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Rapport de synthèse

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Bibliographie annotée : Évaluations de programmes d'intervention auprès de gangs 

2005 N° B-36      PDF 

Robin Westmacott

Yvonne Stys

et

Shelley L. Brown

 

Direction de la recherche

Service correctionnel du Canada

Février 2005

 

RÉSUMÉ

Les gangs et les organisations criminelles étant devenus une source croissante de préoccupation au Canada, le Service correctionnel du Canada (SCC) s'est fixé comme priorité de déterminer l'impact que peuvent avoir les délinquants affiliés à des gangs dans les établissements correctionnels et sur le personnel qui y travaille. Face à l'influence que peuvent avoir ces délinquants, le SCC a lancé un certain nombre d'initiatives dans le but de mieux connaître les gangs et les organisations criminelles, à l'intérieur et à l'extérieur des établissements, et également d'évaluer l'efficacité des politiques et des méthodes utilisées actuellement pour gérer les délinquants affiliés à des gangs.

Afin de mieux documenter les politiques et les meilleures pratiques en ce qui concerne les organisations criminelles, ce rapport de synthèse passe en revue les stratégies de prévention et d'intervention. Se limitant aux stratégies déjà officiellement évaluées, il présente des descriptions des programmes et de leurs résultats.

Points saillants :

  • Bien que de nombreux programmes de prévention et d'intervention soient actuellement en marche, très peu ont été évalués. Bon nombre des évaluations réalisées laissent à désirer sur le plan de la méthodologie statistique et s'appuient largement sur des données qualitatives, des ouï-dire et des formules de recherche non expérimentales. Les programmes évalués concernaient généralement des jeunes qui étaient dans la collectivité et non en établissement.
  • Les programmes de prévention et d'intervention ont été basés sur plusieurs stratégies. La majorité est constituée de programmes faisant appel à des travailleurs sur le terrain, de programmes de prévention axés sur une formation et de programmes de répression. Les approches multidisciplinaires récentes en matière d'intervention emploient une combinaison de ces stratégies, associées à des perspectives d'emploi, à l'éducation et au counseling individuel et familial pour les membres des gangs.
  • Les évaluations laissent penser que les programmes de prévention axés sur la formation, ciblant des jeunes qui risquent de devenir membres d'un gang, comme le Gang Resistance Education and Training Program (GREAT - programme Résistance aux gangs, Éducation et Formation), apportent des changements modestes à court terme. Toutefois, des études de suivi ont montré que les participants sont tout aussi susceptibles que les non-participants de devenir, à long terme, membres d'un gang.
  • Les programmes d'action sociale auprès des gangs, qui font appel à des travailleurs sur le terrain - travailleurs sociaux, para-professionnels ou Autochtones dont le leadership est reconnu - sont à la fois inefficaces et préjudiciables. Des programmes de ce type, mais plus modernes, par exemple, BUILD (Broader Urban Involvement and Leadership Development - élargissement des activités en milieu urbain et développement des aptitudes au leadership) comprennent des séances d'information sur les conséquences de la participation à un gang, la pression des pairs et la toxicomanie. Malgré cette nouveauté, on constate que ces programmes n'empêchent pas les jeunes de s'affilier à des gangs.
  • Les programmes de répression des gangs sont axés sur une intervention judiciaire coordonnée, plus particulièrement la poursuite et la condamnation des membres de gangs. Les évaluations de ces programmes, conçus en partie pour éliminer les chefs de gangs et ainsi réduire leurs activités, ont donné des résultats mitigés. S'ils réussissent à réduire la criminalité attribuable aux gangs à court terme, les programmes de répression ne couvrent pas des domaines d'intervention importants comme le traitement de la toxicomanie, l'éducation et l'emploi.
  • Les programmes qui ont de multiples facettes, comme le Little Village Gang Violence Reduction Project (projet de réduction de la violence attribuable à des gangs) sont parmi les plus prometteurs. Ces programmes allient le contrôle ciblé des membres de gangs, le renforcement de la surveillance par la police et la répression, à la prestation d'un large éventail de services sociaux et à l'offre de débouchés aux jeunes visés. Les évaluations de ces programmes ont montré qu'ils réussissent à réduire les crimes violents, mais n'ont pas d'effet sur la taille et la cohésion des gangs ciblés par ces programmes.
  • L'intervention auprès des gangs et la prévention de leurs activités sont rendues difficiles par le manque d'information sur le pourquoi et le comment de la formation et de la dissolution des gangs de jeunes. De plus, les interventions actuelles sont rarement fondées sur la théorie. Les résultats montrent que la fréquence de l'offre de services et de stratégies n'est pas prédictive de la participation à un gang, alors que la nature des services offerts est très importante pour prévoir la participation future à un gang, en particulier, l'offre d'un counseling individuel aux jeunes à risque.

 


TABLE DES MATIÈRES


BIBLIOGRAPHIE ANNOTÉE

INDEX DES AUTEURS

INDEX DES MÉTHODES

INDEX DES PROGRAMMES

 

BIBLIOGRAPHIE ANNOTÉE

Braga, A. A. , Kennedy, D. M. , Waring, E. J. et Piehl, A. M. , Problem-oriented policing, deterrence and youth violence: An evaluation of Boston 's Operation Ceasefire (Services de police axés sur les problèmes, dissuasion et violence chez les jeunes : une évalution de l'Operation Ceasefire lancée à Boston ). Journal of Research in Crime and Delinquency, 38 (3), 195-225, 2001.

États-Unis : Operation Ceasefire (opération cessez-le-feu) est un programme d'intervention visant à contrôler les gangs et à les dissuader de commettre des actes violents graves, mais sans éliminer complètement leurs activités. À l'aide d'une stratégie de dissuasion (intervention coordonnée de la justice pénale), le programme a soumis les gangs violents à une série de poursuites judiciaires (p. ex., signification des mandats non exécutés, application stricte des décisions de probation et de libération conditionnelle et saisie des profits de la drogue et d'autres biens) a ainsi fait directement savoir que la violence conduirait à des punitions sévères et immédiates. Outre ces initiatives, les travailleurs sur le terrain, les agents de probation et de libération conditionnelle, les Églises et autres groupes communautaires ont offert aux membres des gangs des services, comme le counseling. Les gangs ont été informés des motifs et des services du programme au cours de réunions officielles, de contacts personnels avec la police et des agents de probation, et de réunions avec des détenus des établissements pour mineurs de Boston et des travailleurs sur le terrain. Méthodes  : Pour analyser l'impact du programme, on a fait l'étude chronologique d'un groupe, de façon à mesurer les variables des résultats pour le groupe ciblé à plusieurs moments pendant l'intervention. Les principales variables des résultats étaient le nombre mensuel des victimes par homicide, de 24 ans ou moins, dans les zones ciblées, ainsi que le compte mensuel des appels de personnes ayant entendu des coups de feu et des signalements officiels d'attaques à main armée dans toute la ville. On a également comparé les tendances dans les homicides de jeunes à Boston avec celles d'autres grandes villes américaines. Le programme a commencé en mai 1996 et a pris fin en mai 1998. Les données étudiées allaient de janvier 1991 à mai 1998. Résultats : Les analyses chronologiques ont montré une réduction de 63 % du nombre mensuel moyen de jeunes victimes d'homicides du pré-test (3,5 homicides de jeunes par mois, de janvier 1991 à mai 1996) au post-test (1,3 homicide de jeunes par mois, de juillet 1996 à mai 1998). Après avoir tenu compte de plusieurs variables confusionnelles (notamment les changements suivants : taux d'emploi à Boston, population des jeunes de Boston, tendances de la violence et des homicides dans toute la ville chez les plus de 25 ans et participation des jeunes au marché de la drogue dans la rue), on a constaté une réduction marquée des homicides de jeunes, des appels pour coups de feu et des attaques à main armée. Par rapport à 39 autres villes américaines, Boston a connu le taux de réduction le plus important des homicides de jeunes, alors qu'aucune tendance nationale ne pouvait expliquer cette évolution à Boston. Les chercheurs n'ont pu réunir de données pré-test et post-test pour expliquer la dynamique entre les gangs et à l'intérieur des gangs résultant des activités du programme.

Caplan, N. S . , Deshaies, D. J. , Suttles, G. D. et Mattick, H. W. , The nature, variety, and patterning of street club work in an urban setting (Les clubs de rue en milieu urbain : nature, diversité et tendances). Dans Juvenile gangs in context, sous la dir. de M. Klein et B. G. Myerhoff, p. 194-202, 1967.

États-Unis : Ce rapport est une évaluation transversale du Chicago Youth Development Project (CYDP-Projet de développement axé sur les jeunes de Chicago), programme faisant appel à des travailleurs sur le terrain ou des agents des services sociaux, qui travaillent avec les gangs pour les transformer en groupes ou clubs plus pro-sociaux. Méthodes  : Au début de l'étude, le programme existait depuis 18 mois dans trois quartiers du centre-ville de Chicago à forte délinquance, chacun faisant environ un mile carré de superficie. Le programme ciblait tous les garçons de 10 à 19 ans habitant dans les trois quartiers ciblés ( n =645). Trente-huit pour cent des garçons avaient des antécédents de délinquance. Les travailleurs ont noté chaque jeune en fonction de plusieurs critères, notamment le niveau d'influence perçue sur la cible, le temps passé avec la cible, la confiance mutuelle entre le travailleur et la cible, et la sympathie générale ressentie pour la cible. Les analystes ont vérifié si ces variables étaient corrélées avec la délinquance de la cible et ses démêlés avec la justice, également notés par les travailleurs. Résultats  : Sans pouvoir établir de lien de cause à effet, des notes élevées pour « sympathie pour la cible » au cours de la phase initiale du contact peuvent avoir prédisposé certains travailleurs à sur-utiliser les ressources du programme pour les cibles jugées plus sympathiques. Les variables très interdépendantes étaient les suivantes : degré du succès perçu du programme pour la cible (délinquance et démêlés avec la justice signalés), influence sur la cible, étroitesse de la relation avec la cible, succès obtenu auprès de la cible, sympathie pour la cible et sympathie de la cible pour le travailleur. Du fait que l'étude ne s'appuyait que sur les perceptions des travailleurs sur le terrain, il est impossible de formuler des hypothèses sur l'efficacité du programme (taux de délinquance).

Derezotes, D. , Evaluation of the Late Nite Basketball project (Évaluation d'un projet axé sur l'organisation de matchs de basket-ball tard en soirée). Child and Adolescent Social Work Journal , 12 (1), p. 33-50, 1995.

États-Unis : Cet article présente une évaluation qualitative du Late Nite Basketball Program , une ligue organisée sur le modèle de la National Basketball Association. Le programme était animé par des mentors bénévoles des équipes de basket-ball Utah Jazz et University of Utah, qui ont tenu des ateliers obligatoires après les matchs pour informer et discuter de sujets comme la toxicomanie et l'alcoolisme, l'éducation et la formation, et les perspectives d'emploi. Les objectifs du programme consistaient à canaliser l'énergie des jeunes vers des activités plus positives et améliorer leur qualité de vie, ainsi que leur discipline et leur personnalité pour les préparer à exploiter de futures possibilités. Méthodes  : Les participants ont été choisis dans dix équipes de jeunes gens à risque (de 16 à 20 ans), au moyen d'une présélection organisée par la police et d'autres organismes locaux. Des données ont été recueillies lors d'entrevues avec plus de 100 membres de gangs, membres de leurs familles et membres du personnel. Les entrevues, qui ont commencé en novembre 1993 et ont pris fin en mars 1994, ont été analysées à l'aide d'une méthode qualitative. Résultats  : Les participants, tout en exprimant une attitude positive à l'égard du programme et de ses avantages (plaisir de jouer, perspectives d'un emploi et de bourses d'études, ateliers, réduction de la violence entre les gangs et nouvelles relations), ne pensaient pas que le programme pourrait éliminer les activités des gangs. Le fait que le lien entre jeunes et mentors n'ait pas été clairement établi a également posé problème (37 % des jeunes et 54 % des membres des familles ne savaient pas qui était leur mentor). Plusieurs jeunes ont indiqué que les ateliers après les matchs n'étaient pas efficaces. Tout comme les participants, les membres des familles et du personnel se sont dits favorables au programme, mais ont estimé qu'il ne pourrait pas faire cesser les activités des gangs.

Esbensen, F. , The National Evaluation of the Gang Resistance Education and Training (GREAT) Program (Évaluation nationale du programme GREAT  - programme Résistance aux gangs, Éducation et Formation). Dans The Modern Gang Reader (2 éd.) , sous la dir. de J. Miller, C. L. Maxson et M. W. Klein, (p. 289 - 302). LA: Roxbury, 2001.

États-Unis  : Cet article résume une évaluation nationale du programme GREAT, programme de prévention créé en 1991 par le service de police de Phoenix et exécuté d'octobre 1994 à septembre 2000. En janvier 2000, plus de 3 500 agents de police américains avaient été formés pour sensibiliser les jeunes aux conséquences de leur participation à un gang. GREAT est un programme de neuf cours sur neuf semaines, offert aux élèves des niveaux intermédiaires. Les cours portent sur des sujets comme la sensibilité culturelle, la drogue, le règlement des conflits, l'établissement d'objectifs et la résistance aux pressions des pairs. Les élèves discutent également des gangs et de la façon dont ils influent sur la qualité de vie des jeunes. Méthodes  : Pour évaluer le processus, le personnel de recherche a observé cinq séances de formation des agents pendant la première année du programme, ainsi que 87 cours, et évalué les résultats en deux stratégies. Premièrement, une étude transversale a porté sur 5 935 élèves de 8 e  année, de diverses origines ethniques, dans 11 villes des États-Unis où le programme était offert. Deuxièmement, une étude longitudinale sur cinq ans, quasi expérimentale, a porté sur six de ces villes, en utilisant un échantillon différent d'élèves de 7 e  année, choisis au hasard dans 22 écoles des villes sélectionnées. Au total, il y avait 76 classes GREAT, représentant 1 871 élèves, et 77 classes de contrôle comptant 1 697 élèves. Les mesures des études de résultats transversales et longitudinales étaient les mêmes, soit des questionnaires évaluant les attitudes envers les membres des gangs et un questionnaire évaluant la délinquance auto-déclarée. Au pré-test, 17 % des participants au programme ont déclaré avoir été membres d'un gang, et 9 % l'être toujours, 2 629 élèves (45 %) ont dit qu'ils avaient suivi le programme (et sont devenus le groupe étudié) et 3 207 (55 %) ont dit ne pas l'avoir suivi (et sont devenus le groupe de comparaison). Résultats  : Les séances de formation des agents étaient bien organisées et menées par des agents compétents. Les agents ont respecté les grandes lignes du cours et de son contenu. On a donc estimé que le programme était exécuté comme prévu. L'évaluation transversale des résultats, pour laquelle les données ont été recueillies un an après la fin de GREAT, a révélé que le niveau d'affiliation à un gang et de délinquance des participants était sensiblement inférieur à celui des non-participants. Les participants affichaient également des attitudes beaucoup plus positives envers la police, des attitudes plus négatives envers les gangs, des niveaux de culpabilité plus élevés s'ils commettaient des actes répréhensibles, et accordaient une plus grande importance à l'école. Lorsqu'on a divisé les élèves en groupes à haut et faible risques, GREAT a été jugé plus efficace pour les élèves à haut risque. Les analyses longitudinales, comportant un pré-test et post-test, et des suivis après un et deux ans, n'ont pas révélé les mêmes résultats que l'évaluation transversale, ni de différences de comportement ou d'attitude systématiques entre les participants et les non-participants, à long terme. D'autres analyses, divisant les participants à faible et haut risques et se concentrant sur le programme GREAT dans les villes où il était de la plus haute qualité, n'ont également révélé aucune différence significative. L'auteur fait remarquer qu'il est peu probable que les programmes de prévention à caractère individuel puissent influer sur la participation aux gangs, si l'on ne tient pas compte des conditions sociales, structurelles et communautaires.

Esbensen, F. et Osgood, D. W. , Gang Resistance Education and Training (GREAT) : Results from the national evaluation (GREAT . - programme Résistance aux gangs, Éducation et Formation : résultats de l'évaluation nationale). Journal of Research in Crime and Delinquency , 36 , p. 194-225, 1999.

États-Unis : Cette étude rend compte de la partie transversale de l'évaluation de GREAT, programme de prévention créé en 1991 par le service de police de Phoenix et inspiré du programme DARE (Drug Abuse Resistance Education - Formation à la résistance à la toxicomanie). GREAT a été intégré au programme scolaire dans 47 États et comprend neuf cours, offerts une fois par semaine, conçus pour parler aux élèves des niveaux intermédiaires (essentiellement de 7 e  année) de la résolution des conflits, de la sensibilité culturelle et des aspects négatifs de la vie de gang. Les objectifs du programme sont de : 1) réduire les activités des gangs et 2) sensibiliser les jeunes aux conséquences de la participation à un gang. Afin de donner une formation en dynamique de la vie pour aider les adolescents à résister à la pression des pairs d'entrer dans un gang, on a utilisé une approche cognitive qui cherche à produire un changement d'attitude et de comportement par l'instruction, la discussion et le jeu de rôles. Méthodes  : Comparaison transversale, post-test seulement, de 5 935 élèves de 8 e  année un an après la fin du programme. Cette évaluation a porté sur les résultats de la formation qui sont liés à la fois théoriquement et empiriquement à la participation à des gangs et à la délinquance, la logique étant que les effets à court terme sur ces variables permettent de supposer des réductions à long terme. La participation à un gang a été mesurée à l'aide des réponses des intéressés aux questions suivantes : « Avez-vous déjà été membre d'un gang? » et « Êtes-vous actuellement membre d'un gang? », les réponses à l'une ou l'autre des questions étant interprétées comme une appartenance à un gang, en raison du jeune âge des élèves de l'échantillon. Ceux-ci ont été classés comme membres de gangs seulement s'ils indiquaient que leur gang se livrait à au moins un type de délinquance (vols, cambriolages, bagarres avec d'autres gangs). Résultats  : L'évaluation du programme est une moyenne des différences, au sein de l'école, entre les participants et les non-participants au programme (pondérée selon la taille de l'échantillon), en tenant compte des différences de sexe, d'âge, de race, de situation familiale et d'éducation des parents. Les effets du programme ont été statistiquement modestes, mais parmi les élèves qui l'ont suivi, on a enregistré des niveaux inférieurs dans toutes les mesures d'affiliation à un gang et de délinquance auto-déclarée, des taux inférieurs de toxicomanie et des infractions mineures, ces différences étant souvent statistiquement significatives. Le programme semble ne pas avoir eu d'effet sur les taux de victimisation, de vente de drogues ou de participation à des infractions liées au statut légal (tailles d'effet normalisées <0,035, p >0,3).

Fritsch, E. J. , Caeti, T. J. et Taylor, R. W., Gang suppression through saturation patrol, aggressive curfew, and truancy enforcement: A quasi-experimental test of the Dallas Anti-Gang Initiative (Répression des gangs grâce à des patrouilles de saturation et à l'application sévère d'un couvre-feu et des lois sur la fréquentation scolaire : test quasi expérimental dans le cadre d'une initiative anti-gang lancée à Dallas) . Crime and delinquency , 45 (1), p. 122-139, 1999 .

États-Unis : Cet article présente une évaluation de l'initiative anti-gang lancée par le service de police de Dallas en 1996. Des agents qui avaient accepté de faire des heures supplémentaires ont été affectés dans cinq quartiers où sévissaient les gangs les plus violents de la ville, afin de mettre en ouvre plusieurs stratégies d'application de la loi, notamment une patrouille de saturation, un couvre-feu rigoureux et l'application des lois sur la fréquentation scolaire. Méthodes  : Utilisation d'une conception quasi expérimentale, dans le cadre de laquelle les cinq quartiers ciblés ont été comparés à quatre quartiers de contrôle, en fonction du nombre d'infractions violentes commises par des gangs. Deux ensembles de données ont été utilisés pour mesurer l'impact sur la criminalité : 1) infractions signalées à la police du 1 er  juin 1995 au 31 mai 1997 et 2) données de l'unité chargée des gangs sur toutes les infractions commises par des gangs signalées pendant la période. Ces deux périodes (l'année précédant l'initiative anti-gang et l'année de l'initiative) ont été comparées pour voir les différences dans les valeurs moyennes. Dans le cas de différences sensibles, on a examiné la stratégie employée pendant la période (p. ex. couvre-feu, vérification de la fréquentation scolaire ou patrouille de saturation). Résultats  : Dans l'ensemble, on a constaté une réduction de 57 % ( p <0,05) des actes de violence commis par les gangs dans les quartiers ciblés pendant l'initiative. On a également observé des diminutions statistiquement significatives de la violence des gangs dans les quartiers de contrôle pendant l'initiative anti-gang, bien que cette diminution n'ait été que de 37 %. Par rapport à l'année précédant l'initiative anti-gang, les infractions violentes dues aux gangs ont sensiblement diminué dans les quartiers ciblés pendant la période du programme. La stratégie de suppression des gangs utilisée dans ces quartiers a consisté à vérifier la fréquentation scolaire (efforts pour faire appliquer les lois sur la fréquentation scolaire et le couvre-feu). Les deux quartiers de contrôle appariés ont connu une augmentation de 22 % des infractions dues aux gangs, mais cela pouvait être attribuable à la migration des membres des gangs dans des quartiers où la police était moins présente. Dans les deux quartiers ciblés qui n'ont pas connu de réduction notable de la violence due aux gangs, on a employé une stratégie de patrouille de saturation non dirigée. Par conséquent, le seul fait de renforcer la présence policière n'a pas été suffisant pour réduire la violence des gangs.

Gandy, J. M. , Preventive work with street corner groups: The Hyde Park Youth Project , Chicago (Interventions préventives auprès de bandes de rue : le projet des jeunes de Hyde Park, Chicago), Annals of the American Academy of Political and Social Science , mars 1959 , p. 107-116, 1959.

États-Unis  : Cet article présente une évaluation des résultats obtenus avant et après (pas de groupe de contrôle) la mise en ouvre du Hyde Park Youth Project , programme de prévention des gangs par des intervenants sur le terrain, mis en ouvre pendant trois ans dans un quartier défavorisé de Chicago dans les années 50. Le projet comportait plusieurs initiatives, mais il n'est rendu compte dans ce document que du travail avec les bandes de rue. Le quartier de Hyde Park a été choisi en raison de la prévalence des gangs, mais également parce qu'il possédait des ressources (organismes communautaires) pour créer un programme de prévention de la délinquance. Le programme visait les bandes des rue (une expression ancienne pour désigner les jeunes appartenant à un gang) de Hyde Park, dont aucun autre organisme communautaire ne s'occupait, et avait pour but de prévenir ou de réduire la criminalité. Les fonctions et les rôles précis des travailleurs sur le terrain ne sont pas expliqués en détail. Méthode  : Trois intervenants ont travaillé avec 11 bandes de rue pendant trois ans. Ces bandes étant composées de 9 à 36 membres, plus de 300 jeunes étaient concernés par le projet. Une bande de rue était incluse dans le projet si elle répondait aux critères suivants : un groupe d'individus ayant un lieu de rencontre à Hyde Park, manifestant des tendances antisociales avérées, causant la peur dans le quartier, pouvant être aidé par les services offerts dans le cadre du projet et n'étant pas déjà desservi par un organisme communautaire. Trois groupes comprenaient uniquement des Afro-américains, six groupes regroupaient des membres de race blanche et deux étaient multi-raciaux. Seulement un des groupes (membres de race blanche) comprenait des garçons et des filles. La fréquence du comportement antisocial a été mesurée avant et après le projet par les travailleurs sur le terrain au moyen d'estimations de l'importance du comportement antisocial de chaque jeune sur une échelle de cinq points, allant de « pas de participation connue ou soupçonnée » à « incarcéré au moment de la notation ». On a demandé aux intervenants d'utiliser des données provenant de la police et des organismes d'exécution de la loi, des écoles, des groupes civiques, des commerçants, ainsi que leur propre opinion fondée sur leurs contacts fréquents avec les jeunes. Les notations avant et après concernaient une période de quatre mois, au début et à la fin du projet. Résultats : Aucune analyse statistique des notations des travailleurs sur le terrain n'a été faite, mais ils ont indiqué que : 46 % ( n =151) des jeunes participaient à moins d'activités criminelles au post-test, alors que 130 jeunes n'avaient pas changé entre le pré-test et le post-test. Plus de la moitié de ce groupe de 130 ( n =73) n'était pas connu pour avoir eu un comportement antisocial lors du pré-test, alors que les 57 autres participants sont restés à leur niveau pré-test en ce qui concerne le comportement antisocial. Sur l'ensemble du groupe, 10 % des jeunes ( n =34) affichaient un comportement plus antisocial lors du post-test. Seulement neuf jeunes sont passés de « participation fréquente » au pré-test à « pas de participation » au post-test.

Goldstein, A. P. et Glick, B. , The prosocial gang: Implementing Aggression Replacement Training (Le gang prosocial : mise en ouvre d'une formation au remplacement de l'agressivité) . Thousand Oaks, CA: Sage, 1994.

États-Unis : Cet ouvrage décrit plusieurs études concernant la formation au remplacement de l'agressivité (Aggression Replacement Training - ART), dont une sur l'impact de ce type d'intervention sur les jeunes appartenant à un gang. L'ART comprend des cours théoriques sur la canalisation des compétences (comment exprimer des revendications, réagir aux sentiments des autres et se préparer à des interactions stressantes de façon prosociale), sur le raisonnement moral (discussion des réactions morales à des dilemmes moraux hypothétiques) et sur le contrôle de la colère (auto-évaluation, formation en relaxation et comment identifier les déclencheurs émotionnels au moyen de jeux de rôles). Un atelier ART de 32 séances a été organisé dans plusieurs quartiers défavorisés envahis par des gangs, en collaboration avec un certain nombre d'organismes s'occupant de jeunes, à New York. Des gangs entiers ont été choisis comme cibles, en prenant pour hypothèse que le fait de cibler la totalité d'un gang faciliterait l'orientation des jeunes vers des activités plus prosociales. Méthode  : Les questionnaires ont été remplis par les jeunes eux-mêmes ou par les intervenants. Les participants ( n =38) et les membres du groupe de contrôle ( n =27), appartenant à des gangs non participants, mais du même quartier ont été évalués en fonction des compétences interpersonnelles (évaluation des compétences enseignées et pratiquées dans le cadre de l'ART), de la maîtrise de la colère (Anger Situations Inventory, Hoshmand et Austin, 1987), du fonctionnement dans la collectivité (The Community Adjustment Rating Scale, Goldstein et Glick, 1987) et des récidives (nouvelles arrestations suivies sur huit mois, quatre pendant l'ART et quatre après). Tous les participants (et les membres du groupe de contrôle) avaient déjà été arrêtés au moins une fois et souvent plusieurs fois. Résultats  : Par rapport aux membres du groupe de contrôle, les participants à l'ART avaient des compétences interpersonnelles nettement supérieures et étaient mieux adaptés au milieu de travail. On n'a pas observé de différences importantes en ce qui concerne la maîtrise de la colère ou le fonctionnement dans la collectivité, mais l'orientation des résultats était en faveur des participants à l'ART. Cinq des participants (13 %) et 14 des 27 membres du groupe de contrôle (52 %) ont été arrêtés de nouveau pendant la période de suivi de huit mois ( =6,08, p <0,01). Une seule chose permet de conclure que des jeunes ont quitté les gangs : il est noté que, dans le mois qui a immédiatement suivi l'ART, de nombreux membres des gangs sont partis et ont trouvé un travail dans des magasins de détail ou dans la construction.

Hagenbucher, G. , PROGRESS: An enhanced supervision program for high-risk criminal delinquents (PROGRESS : un programme intensif de supervision pour criminels à haut risque). FBI Law Enforcement Bulletin, septembre 2003 , p. 20 - 24, 2003.

États-Unis : Le programme Proactive Gang Resistance Enforcement, Suppression and Supervision (PROGRESS - Résistance proactive aux gangs, répression et supervision), mis en ouvre entre octobre 1999 et septembre 2001 par la police de Wasau, Wisconsin, et le Service correctionnel de Marathon County, Wisconsin, concerne des délinquants à haut risque (membres de gangs, criminels violents et délinquants sexuels). Des agents de probation et de libération conditionnelle ont fait des visites systématiques et impromptues chez ces délinquants, pour déterminer les facteurs de risque, avant qu'ils n'enfreignent les règles de surveillance. Les objectifs du programme étaient les suivants : 1) que les délinquants sachent que les infractions aux règles ont toutes les chances d'être détectées et 2) que les délinquants fassent l'expérience des conséquences immédiates de ces infractions. Les visites à domicile ont été faites par des agents de probation et de libération conditionnelle sélectionnés, avec l'aide éventuelle d'agents de police, pour discuter des règles de surveillance avec tous les occupants du domicile du délinquant et faire le tour de l'habitation. En deux ans, l'équipe de PROGRESS a eu près de 2 500 contacts avec des délinquants, au cours de 4 000 visites à domicile, et un peu plus de 1 100 contacts avec les familles et les amis des délinquants. Environ 200 délinquants ont été trouvés en infraction de leurs règles de surveillance, en particulier pour ce qui est de la consommation d'alcool, des consignes concernant les heures de rentrée et des contacts avec des personnes non autorisées. Méthode  : Il n'y avait pas de groupe de comparaison, et l'efficacité du programme a été mesurée en examinant la fréquence des infractions aux conditions de la probation pendant la durée du programme. Résultats  : Le nombre d'infractions par visite a diminué de 43 % d'octobre 1999 à septembre 2000. Au cours du premier trimestre du programme (d'octobre à décembre 1999), le ratio était d'une infraction pour sept visites, alors que pendant le dernier trimestre (juillet à septembre 2001), le ratio était d'une infraction pour 39 visites. De même, le nombre d'infractions aux règles est tombé de 14 % la première année à 3 % la deuxième.

Kent, D. R. et Smith, P. , The Tri-Agency Resource Gang Enforcement Team : A selective approach to reduce gang crime (Intervention multi-agences contre les gangs : une méthode pour restreindre l'activité criminelle des gangs). Dans The Modern Gang Reader (2 e éd.) , sous la dir. de M. W. Klein, C. L. Maxson et J. Miller, p. 292-296, Los Angeles, Roxbury, 1995.

États-Unis : Cet article décrit un programme de répression des gangs, mis en ouvre par des organismes d'application de la loi de Westminster, en Californie du Sud. Le programme avait pour principal objectif d'éliminer les chefs de gang afin de réduire l'activité criminelle des gangs dans la ville. Les objectifs opérationnels consistaient à arrêter, poursuivre et condamner avec rigueur les sujets ciblés, à surveiller de près ceux qui étaient en probation et à assurer la diffusion de l'information aux organismes qui collaboraient au projet, afin de faciliter l'identification des membres de gangs les plus endurcis. Tous les membres de gangs ayant eu des contacts avec la police de Westminster ont été identifiés, et leurs noms ont été enregistrés dans une base de données pour tout le comté. On a identifié 2 158 membres de gangs connus, 647 d'entre eux ont été désignés comme cibles possibles et 77 ont été classés dans la catégorie des cibles « endurcies » dont on a surveillé l'activité criminelle. La police a effectué une surveillance serrée des cibles et, lorsque des arrestations ont eu lieu, des poursuites verticales ont été engagées, de lourdes peines ont été imposées et la surveillance pendant la probation a été renforcée. Outre les « endurcis », tous les membres de deux gangs très actifs ont été poursuivis au civil, dans le but de les chasser d'un quartier de la ville où ils se livraient à des activités criminelles. Méthodes  : Peu de détails sont fournis, mais les données de la police ont été examinées pour établir des tendances dans la criminalité des gangs pendant l'année où le programme a été mis en ouvre. Résultats  : Sur 77 membres « endurcis » des gangs ciblés, 53 ont été incarcérés. On a observé une diminution de 62 % de la criminalité grave des gangs pendant l'année du projet.

Klein, W. K. , Gang cohesiveness, delinquency, and a street-work program (Cohésion des gangs et délinquance dans le contexte d'une intervention sur le terrain). Journal of Research in Crime and Delinquency, 6 , p. 135-166, 1969.

États-Unis : Cet article présente une évaluation du Group Guidance Project (projet d'orientation de groupe) mis en ouvre sur le terrain par des agents du Service de probation du comté de Los Angeles qui sont entrés en contact avec des jeunes appartenant à des gangs dans des quartiers du centre-ville. En 1961, Group Guidance a lancé un projet expérimental de quatre ans, conçu pour offrir, par l'intermédiaire d'un noyau de travailleurs sur le terrain, des services en matière d'emploi, d'éducation et de loisirs à des jeunes appartenant à des gangs. Il s'agissait de prévenir le développement de gangs afro-américains dans le centre-sud de Los Angeles, en reconnectant les membres avec leurs institutions communautaires. On a fait appel à cinq travailleurs sur le terrain, et bien que leurs styles aient été très différents (et dans certains cas, aient changé à cause de ce qui s'est passé en cours de projet), les activités du programme ont consisté en un counseling individuel, des réunions hebdomadaires avec le gang et des activités spéciales de groupe comme le sport, la danse et les excursions. Les réunions avec les parents et les contacts avec des responsables d'organismes au sujet de la scolarisation, des loisirs et de l'emploi étaient secondaires. Méthode  : Évaluation des activités des travailleurs sur le terrain en examinant leurs rapports quotidiens. Une évaluation des résultats a été réalisée selon un concept longitudinal, intra-sujets, sans groupe de contrôle. On a identifié 576 garçons et 202 filles appartenant à quatre gangs du comté de Los Angeles. Aucun groupe de contrôle ou zone géographique appropriés n'ayant été trouvés à des fins de comparaison, les infractions commises par les membres des gangs (relevées dans les dossiers de probation) pendant la durée du projet (juillet 1961 - juin 1965) ont été comparées aux infractions commises avant le projet (juillet 1957 - juillet 1961). De même, pour tenir compte des effets de l'âge (l'auteur présumant que la délinquance est à son maximum à 16 ans, les effets du programme ont été étudiés chez les sujets sur une période de huit ans), le nombre réel des infractions commises pendant le projet a été comparé au nombre attendu d'infractions, selon les données sur les infractions précédant le projet. Résultats  : Les rapports d'activité quotidiens des travailleurs sur le terrain ont indiqué qu'un tiers seulement de temps de travail était consacré au contact avec les jeunes (le reste se divisait entre le travail administratif, les déplacements et la présence sur les lieux de rencontre des jeunes). On a surtout utilisé des activités de groupe pour prendre contact avec les jeunes. Rares ont été ceux qui se sont rendus aux réunions du club (servant à enseigner les valeurs démocratiques et la planification des activités aux jeunes), mais les activités spéciales (sports, excursions et réunions de trêve) ont été très courues (mais seulement par les membres des gangs ayant le moins besoin du programme). Une augmentation importante de la délinquance a été observée, en particulier chez les jeunes de 12 à 15 ans. Les infractions collectives (commises par des jeunes lorsqu'ils sont en groupe) ont aussi augmenté, et le nombre réel des infractions a dépassé le chiffre attendu pendant 35 des 48 mois qu'a duré le projet. Des corrélations positives ont été constatées entre le niveau de participation aux activités de groupe, la cohésion entre les jeunes et le nombre d'infractions qui avaient été commises par les gangs participant au projet, et signalées. Le rapport a conclu qu'un programme d'interventions axées sur un groupe peut, en fait, aller à l'encontre du but recherché, car cela donne aux gangs de nouvelles occasions de recruter des membres, et les travailleurs sur le terrain facilitent en fait la cohésion des gangs. D'ailleurs, après le départ de ces travailleurs, on a constaté une réduction de la cohésion des gangs.

Klein, W. K. , The Ladino Hills Project (Le projet Ladino Hills) . Dans W. K. Klein, Street Gangs and Street Workers (Gangs de rue et travailleurs sur le terrain) , p. 223-329, Englewood Cliffs, NJ, Prentice-Hall, 1971.

États-Unis : Cet ouvrage présente une description et une évaluation approfondies des résultats du Ladino Hills Project (projet Ladino Hills) . Mis en ouvre dans le centre-sud de Los Angeles en 1961, ce programme de 18 mois faisant appel à des travailleurs sur le terrain a été conçu pour améliorer le Group Guidance Project (projet d'orientation de groupe) . Le projet Ladino Hills avait pour but de modifier le paradigme de l'intervention collective des travailleurs sur le terrain et de recentrer les principaux objectifs du projet sur la dissolution des gangs, en affaiblissant leur cohésion et en encourageant chacun des membres à avoir des activités positives. Les principales activités des intervenants étaient de fournir un counseling individuel, de groupe et familial, tandis que le personnel des organismes communautaires offraient des solutions de rechange à la participation au gang. L'accent était mis sur l'éducation, les perspectives d'emploi et les loisirs. Les intervenants communautaires appariaient également les membres des gangs avec des parrains adultes issus de la collectivité locale, dans le cadre d'une approche de type « grand frère ». Les activités de groupe étaient découragées et les bagarres de gang dévalorisées (ce qui n'était pas le cas dans le programme précédant où les intervenants organisaient des réunions de trêve). Les membres de longue date et les nouvelles recrues ont été les cibles les plus recherchées. Méthodes  : Au début du projet, en 1966, les membres actifs des gangs comprenaient 75 garçons et 20 filles, tandis que 50 autres garçons et 20 autres filles avaient divers statuts d'inactifs. Pendant la durée du projet, 64 membres des gangs ont été ciblés et suivis selon qu'ils étaient employés, incarcérés ou en thérapie. Les données recueillies pendant une période pré-test (les 18 mois précédant le projet) ont été comparées aux données réunies pendant le projet lui-même (18 mois). La cohésion du groupe a été mesurée par les travailleurs sur le terrain, qui ont inscrit le nombre de contacts observés entre les membres des gangs, tandis que la délinquance a été mesurée grâce aux données sur les arrestations par la police. Résultats  : La cohésion du groupe des gangs latino-américains a diminué pendant la durée du projet, la taille des gangs a été réduite d'environ 40 % et le recrutement de nouveaux membres a été interrompu. Mais le nombre des arrestations mensuelles n'a guère baissé. Bien que le nombre absolu des infractions ait diminué (de 35 %) pour les membres ciblés, passant de 139 accusations pendant la période précédant le projet à 91 pendant la durée du projet, on n'a pas observé de différences significatives, compte tenu des effets de l'âge. La réduction absolue de la délinquance a été attribuée à la réduction de la taille des gangs.

Meltzer, G. R. , Assessment of a probation department gang reduction and suppression program (Évaluation d'un programme de réduction et de répression de gangs, mis en ouvre par un service de probation). Dissertation Abstracts International, 62 , 11B, 2002.

États-Unis : Cette étude a rendu compte de l'efficacité d'un programme de réduction et de répression de gangs, mis en ouvre par un service de probation . Méthodes  : Les participants étaient 45 adolescents, membres de gangs, placés sous la surveillance du service de probation du comté de San Bernardino et dont la participation au programme a été imposée par le tribunal. Le programme s'articulait autour des déclarations des intéressés et comprenait un pré-test et un post-test, sans groupe de comparaison. Pour les mesures, on a utilisé des questionnaires sur les distorsions cognitives, le comportement général, la connaissance des lois et les attitudes à l'égard des lois et de l'application de la loi, et l'affiliation à un gang. Résultats  : Les participants au programme ont pu améliorer leur connaissance des lois et des peines plus sévères imposées pour appartenance à un gang, et se rendre mieux compte des risques et des dangers associés à la participation à un gang. Mais on n'a pas observé de différences entre les mesures pré-test et post-test des distorsions cognitives égocentriques, des attitudes à l'égard des comportements problématiques ou de la participation à un gang.

Miller, W. B. , The impact of a "total community" delinquency control project (L'impact d'un projet de contrôle de la délinquance impliquant toute la collectivité). Social Problems , 10 , p. 168-191, 1962.

États-Unis : Cet article présente une évaluation des résultats du Midcity Project , programme communautaire basé sur l'intervention de travailleurs sur le terrain dans un district défavorisé de Boston, entre 1954 et 1957. Le projet avait pour but de développer et de renforcer l'action d'organismes et de groupes communautaires, de les mettre à même de s'attaquer ensemble au problème des gangs de jeunes et de mieux cibler l'action communautaire afin de créer des programmes de prévention et d'intervention plus efficaces. Des travailleurs sur le terrain animaient les activités : counseling de groupe et individuel, offre de débouchés, loisirs structurés et projets communautaires surordonnés, dans le cadre desquels les adultes et les membres des gangs siègent ensemble à des comités. Méthodes : Sept intervenants ont été en contact avec 400 jeunes membres de gangs de 12 à 21 ans appartenant à 21 bandes de rue. Sept gangs ( n =205) ont plus particulièrement été ciblés. Quatre de ces groupes étaient composés de garçons de race blanche (environ n =30 dans chaque groupe), un groupe, de garçons afro-américains (environ n =30), un autre groupe, de filles de race blanche (environ n =9) et un groupe, de filles afro-américaines (environ n =9). L'efficacité du projet a été mesurée à partir de trois facteurs : 1) la fréquence des comportements immoraux selon les travailleurs sur le terrain, 2) le comportement illégal et 3) la fréquence des comparutions au tribunal. Pour les évaluations des comportements effectuées par les intervenants, chaque période de contact avec les gangs a été divisée en trois phases égales, et la notation des jeunes pendant la Phase I a été comparée à la notation de la Phase III. On a comparé le nombre des comparutions au tribunal avant et après le projet avec les données sur un groupe de contrôle équivalent. Résultats  : Les travailleurs sur le terrain ont communiqué avec les gangs, en moyenne, 3,5 fois par semaine, soit une moyenne de 5 ou 6 heures par contact. La durée totale du contact a été de 10 à 34 mois. La fréquence des comportements immoraux notée par les intervenants n'a pas sensiblement diminué de la Phase I à la Phase III. La fréquence des comportements illégaux a baissé de la Phase I à la Phase III (de 9,1 %), mais chez les garçons, elle a en fait augmenté de 1,3 %. De plus, la fréquence de la participation à de graves infractions a augmenté de 11,2 %. La fréquence des comparutions au tribunal n'a pas non plus diminué notablement. Globalement, on n'a observé que des changements négligeables selon les trois mesures de l'efficacité du programme, et aucune différence significative entre les groupes du projet et les groupes de contrôle n'a été relevée. Dans les deux groupes, la fréquence maximale des comparutions au tribunal a été enregistrée chezi les jeunes de 16 à 20 ans, ce qui laisse penser que le comportement criminel était davantage attribuable à l'âge qu'à l'influence du projet. Le nombre de ces comparutions a également diminué, dans les deux groupes, après l'âge de 20 ans, ce qui conduit à la même conclusion.

Pennell, S. et Melton, R. , Evaluation of a task force approach to gangs (Évaluation de l'intervention d'un groupe de travail auprès de gangs). Dans Responding to gangs: Evaluation and research , sous la dir. de W. L. Reed et S. H. Decker, p. 225-263, Washington, DC, ministère américain de la Justice, Bureau des programmes judiciaires, 2002.

États-Unis : Cet article rend compte d'une évaluation des résultats obtenus et du processus (pas de groupe de contrôle) suivi par Jurisdictions United for Drug Gang Enforcement (JUDGE - administrations unies pour faire appliquer les lois anti-drogue parmi des gangs) , groupe de travail intergouvernemental du comté de San Diego qui intervient auprès des gangs depuis 1988. L'évaluation porte sur les deux premières années de l'opération. Les jeunes ciblés répondaient aux critères suivants : antécédents en matière de drogue, sous tutelle judiciaire et membre d'un gang. JUDGE comportait trois éléments : faire appliquer les conditions de la probation et les lois anti-drogue par des tactiques d'infiltration, une surveillance intensive et des poursuites verticales. Méthodes : 56 % des cibles ( n =279) avaient 16 et 17 ans, répartis également entre Afro-Américains (45 %) et Hispaniques (52 %). Des limites dans la collecte des données n'ont permis d'obtenir qu'une étude descriptive, avant et après, du groupe de jeunes ciblés par JUDGE. Les données examinées couvraient les arrestations, les manquements aux conditions de la probation et les cas en instance. Résultats  : Le programme a été mis en ouvre tel qu'il a été conçu, et des cibles et des méthodes appropriées ont été choisies pour assurer la responsabilité des délinquants. Quatre-vingt-trois pour cent des jeunes visés ont été de nouveau arrêtés dans les deux ans suivant l'intervention de JUDGE. Les arrestations pour infractions graves en matière de drogue sont passées de 63 % à 28 %, mais les arrestations pour infractions graves violentes ont légèrement augmenté, de 22 % à 27 %. Une étude de suivi des cibles, effectuée en 1995, a révélé que 64 % des 279 jeunes visés par le programme avaient de nouveaux cas en instance, soit une moyenne de 3 cas par personne, c'est-à-dire que bon nombre des cibles de JUDGE ont continué de participer à des activités criminelles. Les auteurs ont indiqué que cette constatation est difficile à interpréter, car on n'en sait pas assez sur le groupe des délinquants ciblés pour déterminer s'ils sont particulièrement portés à la criminalité ou si l'approche axée sur l'application de la loi de JUDGE contribue en fait à la récidive, car elle ne couvre pas des aspects importants comme le traitement de la toxicomanie, l'éducation et l'emploi.

Ramsey, A. L. , Rust, J. O. , Sobel, S. M., Evaluation of the gang resistance education and training (GREAT) program: A school-based prevention program (Évaluation du programme Résistance aux gangs, Éducation et Formation (GREAT) : un programme préventif en milieu scolaire). Education , 124(2) , p. 297-309, 2003 .

États-Unis : Cet article présente une évaluation du programme Gang Resistance Education and Training (GREAT - Résistance aux gangs, Éducation et Formation) , programme de prévention visant à réduire la violence à l'école et la participation aux gangs. Le programme fait comprendre aux jeunes les conséquences négatives des activités de gang et enseigne des compétences comme l'établissement d'objectifs, la résistance aux pressions des pairs et la résolution des conflits avec les pairs. Ces compétences et valeurs sont enseignées par un agent de police en uniforme, à raison d'un cours par semaine pendant neuf semaines. Le programme a été évalué au niveau national, mais cet article porte uniquement sur une école intermédiaire urbaine du Tennessee. Il s'agissait de savoir si la participation à GREAT avait un lien avec un changement d'attitude chez les élèves. Méthodes  : 274 élèves de 7 e  année ont participé à un programme de neuf cours normalisés et ont été comparés avec un groupe de contrôle d'élèves de 8 e  année de la même école ( n =148). Les deux groupes ont rempli des questionnaires avant et après, conçus pour mesurer le comportement impliquant un risque, l'impulsivité, les attitudes envers l'autorité, le comportement déviant, l'appartenance à un gang et les pénalités qui en résultent. Résultats  : Le groupe étudié et le groupe de contrôle étaient équivalents au pré-test. Une analyse de la variance à deux facteurs (ANOVA) a été réalisée pour savoir si la participation à GREAT avait un effet significatif sur les attitudes des participants au programme envers les gangs et les activités liées aux gangs. Des différences mineures mais significatives entre le pré-test et le post-test sont ressorties pour les quatre sous-échelles (prise de risques, impulsivité, attitudes envers la police et idées sur les aspects négatifs des gangs [neutralisation]), tous les changements indiquant une résistance plus grande aux gangs au post-test. Les moyennes concernant la prise de risque, l'impulsivité et la neutralisation ont diminué, tandis que dans le cas des attitudes positives envers la police, la moyenne a augmenté. D'autre part, les élèves ont lié nettement, au post-test, moins d'avantages et plus de pénalités à l'appartenance à un gang. Pourtant, tant le groupe étudié que le groupe de contrôle affichaient une plus grande résistance aux gangs au post-test, ce qui laisse penser que les améliorations ne sont pas attribuables à la participation au programme. De l'avis des auteurs, les réponses données aux questionnaires par les participants peuvent résulter de la participation à GREAT, alors que dans le cas des non-participants, cela peut refléter leur maturité (abandon normal d'attitudes négatives).

Sechrest, D. K. , Schram, P. J. , Bichler, G. , Tibbetts, S. , Worrall, J., Second Biannual Evaluation Rapport for the Riverside County Probation Department Juvenile Crime Prevention Act Program (Deuxième rapport semestriel sur le programme lié à l'application de la loi sur la prévention de la délinquance juvénile par le service de probation du comté de Riverside) . San Bernardino, CA: California State University, Center for Criminal Justice Research, 2003.

États-Unis : Ce rapport présente une évaluation préliminaire (portant sur les deux premières années de la période de subvention, 2001-2002 et 2002-2003), du projet Building Resources for the Intervention and Deterrence of Gang Engagements (BRIDGE - Mettre en place des moyens pour intervenir et décourager l'implication dans des gangs) . Le projet BRIDGE cible les membres potentiels de gangs (jeunes de 12 à 19 ans), dans la ville de Riverside, en Californie, dans le cadre d'un programme plus important d'intervention et de répression des gangs. Le projet d'intervention BRIDGE (bien que non uniforme et non traité en détail dans le rapport) fait intervenir le counseling sur les questions liées aux gangs, la formation professionnelle et l'inscription gratuite à un programme de formation en conduite automobile. Méthodes  : À partir de 2001-2002, 33 jeunes ont participé au projet BRIDGE, dont 28 qui ont été contactés par le personnel de BRIDGE. En 2002-2003, 60 jeunes étaient inscrits, dont 56 qui ont été contactés par le personnel de BRIDGE. Les deux années, les jeunes participants étaient surtout des garçons hispaniques. Le succès du programme a été mesuré à partir de la durée des contacts avec les participants et des données sur les arrestations et l'activité criminelle des gangs fournies par la ville de Riverside. Résultats : En 2001-2002, la durée des contacts avec les clients allait de 30 minutes à environ 16 heures par an. Presque la moitié (12 des 28 jeunes contactés) avaient eu 7 heures de contact ou moins pendant l'année. En 2002-2003, presque 30 % (18 des 60 inscrits) avaient eu moins de 12 heures de contact pendant l'année. Les comparaisons avant et après ont indiqué que le nombre des arrestations a augmenté entre la période avant l'inscription (43 arrestations) et la période suivant l'inscription (59 arrestations). Il n'y avait aucune corrélation entre le temps passé avec chaque jeune et la récidive. Les auteurs pensent que ce résultat est probablement attribuable au biais de l'auto-sélection, les jeunes à risque moins élevé participant plus que les autres. Les évaluateurs ont recommandé que le financement du projet BRIDGE ne soit plus prioritaire, compte tenu du petit nombre d'inscriptions et du coût élevé par jeune. Dans l'intervalle, les recommandations sont notamment de mieux programmer pour que les heures de contact avec les jeunes soient réparties plus équitablement (car les jeunes à faible risque reçoivent actuellement une attention disproportionnée) et de se concentrer sur les aspects du programme qui semblent prévenir la récidive (bien que cela ne soit pas prouvé pour le moment).

Spergel, I. A. , The violent gang problem in Chicago: A local community approach (Le problème de la violence attribuable aux gangs à Chicago : une intervention communautaire). Social Service Review, 60 , p. 94-131, 1986.

États-Unis : Cet article présente une évaluation des résultats d'un programme pilote de réduction de la violence des gangs, le Crisis Intervention Services Project (CRISP - services d'intervention d'urgence) , exécuté entre octobre 1983 et juillet 1984. Le projet CRISP couvrait les interventions d'urgence et la médiation avec les gangs de jeunes, un travail intensif avec certains d'entre eux, la mobilisation de groupes de quartier pour traiter certains problèmes liés à des gangs et la création d'un groupe consultatif de citoyens de la ville pour surveiller et poursuivre le projet, et faciliter la communication entre les groupes participants et les organismes. Il y avait environ 20 gangs, surtout hispaniques, dans la zone cible, un quartier de Chicago (population = 70 000), avec un taux d'homicides extrêmement élevé et la violence la plus forte dans la ville de Chicago. Méthodes  : L'évolution de la criminalité des gangs a été évaluée en se fondant sur l'activité durant des mois comparables avant, pendant et après la période du projet CRISP. La zone cible a été comparée à une zone de contrôle présentant des caractéristiques socio-démographiques et physiques, et des méthodes policières de même nature. Les rapports sommaires mensuels sur les incidents attribuables aux gangs, produits par la police de Chicago (soit les infractions aux termes de la Partie I, comme les homicides, les vols qualifiés, les voies de fait graves et la violence grave, ainsi que les infractions aux termes de la Partie II, comme les voies de fait simples, les coups simples, l'intimidation, les activités de recrutement des gangs et l'utilisation illégale d'une arme) ont été les principales sources de données. Les périodes utilisées pour faire des comparaisons ont varié, mais en général, des données recueillies de huit à dix mois avant le projet ont été comparées avec des données obtenues pendant la durée du programme. Résultats  : On a observé une réduction sensible du taux d'augmentation des crimes violents commis par des gangs dans la zone ciblée, puisque ce taux dans la zone non ciblée (de 43 à 124 incidents) a été de presque deux fois et demie supérieur à l'augmentation dans la zone ciblée (de 64 à 109). Le projet n'a pas eu d'effet sur les homicides commis par les gangs dans les zones ciblées et non ciblées. La gravité des crimes déclarés, commis par les gangs, a diminué dans la zone ciblée, tandis que dans la zone non ciblée, on a observé une aggravation de ces crimes. Les crimes aux termes de la Partie I (en particulier les voies de fait graves et la violence grave) ont nettement diminué dans la zone ciblée, en particulier chez les plus jeunes, tandis que les crimes aux termes de la Partie II (moins violents) n'ont guère évolué. En fait, les crimes aux termes de la Partie II qui ont été commis par les gangs ont légèrement augmenté dans la zone ciblée, en particulier pour les adultes. Des services spéciaux - counseling individuel et familial, surveillance, offre de débouchés et aide juridique - ont été offerts à un petit sous-groupe ( n =26) de jeunes ayant commis des actes graves, mais ces services n'ont pas eu d'effet sur la délinquance ultérieure, lorsque le sous-groupe a été comparé à un groupe de contrôle ( n =32). Dans l'ensemble, le projet a obtenu des résultats plutôt positifs malgré le recours à un personnel à temps partiel et sa durée relativement courte (dix mois).

Spergel, I. A. et Grossman, S. F. , The little village project: A community approach to the gang problem (Le projet Little Village : une intervention communautaire face au problème posé par les gangs) . Social work, 42 (5 ) , p. 456-470, 1997.

États-Unis : Cet article présente un sommaire détaillé de l'évaluation du processus et des résultats du Little Village Gang Violence Reduction Project (GVRP - projet de réduction de la violence attribuable à des gangs à Little Village) . Le projet se fonde sur les stratégies interdépendantes suivantes : mobilisation communautaire, offre de débouchés, intervention sociale, répression, changement et développement organisationnels, et ciblage. En quatre ans, le programme a ciblé environ 200 jeunes qui appartenaient à deux gangs de Little Village responsables de 70 % des actes de violence grave commis par des gangs dans cette zone. Une équipe d'agents de police, d'agents de probation, de travailleurs auprès des jeunes et de représentants de plusieurs organisations locales indépendantes a infiltré les gangs dans le but de réduire la violence. Méthodes  : Collecte de données résultant d'entrevues avec trois groupes de jeunes (n=194) ciblés par le programme, données de la police et des tribunaux, et informations sur les détentions. Les données recueillies pendant le projet ont été comparées à celles qui avaient été compilées pendant une période de trois ans avant le projet, et à celles concernant deux groupes de contrôle, obtenues dans le cadre d'arrestations de jeunes non ciblés au début du programme. Résultats  : Même s'ils ne sont que préliminaires, les résultats semblent positifs, l'analyse de 125 jeunes sur trois ans indiquant que presque tous (98,4 %) étaient entrés en contact avec des travailleurs sociaux et que beaucoup (36,8 %) avaient été contactés (et parfois arrêtés) par la police participant au projet. Un plus petit pourcentage a été contacté par des agents de probation (10,4 %) et des organisations communautaires (14,4 %). On a observé une réduction relative de la criminalité des gangs (en particulier la violence) chez les participants par rapport aux deux groupes de contrôle (jeunes de gangs non ciblés, recevant certains services, mais non un service intensif coordonné, et jeunes non ciblés des mêmes gangs). On a également comparé les tendances de la criminalité des jeunes avant et après le projet, en tenant compte de l'âge, dans une analyse de cohorte modifiée. Les résultats et les comparaisons détaillés sont fournis, mais dans le groupe bénéficiant de services coordonnés, comparé aux deux groupes de contrôle, on a enregistré une baisse plus sensible de la criminalité liée aux gangs (données des intéressés et rapports de police) et une diminution plus marquée du nombre moyen des arrestations chez les participants jeunes et plus âgés.

Spergel, I. A. , Wa, K. M., Grossman, S. , Jacob, A. , Choi, S. E. , Sosa, R. V. , Barrios, E. M. et Spergel, A. , The Little Village Gang Violence Reduction Project in Chicago (Le projet de réduction de la violence attribuable aux gangs à Little Village) . Chicago: Université de Chicago, École d'administration des services sociaux, mars 2003.

États-Unis : Il s'agit du rapport d'évaluation complet du Gang Violence Reduction Project (GVRP - projet de réduction de la violence attribuable aux gangs) de Little Village, un quartier du centre de Chicago où la violence liée aux gangs pose un problème chronique. Plusieurs méthodes ont été utilisées : mobilisation communautaire (intégrer l'action des organismes d'application de la loi à celle des citoyens), intervention sociale (rejoindre les jeunes), offre de perspectives sociales (éducation et emplois), répression (par la police et les travailleurs auprès des jeunes) et changement et développement organisationnels (changements dans les politiques et les procédures des organisations pour faciliter les stratégies). Méthode  : Environ 200 jeunes appartenant à des gangs ont été ciblés. Pour évaluer l'efficacité du programme, on a utilisé plusieurs méthodes : entrevues avec 127 jeunes (menées pendant trois périodes (périodes I, II et III) s'étalant sur deux ans entre la première et la troisième), rapports d'activité mensuels au service de police de Chicago, sondages auprès des membres des gangs et auto-déclarations, rapports sommaires des travailleurs du projet, observations sur le terrain, résultats de groupes de réflexion et données de la police sur les arrestations et les incidents. Les données pertinentes rassemblées pendant le projet ont été comparées à des informations recueillies pendant une période de trois ans précédant le projet et à des données sur deux groupes de contrôle, obtenues dans le cadre d'arrestations de jeunes non ciblés, au début du programme. Résultats  : Le personnel a communiqué avec tous les jeunes du programme environ quatre fois par semaine et un peu plus souvent avec les jeunes à haut risque (17 et 18 ans). Selon les données de suivi et les impressions des travailleurs, la fréquence, la durée et l'intensité des services n'étaient pas toujours liées à l'activité des gangs. C'est plutôt la nature des efforts des travailleurs (types de services et de stratégies) qui a été une meilleure variable explicative. Les analyses statistiques à plusieurs variables (analyses logistiques) ont révélé que les jeunes ayant suivi un counseling individuel plus intense étaient plus susceptibles de réduire leur participation aux activités des gangs. Les membres des gangs interrogés ont dit que, sur le plan de la taille et de la cohésion, ainsi que des bagarres entre gangs, il n'y avait pas eu de changement. Certains des plus jeunes ont indiqué qu'ils n'étaient plus membres actifs de gangs à la période III, tandis que d'autres sont passés du statut de membres marginaux à celui de chef, à la période III. La fréquence des infractions et des arrestations auto-déclarées a sensiblement diminué de la période I à la période III, les meilleures variables prédisant la réduction des infractions étant : la perception que les agents de probation traitaient les problèmes des gangs à la période I, le fait que les jeunes passaient plus de temps avec leurs femmes ou leurs amies à la période I, le fait que les jeunes avaient plus de 19 ans et établissaient un lien plus fort entre leurs objectifs professionnels futurs et leurs attentes, et la diminution du nombre de crises familiales à la période III, et enfin, le sentiment, chez les jeunes, que la taille de leur gang avait diminué à la période III. Par rapport aux groupes de contrôle, les arrestations pour crimes violents des jeunes ciblés, quel que soit leur âge, ont nettement diminué. Dans l'ensemble, le projet a réussi à réduire certains types d'actes criminels parmi les jeunes des gangs ciblés que l'on pouvait qualifier d'« endurcis », mais a eu un effet moindre sur la criminalité des gangs, en général, à Little Village.

Stum, K. et Chu, M., Gang prevention and intervention in a rural town in California: At-risk youth and the Community Policing School Partnership Program (Prévention des gangs et intervention dans une localité rurale du sud de la Californie : programme de partenariat entre une école et les services de police communautaire visant des jeunes à risque). Journal of Gang Research , 7 , p. 1-12, 1999

États-Unis : Cet article est une évaluation qualitative d'un programme de partenariat entre une école et les services de police communautaire visant des jeunes à risque (jeunes présentant un risque élevé d'adhérer à un gang) ainsi que des membres de gangs dans une localité de Californie. Des agents de police se sont rendus quotidiennement, à titre bénévole, à l'école pour tenter d'engager un dialogue avec les élèves et de réduire les perceptions négatives à l'égard des policiers. Entre 1993 et 1995, il y a eu dans la localité une hausse de 300 % du nombre de jeunes appartenant ou associés à des gangs, et on a repéré 27 gangs actifs. Les élèves de l'école ciblée venaient généralement de milieux socio-économiques défavorisés et étaient des jeunes désignés comme étant à risque ou affiliés à des gangs par la commission scolaire, et avaient été inscrits au programme à la suite de la recommandation d'un comité d'examen scolaire ou à la demande des parents. Les élèves avaient commis des infractions ayant entraîné leur suspension de l'école qu'ils fréquentaient auparavant ou avaient pris du retard dans leurs études. Méthodes : Vingt élèves de diverses origines ethniques (de 14 à 18 ans) ont participé à neuf groupes de réflexion d'une heure sur une période de deux semaines et demie. Presque un tiers des élèves étaient membres de gangs. Des groupes de réflexion ont été organisés pour en savoir plus sur l'efficacité du programme. Résultats  : Selon les participants, le programme de partenariat n'était pas efficace; seuls deux d'entre eux indiquèrent avoir vu l'agent de police sur le campus. Tous les élèves ont estimé que le programme ne réussissait pas à promouvoir un dialogue positif entre les jeunes et la police. Les raisons invoquées étaient les suivantes : 1) les jeunes ne savaient pas que le programme existait, 2) les interactions visuelles ou physiques positives avec l'agent de police étaient minimes ou inexistantes et 3) les jeunes craignaient que la police les considère comme déviants parce qu'ils fréquentaient cette école.

Thompson, D. et Jason, L. , Street gangs and preventive intervention (Les gangs de rue et l'intervention préventive) . Criminal Justice and Behaviour, 15 , p. 323-333, 1988.

États-Unis : Cet article rend compte des résultats du programme d'intervention préventive BUILD (Broader Urban Involvement and Leadership Development - élargissement des activités en milieu urbain et développement des aptitudes au leadership) . La mission de BUILD était de canaliser les talents et les aptitudes au leadership des membres de gangs vers des activités plus productives et plus acceptables socialement. BUILD a ciblé 29 jeunes appartenant à des gangs dans le nord de Chicago (où se trouvent 25 % des gangs de jeunes de la ville) en utilisant deux méthodes : a) prévention : trouver les jeunes les plus susceptibles de devenir membres de gangs de rue et leur offrir des activités de rechange; et b) action corrective : envoyer des intervenants sur le terrain qui ciblent les membres de gangs dans la zone de service de BUILD. Cette évaluation a porté sur les aspects préventifs de BUILD. Méthodes : Les sujets étaient 117 élèves de 8 e  année (70 garçons, 45 filles et 2 jeunes dont le sexe n'était pas indiqué) de six écoles participant à BUILD, ce qui constituait un échantillon représentatif des jeunes des quartiers visés par le programme. Les sujets ont été désignés comme membres de gangs, non-membres ou risquant de devenir membres par des informateurs issus des gangs, des rapports d'enseignants et des membres du personnel de BUILD. Les jeunes ciblés ont participé à une étude quasi expérimentale, menée selon deux formules - 12 cours en classe ou une combinaison de cours en classe et d'activités parascolaires structurées - ou ont été placés dans un groupe de contrôle non ciblé. Les cours en classe comprenaient : a) des présentations, des films et des discussions structurées sur les gangs et les conséquences d'en être membre, la pression des pairs et la toxicomanie dans le contexte des gangs, b) des exposés par des conférenciers invités (appartenant à des minorités ethniques et ayant réussi dans la société en général), c) des jeux de rôles, des exercices écrits et une explication des valeurs. Les activités parascolaires structurées étaient des cliniques de sports organisés et des compétitions (souvent avec des jeunes d'autres quartiers), une formation professionnelle et des activités sociales et de loisirs (parties de pizzas). Résultats  : À la fin de l'année scolaire, l'appartenance aux gangs a été déterminée en comparant les noms des participants avec les listes des informateurs. Les trois groupes (non ciblés [ n =43], cours en classe [ n =36] et combinaison de cours et d'activités parascolaires [ n =38]) ont été comparés. Les données ont été regroupées en fonction de l'appartenance à un gang (membre et non-membre) et du statut (groupe de contrôle et groupe expérimental). Quatre jeunes du groupe de contrôle et un du groupe expérimental (tous des garçons) étaient entrés dans un gang pendant l'année. Aucun des jeunes du groupe ayant bénéficié de cours et d'activités parascolaires n'avait adhéré à un gang, mais lorsqu'on a fait une autre comparaison avec le groupe de contrôle et celui qui avait suivi des cours, uniquement, les résultats n'étaient plus significatifs statistiquement.

Thrasher, F. M. , The Boys' Club and juvenile delinquency (Le Boy's Club et la délinquance juvénile). American Journal of Sociology, 41 , p. 66-80, 1936.

États-Unis : Cet article présente une évaluation des résultats du Boys' Club , programme communautaire de prévention de la délinquance qui a existé de 1928 à1931 à New York. Le programme ne visait pas les gangs en particulier, mais plusieurs des jeunes qui ont bénéficié des services offerts dans le cadre du programme étaient des membres de gangs connus. Le Boy's Club offrait des activités de groupe facilitant l'insertion sociale, dirigées par des adultes et comprenant des loisirs, des réunions, des événements spéciaux, des sports, ainsi que des services de placement professionnel. Méthodes  : Examen des taux de délinquance (déterminés par les dossiers des tribunaux pour enfants) dans une étude portant sur 11 700 membres du club et sur un sous-échantillon représentatif de 548 membres du club. Les taux ont été comparés à ceux d'un groupe de contrôle, dont la nature n'est pas précisée dans l'article. Des études de cas portant sur un nombre non précisé de membres du club ont également été faites. Résultats  : Les membres du Boys'club, par rapport aux jeunes de la collectivité qui n'avaient pas participé aux activités (tous les jeunes et non ceux du groupe de contrôle), étaient plus susceptibles de présenter un risque de délinquance ou d'avoir un comportement délinquant plus marqué. Malgré la difficulté d'interpréter les données en raison de problèmes de tenue des dossiers, les statistiques mensuelles sur les membres ont indiqué que le Club, censé être en mesure d'intervenir auprès de 4 000 jeunes par mois, ne fonctionnait qu'à 63 % de sa capacité. L'appartenance au club n'était souvent que symbolique pour des centaines de participants, ce dont il n'est pas tenu compte dans les analyses. Dix-huit pour cent des infractions attribuées à des membres du club avaient été commises avant le lancement du programme, 28 % après une courte période d'adhésion et 61 % pendant une période d'affiliation active au club. Le comportement délinquant était largement lié à l'appartenance au club, et deux années consécutives, les membres du club ont affiché un comportement délinquant plus marqué que ceux qui ne participaient aux activités que de façon occasionnelle. Les analyses portant sur 548 membres du club, par comparaison au groupe de contrôle (aucun détail n'est donné sur ce groupe) montrent que le taux de délinquance des membres du club assidus était le même que celui des jeunes formant le groupe de contrôle. L'information limitée provenant des études de cas a révélé que le programme n'avait eu qu'un effet négligeable sur les membres du club les plus à risque. L'auteur conclut que les effets nuls du programme pourraient être largement attribuables au manque de formation des bénévoles et à l'absence d'une approche communautaire globale (faisant intervenir les écoles, la police, les familles et les organisations locales).

Thurman, Q. , Giazomazzi, A. , Reisig, M. et Mueller, D ., Community-based gang prevention and intervention: An evaluation of the neutral zone (Action communautaire préventive contre les gangs : évaluation du projet Neutral Zone). Crime and Delinquency , 42 , p. 279-295, 1996.

États-Unis : Cette évaluation porte sur la mise en ouvre et l'efficacité à court terme de Neutral Zone , un endroit neutre où les jeunes à risque étaient censés se réunir volontairement à des heures et des jours de la semaine coïncidant avec les forts taux d'activités criminelles (entre 22 h et 2 h). Situé dans une école élémentaire locale d'un secteur résidentiel de la ville, le programme offrait aux jeunes un large éventail d'activités (basket-ball, musique, films), de la nourriture gratuite, du counseling et d'autres services (préparation au travail). Méthodes  : Collecte de données par observation directe (quatre chercheurs ont observé le programme pendant deux fins de semaine), des entrevues de groupes de réflexion (huit séances réalisées avec 15 membres du personnel du programme et 55 jeunes en petits groupes de 6 à 12) et les données de la police (appels de fin de semaine à la police locale). L'hypothèse était que si Neutral Zone n'avait pas d'effet sur la criminalité, les appels devaient augmenter de façon marquée en soirée le vendredi et le samedi jusqu'aux premières heures de la matinée du samedi et du dimanche, respectivement. Il n'y avait pas de données de base pour faire des comparaisons avant et après le programme puisque Neutral Zone n'était en vigueur que depuis deux ans environ avant l'évaluation. Résultats  : L'observation directe a montré un environnement positif pour les jeunes, et les participants aux groupes de réflexion ont estimé que le programme dépassait leurs attentes initiales, par exemple, en indiquant des avantages comme l'appréciation de la diversité des groupes sociaux. Mais ils ont tous déclaré que le programme a négligé plutôt que traité les pressions à participer aux activités des gangs. Les données de la police ont montré une nette réduction des appels pendant les heures de Neutral Zone par rapport aux périodes de quatre heures précédant et suivant immédiatement celle où le programme était offert.

Torok, W. et Trump, K. S. , Gang intervention: Police and school collaboration (Intervention auprès des gangs : collaboration entre l'école et la police). FBI Law Enforcement Bulletin , 63(5) , p. 13-18, 1994.

États-Unis : Cette évaluation rend compte des résultats d'un programme d'intervention mis sur pied par les écoles publiques de Cleveland, en Ohio, en collaboration avec la police de la ville pendant l'année scolaire 1992-1993. Une unité chargée des gangs de jeunes, comprenant quatre agents de sécurité scolaire et un coordonnateur, a travaillé en étroite collaboration avec l'escouade de la police chargée des gangs, afin de réprimer leurs activités dans les écoles de la ville, soit 127 écoles comptant plus de 73 000 élèves. Les agents de sécurité se sont rendus dans les écoles pendant la journée (400 incidents liés à des gangs ont été examinés la première année, plus de 1 000 membres de gangs ont été identifiés et plus de 7 000 personnes ont été formées). L'unité a également enseigné des techniques d'intervention au personnel des écoles, aux parents, aux élèves et aux prestataires de services aux jeunes (techniques non précisées). Les agents de l'unité ont privilégié les enquêtes, ont servi de médiateurs en cas de conflits entre les élèves et ont tenté de réfuter les rumeurs sur les gangs dans les écoles. Ils ont également fait des présentations contre les gangs dans les classes et dans des assemblées, ont établi des réseaux dans toute la collectivité afin de créer des programmes destinés à réduire l'activité des gangs, et ont coordonné les ressources pour les jeunes à risque et membres de gangs. Méthodes  : Pas de détails fournis, mais on a comparé la fréquence des cas en instance et des incidents liés aux gangs dans les écoles pendant la période précédant le lancement du programme (année scolaire 1991-1992) et pendant celle où il a été mis en ouvre (année scolaire 1992-1993). Résultats  : Au sein de la brigade chargée des jeunes et des gangs de la police de Cleveland, le nombre des cas en instance concernant de jeunes délinquants a diminué de 15 % entre la période où le programme était mis en ouvre et l'année précédente. Dans les écoles publiques, il y a eu une réduction de 39 % des incidents liés aux gangs au cours de l'année scolaire 1992-1993, par rapport à l'année scolaire 1991-1992.

Torres, D. M. , Gang Violence Reduction Project first evaluation report. November 1976 - September 1977 (Premier rapport d'évaluation sur la réduction de la violence attribuable aux gangs -- novembre 1976-septembre 1977) . Sacramento, CA: California Department of the Youth Authority, 1978.

États-Unis : Ce rapport est une évaluation de la première période de mise en ouvre (novembre 1976-septembre 1977) du Gang Violence Reduction Project (projet de réduction de la violence attribuable aux gangs) , programme fondé sur l'organisation communautaire, l'intervention d'urgence et le règlement des conflits. Il s'agissait de réduire de 10 % en un an les activités criminelles des gangs dans une zone non constituée en municipalité de l'est de Los Angeles, en luttant contre les guerres de gangs et en offrant à leurs membres des activités positives et pro-sociales. Pour mettre en ouvre ces stratégies, dix chefs de sept gangs ont été engagés comme « consultants » et, avec le personnel de la Youth Authority, ont élaboré des stratégies pour réduire les conflits entre gangs. Les consultants ont ensuite organisé, dans la collectivité, des forums que les membres des gangs pouvaient utiliser pour communiquer leurs problèmes, dans l'espoir de résoudre ou de réduire les conflits entre les gangs. Les consultants ont organisé ces forums pour faciliter l'établissement d'objectifs positifs pour la collectivité. Méthode  : Analyse des taux d'homicides et de crimes violents, en général, parmi les gangs de la zone est de Los Angeles. Résultats  : En septembre 1977, chacun des sept gangs participant au projet avait commencé à former des associations dans le but de faire participer leurs membres à des activités positives (loisirs, entreprises commerciales, sports, etc.). Un conflit important a été réglé et deux autres accords de paix entre gangs rivaux ont été conclus. Un événement décisif s'est produit lors d'une séance de formation organisée pour les consultants des gangs afin de les aider à établir entre eux des relations de confiance. Insatisfaits des suggestions du formateur, ils se sont réunis pour établir une liste de convictions communes. On suppose que le rejet du formateur leur a donné un terrain d'entente et un objectif commun pour travailler ensemble. Le nombre des homicides commis par des gangs a diminué de 15 % dans la zone ciblée, et le nombre des homicides entre gangs a baissé de 60 % pendant les onze premiers mois du projet. Pourtant, les incidents violents attribuables aux gangs ont continué d'augmenter légèrement. Les crimes non violents n'ont pas été étudiés en raison du manque de données adéquates. Aucune étude systématique des changements dans l'auto-orientation des membres des gangs n'a été effectuée, mais les auteurs ne relèvent aucun changement significatif à cet égard, à part l'adoption de la paix en tant que valeur.

Torres, D. M. , Gang Violence Reduction Project Assessment Report: Third funding period. June 1978 - June 1979 (Rapport d'évaluation du projet de réduction de la violence attribuable aux gangs : troisième période de financement - juin 1978-juin 1979) . Sacramento, CA: California Department of the Youth Authority.

États-Unis : Il s'agit de la troisième évaluation du Gang Violence Reduction Project (projet de réduction de la violence attribuable aux gangs) , programme d'intervention à grande échelle auprès de sept des 18 gangs rivaux ou en conflit dans la zone non constituée en municipalité de l'est de Los Angeles. Ce troisième volet du programme était différent du premier et du deuxième du fait que seuls les gangs les plus puissants et les plus influents avaient été ciblés. Il s'agissait d'engager des chefs de bandes à titre de « consultants » pour travailler avec le personnel, dans le cadre d'un projet axé sur l'organisation communautaire, l'intervention d'urgence et le règlement des conflits. Les consultants avaient pour fonction de promouvoir la paix au sein de leurs gangs et de mettre sur pied des associations favorisant l'établissement d'objectifs positifs pour la collectivité. On espérait que, grâce aux consultants, les chefs de chaque gang se réuniraient pour discuter de leurs conflits et les atténuer. Le projet visait également à offrir des loisirs auxquels participeraient des membres d'un ou de plusieurs gangs. Les interventions communautaires offraient aux membres des gangs l'occasion de participer à des activités d'apprentissage. Il s'agissait de réduire les homicides commis par les gangs à six ou moins et de faire tomber le nombre d'incidents violents à 163 ou moins pendant une période de 12 mois. Méthodes  : Un observateur a pris part à la majorité des activités et a rendu compte de l'efficacité de la mise en ouvre. Les données de la police et des tribunaux ont été examinées pour définir les tendances dans les cas d'homicides et d'incidents violents commis par des gangs. Résultats  : L'observateur a indiqué que les activités (comme le règlement des conflits et le sport) ont permis de réduire les conflits entre gangs, et il a conclu qu'un grand projet de participation communautaire (construction de terrains de handball dans le parc du quartier) avait été particulièrement fructueux. Les objectifs du programme ont été atteints puisque le nombre des homicides commis par des gangs a été réduit à deux et les incidents violents à 133. Les tendances ont été examinées pendant la période qui a précédé la mise en ouvre du projet (et pendant les première, deuxième et troisième périodes de financement). Avant l'intervention, le nombre des incidents violents et des homicides attribuables à des gangs avait fortement augmenté, mais a chuté et s'est stabilisé pendant la durée du programme. Les incidents violents entre gangs ont affiché un net recul, atteignant un plateau entre janvier et juin 1975, pendant la première période de financement. Les incidents violents attribuables aux gangs non ciblés n'ont pas diminué, mais sont restés plus ou moins variables, avec une tendance globale à la hausse.

Wassenberg, P. , Dorman, L.G. , McGahey, L.A. , Syrcle, J. et Bass, B., An impact evaluation of juvenile probation projects in Christian, Peoria, and Winnebago Counties (Évaluation de l'impact de projets conçus à l'intention de jeunes en probation dans les comtés de Christian, Peoria et Winnebago) . Springfield, Illinois: Université de l'Illinois à Springfield, Center for Legal Studies, 2002.

États-Unis : Building Resources for the Intervention and Deterrence of Gang Engagements (BRIDGES - Mettre en place des moyens pour intervenir et décourager l'implication dans des gangs) , un programme de lutte contre les gangs, a été offert à des jeunes en probation regroupés au sein de la Peoria County Anti-Gang and Drug Abuse Unit (AGDAU - unité de lutte contre les gangs et la toxicomanie du comté de Peoria) et à d'autres jeunes également en probation. Les participants à AGDAU faisaient déjà partie d'un programme de probation spécial destiné à réduire les activités liées à l'appartenance à un gang, au moyen d'une surveillance intensive, du counseling, du traitement de la toxicomanie et de services communautaires ou publics. Les participants à AGDAU et les autres jeunes ont assisté au programme BRIDGES une fois par semaine (séance de 75 minutes) pendant 12 semaines. Au cours de ces séances, des chefs religieux et des agents de probation sont venus parler aux participants de questions touchant les gangs. Méthodes  : 118 participants (âgés de 12 à 18 ans, 80 % de garçons et 60 % d'Afro-américains) ont été évalués (24 ont poursuivi le programme, 50 l'ont terminé avec succès et 44 ont abandonné). Un échantillon de 67 participants ayant terminé le programme a fait l'objet d'un suivi pour connaître l'impact du programme sur le nombre des arrestations pour nouvelles infractions. Des méthodes qualitatives et quantitatives ont été utilisées, notamment des entrevues avec le personnel, les renseignements figurant dans les dossiers des participants, des groupes de réflexion avec les participants et les parents, et les données sur les arrestations suivant la libération. Résultats  : L'absence de données du prestataire du traitement contre la toxicomanie et l'impossibilité d'établir un groupe de contrôle a limité les résultats. Les participants qui ont suivi le programme jusqu'au bout étaient plus susceptibles : a) de continuer à fréquenter l'école, b) d'être des filles, c) d'être plus âgés au moment de la première infraction, d) d'avoir commis moins d'infractions auparavant et d'avoir été soumis à une période de probation plus courte, et e) d'avoir moins de problèmes de santé mentale. Vingt-huit des 67 participants qui ont terminé le programme ont été accusés de nouvelles infractions après leur départ de l'AGDAU, un tiers d'entre eux ayant commis au moins une infraction contre une personne. Quinze de ces 28 participants ont été incarcérés à la suite de leurs nouvelles infractions. Les observateurs du programme BRIDGES ont signalé la faible participation des jeunes qui semblaient s'ennuyer et peu intéressés, et ils ont exprimé des réserves à propos de l'exactitude de la documentation utilisée. Les recommandations des évaluateurs sont les suivantes : améliorer la communication entre tous les segments du système de justice pour les jeunes de façon à favoriser une meilleure compréhension de l'AGDAU, réviser le programme BRIDGES et en faire un programme séparé ne comprenant pas les participants à l'AGDAU afin de réduire le plus possible les contacts entre les participants et les jeunes membres de gangs.

Williams, K. , Curry, G. D. , et Cohen, M. I. , Gang prevention programs for female adolescents: An evaluation (Programmes de lutte préventive contre les gangs à l'intention des adolescentes). Dans Responding to gangs: Evaluation and research, sous la dir. de W. L. Reed et S. H. Decker, p. 225-263, Washington, D.C., ministère américain de la Justice, Office of Justice Programs, 2002.

États-Unis : Cet article est une évaluation de trois programmes de lutte contre la toxicomanie et les gangs de filles issues surtout de groupes minoritaires (moyenne d'âge=14 ans). Les programmes ont été mis en place à Boston (surtout pour de jeunes Afro-américaines vivant dans des logements sociaux), au Colorado (surtout pour de jeunes Mexicaines-américaines à risque) et à Seattle (surtout pour des adolescentes jugées ou attendant leur jugement). Selon l'endroit, le programme combinait divers éléments : loisirs, activités axées sur la croissance personnelle et groupes de soutien, médiation et règlement des différends, sensibilisation culturelle et renforcement de l'estime de soi. Méthodes  : Évaluation des processus concernant la conception, la mise en ouvre, le fonctionnement et le contexte communautaire des trois projets. Les données ont été tirées notamment de propositions et de rapports trimestriels, de documents préparés dans le cadre du projet, d'entrevues avec le personnel du projet et des dirigeants communautaires bien informés, ainsi que de l'observation directe des activités pendant des visites sur place. Dans une évaluation des résultats, on a pris en compte les différences entre les périodes précédant et suivant le projet et par rapport à un groupe de contrôle, en ce qui concerne les résultats scolaires, la délinquance et l'estime de soi. Résultats  : Les trois programmes ont connu des problèmes de mise en ouvre : roulement du personnel, problèmes de transport pour les participantes, absence d'implication et de participation des parents, problèmes de mise en ouvre des activités, de recrutement et de fidélisation des participantes, et insuffisance des installations et des évaluations locales. Compte tenu de problèmes de collecte de données à Boston et à Seattle (il a été difficile de trouver des filles qui étaient membres de gangs pour les interviewer, vu le faible taux de participation au programme ou le petit nombre de membres de gangs parmi les participantes), seuls les résultats du Colorado ont été pris en compte. On n'a pas noté de différences entre les participantes aux programmes et celles des groupes de contrôle, en ce qui concerne des variables de comparaison importantes lors du pré-test (âge, appartenance auto-déclarée à un gang, ethnicité, structure familiale et situation scolaire). La durée de la participation au programme a été, en moyenne, de 8 mois (de 1,3 mois à 20 mois). À la suite du programme, le comportement délinquant des participantes a sensiblement diminué (p. ex., dommages aux biens, vol, fugues), et le retard sur le plan scolaire entre participantes et membres du groupe de contrôle s'est rétréci et n'était plus significatif (les membres du groupe de contrôle ayant des notes beaucoup plus élevées lors du pré-test). On n'a constaté aucune différence sur le plan de l'estime de soi entre les groupes lors du post-test.

Woodson, R. L., A summons to life: Mediating structures and the prevention of youth crime (Invitation à la vie : structures de médiation et prévention de la criminalité chez les jeunes) . Chicago, University of Chicago Press, 1981 .

États-Unis : Cet ouvrage présente une étude de cas descriptive de House of Umoja , programme communautaire de lutte contre les gangs, unique en son genre, mis en place dans les années 70 par deux résidents d'un quartier de Philadelphie, David et Falaka Fattah. Ce programme s'adressait à de jeunes délinquants, membres de gangs ou non, en résidence ou non, et leur offrait un refuge, loin de la vie dans la rue, ainsi que des services comme un perfectionnement scolaire et professionnel, de l'aide pour trouver un emploi et des conseils personnels. Le programme était fondé sur le concept de « famille élargie », les jeunes étant considérés comme les membres d'une même famille. Méthodes  : En l'absence d'un concept officiellement défini, cette évaluation s'est appuyée sur les observations des auteurs, des consultations et des recherches auprès des membres de House of Umoja. Pour les études de cas et les observations, on a pris des notes, réalisé des entrevues et organisé des groupes de réflexion informels avec les animateurs et les participants. Les taux d'homicides commis par des gangs de Philadelphie ont été également examinés. Résultats : House of Umoja a mis sur pied, en 1974, un sommet des gangs organisés auquel ont assisté 500 membres de 75 % des gangs de la ville. Aucun membre de gangs n'est mort pendant la trêve de 60 jours qui en a résulté. L'auteur conclut que la trêve et d'autres activités de House of Umoja ont permis de réduire les homicides attribuables aux gangs à Philadelphie d'une moyenne de 39 par an, en 1973, à six par an, en 1976, et à un seulement, en 1977. Étant donné qu'aucune évaluation contrôlée n'a été faite, il est possible que ce résultat s'explique en partie par l'existence concomitante d'autres programmes s'adressant aux gangs de la ville.

INDEX DES AUTEURS

Barrios, E. M.

Bass, B.

Bichler, G.

Braga, A. A.

Caeti, T. J.

Caplan, N. S.

Chicago Youth Development Project

Choi, S. E.

Chu, M.

Cohen, M. I.

Curry, G. D.

Dallas Anti-Gang Initiative

Derezotes, D.

Deshaies, D. J.

Dorman, L. G.

Esbensen, F.

Fritsch, E. J.

Gandy, J. M.

Giazomazzi, A.

Glick, B.

Goldstein, A. P.

Grossman, S.

Grossman, S. F.

Hagenbucher, G.

Jacob, A.

Jason, L.

Kennedy, D. M.

Kent, D. R.

Klein, W. K.

Mattick, H. W.

McGahey, L. A.

Melton, R.

Meltzer, G. R.

Miller, W. B.

Mueller, D.

Osgood, D. W.

Pennell, S.

Piehl, A. M.

Ramsey, A.L.

Reisig, M.

Rust, J. O.

Schram, P. J.

Sechrest, D. K.

Smith, P.

Sobel, S. M.

Sosa, R. V.

Spergel, A.

Spergel, I. A.

Stum, K.

Suttles, G. D.

Syrcle, J.

Taylor, R. W.

Thompson, D.

Thrasher, F. M.

Thurman, Q.

Tibbetts, S.

Torok, W.

Torres, D. M.

Trump, K. S.

Waring, E. J.

Wassenberg, P.

Williams, K.

Woodson, R. L.

Worrall, J.

 

INDEX DES MÉTHODES

Les définitions données dans cette section proviennent des sources suivantes :

Babbie, E., The practice of social research (9 e éd.), Belmont , CA , Wadsworth , 2001.

Isaac, S. et Michael, W.B., Handbook in research and evaluation: For education and the behavioral sciences (3 e éd.), San Diego , CA , Educational and Industrial Testing Services, 1995.

Étude quasi expérimentale (critères) : formules qui se rapprochent des conditions d'une véritable expérience, dans un cadre qui ne permet pas le contrôle ni la manipulation de toutes les variables applicables (Isaac et Michael, 1995). Ces études quasi expérimentales se caractérisent par l'absence d'une affectation aléatoire des sujets à des groupes expérimentaux et de contrôle.

Esbensen (2001)

Fritsch et coll. (1999)

Goldstein et Glick (1994)

Ramsey et coll. (2003)

Spergel (1986)

Spergel et coll. (2003)

Thompson et Jason (1988)

Thrasher (1936)

Williams et coll. (2002)

Concept inter-sujets (seulement)

Esbensen et Osgood (1999)

Thompson et Jason (1988)

Concept intra-sujets

Braga et coll. (2001).

Esbensen (2001)

Klein (1969)

Klein (1971)

Miller (1962)

Ramsey et coll. (2003)

Sechrest et coll. (2003)

Spergel (1986)

Spergel et coll. (2003)

Thrasher (1936)

Wassenberg et coll. (2002)

Williams et coll. (2002)

Groupe de comparaison /zone géographique

Esbensen (2001)

Esbensen et Osgood (1999)

Fritsch et coll. (1999)

Goldstein et Glick (1994)

Miller (1962)

Ramsey et coll. (2003)

Spergel (1986)

Spergel et coll. (2003)

Thompson et Jason (1988)

Thrasher (1936)

Williams et coll. (2002)

Étude transversale

Caplan et coll. (1967)

Esbensen (2001)

Esbensen et Osgood (1999)

Stum et Chu (1999) - évaluation qualitative

Thurman et coll. (1996)

Étude longitudinale

Braga et coll. (2001)

Esbensen (2001)

Hagenbucher (2003)

Kent et Smith (1995)

Klein (1969)

Meltzer (2002)

Miller (1962)

Pennell et Melton (2002)

Ramsey et coll. (2003)

Sechrest et coll. (2003)

Spergel (1986)

Spergel et coll. (2003)

Thompson et Jason (1988)

Thrasher (1936)

Torok et Trump (1994)

Torres (1978)

Torres (1980)

Wassenberg et coll. (2002)

Williams et coll. (2002)

Questionnaire d'autodéclaration

Goldstein et Glick (1994)

Meltzer (2002)

Ramsey et coll. (2003)

Spergel et coll. (2003)

Observation sur le terrain (critères) : les chercheurs, travailleurs sur le terrain ou travailleurs sociaux consignent des observations qualitatives personnelles à propos des activités du programme ou complètent des listes de vérification déjà existantes pour noter les activités du programme sur le terrain (Babbie, 2001).

Caplan et coll. (1967).

Gandy (1959)

Goldstein et Glick (1994)

Klein (1969)

Klein (1971)

Miller (1962)

Spergel et coll. (2003)

Thurman et coll. (1996)

Torres (1980)

Wassenberg et coll. (2002)

Williams et coll. (2002)

Woodson (1981)

Évaluation de processus (définition) : évaluation qui tente de déterminer les défauts de la conception des processus ou de la mise en ouvre du programme (Isaac et Michael, 1995).

Esbensen (2001)

Klein (1969)

Pennell et Melton (2002)

Sechrest et coll. (2003)

Stum et Chu (1999)

Torres (1978)

Torres (1980)

Wassenberg et coll. (2002)

Williams et coll. (2002)

Étude qualitative (définition) : examen et interprétation non numérique des observations, afin de découvrir les significations sous-jacentes et les modèles de relations (Babbie, 2001).

Spergel et coll. (2003)

Stum et Chu (1999)

Thurman et coll.(1996)

Wassenberg et coll. (2002)

Woodson (1981)

Étude par entrevues (critères) : une partie ou la totalité des membres des gangs, les participants aux groupes de contrôle, les parents ou les enseignants ont été interviewés par les chercheurs.

Derezotes (1995)

Spergel et coll. (2003)

Stum et Chu (1999)

Thurman et coll. (1996)

Wassenberg et coll. (2002)

Williams et coll. (2002)

Woodson (1981)

Étude par groupes de réflexion (définition ): groupe de participants interviewés ensemble, ce qui suscite la discussion (Babbie, 2001).

Spergel et coll. (2003)

Stum et Chu (1999)

Thurman et coll. (1996)

Wassenberg et coll. (2002)

Woodson (1981)

Étude de cas

Thrasher (1936)

Woodson (1981)

 

INDEX DES PROGRAMMES

BUILD (Broader Urban Involvement and Leadership Development)

Building Resources for the Intervention and Deterrence of Gang Engagement (BRIDGES)

Building Resources for the Intervention and Deterrence of Gang Engagements (BRIDGE) project

Chicago Youth Development Project

Crisis Intervention Services Project (CRISP)

Gang Reduction and Suppression Program (GRASP)

Gang Resistance Education and Training (G.R.E.A.T.) Program

Gang Resistance Education and Training (GREAT) program

Gang Violence Reduction Project

Group Guidance Project

House of Umoja

Hyde Park Youth Project

Jurisdictions United for Drug Gang Enforcement (JUDGE)

Ladino Hills Project

Late Nite Basketball Program

Little Village Gang Violence Reduction Project (GVRP)

Midcity Project

Operation Ceasefire

Proactive Gang Resistance Enforcement, Suppression and Supervision (PROGRESS) program

The Boys' Club

the Neutral Zone

Tri-Agency Resource Gang Enforcement Team

(On trouvera, dans le texte, un équivalent, en français, du nom de ces programmes)