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Résultats d’une évaluation du programme de dressage de chiens Pawsitive Directions offert à l’établissement Nova pour femmes

Kelly Richardson-Taylor et Kelley Blanchette
Direction de la recherche Service correctionnel du Canada
Septembre 2001

REMERCIEMENTS

Ce rapport n’aurait jamais pu être réalisé sans la collaboration des personnes suivantes, auxquelles nous exprimons notre plus profonde gratitude. D’abord et avant tout aux personnes composant le comité consultatif d’évaluation du programme, soit Marc Brideau, Carolyn Clark, Donna McDonagh, Hilda Vanneste et Steve Wormith, pour les renseignements précieux et détaillés que vous avez fournis. À Heather Logan, qui, par le biais d’entrevues et de conversations téléphoniques, a étroitement collaboré avec nous et a facilité le déroulement de cette procédure. À Janet Lai, pour son analyse bibliographique détaillée sur la zoothérapie, sans qui il aurait certainement fallu plus de temps pour mener ce projet à terme.

Pendant toute la période de préparation du cadre d’évaluation, Mark Nafekh et Brigitte Dublois ont gracieusement fourni les données statistiques pertinentes et nous les remercions pour leur participation à ce projet. Nous remercions également Paul Verbrugge et Joy Irving, qui ont collaboré aux analyses des données. Lors d’une visite préliminaire à l’établissement Nova, qui nous a permis d’améliorer certains aspects de l’évaluation, Mary Ennis, Ellen Langille, Anne Marie McDonald et Diane Yetman ont non seulement fait des observations sur l’évaluation, mais ont aussi pris des dispositions spéciales pour faciliter cette visite. Nous vous remercions de votre amabilité et de votre générosité. Nous remercions spécialement le personnel et les femmes de l’établissement Nova pour leur participation et leurs commentaires, et plus particulièrement les participantes du programme de dressage de chiens Pawsitive Directions, qui ont permis aux chercheuses d’observer sur place le déroulement du programme, ainsi que les responsables qui nous ont permis d’assister à vos activités quotidiennes. Enfin, nous remercions Marnie MacDonald pour sa participation importante à la collecte des données; sa collaboration au projet a dépassé largement sa simple responsabilité professionnelle et a été grandement appréciée.

RÉSUMÉ

Ce rapport expose les résultats d’une évaluation du Pawsitive Directions Canine Program, qui est un programme de dressage de chiens offert à l’établissement Nova pour femmes. Il s’agit d’un programme de formation de maîtres-chiens qui permet d’initier les détenues aux notions de bases du dressage et de l’élevage et qui s’appuie sur les principes de la zoothérapie. Ce programme prévoit aussi le placement de chiens dans des familles adoptives qui souhaitent avoir un animal bien dressé ou qui ont besoin d’assistance canine. Ce programme est exclusif à l’établissement Nova et a fait l’objet de reportages dans les médias locaux, provinciaux, nationaux et internationaux.

L’évaluation détaillée que nous avons réalisée fait appel à des techniques d’analyse des données qualitatives et quantitatives. Ce programme de dressage de chiens remplit très bien sa fonction, a parfaitement sa place dans l’établissement et constitue un apport pour les autres programmes qui y sont offerts. Les employés et les délinquantes connaissent bien les avantages qu’il procure et en sont très satisfaits. Le programme de dressage Pawsitive Directions, qui offre aux chiens un milieu où ils sont entourés d’amour, permet aux délinquantes d’assumer une responsabilité importante. Il les aide à développer leur estime de soi, provoque des changements positifs dans le milieu carcéral et modifie la façon dont la collectivité considère les délinquantes de l’établissement Nova.

Les résultats de l’évaluation montrent qu’il serait possible d’améliorer certains aspects du programme. Premièrement, nous recommandons que le comité de direction du programme soit rétabli et exerce un rôle actif. Deuxièmement, il faudrait offrir des séances de formation aux employés afin de bien les initier au fonctionnement du programme. Troisièmement, une procédure officielle de «resélection» devrait être ajoutée à l’ordre permanent relatif au programme de dressage. Quatrièmement, il faudrait construire un petit chenil pour loger les chiens dans le cas de circonstances extrêmes. Cinquièmement, nous recommandons que les objectifs définis dans l’ordre permanent relatif au programme de dressage soient modifiés afin qu’ils correspondent aux plans de réinsertion sociale et à l’Énoncé de mission du Service correctionnel du Canada.

Dans l’ensemble, l’évaluation du programme Pawsitive Directions s’avère positive. Il comporte pour toutes les personnes qui y participent des avantages indiscutables. Il permet d’atteindre les buts et objectifs fixés et les dépasse même en aidant les participantes à progresser dans les autres programmes. Le dévouement de l’animatrice du programme et l’influence qu’elle exerce sur son succès sont aussi à souligner.

Table des matières

Annexe A : Échelle d'évaluation de l'estime de soi de Rosenberg

Annexe B : CES-D Scale

Annexe C : UCLA Loneliness Scale

Annexe D : SOC

Annexe E : Test sociométrique

Annexe F : Questionnaire d'évaluation de l'environnement correctionnel

Annexe G : Affirmations relatives à chacune des catégories et sous-catégories du QEEC

Annexe H : Questionnaires des sondages

Annexe I : Lignes directrices pour les entrevues semi-structurées

Liste des tableaux

Tableau 1. Scores moyens pour chacune des catégories et sous-catégories du QEEC : répartition selon les participantes et les non-participantes

Tableau 2. Changements dans l’atmosphère générale de l’établissement, selon les participantes et les non-participantes

Tableau 3. Commentaires positifs concernant le programme de dressage de chiens : participantes et non-participantes

Tableau 4. Commentaires négatifs concernant le programme de dressage de chiens : participantes et non-participantes

Liste des graphiques

Graphique 1. Modèle logique du programme Pawsitive Directions

Graphique 2. Participation au programme de dressage de chiens

Graphique 3. Sociogramme : Établissement Nova pour femmes

 

Introduction

Le Pawsitive Directions Canine Program (PDCP) [programme de dressage de chiens Pawsitive Directions] a été conçu et mis en place à l’établissement Nova pour femmes (situé à Truro, Nouvelle-Écosse) en 1996. Il s’agit d’un programme de formation de maîtres-chiens qui permet d’initier les détenues aux notions de bases du dressage et de l’élevage et qui s’appuie sur les principes du conditionnement opérant1 et ceux de la zoothérapie, «une science appliquée qui a recours aux animaux pour résoudre les problèmes humains» (Gammonley et Yates, 1991). La participation au programme est volontaire et les candidates sont sélectionnées à la suite d’une évaluation de l’intérêt véritable qu’elles manifestent pour le projet.

Les partisans de la zoothérapie soutiennent qu’elle permet de créer une atmosphère plus détendue, d’améliorer le sentiment de valeur personnelle et l’estime de soi des patients ou des délinquants, de les occuper et de leur procurer une compagnie en milieu correctionnel. En outre, les animaux leur apportent une affection dépourvue d’agressivité et de préjugés, ils incitent les personnes qui s’en occupent à prendre leurs responsabilités et favorisent la communication entre les détenues ainsi qu’entre les détenues et le personnel. Enfin, la zoothérapie peut être un apport au perfectionnement professionnel par le biais de la motivation, de la formation et des attestations de compétence pour l’emploi. Les recherches sur la désirabilité de la zoothérapie et les résultats positifs obtenus dans les établissements correctionnels de divers pays comme le Canada, les États-Unis, l’Angleterre, l’Écosse, l’Australie et l’Afrique du Sud ont fait la preuve de ses avantages potentiels dans les établissements pour femmes (Lai, 1998).

1 Le conditionnement opérant utilise les techniques du renforcement positif et du renforcement négatif. Le programme de dressage de chiens est axé sur le renforcement du comportement positif au moyen du modelage.

Au Canada, les programmes de zoothérapie suivants ont été mis en place (Lai, 1998) :

  • Pawsitive Directions Canine Program, Truro (Nouvelle-Écosse) (encore en vigueur)
  • Canine Program, Burnaby (Colombie-Britannique) (encore en vigueur)
  • Prison Programs Involving Animals, Maple Ridge (Colombie-Britannique)
  • Wildlife Rehabilitation Society, Calgary (Alberta)

Comme nous l’avons mentionné, divers établissements carcéraux du monde entier ont mis en place des programmes de zoothérapie, mais ces programmes ne se limitent pas au milieu carcéral (Lai, 1998, présente une analyse exhaustive). Cette méthode est aussi utilisée couramment dans les maisons de soins, les hôpitaux psychiatriques et les centres de réadaptation. Les travaux de recherche montrent que le lien entre l’homme et l’animal a des effets physiologiques, sociologiques et psychologiques positifs dans divers contextes.

Aperçu des services correctionnels pour femmes au Canada

Le premier établissement correctionnel pour femmes au Canada, la Prison des femmes, a été créé en 1934, à Kingston, en Ontario. Seulement quatre ans plus tard, la Commission Archambault fut la première, suivie de nombreuses autres commissions, à recommander sa fermeture (Arbour, 1996; Vachon, 1994). Cet établissement a fait l’objet de nombreuses critiques portant sur divers points, comme l’extrême rigueur des mesures de sécurité, les carences des programmes et l’incapacité de répondre adéquatement aux besoins des femmes autochtones et francophones.

En 1989, on a créé le Groupe d’étude sur les femmes purgeant une peine fédérale. Ce Groupe d'étude devait examiner les interminables problèmes concernant le traitement inéquitable réservé aux délinquantes. En avril 1990, il a déposé un rapport intitulé La Création de choix, qui présentait une nouvelle définition des services correctionnels efficaces pour les délinquantes et recommandait la fermeture de la Prison des femmes ainsi que la création de quatre nouveaux établissements régionaux pour les femmes et d’un pavillon de ressourcement pour les femmes autochtones. Le rapport proposait notamment que ces établissements mettent en pratique un mode de vie communautaire suivant lequel les délinquantes devraient résider dans des logements et préparer leurs repas tous les jours, faire leur lessive et leur ménage et occuper leurs temps libres. De plus, ces établissements régionaux devaient mettre en place des programmes destinés spécifiquement aux femmes et axés sur leurs besoins particuliers.

Conformément aux recommandations du Groupe de travail, cinq nouveaux établissements pour femmes ont été créés entre 1995 et 1997. Ces établissements régionaux sont situés à Truro, en Nouvelle-Écosse (établissement Nova, 1995), à Joliette, au Québec (établissement Joliette, 1997), à Kitchener, en Ontario (établissement Grand Valley, 1997), à Edmonton, en Alberta (établissement d’Edmonton pour femmes, 1995) et à Maple Creek, en Saskatchewan (pavillon de ressourcement Okimaw Ochi, 1995). Dans ces établissements, la plupart des femmes vivent dans des unités d’habitation de type domestique qui reproduisent le plus possible la vie dans la collectivité. En avril 2000, le Solliciteur général Lawrence MacAulay a annoncé que le Service correctionnel du Canada (SCC) devancerait la date prévue de la fermeture de la Prison des femmes de Kingston, en Ontario, qui a été officiellement fermée le 6 juillet 2000.

L’établissement Nova pour femmes

L’établissement Nova, ouvert en octobre 1995, est un établissement à niveaux de sécurité multiples. Il comprend quatre unités résidentielles autonomes comptant chacune sept chambres à coucher. Ces unités résidentielles peuvent donc accueillir au total 28 délinquantes. L’établissement comprend aussi une unité à encadrement renforcé de quatre cellules. Un secteur est réservé à l’administration et divers locaux sont consacrés à la prestation des programmes et des services, aux loisirs, aux soins de santé, à la spiritualité et aux visites familiales. Au moment de l’évaluation du programme, la population de l’établissement Nova comptait 42 femmes, soit 2 Autochtones (une Inuite et une Amérindienne), 3 femmes de race noire, 35 femmes de race blanche et 2 qui n’ont pas précisé leur origine ethnique. L’âge de ces femmes variait de 19 à 60 ans et la moyenne était de 35 ans.

Le programme de dressage de chiens Pawsitive Directions (PDCP)

L’élaboration d’une stratégie de programmes pour les délinquantes sous responsabilité fédérale s’appuie sur cinq principes de base (Groupe d’étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, 1990). Ces principes visent à permettre aux femmes 1) de contrôler leur vie, 2) de faire des choix valables et responsables, 3) de vivre dans le respect et la dignité, 4) de vivre dans un environnement de soutien et 5) prévoient la responsabilité partagée de tous les intervenants. Logan (1997)2 affirme que le programme de dressage met en pratique chacun de ces principes. Selon elle, le programme aide les délinquantes à contrôler leur vie, car il augmente leur estime de soi grâce à des réalisations qui résultent directement de leurs efforts personnels; à faire des choix responsables, car chaque femme a la responsabilité du chien qui lui est confié et doit assumer les conséquences de ses actes; à vivre dans le respect et la dignité, car les participantes du programme apprennent à respecter les efforts et les succès de leurs collègues; à vivre dans un environnement de soutien, car les maîtres-chiens entretiennent des relations amicales avec les autres femmes des unités d’habitation et respectent les règlements concernant leur chien; à partager leurs responsabilités avec d’autres intervenants, car le programme fait appel à la participation des membres de la collectivité.

Le PDCP est exclusif à l’établissement Nova et n’a pas été mis en œuvre dans d’autres établissements pour femmes du Canada ni dans les établissements correctionnels fédéraux pour hommes. C’est un programme unique qui permet aux détenues d’aider la collectivité et d’exercer des responsabilités, ce que bien d’autres programmes correctionnels n’offrent pas. Le budget annuel de ce programme est de moins de 51 000 $ et la majeure partie des dépenses sont de nature contractuelle. Jusqu’à maintenant, le programme abeaucoup retenu l’attention des médias. Il a reçu des appuis et a fait l’objet d’une grande couverture médiatique à l’échelle locale (articles dans les journaux, présentation d’exposés), provinciale (le quotidien Halifax Chronicle Herald), régionale (exposé annuel à l’Atlantic Veterinary College, Maritime Magazine de la radio CBC, ATV News Special), nationale (exposé de l’animatrice du programme à l’Association canadienne sur les relations privilégiées liant les humains et les animaux, à Toronto, Basic Black à la CBC) et internationale (Dogs with Jobs au Life Network, Reader’s Digest).

2 Heather Logan est l’animatrice initiale et actuelle du PDCP.

Le programme comprend trois phases. La phase 1 consiste en formation donnée dans une salle de cours, axée sur l’histoire du chien et les techniques de base de l’élevage, y compris les soins et le toilettage. L’objectif de cette phase consiste à donner à chaque délinquante la préparation dont elle aura besoin pour s’occuper de son chien et le dresser. La phase 2 porte sur la manière d’enseigner l’obéissance au chien à l’aide de la technique du conditionnement opérant. On encourage les maîtres-chiens à se trouver en présence de leur animal le plus souvent possible afin de faciliter le dressage et les interactions sociales. De plus, on s’attend à ce que les participantes dressent leur chien au moyen du conditionnement opérant et qu’elles établissent avec lui une relation axée sur l’intérêt et le respect mutuel. La phase 3 est destinée aux chiens et aux maîtres-chiens qui ont suivi avec succès les deux premières phases et qui sont jugés susceptibles de pouvoir recevoir une formation avancée en assistance canine3. Ces chiens apprennent notamment à ramasser des objets échappés, à prévenir les personnes malentendantes lorsqu’ils entendent certains bruits ou à prêter assistance aux personnes dont la mobilité est réduite. Durant les phases 2 et 3, les femmes sont responsables de leur chien 24 heures par jour, 7 jours par semaine. De plus, elles doivent tenir un journal quotidien où elles décrivent leurs progrès en matière de dressage et les activités de leur chien. La rédaction de ces renseignements constitue une responsabilité supplémentaire pour les participantes et comporte certains avantage d’ordre pratique et médical (par le biais des chiens).

3 Il est important de souligner que même si le programme comporte ces trois phases, les maîtres-chiens ont la possibilité, après la phase 3, de continuer de participer au programme en occupant diverses fonctions. Par exemple, elles peuvent donner dans la collectivité des cours d’obéissance pour les chiens. De plus, beaucoup de participantes qui ont suivi avec succès la phase 3 peuvent donner des cours aux participantes des phases 1 et 2. Enfin, elles peuvent aussi poursuivre des études de façon autonome, selon leurs intérêts personnels.

Objectifs du PDCP

En novembre 1996, la directrice de l’établissement Nova, Christine Manuge, a énoncé les objectifs de politique suivants pour le PDCP (C. Manuge, communication personnelle, 20 novembre 1996) :

  • Fournir un abri aux chiens errants qui possèdent les caractéristiques nécessaires pour devenir des animaux de compagnie ou qui peuvent venir en aide aux personnes ayant une déficience physique;
  • Faire en sorte que les personnes ci-dessus puissent adopter un chien dressé;
  • Enseigner aux détenues les compétences relatives au soin et au dressage des chiens;
  • Montrer aux détenues comment prendre soin des chiens d’une manière responsable, afin qu’elles développent leur estime de soi et retirent de cette formation des avantages thérapeutiques;
  • Établir des liens avec les membres de la collectivité et leur fournir un service de qualité.

On peut aussi regrouper ces buts et objectifs selon leurs effets immédiats et à long terme (Graphique 1). Les effets immédiats sont les avantages physiques et psychologiques dont bénéficient les participantes, l’amélioration du milieu carcéral et les liens que les délinquantes établissent avec les membres de la collectivité. Les effets à long terme sont le placement des chiens dans la collectivité, la plus grande maîtrise de la vie personnelle et la modification des perceptions que la population peut avoir au sujet des délinquantes.

Graphique 1. Modèle logique du programme Pawsitive Directions

Modèle logique du programme Pawsitive Directions

 

Comme nous l’avons mentionné précédemment, le PDCP de l’établissement Nova repose sur les principes de la zoothérapie. Logan (1996) a établi que ce programme produisant les résultats suivants :

1) Possibilité d’apporter une contribution à la société

Le programme offre un abri aux chiens errants et permet de les placer ensuite dans la collectivité, chez des personnes ou des familles, ou encore chez des personnes ayant une déficience et ayant besoin d’une assistance canine. On s’attend à ce que cette contribution soit valable, car les femmes qui participent au programme ont ainsi l’occasion de «repayer» la collectivité.

2) Occasion pour les délinquantes de rencontrer d’autres personnes désavantagées

Le programme permettra aux détenues d’observer les chiens et les personnes qui les accueillent, elles aussi désavantagées, ce qui aidera les délinquantes à mieux comprendre leur situation.

3) Une relation entièrement tolérante, dépourvue de tout préjugé

En assumant l’entière responsabilité de leur chien et en acceptant de le nourrir, de le loger, de faire sa toilette, de lui donner de l’exercice et de répondre à ses besoins quotidiens, les détenues vont établir avec l’animal un rapport étroit fondé sur l’acceptation et dépourvu de préjugé.

4) Atténuation du sentiment d’isolement et de solitude

Les rapports qui s’établissent entre le chien et l’être humain atténuent le sentiment d’isolement et de solitude qui caractérise souvent l’incarcération.

5) Amélioration du moral des détenues et des employés

Il ne faut pas sous-estimer les joies qu’un animal peut apporter en milieu carcéral. On peut prévoir que le plaisir de posséder un animal dans l’établissement va contribuer à améliorer le moral des délinquantes.

6) Enseigner aux participantes le sens des responsabilités et du partage, l’empathie et la patience

Le sens des responsabilités et du partage, l’empathie et la patience sont des valeurs inhérentes au programme. Lorsque les participantes entrent dans la phase 2 du programme, elles sont seules responsables de leur chien. On s’attend donc à ce qu’elles manifestent de l’empathie et de la patience et qu’elles aient le désir de partager.

7) Apprendre le conditionnement opérant

Le conditionnement opérant est une méthode d’enseignement non punitive qui consiste à remettre des récompenses selon le mérite. Cette méthode s’est avérée efficace non seulement avec les chiens, mais aussi avec les détenues, les employés et les personnes hors du milieu carcéral.

8) Apprendre à devenir de bonnes citoyennes

Comme le programme impose des contraintes aux chiens comme aux participantes, celles-ci doivent acquérir le sens des responsabilités et de la discipline et apprendre les nouvelles méthodes de dressage et la manière de prendre soin d’un animal; tous ces facteurs leur montrent comment devenir de bonnes citoyennes.

9) Apprendre à mettre fin à une relation

Quand un chien est bien dressé et prêt à aller dans la collectivité, la détenue est forcée de s’en séparer. Cette séparation est souvent difficile pour les gens qui ont vécu dans la société une relation frustrante ou des situations de violence. Les délinquantes ont souvent vécu des relations de ce genre et un tel processus leur est extrêmement bénéfique.

10) Effet positif sur leurs interactions avec les autres

On croit qu’il existe un lien entre la manière dont une personne traite les animaux et la manière dont elle traite les êtres humains (Moneymaker et Strimple, 1991). On peut donc prévoir que le programme va contribuer à augmenter les interactions positives avec les autres êtres humains.

11) L’établissement Nova peut devenir le chef de file dans l’élaboration de programmes de dressage d’animaux

Si la mise en œuvre du programme est un succès, celui-ci pourra apporter une contribution aux études sur la réinsertion sociale lorsque les chercheurs en feront une évaluation empirique.

12) L’établissement Nova deviendra un membre estimé et respecté de la collectivité

À mesure que la collectivité bénéficiera des services du programme et que ceux-ci engendreront constamment des changements positifs, on peut s’attendre à ce que les membres de la collectivité éprouvent davantage d’estime et de respect pour l’établissement.

La présente évaluation tient compte de ces avantages possibles de même que des buts et objectifs particuliers du programme.

Intervenants concernés

Les intervenants comprennent toutes les personnes ayant un lien avec le programme, soit l’animatrice du programme, le reste du personnel de l’établissement Nova, les détenues qui participent au programme, celles qui n’y participent pas et les membres de la collectivité. L’animatrice du programme devrait avoir au moins dix ans d’expérience dans la gestion d’un chenil et de l’élevage, avoir les compétences nécessaires pour dresser les chiens à obéir et être en mesure de gérer des groupes de diverses tailles. Les autres membres du personnel qui collaborent au programme sont ceux qui font partie du comité de direction du programme, composé du coordonnateur du projet, de deux employés de l’établissement Nova, d’un vétérinaire et d’une personne de la collectivité. Ce comité de direction contribue au succès du programme en déterminant dans quelle mesure celui-ci répond aux besoins des délinquantes, de l’établissement et de la collectivité. L’ordre permanent relatif au programme de dressage de chiens précise que le comité de direction du programme doit se réunir au moins une fois par trimestre.

Un autre groupe d’intervenants est composé de membres de la collectivité auxquels l’animatrice a demandé de collaborer à certaines activités du programme. Ce groupe est composé de spécialistes qui s’occupent des séances d’information données au cours de la phase 1 et d’enfants qui participent à la socialisation et à la familiarisation aux foules des chiens qui seront placés dans la collectivité.

Historique du programme

Le PDCP a été créé en juin 1996, après que Logan (1996) a soumis une description de programme au SCC. Selon elle, les recherches démontraient la valeur d’un programme de zoothérapie dans un établissement correctionnel pour femmes. Elle affirmait que le PDCP aurait des effets positifs sur la santé physique et mentale des détenues, permettrait aux participantes d’acquérir des compétences utiles et d’accroître leur estime de soi, améliorerait les relations entre les détenues et le personnel et resserrerait les liens entre la collectivité et l’établissement. Après avoir examiné la description de programme proposée par Logan, le SCC a décidé de mettre sur pied un projet pilote d’une durée d’un an. Satisfait de cette expérience, le SCC a conclu un contrat de trois ans avec Logan, l’animatrice initiale et actuelle du programme.

Jusqu’au mois de juin 2000, 49 femmes ont participé au programme Pawsitive Directions de l’établissement Nova (voir le Graphique 2). De ce nombre, 14 continuent d’y participer, une n’a pas réussi à le suivre avec succès, 4 ont abandonné, 3 ont quitté le programme parce qu’elles ont obtenu la libération conditionnelle et 27 ont suivi avec succès au moins une phase du programme. Dix-huit femmes ont suivi avec succès la phase 1, 6 ont suivi avec succès la phase 2 et 3 ont suivi avec succès la phase 3. Il arrive aussi que des femmes participent au programme plus d’une fois. Après une première réussite, certaines dressent maintenant un deuxième ou un troisième chien et d’autres sont réadmises au programme après s’en être retirées ou à la suite de la révocation de leur libération conditionnelle.

Jusqu’au mois de juin 2000, 28 chiens ont participé au programme (voir le Graphique 2). Six d’entre eux appartiennent à l’animatrice du programme et sont utilisés régulièrement dans les séances de la phase 1. Quatre chiens participent actuellement à la phase 2 ou à la phase 3 du programme, un autre sert à des démonstrations dans des hôpitaux et des maisons de retraite, 3 ont été euthanasiés4 et 14 ont été placés dans la collectivité. Les membres de la collectivité qui ont adopté des chiens appartiennent à diverses catégories : 6 chiens ont été adoptés par des familles comme animaux de compagnie, 3 ont aussi été adoptés par des personnes âgées comme animaux de compagnie, 2 pour assistance canine par des personnes atteintes de paralysie cérébrale, un pour assistance canine par une personne handicapée à la suite d’un accident vasculaire cérébral, un comme animal de compagnie pour un enfant ayant des difficultés d’apprentissage et un autre adopté par un établissement pour jeunes.

4

Ces chiens ont été euthanasiés pour différentes raisons. Un d’eux l’a été immédiatement après un diagnostic de dominance-agression et un autre après que la détenue qui en était responsable a abandonné le programme. Dès le début du programme, les participantes sont informées des conséquences qu’entraîne l’abandon du programme. La responsabilité est prise très au sérieux et aucune exception n’est tolérée. Cette situation a été une leçon difficile mais valable et elle ne s’est pas reproduite depuis cet incident. L’autre animal a été euthanasié après que sa famille adoptive a communiqué avec l’animatrice du programme (qui est aussi reconnue comme consultante émérite en matière de comportement animal) pour avoir son opinion au sujet de leur chien qui avait mordu un enfant.

 

Graphique 2. Participation au programme de dressage de chiens
Participation des détenues (Total jusqu’à juin 2000) 49 femmes

Participation des chiens (Total jusqu’à juin 2000)

Participation des chiens

 

diverses situations (O’Brien, 1985). Chacun des dix énoncés est coté au moyen d’une Échelle de Likert en quatre points qui varient de «Entièrement d’accord» à «Pas d’accord du tout». La cote de cinq de ces énoncés (2, 5, 6, 8, 9) a été établie en ordre inverse, ce qui signifie que «Pas d’accord du tout» a une cote de 1 tandis que «Entièrement d’accord» a une cote de 4. Les scores les plus bas correspondent à un niveau plus élevé d’estime de soi. L’Échelle d’évaluation de l’estime de soi de Rosenberg a été administrée à toutes les délinquantes intéressées dans le cadre de l’ensemble des instruments de mesure. Elle a permis d’obtenir un aperçu du niveau de leur estime de soi au moment de l’évaluation.

Center for Epidemiologic Studies- Depression Scale (CES-D) [Échelle de mesure de la dépression]

L’Échelle du CES-D (Annexe B) est un instrument de mesure par autodéclaration comprenant 20 énoncés, qui permet d’établir les symptômes de la dépression dans la population générale (Radloff, 1977). Elle permet d’évaluer la fréquence des symptômes de la dépression et fait une place importante à l’humeur ou à l’affect dépressif (Robinson, Shaver et Wrightsman, 1991). Chaque énoncé est coté au moyen d’une Échelle de Likert en quatre points qui varient de «rarement ou jamais» à «la plupart du temps ou toujours». La cote des énoncés 4, 8, 12 et 16 a été établie en ordre inverse et les scores les plus élevés correspondent à une fréquence plus élevée des symptômes de dépression. L’Échelle a été administrée dans le cadre de l’ensemble des instruments de mesure. Elle a permis d’obtenir un aperçu de la fréquence des symptômes de dépression au moment de l’évaluation.

UCLA Loneliness Scale (Échelle de mesure de la solitude de l’University of California, Los Angeles)

L’Échelle de mesure de la solitude de l’UCLA (Russell et Cutrona, 1988; Annexe C) est un instrument de mesure comprenant 20 énoncés, qui permet de mesurer le degré de solitude d’après l’écart entre le degré souhaité et le degré réel des contacts sociaux. Chaque énoncé est coté au moyen d’une Échelle de Likert en quatre points qui varient de «jamais» à «toujours». La cote de neuf de ces énoncés (1, 5, 6, 9, 10, 15, 16, 19, 20) a été établie en ordre inverse et les scores les plus élevés correspondent à un niveau plus élevé de solitude. Cette Échelle a été administrée à toutes les délinquantes intéressées dans le cadre de l’ensemble des instruments de mesure. Elle a permis d’obtenir un aperçu du niveau de leur solitude à l’établissement Nova.

Spheres of Control Battery (SOC) [Batterie de mesure des sphères d’influence]

La Batterie SOC (Paulhus, 1983; Annexe D) est une batterie à trois dimensions qui porte sur trois domaines, soit l’efficacité personnelle, l’influence interpersonnelle et l’influence sociopolitique (Robinson, Shaver et Wrightsman, 1991). Chaque échelle se compose de dix énoncés et chacun est coté au moyen d’une Échelle de Likert en sept points qui varient de «D’accord» à «Pas d’accord». Aux fins de l’évaluation, seuls les deux premiers domaines (efficacité personnelle et influence interpersonnelle) ont été retenus. La cote des énoncés suivants a été établie en ordre inverse : 3, 6, 8, 10 dans l’échelle de l’efficacité personnelle et 1, 3, 6, 8, 9 dans l’échelle de l’influence interpersonnelle. La Batterie évalue l’influence perçue dans chacun des domaines, qui peut être évalué indépendamment de l’autre. Cette échelle a permis d’obtenir un aperçu des perceptions des détenues de l’établissement en ce qui concerne leur sphère d’influence.

Test sociométrique

Le test sociométrique (Annexe E) sert à évaluer la dynamique individuelle et la dynamique de groupe au sein d’une population donnée (Northway et Weld, 1957). Un sociogramme, établi à partir des résultats d’un test sociométrique, permet de représenter de manière graphique cette dynamique des individus et des groupes faisant partie de la population étudiée. Dans le cas de la présente évaluation, le test sociométrique a servi à évaluer la dynamique sociale à l’établissement Nova. Toutes les réponses obtenues au moyen du test sociométrique, jusqu’à concurrence de trois, ont été reproduites dans un sociogramme (voir la section Résultats). L'observation du sociogramme nous donne une bonne idée de la structure du groupe et de la popularité de certaines de ses composantes (p. ex., les participantes au programme de dressage de chiens), de la présence de «cliques», et de l'existence d'interactions entre les participantes au programme de dressage et les membres du personnel. Le test sociométrique a été administré aux délinquantes dans le cadre de l’ensemble des instruments de mesure.

Questionnaire d’évaluation de l’environnement correctionnel (QEEC)

Le QEEC (voir l'Annexe F) sert à mesurer la perception qu’a un détenu de la qualité de son environnement et de l’établissement correctionnel où il est incarcéré (Wolfus et Stasiak, 1996). Le Questionnaire porte sur six catégories de critères établis à l'aide d'une analyse factorielle correspondant à autant de facteurs d’analyse :

1) Relations entre les délinquantes,

2) Participation du personnel,

3) Priorités du traitement assuré par le personnel,

4) Clarté et organisation,

5) Cohésion du personnel,

6) Orientation du traitement des délinquantes.

Quatre de ces catégories contiennent des sous-catégories. La catégorie «Relations entre les délinquantes» comprend trois sous-catégories : Aide réciproque, Entraide et Absence d’hostilité. La catégorie «Participation du personnel» comprend trois sous-catégories : Sensible, Bienveillant et Intéressé aux délinquantes. La catégorie «Priorités du traitement assuré par le personnel» comprend deux sous-catégories : Encouragement et Communication ouverte. Enfin, la catégorie «Orientation du traitement des délinquantes» comprend deux sous-catégories : Résolution des problèmes et Orientation axée sur le changement. L’Annexe G présente la liste des énoncés que contiennent les catégories et les sous-catégories du QEEC. La cote de 11 énoncés (1, 3, 8, 19, 25, 26, 48, 56, 60, 61, 64) a été inversée avant que les scores gradués soient calculés. Le QEEC a été administré pour évaluer la perception qu’ont les détenues de leur environnement correctionnel.

Sondages auprès du personnel et auprès des délinquantes

Les sondages avaient pour but de vérifier si les employé(e)s et les délinquantes connaissaient le programme Pawsitive Directions de l’établissement Nova et à évaluer leur perception du rôle et de la fonction de ce programme (voir l'Annexe H).

Entrevues avec le personnel et avec les délinquantes

Les entrevues qui ont été réalisées avec des membres du personnel et des délinquantes ont constitué une importante source de données qualitatives pour cette évaluation (voir l'Annexe I). Ces entrevues semi-structurées ont permis aux répondants d’exprimer en toute confidentialité leurs idées, leurs impressions et leurs opinions personnelles au sujet du programme de dressage de chiens.

Procédure

La présente évaluation a nécessairement dévié quelque peu du cadre d’évaluation proposé (Richardson et Blanchette, 2000). Ce cadre d’évaluation recommande que les tests quantitatifs soient administrés avant puis après le programme, pour que les chercheurs puissent en déterminer les effets précis. Des contraintes de temps et le fait que le programme était déjà commencé ont toutefois empêché la collecte de données de prétest. D’autre part, le comité de direction a souligné qu’aux fins de l’évaluation il y aurait lieu d’examiner les différences potentielles entre les délinquantes inscrites au programme et les autres. Il faut toutefois noter que toute différence observée entre ces groupes n’est pas nécessairement attribuable au programme. Par contre, même si la conception de l’étude prévient toute attribution causale, des comparaisons entre les groupes ont été établies à des fins descriptives. Pour justifier la validité de ces comparaisons, des tests statistiques (tests t et tests khi carré) ont été analysés selon plusieurs autres variables pour établir s’il y avait des différences significatives entre les deux groupes. Or, cet exercice n’a révélé aucune différence significative entre les groupes en ce qui concerne l’âge, la race, le risque global de suicide, le risque pour la sécurité, la toxicomanie, le comportement dans la collectivité, les besoins criminogènes, l’emploi, les attitudes à l’égard de la famille et du conjoint ainsi que les caractéristiques personnelles et affectives.

Toutes les mesures quantitatives et qualitatives ont été appliquées et recueillies sur une période d’une semaine. Les tests quantitatifs ont été distribués à toutes les délinquantes de l’établissement qui ont accepté de les remplir. Celles qui étaient intéressées ont reçu une trousse contenant tous les instruments de mesure quantitative (Échelle d’évaluation de l’estime de soi de Rosenberg, l'Échelle du CES-D, l’Échelle de mesure de la solitude de l’UCLA, la Batterie SOC, le Test sociométrique et le QEEC). La confidentialité des réponses était assurée, car les répondantes n’avaient pas à révéler leur identité dans les documents de la trousse. Elles devaient seulement indiquer si elles participaient ou non au programme de dressage de chiens.

À ces instruments de mesure s’ajoutait un sondage. Les délinquantes ont été informées qu’elles pouvaient répondre au sondage ou remplir les questionnaires des instruments de mesure, ou encore de faire les deux. On leur a dit aussi qu’elles ne devaient pas se sentir obligées de remplir tous les questionnaires d’évaluation si certains d’entre eux les mettaient mal à l’aise. En dépit de ces précautions, toutes les délinquantes qui ont accepté les trousses les ont retournées après avoir dûment rempli le sondage et les instruments quantitatifs (une seule délinquante a préféré ne pas remplir la Batterie de mesure des sphères d’influence).

Les questionnaires du sondage ont aussi été mis à la disposition de tous les membres du personnel intéressés. Dix membres du personnel qui ont répondu au sondage ont accepté de participer à une entrevue (soit 63 % des répondants). Pour grossir cet échantillon, les chercheuses, à leur arrivée à l’établissement Nova, ont invité des membres du personnel et des détenues choisies au hasard à participer aux entrevues. Les entrevues avec les familles d’adoption et les spécialistes de la communauté ont été planifiées par téléphone avant la semaine de l’évaluation. Les entrevues semi-stucturées (conformes au cadre d’évaluation) ont été réalisées dans des locaux privés de l’établissement Nova et toutes les détenues ont signé au préalable un formulaire de consentement éclairé. Elles devaient aussi donner leur consentement aux enregistrements sonores; 97 % des détenues interrogées ont accepté.

Le cadre proposé pour l’évaluation détaillée recommande la formation de quelques groupes de discussion pour l’évaluation du programme. Il n’était toutefois pas réaliste d’organiser des groupes de discussion à cause des conflits d’horaire des personnes concernées. C’est pourquoi il n’y a pas eu de groupes de discussion au cours de la semaine d’évaluation.

Échantillon

La taille de l’échantillon a varié selon le nombre de personnes qui ont rempli les divers instruments d’évaluation. Certaines délinquantes ont rempli les questionnaires et ont participé à une entrevue, tandis que d’autres ont seulement répondu aux questionnaires. D’autres encore ont seulement participé à l’entrevue. De même, des membres du personnel ont rempli le questionnaire et participé à l’entrevue, alors que d’autres ont seulement rempli un questionnaire.

Au moment de la collecte des données, en juillet 2000, 42 femmes étaient incarcérées à l’établissement Nova. Douze d’entre elles participaient au programme de dressage de chiens. Dans le groupe des 30 autres femmes, certaines avait déjà participé au programme et d’autres attendaient d’y être admises. Lors de l’évaluation, le personnel de l’établissement Nova comptait environ 67 employés. On a estimé cependant que 55 employés ont été présents au travail à un moment ou un autre de la semaine d’évaluation et ont donc eu la possibilité d’y participer. Pour cette raison, tous les pourcentages indiqués sont établis en fonction de ce nombre d’employés.

Au total, 19 entrevues ont été réalisées avec des délinquantes (45 % de la population), soit 10 participantes au programme et 9 non-participantes. Un protocole d’entrevue semi-structurée avec les délinquantes définissait les règles générales à suivre. Dans un cas particulier, un protocole d’entrevue destiné aux participantes du programme a été remis à une détenue qui ne participait pas au programme, parce qu’elle y avait participé activement auparavant pendant une partie importante de sa peine. D’autres détenues qui avaient déjà participé au programme, mais à un degré moindre, ont été rencontrées en entrevue selon le protocole prévu pour les détenues qui ne participaient pas au programme.

Les membres du personnel qui ont participé aux entrevues exerçaient différentes activités professionnelles à l’établissement Nova. Au total, 36 employés ont été rencontrés (65 % de l’ensemble du personnel) : la directrice (1), le sous-directeur (1), le psychologue (1), l’animatrice du programme de dressage de chiens (1), les autres animateurs de programmes (7), les travailleurs de première ligne (12), les superviseurs de la réinsertion sociale (4), les agents de libération conditionnelle (2), le gestionnaire d’unité (1), l’aumônier (1), l’enseignant (1), le technicien d’entretien (1), l’adjoint aux opérations de l’unité (1), le coordonnateur des programmes (1) et le préposé aux services de santé (1). La diversité des occupations représentées dans l’échantillon a permis d’obtenir de nombreux points de vue différents au sujet du programme de dressage de chiens.

RÉSULTATS

Instruments de mesure

La trousse d’instruments de mesure distribuée aux délinquantes intéressées contenait les échelles et tests quantitatifs suivants : l'Échelle d’évaluation de l’estime de soi de Rosenberg, l'Échelle du CES-D, l'Échelle de mesure de la solitude de l’UCLA, la Batterie de mesure des sphères d’influence, le Test sociométrique et le Questionnaire d’évaluation de l’environnement correctionnel.

Pour assurer la confidentialité, les répondantes n’avaient pas à révéler leur identité dans les tests. Elles devaient cependant indiquer si elles participaient ou non au programme de dressage de chiens. De plus, les participantes du programme devaient indiquer à quelle phase elles se trouvaient; celles qui n’y participaient pas devaient indiquer si elles l’avaient déjà suivi. Au total, 23 délinquantes sur une possibilité de 42 (soit 55 % de la population) ont rempli les tests qui leur ont été soumis; 12 d’entre elles participaient au programme et 11 n'y participaient pas (une détenue n’a pas voulu remplir la Batterie de mesure des sphères d’influence, ce qui réduit à 22 personnes l’échantillon de ce test).

Bien que ces deux groupes (participantes et non-participantes) contiennent peu de sujets, leur taille est sensiblement la même, ce qui facilite l’analyse des différences qui les caractérisent. Cependant, en raison de la petite taille des échantillons, les analyses n’ont pas tenu compte de la durée de la participation au programme. Par conséquent, les résultats présentés constituent un portrait sommaire du programme, qui ne tient pas compte du degré de participation.

Échelle d’évaluation de l’estime de soi de Rosenberg

Les énoncés de cette échelle sont cotés selon une échelle d'évaluation en quatre points allant de 1 (Entièrement vrai) à 4 (Entièrement faux). Les scores les plus faibles correspondent à un degré élevé d’estime de soi. Le score total moyen des répondantes de cet échantillon est de 18,65 (ET = 6,6). Le score moyen des participantes du programme est de 19,17 (ET = 6,1) et le score moyen des non-participantes est de 18,09 (ET = 7,4). Il n’y a aucune différence significative entre ces scores, ce qui indique que le niveau d’estime de soi des délinquantes qui participent au programme et des délinquantes qui n’y participent pas est équivalent.

Échelle de mesure de la dépression du Center for Epidemiologic Studies

Cette échelle comprend 20 énoncés, cotés de 1 (Rarement ou jamais) à 4 (La plupart du temps ou toujours); les scores les plus élevés indiquent une plus grande fréquence des symptômes de dépression.

Le score moyen pour l’ensemble de l’échantillon est de 38,17 (ET = 12,5). Dans le cas des participantes au programme, le score moyen est de 34 (ET = 8,8), contre 42,73 (ET = 14,7) pour les détenues qui ne participaient pas au programme. Ces résultats permettent de croire que les symptômes de dépression sont moins fréquents chez les participantes du programme que chez les autres détenues (p = 0,12). Même si ce résultat n’est pas statistiquement significatif, il mérite d’être mentionné en raison de la petite taille de l’échantillon.

Échelle de mesure de la solitude de l’UCLA

L’Échelle de mesure de la solitude de l’UCLA contient 20 énoncés indicatifs de la solitude, cotés chacun de 1 (Jamais) à 4 (Toujours); les scores les plus élevés correspondent à un degré de solitude important. La solitude est définie comme un écart entre les contacts sociaux souhaités et les contacts sociaux réels (Shaver et Wrightsman, 1991). Le score moyen pour l’ensemble de l’échantillon est de 46,35 (ET = 9,2). Dans le cas des participantes au programme, le score moyen est de 42,33 (ET = 8,3), contre 50,73 (ET = 8,4) pour les détenues qui ne participaient pas au programme. Ces scores indiquent que le sentiment de solitude est moins fort chez les participantes du programme que chez les autres détenues. Ce résultat est statistiquement significatif (p < 0,03).

Batterie de mesure des sphères d’influence

Cette échelle comprend deux sous-catégories, l’une qui mesure le sentiment d’influence sur le plan de l’efficacité personnelle et l’autre le sentiment d’influence sur le plan des relations interpersonnelles. Ces deux sous-catégories comprennent chacune 10 énoncés cotés de 7 (D’accord) à 1 (Pas d’accord), et les scores les plus élevés indiquent que les personnes exercent davantage d’emprise sur elles-mêmes. Pour l’ensemble de l’échantillon, le score moyen pour l’échelle de mesure de l’efficacité personnelle est de 55,90 (ET = 6,4) et le score moyen pour l’échelle de l’influence interpersonnelle est de 50,61 (ET = 8,7). Les participantes du programme ont obtenu un score moyen de 57,36 (ET = 7,1) et 53,46 (ET = 7,5) respectivement. Les autres détenues ont obtenu un score moyen de 54,44 (ET = 5,4) et 47,78 (ET = 9,2) respectivement. Il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes en ce qui concerne cette mesure de la sphère d’influence.

Test sociométrique

Comme nous l’avons mentionné précédemment, 12 participantes du programme et 11 détenues non participantes ont rempli les instruments de mesure susmentionnés. Quatre femmes ont cependant préféré ne pas remplir le test sociométrique, soit deux participantes du programme et deux détenues non participantes. Par conséquent, 10 participantes et 9 détenues non participantes ont rempli cet instrument de mesure.

Les répondantes devaient donner le nom de trois personnes avec lesquelles elles préféraient passer le plus souvent leurs temps libres. Le sociogramme présente les deux premiers choix des répondantes. Certaines répondantes ont donné le nom de personnes autres que des répondantes, de membres du personnel, de membres de leur famille ou même d’un chien, ce qui explique pourquoi le schéma du sociogramme comprend ces groupes. Ce sociogramme permet de tirer plusieurs conclusions intéressantes.

Tout d’abord, les participantes du programme de dressage de chiens semblent préférer passer leurs temps libres ensemble (6 sur 10); inversement, très peu de non-participantes (1 sur 9) aiment passer leurs temps libres avec les participantes du programme. Quelques non-participantes n’ont d’ailleurs indiqué aucun nom de codétenues (participantes ou non) comme compagne. Il semble toutefois que quelques participantes (3 sur 10) préfèrent fréquenter avant tout des détenues non participantes.

Sauf une seule exception, les réponses n’ont fait ressortir aucune relation réciproque. En effet, seulement deux femmes ont indiqué chacune réciproquement qu’elles préféraient la compagnie de l’autre. Plusieurs participantes du programme ont indiqué qu’elles préféraient la compagnie d’autres participantes du programme, sans toutefois donner de noms en particulier.

Il est intéressant d’observer aussi que 7 des 10 participantes du programme ont indiqué qu’elles préféraient avant tout la compagnie de leur chien. Six d’entre elles ont nommé leur chien comme premier choix et une autre l’a nommé comme troisième choix, après elle-même comme premier choix et sa famille comme deuxième choix. De plus, une détenue non participante a même indiqué qu’elle aimait passer ses temps libres avec un chien, en deuxième choix après sa famille.

La majorité (55 %) des non-participantes (5 sur 9) ont indiqué qu’elles préféraient passer leurs temps libres avec leur famille, contre seulement 20 % chez les participantes du programme (2 sur 10). En outre, plusieurs détenues non participantes ont indiqué qu’elles préféraient passer leurs temps libres seulement avec des membres de leur famille; dans un cas, un chien s’ajoute à la liste, et dans un autre cas, «des amis» (au sens général). Enfin, il est intéressant de souligner que deux des participantes préféraient passer leurs temps libres avec des membres du personnel, tandis qu’aucune détenue non participante n’a indiqué ce choix.

Il faut toutefois noter que les résultats du sociogramme doivent être interprétés avec une certaine prudence, car les réponses des détenues ont pu être influencées par le désir de l’acceptation sociale. Cette confusion survient lorsque les participants à une étude répondent à un test d’une manière qui devrait, à leur avis, plaire aux chercheurs.

Graphique 3. Sociogramme : Établissement Nova pour femmes

Sociogramme

Questionnaire d’évaluation de l’environnement correctionnel

Vingt-trois délinquantes ont rempli le QEEC; 12 d’entre elles participaient au programme et 11 n’y participaient pas. Elles ont répondu à tous les énoncés des catégories et des sous-catégories. Les scores les plus élevés dans les catégories et les sous-catégories indiquent une perception plus positive de l’environnement correctionnel. Par souci d’uniformisation des mesures obtenues au moyen du QEEC, on a calculé des scores moyens (de 1 à 5) pour toutes les catégories et sous-catégories. Le Tableau 1 présente les scores des participantes au programme et des non-participantes pour toutes les catégories et sous-catégories. Pour assurer l’uniformité de la présentation, les sous-catégories «hostilité» et «désintérêt» ont été renommées «absence d’hostilité» et «intérêt». Dans les diverses catégories et sous-catégories présentées au Tableau 1, aucune différence significative ne distingue les deux groupes.

Tableau 1. Scores moyens pour les catégories et sous-catégories du QEEC : répartition par groupe de délinquantes

Catégories et sous-catégories

Relations entre les délinquantes

Bienveillance réciproque Entraide Absence d’hostilité

Participation du personnel

Sensibilité Bienveillance

Intérêt porté aux délinquantes

Priorités du traitement assuré par le personnel

Encouragement Communication ouverte

Clarté et organisation Cohésion du personnel Orientation du traitement des délinquantes

Résolution des problèmes

Orientation axée sur le changement

Participantes Non-participantes
(n = 12) (n = 11)


2,80 2,96
3,63 3,91
2,75 3,32
2,39 1,82
2,69 2,90
2,43 2,60
2,56 3,23
3,10 3,00
   
2,51 3,17
2,69 3,41
2,31 2,89
2,99 3,38
3,22 3,72
   
3,75 4,13
4,19 4,70
3,32 3,55

Sondage mené auprès des délinquantes

Vingt-trois délinquantes (55 % de la population carcérale) ont répondu au sondage; la moitié d’entre elles participaient au programme de dressage de chiens. La plupart des répondantes (19 sur 23, 83 %) connaissaient le programme et savaient ce qu’il fallait faire pour y participer. L’une de ces 23 répondantes avait été refusée au programme. Les détenues qui ne participaient pas au programme ont expliqué pourquoi. Quatre répondantes (17 %) ont dit qu’elles étaient trop occupées pour assumer cette responsabilité supplémentaire, tandis que six ont fourni différentes explications :

  • rejet de leur candidature
  • nécessité de suivre d’autres programmes prévus dans leur plan correctionnel
  • pas prête à assumer cette responsabilité
  • ne voulait pas s’attacher à un chien
  • sur la liste d’attente

Quatorze des 23 répondantes (61 %) ont affirmé que certains changements dans l’atmosphère générale de l’établissement étaient attribuables selon elles au programme de dressage de chiens. Cette question est prise en considération dans diverses parties de la section consacrée aux résultats. Il ne faut pas oublier que le programme de dressage de chiens a été mis en place peu de temps après l’ouverture de l’établissement Nova et qu’il s’est développé parallèlement à l’établissement; c’est pourquoi tout changement observé dans l’atmosphère générale pourrait aussi être attribuable à la maturation de l’établissement. Sous réserve de cette observation, le Tableau 2 montre quelques exemples de commentaires tirés directement du sondage mené auprès des délinquantes.

Tableau 2. Changements dans l’atmosphère générale de l’établissement, selon les participantes et les non-participantes

Participantes

·
  
Plus d’interactions.
·
  
Plus d’interactions positives entre le personnel et les détenues. Les interactions entre les détenues sont plus faciles en présence d’un chien.
·
  
Les gens se parlent davantage et on a l’impression que les personnes qui participent sont plus heureuses.
·
  
Les gens sont plus amicaux. Ils s’arrêtent pour caresser votre chien et vous parlent.
·
  
Les femmes sont plus détendues en présence des animaux. Le personnel appuie le programme.
·
  
Les employés en général collaborent davantage. Ils s’arrêtent pour nous saluer, caresser le chien et nous demander comment
  ç
  
a va.
·
  
Avant le programme de dressage, je me sentais isolée et marginale. Je me sens beaucoup mieux maintenant, car je communique mieux avec les autres détenues.
·
  
Ce programme fait toute la différence. Il existait déjà quand je suis arrivée et je suis sûre que le personnel aime voir tous ces chiens qui s’ébattent.

Non-participantes

  • Plus d’interactions.
  • Je pense que ce programme aide à créer des interactions positives entre les employés et les détenues, il facilite la conversation et la communication en général.
  • J’ai remarqué que les gens sont beaucoup plus amicaux en présence d’un chien.
  • Les gens se manifestent plus de respect en présence des chiens. Les femmes qui vivent avec un chien sont généralement plus calmes. La plupart des employés sont très compréhensifs quand il est question des chiens.
  • Les employés aiment les chiens et viennent souvent parler aux femmes. Je crois que les employées vont ainsi éprouver plus de respect envers cette femme.
  • Il y a des employés qui n’aiment pas que nous puissions avoir un chien.

La majorité des répondantes avaient des contacts avec les chiens (21 sur 23, 91 %) et la plupart aussi (22 sur 23, 95 %) ont indiqué que les maîtres-chiens aimaient bien leur montrer les tours que leurs chiens savaient faire. De plus, 86 % des répondantes (19 sur 23) ont déclaré qu’elles avaient un chien préféré. Dix-sept répondantes sur 22 (77 %) ont aussi indiqué qu’elles avaient été invitées à des événements organisés dans le cadre du programme de dressage de chiens.

Dans l’ensemble, 100 % des répondantes ont déclaré qu’elles avaient une perception positive du programme et que celui-ci produisait de bons résultats. Le Tableau 3 révèlent quelques exemples tirés directement du sondage mené auprès des délinquantes.

Tableau 3. Commentaires positifs concernant le programme de dressage de chiens : participantes et non-participantes

Participantes

  • C’est une excellente façon d’enseigner le sens des responsabilités.
  • Je pense que les femmes qui suivent le programme acquièrent le sens des responsabilités et de l’accomplissement.
  • C’est un bon programme, qui enseigne le sens des responsabilités et la motivation et qui facilite l’épanouissement personnel.
  • Ça permet de sauver beaucoup de chiens.
  • Le programme de dressage a eu beaucoup d’effet sur mon comportement et sur les choix que je dois faire en étant ici. En prison, il y a de la drogue. J’ai dû me demander si prendre de la drogue était plus important que garder mon chien. (L’animatrice du programme) est très stricte avec les femmes et si vous avez un comportement de ce genre on peut vous enlever votre chien et il peut être euthanasié.
  • Le programme m’a beaucoup motivée. Depuis que j’ai commencé, je me sens beaucoup mieux sur le plan physique et affectif.
  • Les chiens sont recueillis et dressés pour devenir des animaux de compagnie ou fournir une assistance canine. Ils sont parfaitement dressés quand ils retournent dans la collectivité.
  • Beaucoup de compliments pour le succès du programme d’adoption des chiens de Nova et l’intérêt que les maîtres-chiens portent au programme.
  • Les chiens aident les participantes et les autres femmes. Surtout quand ça ne va pas bien. Les femmes demandent aux participantes de caresser leur chien et ça les réconfortent.
  • Je trouve que ça me fait du bien et que c'est très positif. Sans ce programme, je pense que je ne serais pas rendue aussi loin en ce qui concerne mon avenir.
  • C'est merveilleux. Je le dis à tout le monde. Les gens pensent que c'est impossible de montrer certaines choses aux chiens, mais c'est possible. Et c'est ce que j'ai pu constater depuis que je participe au programme.
  • C'est le meilleur programme que Nova pouvait offrir.

Non participantes

·
  
Je pense que les femmes, qu’elles participent ou non au programme, apprennent à devenir plus responsables envers un autre être qu’elles-mêmes et c’est une belle expérience d’apprentissage.
·
  
Je crois que c’est un très bon programme, qui donne aux femmes une importante responsabilité.
  Ç
  
a montre si une femme peut être responsable ou non. C’est un programme FORMIDABLE.
·
  
Les chiens apprennent très rapidement et quelques-uns reçoivent des soins affectueux.
·
  
Quand je suis arrivée ici (date), la première chose que j’ai remarquée, ce sont les chiens. C’est mieux ici qu’ailleurs à cause des chiens. Il y a moins d’altercations. Ce programme de dressage rend Nova unique en son genre.
·
  
Oui, ça devrait exister dans un établissement pour jeunes contrevenants.
·
  
Je pense que ça donne aux femmes la possibilité de redonner un petit «quelque chose» à la collectivité.
·
  
On dirait que ça aide les femmes à se sentir mieux. Ça les rend un peu «fières» de pouvoir montrer tant de choses à leur chien. Surtout quand le chien apprend quelque chose pour plaire
  à
  
sa maîtresse.
·
  
Les chiens sont bien dressés. (L’animatrice) prend soin de ses animaux et on voit qu’elle les aime. J’aimerais bien qu’on lui offre un plus grand local.
·
  
Je crois que le programme de dressage de chiens est un des meilleurs programmes offerts à l’établissement Nova. Il rassemble les détenues et le personnel et il permet aux détenues qui le suivent d’acquérir des compétences très valables et très utiles.
·
  
C'est un programme formidable et positif. Elles aimeraient probablement avoir plus d'argent.
·
  
C'est un programme merveilleux. Je le recommande à toutes. Surtout si elles aiment les chiens.

Quelques répondantes (6 sur 22, 27 %) ont toutefois fait état d’une certaine résistance au programme (à cause des allergies, d’employés qui ne sont pas en faveur du programme, de la peur des chiens ou de l’aversion pour eux) et 4 femmes (17 %) ont déclaré qu’elles avaient des plaintes d’ordre général au sujet du programme. Le Tableau 4 qui suit donne un aperçu de ces plaintes.

Tableau 4. Commentaires négatifs concernant le programme de dressage de chiens : participantes et non-participantes

Participantes

  • Nous avons besoin d’une salle plus grande pour dresser les chiens. À part ça, je n’ai aucune plainte à faire.

Non-participantes

  • Certaines maîtres-chiens ne font pas ce qu’on attend d’elles.

· À mon avis, il y a des femmes qui ont un chien, mais elles ne dTVraient pas à cause de leur comportement, et il y a des femmes que l’animatrice préfère aux autres.

  • Certaines personnes ne reconnaissent pas assez ce qu’elles font, à quel point elles aident vraiment beaucoup de femmes et tous les avantages du programme pour les chiens.

Sondage mené auprès du personnel5

Seize des 55 employés de l’établissement (29 %) ont participé au sondage. Tous les répondants connaissent le programme Pawsitive Directions et cinq sur huit d’entre eux (63 %) ont parmi leurs cas des femmes qui y participent. Quatre-vingt pour cent (12 sur 15) affirment connaître les objectifs du programme et tous sauf un (94 %) disent qu’ils ont observé dans l’atmosphère générale de l’établissement des changements qu’ils attribuent au programme. Voici quelques exemples d’effets positifs, tirés directement du sondage mené auprès du personnel :

  • cohésion entre les participantes du programme
  • meilleure interaction et meilleure communication entre les détenues et le personnel
  • les chiens sont un sujet qui encourage la communication
  • les chiens allègent l’atmosphère
  • les détenues sont plus amicales, plus positives, à cause de leur intérêt pour les chiens
  • les femmes apprennent à assumer des responsabilités
  • les femmes apprennent à s’engager
  • les chiens sont un bon moyen d’amorcer les conversations
  • les détenues sont plus patientes
  • les détenues qui ont de la difficulté à s’adapter à la vie dans l’établissement respectent davantage les règlements
  • la présence des chiens fait parfois oublier qu’on est dans une prison
  • les relations entre le personnel et les détenues sont plus positives
  • l’atmosphère est moins tendue
  • les détenues acquièrent une nouvelle compétence et ont un point de vue positif
  • les femmes sont fières de se montrer avec leur chien
  • les femmes collaborent davantage entre elles, elles se manifestent plus d’empathie

Exemples d’effets négatifs :

  • certaines détenues n’aiment pas les chiens
  • le ramassage des excréments provoque des conflits

Douze des 15 employés (80 %) qui ont répondu à cette question ont observé des changements d’ordre personnel chez les participantes du programme. Priés de donner des exemples, ils ont fourni les réponses suivantes :

  • les femmes agissent d’une façon plus responsable
  • elles réfléchissent aux conséquences de leurs actes avant d’agir
  • elles ont davantage d’estime de soi
  • elles ont une meilleure attitude
  • elles sont plus heureuses
  • elles se sentent appréciées
  • elles ont une raison de ne pas consommer de drogue
  • elles font plus d’exercice
  • elles s’entraident davantage
  • elles sont plus respectueuses
  • elles sont plus persévérantes et plus disciplinées
  • elles se soucient plus des autres
  • elles sont plus souriantes
  • elles sont plus communicatives
  • elles pensent aux autres et se sentent responsables envers elles
  • elles n’ont pas tendance à réclamer immédiatement ce qu’elles veulent
  • elles sont plus tolérantes

Dix des 16 répondants (62 %) ont fait état de problèmes ou de situations graves qu’ils attribuaient au programme, comme :

  • un enfant a été blessé par un chien adopté par une famille
  • des allergies
  • une détenue a été perturbée quand son chien a été euthanasié
  • le programme prend plus d’importance que les autres programmes
  • les détenues laissent les chiens ronger les tables à pique-nique et creuser des trous dans le sol
  • il pourrait y avoir un problème s’il fallait retirer une détenue de sa chambre, car il n’y aurait peut-être pas d’autre place pour garder le chien
  • difficultés opérationnelles à cause des déplacements entre les unités de logement (où placer les détenues)
  • pas de double occupation des chambres pour les participantes du programme, ce qui cause des problèmes opérationnels (question d’équité)
  • lorsqu’une délinquante qui participe au programme est placée en isolement, la garde de son chien cause des problèmes

5 Les répondants n’ont pas tous répondu à chacune des questions du sondage.

Quoi qu’il en soit, 7 des 10 répondants qui ont fait état de ces problèmes ont affirmé que ces problèmes ou situations d’urgence avaient été réglés. Les problèmes qui n’ont pas été résolus semblent de nature opérationnelle et nous y reviendrons plus loin.

La majorité des membres du personnel qui ont répondu au sondage avaient des contacts avec les chiens (13 sur 15, 87 %) et tous ont indiqué que les maîtres-chiens possédaient et mettaient en pratique les compétences acquises avec leurs chiens. Seulement 5 des 15 répondants (33 %) ont reconnu qu’ils avaient une préférence pour un chien en particulier. La majorité des membres du personnel qui ont répondu au sondage considéraient que le programme était efficace en ce qui concerne le placement des chiens dans les familles et auprès des personnes ayant une déficience, et la plupart des répondants étaient d’avis que le programme de dressage de chiens avait pour résultat de renforcer les effets positifs des autres programmes offerts à l’établissement.

Entrevues avec le personnel et les délinquantes

Les entrevues ont permis à toutes les personnes concernées ou touchées d’exprimer leur point de vue au sujet du programme de dressage de chiens. Étant donné que beaucoup de personnes ont participé à ces entrevues, celles-ci sont devenues la composante la plus volumineuse de l’évaluation. Au total, 68 entrevues ont été réalisées, avec 36 membres du personnel, 10 participantes du programme, 9 délinquantes non participantes, 11 spécialistes de la collectivité et 2 foyers d’adoption.

Les entrevues avec le personnel comprennent celles qui ont été réalisées avec la directrice, le sous-directeur, le psychologue, l’animatrice du programme de dressage de chiens, l’aumônier, le gestionnaire d’unité, l’enseignant, l’adjoint aux opérations de l’unité, le préposé aux services de santé, le coordonnateur des programmes, le technicien d’entretien, les animateurs de programmes, les travailleurs de première ligne, les agents de libération conditionnelle et les superviseurs de la réinsertion sociale. Les entrevues avec des spécialistes de la collectivité ont permis de rencontrer des vétérinaires et d’autres «spécialistes des chiens». Les foyers d’adoption désignent les personnes qui ont adopté des chiens dressés par les femmes de l’établissement Nova.

Les entrevues ont fourni des renseignements importants qui permettent de répondre aux sujets et questions d’évaluation définis dans le cadre de travail (Richardson et Blanchette, 2000, p. 25-27). Ces renseignements seront donc examinés dans l’optique de ce cadre de travail.

Sujets et questions d’évaluation

Justification du programme : Ce programme est-il nécessaire?

Les activités et les résultats du programme sont-ils reliés de sorte que les effets escomptés soient obtenus d’une manière valide et logique?

Richardson et Blanchette (2000, p.14) ont défini un modèle logique du programme Pawsitive Directions (voir le Graphique 1) dans lequel les activités, les produits, les résultats immédiats et les résultats à long terme sont liés les uns aux autres. Ce modèle s’appuie sur les documents concernant la mise en œuvre du programme et les attentes prévues, comme les ont définies le comité consultatif de l’évaluation du programme et Logan (1996, 1997).

Les entrevues confirment que les activités et produits définis dans le modèle logique sont en place et se déroulent normalement à l’établissement Nova. De plus, les activités du programme de dressage de chiens semblent permettre d’atteindre les résultats visés, immédiats et à long terme. Les entrevues avec certains spécialistes de la communauté montrent toutefois qu’on pourrait éventuellement décomposer les produits. En d’autres termes, les pratiques de l’actuel comité de direction du programme suscitent des préoccupations. Cette question sera examinée attentivement un peu plus loin. En règle générale, les activités et produits du programme semblent permettre d’en réaliser les objectifs d’une manière valable et logique.

Y a-t-il de bonnes raisons d’offrir ce programme à l’établissement?

En raison du caractère unique de ce programme et compte tenu des résultats des entrevues, tout indique qu’il y a de bonnes raisons de l’offrir à l’établissement. Toutes les personnes interrogées ont reconnu sa valeur, car il permet notamment d’offrir à des personnes de la collectivité des chiens bien dressés, un résultat qu’aucun autre programme de l’établissement ne peut produire.

De plus, la responsabilité que les participantes acceptent d’assumer est exceptionnelle. Dans les entrevues, les animateurs de programmes ont reconnu ce fait et plusieurs d’entre eux ont souligné que la plupart des programmes se terminaient quand les participantes quittaient la salle, tandis qu’avec le programme de dressage, il n’y a «pas de fin», la responsabilité des participantes se poursuit 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Aucun autre programme n’impose cette exigence à ses participantes.

Enfin, il est important de souligner le rapport étroit qui unit le programme de dressage aux autres programmes offerts à l’établissement. C’est particulièrement le cas avec le programme de développement des aptitudes cognitives, car les animateurs de ces deux programmes collaborent pour faire en sorte que ceux-ci se complètent. Les aptitudes cognitives enseignées, comme la résolution de problèmes, la pensée nouvelle, la réaction aux sentiments des autres, la communication verbale et la pensée corrélative, sont renforcées dans le programme de dressage de chiens. Les entrevues avec les membres du personnel confirment que la majorité d’entre eux reconnaissent l’existence de ce lien.

Le programme Pawsitive Directions dessert-il la population visée?

Jusqu’au mois de juin 2000, 49 femmes et 28 chiens ont participé au programme de dressage (se reporter au Graphique 2). Sur ces 49 femmes, 27 ont suivi avec succès au moins une phase du programme, soit 18 à la phase 1, 6 à la phase 2 et 3 à la phase 3. Au moment de l’évaluation, 14 femmes suivaient le programme, soit 5 à la phase 1, 5 à la phase 2 et 4 à la phase 3. Trois femmes ont abandonné la phase 1 parce qu’elles ont obtenu la libération conditionnelle, 4 ont quitté le programme pour des raisons personnelles et une n’a pas réussi à suivre le programme avec succès. Les raisons qui expliquent pourquoi les femmes ne sont pas passées à la phase suivante du programme sont présentées dans les cases ombrées.

Sur les 28 chiens qui ont participé au programme, 14 ont été confiés à des familles d’adoption, soit un enfant ayant des difficultés d’apprentissage, un établissement pour jeunes, une personne handicapée par un accident vasculaire cérébral, des personnes atteintes de paralysie cérébrale, des personnes âgées et des familles souhaitant avoir un animal familier. En ce qui concerne les 14 autres chiens, 4 participent actuellement aux phases 2 ou 3 du programme, 6 appartiennent à l’animatrice du programme, un sert aux démonstrations et 3 ont été euthanasiés.

Dans l’ensemble, tout indique que le programme dessert bien la population visée, qui comprend les détenues, les foyers d’adoption et les chiens. De plus, l’établissement en retire un avantage, car l’atmosphère s’améliore et le personnel comme les détenues constatent ses effets positifs. Ce programme n’en est encore qu’à ses débuts, mais les résultats obtenus jusqu’à maintenant témoignent largement de sa productivité et de son potentiel.

Y a-t-il des ressources et un soutien adéquats pour la mise sur pied du programme Pawsitive Directions?

L’animatrice a-t-elle suffisamment de temps pour accomplir les activités liées au programme? Reconnaît-on ses efforts et lui accorde-t-on un soutien?

Pour répondre à cette question, nous avons tenu compte des demandes et des opinions, des questions budgétaires et de la résistance opposée au programme. L’entrevue avec l’animatrice du programme a montré que le budget actuel n’arrive pas à couvrir les «nécessités quotidiennes» comme il le faudrait (shampoing, traitement contre les puces, jouets, etc.). Elle doit donc faire des choix quand vient le temps d’obtenir des fonds pour des choses élémentaires. Elle a souligné qu’au moment d’acquérir ces produits, elle devait faire preuve d’imagination, car elle doit s’arranger avec un budget serré, en se privant par exemple de laisses neuves pour obtenir une nouvelle cage. L’animatrice insiste toutefois : «La seule chose pour laquelle nous ne faisons aucune concession, c’est la nourriture». Elle ajoute que c’est l’éducation continue qui souffre le plus de cette contrainte budgétaire, car elle est financièrement responsable de toute formation qu’elle souhaite offrir.

En ce qui concerne sa disponibilité, l’animatrice affirme qu’elle assure une veille 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et que les services d’un adjoint seraient grandement appréciés. De plus, l’animatrice souligne que d’autres activités du programme bénéficieraient de la présence d’un adjoint.

Quand on lui a demandé de répondre à la question «Croyez-vous que les membres suivants du personnel de l’établissement considèrent que le PDCP est important?» au moyen d’une échelle variant de 1 «Pas important du tout» à 10 «Très important», l’animatrice a attribué une cote de 6 aux spécialistes de la santé mentale, au personnel de première ligne et à la directrice. Enfin, l’animatrice a indiqué qu’elle sentait une certaine résistance envers le programme, en citant les exemples suivants :

  • questions de santé
  • résistance initiale à la mise en œuvre du programme
  • certains employés considèrent que d’autres programmes répondraient mieux aux besoins des délinquantes

La formation donnée aux participantes est-elle suffisante?

Quand nous avons demandé aux participantes dans quelle mesure la formation en vue du programme leur était utile, 8 des 10 participantes interrogées ont attribué une cote de 10 sur une échelle allant de 1 (Pas utile du tout) à 10 (Très utile). Les deux autres participantes ont attribué une cote de l’ordre de 8 ou 9. De plus, quand nous avons demandé aux participantes si le nombre de sujets couverts durant la formation était suffisant, toutes ont répondu affirmativement et la plupart ont ajouté que l’animatrice du programme n’hésitait pas à suspendre ses exposés pour répondre à leurs besoins particuliers. Autrement dit, si un sujet d’intérêt n’est pas traité au cours d’une leçon, l’animatrice s’occupe de faire les recherches nécessaires et propose ensuite aux participantes des lectures pertinentes.

De plus, on a demandé aux participantes si le temps consacré à la formation était suffisant, si les cours se déroulaient à un rythme convenable et si l’information était facile à comprendre. Cette fois encore, toutes les femmes interrogées se sont dites satisfaites du temps consacré à la formation et ont affirmé que toutes les séances se déroulaient à un rythme convenable et que la matière était facile à comprendre. Quand certains sujets exigent plus d’explications, parce que les participantes posent des questions ou ont de la difficulté à apprendre, l’animatrice donne plus d’explications. De plus, les femmes affirment qu’elles obtiennent des réponses à leurs questions dès qu’elles les posent.

Enfin, les entrevues avec l’animatrice du programme et les spécialistes de la collectivité ainsi que les documents qui font état des progrès du programme démontrent que les détenues reçoivent une formation très professionnelle et conforme aux règles, ce qui est une garantie supplémentaire de l’efficacité du programme. Voici quelques exemples des sujets traités par l’animatrice du programme, les vétérinaires et les spécialistes canins de la collectivité :

  • la science du conditionnement opérant
  • la communication non verbale
  • les principes de l’obéissance
  • l’alimentation des chiens
  • le toilettage
  • la reproduction
  • les premiers soins à donner aux animaux
  • les problèmes de santé les plus courants
  • les maladies héréditaires les plus fréquentes
  • le diagnostic des maladies canines
  • le système immunitaire : bactéries et virus
  • les parasites internes et externes
  • les vaccins et les programmes de vaccination
  • l’anatomie et son influence sur la maladie
  • les principes de la génétique, y compris les rayons X à ultrasons in utero
  • la génétique et les animaux familiers
  • les applications de la génétique dans un programme de reproduction
  • la morphologie des chiens : les périodes de croissance et les problèmes de santé qui s’y rapportent
  • les rapports hiérarchiques chez les chiens
  • le comportement animal : l’expression des rapports de domination et de subordination et les solutions de rechange au châtiment
  • la gestion du stress, les règles de la vie domestique et les règlements municipaux
  • les comportements en chaîne, la définition des plans et la marche au pied
  • accouplement, mise bas et élevage des chiots
  • le rôle du vétérinaire

Il est intéressant de noter que l’animatrice du programme a rappelé que la proposition initiale était un canevas de la structure du programme et que de nouveaux sujets de formation sont souvent mis en place. De plus, l’animatrice s’efforce de donner au programme une «dimension communautaire» en suivant les «magazines sur le commerce des chiens, les journaux locaux et les bulletins de nouvelles» et en discutant des problèmes courants durant les cours.

La collaboration des participantes à la mise sur pied du programme est-elle reconnue et y a-t-il un juste équilibre entre ce rôle et leurs autres fonctions, programmes, etc.?

Lors de l’examen de cette question, les facteurs suivants ont été pris en considération : Encourage-t-on la présence au programme? Les attentes du personnel sont-elles en conflit avec les exigences du programme? Y a-t-il un bon équilibre entre le programme de dressage de chiens et les autres programmes? Les femmes reçoivent-elles de l’aide quand elles tentent de placer plusieurs programmes dans leur emploi du temps?

Les résultats des entrevues indiquent que la majorité des participantes (9 sur 10) se sentent soutenues dans leur participation au programme. Les entrevues montrent aussi que le personnel ne s’attend habituellement pas à ce que les femmes soient ailleurs quand elles sont censées suivre leur programme. Les exceptions tolérées sont les rendez-vous avec le médecin et l’obligation de rendre un témoignage. L’animatrice du programme a donné une note de 5,5 sur une échelle allant de 1 «Pas du tout» à 10 «Entièrement». Huit des 10 détenues interrogées ont affirmé qu’elles n’avaient aucune difficulté à suivre le programme de dressage de chiens en même temps que leurs autres programmes et 7 répondantes sur 10 ont dit qu’en cas de difficulté elles recevaient tout le soutien nécessaire pour réorganiser leur emploi du temps. Elles ajoutent que l’animatrice du programme fait tout ce qu’elle peut pour les aider à suivre les programmes de base6, de sorte que les participantes peuvent continuer à suivre le programme de dressage de chiens. De plus, les participantes savent que les programmes de base sont les plus importants et qu’en cas d’échec elles risquent d’être exclues du programme de dressage.

6 Les programmes de base pour les femmes comprennent Survivantes de traumatismes et d’actes de violence, le programme de traitement de la toxicomanie, le programme d’alphabétisation et Compétences psychosociales.

L’entrevue avec l’animatrice du programme a montré qu’il existe une période en particulier où les participantes peuvent avoir de la difficulté à concilier leurs responsabilités avec leurs autres obligations ou les exigences des autres programmes. Cette situation peut se produire au cours d’une «période d’adaptation de deux semaines», quand les femmes doivent faire la transition entre la phase 1 et la phase 2. À ce moment, elles assurent la garde de leur chien 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et l’animatrice explique que durant cette période elle risque davantage de recevoir des plaintes à ce sujet de la part des autres membres du personnel.

Les activités du programme sont-elles organisées de façon à assurer la réalisation des objectifs?

La communauté carcérale connaît-elle le programme et les activités qui en font partie?

Comme nous l’avons mentionné, tous les employés qui ont répondu au sondage ont déclaré qu’ils connaissaient le programme et 80 % d’entre eux (12 sur 15) en connaissaient aussi les objectifs. Les entrevues avec les membres du personnel ont aussi montré que tous connaissaient bien le programme et ses activités. Ces résultats étaient à prévoir, à cause de la petite taille de l’établissement et du caractère particulier du programme. Tous les jours, il y a généralement au moins 6 à 8 chiens à l’établissement. L’existence du programme est donc manifeste.

Le programme de dressage répond-il aux besoins des participantes et des familles d’adoption?

Les entrevues avec les participantes ont montré que leurs attentes à l’égard du programme se sont réalisées. Dans la plupart des cas, les femmes ont déclaré qu’elles étaient satisfaites du programme et de la manière dont l’animatrice s’en occupait. La phase 1 du programme permet aux femmes de se familiariser avec les techniques de dressage, ce qui les prépare à dresser leur propre chien à la phase 2.

De plus, les attentes qui ne se réalisent pas (une transition en douceur de la phase 1 à la phase 2, par exemple) sont souvent considérées dans une perspective positive (p. ex., «c’est un beau défi à relever»). Les «surprises» que peuvent aussi connaître les participantes engendrent souvent des résultats positifs, comme la persévérance et la coopération. C’est ce qui se produit par exemple quand une femme éprouve de la frustration parce que son chien n’apprend pas aussi vite qu’elle le souhaiterait, mais qui persévère, ou quand une autre apprend à résoudre une situation délicate avec une codétenue qui n’aime pas beaucoup vivre avec un chien dans son unité résidentielle. Les attentes non réalisées sont souvent provoquées par des manquements aux règles fixées par l’animatrice du programme. Ainsi, quelques femmes se sont plaintes que leur chien leur ait été retiré, mais elles ont aussi admis que cette mesure avait été la conséquence directe de leurs propres actes.

Quant aux familles d’adoption, les entrevues démontrent que le programme répond convenablement à leurs besoins. Les gens se sont dits très satisfaits du processus de formation qu’ils doivent suivre avant de recevoir leur chien. Ils considèrent que le programme est très bénéfique et se sentent très proches de la délinquante qui a dressé leur chien. Ils sont conscients des bienfaits qu’en retirent les détenues. Ils affirment aussi que même après avoir reçu leur chien l’animatrice du programme est toujours disponible pour répondre à leurs questions et résoudre toute difficulté. Une des personnes interrogées a déclaré : «C’est certainement un programme que j’approuve et que j’appuie sans réserve. Pour nous, pour l’animal, mais surtout pour la détenue».

L’animatrice, les participantes et les membres du personnel concernés offrent-ils un soutien adéquat et assurent-ils une circulation suffisante de l’information?

Quand on considère la question du soutien et de l’échange d’information, on constate que la majorité des personnes concernées connaissent bien les activités et les événements du programme ainsi que les attentes qui s’y rattachent. Cependant, certains commentaires émis par quelques membres du personnel nous obligent à parler de certaines questions se rapportant à la communication et à la circulation de l’information. Plus précisément, certaines des questions soulevées, comme l’affirmation suivant laquelle les détenues éviteraient de suivre les programmes de base pour participer au programme de dressage de chiens, peuvent être attribuables à une mauvaise connaissance des attentes et des exigences du programme. En effet, les entrevues avec l’animatrice du programme et les participantes démontrent que ce sont les programmes de base qui ont la priorité. Les femmes qui ne réussissent pas à suivre ces programmes avec succès ou qui ont des résultats médiocres ne sont habituellement pas autorisées à suivre le programme de dressage de chiens.

Le programme est-il efficace?

Dans quelle mesure le programme facilite-t-il le placement des chiens?

Pour répondre à cette question, nous avons eu recours à deux sources d’information. Nous avons examiné tout d’abord les chiffres réels concernant la participation et le placement des chiens, puis les opinions exprimées par le personnel, les détenues et les spécialistes de la collectivité. Comme nous l’avons déjà indiqué précédemment, jusqu’en juin 2000, 28 chiens en tout ont participé au programme de dressage. De ce nombre, 14 ont été confiés à des familles d’adoption, soit un enfant ayant des difficultés d’apprentissage, un établissement pour jeunes, une personne handicapée par un accident vasculaire cérébral, des personnes atteintes de paralysie cérébrale, des personnes âgées et des familles souhaitant avoir un animal familier. En ce qui concerne les 14 autres chiens, 4 participent actuellement aux phases 2 ou 3 du programme, 6 appartiennent à l’animatrice du programme, un sert aux démonstrations et 3 ont été euthanasiés (se reporter au Graphique 2).

Quand on examine les opinions des diverses parties concernées, on peut tirer les observations suivantes. Dans le sondage mené auprès du personnel, nous avons demandé d’évaluer l’efficacité du placement des chiens (deux répondants ne se sentaient pas en mesure de répondre à cette question). En ce qui concerne l’efficacité du placement des chiens dans les familles et la collectivité, sur une échelle variant de 1 (Faible) à 10 (Très bonne), 29 % des employés (4 sur 14) ont indiqué des valeurs variant de 2 à 5 et 71 % (10 sur 14) ont indiqué des valeurs variant de 8 à 10. En ce qui concerne l’efficacité du placement des chiens auprès de personnes ayant une déficience de la collectivité, 29 % des employés (4 sur 14) ont indiqué des valeurs variant de 3 à 6, tandis que 71 % (10 sur 14) ont indiqué des valeurs variant de 8 à 10.

Dans les entrevues avec les participantes, les mêmes questions ont été posées, avec la même échelle d’évaluation. Quand on a demandé aux participantes d’évaluer l’efficacité globale du placement des chiens dans les familles et chez les personnes ayant une déficience qui vivaient dans la collectivité, nous avons obtenu les résultats suivants. Quatre-vingt-dix pour cent des répondantes (9 sur 10) ont attribué à l’efficacité globale une cote variant de 8 à 10, tandis que l’autre délinquante (10 %) ne se sentait pas en mesure de répondre. En ce qui concerne le placement des chiens dans les familles, 60 % des répondantes (6 sur 10) ont attribué une cote de 10, tandis que les autres (40 %, 4 sur 10) ne se sentaient pas en mesure de répondre. Dans le cas des placements auprès de personnes ayant une déficience et vivant dans la collectivité, 70 % des répondantes (7 sur 10) ont attribué une cote variant de 8 à 10, tandis que 30 % (3 sur 10) ne se sentaient pas en mesure de répondre. Il faut noter ici que quelques délinquantes ont remis en question la poursuite du dressage pour le compte des familles d’adoption après qu’elles ont pris possession d’un chien. Dans l’ensemble, on peut déduire que les délinquantes sont un peu plus optimistes que le personnel, bien que tous considèrent en général que le placement des chiens dans les familles d’adoption s’avère efficace. Les entrevues réalisées avec les familles d’adoption confirment ces observations.

Les mêmes questions ont été posées au cours de l’entrevue avec l’animatrice du programme. Sur une échelle allant de 1 «pas du tout» à 10 «parfaitement», elle a évalué à 9 la souplesse du processus, en ajoutant toutefois qu’elle avait beaucoup de difficulté à trouver des foyers d’adoption convenables7, ce qui rend le processus quelque peu difficile. Comme nous l’avons mentionné au début, la présence d’un adjoint faciliterait beaucoup le travail dans ce domaine, selon l’animatrice du programme. Celle-ci a coté à 10 l’efficacité du placement des chiens dans les familles et chez les personnes ayant une déficience qui vivaient dans la collectivité.

7 Le choix des foyers d’adoption suit un processus de sélection rigoureux.

L’atmosphère à l’établissement a-t-elle changé après la mise en œuvre du PDCP?

Quatorze des 23 délinquantes (61 %) qui ont répondu au sondage ont soutenu que l’atmosphère générale de l’établissement avait changé et que ce changement était directement attribuable, selon elles, au programme de dressage de chiens (voir les exemples particuliers cités au Tableau 2). De plus, 15 des 16 employés ayant participé au sondage (94 %) ont affirmé qu’ils avaient observé des changements dans l’atmosphère générale de l’établissement qui, selon eux, étaient directement attribuables au programme de dressage de chiens. Les résultats des entrevues menées avec les employés et les délinquantes qui ne participent pas au programme confirment ce point de vue, car la majorité des personnes interrogées ont donné des exemples similaires.

Le changement d’atmosphère le plus visible a trait à la socialisation. En effet, les délinquantes et les membres du personnel affirment que les chiens facilitent les rapports sociaux ainsi que les relations entre les délinquantes de même qu’entre les délinquantes et le personnel de l’établissement. De plus, un bon nombre d’employés ont déclaré que le milieu carcéral était maintenant plus calme et plus détendu, ce qui facilite grandement le fonctionnement de l’établissement. D’autre part, plusieurs membres du personnel ont rappelé que ce programme était offert à l’établissement Nova depuis quelques années seulement et qu’il était donc difficile de déterminer dans quelle mesure il a pu avoir une incidence sur la qualité du milieu de vie8.

Les délinquantes qui participent au programme ont-elles le sentiment de se prendre en charge ou éprouvent-elles une plus grande estime de soi?

Comme nous l’avons expliqué précédemment, les résultats de l’Échelle d’évaluation de l’estime de soi de Rosenberg montrent qu’il n’y a sur ce plan aucune différence significative entre les détenues qui participent au programme et les autres. Il faut toutefois rappeler qu’il n’y a eu aucun prétest ni post-test sur ce sujet et qu’il est par conséquent difficile d’exclure la possibilité que la participation au programme ait une influence sur l’amélioration de l’estime de soi ou qu’elle procure aux participantes le sentiment de se prendre en charge. D’ailleurs, les entrevues et les sondages menés auprès du personnel et des délinquantes montrent que les participantes du programme éprouvent le sentiment de se prendre en charge et une plus grande estime de soi. Nous avons entendu beaucoup de commentaires suivant lesquels les femmes «ont davantage confiance en elles», «ont une plus grande estime de soi» et éprouvent «un sentiment de fierté et d’épanouissement, des observations qui traduisent bien l’impression de se prendre en charge et l’amélioration de l’estime de soi. Comme l’a mentionné un animateur de séance, «les femmes sont fières d’elles-mêmes, elles se prennent en charge».

Le programme provoque-t-il des changements d’ordre physique ou psychologique dans la vie des détenues?

Les entrevues réalisées avec le personnel ont révélé que plusieurs femmes, avant de commencer leur participation au programme, étaient physiquement incapables de promener un chien une heure par jour. Cependant, la participation au programme entraîne chez les femmes des changements d’ordre physique, car elles ont la volonté d’acquérir la force dont elles ont besoin pour s’occuper convenablement de leur chien. L’animatrice du programme, en racontant l’histoire personnelle d’une des participantes, a affirmé : «L’augmentation de son énergie physique, en seulement deux mois, a été phénoménale. Et ce n’était pas parce qu’on était lundi matin, c’est parce que sa forme physique est meilleure, maintenant». À propos d’une autre femme, elle a ajouté : «Avant, sa condition physique était lamentable; aujourd’hui, elle est capable de marcher droit». Ce ne sont là que deux exemples, mais différentes personnes ont fait des remarques semblables tout au long des entrevues.

De plus, les entrevues avec le personnel montrent que sur le plan psychologique, les participantes du programme semblent pouvoir mieux maîtriser leurs émotions. Selon un membre du personnel, «elles racontent leurs difficultés à leur chien, celui-ci écoute, elles l’aiment. Les femmes font confiance à leur chien, certaines d’entre elles n’ont jamais fait confiance à quelqu’un auparavant, c’est parfois leur première expérience de ce genre de relation». Toujours en entrevue, une autre employée a ajouté : «L’évaluation initiale a montré qu’elle ne manifestait pas ses émotions. Elle est parvenue au point où elle pouvait expliquer comment son chien se sentait, puis elle a réussi à expliquer ce qu’elle ressentait pour son chien. Maintenant, elle peut exprimer ce qu’elle ressent au sujet d’une autre personne qui est maître-chien. Non seulement elle manifeste ses émotions, mais elle peut aussi les verbaliser et les placer dans un contexte extérieur comme la collectivité». Un autre membre du personnel a déclaré : «Je dois dire que j’ai travaillé avec une femme en particulier qui considérait que le programme de dressage avait eu un effet extraordinaire sur elle, sur le plan affectif et mental». Enfin, le psychologue a affirmé : «Je pense que quelques-unes (c’est nous qui insistons) des femmes ont vécu beaucoup d’expériences grâce au programme et ont fait beaucoup de progrès sur le plan personnel… J’ai vu bien des femmes qui avaient une personnalité antisociale ou psychopathique participer au groupe (au programme) et se comporter très bien, et parfois (l’animatrice du programme) me consulte».

  • L’établissement a ouvert ses portes en octobre 1995 et le programme a été mis en place en juin 1996.

Le programme a-t-il provoqué des changements dans le soutien que la communauté accorde à l’établissement Nova ou dans la manière dont elle perçoit la population carcérale?

Toutes les personnes rencontrées en entrevue ont eu l’occasion d’exprimer leur opinion sur cette question et, en règle générale, les commentaires étaient similaires peu importe à quelle catégorie appartenaient les personnes interrogées. Comme nous l’avons mentionné dans l’introduction, il est clair que le programme a suscité beaucoup d’intérêt positif pour l’établissement Nova, sur le plan local, national et international. Les exemples du soutien et de la collaboration de la communauté sont très nombreux. De toute évidence, le programme a contribué à provoquer un changement dans le soutien de la collectivité envers l’établissement, qui se manifeste notamment par des dons de source locale, par la collaboration de la population locale et par l’enthousiasme que l’on observe dans l’ensemble de la province.

Les entrevues réalisées avec les spécialistes de la collectivité et les foyers d’adoption montrent que cette collaboration de la communauté a un effet direct sur la manière dont est perçue la population carcérale. En effet, les personnes rencontrées en entrevue ont reconnu sans hésiter qu’elles avaient d’abord éprouvé des réserves à l’égard des délinquantes, mais en apprenant à les connaître et en se familiarisant avec leurs activités, ces personnes ont changé les idées préconçues qu’elles avaient au sujet des femmes purgeant une peine fédérale. Selon l’animatrice du programme, «pensez-y un peu… ces gens voient des criminelles endurcies faire quelque chose de délicat et d’aimable, c’est pour eux une nouvelle façon de comprendre ce que ces femmes sont en réalité».

Le programme provoque-t-il des effets positifs ou négatifs imprévus?

La formation que reçoivent les participantes du PDCP renforce-t-elle les effets des autres programmes que suivent les participantes et contribue-t-elle à mieux définir leurs intérêts?

Les entrevues réalisées avec les autres animateurs de programmes confirment l’hypothèse suivant laquelle le PDCP renforce les effets des autres programmes que suivent les participantes. Plus précisément, il existe des liens très étroits entre le programme de dressage et le Programme de développement des aptitudes cognitives. Comme nous l’avons mentionné précédemment, les aptitudes enseignées dans ce dernier programme, comme la résolution de problèmes, la pensée nouvelle, la réaction aux sentiments des autres, la communication verbale et la pensée corrélative, sont renforcées dans le programme de dressage de chiens. Les entrevues avec les membres du personnel confirment que la majorité d’entre eux reconnaissent l’existence de ce lien.

D’autre part, les animateurs des autres programmes affirment que le PDCP a des effets positifs dans leurs propres programmes, car les changements chez les femmes sont évidents et leurs progrès dans les autres programmes en subissent indirectement les effets. Les commentaires des animateurs sont éloquents : «Je constate des effets positifs dans mon propre programme», «C’est gratifiant pour chacune et les effets se font sentir dans les autres programmes», «Il y a beaucoup d’interaction entre les programmes. Les programmes se renforcent les uns les autres, ce qui arrive dans un programme se trouve renforcé dans un autre». Un autre animateur a mis en évidence un autre type d’effet : «Comme elle doivent mériter le droit de posséder un chien, ce n’est pas une progression naturelle dans le programme, selon moi; elles doivent faire leurs preuves et je vois cela comme un net avantage, car elles doivent comprendre que la qualité de leur comportement est importante».

Les entrevues ont aussi permis de constater que la participation des femmes à ce programme a une influence sur certains de leurs intérêts personnels. En effet, plusieurs femmes ont manifesté de l’intérêt pour des spécialités qui se rapportent directement aux activités du programme, comme la médecine vétérinaire et le toilettage. Certaines femmes suivent d’ailleurs dans un collège communautaire des programmes connexes afin de réaliser leurs objectifs. De plus, quelques femmes se sont proposées comme bénévoles dans la communauté chez des vétérinaires, et les entrevues réalisées avec les spécialistes de la communauté montrent que ceux-ci sont très impressionnés par la qualité de la formation et de l’expérience que possèdent les délinquantes.

Le programme incite-t-il les participantes à modifier leurs aspirations ou leurs plans d’avenir?

Cette question n’a pas été abordée directement dans les entrevues et les sondages, mais tout indique que le programme contribue au développement des aspirations des participantes. Plusieurs d’entre elles ont affirmé qu’elles avaient des objectifs d’emploi ayant un rapport avec le programme et leurs projets d’avenir semblaient être le résultat de l’amélioration de leur estime de soi et de leur capacité de se prendre main.

Les participantes du programme éprouvent-elles l’angoisse de la séparation lorsque leur chien est adopté?

Les entrevues avec les participantes montrent que le départ des chiens adoptés par les familles est un processus éprouvant, mais les femmes semblent accepter cette situation comme une responsabilité inhérente au programme. Toute femme qui éprouve de la peine ou de l’angoisse au moment où elle doit se séparer de son chien reçoit toute l’aide dont elle a besoin. Elles ont indiqué que l’animatrice du programme et l’aumônier leur venaient en aide et faisaient écho à leurs états d’âme au cours de cette transition difficile. Beaucoup de femmes ont dit aussi qu’il s’agissait là pour elles d’une bonne occasion de rendre ce qu’elles doivent à la communauté. En règle générale, il semble que cette période de transition soit difficile pour les femmes, mais celles-ci reçoivent une excellente aide affective de la part de divers membres du personnel de l’établissement.

Le programme provoque-t-il de l’animosité, de quelque nature que ce soit?

Même les femmes qui ne participent pas au programme l’appuient fortement. L’animosité à laquelle on aurait pu s’attendre se serait manifestée entre les délinquantes, mais les entrevues ont révélé qu’il n’en était rien. À la surprise des chercheuses d’ailleurs, s’il y a un quelconque antagonisme, il résulte de l’attention que le programme suscite et de la publicité qu’on lui fait. Cette réaction est ressortie des entrevues avec quelques membres du personnel, qui estiment que les autres programmes de l’établissement et le travail productif qui se fait à Nova sont parfois occultés par l’enthousiasme que suscite le programme de dressage de chiens. De plus, comme nous l’avons mentionné précédemment, il semble exister un antagonisme entre quelques gestionnaires de l’établissement et certains membres du comité de direction. Cette question sera examinée dans la section suivante.

Autres effets imprévus

Au cours de la semaine d’évaluation, les chercheuses ont été informées qu’une détenue avait récemment été réincarcérée à l’établissement Nova pour une infraction se rapportant à un chien (pitbull). Même si cette femme avait déjà participé au programme de dressage de chiens, il ne faudrait pas établir de lien formel entre sa participation au programme et l’infraction qu’elle a commise. De plus, bien qu’il soit important de ne pas cacher l’existence de cet événement, il faut aussi reconnaître que le programme consiste à enseigner et à récompenser un comportement positif. Comme dans le cas de toute autre compétence acquise par une détenue durant son incarcération, c’est à elle qu’il revient d’utiliser ses nouvelles compétences d’une manière responsable.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Résumé des résultats

Le programme de dressage de chiens Pawsitive Directions est unique et exclusif à l’établissement Nova. Aucun autre programme de ce genre n’est offert actuellement dans les autres établissements correctionnels du Canada. Même si l’on dispose déjà d’une grande quantité de données non scientifiques, aucun rapport officiel n’est venu étayer ces renseignements. La présente évaluation fournit des preuves documentaires concernant les opérations et les effets du programme. Cinq sujets d’évaluation ont été retenus : Ce programme est-il nécessaire? Y a-t-il des ressources et un soutien adéquats pour la mise sur pied du PDCP? Les activités du programme sont-elles organisées de façon à assurer la réalisation des objectifs? Le programme est-il efficace? et Le programme provoque-t-il des effets positifs ou négatifs imprévus?

Quand il s’agit d’établir la nécessité du programme de dressage, on constate de toute évidence qu’il offre certains services que les autres programmes ne peuvent offrir. L’un des objectifs de ce programme étant de remettre des chiens dressés aux membres de la communauté, il est clair que les autres programmes actuels ne peuvent offrir ce genre de service. Il est évident également que les familles d’adoption qui participent au programme sont extrêmement satisfaites de ce service et que le programme permet de bien réaliser cet objectif. De plus, toutes les parties qui ont collaboré à l’évaluation ont reconnu que les femmes participant au programme assumaient une responsabilité exceptionnelle. Apprendre à s’acquitter d’une telle responsabilité, c’est acquérir une compétence psychosociale, ce qui manque souvent aux détenues sous responsabilité fédérale, et le programme de dressage fait clairement la preuve des avantages que peuvent retirer les femmes en assumant ce genre de responsabilité. Enfin, grâce au lien qui s’établit entre le programme de dressage et les autres programmes offerts à l’établissement (et plus particulièrement le Programme de développement des aptitudes cognitives), non seulement le programme de dressage remplit bien sa fonction, mais il semble aussi exercer une influence positive sur le fonctionnement des autres programmes.

Le deuxième sujet abordé dans l’évaluation se rapporte aux ressources et au soutien accordés au programme. L’animatrice du programme s’est dite préoccupée du fait que le budget attribué au programme n’arrivait pas toujours à couvrir les «nécessités quotidiennes» et qu’elle ne pouvait pas poursuivre sa propre formation dans ce domaine. En l’absence d’une analyse des coûts et des avantages, il serait inopportun, compte tenu des limites de ce rapport, de faire des recommandations en ce qui concerne le budget attribué au programme. Quant à l’emploi du temps de l’animatrice du programme, celle-ci a souligné que la collaboration d’un adjoint lui serait très précieuse. En ce qui a trait au soutien qu’elle reçoit, l’animatrice paraît avoir quelques réserves au sujet de l’attitude du personnel, mais il semble que les préjugés du début se sont atténués avec le temps et à mesure que le programme s’établit, de sorte que les préoccupations qu’avaient les membres du personnel au début se résolvent et disparaissent progressivement.

Les femmes qui participent au programme sont satisfaites de la nature et du sérieux de la formation et de l’aide qu’elles reçoivent. La formation que reçoivent les participantes est considérée comme excellente et on ne peut sous-estimer l’effet que cela peut avoir sur leurs aspirations. Le conditionnement opérant est l’une des compétences les plus importantes que les délinquantes acquièrent dans le cadre du programme et souvent les notions qui leur sont transmises s’appliquent à d’autres aspects de leur vie personnelle, par exemple dans la manière dont elles envisagent et préparent leurs projets d’avenir. De plus, les femmes semblent se fier au soutien que leur offrent les membres du personnel, car elles arrivent à bien intégrer ce programme aux autres programmes qu’elles doivent suivre.

Le troisième sujet abordé dans l’évaluation a trait aux activités du programme, à son organisation et à l’atteinte de ses objectifs. Il est certain que le programme parvient à réaliser l’objectif de politique fixé (Manuge, 1996) et à produire les résultats visés (Logan, 1996). De plus, il y a de bonnes raisons d’offrir ce programme à l’établissement, car il dessert bien la population visée tout en répondant efficacement à ses besoins et à ses attentes.

Le quatrième sujet d’évaluation porte sur l’efficacité du programme. La participation des délinquantes, des familles d’adoption et des chiens est manifeste et témoigne de l’efficacité du programme. On constate aussi chez les délinquantes des changements physiques et psychologiques évidents. Enfin, le soutien de la communauté est croissant et on observe des changements positifs dans la manière dont la population perçoit les détenues sous responsabilité fédérale. De plus, on constate des changements positifs dans le climat social de l’établissement.

Le dernier sujet d’évaluation porte sur les effets positifs ou négatifs imprévus du programme. Comme nous l’avons souligné précédemment, le programme de dressage de chiens renforce les effets des autres programmes, même si ce n’est pas l’un de ses objectifs. De plus, la participation des délinquantes au programme est susceptible de les aider à définir leurs projets d’avenir. Les témoignages permettent de croire que les aspirations ou les projets d’avenir de certaines femmes sont une conséquence directe de leur participation au programme. Enfin, bien malgré elles, les femmes éprouvent de l’angoisse au moment où elles doivent se séparer de leur chien, mais elles semblent tirer profit de cette expérience et acceptent que cette situation fasse partie de leurs responsabilités.

Comme Logan (1997) l’avait prévu, les principes qui servent de base à l’élaboration d’une stratégie de programme se concrétisent pleinement. Le programme de dressage de chiens encourage la prise en charge de soi, les choix sensés et responsables, le respect et la dignité ainsi que le partage des responsabilités et crée un milieu de vie axé sur l’entraide. Pour répondre à de telles normes, le programme doit s’appuyer sur les efforts conjugués du personnel, des détenues et de la collectivité, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement.

Les mesures quantitatives de l’estime de soi et des sphères d’influence n’ont fait ressortir aucune différence significative entre les femmes qui participent au programme et les autres. L’Échelle de mesure de la dépression a montré qu’en règle générale les symptômes de dépression étaient moins graves chez les participantes du programme, mais dans ce cas aussi le résultat n’était pas statistiquement significatif. Il est toutefois important de souligner que les résultats obtenus proviennent d’un échantillon très restreint et qu’ils ne s’appuient pas sur des mesures de prétest et de post-test. Si les chercheuses avaient eu la possibilité d’examiner des données de prétest et de post-test, elles auraient pu arriver à des conclusions différentes. L’Échelle de mesure de la solitude a fait ressortir des différences importantes entre les femmes qui participent au programme de dressage de chiens et les autres. Cette constatation n’a pas de quoi surprendre quand on connaît le caractère solitaire de la vie dans un établissement carcéral, de même que les effets bénéfiques prouvés de la zoothérapie (Lai, 1998) et ses effets sur les personnes qui suivent ce genre de programme.

Le Questionnaire d’évaluation de l’environnement correctionnel n’a pas permis d’établir des différences significatives entre les femmes qui suivaient le programme et les autres. Cependant, les nombreux commentaires exprimés par les répondantes ont fait ressortir certains aspects potentiellement négatifs du milieu carcéral. L’objectif de l’étude n’est toutefois pas d’évaluer l’établissement lui-même et tout examen plus approfondi de cette question dépasserait la portée du présent rapport.

La facilitation sociale que provoque la présence des chiens dans l’établissement est un autre effet important du programme. Le test sociométrique confirme cette observation et fait ressortir d’autres conclusions intéressantes concernant les modèles d’interaction entre les délinquantes de même qu’entre celles-ci et les membres du personnel. Les différences entre les femmes qui participent au programme et les autres sont frappantes et il est clair que le programme provoque une amélioration du nombre et de la qualité des interactions entre ces groupes.

Comme nous l’avons déjà mentionné, nous avons recueilli beaucoup de commentaires positifs au cours de l’évaluation, mais quelques problèmes importants ont aussi été soulevés. La plupart des problèmes qui se sont manifestés au début ont été résolus, comme les allergies9 et la peur initiale des chiens10, par exemple, mais quelques problèmes sont encore en suspens. L’un de ces problèmes concerne le comité de direction du programme et son manque de collaboration et d’engagement. L’ordre permanent relatif au programme de dressage recommande en effet que le comité de direction du programme se réunisse au moins une fois par trimestre, mais cette directive n’est pas appliquée actuellement, de sorte que le comité ne remplit plus ses fonctions11.

La «circulation de l’information» est un autre domaine où il existe des problèmes, comme nous l’avons déjà mentionné, car il semble que les employés ne sont pas tous parfaitement informés en ce qui concerne les attentes à l’égard du programme. C’est ce qui explique pourquoi le mécontentement exprimé par certains d’entre eux est la conséquence d’une information insuffisante. Par exemple, certains employés ne diraient pas « le programme de dressage de chiens prend plus d’importance que les programmes de base » si des séances d’information leur avaient appris que « la réussite dans les programmes de base est une exigence préalable à l’admissibilité au programme de dressage de chiens ».

Certains employés ont aussi regretté que les femmes qui ont obtenu la libération conditionnelle et qui ont été réincarcérées soient trop facilement réadmises dans le programme. Selon eux, ces femmes considèrent le programme comme un «refuge confortable» et risquent de ne pas avoir la volonté ou la motivation nécessaire pour «rester dehors», car elles savent qu’elles peuvent retrouver tout de suite leur place dans le programme dès qu’elles sont réincarcérées. Quelques employés ont aussi exprimé des réserves sur la valeur criminogène du programme.

9 La question des allergies est traitée dans l’ordre permanent relatif au programme de dressage de chiens (2000).

10 Les membres du personnel interrogés qui avaient exprimé cette crainte au début ont déclaré qu’on leur avait proposé différentes solutions pour les aider, comme une formation individuelle avec la maître-chien et des séances de formation prolongées organisées par les participantes du programme, en présence de leurs chiens.

11 Le rôle initial du comité de direction consistait à déterminer dans quelle mesure le programme répondait aux besoins de la collectivité, de l’établissement et des détenues. L’ordre permanent précise que le comité de direction doit « orienter le fonctionnement du programme de dressage de chiens ».

Certains employés ont parlé du problème que causait le placement en isolement lorsqu’il s’agit de femmes qui vivent avec leur chien. En effet, lorsqu’une femme qui s’occupe d’un chien doit être placée en isolement, cela crée une situation difficile sur le plan opérationnel. La pratique actuelle consiste généralement à communiquer avec l’animatrice du programme pour qu’elle prenne des dispositions afin d’assurer la garde et le soin de l’animal. Enfin, la double occupation des chambres cause aussi de grandes difficultés, parce que les femmes qui participent au programme de dressage ne peuvent pas partager leur chambre avec une autre détenue, ce qui cause des problèmes d’espace, surtout en cas de surpopulation.

Il faut souligner aussi la réaction de l’ensemble des répondants à l’égard de l’animatrice du programme. Ainsi, la majorité des personnes qui ont participé à l’évaluation attribuent le succès du programme directement à l’animatrice ainsi qu’à son enthousiasme et à sa détermination. La plupart soutiennent d’ailleurs que sans elle, le programme «ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui». La qualité du processus de sélection d’un animateur ou d’une animatrice est donc très importante et il faudra en tenir compte quand une telle situation se présentera.

Recommandations concernant les améliorations à apporter éventuellement au programme

Compte tenu des remarques qui précèdent, nous proposons les recommandations suivantes dans le but d’améliorer le programme. Premièrement, nous recommandons que le comité de direction du programme soit rétabli et exerce un rôle actif. Le comité pourrait ainsi examiner les préoccupations de l’animatrice du programme au sujet du budget et des contraintes de temps et s’en occuper de la manière qu’il jugerait appropriée. De plus, le comité de direction pourrait effectuer les évaluations internes annuelles proposées dans le projet initial, ce qui lui permettrait de recueillir périodiquement non seulement des commentaires sur le programme et ses activités ainsi que des données de prétest, mais aussi de l’information précieuse sur les réalisations attribuables au programme.

Deuxièmement, il serait probablement très souhaitable d’organiser des séances de formation à l’intention du personnel afin de bien l’informer au sujet du programme et de son fonctionnement. Ces séances permettraient d’ailleurs de communiquer de l’information non seulement sur le programme de dressage de chiens, mais aussi sur les autres programmes offerts à l’établissement. De cette manière, on pourrait donner suite aux plaintes et aux préoccupations des membres du personnel avant que la situation ne s’aggrave.

Troisièmement, en ce qui concerne le problème des délinquantes qui sont immédiatement réadmises au programme lorsqu’elles sont réincarcérées, nous recommandons qu’une procédure officielle de «resélection» soit ajoutée à l’ordre permanent relatif au programme de dressage. L’animatrice du programme et le comité de direction du programme devraient déterminer d’un commun accord les critères de cette procédure.

Quatrièmement, il faudrait construire un petit chenil pour loger les chiens dans le cas de circonstances extrêmes12. La proposition initiale prévoyait la construction d’un chenil, mais celle-ci n’avait pas encore été entreprise au moment de la mise en route du programme. Le fait que les femmes vivent avec leur chien dans leur unité résidentielle a été un tel succès que la construction du chenil ne s’est jamais matérialisée. Cependant, compte tenu des difficultés liées aux placements en isolement et à la double occupation des chambres, la construction d’un chenil permettrait non seulement de résoudre ces difficultés, mais aussi de mettre en œuvre un nouveau volet du programme13.

Enfin, nous recommandons que les objectifs de politique définis dans l’ordre permanent relatif au programme de dressage soient modifiés afin qu’ils correspondent aux plans de réinsertion sociale et à l’Énoncé de Mission du Service correctionnel du Canada. Cette mesure pourrait atténuer les réserves concernant la valeur criminogène du programme. De plus, il faudrait ajouter au programme un mécanisme d’évaluation qui permettrait de recueillir régulièrement des données d’évaluation de prétest et de post-test. Ce mécanisme dTVrait aussi être ajouté à l’ordre permanent.

12 Ce chenil ne doit pas servir à loger en permanence les chiens qui participent au programme; il serait plutôt utilisé dans des circonstances particulières, par exemple en cas d’extraction d’une cellule, de placement en isolement ou de forte surpopulation.

13 Le comité consultatif d’évaluation du programme considère que la construction d’un chenil pourrait coïncider avec la mise en œuvre d’un nouveau volet du programme. En effet, les femmes seraient responsables de l’administration du chenil et des activités quotidiennes, de sorte que le programme de dressage de chiens leur permettrait d’acquérir une compétence supplémentaire.

Limites de l’étude

Il faut aussi examiner certaines limites de la présente étude. Premièrement, il n’a pas été possible de recueillir des données de prétest en raison des contraintes de temps et du fait que le programme était déjà en cours. Cette situation nous a forcément empêchées d’examiner les effets directs du programme en ce qui concerne les différences au sein d’un même groupe en matière de mesures quantitatives. Dans les prochaines évaluations, il faudrait recueillir des données de prétest et de post-test.

Deuxièmement, étant donné que certaines personnes qui ont participé aux entrevues ont été recrutées par les chercheuses à leur arrivée à l’établissement, il est possible que certains témoignages soient partiaux et que les personnes qui sont en faveur du programme aient été davantage portées à participer à l’évaluation. De plus, en raison de cette manière de recruter des sujets, il se peut que le désir de l’acceptation sociale14 ait exercé une influence sur les résultats des entrevues.

Troisièmement, la taille restreinte de l’échantillon peut avoir engendré des niveaux de signification faibles dans l’ensemble des analyses statistiques que nous avons effectuées. La mise en place d’un mécanisme d’évaluation interne propre au programme pourrait contribuer à combler cette lacune dans les prochaines évaluations.

  • L’acceptation sociale est un terme qui désigne la possibilité que les participants à une étude répondent à un test d’une manière qui dTVrait, à leur avis, plaire aux chercheurs.

RÉFÉRENCES

ARBOUR, L. Commission d'enquête sur certains événements survenus à la prison des femmes de Kingston, Ottawa, ON, Travaux publics et Services gouvernementaux , 1996.

GAMMONLEY, J. et YATES, J. «Pet Projects: Animal Assisted Therapy in Nursing Homes», Journal of Gerontological Nursing, vol. 17, no 1, 1991, p. 12 - 15.

GROUPE D'ÉTUDE SUR LES FEMMES PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE. La création de choix : Rapport du Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, Ottawa, ON, Ministère du Solliciteur général, 1990.

LAI, J. La zoothérapie dans les établissements correctionnels : Analyse de la littérature, Ottawa, ON, Service correctionnel du Canada, 1998.

LOGAN, H. Nova Institution Canine Program: Pawsitive Directions, Proposal.

Établissement Nova, Truro, Nouvelle-Écosse, 1996.

LOGAN, H. Nova Institution Canine Program Pawsitive Directions, Year End Report.

Établissement Nova, Truro, Nouvelle-Écosse, 1997.

NORTHWAY, M. L. et WELD, L. Sociométrie scolaire, Paris, Éditions universitaires, 1964.

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PAULHUS, D. L. «Sphere-specific measures of perceived control», Journal of Personality and Social Psychology, vol. 44, 1983, p. 1253-1265.

RADLOFF, L. S. «The CES-D scale: A self-report depression scale for research in the general population», Applied Psychological Measurement, vol. 1, 1977, p. 385-401.

RICHARDSON, K. et BLANCHETTE, K. Evaluation Framework for the Pawsitive Directions Canine Program at Nova Institution for Women, ébauche non publiée, Ottawa, ON, Service correctionnel du Canada, 2000.

ROBINSON, J. P., SHAVER, P. R. et WRIGHTSMAN, L. S. Measures of Personality and Social Psychological Attitudes: Volume 1 in Measures of Social Psychological Attitude Series, Californie : Academic Press Inc, 1991.

ROSENBERG, M. Society and the Adolescent Self Image. Princeton, NJ, Princeton University Press, 1965.

RUSSELL, D. et CUTRONA, C. E. Development and Evolution of the UCLA

Loneliness Scale, manuscrit non publié, Iowa City, Center for Health Services Research, College of Medicine, University of Iowa, 1988.

VACHON, M. M. «Mieux vaut tard que jamais… le contexte juridique entourant les changements des politiques pour les délinquantes», Forum, Recherche sur l'actualité correctionnelle, vol. 6, no 1, 1994, p. 3-6.

WOLFUS, B. et STASIAK, E. (1996). The Correctional Environment Status Inventory: A Tool for Measuring the Quality of Correctional Environments, Rapport de recherche 96-8. Brampton, ON, Institut correctionnel de l'Ontario, Ministère du Solliciteur général et des Services correctionnels.

ANNEXE A - ÉCHELLE D’ÉVALUATION DE L’ESTIME DE SOI DE ROSENBERG

Instructions

Veuillez indiquer dans quelle mesure vous souscrivez aux différentes affirmations qui suivent, en encerclant sous chaque affirmation l'option qui correspond à votre opinion.

TV = Très vrai V = Vrai F = Faux TF = Très faux

1. Dans l’ensemble, je suis contente de moi-même.

TV V

F TF

2. Je pense parfois valoir moins que rien.

TV V

F TF

3. J’estime que je possède un certain nombre de qualités.

TV V

F TF

4. Je peux faire les choses aussi bien qu'à peu près n'importe qui.

TV V

F TF

5. J’ai l’impression qu’il n’y a pas grand-chose dont je peux être fière.

TV V

F TF

6. Il m'arrive parfois de me sentir inutile.

TV V

F TF

7. Je pense avoir de la valeur, du moins tout autant que les autres.

TV V

F TF

8. J’aimerais pouvoir me respecter davantage.

TV V

F TF

9. Dans l’ensemble, j’ai tendance à me considérer comme une ratée.

TV V

F TF

10. J’ai une attitude positive envers moi-même.

TV V

F TF

ANNEXE B - CES-D SCALE (ÉCHELLE DE MESURE DE LA DÉPRESSION)

CES-D Scale

(Radloff, 1977)

Voici une liste de sentiments et de comportements que vous avez pu connaître récemment. Veuillez me dire combien de fois cela vous est arrivé depuis une semaine.

     1 rarement ou jamais (moins d’une fois par jour)

     2 parfois ou de temps en temps (1 ou 2 fois par jour)

     3 occasionnellement ou un certain nombre de fois (3 ou 4 fois par jour)

     4 la plupart du temps ou tout le temps (5 à 7 fois par jour)

Au cours de la dernière semaine :

1.
  
Je me suis fait du souci pour des choses qui ne me préoccupent pas d’habitude.
2.
  
Je n’avais pas envie de manger; je n’avais pas beaucoup d’appétit.
3.
  
J’avais l’impression de ne pas pouvoir chasser ma tristesse, même avec l’aide de ma famille ou de mes amis.
4.
  
J’avais l’impression de valoir autant que les autres. _____ (I)
5.
  
J’avais de la difficulté à me concentrer sur ce que je faisais.
6.
  
Je me suis sentie déprimée.
7.
  
Tout ce que je faisais me demandait un effort.
8.
  
J’avais beaucoup d’espoir en l’avenir. _____ (I)
9.
  
J’avais l’impression que ma vie était un échec.
10.
  
Je me sentais craintive.
11.
  
J’ai eu de la difficulté à dormir.
12.
  
J’étais heureuse. _____ (I)
13.
  
Je parlais moins que d’habitude.
14.
  
Je me sentais seule.
15.
  
Les gens n’étaient pas amicaux.
16.
  
J’aimais la vie. _____ (I)
17.
  
J’ai fait des crises de larmes.
18.
  
Je me sentais triste.
19.
  
J’avais l’impression que les gens ne m’aimaient pas.
20.
  
Je n’arrivais pas à faire quoi que ce soit.

Remarque : «I» signifie que la cote de cet item est inversée.

ANNEXE C : ÉCHELLE DE MESURE DE LA SOLITUDE DE L’UCLA

  • chelle de mesure de la solitude de l’UCLA
    (Version 3, 1988)

(Russell, Peplau et Cutrona, 1980; Russell et Cutrona, 1988)

Les énoncés suivants décrivent des sentiments que les gens éprouvent de temps à autre. Pour chacun de ces énoncés, veuillez indiquer si vous éprouvez plus ou moins souvent le sentiment décrit en inscrivant le chiffre correspondant dans l’espace prévu. Voici un exemple :

Vous sentez-vous heureuse?

Si vous ne vous sentez jamais heureuse, vous devez répondre 1 «jamais »; si vous vous sentez toujours heureuse, vous devez répondre 4 «toujours».

     1 JAMAIS

     2 RAREMENT

     3 PARFOIS

     4 TOUJOURS

1.
  
*Vous sentez-vous «en harmonie» avec les gens qui vous entourent?
2.
  
La compagnie d’une autre personne vous manque-t-elle?
3.
  
Considérez-vous que vous n’avez personne à qui vous confier?
4.
  
Vous sentez-vous seule?
5.
  
*Considérez-vous que vous faites partie d’un groupe d’amis?
6.
  
Considérez-vous que vous avez beaucoup de points en commun avec les gens qui vous entourent?
7.
  
Considérez-vous qu’il n’y a plus personne avec qui vous vous sentez proche?
8.
  
Vous arrive-t-il de penser que les gens de votre entourage ne partagent pas vos idées et vos intérêts?
9.
  
*Considérez-vous que vous êtes sociable et amicale?
10.
  
*Vous sentez-vous proche des autres?
11.
  
Pensez-vous qu’on vous laisse de côté?
12.
  
Pensez-vous que vos rapports avec les autres sont superficiels?
13.
  
Pensez-vous que personne ne vous connaît vraiment bien?
14.
  
Vous sentez-vous isolée des autres?
15.
  
*Pensez-vous souvent que vous pouvez trouver de la compagnie quand vous le voulez?
16.
  
*Pensez-vous souvent qu’il y a des gens qui vous comprennent vraiment bien?
17.
  
Ressentez-vous de la gêne?
18.
  
Pensez-vous souvent que les gens qui vous entourent sont près de vous, mais pas avec vous?
19.
  
*Considérez-vous souvent qu’il y a des gens à qui vous pouvez parler?
20.
  
*Considérez-vous souvent qu’il y a des gens à qui vous pouvez vous confier?

Calcul du score : La cote de chaque énoncé précédé d’un astérisque doit être inversée (1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1) et les cotes de tous les énoncés doivent être additionnées. Plus le score est élevé, plus le degré de solitude est élevé.

ANNEXE D : BATTERIE DE MESURE DES SPHÈRES D’INFLUENCE

Batterie de mesure des sphères d’influence

(Paulhus, 1983)

Sous-catégorie 1 : Efficacité personnelle

  • Quand j’obtiens ce que je veux, c’est généralement parce que j’ai fait des efforts pour l’obtenir. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

2. Quand je fais des plans, je suis presque certaine de les réaliser. (+)

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Je préfère les jeux qui comportent une part de hasard aux jeux qui n’exigent que de l’adresse.

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Je peux apprendre à peu près tout ce que je veux quand je décide de m’y mettre. (+)

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Mes principales réalisations sont uniquement dues à mon intelligence et à ma persévérance. (+)

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

6. Habituellement, je ne fais pas de plans, car j’ai de la difficulté à les suivre.

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

7. La compétition favorise l’excellence. (+)

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

8. La réalisation de soi dépend souvent de la chance.

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Dans un examen ou une compétition, j’aime savoir où je me situe par rapport aux autres. (+)

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

10. Malgré tous mes efforts, j’ai peu de succès à mon actif.

      7 6 D’ACCORD

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

Sous-catégorie 2 : Influence interpersonnelle

  • Même quand je me sens maître de ma situation en général, j’ai l’impression de ne
    pas arriver à maîtriser les relations interpersonnelles.

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

2. Je n’ai pas de difficulté à me faire de nouveaux amis et à les garder. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • J’ai de la difficulté à orienter le cours d’une conversation quand il y a plusieurs personnes.

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • J’arrive généralement à établir une relation personnelle étroite avec une personne qui m’attire sexuellement. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Dans une entrevue, j’arrive habituellement à orienter l’interviewer vers les sujets dont je veux parler et à éviter les sujets dont je ne veux pas parler. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

  • Si j’ai besoin d’aide pour réaliser un de mes plans, j’ai habituellement de la difficulté à obtenir la collaboration des autres.

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

7. Quand je veux rencontrer quelqu’un, j’y parviens généralement. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

8. J’ai souvent de la difficulté à expliquer mon point de vue aux autres.

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

9. Quand je tente de résoudre un différend, j’aggrave généralement la situation.

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

10. Avec un groupe, j’ai généralement de la facilité à planifier un aspect important d’une situation. (+)

     7 D’ACCORD

6

5

4

3

2

1

PAS D’ACCORD

Remarque : Les items marqués du signe (+) sont cotés positivement. Tous les autres items sont cotés négativement.

ANNEXE E : TEST SOCIOMÉTRIQUE

Test sociométrique

Nous aimerions mieux comprendre les relations entre les femmes à l'établissement. Pour cette raison, vous pouvez nous être d'une grande utilité en répondant à la question ci-dessous. Vos réponses sont entièrement confidentielles!

Nom
___________________________
Date
_________________________

Avec quelles personnes préférez-vous passer le plus souvent vos temps libres?

Dans la mesure du possible, veuillez indiquer le prénom et le nom de ces personnes.

Premier choix
___________________________________
Deuxième choix
_________________________________
Troisième choix
__________________________________

ANNEXE F : LEEC

Liste d’évaluation de l’environnement correctionnel

Établissement :
_____________________

Date (jj/mm/aa) :
_____
/
_____
/
_____

Ce questionnaire vous est transmis dans le cadre d'une évaluation de routine de l'établissement où vous vous trouvez. Ce document contient des affirmations à propos de votre unité, à propos du personnel correctionnel à l'établissement et à votre sujet. Veuillez prendre le temps de remplir le questionnaire. Il n'est pas nécessaire pour vous d'y inscrire votre nom. Ainsi, les résultats demeureront confidentiels.

Une fois que vous l'avez rempli, veuillez glisser le questionnaire dans l'enveloppe fournie et sceller celle-ci. Puis, remettez cette enveloppe au personnel. Nous vous prions de nous retourner le tout dans les 5 jours.

(A) Sexe (encerclez 1 ou 2) : (D) Durée de la peine que vous purgez actuellement
    (encerclez 1 ou 2) :
       
1 masculin 1 de 2 à 4 ans
2 féminin 2 de 4 ans ou plus
(B)
  
Quel âge avez-vous?______ (E) Avez-vous déjà été incarcéré auparavant? (encerclez 1 ou 2)
1 oui 2 non
(C)
  
Êtes-vous d’origine autochtone? (encerclez 1 ou 2)
1
  oui
2
  non
À
  
la page suivante, vous trouverez des affirmations décrivant certaines choses qui

peuvent se produire à votre établissement et d'autres affirmations qui correspondent peut-être à vos sentiments ou pensées. Chaque affirmation est suivie de chiffres allant de 1 à 5. Après avoir lu chaque affirmation, encerclez l'un des chiffres.

Encerclez 1 si ce que décrit l'affirmation ne se produit jamais Encerclez 2 si ce cela se produit à l'occasion Encerclez 3 si cela se produit souvent Encerclez 4 si cela se produit la majorité du temps Encerclez 5 si cela se produit toujours

N'encerclez pas un chiffre si vous n'êtes pas sûre du sens de l'affirmation ou si elle ne s'applique pas à votre établissement. N'encerclez pas plus d'un chiffre pour une affirmation donnée. Veuillez également noter que l'expression «personnel correctionnel» désigne principalement les travailleurs de première ligne, même si ce terme peut inclure aussi les dirigeantes d'équipe, le personnel des services de santé mentale et la direction.

1 =J AMAIS 2 = À L'OCCASION 3 = SOUVENT 4 = LA MAJORITÉ DU TEMPS 5 = TOUJOURS

1. Le personnel correctionnel ne fait pas attention à moi. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
2 Le personnel correctionnel tient compte des explications fournies par les résidentes lorsque quelque chose se produit à l'établissement. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
3. Le personnel correctionnel ne fixe pas immédiatement les rendez-vous demandés. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
4. Le personnel correctionnel donne suite aux suggestions des résidentes. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
5. Le personnel correctionnel s'excuse auprès des résidentes lorsque des employés ont commis une erreur. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
6. Lorsque les membres du personnel correctionnel sont en désaccord, ils arrivent à une entente. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
7 Si je suis traitée injustement par une travailleuse de première ligne, on me donne l'occasion d'exposer mon point de vue 1   2   3   4   5



 
 
 
 
8. Le personnel correctionnel change d'avis en ce qui concerne nos activités. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
9. Le personnel correctionnel aide les résidentes à résoudre les désaccords. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
10 Lorsque le programme auquel participe une résidente est modifié, une travailleuse de première ligne explique pourquoi 1   2   3   4   5



 
 
 
 
11. Le personnel correctionnel m'encourage à essayer de nouvelles façons d'accomplir ce que je cherche à accomplir. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
12. Le personnel correctionnel et les résidentes se disent honnêtement ce qu'ils pensent les uns des autres. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
13. Avant que le personnel correctionnel nous réprimande, il essaie de savoir ce qui s'est passé. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
14. Les résidentes plus mûres à l'établissement aident à prendre soin des résidentes moins mûres. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
15. Les réunions organisées à l'établissement commencent à temps. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
16. Les membres du personnel correctionnel me le font savoir lorsque j'ai accompli quelque chose de très bien. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
17. Le personnel correctionnel prête attention aux résidentes. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
18. Les membres du personnel correctionnel s'entendent bien entre eux. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
19. Certaines résidentes sont très impolies envers d'autres personnes à l'établissement. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
20. Je m'adresse au personnel correctionnel avec respect. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
21. À l'établissement, nous sommes autorisées à dire ce que nous pensons. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
22 Lorsque les résidentes sont en désaccord avec les travailleuses de première ligne, elles peuvent le dire ouvertement. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
23. Le personnel correctionnel partage la même opinion quant aux comportements qui sont acceptables. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
24. Je n'hésite pas à indiquer au personnel correctionnel comment je me sens. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
25. Je cache mes sentiments réels aux autres résidentes. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
26. Les résidentes à l'établissement s'insultent entre elles. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
27. J'aime le fait que le personnel correctionnel participe à nos activités. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
28. Je n'hésite pas à intervenir lorsque des résidentes font quelque chose qu'elles ne sont pas censées faire. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
29. J'essaie d'aider les autres résidentes à l'établissement à résoudre leurs problèmes. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
30. Lorsque les résidentes ont des ennuis, c'est assez évident pourquoi. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
31. Le personnel correctionnel fonctionne comme une seule équipe. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
32. L'établissement est assez bien organisé. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
33. Si une résidente ne veut pas prendre une douche régulièrement, les autres résidentes à l'établissement interviennent auprès d'elle. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
34. Le personnel correctionnel m'aide à mieux faire face à la colère que je ressens. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
35. Le personnel correctionnel encourage les résidentes à réfléchir à leurs objectifs. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
36. L'établissement est propre. 1   2   3   4   5
       

Pour la prochaine série d'affirmations, il s'agit d'indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord avec chacune d'elles. De nouveau, encerclez un chiffre allant de 1 à 5 et de nouveau, l'expression «personnel correctionnel» désigne principalement des travailleuses de première ligne, même si le terme peut inclure des dirigeantes d'équipe, des membres du personnel de santé mentale et des membres de la direction.

1 = PAS DU TOUT D'ACCORD 2 = PAS ENTIÈREMENT D'ACCORD 3 = LÉGÈREMENT D'ACCORD 4 = GÉNÉRALEMENT D'ACCORD 5 = TOUT À FAIT D'ACCORD

37. On s'attend à ce que les résidentes se parlent entre elles de leurs problèmes personnels. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
38. Le personnel correctionnel essaie de m'aider. 1   2   3   4   5
39. J’essaie de m’améliorer et de devenir meilleure. 1   2   3   4   5

                   
40. Les autres résidentes à l'établissement m'aident à me comprendre. 1   2   3   4   5
41. Je sais quelles seront les prochaines étapes que je me fixerai au moment de ma libération. 1   2   3   4   5

                   
42. Le personnel correctionnel s'intéresse à mes progrès. 1   2   3   4   5
43. Il est important pour moi de participer à des programmes de traitement. 1   2   3   4   5

                   
44. Je respecte les membres du personnel correctionnel. 1   2   3   4   5
45. Le personnel correctionnel se préoccupe de moi. 1   2   3   4   5

                   
46. Les résidentes savent quel est le travail à accomplir et quand le faire. 1   2   3   4   5
47. Le personnel correctionnel m'aide à sentir que je pourrais éviter de retourner en prison à l'avenir. 1   2   3   4   5



 
 
 
 
48. Les membres du personnel correctionnel préfèrent rester dans leur bureau plutôt que de passer du 1   2   3   4   5
  temps avec les résidentes.                  
49. Les règles à l'établissement sont claires. 1   2   3   4   5

                   
50. Je suis en train de résoudre les problèmes qui m'ont amenée ici. 1   2   3   4   5
51. Je sais quels genres de comportement m'apportent des ennuis. 1   2   3   4   5

                   
52. Je veux changer qui je suis. 1   2   3   4   5
53. Le personnel correctionnel aimerait savoir comment je me porte une fois que j'aurai été mise en 1   2   3   4   5
  liberté.                  
54. Je fais l'apprentissage de meilleures façons de résoudre mes problèmes. 1   2   3   4   5
55. Les résidentes sont encouragées à planifier leur avenir. 1   2   3   4   5

                   
56. Les autres résidentes à l'établissement n'ont rien à m'offrir. 1   2   3   4   5
57. Je suis concernée par ce qui arrive aux autres résidentes. 1   2   3   4   5

                   
58. Je sais très bien ce qu'il y a lieu de faire et de ne pas faire ici. 1   2   3   4   5
59. Lorsque je suis arrivée, les autres résidentes m'ont aidée à savoir comment les choses se passent 1   2   3   4   5
  ici.                  
60. Les membres du personnel correctionnel sont plus intéressés par leur chèque de paye que par moi. 1   2   3   4   5
61. Le personnel correctionnel pense que les problèmes à l'établissement sont entièrement la faute des 1   2   3   4   5
  résidentes.                  
62. Mon agent de gestion des cas s'intéresse à mes progrès. 1   2   3   4   5
63. J'aime la plupart des résidentes à l'établissement. 1   2   3   4   5

                   
64. À l'établissement, chaque résidente est laissée à elle-même. 1   2   3   4   5
65. Il faudra que je règle mes problèmes si je veux éviter d'être réincarcérée. 1   2   3   4   5

                   
66. Le personnel correctionnel m'aide à sentir que je peux mieux gérer ma vie que je ne l'ai fait par le 1   2   3   4   5
  passé.                  
 
                 

Veuillez vérifier votre questionnaire pour vous assurer que vous n'avez oublié aucune affirmation. Dans la section ci-dessous, sentez-vous libre de commenter tout aspect important de l'environnement carcéral qui a été omis dans le présent questionnaire.

REMARQUES :

ANNEXE G : AFFIRMATIONS APPARAISSANT DANS LES CATÉGORIES ET SOUS-CATEGORIES DE LA LEEC

Catégorie : Participation du personnel

Sous-catégorie : Sensibilité du personnel

Le personnel correctionnel tient compte des explications fournies par les résidentes lorsque quelque chose se produit à l’établissement.

Le personnel correctionnel donne suite aux suggestions des résidentes.

Le personnel correctionnel s'excuse auprès des résidentes lorsque des employés ont commis une erreur.

Si je suis traitée injustement par une agente correctionnelle, on me donne l’occasion d’exprimer mon point de vue.

Lorsque le programme auquel participe une résidente est modifié, une travailleuse de première ligne explique pourquoi.

Avant que le personnel correctionnel nous réprimande, il essaie de savoir ce qui s'est passé.

Sous-catégorie : Bienveillance du personnel

Le personnel correctionnel s'intéresse à mes progrès.

Le personnel correctionnel se préoccupe de moi.

Le personnel correctionnel aimerait savoir comment je me porterai une fois que j'aurai été mise en liberté.

Mon agent de gestion des cas s'intéresse à mes progrès.

Sous-catégorie : Manque d’intérêt de la part du personnel

Le personnel correctionnel ne fixe pas immédiatement les rendez-vous demandés.

Les membres du personnel correctionnel préfèrent rester dans leur bureau plutôt que de passer du temps avec les résidentes.

Le personnel correctionnel ne fait pas attention à moi.

Les membres du personnel correctionnel sont plus intéressés par leur chèque de paye que par moi.

Le personnel correctionnel pense que les problèmes à l'établissement sont entièrement la faute des résidentes.

Catégorie : Priorités du traitement assuré par le personnel

Sous-catégorie : Encouragement

Le personnel correctionnel prête attention aux résidentes.

Le personnel correctionnel m'aide à mieux faire face à la colère que je ressens. Le personnel correctionnel encourage les résidentes à réfléchir à leurs objectifs. Le personnel correctionnel essaie de m'aider.

Le personnel correctionnel m'aide à sentir que je peux éviter les ennuis.

Les résidentes sont encouragées à planifier leur avenir.

Le personnel correctionnel m'aide à sentir que je peux mieux gérer ma vie que je ne l'ai fait par le passé.

Sous-catégorie : Communication ouverte

Le personnel correctionnel aide les résidentes à résoudre les désaccords.

Le personnel correctionnel m'encourage à essayer de nouvelles façons d'accomplir ce que je cherche à accomplir.

Le personnel correctionnel et les résidentes se disent honnêtement ce qu'ils pensent les uns des autres.

Les membres du personnel correctionnel me le font savoir lorsque j'ai accompli quelque chose de très bien.

Lorsque les résidentes sont en désaccord avec les agentes correctionnelles, elles peuvent le dire ouvertement.

Je n'hésite pas à indiquer au personnel correctionnel comment je me sens.

Catégorie : Cohésion du personnel

Lorsque les membres du personnel correctionnel sont en désaccord, ils arrivent à une entente.

Les membres du personnel correctionnel s'entendent bien entre eux. Je m'adresse au personnel correctionnel avec respect.

Le personnel correctionnel partage la même opinion quant aux comportements qui sont acceptables.

J'aime le fait que le personnel correctionnel participe à nos activités. Le personnel correctionnel fonctionne comme une seule équipe. Je respecte les membres du personnel correctionnel.

Catégorie : Clarté et organisation

Les règles à l'établissement sont claires.

Les réunions organisées à l'établissement commencent à temps. Lorsque les résidentes ont des ennuis, c'est assez évident pourquoi. Je sais très bien ce qu'il y a lieu de faire et de ne pas faire ici. Le personnel correctionnel change d'avis en ce qui concerne nos activités. L'établissement est propre.

Les résidentes savent quel est le travail à accomplir et quand le faire. L'établissement est très bien organisé.

Catégorie : Orientation du traitement des délinquantes

Sous-catégorie : Résolution des problèmes

Je suis en train de résoudre les problèmes qui m'ont amenée ici. Je sais quels genres de comportement m'apportent des ennuis.

Je fais l'apprentissage de meilleures façons de résoudre mes problèmes. Il faudra que je règle mes problèmes si je veux éviter d'être réincarcérée. Je veux changer qui je suis.

Sous-catégorie : Orientation axée sur les changements

À l'établissement, nous sommes autorisées à dire ce que nous pensons. J'essaie de m'améliorer.

Je sais quelles seront les prochaines étapes que je me fixerai au moment de ma libération.

Il est important pour moi de participer à des programmes de traitement.

On s'attend à ce que les résidentes se parlent entre elles de leurs problèmes personnels.

Catégorie : Relations entre les délinquantes

Sous-catégorie : Bienveillance réciproque

Les membres du personnel correctionnel s'entendent bien entre eux. Les autres résidentes à l'établissement m'aident à me comprendre. Les autres résidentes à l'établissement n'ont rien à m'offrir.

Je suis concernée par ce qui arrive aux autres résidentes.

Lorsque je suis arrivée, les autres résidentes m'ont aidée à savoir comment les choses se passent ici.

J'aime la plupart des résidentes à l'établissement.

  • l'établissement, chaque résidente est laissée à elle-même.
    Sous-catégorie : Entraide

Les résidentes plus mûres à l'établissement aident à prendre soin des résidentes moins mûres.

Je n'hésite pas à intervenir lorsque des résidentes font quelque chose qu'elles ne sont pas censées faire.

J'essaie d'aider les autres résidentes à l'établissement à résoudre leurs problèmes

Si une résidente ne veut pas prendre une douche régulièrement, les autres résidentes

  • l'établissement interviennent auprès d'elle.
    Sous-catégorie : Hostilité

Certains résidentes sont très impolies envers d'autres personnes à l'établissement. Je cache mes sentiments réels aux autres résidentes.

Les résidentes à l'établissement s'insultent entre elles.

ANNEXE H : FORMATS DES SONDAGES

Sondage auprès des délinquantes

Le programme de dressage Pawsitive Directions est un cours offert à toutes les femmes incarcérées dans cet établissement. Les participantes apprennent les techniques de dressage et d’élevage des chiens, qui sont ensuite placés dans la collectivité après un certain temps. Pour nous aider à mieux savoir si ce programme fonctionne bien et à trouver des façons de l'améliorer encore davantage, nous vous saurions gré de remplir ce questionnaire et de nous dire ce que vous pensez du programme de dressage de chiens.

Vos réponses seront complètement confidentielles et vous garderez l’anonymat.

1.
  
Quel est votre âge?
2.
  
Quelle est la longueur de la peine que vous purgez actuellement?
3.
  
Depuis combien de temps êtes-vous incarcérée?
4.
  
Depuis combien de temps vous trouvez-vous à l’établissement?
5.
  
Connaissiez-vous le programme de dressage de chiens et saviez-vous que vous pouviez y participer?
Oui _____Non
6.
  
Savez-vous ce qu’il faut faire pour participer au programme?
Oui _____Non
7.
  
A-t-on déjà refusé de vous admettre dans ce programme?
Oui _____Non

a) Participez-vous à ce programme actuellement?

_____
Oui
_____
Non

Dans la négative, pourquoi?

_____
Vous ne connaissiez pas l’existence de ce programme.
_____
Ce programme ne vous intéressait pas.

_____
Vous étiez trop occupée pour assumer cette responsabilité supplémentaire.

_____
Autre raison (veuillez préciser)

______________________________________________________

______________________________________________________

_______________________________________________

75

Dans l’affirmative, qu’attendiez-vous ou qu’attendez-vous de retirer de votre participation au programme?

_______________________________________________________

_______________________________________________________

_______________________________________________________

_________

a) Avez-vous observé des changements dans l’atmosphère générale de l’établissement ou dans les rapports entre les délinquantes et entre elles et les membres du personnel qui seraient attribuables au programme de dressage?

_____
Non

_____
Oui Quelle sorte de changements?

_______________________________________________________

_______________________________________________________

_______________________________________________________

_________

  • Est-ce qu’une maître-chien vous a déjà montré ce que les participantes du programme font avec leurs chiens?

_____
Non

_____
Oui

11.
  
Avez-vous des contacts avec les chiens?
Non
Oui Pouvez-vous donner un exemple?
____________________________________________________
_____________________________________________________
12.
  
Y a-t-il un chien que vous préférez? _____Non _____Oui
13.
  
Que pensent les maîtres-chiens de votre contact avec leurs chiens?
____________________________________________________
_____________________________________________________

a) Avez-vous déjà été invitée à des événements se rapportant au programme de dressage de chiens?

_____
Non
_____
Oui

  • Avez-vous observé une opposition quelconque au programme de la part du personnel ou des détenues?

_____
Non

_____
Oui Quel genre d’opposition?

_____________________________________________________

_____________________________________________________

_____________________________________________________

_____________________________________________________

____________

2.
  
Avez-vous des critiques à formuler contre le programme de dressage?
Non
Oui Quel genre de critiques?
___________________________________________________
___________________________________________________
3.
  
Avez-vous des commentaires positifs à formuler au sujet du programme?
Non
Oui Veuillez préciser
_______________________________________________________________ ___________________________________________________
4.
  
Dans l’ensemble, croyez-vous que le programme est efficace en ce qui concerne le placement des chiens?

_____
Non

_____
Oui

MERCI DE VOTRE COLLABORATION

Sondage auprès du personnel

Ce questionnaire vise à évaluer l’efficacité du programme Pawsitive Directions offert à votre établissement. Comme vous le savez sans doute, les participantes de ce programme apprennent les techniques de dressage et d’élevage des chiens, qui sont ensuite placés dans la collectivité après un certain temps. Nous vous saurions gré de répondre aux questions suivantes. Vos impressions et votre opinion au sujet du programme nous serons très utiles pour en faire l’évaluation. Vos réponses seront complètement confidentielles et vous garderez l’anonymat.

Nous aimerions aussi discuter du programme avec vous, car nous croyons qu’une entrevue peut nous aider à comprendre encore mieux les effets de ce programme. Si vous acceptez de nous accorder une entrevue, veuillez l’indiquer à la fin du questionnaire.

1.
  
Connaissez-vous le programme de dressage de chiens?
Non _____Oui
2.
  
Comment avez-vous appris l’existence de ce programme?

______________________________________________________

______________________________________________________

______________________________________________________

_____________________________

  • Parmi les cas dont vous vous occupez, y a-t-il des femmes qui participent à ce programme?

_____
Non
_____
Oui

3.
  
Connaissez-vous les objectifs du programme?
Non
Oui Quels sont-ils?
__________________________________________________
__________________________________________________
4.
  
Dans quelle mesure le programme de dressage est-il efficace en ce qui concerne le placement des chiens :

Dans les familles?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

peu

moyennement

très

Chez les personnes handicapées vivant dans la collectivité?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

peu

moyennement

très

  • Avez-vous observé des changements dans l’atmosphère générale de l’établissement ou dans les rapports entre les délinquantes et entre elles et les membres du personnel qui seraient attribuables au programme de dressage?

_____
Non

_____
Oui Quelle sorte de changements?
_________________________________________

  • Avez-vous observé des changements chez les participantes du programme depuis le début de leur participation (dans la manière de gérer leurs problèmes personnels et leur vie carcérale, dans leur rôle parmi les autres détenues, dans leur comportement et leurs rapports avec le personnel)?

_____
Non

_____
Oui Quelle sorte de changements?


_____________________________________________________

  • Pensez-vous que le programme de dressage renforce les effets positifs des autres programmes?

Chez les participantes du programme?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10 pas du tout beaucoup

  • Le programme de dressage a-t-il déjà été la cause d’un problème ou d’une situation grave?

_____
Non

_____
Oui Quand et pourquoi?


_____________________________________________________

Dans l’affirmative, le problème a-t-il été résolu?

_____
Non

_____
Oui Comment?
________________________________

  • Une maître-chien vous a-t-elle déjà montré ce qu’elles arrivent à faire avec leurs chiens?

_____
Non
_____
Oui

  • Avez-vous des contacts avec les chiens?
    _____
    Non
    _____
    Oui Pouvez-vous donner un exemple?
    ____________________________
11.
  
Y a-t-il un chien que vous préférez?
Non _____Oui
12.
  
Que pensent les maîtres-chiens de vos contacts avec leurs chiens?
___________________________________________________
___________________________________________________

Ne répondez aux questions suivantes que si vous vous sentez à l’aise de le faire. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez vous abstenir d’y répondre.

Quel poste occupez-vous à l’établissement?
________________________________________

Depuis combien de temps occupez-vous ce poste?
________________________________________

Depuis combien de temps travaillez-vous avec des délinquantes?
________________________________________

Accepteriez-vous de nous accorder une entrevue au sujet du programme? Cette entrevue devrait durer de 20 à 40 minutes. Si vous acceptez, nous vous en remercions.

Oui Votre nom
_________________________

NOUS VOUS REMERCIONS D’AVOIR REMPLI CE QUESTIONNAIRE

 

ANNEXE I : GUIDE POUR LES ENTRTVUES SEMI-STRUCTURÉES

Guide pour l’entrevue avec l’animatrice du programme.

Avez-vous constaté des changements dans le budget anticipé du programme?

La durée estimée de chacune des phases du programme est-elle réaliste?

Existe-t-il des critères d’exclusion applicables aux femmes qui veulent s’inscrire au programme?

Quel genre d’acte est susceptible d’entraîner la suspension permanente d’une participante? Y a-t-il une période d’attente déterminée avant qu’une participante soit réadmise dans le programme?

Combien de chiens ont été dressés?

Combien de chiens ont été adoptés avec succès?

Combien de chiens ont été dressés en vue de l’assistance canine?

Combien de chiens ont été réintégrés au programme? Quels ont été les problèmes à l’origine de leur réintégration?

Quels sont les buts et les objectifs du programme?

Mise en place du programme Pawsitive Directions

a) Soutien

Croyez-vous que le personnel suivant de l’établissement considère que le programme Pawsitive Directions est important?

Spécialistes de la santé mentale Personnel de première ligne Directrice

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas important Moyennement

Très important

du tout

important

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas important Moyennement

Très important

du tout

important

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas important Moyennement

Très important

du tout

important

Avez-vous observé une opposition quelconque au programme de la part du personnel ou des détenues?

Comment le programme est-il financé?

Qu’est-ce qui vous aiderait à mieux assurer le fonctionnement du programme? Y a-t-il quelque chose dont vous auriez davantage besoin? Ou que vous voudriez voir changer?

b) Formation

Croyez-vous que vous avez couvert suffisamment de matière au cours de la formation? Avez-vous consacré suffisamment de temps à chaque sujet?

Éprouvez-vous des difficultés quand vous vous servez de votre propre chien dans la phase 1 du programme?

Comment se déroule la transition de la phase 1 à la phase 2, alors que les détenues deviennent responsables de leur propre chien?

Avez-vous entendu dire que des détenues ne participant pas au programme se plaignaient au sujet des chiens vivant dans les unités résidentielles?

a) Équilibre entre les activités des participantes dans le cadre du programme et les autres activités de l’établissement

Les détenues qui participent aux séances de formation reçoivent-elles de l’appui?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du Moyennement tout

Beaucoup

Les autres membres du personnel s’attendaient-ils à ce que les détenues soient ailleurs ou participent à un autre type d’activité?

Y a-t-il eu une cérémonie de remise de certificats?

Qui était invité, et quelle a été la réaction des participantes?

Jugez-vous que le processus de placement des chiens dans la collectivité se déroule bien?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du Moyennement tout

Très bien

Mise en œuvre

a) Relations

Comment évaluez-vous la qualité des relations et du lien de confiance entre vous et les participantes du programme?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Médiocre Moyenne

Très bonne

Comment évaluez-vous la qualité des autres rencontres et la manière dont le personnel participe au programme?

Avez-vous observé des changements dans l’atmosphère générale de l’établissement ou dans les rapports entre les délinquantes et entre elles et les membres du personnel qui seraient attribuables au programme de dressage?

Avez-vous déjà eu des problèmes causés par des chiens au comportement perturbateur, ou avez-vous reçu des plaintes de la part de détenues qui ne participaient pas au programme? Dans l’affirmative, comment avez-vous résolu ces problèmes?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité?

Efficacité du programme

a) Placement et soin des chiens

Dans quelle mesure le programme de dressage est-il efficace en ce qui concerne le placement des chiens :

Dans les familles?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Moyennement

Très

Chez les personnes avec une déficience vivant dans la collectivité?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Moyennement

Très

Le matériel mis à votre disposition pour le soin des chiens est-il adéquat?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Entièrement

Pouvez-vous expliquer le processus que vous devez suivre pour obtenir du matériel? Avez-vous déjà eu de la difficulté à obtenir le matériel nécessaire?

b) Changements chez les participantes

Avez-vous observé des changements chez les participantes du programme depuis le début de leur participation?

Comment gèrent-elles leurs problèmes personnels, leur vie carcérale, etc.?

Effets imprévus du programme

Croyez-vous que le programme de dressage renforce les effets des autres programmes ou produit des effets positifs à long terme, chez les participantes ou même chez les autres détenues?

Les participantes ont-elles tendance à passer trop de temps avec leur chien?

Les participantes ont-elles tendance à acquérir une attitude « élitiste » en raison de leur participation au programme?

Autres remarques :

Guide pour les entrevues avec le personnel

Avez-vous la responsabilité des dossiers des délinquantes? Certaines d’entre elles participent-elles au programme de dressage de chiens?

Si ça ne vous gêne pas de répondre à cette question, quel poste occupez-vous dans cet établissement?

Pouvez-vous expliquer votre perception du programme de dressage de chiens?

Que pensez-vous du fait que des détenues dressent des chiens?

Observez-vous des effets concrets résultant directement des activités du programme (dans l’établissement, à l’extérieur ou autrement)?

Selon vous, ce programme produit-il des résultats positifs ou négatifs qui dépassent ceux qu’on exige du programme? Ce programme exerce-t-il une incidence quelconque sur les autres programmes?

L’existence de ce programme à votre établissement comporte-t-elle des avantages ou des inconvénients pour les participantes, les bénéficiaires et le personnel?

Comment percevez-vous les effets du programme sur les rapports entre les détenues et sur les rapports entre celles-ci et les membres du personnel?

Le programme de dressage a-t-il provoqué des effets quelconques sur l’environnement ou l’atmosphère de l’établissement? Si c’est le cas, veuillez préciser quelle sorte d’effets.

Croyez-vous que les délinquantes se servent du programme d’une manière non appropriée (p. ex. pour d’autres motifs, comme pour socialiser, pour éviter de travailler ou de suivre d’autres programmes, etc.)?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité?

Avez-vous observé des changements (physiques, psychologiques, etc.) chez les femmes qui participent au programme?

Autres remarques :

Guide pour les entrevues avec les participantes du programme

****Avant de commencer à parler du programme de dressage de chiens en particulier, j’aimerais connaître votre opinion en général au sujet des programmes de traitement…

Pourquoi pensez-vous que vous devez suivre un traitement? Croyez-vous qu’un traitement va contribuer à répondre à vos besoins?

Si vous vous comparez aux autres personnes qui se trouvent ici, considérez-vous que vous avez besoin d’un traitement plus qu’elles ou moins qu’elles? À qui vous comparez-vous?

Comment avez-vous entendu parler du traitement? (C’est-à-dire quelles démarches la personne a-t-elle faites pour poursuivre son traitement?)****

Nous allons maintenant discuter du programme de dressage de chiens en particulier.

Mise en place du programme Pawsitive Directions

a)Formation
À quel point le programme de dressage de chiens a-t-il été utile pour vous?
1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10
Pas du tout utile Moyennement utile Très utile
Avez-vous l’impression d’avoir appris assez ou trop de matière au cours de cette formation?
Le temps consacré aux différents sujets a-t-il été suffisant?

Les séances de formation ont-elles toutes été adaptées à votre rythme et faciles à comprendre? Dans l’affirmative, expliquez comment et pourquoi.

Les spécialistes de l’extérieur de l’établissement viennent-ils souvent présenter les séances de formation de la phase 1 du programme de dressage? Pouvez-vous donner quelques exemples

L’utilisation du chien de l’animatrice à des fins de formation au cours de la phase 1 donne-t-elle de bons résultats? Dans l’affirmative, expliquez pourquoi.

Vous sentiez-vous prête à prendre la responsabilité personnelle d’un chien à la phase 2? Dans l’affirmative, de quelle manière. Dans la négative, pourquoi?

Comment s’est déroulée la transition entre vos responsabilités envers le chien de l’animatrice et vos responsabilités envers votre propre chien?

Avez-vous vécu des situations imprévues quand vous avez pris la responsabilité de votre chien, à la phase 2?. Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Recevez-vous des plaintes de la part de détenues qui ne participent pas au programme concernant la présence des chiens dans les unités résidentielles? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Vous fait-on souvent des observations sur votre conduite dans le programme de dressage de chiens? Sous quelle forme ces observations vous sont-elles faites?

Avez-vous souvent l’occasion de démontrer les compétences que vous avez acquises dans le cadre du programme de dressage de chiens? Que ressentez-vous dans ces circonstances?

a) Équilibre entre les obligations des participantes dans le cadre du programme et les autres activités de l’établissement

A-t-on appuyé votre participation aux séances de formation?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout Moyennement

Entièrement

Les membres du personnel s’attendaient-ils à ce que vous soyez ailleurs ou occupée par une activité différente? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Y a-t-il eu une cérémonie de remise de certificats? Qui était invité? Quelle a été votre réaction?

Comment arrivez-vous à concilier les tâches que vous devez effectuer dans le cadre du programme, vos autres tâches et votre travail?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Très difficilement

Très facilement

Dans quelle mesure êtes-vous satisfaite de l’aide que vous recevez pour concilier les tâches que vous devez effectuer dans le cadre du programme, vos autres tâches et les travaux que vous devez faire?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas satisfaite du tout

Très satisfaite

Avez-vous observé une opposition quelconque au programme de la part du personnel ou des détenues? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Jugez-vous que le processus de placement des chiens dans la collectivité se déroule bien?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout Moyennement

Mise en œuvre

a) Relations

Très bien

Qu’est-ce que vous pensez du fait que des détenues dressent des chiens?

Êtes-vous satisfaite de la disponibilité de l’animatrice du programme quand vous avez besoin de la consulter?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout satisfaite

Très satisfaite

Pouvez-vous décrire la nature des rapports que l’animatrice entretient avec vous?

Êtes-vous satisfaite du soutien que vous apportent les autres participantes du programme et des rapports qu’elles entretiennent avec vous?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout satisfaite

Très satisfaite

Êtes-vous satisfaite du soutien que vous apportent les détenues qui ne participent pas au programme et des rapports qu’elles entretiennent avec vous?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout satisfaite

Très satisfaite

Quelle est la qualité de vos rapports avec votre chien et du lien de confiance établi avec lui?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Médiocre Moyenne

Très bonne

Avez-vous déjà eu à gérer un comportement perturbateur chez votre chien ou avez-vous déjà reçu des plaintes de la part de détenues qui ne participaient pas au programme? Dans l’affirmative, qu’avez-vous trouvé comme solution?

Que pensez-vous des autres rencontres concernant le programme de dressage de chiens (p. ex. celles du comité de direction)?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité?

Efficacité du programme et effets imprévus

a) Placement et soin des chiens

Dans quelle mesure le programme de dressage est-il efficace en ce qui concerne le placement des chiens :

Dans les familles?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Moyennement

Très

Chez les personnes handicapées vivant dans la collectivité?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Moyennement

Très

Le matériel mis à votre disposition pour le soin des chiens est-il adéquat?

1…..2…..3…..4…..5…..6…..7…..8…..9…..10

Pas du tout

Entièrement

Vous arrive-t-il d’avoir de la difficulté à obtenir le matériel dont vous avez besoin pour le programme? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

b) Changements chez les participantes

Croyez-vous que votre participation au programme a provoqué chez vous des changements physiques ou psychologiques (par exemple dans la manière de gérer vos problèmes personnels, votre vie carcérale, etc.)?

Votre rôle au sein du groupe de détenues a-t-il changé? Dans l’affirmative, de quelle manière?

Vos rapports avec le personnel de l’établissement et votre comportement à son endroit ont-ils changé? Dans l’affirmative, de quelle manière?

Avez-vous l’impression d’être responsable du programme ou plutôt d’être dirigée en grande partie par l’animatrice ou d’autres membres du personnel? Expliquez votre réponse.

Selon vous, le conditionnement opérant s’étend-il à d’autres domaines de votre vie? Dans l’affirmative, pouvez-vous donner quelques exemples?

Un de vos chiens a-t-il déjà été adopté?

Dans l’affirmative, pouvez-vous expliquer ce que vous avez ressenti lors de cette expérience?

Si cette expérience a été négative, comment avez-vous géré vos sentiments? Avez-vous reçu de l’aide de la part du personnel?

Cette expérience vous a-t-elle appris quelque chose?

Autres remarques :

Guide pour les entrevues avec les détenues qui ne participent pas au programme

****Avant de commencer à parler du programme de dressage de chiens en particulier, j’aimerais connaître votre opinion en général au sujet des programmes de traitement…

Pourquoi pensez-vous que vous devez suivre un traitement? Croyez-vous qu’un traitement va contribuer à répondre à vos besoins?

Si vous vous comparez aux autres personnes qui se trouvent ici, considérez-vous que vous avez besoin d’un traitement plus qu’elles ou moins qu’elles? À qui vous comparez-vous?

Comment avez-vous entendu parler du traitement? (C’est-à-dire quelles démarches la personne a-t-elle faites pour poursuivre son traitement?)****

Nous allons maintenant discuter du programme de dressage de chiens en particulier. Pouvez-vous expliquer votre perception du programme de dressage de chiens? Que pensez-vous du fait que des détenues dressent des chiens?

L’existence de ce programme à votre établissement comporte-t-elle des avantages ou des inconvénients pour les participantes, les bénéficiaires et le personnel?

Comment percevez-vous les effets du programme sur les rapports entre les détenues et sur les rapports entre celles-ci et les membres du personnel?

Le programme exerce-t-il un effet quelconque sur l’atmosphère de l’établissement? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Croyez-vous que les délinquantes se servent du programme d’une manière non appropriée (p. ex. pour d’autres motifs, comme pour socialiser, pour éviter de travailler ou de suivre d’autres programmes, etc.)? Dans l’affirmative, de quelle manière?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Avez-vous observé des changements (positifs ou négatifs) chez les femmes qui participent au programme? Dans l’affirmative, quels sont ces changements?

Autres remarques :

Guide pour les entrevues avec les gens des foyers d’adoption

Voulez-vous expliquer comment s’est déroulée votre expérience dans le cadre du programme de dressage de chiens de l’établissement Nova

Pourquoi avez-vous adopté un chien?

Depuis combien de temps avez-vous ce chien?

Y a-t-il quelque chose qui vous a particulièrement plu ou déplu au cours du processus d’adoption de votre chien?

Selon vous, faudrait-il changer certaines choses dans ce processus Aimez-vous le caractère et le comportement de votre chien? Que pensez-vous du fait que des détenues dressent des chiens?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité qui vous semblent attribuables au programme de dressage?

Votre expérience avec le programme de dressage de chiens a-t-elle eu un effet quelconque sur votre opinion ou votre perception de l’établissement Nova et vos rapports avec l’établissement?

Autres remarques :

Guide pour les entrevues avec les spécialistes de la collectivité

Que pensez-vous du fait que des détenues dressent des chiens?

Voulez-vous expliquer comment se déroule votre expérience dans le cadre du programme de dressage de chiens de l’établissement Nova?

Comment percevez-vous les effets du programme chez les participantes? Avez-vous observé des changements chez elles?

Selon vous, l’existence de ce programme à l’établissement comporte-t-elle des avantages ou des inconvénients?

Avez-vous observé des changements dans les rapports entre l’établissement et la collectivité? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.

Autres remarques :