Les antécédents culturels, sociaux et de toxicomanie des délinquants inscrits dans le Programme pour délinquants autochtones toxicomanes (PDAT)

Mots clés

Autochtones, établissement, intervention, caractéristiques, culture, antécédents sociaux, toxicomanie

Contexte

Dans les populations correctionnelles, il existe un taux élevé de problèmes familiaux et de toxicomanie, ce qui a des répercussions sur la capacité des délinquants de se réinsérer dans la collectivité. Le Programme pour délinquants autochtones toxicomanes (PDAT) est adapté à la culture des délinquants autochtones et vise à régler leurs problèmes de toxicomanie. Le programme adopte une approche mixte intégrant les traditions autochtones en matière de culture et de guérison et les meilleures pratiques contemporaines de traitement de la toxicomanie. En examinant les antécédents culturels, sociaux et de toxicomanie des délinquants inscrits au PDAT, on obtient une meilleure compréhension de ces délinquants et des problèmes pouvant avoir des répercussions sur leur participation au programme.

Ce que nous avons fait

Nous avons examiné les données fournies par 316 délinquantsNote de bas de page 1 dans l'entrevue préparatoire au PDAT : 64 % des délinquants de l'échantillon étaient inscrits au programme d'intensité élevée (PDAT-élevé), alors que 36 % des délinquants étaient inscrits à la version modérée (PDAT-modéré). Les données de toutes les régions et de tous les établissements offrant le PDAT ont été incluses dans l'échantillon.

Ce que nous avons constaté

En ce qui concerne l'enfance des délinquants, la moitié des délinquants de l'échantillon (49 %) ont indiqué qu'ils avaient été sous la responsabilité d'organismes de protection de la jeunesse. De ce nombre, 71 % des délinquants ont vécu en familles d'accueil et 39 % dans un foyer de groupe.

L'étude des caractéristiques des antécédents familiaux a démontré que 61 % des délinquants avaient des membres de leur famille qui avaient déjà été incarcérés. De plus, 73 % des délinquants ont déclaré avoir eu de la famille ayant résidé dans pensionnats. De ce nombre, 18 % des délinquants ont mentionné avoir eux­mêmes séjourné dans des pensionnats.

Les délinquants inscrits au PDAT ont déclaré qu'ils ont commencé à boire de l'alcool pour la première fois vers l'âge de 12 ans et à consommer des drogues à 13 ans. Presque tous (96 %) ont indiqué que la toxicomanie était liée à l'infraction à l'origine de la peine actuelle. Quatre­vingt­cinq pour cent (85 %) des délinquants ont déclaré avoir eu les facultés affaiblies au moment où ils ont commis l'infraction, et 29 % des délinquants ont commis l'infraction à l'origine de la peine actuelle dans le but d'obtenir de la drogue ou de l'alcool. La toxicomanie faisait manifestement partie de leurs antécédents familiaux : 88 % des délinquants ont dit qu'ils avaient un membre de la famille avec un problème d'alcoolisme/de toxicomanie, et 40 % ont indiqué que leur partenaire actuel avait un problème de toxicomanie.

Les trois quarts (75 %) des délinquants de l'échantillon ont indiqué faire partie d'une bande autochtone/d'une Première Nation, et 54 % ont répondu qu'ils parlaient une langue autochtone. La moitié de ces délinquants ont identifié le cri comme étant la langue autochtone parlée. En ce qui concerne leurs premiers contacts avec les cultures autochtones, 32 % des délinquants ont indiqué avoir reçu leurs premiers enseignements culturels autochtones à l'établissement carcéral.

La majorité des délinquants inscrits (94 %) ont affirmé qu'ils participaient aux activités culturelles autochtones. Vingt­deux pour cent (22 %) des délinquants ont révélé participer aux activités culturelles pour tenter d'éviter toute consommation d'alcool/de drogues, et seize pour cent (16 %) ont indiqué qu'ils voient un Aîné pour obtenir de l'aide avec leurs problèmes de toxicomanie.

Ce que cela signifie

Les cultures autochtones offrent une façon d'être, de savoir, de percevoir, de se comporter et, globalement, de vivre dans le monde, ce qui est vital pour la guérison des peuples autochtones (APN et coll., 2012). Une évaluation des antécédents familiaux, des antécédents de toxicomanie et de la participation culturelle des délinquants inscrits au PDAT appuie l'importance d'offrir des interventions spécialisées basées sur la culture et qui visent à répondre aux besoins précis de ces délinquants.

Bibliographie

APN, FANPLD et Santé Canada. (2012). Honorer nos forces : Cadre renouvelé du programme de lutte contre les toxicomanies chez les Premières nations du Canada. Source : http://nnadaprenewal.ca/?page_id=820&lang=fr

Préparé par : Shanna Farrell MacDonald, Pamela Forrester, Emily Trainor et David Varis

Pour nous joindre

Direction de la recherche
613-995-3975
recherche@csc-scc.gc.ca

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Les données des inscriptions au PDAT­élevé ont été rassemblées de 2007 à 2010; les données pour le PDAT­modéré, de 2009 à 2010.

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