatisé

Contexte

À leur arrivée dans un établissement correctionnel fédéral, les délinquants subissent une évaluation en vue de déterminer, au moyen du Questionnaire informatisé sur la toxicomanie (QIT), l'existence d'un problème de toxicomanie. Le QIT intègre des outils de dépistage normalisés visant à cibler la consommation problématique d'alcool et d'autres droguesNote de bas de page 1. Nous savons déjà que les délinquants autochtones sont surreprésentés au sein du système correctionnel et qu'ils sont évalués comme présentant des besoins plus élevés que les délinquants non autochtones. Le but de la présente recherche est de fournir des résultats d'examen à jour sur les tendances en matière de consommation de substances chez les délinquants autochtones et non autochtones.

Ce que nous avons fait

Au total, 15 164 délinquants de sexe masculin ont répondu au QIT entre les exercices 2006-2007 et 2010-2011Note de bas de page 2. Nous avons comparé les délinquants autochtones et non autochtones en fonction des aspects suivants : l'âge au moment de la première consommation, la gravité de la toxicomanie, la drogue de prédilection et la consommation de plusieurs substances dans les 12 mois précédant l'arrestation.

Ce que nous avons découvert

  • L'âge au moment de la première consommation est plus précoce chez les délinquants autochtones que chez les délinquants non autochtones en ce qui concerne l'alcool (13 ans c. 15 ans) ou les drogues (15 ans c. 16 ans).
  • Chez 86 % des délinquants autochtones, la consommation d'alcool et de drogues a été déterminée comme un domaine de besoin, et cette proportion est de 68 % chez les délinquants non autochtones (Figure 1). Plus précisément, 56 % des délinquants autochtones et 37 % des délinquants non autochtones devraient suivre un programme de traitement intensif.
Figure 1. Gravité de la dépendance

Le diagramme à barres compare la distribution de la gravité de la dépendance chez les délinquants autochtones et non autochtones de sexe masculin qui ont rempli le Questionnaire informatisé sur la toxicomanie (QIT) du 1er avril 2006 au 31 mars 2011. Au total, 32,3 % des délinquants non autochtones ont été classés dans la catégorie « Aucune », comparativement à 13,8 % des délinquants autochtones; 30,7 % des délinquants non autochtones et 30,2 % des délinquants autochtones ont été classés dans la catégorie de gravité « Faible »; 14,2 % des délinquants non autochtones et 23,3 % des délinquants autochtones ont été classés dans la catégorie de gravité « Modérée »; et 22,8 % des délinquants non autochtones et 32,7 % des délinquants autochtones ont été classés dans la catégorie de gravité « Importante/Grave ».

Gravité de la dépendance

  • Chez les deux groupes, la dépendance aux drogues est plus marquée que la dépendance à l'alcool : 34 % à 44 % des délinquants ont une dépendance modérée ou élevée aux drogues et 8 % à 28 %, à l'alcool.
  • Chez les délinquants autochtones, la marijuana est plus souvent citée comme drogue de prédilection que chez les délinquants non autochtones (51 % c. 45 %), pour qui la drogue de prédilection est la cocaïne (33 % c. 29 % Figure 2).
Figure 2. Substances les plus consommées dans les 12 mois précédant l'arrestation

Le diagramme à barres présente les substances consommées au cours de la période de 12 mois précédant la dernière arrestation des délinquants autochtones et non autochtones de sexe masculin qui ont rempli le Questionnaire informatisé sur la toxicomanie (QIT) du 1er avril 2006 au 31 mars 2011. En tout, 50,6 % des délinquants autochtones et 45,1 % des délinquants non autochtones ont signalé avoir consommé de la marijuana/du haschisch; 28,6 % des délinquants autochtones et 33,4 % des délinquants non autochtones ont signalé avoir consommé de la cocaïne/du crack, tandis que des proportions semblables chez les deux groupes ont signalé avoir consommé des opiacés (12,8 % des délinquants autochtones et 12,2 % des délinquants non autochtones) et d'autres drogues (8 % des délinquants autochtones et 9,4 % des délinquants non autochtones). Les catégories de substances ne sont pas mutuellement exclusives.

Substances les plus consommées dans les 12 mois précédant l'arrestation

  • Plus de la moitié (59 %) des délinquants ont indiqué avoir consommé plus d'un type de drogue dans une même journée dans les 12 mois précédant leur arrestation. Fait intéressant, les délinquants autochtones étaient plus susceptibles d'avoir consommé à la fois de l'alcool et de la drogue dans une même journée que les délinquants non autochtones (59 % c. 51 %).

Ce que cela signifie

Les résultats montrent que près des trois quarts des délinquants présentent un certain degré de dépendance à l'alcool et aux drogues, à leur admission, et que plus de la moitié sont polytoxicomanes. Même si les délinquants autochtones ont une plus grande dépendance, les habitudes de consommation de plusieurs substances, avant l'incarcération, sont semblables chez les délinquants autochtones et les délinquants non autochtones. Les résultats montrent aussi que la toxicomanie est un domaine de besoin important chez les délinquants de sexe masculin à l'admission. Pour réussir leur réadaptation et leur réinsertion sociale, les délinquants doivent avoir un accès continu aux programmes, aux interventions et aux traitements nécessaires pour régler ce problème complexe.

Préparé par : Peggy Mullins et Shanna Farrell MacDonald

Pour nous joindre

Direction de la recherche
613-995-3975
recherche@csc-scc.gc.ca

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Skinner, H. A. et J. L. Horn. Alcohol Dependence Scale (ADS): User's guide, Toronto (Ontario), Fondation de la recherche sur la toxicomanie, 1984. Skinner, H. A. « The Drug Abuse Screening Test », Addictive Behaviours, vol. 7, 1982, p. 363-371.

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Note de bas de page 2

13 % des délinquants ayant répondu au QIT au cours de cette période étaient Autochtones.

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