Élaboration et validation d’un Indice du risque criminel (IRC) pour les délinquants sous responsabilité fédérale au Canada

Faits saillants de la recherche: Le Service correctionnel du Canada a élaboré un IRC efficace et valide afin d’attribuer les niveaux d’intensité appropriés dans le cadre des programmes.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

L’utilisation des outils d’évaluation les plus appropriés pour les aiguillages vers des programmes correctionnels a été définie comme un problème dans les rapports du vérificateur général du Canada. Par conséquent, le Service correctionnel du Canada (SCC) a élaboré un instrument efficace et valide appelé l’Indice du risque criminel (IRC) pour attribuer les niveaux d’intensité appropriés des programmes (aucun/faible, modéré ou élevé) en fonction de la probabilité de récidive après la mise en liberté.

Ce que nous avons fait

Le SCC utilise un processus systématique, complet et automatisé d’Évaluation initiale des délinquants (EID) afin de produire un plan correctionnel individualisé pour tous les délinquants sous responsabilité fédérale. L’EID comporte deux volets principaux : l’évaluation des facteurs statiques (EFS) et l’évaluation fondée sur l'Instrument de définition et d'analyse des facteurs dynamiques révisé (IDAFD R). Le dossier des antécédents criminels, une composante de l’EFS, comprend 38 indicateurs couvrant les démêlés antérieurs avec les tribunaux pour adolescents et pour adultes ainsi que l’infraction à l’origine de la peine actuelle. Collectivement, ces données produisent un score total qui tient compte de la nature et de l’étendue des démêlés d’un délinquant avec le système de justice pénale. L’IRC et cinq groupes de niveau de risque ont été élaborés et découlent des données du dossier des antécédents criminels contenues dans le Système de gestion des délinquant(e)s du SCC.

L’élaboration d’une base de données en vue de la création et de la validation de l’IRC a comporté la compilation de cohortes de délinquants à leur première mise en liberté (hommes = 24 978, et femmes = 1 497 ; Autochtones = 5 526) sur six exercices complets (2006 2007 à 2011 2012), pour un total de 26 475 dossiers de ressort fédéral. Le fichier de données de recherche a été complété par l’ajout de données sur les résultats post libératoires (réincarcération dans un établissement fédéral pour toute infraction dans une période de suivi de 3 ans) et l’extraction des éléments relatifs à la composante du dossier des antécédents criminels du volet des facteurs statiques, des cotes de risque de récidive issues de l’Échelle révisée d’information statistique sur la récidive (Échelle d’ISR R1), des cotes de sécurité attribuées selon l’Échelle de classement par niveau de sécurité, des évaluations du potentiel de réinsertion sociale et d’autres caractéristiques des cas (mise en liberté discrétionnaire ou non discrétionnaire et catégorie d’infraction principale).

Ce que nous avons constaté

La présente étude a établi que les renseignements sur les antécédents criminels découlant du processus automatisé d’EID du SCC peuvent être quantifiés de façon à produire des estimations fiables du risque relatif. Dans la présente étude, l’IRC a prédit de façon significative la récidive post libératoire pour les délinquants et les délinquantes

Tableau : groupes, cotes et taux de récidive sur 3 ans
Groupe Cote chez les hommes Taux de récidive Cote chez les femmes Taux de récidive
1 De 1 à 7 6% De 1 à 4 5%
2 De 8 à 13 13% De 5 à 8 7%
3 De 14 à 17 22% De 9 à 13 14%
4 De 18 à 21 30% De 14 à 18 16%
5 22 et plus 37% 19 et plus 30%
Total 21% 13%

Des analyses psychométriques ont révélé des estimations prédictives acceptables pour différentes sous populations, notamment les délinquants autochtones, les auteurs d’homicide et de vol qualifié et les délinquants déclarés coupables d’infractions sexuelles et relatives à la drogue. De plus, l’IRC a permis de prédire la mise en liberté discrétionnaire et l’échec de celle-ci. Des estimations de la validité convergente ont également été générées entre l’IRC et d’autres mesures validées du risque lié à la mise en liberté. Par exemple, nous avons constaté que l’IRC était étroitement corrélé avec l’Échelle d’ISR-R1.

Ce que cela signifie

Vu la demande grandissante à l’égard de programmes correctionnels à différents niveaux d’intensité, des procédures d’évaluation efficaces et valides relatives au risque de récidive sont nécessaires pour les hommes et les femmes. Des évaluations automatisées telles que l’IRC, qui transforment des dépôts de données sur les délinquants, peuvent servir de fondement à une analyse de la gestion de cas assistée par ordinateur.

Pour de plus amples renseignements

Motiuk, L., & Vuong, B. (2018). Élaboration et validation d’un Indice du risque criminel (IRC) pour les délinquants sous responsabilité fédérale au Canada (Rapport de recherche R-403). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, veuillez en faire la demande à la direction de la recherche ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter la page des publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Date de modification :