Examen des changements dans les niveaux des besoins liés aux facteurs criminogènes associés à la participation aux programmes correctionnels chez les délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral

Faits saillants de la recherche: La participation à des programmes correctionnels pour délinquantes réduit les besoins liés aux facteurs criminogènes.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

En 2010, le Service correctionnel du Canada (SCC) a commencé à mettre en oeuvre un modèle holistique de programmes correctionnels pour les délinquantes axés sur le sexe et la culture.

Pour donner suite à une recommandation formulée dans le rapport du Bureau du vérificateur général du Canada, Préparation des détenues à la mise en liberté (2017), l’étude visait à préciser si les éléments d’une telle approche étaient associés à des changements positifs. Plus particulièrement, l’étude s’est penchée sur les changements dans les domaines des besoins liés aux facteurs criminogènes des délinquantes après leur participation à des programmes d’intensité modérée, d’intensité élevée, pour délinquantes sexuelles et de maîtrise de soi.

Ce que nous avons fait

L’échantillon était composé de 2 030 délinquantes (dont 32,6% étaient des Autochtones) admises dans un établissement fédéral entre avril 2010 et mars 2018 et ayant achevé au moins un programme correctionnel de base pendant cette période. L’échantillon définitif comprenait 3 715 programmes achevés.

Les besoins liés aux facteurs criminogènes des délinquantes ont été évalués avant et après le traitement à l’aide de la Mesure générique du rendement du participant (MGRP) et des cotes de domaine de l’Instrument de définition et d’analyse des facteurs dynamiques – révisé (IDAFD-R). Les rapports de fin de programme préparés par les intervenants de programmes ont également été examinés afin d’établir un sous-échantillon aléatoire pour obtenir des éléments de preuve des gains relatifs au traitement dans les domaines de besoins cernés (n = 100).

Ce que nous avons constaté

Les constatations indiquent que la majorité des délinquantes ont connu une baisse du niveau de besoin pour la plupart des domaines établis comme cibles de programmes avant le traitement. Des améliorations ont été constatées pour la majeure partie des participantes autochtones et non autochtones dans les compétences et le mode de pensée prosocial comme en témoignent les résultats de la MGRP. Les délinquantes pour qui aucune diminution des besoins n’a été notée après la participation aux programmes étaient celles qui possédaient déjà un bon niveau de compétences et d’attitudes prosociales avant de participer aux programmes.

Les changements dans les cotes de domaine de l’IDAFD-R ont été examinés pour les délinquantes ayant fait l’objet d’évaluations des facteurs de risque dynamiques dans les 90 jours suivant le début et la fin du programme. Après la participation à tous les programmes, la plupart des délinquantes ont été évaluées comme ayant apporté des changements positifs dans la majorité des domaines de besoins. Les besoins liés au domaine de la vie personnelle et affective faisaient figure d’exceptions.

D’après les rapports de fin de programme, la majorité des délinquantes pour qui des besoins particuliers (cibles) avaient été définis avant le traitement comme des domaines prioritaires ont connu des améliorations dans ces domaines. Les besoins liés au domaine des relations conjugales et familiales chez les délinquantes suivant des programmes de maîtrise de soi en établissement et au domaine du comportement dans la collectivité chez les délinquantes suivant des programmes d’intensité élevée faisaient exception. Il est ainsi permis de penser que les délinquantes pourraient avoir besoin d’aide supplémentaire relativement à ces domaines, notamment pour trouver un logement stable adéquat et établir un réseau de soutien dans la collectivité alors qu’elles se préparent à la mise en liberté. De nombreuses délinquantes avaient des besoins supérieurs à ce qu’il était possible de traiter au cours d’un seul programme; selon 50 % des rapports, toutes les cibles de programmes définies avaient été atteintes.

Ce que cela signifie

Les participantes ayant terminé un programme ont enregistré des gains dans les compétences de maîtrise de soi, les attitudes prosociales, la motivation à changer et les connaissances pertinentes du programme correctionnel de base suivi. La majorité des délinquantes ont également vu diminuer la plupart des besoins liés aux facteurs criminogènes définis comme des domaines prioritaires avant la participation aux programmes.

De tels résultats appuient davantage l’efficacité des programmes axés sur le sexe et la culture destinés aux délinquantes. Des recherches ultérieures devraient examiner l’incidence des changements découlant des programmes dans le niveau des besoins liés aux facteurs criminogènes sur les résultats dans la collectivité.

Pour de plus amples renseignements

Wardrop, K. et Pardoel, K. (2018). Examen des changements dans les niveaux des besoins liés aux facteurs criminogènes associés à la participation aux programmes correctionnels chez les délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral (Rapport de recherche R-422). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, veuillez en faire la demande à la Direction de la recherche par courriel ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour obtenir une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

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