Délinquants inuits : caractéristiques, adaptation en établissement et résultats postlibératoires

Mots clés

Inuit, délinquants, profil, comportement en établissement, type de mise en liberté, réincarcération

Ce que cela signifie

La recherche a démontré que les délinquants inuits ont des caractéristiques et des besoins particuliers. Une meilleure connaissance de ces différences culturelles peut permettre au Service correctionnel du Canada (SCC) d’améliorer les approches qu’il adopte à l’égard de ces délinquants. À l’heure actuelle, le SCC aide les délinquants inuits au moyen d’interventions correctionnelles adaptées à leur culture, comme l’accès aux Aînés inuits et la prestation de programmes reconnus à l’échelle nationale en inuktitut.

Ce que nous avons constaté

Un examen rapide des délinquants inuits sous la responsabilité du SCC en date de mai 2014 a révélé ce qui suit :

  • ils étaient plus susceptibles d’être incarcérés dans les régions de l’Ontario (Beaver Creek) et du Québec (Centre fédéral de formation);
  • 75 % avaient une cote de sécurité moyenne, et plus de la moitié d’entre eux purgeaient une peine d’une durée de 2 à 4 ans;
  • 93 % ont commis des crimes violents (notamment des infractions de nature sexuelle, mais également des homicides et des voies de fait);
  • ils présentaient un risque plus élevé (75 %), des besoins plus importants (84 %), un faible potentiel de réinsertion sociale (69 %) et un niveau de motivation de faible à modéré (94 %);
  • ils ont des besoins particuliers dans les domaines de l’orientation personnelle et affective, de la toxicomanie et de l’emploi.

Les délinquants inuits ont souvent manifesté de l’intérêt pour les activités et interventions culturelles; toutefois, selon une recherche antérieureNote de bas de page 1, l’attachement envers la culture inuite était susceptible de diminuer et l’attachement envers la culture des Premières Nations était susceptible d’augmenter pendant l’incarcération, en raison de la disponibilité d’activités et de cérémonies culturelles pour chaque groupe.

Les délinquants inuits présentaient un taux de participation aux programmes plus faible que celui des autres délinquants autochtones, ce qui s’explique peut-être par les obstacles linguistiques (environ les deux tiers parlent principalement inuktitut) et le faible niveau de motivationNote de bas de page 2 qui est fréquent au sein de cette population. Néanmoins, les délinquants inuits avaient le comportement en établissement le plus stable parmi les trois groupes autochtones, c.-à-d. moins d’accusations d’infraction disciplinaire grave, de jours de placement en isolement et de tests d’urine positifs.

Comparativement aux délinquants issus des Premières Nations et aux délinquants métis, les délinquants inuits se voyaient moins souvent accorder une libération discrétionnaire et plus souvent imposer des conditions spéciales par la Commission nationale des libérations conditionnelles, ce qui donne à penser qu’on estime qu’ils présentent un risque plus élevé. Malgré ces perceptions, les taux de réincarcération étaient semblables pour les différents groupes de délinquants autochtones : un délinquant sur trois était réincarcéré au cours de l’année suivant sa mise en liberté. Dans une proportion de 75 %, les réincarcérations des délinquants inuits découlaient d’une révocation sans nouvelle accusation.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

À l’instar des autres groupes autochtones (Premières Nations et Métis), les Inuits sont représentés de manière disproportionnée dans le système correctionnel fédéral; ils comptent pour 5 % des délinquants autochtones incarcérés et pour 4 % des délinquants autochtones dans la collectivité. Les Inuits forment un groupe distinct possédant une langue, une culture et des croyances qui lui sont propresNote de bas de page 3 ; ces caractéristiques sont à la base des besoins particuliers de ces délinquants en ce qui concerne la gestion des cas et les interventions. Afin de déterminer ces besoins avec précision, un portrait global des délinquants inuits a été établi.

Ce que nous avons fait

Les données recueillies lors d’un examen rapide réalisé en mai 2014 ont été utilisées pour examiner les caractéristiques actuelles des Inuits de sexe masculin. Les délinquants qui étaient incarcérés en date de mai 2013 ont été suivis tout au long de l’année afin que l’on puisse examiner leur participation aux programmes, leur comportement en établissement et leurs résultats postlibératoires.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter le site Web pour obtenir une liste complète des publications de recherche.

Préparé par : Shanna Farrell MacDonald et Mary B. Ritchie

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

S. Trevethan, J. Moore, L. Naqitarvik, A. Watson et D. Saunders, Les besoins des délinquants inuits incarcérés dans les établissements correctionnels fédéraux (R-142). Ottawa, ON : SCC, 2004

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Notes de bas de page

Note de bas de page 2

Les cotes attribuées aux niveaux de motivation peuvent être influencées par les compétences culturelles des employés qui effectuent l’évaluation (Anala, 2002).

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Notes de bas de page

Note de bas de page 3

S. Anala, Pour mieux servir les délinquants inuits. FORUM - Recherche sur l’actualité correctionnelle, 14(3), p. 4-6, 2002

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