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Septembre 2009 | Numéro 09-01
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Le Programme pour délinquants autochtones toxicomanes : Une intervention holistique

MOTS CLÉS : Délinquants autochtones, programmes de lutte contre la toxicomanie, holistique, culture, spirituel

Pourquoi nous avons élaboré ce programme

La surreprésentation des délinquants autochtones pose problème dans les établissements fédéraux canadiens (SCC), où 18 % environ de la population est autochtone - soit une proportion six fois supérieure à celle que représente la population canadienne autochtone par rapport à la population canadienne générale - et cette surreprésentation continue de croître (Boe, 2000; Secrétariat du Conseil du Trésor, 2008). Motiuk et Nafekh (2000) ont constaté que la proportion de délinquants autochtones sous responsabilité fédérale qui auraient besoin de programmes de lutte contre la toxicomanie est élevée dans tous les groupes autochtones. Plus précisément, 93 % des délinquants inuits ou issus des Premières Nations et 91 % des délinquants métis ont été reconnus comme ayant besoin d’une intervention importante ou de niveau élevé pour lutter contre la toxicomanie. Le SCC a donc élaboré un programme national de traitement pour toxicomanes axé sur les besoins des délinquants autochtones.

L’élaboration du Programme pour délinquants autochtones toxicomanes (PDAT) s’est faite sous la direction des Aînés et avec la collaboration de nombreux partenaires autochtones et de membres du personnel. Un groupe consultatif de recherche, dirigé par feu Joseph Couture et composé de nombreuses organisations nationales de guérison, a également guidé l’élaboration du PDAT et donné de l’information pour le processus de recherche.

Ce que nous avons fait

Le concept modulaire du programme inclut une solide combinaison de rites culturels et traditionnels - sur les plans physique, mental, affectif et spirituel - et de pratiques exemplaires contemporaines comme l’apprentissage social (modèle de rôle) ou la thérapie cognitive (prévention des rechutes).

Le Module I constitue l’introduction du programme aux délinquants; il présente les fondements de la culture autochtone et explique le pouvoir du cercle de mieux-être, le recours à des stratégies permettant de se protéger et de prendre soin de soi, et l’importance des soins personnels et des valeurs et objectifs traditionnels.

Le Module II facilite l’engagement spirituel autochtone par une introduction et une exploration des répercussions des traumatismes et des traumatismes historiques, et en expliquant comment la toxicomanie a été, et demeure, pour les Autochtones, un moyen de composer avec les séquelles de ces traumatismes. Dans le cadre de ce module, on examine aussi les éléments déclencheurs, la honte, la colère et la violence.

Le Module III examine les répercussions de la toxicomanie dans les collectivités autochtones et aide les participants à comprendre l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres dépendances dans un contexte autochtone; il explore les effets de la toxicomanie sur les personnes, les familles et les collectivités. Ensuite, il met l’accent sur le rétablissement de la santé, de la fierté et de la culture, afin d’aider le délinquant à reconnaître et à comprendre le lien entre la toxicomanie et le comportement criminel.

Le module IV porte sur la prévention des rechutes et la planification. Il se sert d’une combinaison de pratiques exemplaires contemporaines, d’enseignements traditionnels et de remèdes sacrés pour aider le participant à élaborer un plan individualisé pour gérer les situations à risque.

Ce que nous avons constaté

D’après des recherches préliminaires sur l’efficacité du programme, le PDAT satisfait efficacement aux besoins des délinquants autochtones toxicomanes de sexe masculin. Plus précisément, les participants ont pu se reconnecter avec leurs racines autochtones, et ils étaient motivés à changer leur comportement et à acquérir la connaissance de soi qui leur permettrait de gérer leurs problèmes de toxicomanie. Les recherches préliminaires ont également révélé que des interventions combinant des rites traditionnels autochtones de guérison et des pratiques exemplaires contemporaines donnaient souvent de meilleurs résultats. Parmi les individus qui ont mené le PDAT à bonne fin, ceux qui sont restés dans la collectivité pendant le suivi étaient notablement plus nombreux que ceux qui avaient participé à des programmes ordinaires ou n’avaient participé à aucun programme avant leur libération.

Références

Boe, R. (2000). « Les détenus autochtones : Tendances et projections démographiques », FORUM - Recherche sur l'actualité correctionnelle , vol. 12 (no 1), p. 7- 15.

Motiuk, L. et Nafekh, M. (2000). « Profil des délinquants autochtones dans les services correctionnels fédéraux », FORUM - Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 12, p. 10-15.

Secrétariat du Conseil du Trésor. (2008). Rapports sur les plans et les priorités : Service correctionnel du Canada. Ottawa (Ontario), auteur.

Kunic, D. et D.D. Varis (2009). The Aboriginal Offender Substance Abuse Program (AOSAP): Examining the effects of successful AOSAP completion on post-release outcomes in a cohort of male, Aboriginal offenders released from federal custody. Rapport de recherche non publié.
*le rapport fait actuellement l’objet d’une consultation avec des partenaires autochtones.

Préparé par : Amanda Brazil

Pour nous rejoindre
Centre de recherche en toxicomanie
Direction de la recherche
902-838-5900
recherche.toxicomanie@csc-scc.gc.ca