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Rapports de recherche

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Analyse comparative visant à déterminer les caractéristiques des délinquats sexuels autochtones et non autochtones en vue d'améliorer les stratégies d'évaluation et de traitement destinées à cette clientèle

Lawrence A. Ellerby, Ph.D., et Paula MacPherson, M.Ed.

Forensic Behavioural Management Clinic

Native Clan Organization



Janvier 2002


RÉSUMÉ

La Forensic Behavioral Management Clinic (FBMC) de la Native ClanOrganization, qui est située à Winnipeg, au Manitoba, offre des servicesd’évaluation et de traitement aux délinquants autochtones et non autochtonesayant commis des infractions sexuelles.

Afin de déterminer et de mieux comprendre la composition et les caractéristiquesde sa clientèle, la FBMC a créé une base de données sur les délinquants ayantparticipé à son programme de traitement. Pour déterminer les variables àétudier, elle a passé en revue les travaux de recherche sur la question etconsulté les membres de son équipe de traitement, formée de psychologues, detravailleurs sociaux, de conseillers ou guérisseurs spirituels autochtones etd’agents de liaison avec la collectivité. La base de données renferme235 variables se rapportant notamment aux caractéristiques générales desdélinquants, aux caractéristiques propres aux délinquants autochtones, auxantécédents développementaux, aux antécédents criminels, aux schémascriminels ainsi qu’à la participation au traitement et à la réponse à celui-ci. Grâceà cet examen des caractéristiques des hommes ayant suivi le traitement offert, laFBMC voulait améliorer son programme afin de mieux répondre aux besoins desdélinquants évalués et traités, et recueillir de l’information susceptible decontribuer au fonds de connaissances dans ce domaine. Au total, on a examiné303 dossiers de traitement qui ont été fermés entre 1987 et 1999.

Parmi les 303 délinquants sexuels dont le dossier a été examiné, 40 % étaientautochtones (Indiens de l’Amérique du Nord, Métis et Inuits) et 60 % étaient nonautochtones. Les divers groupes autochtones ont été réunis dans une mêmecatégorie parce que le nombre de Métis (n = 21, 7 %) et d’Inuits (n = 1, 0,3 %)n’était pas assez élevé pour qu’on puisse former des catégories distinctes. Ils’agit d’un aspect important qu’il faudra examiner ultérieurement, car il n’estprobablement pas suffisant de supposer qu’il y a homogénéité parmi cesgroupes. La majorité des délinquants autochtones inclus dans notre échantillonavaient l’anglais comme langue maternelle. Par ailleurs, la langue maternelleautochtone la plus courante était le cri. La majorité des délinquants autochtonesont été élevés dans une réserve, mais la plupart d’entre eux étaient venushabiter dans un centre urbain. Seulement un très faible pourcentage dedélinquants autochtones ont déclaré avoir été élevés dans la culture autochtonetraditionnelle, avec ses enseignements et ses cérémonies.

Des différences importantes sont observables entre les Autochtones et les non-Autochtones inclus dans l’échantillon de la FBMC en ce qui touche lesantécédents développementaux et sociaux. Bon nombre de non-Autochtones etd’Autochtones ont vécu des expériences difficiles et traumatisantes pendant leurenfance, mais ces derniers sont plus nombreux à avoir vécu de tellesexpériences. Bien que la majorité des délinquants aient déclaré avoir été élevéspar leurs père et mère, une plus grande proportion d’Autochtones que denon-Autochtones ont été élevés par un membre de leur famille élargie et ont étéséparés de leurs parents ou abandonnés par eux. En outre, les délinquantsautochtones ont plus souvent perdu un membre de leur famille en raison d’un suicide ou d’un meurtre. Un plus grand pourcentage d’entre eux ont déclaré quedes membres de leur famille avaient des problèmes de toxicomanie ou desantécédents criminels. De plus, une plus grande proportion d’Autochtones ontété témoins de violence conjugale, ou savaient qu’une telle violence existait, etont déclaré que les limites sexuelles au sein de leur famille étaient inappropriées.Une plus grande proportion d’Autochtones que de non-Autochtones ont déclaréavoir été victimes de négligence ou de violence sexuelle. Toutefois, aucunedifférence n’est observable entre les deux groupes quant à la violence physiqueou psychologique subie pendant leur enfance : tant les Autochtones que lesnon-Autochtones affichent à cet égard un pourcentage élevé.

Un plus grand pourcentage d’Autochtones que de non-Autochtones avaient déjàconsommé des substances intoxicantes (alcool, drogues et solvants). En outre,les Autochtones étaient désavantagés par rapport aux non-Autochtones pour cequi est du niveau d’instruction et des antécédents professionnels.

Aucune différence significative n’est observable entre les Autochtones et lesnon-Autochtones quant au nombre de condamnations, que ce soit avant l’âgeadulte ou à l’âge adulte. Toutefois, les Autochtones ont avoué avoir commisavant l’âge adulte un plus grand nombre d’infractions avec violence pourlesquelles ils n’ont jamais été condamnés. Ils ont aussi avoué avoir commis àl’âge adulte plus d’infractions avec violence. En revanche, les non-Autochtonesont déclaré avoir commis un plus grand nombre d’infractions sexuelles, à l’âgeadulte, pour lesquelles ils n’ont jamais été condamnés.

En ce qui concerne leur comportement sexuel déviant, les Autochtones semblentplus susceptibles de commettre des viols que toute autre infraction sexuelle,alors que les non-Autochtones semblent avoir plus tendance à commettre desinfractions sexuelles contre des enfants, particulièrement l’inceste.

Des différences intéressantes sont observables entre les deux groupes en ce quitouche les caractéristiques de leur comportement délinquant et leurs schémascriminels. Par exemple, les Autochtones étaient plus susceptibles de choisir desvictimes de sexe féminin, alors que les non-Autochtones étaient plus portés às’en prendre à la fois à des personnes de sexe féminin et de sexe masculin. Lesnon-Autochtones semblent en outre avoir plus tendance à s’en prendre à desenfants en bas âge, prépubères ou pubères, On n’observe aucune différencesignificative entre les deux groupes en ce qui a trait aux victimes parmi lesadolescents, les adultes ou les personnes âgées, ou les victimes de différentsgroupes d’âge. Les Autochtones ont choisi plus souvent des victimesautochtones et les non-Autochtones s’en sont pris plus souvent à des victimesnon autochtones. Cependant, les non-Autochtones étaient plus portés que lesAutochtones à s’en prendre à des victimes d’origines ethniques diverses. Peu dedifférences sont observables entre les deux groupes en ce qui touche leur lienavec les victimes, mais on remarque que les non-Autochtones étaient plus portésà s’en prendre à des victimes vis-à-vis desquelles ils étaient en situationd’autorité ou de confiance (par exemple à titre de médecin, de chef religieux,d’enseignant, d’entraîneur). Une dernière constatation intéressante concernantles différences observables quant au profil des victimes est que par rapport auxvictimes des délinquants non autochtones, les victimes des délinquantsautochtones avaient plus souvent consommé de l’alcool ou à la fois de l’alcool etde la drogue au moment où l’infraction a été commise.

Aucune différence n’est observable entre les deux groupes en ce qui concerneune foule de distorsions cognitives qui sont souvent entretenues afin de faciliteret de justifier le comportement sexuel déviant. Il y a une seule distorsion pourlaquelle on remarque une différence entre les Autochtones et les non-Autochtones : une plus forte proportion d’Autochtones croyaient qu’ils n’auraientpas commis l’infraction s’ils n’avaient pas été sous l’influence d’une substanceintoxicante.Des différences ont été observées entre les Autochtones et les non-Autochtonesquant aux moyens utilisés pour s’approcher des victimes. Dans le cadre duprocessus de planification et de préparation de l’infraction, les Autochtones ontplus souvent donné de l’alcool ou de la drogue à leur victime. En revanche, lesnon-Autochtones étaient plus portés à donner des cadeaux ou à présenter dumatériel pornographique. Ils étaient en outre plus susceptibles d’avoir eu recoursà la ruse ou à la manipulation à l’égard de leur victime afin d’obtenir un contactsexuel.

Alors qu’aucune différence n’est observable entre les deux groupes en ce qui atrait au recours aux menaces au cours de l’agression sexuelle, les Autochtonesétaient plus susceptibles d’avoir agressé physiquement leur victime.

Lorsqu’on examine les différences entre les deux groupes quant aux intérêtssexuels déviants, on remarque qu’un plus grand pourcentage de non-Autochtones ont manifesté de tels intérêts. Par exemple, un plus grand nombred’entre eux ont déclaré avoir eu des pensées de nature sexuelle ou desfantasmes à l’égard de leur victime ou des fantasmes de violence sexuelle, ous’être masturbés en regardant des photos d’enfants. Les non-Autochtonesétaient en outre plus susceptibles de déclarer des paraphilies telles quel’exhibitionnisme, le ligotage ou le sadisme sexuel (comme entretenir des idéesd’homicide de nature sexuelle et se masturber en entretenant de telles idées).Fait intéressant à noter, malgré ces différences, aucune différence significativen’a été observée quant aux préférences sexuelles des délinquants autochtoneset non autochtones, qui ont été déterminées au moyen d’une évaluationphallométrique (test physiologique servant à établir le profil de l’excitationsexuelle).

Quant à la réponse au traitement et les améliorations observées, selon les cotesdonnées par les thérapeutes, on observe peu de différences entre lesAutochtones et les non-Autochtones. Un plus grand pourcentage d’Autochtonesont déclaré, après le traitement, se souvenir des détails concernant l’infraction,alors qu’ils avaient initialement déclaré qu’ils n’avaient aucun souvenir parcequ’ils étaient sous l’influence de l’alcool ou de la drogue lorsqu’ils avaientcommis l’infraction. Aucune différence n’est observable entre les deux groupesen ce qui touche la révélation de soi et la responsabilité pour ce qui est de lafréquence et la durée du comportement délinquant, de son caractère intrusif ou de la violence exercée. En outre, on ne remarque aucune différence entre lescotes données par les thérapeutes aux deux groupes en ce qui touche lesaméliorations observées quant aux remords et à l’empathie à l’égard de lavictime.

Avant la mise en place du programme mixte combinant une approche deguérison traditionnelle et un mode de traitement contemporain à l’intention desAutochtones, le taux d’achèvement du traitement était plus élevé chez lesnon-Autochtones. Toutefois, lorsque les délinquants autochtones ont puparticiper à un programme adapté à leur culture, la différence entre les tauxd’achèvement est disparue. Un pourcentage élevé d’Autochtones et denon-Autochtones ont continué de suivre le traitement offert par la FBMC après lapériode obligatoire (par exemple après la date d’expiration de leur peine). Aprèsla mise en place du programme mixte à l’intention des délinquants autochtones,le nombre d’Autochtones qui ont continué de fréquenter la clinique aprèsl’expiration du mandat s’est encore accru. Enfin, aucune différence significativen’est observable entre les Autochtones et les non-Autochtones ayant participé auprogramme de la FBMC quant au taux de récidive sexuelle. Cependant, les deuxgroupes ont affiché un taux de récidive beaucoup plus faible que celui du groupede comparaison formé de délinquants autochtones et non autochtones.

Ces résultats montrent que même s’il existe de nombreuses similitudes entre lesAutochtones et les non-Autochtones ayant participé entre 1987 et 1999 auprogramme de traitement des délinquants sexuels offert par la FBMC, on peutobserver des différences dont il faut tenir compte. En effet, celles-ci influent surle processus d’évaluation des délinquants, sur l’élaboration et la prestation deprogrammes visant à réduire la récidive sexuelle et sur notre compréhension dela dynamique du comportement sexuel déviant des délinquants appartenant àces deux groupes.

REMERCIEMENTS

Plusieurs personnes ont participé à la création de la base de données de laForensic Behavioral Management Clinic (FBMC) et à la réalisation de ce projetde recherche. Je tiens à remercier Heather Cherewick, Marlow Gal etPaula MacPherson pour leur participation à l’élaboration, à la mise en place et àl’amélioration de la base de données. Je les remercie en outre d’avoir passé enrevue les nombreux dossiers réunis en plus de dix ans ainsi que d’avoir entré etanalysé les données, ce qui représente une tâche énorme.J’aimerais aussi remercier les membres de l’équipe de traitement de la FBMC,qui ont contribué à déterminer les variables à étudier et qui ont vérifié l’exactitudedes données relatives à leurs clients. Je remercie donc Jacqueline Bedard,Shirl Chartrand, Bill Christian, Brenda Ellerby, Arthur Fourstarr, Lori Grant,Patricia Harper, Ervin Hilts, Jaye Miles, Karina O’Brien, Daniel Rothman,Don Smith et Todd Smith.

Je suis en outre reconnaissant à Terry Nicholaichuck et à Deqiang Gu pour leursconseils et leur aide en ce qui touche une partie de l’analyse.Ce projet n’aurait pu être réalisé sans l’encouragement et le soutien de laDirection de la recherche du Service correctionnel du Canada. Je remerciesincèrement Larry Motiuk, Roger Boe et Shelley Trevethan pour leur appui.Lawrence Ellerby

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES TABLEAUX

LISTE DES GRAPHIQUES

INTRODUCTION

Depuis 1987, la Forensic Behavioral Management Clinic (FBMC) de la NativeClan Organization fournit au Manitoba des services d’évaluation et de traitementà des Autochtones et à des non-Autochtones ayant un comportement sexueldélinquant. Son principal rôle étant d’offrir un programme clinique, la FBMC, àl’instar de nombreux organismes offrant des programmes de traitement, nedisposait ni du temps ni des ressources nécessaires pour procéder à des travauxde recherche. Nous savions toutefois que nos dossiers de traitementconstituaient une riche source de données inexploitées qui nous serait utile pourorganiser et évaluer nos services. Nous avons vu dans la création d’une base dedonnées et l’analyse de variables dignes d’intérêt une excellente occasiond’acquérir une meilleure compréhension de la situation et de développer uneorientation afin d’améliorer nos stratégies d’évaluation et de traitement, ainsi qued’apporter notre contribution au fonds de connaissances sur les délinquantssexuels. Le présent rapport de recherche, qui est le fruit de cette entreprise,fournit des renseignements tirés de nos dossiers de traitement fermés pour lapériode allant de 1987 à 1999.

Dans ce rapport, qui porte sur les délinquants sexuels adultes de sexe masculinqui ont suivi un programme de traitement dans la collectivité ou en établissementoffert par la FBMC, nous examinons en particulier les similitudes et lesdifférences entre les Autochtones et les non-Autochtones. Ce faisant, notreintention n’est pas de comparer les délinquants autochtones et non autochtonesjuste pour le plaisir d’établir des comparaisons ou pour conclure qu’un groupe estsupérieur à l’autre. Grâce à cette étude, nous espérons au contraire enapprendre davantage sur le profil des hommes ayant été traités par la FBMC etaméliorer nos méthodes d’évaluation et de traitement afin de mieux traiter nosclients et répondre à leurs besoins. Si nous parvenons à cerner et à comprendreles similitudes et les différences entre les Autochtones et les non-Autochtones,nous serons mieux en mesure d’aider les délinquants qui suivent un traitement àgérer leurs risques et à vivre leur vie de façon saine, équilibrée et prosociale.

DESCRIPTION DU QUESTIONNAIRE SUR LES DÉLINQUANTS SEXUELS

Le questionnaire d’enquête de la FBMC, rempli pour chaque délinquant qui reçoitun traitement, renferme actuellement 235 énoncés (qui sont reproduits àl’Annexe A). Pour déterminer les variables auxquelles ont trait ces énoncés, nousavons passé en revue les questionnaires d’enquête d’autres programmes detraitement ainsi que des travaux de recherche sur les délinquants sexuels, etconsulté les membres de l’équipe de traitement, formée de psychologues, detravailleurs sociaux, d’un technicien d’évaluation phallométrique, de conseillersou guérisseurs spirituels autochtones (Aînés et chefs spirituels, gardiens ducalumet, thérapeutes autochtones) et d’agents de liaison avec la collectivité. Lequestionnaire porte sur divers sujets, dont les suivants :

  • information sur le renvoi
  • données démographiques sur le délinquant
  • antécédents en matière d’infractions sexuelles (mineurs ou adultes, infractions signalées ou non)
  • mémoire
  • responsabilisation, information sur le cycle des infractions
  • distorsions cognitives
  • planification des infractions / préparation des victimes
  • formes déviantes d’excitation sexuelle et intérêts sexuels déviants
  • profil des victimes
  • famille d’origine et expériences du délinquant pendant l’enfance
  • antécédents criminels
  • information sur le traitement
  • résultat du traitement et récidive

En outre, une section se rapporte expressément aux caractéristiques desdélinquants autochtones. Elle porte notamment sur les sujets suivants :

  • appartenance ethnique
  • langue maternelle
  • collectivités d’origine
  • séjour dans un pensionnat et incidence
  • expérience avec la culture autochtone pendant l’enfance
  • participation à des programmes de traitement destinés aux Autochtones

Pour recueillir les données, nous avons passé en revue les dossiers detraitement fermés, y compris différents rapports (tels que les rapports du Servicecorrectionnel du Canada, les rapports des services correctionnels provinciaux,les rapports de police et les rapports remplis par la FBMC), les notes serapportant au traitement suivi et les résultats de tests psychométriques (parexemple, instruments autoévaluation, d’évaluation des risques, d’évaluationphallométrique). En outre, le thérapeute principal du délinquant a vérifiél’exactitude de l’information fournie sur les fiches de données remplies. De plus,bien qu’il ne s’agisse pas d’un procédé méthodologique idéal, les thérapeutesont été invités à coter chacun des délinquants dont ils s’étaient occupés enfonction d’un certain nombre de changements observés après le traitement.Nous voulions ainsi recueillir de l’information préliminaire relative auxchangements et aux résultats du traitement. À l’avenir, nous établirons unprotocole de collecte des données plus valable sur le plan méthodologique.

RÉSULTATS

Caractéristiques des délinquants sexuels

La base de données comportait 303 dossiers fermés se rapportant à desdélinquants sexuels adultes de sexe masculin ayant été dirigés vers la FBMCpour recevoir un traitement en établissement ou dans la collectivité. La majoritéde ces délinquants ont été dirigés par les établissements et bureaux de libérationconditionnelle du Service correctionnel du Canada (82 %). Les autres (18 %) ontété dirigés notamment par le ministère de la Justice du Manitoba – Services deprobation, les Winnipeg Child and Family Services et les ministères provinciauxde la Santé mentale et des Services à la famille. Sur l’ensemble de l’échantillon,40 % des délinquants (n = 121) étaient autochtones et 60 % (n = 182) étaientnon autochtones.

Antécédents développementaux et sociaux des délinquants sexuels

Afin de mieux comprendre les antécédents des hommes ayant participé à notreprogramme, nous nous sommes intéressés à leur famille d’origine et à ce qu’ilsont vécu sur le plan développemental et social au cours de leur petite enfance.Nous considérons qu’il s’agit d’expériences importantes parce qu’ellesdéterminent l’existence d’une personne et ont probablement contribué à lamésadaptation et au déséquilibre que manifestent les hommes participant ànotre programme. Nous avons abordé des aspects tels que les dispensateurs desoins, la séparation et la perte, l’exposition à des styles d’adaptationdysfonctionnels et à des comportements inappropriés de la part d’adultes qui enavaient la garde (criminalité, toxicomanie, violence physique ou sexuelle, limitessexuelles inappropriées). Nous nous sommes également intéressés à ce que lesdélinquants ont vécu eux-mêmes en tant que victimes. Enfin, nous nous sommespenchés sur des aspects susceptibles de refléter l’incidence de ces expériencessur les délinquants. À cet égard, nous avons examiné les actes autodestructeurs,la toxicomanie et les antécédents scolaires et professionnels.

Tableau 1. Principal dispensateur de soins pendant l’enfanc
Délinquants Mère et père Mère Père Membre de la famille élargie Personne autre qu’un membre de la famille
n % n % n % n % n %
Autochtones 63 52,1 25 20,1 2 1,7 20 16,5 11 9,1
Non-Autochtones 121 68,4 29 16,4 1 0,6 13 7,3 13 7,3
Total 184 61,7 54 18,1 3 1,0 33 11,1 24 0,8

Lorsqu’on examine qui étaient les principaux dispensateurs de soins, il estintéressant de constater que la majorité des délinquants (62 %) ont été élevéspar leurs père et mère. Si on compare les Autochtones et les non-Autochtones,les analyses du khi carré montrent une différence significative entre ces deuxgroupes en ce qui touche le principal dispensateur de soins pendant l’enfance(X2 = 15,477, p < 0,05). Une plus grande proportion d’Autochtones que de non-Autochtones ont eu un membre de leur famille élargie comme principaldispensateur de soins pendant l’enfance (17 % contre 7 %), alors qu’un nombreproportionnellement plus élevé de non-Autochtones ont eu leurs père et mèrecomme principal dispensateur de soins (68 % contre 52 %).

Tableau 2. Nombre total moyen des principaux dispensateurs de soins
Délinquants Moyenne
Autochtones 3,9
Non-Autochtones 3,5
Total 3,7

Nous nous sommes intéressés au nombre de dispensateurs de soins déclaréspar les délinquants afin de déterminer combien d’entre eux ont été élevés pardes personnes autres que leurs parents biologiques, ou placés en familled’accueil, en foyer collectif, etc. Dans l’ensemble, le nombre total moyen dedispensateurs de soins se chiffre à 3,7 pour tous les délinquants. Les tests t nerévèlent aucune différence significative entre les Autochtones et les non-Autochtones (t(286) = 0,871, ns), ce qui laisse supposer que même si denombreux délinquants ont déclaré avoir été élevés par leurs parents, ils semblentavoir eu d’autres dispensateurs de soins à certains moments au cours de leursannées d’apprentissage.

Tableau 3. Absence des parents
Délinquants Séparation/Abandon Divorce des parents
Oui Oui
n % n %
Autochtones 82 68,9 56 49,6
Non-Autochtones 92 52,0 65 37,6
Total 174 58,8 111 40,9

On observe qu’un fort pourcentage de délinquants ont déclaré avoir été séparésd’un de leurs parents ou abandonnés par lui (59 %), ce qui va peut-être de pairavec la constatation précédente. Un certain nombre d’entre eux, dans unpourcentage moindre mais tout de même élevé (41 %), ont aussi déclaré avoirvécu le divorce de leurs parents. Bien que les taux soient élevés pour les deuxgroupes, les Autochtones sont beaucoup plus susceptibles que les non-Autochtones d’avoir été séparés de leurs parents ou abandonnés par eux (69 %contre 52 %; X2 = 8,418, p < 0,05). Ils sont aussi plus nombreux à avoir vécu ledivorce de leurs parents (50 % contre 38 %; X2 = 4,023, p < 0,05). Il s’agit d’uneconstatation très importante, car il arrive souvent que les délinquants qui suiventun traitement affirment avoir développé des sentiments de colère et deressentiment, une attitude insensible et des stratégies d’adaptation consistant àse montrer sur la défensive, à ne pas faire confiance et à passer à l’acte parcequ’ils ont été abandonnés et qu’ils ont manqué d’affection dans leur enfance.

Tableau 4. Criminalité au sein de la famille
Délinquants Criminalité au sein de la famille
n %
AAutochtones 57 48,3
Non-Autochtones 41 23,4
Total 98 33,4

En ce qui touche la criminalité au sein de la famille, les Autochtones et les non-Autochtones affichent une différence importante. En effet, une plus grandeproportion d’Autochtones (48 % contre 23 %) ont déclaré que des membres deleur famille avaient commis des actes criminels (X2 = 19,583, p < 0,001).

Tableau 5. Décès tragiques au sein de la famille
Délinquants Suicide au sein de la famille Homicide au sein de la famille
n % n %
Autochtones 19 16.7 15 12,9
Non-Autochtones 10 5,7 6 3,4
Total 29 10,0 21 7,2

Bien que le pourcentage de délinquants ayant subi la perte tragique d’unmembre de leur famille en raison d’un suicide (10 %) ou d’un meurtre (7 %) soitfaible, il convient de noter la différence significative observable entre lesAutochtones et les non-Autochtones. Les Autochtones ont plus souvent perdu unmembre de leur famille en raison d’un suicide (17 % contre 6 %; X2 = 9,276,p < 0,005) ou d’un meurtre (13 % contre 3 %; X2 = 9,498, p < 0,005) que les non-Autochtones.

Tableau 6. Observation ou connaissance de comportements abusifs de la part des parents au sein de la famille
Délinquants Violence physique Violence sexuelle Limites sexuelles inappropriées Abus d’alcool, de drogue ou de solvant
n % n % n % n %
Autochtones 66 56,9 22 19,0 49 42,2 96 81,4
Non-Autochtones 73 41,7 24 13,7 49 28,2 99 56,6
Total 139 47,8 26 16,8 98 33,8 195 66,6

Afin d’étudier les conséquences de traumatismes vécus pendant l’enfance, nousavons voulu savoir si les délinquants traités avaient observé leurs parentsadopter des comportements abusifs ou s’ils savaient que leurs parents avaientde tels comportements. Il peut s’agir de comportements destructeurs (parexemple, l’abus de substances intoxicantes) ou d’autres formes de passages àl’acte de la part des parents entre eux (comme la violence conjugale) ou contred’autres personnes (telles que les frères et sœurs du délinquant). Lepourcentage de délinquants ayant vécu une telle situation est élevé en général,mais il l’est encore plus dans le cas des Autochtones. Par rapport aux non-Autochtones, une plus grande proportion d’Autochtones ont été témoins deviolence physique entre leurs parents lorsqu’ils étaient enfants, ou savaientqu’une telle violence existait (57 % contre 42 %; X2 = 6,445, p < 0,05). Ils ontaussi été plus nombreux à déclarer que les limites sexuelles au sein de la familleétaient inappropriées (42 % contre 28 %; X2 = 6,168, p < 0,05). Aucunedifférence significative n’est observable entre les deux groupes en ce qui touchela violence sexuelle exercée par un parent contre un autre membre de la famille(X2 = 1,445, ns). Le pourcentage de délinquants qui savaient que leurs parentsconsommaient des substances intoxicantes est élevé en général (67 %), mais onobserve une différence significative entre les deux groupes (X2 = 19,449,p < 0,001); en effet, par rapport aux non-Autochtones, les Autochtones affichentun pourcentage plus élevé à cet égard (81 % contre 57 %).

Tableau 7. Mauvais traitements subis pendant l’enfance
Délinquants Violence physique Violence sexuelle Violence psychologique Négligence
n % n % n % n %
Autochtones 80 69,0 77 65,3 80 68,4 60 51,3
Non-Autochtones 109 61,9 92 51.7 107 60,5 33 18,6
Total 189 64,7 169 57,1 187 63.6 93 31.6

Dans l’ensemble, un fort pourcentage de délinquants ayant participé à notreprogramme ont déclaré avoir subi des mauvais traitements lorsqu’ils étaientenfants, que ce soit de la violence physique (65 %), de la violence sexuelle(57 %), de la violence psychologique (64 %) ou de la négligence (32 %). Aucunedifférence significative n’est observable entre les Autochtones et les non-Autochtones en ce qui touche la violence physique (X2 = 1,515, ns) oupsychologique (X2 = 1,911, ns). Toutefois, un pourcentage plus élevéd’Autochtones ont déclaré avoir été victimes de négligence (51 % contre 19 %;X2 = 34,696, p < 0,0001) et de violence sexuelle (65 % contre 52 %; X2 = 5,333,p < 0,05). Comme on peut le constater, la proportion de délinquants ayant étévictimes de violence sexuelle est élevée tant chez les Autochtones que chez lesnon-Autochtones. Lorsque nous avons examiné plus en détail les expériences deviolence sexuelle vécues pendant l’enfance, nous n’avons relevé aucunedifférence significative entre les groupes en ce qui touche l’âge au moment de lapremière agression sexuelle (t(147) = -0,579, ns). Une différence significative(t(150) = 2,173, p < 0,05) est toutefois observable entre les Autochtones et lesnon-Autochtones pour ce qui est du nombre moyen d’agresseurs sexuels, qui sechiffre à 2,91 dans le cas des Autochtones et à 2,13 dans le cas des non-Autochtones.

Tableau 8. Lien entre l’agresseur sexuel et le délinquant
Délinquants Membre de la famille immédiate Membre de la famille élargie Membre de la famille sans lien biologique Divers membres de la famille
n % n % n % n %
Autochtones 9 15,8 23 40,4 6 10,5 9 15,8
Non-Aboriginal 25 32,1 15 19,2 8 10,3 10 12,8
Total 34 25,2 38 28,1 14 10,4 19 14,1

Lorsque nous avons examiné le lien entre l’agresseur sexuel et le délinquant,nous avons tenu compte des liens familiaux et non familiaux. Les analyses du khicarré révèlent des différences significatives entre les deux groupes dedélinquants en ce qui touche le lien familial entre l’agresseur sexuel et ledélinquant (X2 = 9,857, p < 0,05); toutefois, aucune différence significative n’estobservable entre les groupes dans les cas où l’agresseur sexuel est un inconnuou un ami, ou encore un ami de la famille. Il semble que les Autochtones soientproportionnellement plus nombreux à avoir été agressés par un membre de leurfamille élargie (40 % contre 19 %), alors qu’une plus grande proportion de non-Autochtones ont été agressés par un membre de leur famille immédiate (32 %contre 16 %). Cette constatation peut être reliée à l’identité des principauxdispensateurs de soins du délinquant (se reporter au Tableau 1).

Tableau 9. Actes autodestructeurs
Délinquants Automutilation Tentative de suicide Idées suicidaires sans tentative
n % n % n %
Autochtones 6 5,0 23 19,0 34 28,1
Non-Autochtones 10 5,5 42 23,3 37 20,6
Total 16 5,3 65 21,6 71 23,6

En examinant les mécanismes autodestructeurs utilisés dans le but de faire faceà la douleur, nous avons noté avec intérêt que près du quart des délinquants(24 %) ont déclaré avoir déjà eu des idées suicidaires et qu’un certain nombred’entre eux (22 %) ont tenté de se suicider. Seulement un faible pourcentage dedélinquants (5 %) ont déclaré s’être automutilés (taillades sans but suicidaire,brûlures, etc.). Les analyses du khi carré ne montrent aucune différencesignificative entre les groupes de délinquants en ce qui touche l’automutilation(X2 = 0,713, ns (p = 0,713)), les tentatives de suicide ou les idées suicidairessans tentative (X2 = 2,361, ns (p = 0,307)).

Tableau 10. Abus de substances intoxicantes par le délinquant
Délinquants Alcool Drogue Solvant
n % n % n %
Autochtones 115 95,0 80 66,1 31 25,6
Non-Autochtones 111 61,3 77 42,5 8 4,4
Total 226 74,8 157 52,0 39 12,9

Il semble que de nombreux délinquants aient tenté de faire front en consommantdes substances intoxicantes, particulièrement l’alcool (75 %) et la drogue (52 %).Les analyses du khi carré montrent des différences significatives entre les deuxgroupes de délinquants en ce qui touche la consommation d’alcool, de drogue etde solvant respectivement (X2 = 43,773, X2 = 16,147 et X2 = 28,98, p < 0,0001dans les trois cas). Par rapport aux non-Autochtones, les Autochtones affichentun pourcentage plus élevé relativement à l’abus d’alcool (95 % contre 61 %), dedrogue (66 % contre 43 %) et de solvant (26 % contre 4 %).

Tableau 11. Niveau d’instruction du délinquant
Délinquants Moins d’une 8e année De la 8e à la 11e année Diplôme d’études secondaires GED École de métiers Université ou collège
n % n % n % n % n % n %
Autochtones 45 37,2 66 54,5 5 4,1 1 0,8 3 2,5 1 0,8
Non-Autochtones 24 13,3 93 51,7 31 17,2 5 2,8 11 6,1 16 8,9
Total 69 22,9 159 52,8 36 12,0 6 2 14 4,6 17 5,6

Le niveau d’instruction est un élément important à examiner, car une instructionlimitée peut être attribuable à des expériences difficiles vécues pendant l’enfancequi peuvent faire en sorte que la personne n’a pas accès à l’instruction ou n’estpas en mesure de rester au sein du système scolaire. En outre, un faible niveaud’instruction peut se traduire ultérieurement par des problèmes d’adaptationpersonnelle et avoir une incidence notamment sur l’estime de soi, la vieprofessionnelle et la stabilité financière. Dans l’ensemble, les délinquants ayantparticipé à notre programme avaient un faible niveau d’instruction; peu d’entreeux avaient terminé leurs études secondaires (12 %), ou avaient fréquenté uneécole de métiers (5 %) ou une université (6 %). Un pourcentage élevé d’entreeux (23 %) ont déclaré avoir moins d’une 8e année. Les analyses du khi carrérévèlent une différence significative entre les groupes de délinquants en ce quitouche le niveau d’instruction (X2 = 40,207, p < 0,0001). Notamment, lesAutochtones semblent avoir un niveau d’instruction moins élevé; ils sont plusnombreux à avoir moins d’une 8e année (37 % contre 13 %) et moins nombreuxà avoir terminé leurs études secondaires (4 % contre 17 %). De plus, lesAutochtones sont proportionnellement moins nombreux à avoir fréquenté uneécole de métiers (3 % contre 6 %) ou une université (1 % contre 9 %). Unedifférence significative est également observable entre les groupes dedélinquants au chapitre de l’inadaptation scolaire; 49 % des Autochtones ontdéclaré avoir eu des problèmes de cet ordre, contre 28 % des non-Autochtones(X2 = 13,522, p < 0,0001).

Tableau 12. Antécédents professionnels du délinquant
Délinquants Aucun antécédent Emplois sporadiques Emplois stables Total
n % n % n % n %
Autochtones 31 25,6 67 55,4 23 19,0 121 100
Non-Autochtones 12 6,7 92 51,1 76 42,2 180 100
Total 43 14,3 159 52,8 99 32,9 301 100

Les antécédents professionnels sont également considérés comme un indicateurimportant d’éléments tels que le mieux-être, les perspectives d’avenir, l’estime desoi, la stabilité émotionnelle et la sécurité financière. Dans l’ensemble, lesantécédents professionnels des hommes ayant participé au programme sontplutôt limités, seulement 33 % d’entre eux ayant déclaré avoir occupé desemplois stables. Les analyses du khi carré montrent une différence significativeentre les groupes de délinquants en ce qui touche les antécédentsprofessionnels (X2 = 30,526, p < 0,0001). Les Autochtones semblent plusdésavantagés sur ce point et sont plus susceptibles de n’avoir aucun antécédentprofessionnel (26 % contre 7 %), alors que les non-Autochtones semblentafficher une plus grande stabilité d’emploi (42 % contre 19 %). Cela étant dit, ilreste qu’un pourcentage élevé de non-Autochtones (58 %) n’avaient pas desemplois stables.

Tableau 13. Statut professionnel du délinquant au moment où l’infraction à l’origine de la peine a été commise
Délinquants Emploi à temps plein ou à temps partiel Chômage Études Retraite/Invalidité Total
n % n % n % n % n %
Autochtones 40 33,1 76 62,8 3 2,5 2 1,7 121 100
Non-Autochtones 113 62,8 57 31,7 6 3,3 4 2,2 180 100
Total 153 50,8 133 44,2 9 3,0 6 2 301 100

Nous avons également examiné le statut professionnel des délinquants aumoment où ils ont commis l’infraction à l’origine de la peine. Cet examen ne nousen apprend pas beaucoup sur le lien entre l’emploi et la délinquance, puisqueenviron la moitié (51 %) d’entre eux avaient un emploi et qu’un peu moins de lamoitié d’entre eux (44 %) étaient en chômage. Les analyses du khi carré révèlentune différence significative entre les groupes de délinquants en ce qui touche lestatut professionnel au moment où l’infraction a été commise (X2 = 28,751,p < 0,0001); en effet, les Autochtones étaient plus susceptibles d’être enchômage que les non-Autochtones (63 % contre 32 %), ce qui concorde avec laconstatation faite ci-dessus concernant les antécédents professionnels.

Caractéristiques propres aux Autochtones

Lorsque nous avons établi le profil de nos clients, nous avons voulu enapprendre davantage sur certaines caractéristiques des Autochtones ayantparticipé à notre programme. Nous nous sommes intéressés à descaractéristiques telles que l’appartenance ethnique, la langue, les collectivitésd’attache ainsi que le séjour dans un pensionnat et les expériences vécues danscet environnement. Nous nous sommes également penchés sur les contacts queles délinquants ont eus avec la culture autochtone traditionnelle (enseignements,cérémonies, etc.) pendant leur enfance ainsi que sur la pertinence etl’importance d’offrir un programme adapté à la réalité culturelle.

Tableau 14. Appartenance ethnique des délinquants sexuels traités à la FBMC
Appartenance ethnique n %
ndiens de l’Amérique du Nord 99 32,7
Métis 21 6,9
Inuits 1 0,3
Non-Autochtones 182 60,1
Total 303 100

La majorité des clients traités à la FBMC au cours de la période à l’étuden’étaient pas autochtones (60 %), alors que les Autochtones représentaient 40 %de la clientèle. Au sein de cette clientèle autochtone, on comptait une majoritéd’Indiens de l’Amérique du Nord (33 %), un petit pourcentage de Métis (7 %) etseulement un Inuit (0,3 %).

Tableau 15. Langue maternelle autochtone
Langue n %
Cri 26 22,8
Ojibway 13 11,4
Seaulteaux 7 6,1
Déné 4 3,5
Inuktitut 1 0,9
Total 63 55,2

La langue est une variable importante dont il faut tenir compte tant pour leprogramme d’évaluation que pour le programme de traitement. Pour être enmesure de répondre à une évaluation et d’y participer, ainsi que de suivre untraitement et d’en retirer des bienfaits, il faut être capable de comprendre lesconcepts abordés et de communiquer les éléments pertinents. La langue n’estpas simplement liée à la compréhension générale, mais elle constitue un aspectimportant en raison des différences dans la syntaxe des langues autochtones parrapport à l’anglais.

La majorité des Autochtones ayant participé à notre programme au cours de lapériode à l’étude ne parlaient que l’anglais (55 %) et n’avaient aucune languematernelle autochtone. Parmi ceux qui avaient une langue maternelleautochtone, la majorité parlaient le cri (23 %), suivi de l’ojibway (11 %) et duseaultaux (6 %). Bien qu’il semble que l’utilisation de l’anglais dans le cadre duprogramme n’ait pas constitué un problème pour de nombreux Autochtones, lefait que 45 % des hommes avaient une langue maternelle autochtone montrequ’il importe d’être plus attentif aux questions linguistiques et de se pencher surces questions.

Tableau 16. Collectivités
Collectivité Réserve Rurale Urbaine Diverses Total
n % n % n % n % n %
D’origine 73 61,3 22 18,5 24 20,2 - - 121 100
De résidence au moment où l’infraction a été commise 48 39,7 14 11,6 59 48,8 - - 121 100
Où l’infraction a été commise 47 38,8 13 10,7 59 48,8 2 1,7 121 100

L’examen des collectivités d’attache des clients s’est révélé intéressant; il s’agitnotamment de l’endroit où ces hommes ont grandi, où ils résidaient au momentoù l’infraction a été commise et où ils ont commis l’infraction. Pour la majoritédes délinquants autochtones, la collectivité d’origine est une réserve (61 %).Toutefois, la collectivité de résidence au moment où l’infraction a été commiseest le plus souvent une collectivité urbaine (49 %). Les délinquants sont plussusceptibles d’avoir commis l’infraction dans la collectivité où ils résidaient plutôtque dans une autre collectivité. À cet égard, 39 % des clients ont commisl’infraction dans une réserve, où 40 % d’entre eux résident; 11 % ont commisl’infraction dans une collectivité rurale, où 12 % d’entre eux résident et 49 % l’ontcommise dans une collectivité urbaine, où vivent 49 % d’entre eux.

Tableau 17. Expériences vécues au pensionnat
Violence sexuelle Violence physique Violence psychologique
n % n % n %
4 36,4 10 90,9 9 81,8

Très peu d’Autochtones ayant participé à notre programme ont séjourné dans unpensionnat (9 %, n = 11), probablement parce que la majorité d’entre eux étaienttrop jeunes pour avoir vécu dans un tel établissement. La majorité des hommesayant séjourné dans un pensionnat ont été victimes de violence physique (91 %)ou psychologique (82 %), alors que plus du tiers d’entre eux (36 %) ont subi desviolences sexuelles.

Tableau 18. Éducation traditionnelle
Éducation traditionnelle Éducation non traditionnelle
n % n %
19 15,5 102 84,5

Il est intéressant de voir si les clients ont reçu ou non une éducationtraditionnelle, car cela peut être révélateur de l’incidence de la colonisation, dudegré d’acculturation et de la nécessité d’offrir aux Autochtones des programmesadaptés à leur culture ainsi que le rôle de ces programmes. Parmi les121 Autochtones inclus dans notre échantillon, un petit pourcentage (16 %) ontété élevés dans le contexte des cérémonies et des enseignements culturels etspirituels autochtones, contrairement à la majorité d’entre eux (84 %). Cetteconstatation peut donc laisser supposer que les Autochtones ne seront peut-êtrepas tous à l’aise avec un programme adapté à la culture ou qu’ils n’en verrontpas tous la pertinence. Elle peut aussi souligner l’utilité des programmes de cegenre pour donner aux délinquants la possibilité de s’initier à des modes de vietraditionnels importants qui étaient perdus pour eux pour diverses raisons et quipeuvent leur être utiles pour définir leur identité.

Antécédents criminels

Afin d’examiner les antécédents des délinquants et les divers styles d’adaptationdestructifs, nous nous sommes intéressés au comportement criminel. Nousvoulions plus particulièrement examiner les infractions avec violence et lesinfractions sexuelles qu’ils ont commises aussi bien lorsqu’ils étaient mineursqu’à l’âge adulte. Pour ce faire, nous avons tenu compte des condamnationsenregistrées dans le casier judiciaire du délinquant ainsi que des infractions qu’ila dit avoir commises mais n’ayant entraîné aucune mise en accusation nicondamnation.

Condamnations avant l’âge adulte

Parmi les 303 délinquants, 25 % (n = 77) avaient été condamnés avantd’atteindre l’âge adulte. Parmi eux, 8 % (n = 23) avaient été condamnés pour desinfractions avec violence et 6 % (n = 18) pour des infractions sexuelles.

Tableau 19. Condamnations avant l’âge adulte
Délinquants Nbre total moyen de condamnations Nbre moyen de condamnations pour des infractions avec violence Nbre moyen de condamnations pour des infractions sexuelles
n n n
Autochtones 4,2857 1,6667 1,1667
Non-Autochtones 3,2286 1,2500 1,0833

Aucune différence n’est observable entre les Autochtones et les non-Autochtones en ce qui touche leurs antécédents criminels avant l’âge adulte. Lesanalyses du chi carré ne montrent aucune différence significative entre lesgroupes de délinquants en ce qui touche le nombre total de condamnations(X2 = 11,076, ns), de condamnations pour des infractions avec violence(X2 = 1,477, ns) ou de condamnations pour des infractions sexuelles (X2 = 0,281,ns) avant l’âge adulte. Des tests t sur un échantillon indépendant ne révèlentaucune différence significative entre les groupes de délinquants quant aunombre moyen de condamnations pour des infractions sexuelles (t(16) = 0,504,ns), au nombre moyen de condamnations pour des infractions avec violence(t(21) = 0,480, ns) ou au nombre total moyen de condamnations (t(75) = 1,016,ns) avant l’âge adulte.

Tableau 20. Fréquence des infractions n’ayant entraîné aucune condamnation que les délinquants ont avoué avoir commises avant l’âge adulte
Fréquence Autochtones Non-Autochtones
Infractions sexuelles Infractions avec Fréquence violence Infractions sexuelles Infractions avec Fréquence violence
n % n % n % n %
0 85 71,4 38 31,9 121 67,2 110 61,5
1-2 18 15,1 17 14,3 26 14,4 16 8,9
3-5 7 5,9 24 20,2 20 11,1 29 16,2
6-9 2 1,7 0 0,0 2 1,1 3 1,7
10+ 6 5,0 40 33,6 9 5,0 21 11,7

La seule différence observable entre les Autochtones et les non-Autochtones ence qui touche les infractions qu’ils ont avoué avoir commises avant l’âge adulteest que les Autochtones ont avoué avoir commis un plus grand nombred’infractions avec violence pour lesquelles ils n’ont jamais été condamnés(X2 = 33,734, p < 0,001). Alors que 62 % des non-Autochtones ont indiquén’avoir jamais commis une infraction avec violence pour laquelle ils n’ont pas étéaccusés, seulement 32 % des Autochtones ont fait une déclaration similaire.Aucune différence significative n’est observable entre les groupes de délinquantsen ce qui touche les infractions sexuelles qu’ils ont avoué avoir commises avantl’âge adulte (X2 = 2,602, ns). Des tests t sur un échantillon indépendant nerévèlent aucune différence significative entre les groupes de délinquants quantau nombre moyen d’infractions avec violence (t(148) = 1,808, ns) ou d’infractionssexuelles (t(88) = -0,066, ns).

Condamnations à l’âge adulte
Tableau 21. Condamnations à l’âge adultet
Délinquantsr Nbre total moyen de condamnations Nbre moyen de condamnations pour des infractions avec violence Nbre moyen de condamnations pour des infractions sexuelles
n n n
Autochtones 9,1858 3,0278 2,0982
Non-Autochtones 7,8373 2,6885 2,6524

Comme dans le cas des antécédents criminels avant l’âge adulte, aucunedifférence n’est observable entre les Autochtones et les non-Autochtones quantau nombre total de condamnations (X2 = 39,119, ns), de condamnations pourdes infractions avec violence (X2 = 12,052, ns) ou de condamnations pour desinfractions sexuelles (X2 = 7,798, ns) à l’âge adulte. Des tests t sur un échantillonindépendant ne révèlent aucune différence significative entre les groupes dedélinquants quant au nombre moyen de condamnations pour des infractionssexuelles (t(274) = -1,874, ns), au nombre moyen de condamnations pour desinfractions avec violence (t(131) = 0,734, ns) ou au nombre total moyen decondamnations (t(277) = 1,165, ns) à l’âge adulte.

Tableau 22. Fréquence des infractions n’ayant entraîné aucune condamnation que les délinquants ont avoué avoir commises à l’âge adulte
Fréquence Autochtones Non-Autochtones
Infractions sexuelles Infractions avec Fréquence violence Infractions sexuelles Infractions avec Fréquence violence
n % n % n % n %
0 81 68,6 28 23,7 98 54,1 77 42,5
1-2 20 16,9 10 8,5 34 18,8 19 10,5
3-5 9 7,6 16 13,6 18 9,9 31 17,1
6-9 1 0,8 5 4,2 4 2,2 9 5,0
10+ 6 5,1 59 50,0 26 14,4 45 24,9

En ce qui concerne les infractions que les clients ont avoué avoir commises àl’âge adulte, les Autochtones affichent une plus grande fréquence que les non-Autochtones quant aux infractions avec violence dont ils n’ont jamais étéaccusés (X2 = 21,139, p < 0,0001). En revanche, les non-Autochtones ontdéclaré avoir commis plus d’infractions sexuelles dont ils n’ont pas été accusésque les Autochtones (X2 = 9,701, p < 0,05). Des tests t sur un échantillonindépendant révèlent des différences significatives entre les groupes dedélinquants quant aux infractions avec violence avouées (t(297) = 4,533,p < 0,0001), les Autochtones en ayant déclaré un plus grand nombre. Unedifférence significative est également observable entre les groupes en ce quitouche les infractions sexuelles avouées (t(295) = -3,332, p < 0,05), leur nombreétant moins élevé dans le cas des Autochtones. Par exemple, une moins grandeproportion de non-Autochtones ont déclaré n’avoir commis aucune infractionsexuelle pour laquelle ils n’avaient pas été mis en accusation ou condamnés(54 % contre 69 %). De plus, une plus grande proportion de non-Autochtones ontindiqué avoir commis au moins 10 infractions sexuelles dont ils n’avaient jamaisété accusés (14 % contre 5 %).

Tableau 23. Appartenance à un gang
Délinquants Oui Non Appartenance présumée Total
n % n % n % n %
Autochtones 10 8,3 108 89,3 3 2,5 121 100
Non-Autochtones 7 3,8 175 96,2 0 0,0 182 100
Total 17 5.6 283 93.4 3 0.9 303 100

Malgré le peu d’information dont nous disposions sur l’appartenance à un gang,nous avons examiné cette variable étant donné l’attention accrue qui estaccordée aux problèmes associés aux gangs. Il est important de déterminerl’appartenance à un gang dans le cas des délinquants sexuels, car les membresd’un gang qui ont commis une infraction sexuelle font face à un dangereux

dilemme. Ces individus risquent des représailles de la part des membres de leurgang (tant en milieu carcéral que dans la collectivité) étant donné l’aversion quela sous-culture criminelle entretient à l’égard des délinquants sexuels. Lesanalyses du khi carré révèlent une différence significative entre les groupes dedélinquants en ce qui touche l’appartenance à un gang (X2 = 7,411, p < 0,05).Bien que les chiffres soient peu élevés, il semble qu’un plus grand nombre dedélinquants autochtones appartiennent à un gang comparativement auxdélinquants sexuels non autochtones (8 % contre 4 %).

Tableau 24. Nature du comportement sexuel déviant
Offender Incest Child Molester Pedophile Rapist Rapist/Pedophile Hands Off Adult Fondler/Hands On Sexual Murder Total
n % n % n % n % n % n % n % n % n %
Autochtones 26 21,5 9 7,4 17 14,0 57 47,1 10 8,3 1 0,8 1 0,8 0 0,0 121 100
Non-Autochtones 55 30,2 20 11,0 36 19,6 46 25,3 15 8,2 5 2,7 4 2,2 1 0,5 182 100
Total 81 26,7 29 9,6 53 17,5 103 34,0 25 8,3 6 2,0 5 1,7 1 0,3 303 100

Nous avons comparé les deux groupes de délinquants afin de déterminer s’il y ades différences entre les Autochtones et les non-Autochtones quant au typed’infractions sexuelles commises. Les analyses du khi carré révèlent unedifférence significative entre les groupes de délinquants en ce qui touche lanature des infractions (X2 = 17,434, p < 0,05). Les Autochtones semblent plussusceptibles de commettre des viols (47 %) que toute autre infraction sexuelle,alors que les non-Autochtones semblent avoir plus tendance à commettrel’inceste (30 %). De plus, les non-Autochtones semblent avoir plus tendance queles Autochtones à commettre des infractions sexuelles contre des enfants (61 %contre 43 %).

Schémas criminels

Afin d’établir le profil des clients, nous nous sommes intéressés aux schémascriminels ainsi qu’aux similitudes et aux différences observables dans ladynamique des délinquants autochtones et non autochtones. Ce faisant, nousavons porté notre attention sur un certain nombre d’aspects : les caractéristiquesdes victimes (par exemple, le sexe, l’âge, l’appartenance ethnique, le lien avec ledélinquant et la consommation de substances intoxicantes au moment oùl’infraction a été commise), les distorsions cognitives entretenues par ledélinquant pour l’aider à commettre l’infraction (comme la minimisation, larationalisation ou la justification et la projection de la responsabilité), les actes deplanification et de préparation de l’infraction (manipulation afin d’accéder auxvictimes), la coercition et, enfin, les intérêts sexuels déviants ainsi que les formesdéviantes d’excitation sexuelle.

Caractéristiques des victimes

Tableau 25. Sexe des victimes
Délinquants Victimes de sexe masculin Victimes de sexe féminin ictimes des deux sexes Total
n % n % n % n %
Autochtones 3 2,5 109 90,1 9 7,4 121 100,0
Non-Autochtones 8 4,4 133 73,1 41 22,5 182 100,0
Total 11 3,6 242 79,9 50 16,5 303 100,0

Une différence est observable entre les délinquants autochtones et nonautochtones quant au sexe de leurs victimes, les Autochtones étant beaucoupplus susceptibles de choisir des victimes de sexe féminin (X2 = 13,395,p < 0,005). Il est toutefois évident que les deux groupes de délinquants s’enprennent plus souvent à des personnes de sexe féminin (Autochtones 90 %,non-Autochtones 73 %). Une plus grande proportion de non-Autochtones s’ensont pris à la fois à des personnes de sexe féminin et de sexe masculin (23 %contre 7 %).

Tableau 26. Âge des victimes
Délinquants Enfants en bas âge (de la naissance à 5 ans) Enfants prépubères (6 à 9 ans) Enfants pubères (10 à 13 ans) Adolescents (14 à 17 ans) Adultes (18 ans et plus) Personnes âgées (65 ans et plus) Âges multiples
n % n % n % n % n % n % n %
Autochtones 21 17,4 37 30,6 35 28,9 39 32,2 59 48,8 4 3,3 70 57,9
Non-Autochtones 48 26,2 87 45,9 81 44,3 61 33,3 75 41,0 7 3,8 119 65,0
Total 69 22,7 121 39,8 116 38,2 100 32,9 134 44,1 11 3,6 189 62,2

Comme nous l’avons déjà observé, les délinquants non autochtones s’en sontpris plus souvent à des enfants que les délinquants autochtones. Les analysesdu khi carré montrent une différence significative entre les groupes dedélinquants pour ce qui est de l’âge des victimes (X2 = 3,269, p < 0,05,X2 = 7,138, p < 0,005, X2 = 7,260, p < 0,05, pour les enfants en bas âge, lesenfants prépubères et les enfants pubères respectivement). Par rapport auxAutochtones, les non-Autochtones avaient plus souvent choisi leurs victimes ausein de chacun de ces groupes d’âge. Aucune différence significative n’estobservable entre les deux groupes de délinquants en ce qui concerne lesadolescents, les adultes, les personnes âgées ou la catégorie des victimes d’âgedifférent.

Tableau 27. Appartenance ethnique des victimes
Délinquants Raceblanche Origine autochtone Origine diverses
n % n % n %
Autochtones 9 7,8 92 79,3 14 12,1
Non-Autochtones 90 51,1 7 4,0 79 44,9
Total 99 33,9 99 33,9 93 31,8

Les deux groupes de délinquants affichent une différence significative quant àl’appartenance ethnique des victimes choisies (X2 = 182,243, p < 0,0001). Leplus souvent, les délinquants s’en sont pris à des victimes ayant la mêmeappartenance ethnique qu’eux. C’est particulièrement vrai pour les Autochtones :dans 79 % des cas, la victime était autochtone elle aussi. Bien que la majoritédes non-Autochtones soient aussi portés à choisir des victimes non autochtones(dans 51 % des cas), ils étaient beaucoup plus portés que les Autochtones às’en prendre à des victimes d’origines ethniques diverses (49 % contre 12 %).

Tableau 28. Lien familial entre la victime et le délinquant
Délinquants Membre de la famille immédiate Membre de la famille immédiate Membre de la famille sans lien biologique Divers membres de la famille Personne autre qu’un membre de la famille
n % n % n % n % n %
Autochtones 35 40,7 15 17,4 3 3,5 13 15,1 20 23,3
Non-Autochtones 68 50,4 19 14,1 2 1,5 29 21,5 17 12,6
Total 103 46,6 34 15,4 5 2,3 42 19 27 16,7

Qu’ils soient autochtones ou non autochtones, les délinquants s’en sont souventpris à des membres de leur famille (64 %), qu’il s’agisse de membres de lafamille immédiate, de membres de la famille élargie ou de membres de la famillesans lien biologique (par exemple les enfants d’un autre lit). Cependant, dans laplupart des cas (47 %), les victimes étaient des membres de la familleimmédiate. Aucune différence significative n’est observable entre les groupes dedélinquants en ce qui touche le type de lien familial avec les victimes(X2 = 7,065, ns).

Tableau 29. Lien non familial entre la victime et le délinquant
Offender Family Friend(s) Non-Familial Position of Trust & Authority Friend(s)/Acquaintance(s) Stranger(s)
n % n % n % n %
Autochtones 15 12,4 3 2,5 62 51,2 22 18,2
Non-Autochtones 31 16,9 16 8,7 75 41,0 51 27,9
Total 46 15,1 19 6,3 137 45,1 73 24,0

Lorsqu’elles n’étaient pas des membres de la famille, les victimes étaient le plussouvent des amis ou des connaissances (45 %) ou encore des inconnus (24 %).Les analyses du khi carré ne révèlent aucune différence significative entre lesgroupes de délinquants quant à leur lien avec les victimes, sauf pour la catégorie«Personne autre qu’un membre de la famille en situation d’autorité ou deconfiance» (X2 = 4,877, p < 0,05). Cette catégorie comprend les cas où ledélinquant est en situation d’avoir un lien de confiance ou d’autorité vis-à-vis dela victime (par exemple, à titre de médecin, de chef religieux, d’enseignant,d’entraîneur). Les non-Autochtones étaient plus portés que les Autochtones às’en prendre à des victimes vis-à-vis desquelles ils étaient en situation d’autorité.

Tableau 30. Liens multiples avec les victimes
Délinquants Oui Non Total
n % n % n %
Autochtones 60 50,8 58 49,2 118 100,0
Non-Autochtones 114 63,7 65 36,3 179 100,0
Total 174 58,6 123 41,4 297 100,0

Fait intéressant à noter, de nombreux délinquants (59 %) choisissaient desvictimes ayant différents liens avec eux plutôt qu’au sein d’une seule catégorie(par exemple, uniquement des membres de la famille immédiate). Toutefois, parrapport aux Autochtones, les non-Autochtones avaient davantage tendance àchoisir leurs victimes dans plus d’une catégorie (par exemple, un membre de lafamille et un ami de la famille) (X2 = 4,832, p < 0,05, 64 % contre 51 %).

Tableau 31. Consommation de substances intoxicantes par la victime au moment de l’infraction
Délinquants Alcool Drogue Alcool et drogue Aucune substance intoxicante Total
n % n % n % n % n %
Autochtones 46 38,0 1 0,8 11 9,1 63 52,1 121 100,0
Non-Autochtones 25 13,7 1 0,5 15 8,2 141 77,5 182 100,0
Total 71 23,4 2 0,7 26 8,6 204 67,3 303 100,0

Lorsqu’on compare les Autochtones et les non-Autochtones, on remarque unedifférence significative en ce qui touche la consommation de substancesintoxicantes par la victime au moment où l’infraction a été commise (X2 = 25,399,p < 0,0001). Par rapport aux victimes des délinquants non autochtones, lesvictimes des délinquants autochtones avaient plus souvent consommé de l’alcool(38 % contre 14 %). Les victimes des délinquants non autochtones étaient plussusceptibles de n’avoir consommé aucune substance (78 % contre 52 %). Il nefaut aucunement voir dans le fait que les victimes des délinquants autochtonesétaient le plus souvent des femmes autochtones adultes (se reporter auxTableaux 25, 26 et 27) que ces victimes ont une part de responsabilité. Il fautplutôt y voir la conséquence du fait, comme nous le verrons à la section sur laplanification et la préparation, que les délinquants autochtones ont probablementsoit profité de l’état d’intoxication des victimes, soit contribué à les rendre danscet état afin de commettre l’infraction.

Distorsions cognitives

Les distorsions cognitives sont des perceptions ou des croyances fausses queles délinquants sexuels entretiennent afin de minimiser la gravité de leurcomportement déviant et leur degré de culpabilité, de rationaliser et de justifierleur comportement et de rejeter la responsabilité sur autrui, le plus souvent surleurs victimes. Ces distorsions les aident à commettre des infractions sexuelleset à continuer de le faire sachant que leur comportement est déviant et nuisible.Nous avons voulu savoir si les délinquants sexuels autochtones et nonautochtones utilisent ou entretiennent les mêmes types de distorsions. Pour cefaire, nous avons comparé les hommes compris dans l’échantillon par rapport àun certain nombre de distorsions courantes chez les délinquants sexuels. LeTableau 32 présente le pourcentage d’hommes qui entretenaient ces distorsionsavant de commencer leur traitement. Nous avons tenu compte des perceptionsantérieures au traitement, puisque l’un des objectifs du traitement est d’aider leshommes à avouer qu’ils ont des comportements sexuels déviants et à enassumer la responsabilité. Il s’agit notamment de changer ces perceptionsfausses en aidant les hommes à voir la réalité de leurs comportements déviantstelle qu’elle est.

Tableau 32. Fréquences des distorsions cognitives avant le traitement
Distorsion cognitive Autochtones Non-Autochtones
n % n %
La victime était consentante 76 62,8 114 63,0
Offender was providing sex educationLe délinquant faisait l’éducation sexuelle de la victime 8 6,7 34 18,4
Le délinquant blâme la victime 76 62,8 107 58,5
Le délinquant croit que la victime y a pris plaisir 38 31,7 76 41,8
Le délinquant croit que la victime n’a pas été blessée physiquement ni psychologiquement 45 37,5 88 48,4
Le délinquant croit que ce ne serait pas arrivé s’il n’avait pas été sous l’influence de l’alcool ou de la drogue 66 62,3 40 22,0
Le délinquant est la véritable victime 63 52,5 103 56,6

Dans l’ensemble, les Autochtones et les non-Autochtones entretenaient lesmêmes types des distorsions cognitives avant le traitement. Les analyses du khicarré ne révèlent aucune différence significative entre les groupes de délinquantsquant aux perceptions suivantes : la victime était consentante (X2 = 0,001, ns); lavictime y a pris plaisir (X2 = 3,134, ns); c’est la faute de la victime s’il y a eucontact sexuel (X2 = 0,414, ns); la victime n’a pas été blessée (X2 = 3,456, ns).De plus, il n’y a pas de différence entre les deux groupes quant aux distorsionssuivantes : le contact sexuel a été fait dans un contexte d’éducation sexuelle(X2 = 8,719, p < 0,005, la victime étant habituellement un enfant); le délinquantest la véritable «victime» de la divulgation de l’infraction sexuelle (X2 = 0,390,ns). Les Autochtones comme les non-Autochtones ont souvent été portés àindiquer que leur victime était consentante (63 % dans les deux cas), à blâmercelle-ci (Autochtones 63 %, non-Autochtones 59 %) et à se considérer commeles véritables victimes (Autochtones 53 %, non-Autochtones 57 %).Il y a une distorsion pour laquelle une différence significative est observableentre les Autochtones et les non-Autochtones. Une plus forte proportion dedélinquants autochtones croyaient qu’ils n’auraient pas commis d’infraction s’ilsn’avaient pas été sous l’influence de l’alcool ou de la drogue (X2 = 34,618,p = 0,000, 62 % contre 22 %). Cette différence est compréhensible étant donnéque l’alcool constitue plus souvent un facteur important associé aux infractionscommises par les délinquants autochtones (se reporter au Tableau 33).

Planification et préparation de l’infraction

Les infractions sexuelles sont rarement commises sans préméditation niplanification, même si les délinquants affirment souvent que «c’est arrivé commeça». La planification peut être faite de façon très méticuleuse et réfléchie, ou ellepeut être plus spontanée et opportuniste. Dans un cas comme dans l’autre, il y aquand même une certaine forme de réflexion ou de planification. Dans certainscas, cette planification est appelée «préparation». Il s’agit d’un processusgraduel, généralement utilisé pour s’approcher des enfants, dans le cadre duquel

le délinquant adopte différents comportements visant à établir des liens deconfiance avec la victime, à la mettre à l’aise et à éliminer des barrières. Enétablissant le profil de notre clientèle, nous avons voulu cerner les similitudes etles différences observables dans la façon dont les Autochtones et les non-Autochtones manœuvrent pour s’approcher des victimes et commettre leursinfractions.

Tableau 33. Manœuvres visant à faciliter la perpétration de l’infraction
Délinquants Alcool ou drogues Cadeaux Présentation de matériel pornographique Ruse ou manipulation (victime) Ruse ou manipulation (autres personnes)
n % n % n % n % n %
Autochtones 39 32,5 30 25,0 6 5,0 111 92,5 89 74,2
Non-Autochtones 31 17,0 77 42,3 27 14,8 178 97,8 151 82,5
Total 70 23,2 107 35,4 33 10,9 289 95,7 240 79,2

Il existe des différences intéressantes dans la façon dont les Autochtones et lesnon-Autochtones s’y sont pris pour s’approcher de leurs victimes. Bien qu’il soitprobable que ces méthodes d’approche soient en grande partie fonction de lavictime choisie, elles peuvent aussi mettre en lumière des différences quant auxschémas criminels et aux facteurs liés à la motivation et aux précurseurs del’infraction.

Par rapport aux non-Autochtones, les Autochtones ont beaucoup plus souventdonné de l’alcool ou de la drogue à leur victime au moment de l’infraction afin depouvoir l’approcher ou la rendre docile (X2 = 9,716, p < 0,005, 33 % contre17 %), ce qui est conforme à la constatation faite plus tôt, selon laquelle lesvictimes de délinquants autochtones avaient plus souvent consommé dessubstances intoxicantes au moment où l’infraction a été commise (se reporter auTableau 31).

En revanche, les délinquants non autochtones étaient plus susceptiblesd’adopter des comportements préparatoires, ce qui va dans le même sens que laconstatation selon laquelle ils s’en prennent plus souvent à des enfants que lesdélinquants autochtones (se reporter aux Tableaux 24 et 26). Par rapport auxAutochtones, les non-Autochtones étaient beaucoup plus portés à donner descadeaux afin d’établir un lien de confiance et de se rapprocher de leur victime(X2 = 9,469, p < 0,005, 42 % contre 25 %). Ils étaient en outre plus susceptiblesque les Autochtones de présenter du matériel pornographique à leur victime afinde supprimer les barrières, de sexualiser le contact et d’illustrer les actes sexuelsqu’ils voulaient poser (X2 = 7,187, p < 0,05, 15 % contre 5 %). Bien que lamajorité des délinquants aient reconnu après le traitement avoir eu recours à laruse ou à la manipulation à l’égard de la victime (Autochtones 93 %, non-Autochtones 98 %), l’analyse du khi carré montre une différence significativeentre les groupes de délinquants, les non-Autochtones étant proportionnellementplus nombreux à avoir adopté de tels comportements (X2 = 4,935, p < 0,05).

Coercition

Bien que toute forme d’agression sexuelle comporte toujours un élément decoercition, nous nous sommes intéressés plus précisément au recours à desmenaces et à la violence physique à l’endroit de la victime. Nous voulions ainsimieux comprendre comment les délinquants peuvent parvenir à leurs fins enrecourant à l’intimidation et voir comment la colère et l’agressivité peuvent semanifester au cours d’une agression sexuelle. En ce qui touche la coercition,nous voulions examiner les similitudes et les différences entre les Autochtones etles non-Autochtones quant au recours aux menaces et à la violence, ainsi qu’à lafaçon dont le type d’infraction peut être relié à l’utilisation de menaces, de laforce et de la violence.

Tableau 34. Recours aux menaces et à la violence à l’égard des victimes selon l’appartenance ethnique
Délinquants Menaces verbales Agression physique Menaces avec une arme
n % n % n %
Autochtones 92 76,0 65 53,7 21 17,4
Non-Autochtones 131 72,0 70 38,5 38 20,9
Total 223 73,6 135 44,6 59 19,5

La majorité des délinquants (74 %) ont reconnu avoir menacé verbalement leursvictimes au cours de l’agression sexuelle. Aucune différence significative n’estobservable entre les groupes de délinquants quant aux menaces verbales(X2 = 0,615, ns), les deux groupes ayant souvent menacé leurs victimes(Autochtones 76 %, non-Autochtones 72 %). L’utilisation d’une arme pour menacerla victime est moins fréquente, mais mérite tout de même d’être mentionnée,puisque 20 % des délinquants ont utilisé une arme. Encore là, il n’y a aucunedifférence significative entre les groupes de délinquants (X2 = 0,576, ns;Autochtones 17 %, non-Autochtones 21 %).

Une différence significative est observable entre les groupes de délinquants ence qui touche la violence physique exercée pendant l’agression sexuelle(X2 = 8,713, p < 0,05). Les Autochtones étaient plus susceptibles que les non-Autochtones d’avoir agressé physiquement leurs victimes (54 % contre 39 %).

Tableau 35. Recours aux menaces et à la violence à l’égard des victimes selon le type de délinquant
Délinquants Menaces verbales Violence physique Menaces avec une arme
Autochtones Non-Autochtones Autochtones Non-Autochtones Autochtones Non-Autochtones
Nature de l’infraction n % n % n % n % n % n %
Inceste 18 14,9 34 18,7 9 7,4 7 3,8 2 1,7 4 2,2
Agression d’enfants 5 4,1 12 6,6 2 1,7 2 1,1 2 1,7 2 1,1
Pédophilie 10 8,3 23 12,6 3 2,5 7 3,8 1 0,8 2 1,1
Viol 50 41,3 40 22,0 45 37,2 40 22,0 13 10,7 22 12,1
Viol/Pédophilie 8 6,6 15 8,2 5 4,1 11 6,0 3 2,5 5 2,7
Infraction sans contact 0 0,0 4 2,2 0 0,0 0 0,0 0 0,0 1 0,5
Infraction avec contact/Attouchements sur des adultes Adult Fondler/Hands On 1 0,8 2 1,1 1 0,8 2 1,1 0 0,0 1 0,5
Meurtre sexuel 0 0,0 1 0,8 0 0,0 1 0,5 0 0,0 1 0,5

Lorsqu’on examine le recours aux menaces et à la violence selon le type dedélinquant ou d’infraction, il n’est pas étonnant de constater que les violeursétaient beaucoup plus portés que les autres types de délinquants à menacerverbalement leurs victimes (X2 = 25,941, p < 0,005), à les agresserphysiquement (X2 = 118,086, p < 0,005) et à les menacer avec une arme(X2 = 35,059, p < 0,005). Étant donné que les délinquants autochtones seretrouvent en majorité dans la catégorie des violeurs (se reporter au Tableau 24),ces résultats montrent pourquoi les délinquants sexuels autochtones ont plussouvent recours à la violence physique envers leurs victimes (se reporter auTableau 34).

Intérêts sexuels déviants

Étant donné qu’il y a un certain nombre de besoins différents (sentimentd’adéquation ou de compétence, déplacement de la colère, pouvoir et contrôle,revanche, etc.) qui sont satisfaits de façon dénaturée et dangereuse grâce à descomportements qui constituent des infractions sexuelles, il est importantd’examiner le rôle des intérêts sexuels et de l’excitation chez les délinquantssexuels. Le rôle que joue la gratification sexuelle comme élément contributif dansla perpétration d’une infraction sexuelle n’est pas toujours le même. Il arrive quela gratification sexuelle ne soit pas un facteur important, comme dans le cas d’unvioleur qui agit surtout pour assouvir sa colère et son besoin de contrôler. Ellepeut aussi être de toute première importance, par exemple dans le cas d’unpédophile dont la principale source de motivation et d’intérêt est la satisfactionsexuelle. Comme le délinquant tente de répondre à ces différents besoins, qu’ilssoient psychologiques ou sexuels, en commettant des infractions sexuelles, nousvoulions déterminer quels sont les intérêts sexuels et les sources d’excitationsexuelle de nos clients. Pour ce faire, nous avons examiné les aspects qui noussemblaient les plus importants et avons comparé les expériences vécues par lesAutochtones et les non-Autochtones. Nous avons procédé à une évaluation despréférences sexuelles qui a porté sur l’utilisation de la pornographie et la réactionà celle-ci, l’existence de paraphilies ou d’intérêts sexuels atypiques, l’expériencede fantasmes sexuels inappropriés associés à un comportement criminel etl’expérience de formes déviantes d’excitation sexuelle (par exemple suscitée parles enfants, la violence sexuelle).

Tableau 36. Utilisation de la pornographie et réaction à celle-ci
Pornographie Délinquants
Autochtones Non-Autochtones
n % n %
Utilisation de matériel pornographique 102 85,7 144 79,1
Excitation sexuelle à la vue de scènes de violence ou de viol à la télévision, au cinéma, sur Internet 28 23,5 38 20,8
Excitation sexuelle à la vue d’enfants à la télévision, au cinéma, sur Internet 12 10,1 35 19,2
Masturbation en regardant des photos d’enfants 11 9,2 28 15,3

Un pourcentage élevé d’Autochtones et de non-Autochtones ont déclaré utiliser du matériel pornographique. Les analyses du khi carré révèlent toutefois une différence significative entre les groupes de délinquants (X2 = 4,622, p < 0,05), le pourcentage d’Autochtones étant plus élevé par rapport aux non-Autochtones (86 % contre 79 %). En ce qui concerne l’excitation sexuelle suscitée par des images susceptibles d’alimenter des pensées et des fantasmes sexuels déviants, des différences ont été observées. Alors que les Autochtones et les non- Autochtones n’affichent aucune différence significative quant à l’excitation sexuelle ressentie à la vue de scènes de violence ou de viol (Autochtones 24 %, non-Autochtones 21 %), une différence est observable lorsqu’il s’agit de photos d’enfants. Par rapport aux Autochtones, les non-Autochtones avaient plus tendance à ressentir une excitation sexuelle à la vue d’enfants à la télévision, au cinéma ou sur Internet (X2 = 4,569, p < 0,05; 19 % contre 10 %). En outre, une plus grande proportion de délinquants non autochtones ont déclaré s’être déjà masturbés en regardant des photos d’enfants (15 % contre 9 %). Cet intérêt et cette forme d’excitation sexuelle observables chez les délinquants non autochtones sont cohérents avec le fait que ces derniers sont proportionnellement plus nombreux à choisir des enfants comme victimes.

Tableau 37. Paraphilies
Paraphilie Délinquants
Autochtones Non-Autochtones
n % n %
Masturbation en regardant des photos d’enfants 11 9,2 28 15,3
Excitation sexuelle à la vue de scènes de violence ou de viol à la télévision, au cinéma, sur Internet 28 23,5 38 20,8
Excitation sexuelle à la vue d’enfants à la télévision, au cinéma, sur Internet 12 10,1 35 19,2
Appels téléphoniques obscènes 9 7,6 22 12,0
Exhibitionnisme 5 4,2 22 12,1
Voyeurisme 28 23,3 62 33,9
Bestialité 4 3,4 12 6,6
Frotteurisme 6 5,0 13 7,1
Fétichisme 15 12,6 30 16,4
Travestisme 3 2,5 14 7,7
Vol de vêtements ou de sous-vêtements de femmes ou d’enfants 4 3,4 13 7,1
Ligotage 7 5,9 34 18,7
Sadomasochisme 12 10,1 22 12,0
Sadisme sexuel 10 8,5 25 13,7
Prise de photos ou de vidéos de comportements criminels 5 4,2 13 7,1
Masturbation en entretenant des idées d’homicide de nature sexuelle 0 0,0 8 4,4
Nécrophilie 0 0,0 1 0,5

Dans l’ensemble, le pourcentage de délinquants ayant déclaré une paraphilie estplus élevé chez les non-Autochtones que chez les Autochtones. Les non-Autochtones affichent des pourcentages plus élevés pour toutes les paraphilies,sauf pour ce qui est de l’excitation sexuelle ressentie à la vue de scènes deviolence ou de viol; les délinquants autochtones affichent alors un pourcentageun peu plus élevé, bien que non significatif (24 % contre 21 %). Les analyses dukhi carré montrent une différence significative entre les groupes de délinquantspour ce qui est de l’exhibitionnisme (X2 = 5,480, p < 0,05), du ligotage

(X2 = 10,018, p < 0,005) et de la masturbation en entretenant des idéesd’homicide de nature sexuelle (X2 = 5,374, p < 0,05). En effet, les délinquantsnon autochtones étaient beaucoup plus susceptibles de se livrer àl’exhibitionnisme (12 % contre 4 %) et à des paraphilies plus violentes, comme leligotage (19 % contre 6 %) et la masturbation en entretenant des idéesd’homicide de nature sexuelle (4 % contre 0 %).

Tableau 38. Reconnaissance des fantasmes avant et après le traitement
Délinquants Autochtones Non-Autochtones
Déni/Un peuth Passablement/Beaucoup Déni/Un peu Passablement/Beaucoup
n % n % n % n %
Pensées de nature sexuelle/Fantasmes à l’égard de la victime (avant) 97 85,1 17 14,9 145 81,5 33 18,5
Pensées de nature sexuelle/Fantasmes à l’égard de la victime (après) 58 50,9 56 49,1 59 33,3 118 66,7
Fantasmes à l’égard des enfants (avant) 57 86.4 9 13.6 109 84.5 20 15.5
Fantasmes à l’égard des enfants (après) 40 60,6 26 39,4 70 53,4 61 46,6
Fantasmes de violence sexuelle (avant) 78 89,7 9 10,3 99 86,1 16 13,9
Fantasmes de violence sexuelle (après) 64 73,6 23 26,4 66 57,4 49 42,6
Fantasmes de revanche/violence non sexuelle (avant) 78 87,6 11 12,4 87 81,3 20 18,7
Fantasmes de revanche/violence non sexuelle (après) 46 51,7 43 48,3 47 44,3 59 55,7

Avant et après le traitement, les délinquants ont été invités à décrire leursfantasmes sexuels déviants, notamment les fantasmes sexuels à l’égard de leursvictimes et des enfants, ainsi que les fantasmes de violence sexuelle et nonsexuelle. Alors qu’aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes de délinquants lorsqu’ils ont répondu avant le traitement, ceux-ciaffichent certaines différences significatives après le traitement, alors qu’ilssemblent avoir répondu avec plus de franchise. Comparativement auxAutochtones, les non-Autochtones ayant déclaré après le traitement avoirentretenu «passablement ou beaucoup» de pensées de nature sexuelle ou desfantasmes à l’égard de leurs victimes sont proportionnellement plus nombreux(X2 = 8,877, p < 0,005; 67 % contre 33 %). C’est aussi le cas pour la fréquencedes fantasmes de violence sexuelle (X2 = 5,647, p < 0,05; 43 % contre 26 %).Ces résultats sont intéressants du fait que même si les Autochtones sont plussusceptibles de commettre des viols (se reporter au Tableau 24) et d’agresserphysiquement leur victime lorsqu’ils commettent une infraction sexuelle (sereporter au Tableau 34), les non-Autochtones sont proportionnellement plusnombreux à entretenir des fantasmes de violence sexuelle.Aucune différence significative n’est observable entre les groupes de délinquantsquant à la reconnaissance après le traitement de pensées de nature sexuelle oude fantasmes à l’égard des enfants ou de fantasmes de revanche ou de violencenon sexuelle. Il est toutefois intéressant de noter qu’un certain nombre dedélinquants ont reconnu avoir éprouvé ces fantasmes après le traitement(fantasmes à l’égard des enfants - Autochtones 39 %, non-Autochtones 47 %, etfantasmes de violence non sexuelle – Autochtones 48 %, non-Autochtones56 %).Afin d’examiner les intérêts sexuels déviants et les formes déviantes d’excitationsexuelle chez les Autochtones et les non-Autochtones, nous avons classé lesdélinquants traités selon leur profil établi à la suite d’un test de préférencessexuelles effectué au moyen de la pléthysmographie pénienne. Ce test consisteà mesurer le changement de circonférence de la tumescence pénienne lorsquele sujet est soumis à des stimuli visuels et auditifs normaux (adultes,consentement) et déviants (enfants, coercition).

Tableau 39. Résultats de la pléthysmographie pénienne : Préférences sexuelles et appartenance ethnique
Délinquants Autochtones Non-Autochtones Total
n % n % n %
Sujets n’ayant pas réagi 23 19,0 37 20,3 60 19,8
Préférence pour les adultes 6 5,0 17 9,3 23 76
Préférence pour les enfants et les adultes 29 24,0 29 15,9 58 19,1
Préférence pour les enfants 2 1,7 8 4,4 10 3,3
Préférence pour les agressions sexuelles violentes contre des enfants 1 0,8 2 1,1 3 10
Préférence pour les rapports consensuels entre adultes et les viols d’adultes 0 0,0 4 2,2 4 13
Préférence pour les viols d’adultes 0 0,0 1 0,5 1 0,3
Préférence pour les agressions sexuelles violentes contre des enfants et des adultes 2 1,7 5 2,7 7 23
Excitation sexuelle à tous les stimuli 18 14,9 28 15,4 46 15,2
Sujets ayant refusé de subir le test 0 0,0 3 1,6 3 10
Sujets n’ayant pas subi le test 40 33,1 48 26,4 88 29

Un certain nombre de délinquants (Autochtones 33 %, non-Autochtones 26 %)n’ont pas subi le test de préférences sexuelles parce qu’en raison ducomportement déviant les ayant conduits à suivre un traitement et de leursantécédents criminels, ce type d’évaluation intrusive n’était pas justifié ou n’auraitpas donné des résultats éloquents. Parmi les délinquants ayant subi le test, 20 %sont des «sujets n’ayant pas réagi», ce qui signifie que leur degré d’excitationsexuelle aux divers stimuli présentés était trop faible pour être interprété defaçon adéquate (Autochtones 19 %, non-Autochtones 20 %). Les pourcentagesles plus élevés correspondent à la catégorie «Préférence pour les enfants et lesadultes», qui regroupe les délinquants ayant manifesté une excitation sexuelletant à l’égard des enfants que des adultes (Autochtones 24 %, non-Autochtones40 16 %), et la catégorie «Excitation sexuelle à tous les stimuli», qui comprend lesdélinquants ayant manifesté une excitation sexuelle généralisée à l’égard de tousles stimuli présentés (Autochtones 15 %, non-Autochtones 15 %). Les analysesdu khi carré ne révèlent aucune différence significative entre les deux groupes dedélinquants en ce qui touche les résultats de la pléthysmographie pénienne.

Traitement

Pour ce qui est de la participation au programme de traitement, nous noussommes intéressés à plusieurs aspects. D’un point de vue pratique, nousvoulions déterminer les caractéristiques des clients traités (par exemple, le lieudu traitement, sa durée, le type de traitement et la participation antérieure à unprogramme de traitement des délinquants sexuels). Bien entendu, nous noussommes aussi intéressés à l’efficacité du traitement; à cet égard, nous noussommes penchés sur des aspects tels que les améliorations observées avant etaprès le traitement, l’issue du traitement (notamment les taux d’achèvement dutraitement) et enfin la récidive.

Caractéristiques du traitement

Nous nous sommes intéressés à l’endroit où le traitement était donné pour deuxraisons. Premièrement, nous voulions déterminer l’origine de la majorité desrenvois en traitement et l’endroit où la plupart des délinquants étaient traités.Deuxièmement, nous voulions étudier le continuum de soins que la FBMC a misen place au fil des ans. En effet, nous avons eu la possibilité d’élaborer et d’offrirdes services de traitement dans les deux établissements correctionnels fédérauxdu Manitoba, soit Stony Mountain (établissement à sécurité moyenne) etRockwood (établissement à sécurité minimale). En outre, la clinique offre depuislongtemps des services communautaires à Winnipeg, pour les bureaux delibération conditionnelle du Service correctionnel du Canada. Comme nousoffrons des services à chacun de ces endroits, nous avons eu une chanceunique d’assurer une continuité dans les services de traitement et de guérisonofferts aux délinquants lorsqu’ils étaient transférés dans un établissement àsécurité moindre ou qu’ils réintégraient la collectivité une fois libérés (semiliberté,libération conditionnelle totale, libération d’office et expiration du mandat).

Tableau 40. Lieu du traitement offert par la FBMC
Lieu Délinquants Total
Autochtones Non-Autochtones
n % n % n %
Établissement Stony Mountain seulement 10 8,3 17 9,3 27 8,9
Établissement Stony Mountain et collectivité 7 5,8 8 4,4 15 5,0
Établissement Stony Mountain et établissement Rockwood 2 1,7 3 1,6 5 1,7
Établissement Stony Mountain, établissement Rockwood et collectivité 3 2,5 1 0,5 4 1,3
Établissement Rockwood seulement 1 0,8 4 2,2 5 1,7
Établissement Rockwood et collectivité 43 35,5 47 25,8 90 29,7
Collectivité seulement 55 45,5 102 56,0 157 51,8
Total 121 100,0 182 100,0 303 100,0

La majorité des clients traités au cours de la période à l’étude ont été dirigés versla clinique pour suivre un programme de traitement au sein de la collectivité(52 %). D’autres clients (30 %) ont commencé par être traités à l’établissementRockwood, avant de participer à un programme de traitement communautaire.Pour 17 % des clients, le traitement a débuté à l’établissement Stony Mountain. Ilest probable que ces chiffres reflètent le fait que la FBMC n’a pas commencé àoffrir ses services à tous les endroits en même temps. Par exemple, la clinique acommencé en 1987 à offrir un programme de traitement communautaire et cen’est qu’au début des années 1990 qu’elle a accepté dans son groupe desdétenus de l’établissement Rockwood autorisés à sortir avec escorte; de plus,c’est seulement au milieu des années 1990 qu’elle a commencé à offrir desservices dans l’établissement Rockwood, ce qui a facilité encore davantage latransition vers le programme communautaire. C’est l’établissement à sécurité moyenne Stony Mountain qui affiche les chiffres les moins élevés, car ce n’estque vers la fin des années 1990 qu’on a commencé à y offrir un programme detraitement.Il est intéressant d’examiner le continuum des soins offerts par la FBMC et devoir comment il permet aux clients initialement admis dans l’établissement àsécurité moyenne de passer à l’établissement à sécurité minimale puis auprogramme communautaire, ou d’entreprendre un programme de traitementdans un établissement et de le poursuivre dans la collectivité après leurlibération, tout en restant en contact avec la même équipe de traitement. Dansl’ensemble, 38 % des délinquants traités par la FBMC ont pu profiter de cecontinuum de soins. Il s’agit d’un pourcentage considérable, si on tient comptedu fait qu’au cours de ses cinq premières années de fonctionnement (de 1987 à1991), la clinique a offert uniquement un programme de traitementcommunautaire (raison pour laquelle la catégorie «Collectivité seulement»affiche le pourcentage le plus élevé, soit 52 %). Aucune différence significativen’est observable entre les groupes de délinquants en ce qui a trait à l’endroit oùa été reçu le traitement offert par la FBMC (X2 = 7,138, ns).De plus, on ne remarque aucune différence significative entre les groupes dedélinquants quant à la durée totale moyenne (en mois) du traitement offert par laFBMC. Elle est de 14,6 mois pour les Autochtones et de 16,0 mois pour les non-Autochtones (t293 = -1,515, ns).

Tableau 41. Participation des Autochtones à un programme de traitement des délinquants sexuels autochtones (TDSA)
TDSA dans l’établissement TDSA après la libération Contact avec un Aîné autochtone dans l’établissement Contact avec un Aîné autochtone après la libération
n % n % n % n %
34 30,1 24 21,6 44 38,9 18 16,1

Avec les années, la FBMC a élaboré et offert un programme de traitement desdélinquants sexuels qui tient compte de la culture et des méthodes de guérisondes Autochtones. Ce programme, qui combine une approche de guérisontraditionnelle et un mode de traitement contemporain, a varié au fil des ans et esten constante évolution. Bien qu’il ait en grande partie évolué en fonction del’expérience acquise et de la formation des conseillers spirituels autochtonesdevant travailler avec des délinquants sexuels, il est en outre offert de façondifférente selon l’endroit. En effet, le programme diffère selon qu’il est offert àl’établissement Stony Mountain, à l’établissement Rockwood ou dans lacollectivité.

Les délinquants autochtones ne participent pas tous au programme mixtecombinant une approche de guérison traditionnelle et un mode de traitementcontemporain, auquel prennent part des conseillers spirituels (Aînés, gardiens ducalumet, thérapeutes autochtones, etc.) et qui comporte des enseignements, descérémonies et des procédés traditionnels. Il revient au délinquant de choisir entrece programme et le programme cognitivo-comportemental de prévention desrechutes. Au cours de la période à l’étude, 30 % des Autochtones ont choisi departiciper au programme mixte combinant une approche de guérisontraditionnelle et un mode de traitement contemporain offert dans lesétablissements correctionnels fédéraux, comparativement à 22 % dans lacollectivité. L’examen des dossiers de traitement jusqu’à aujourd’hui révéleraitprobablement une augmentation du pourcentage de délinquants participant auprogramme communautaire, car les délinquants autochtones y ont eu recours enplus grand nombre au cours des dernières années.

Dans les établissements correctionnels, que ce soit ou non dans le cadre duprogramme mixte combinant une approche de guérison traditionnelle et un modede traitement contemporain, les délinquants peuvent s’adresser à des Aînés pourobtenir des conseils ou du soutien ou encore participer à des cérémonies. Faitintéressant à noter, mais toutefois malheureux, il semble que les Autochtonesaient moins recours aux services des Aînés lorsqu’ils se retrouvent dans la collectivité. Parmi les Autochtones ayant été traités par la clinique, 39 % ont faitappel aux Aînés pendant leur incarcération, contre seulement 16 % après leurmise en liberté. Là encore, on peut supposer que ce pourcentage seraitaujourd’hui plus élevé, puisque les Autochtones participent en plus grandnombre au programme mixte combinant une approche de guérison traditionnelleet un mode de traitement contemporain.

Tableau 42. Participation antérieure à un programme de traitement des délinquants sexuels
Délinquants Participation antérieure à l’infraction à l’origine de la peine
n %
Autochtones 9 7,4
Non-Autochtones 18 9,8
Total 27 8,9

Nous voulions savoir combien de délinquants ayant été traités par la FBMCavaient déjà participé à un programme de traitement des délinquants sexuels.Seulement 9 % des délinquants avaient déjà suivi un tel traitement, ce quisignifie que pour 91 % d’entre eux, le traitement offert par la FBMC était lepremier qu’ils aient jamais suivi. Les analyses du khi carré ne montrent aucunedifférence significative entre les groupes de délinquants en ce qui concerne laparticipation à un programme de traitement des délinquants sexuels avantl’infraction à l’origine de la peine (X2 = 0,518, ns).

Changements en ce qui touche le degré de révélation de soi et de responsabilisation du délinquant

Afin d’évaluer les améliorations attribuables au traitement, nous avonscommencé par voir si des changements étaient observables chez lesdélinquants, avant et après le traitement, quant au degré de révélation de soi etde responsabilisation. Pour évaluer les changements survenus au cours dutraitement, nous avons utilisé les cotes données par les thérapeutes, établies à partir de l’examen des instruments autoévaluation avant et après le traitementainsi que d’une observation et d’une évaluation cliniques. Les aspectsconsidérés sont le degré de responsabilisation, le souvenir de détails concernantl’infraction, le degré de minimisation de certains aspects de l’infraction commise(par exemple, caractère intrusif, fréquence et durée, violence exercée) et ledegré de remords et d’empathie.

Tableau 43. Responsabilisation du délinquant (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le traitement
Degré de responsabilisation élevé Degré de responsabilisation élevé
n % n %
Autochtones 14 15,7 70 78,7
Non-Autochtones 28 19,7 127 80,9

Le pourcentage d’Autochtones et de non-Autochtones qui assumaient laresponsabilité de leur comportement délinquant était peu élevé avant letraitement (16 % et 20 % respectivement). Les analyses du khi carré ne révèlentaucune différence significative entre les groupes de délinquants quant à laresponsabilité assumée après le traitement (X2 = 0,585, ns et X2 = 0,179, ns,respectivement). Dans les deux groupes, on observe une augmentationconsidérable du pourcentage de délinquants ayant déclaré un degré deresponsabilité élevé après le traitement, soit 79 % pour les Autochtones et 81 %pour les non-Autochtones.

Tableau 44. Difficulté à se souvenir de l’infraction en raison du temps écoulé (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le traitement
Beaucoup/Énormément Beaucoup/Énormément
n % n %
Autochtones 4 3,7 1 0,9
Non-Autochtones 13 8,0 1 0,6

Il arrive que les délinquants invoquent des troubles de mémoire ou des difficultésà se souvenir des détails afin d’éviter d’éprouver de la culpabilité et de serévéler. Seulement un faible pourcentage de délinquants (4 % des Autochtones,8 % des non-Autochtones) ont indiqué qu’ils avaient beaucoup ou énormémentde difficulté à se souvenir de l’infraction en raison du temps écoulé depuis qu’ilsl’avaient commise. Les analyses du khi carré ne montrent aucune différencesignificative entre les groupes de délinquants à cet égard, selon les cotesattribuées par les thérapeutes avant et après le traitement (X2 = 1,966, ns etX2 = 0,079, ns, respectivement). Pour les deux groupes, on observe que lesdélinquants ont déclaré après le traitement avoir plus de facilité à se souvenirdes événements.

Tableau 45. Difficulté à se souvenir de l’infraction parce que le délinquant avait consommé de l’alcool ou de la drogue (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le Délinquants traitement
Beaucoup/Énormément Beaucoup/Énormément
n % n %
Autochtones 48 51,1 13 12,7
Non-Autochtones 22 13,6 4 2,3

Un pourcentage beaucoup plus élevé de délinquants ont déclaré avoir de ladifficulté à se souvenir de l’infraction parce qu’ils avaient consommé dessubstances intoxicantes; en effet, 51 % des Autochtones et 14 % des non-Autochtones ont d’abord déclaré qu’ils étaient incapables de se remémorer lesdétails de l’infraction parce qu’ils étaient sous l’influence de substancesintoxicantes. Les analyses du khi carré révèlent une différence significative entreles groupes de délinquants à cet égard, avant et après le traitement(X2 = 42,068, p < 0,001 et X2 = 12,043, p < 0,005, respectivement); selon lescotes données par les thérapeutes, le pourcentage d’Autochtones ayant des troubles de mémoire liés à la consommation d’alcool ou de drogue est beaucoupplus élevé. Fait des plus intéressants à noter, on observe pour les deux groupesque les délinquants, particulièrement les Autochtones, ont déclaré après letraitement avoir beaucoup plus de facilité à se souvenir des événements. Chezles Autochtones, le pourcentage de délinquants ayant des troubles de mémoireattribuables à l’abus de substances intoxicantes a chuté de 51 % à seulement13 % après le traitement. Dans le cas des non-Autochtones, ce pourcentage esttombé de 14 % à 2 %. Ce résultat semble indiquer que le fait d’invoquer despertes de mémoire attribuables à l’abus de substances intoxicantes a plussouvent à voir avec un mécanisme de défense qu’avec une véritable déficiencede la mémoire.

Tableau 46. Degré de minimisation du caractère intrusif du comportement sexuel délinquant (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le Délinquants traitement
Faible/Très faible ou nul Faible/Très faible ou nul
n % n %
Autochtones 15 16,3 71 78,0
Non-Autochtones 23 16,0 122 80,8

Avant le traitement, il est fréquent que les délinquants sexuels minimisent lecaractère intrusif de leur comportement délinquant afin de bien paraître, enatténuant la gravité de l’infraction et en déformant la réalité de façon à réduireleur sentiment de culpabilité et de honte. Ce fut certainement le cas desdélinquants traités par la FBMC, puisque seulement 16 % d’entre eux ont affichéavant le traitement un degré faible, très faible ou nul de minimisation ducaractère intrusif de leur comportement délinquant. Les analyses du khi carré nemontrent aucune différence significative entre les groupes de délinquants en cequi touche la minimisation du comportement délinquant avant et après le traitement (X2 = 0,005, ns et X2 = 0,270, ns, respectivement), selon les cotesdonnées par les thérapeutes. On observe pour les deux groupes que lesdélinquants ont affiché après le traitement un degré de minimisation beaucoupplus faible; en effet, selon l’évaluation faite après le traitement, 78 % desAutochtones et 81 % des non-Autochtones affichaient un degré faible, très faibleou nul de minimisation du caractère intrusif de leur comportement délinquant.

Tableau 47. Degré de minimisation de la fréquence et de la durée du comportement sexuel délinquant (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le traitement
Faible/Très faible ou nul Faible/Très faible ou nul
n % n %
Autochtones 36 42,4 87 86,1
Non-Autochtones 46 32,4 131 85,1

Un certain nombre de délinquants ont également minimisé la fréquence et ladurée de leur comportement sexuel délinquant avant le traitement (degré deminimisation faible, très faible ou nul chez 42 % des Autochtones et 32 % desnon-Autochtones). Les analyses du khi carré ne montrent aucune différencesignificative entre les groupes de délinquants à cet égard avant et après letraitement (X2 = 2,285, ns et X2 = 0,057, ns, respectivement), selon les cotesdonnées par les thérapeutes. On observe pour les deux groupes que lesdélinquants ont affiché après le traitement un degré de minimisation plus faible;selon l’évaluation faite après le traitement, 86 % des Autochtones et 85 % desnon-Autochtones affichaient un degré faible, très faible ou nul de minimisation dela fréquence et de la durée de leur comportement délinquant.

Tableau 48. Degré de minimisation de la violence exercée au cours de l’infraction (avant et après le traitement)
Délinquants Avant le traitement Après le traitement
Faible/Très faible ou nul Faible/Très faible ou nul
n % n %
Autochtones 11 12,9 51 68,9
Non-Autochtones 13 11,7 73 68,9

Un pourcentage élevé de délinquants ont minimisé avant le traitement la violencequ’ils ont exercée au cours de l’infraction; seulement 13 % des Autochtones et12 % des non-Autochtones ont affiché un degré de minimisation faible, très faibleou nul. Les analyses du khi carré ne montrent aucune différence significativeentre les groupes de délinquants à cet égard avant et après le traitement(X2 = 0,068, ns et X2 = 0,000, ns, respectivement), selon les cotes attribuées parles thérapeutes. On observe pour les deux groupes que les délinquants ontaffiché après le traitement un degré de minimisation plus faible; selon l’évaluationfaite après le traitement, 69 % des Autochtones et des non-Autochtonesaffichaient un degré faible, très faible ou nul de minimisation de la violenceexercée.

Table 49: Feelings of Remorse and Empathy by Offender (Pre- versus Post-Treatment)
Délinquants Avant le traitement Après le traitement
Remords
Beaucoup
Empathy
Shows Empathy
Remorse
Shows Remorse
Empathy
Shows Empathy
n % n % n % n %
Autochtones 85 71,4 38 31,9 121 67,2 110 61,5
Non-Autochtones 13 11,1 5 3,5 73 57,9 58 47,5

Selon les observations faites avant le traitement, un certain pourcentaged’Autochtones et de non-Autochtones ont eu des remords après avoir commisl’infraction (16 % et 11 %) et ont éprouvé de l’empathie pour leurs victimes (2 %et 4 %). Les analyses du khi carré ne révèlent aucune différence significativeentre les groupes de délinquants quant aux remords (X2 = 1,148, ns etX2 = 0,003, ns, respectivement) et aux sentiments d’empathie avant et après letraitement (X2 = 0,398, ns et X2 = 0,084, ns, respectivement), selon les cotesdonnées par les thérapeutes. On observe pour les deux groupes que lesdélinquants ont, après le traitement, affiché plus de remords (58 % desAutochtones et des non-Autochtones ont manifesté beaucoup de remords) etplus d’empathie (45 % des Autochtones et 48 % des non-Autochtones ontéprouvé beaucoup d’empathie).

Achèvement du traitement

En ce qui concerne l’achèvement du traitement, nous avons voulu savoir quelpourcentage de délinquants ont suivi le traitement jusqu’à la fin, et dans le casdes autres clients, pour quelles raisons ils n’ont pas terminé leur traitement.Nous nous sommes aussi intéressés à l’incidence de la mise en place d’unprogramme destiné aux Autochtones sur les taux d’achèvement ou depersévérance. Enfin, nous avons voulu savoir combien de délinquants ontcontinué à fréquenter la clinique après l’expiration du mandat (par exemple,après la libération conditionnelle ou la période de probation).

Tableau 50. Issue du traitement
Délinquants Achèvement Interruption Abandon Suspension
n % n % n % n %
Autochtones 72 59,5 10 8,3 15 12,4 17 14,0
Non-Autochtones 137 74,9 15 8,2 10 5,5 8 4,4

Il semble que la majorité des délinquants aient suivi le traitement jusqu’à la fin.On observe toutefois une différence significative entre les groupes dedélinquants (X2 = 17,101, p < 0,005); un plus grand pourcentage de non-Autochtones ont terminé le traitement (75 % contre 60 %), un plus grandpourcentage d’Autochtones ont abandonné le traitement (12 % contre 6 %) et unplus grand pourcentage d’Autochtones ont été suspendus (14 % contre 4 %).

Tableau 51. Issue du traitement pour les délinquants autochtones : programme pour délinquants sexuels autochtones et programme cognitivo-comportemental
Programme Achèvement Interruption Abandon Suspension
n % n % n % n %
S’adressant aux Autochtones 20 83.3 0 0.0 0 0.0 3 12.5
Général 48 55,2 7 8,0 14 16,1 14 16,1

C’est en réponse aux résultats présentés au Tableau 50 que la clinique ademandé l’aide et la participation de chefs spirituels autochtones afin d’offrir auxdélinquants autochtones un programme répondant mieux à leurs besoins. Encombinant des stratégies contemporaines de traitement des délinquants sexuelset des approches traditionnelles de guérison, on espérait réduire le nombre declients qui ne suivent pas leur traitement jusqu’à la fin. Bien que les analyses dukhi carré ne montrent aucune différence significative entre les taux d’achèvementdes Autochtones ayant participé au programme mixte combinant une approchede guérison traditionnelle et un mode de traitement contemporain et de ceux quiont participé au programme de traitement cognitivo-comportemental (X2 = 9,506,ns), il y a des différences qui méritent d’être soulignées. Les Autochtones ayantparticipé au programme mixte affichent des taux d’achèvement beaucoup plusélevés que ceux des Autochtones ayant suivi le traitement cognitivocomportemental(83 % contre 55 %). En outre, les Autochtones ayant participéau programme mixte affichent de plus faibles taux d’interruption (0 % contre8 %), d’abandon (0 % contre 16 %) et de suspension (13 % contre 16 %), ce qui laisse supposer que cette approche a réussi dans une certaine mesure àmaintenir les Autochtones dans le processus de traitement et de guérison.

Tableau 52. Poursuite du traitement après la date d’expiration du mandat
Délinquants Oui Non Total
n % n % n %
Autochtones 42 42,0 58 58,0 100 100,0
Non-Autochtones 80 59,7 54 40,3 134 100
Total 122 52,1 112 47,9 234 100

Si on considère l’ensemble des délinquants traités, une plus grande proportionde non-Autochtones que d’Autochtones ont poursuivi le traitement (60 % contre42 %). Les analyses du khi carré révèlent une différence significative entre lesgroupes de délinquants à cet égard (X2 = 7,191, p < 0,05), un plus grandpourcentage de non-Autochtones ayant continué à suivre le traitement aprèsl’expiration du mandat. Toutefois, ce pourcentage est plus élevé si on considèrele taux de persévérance des clients pour les programmes adaptés à la culture.

Tableau 53. Poursuite du traitement par les délinquants autochtones après la date d’expiration du mandat : programme pour les délinquants sexuels autochtones et programme cognitivocomportemental
Programme Oui Non Total
n % n % n %
Aboriginal Specific 13 59 9 41 22 100
Non-Aboriginal Specific 30 39 47 61 77 100

Comparativement aux Autochtones ayant participé au programme de traitementcognitivo-comportemental, les Autochtones ayant participé au programmes’adressant expressément aux délinquants autochtones étaient plus susceptiblesde poursuivre leur traitement après la date d’expiration du mandat (59 % contre39 %). Même si un plus grand pourcentage de participants au programmes’adressant expressément aux Autochtones ont poursuivi le traitement après ladate d’expiration du mandat, les analyses du chi carré ne montrent aucunedifférence significative entre les programmes à cet égard (X2 = 4,288, ns).

Récidive

Lorsqu’on examine les données sur la récidive, on n’observe aucune différencesignificative entre les taux de récidive des Autochtones (8,1 %) et des non-Autochtones (3,1 %) ayant été traités à la FBMC (z = -1,914, p = 0,06). Unedifférence significative est toutefois observable entre la clientèle de la FBMC(n = 282) et un groupe de comparaison formé de délinquants choisis d’aprèsl’âge au moment de la première condamnation, la date de l’infraction à l’originede la peine, l’âge au moment de l’infraction à l’origine de la peine, le nombre decondamnations avant l’infraction à l’origine de la peine et le nombre d’infractionssexuelles avant l’infraction à l’origine de la peine (n = 196) pour ce qui est de larécidive sexuelle (z = 6,094, p < 0,0001); les clients de la FBMC affichent un tauxde récidive après le traitement qui est de beaucoup inférieur à celui du groupe decomparaison.

CONCLUSION

Ce projet de recherche avait pour objectif de dresser le profil des délinquantssexuels autochtones et non autochtones qui ont été traités à la FBMC entre 1987et 1999 et de cerner les différences entre ces deux groupes pour mieux lescomprendre et établir des protocoles d’évaluation et de traitement mieuxadaptés. Bien que ces deux groupes de délinquants présentent de nombreusessimilitudes, nous avons relevé des différences intéressantes qui méritent d’êtreexaminées de près.

Examen des résultats

Caractéristiques des délinquants autochtones

Parmi les 303 délinquants sexuels dont le dossier a été examiné, 40 % étaientautochtones (Indiens de l’Amérique du Nord, Métis et Inuits) et 60 % étaient nonautochtones. Les divers groupes autochtones ont été réunis dans une mêmecatégorie parce que le nombre de Métis (n = 21, 7 %) et d’Inuits (n = 1, 0,3 %)n’était pas assez élevé pour qu’on puisse former des catégories distinctes. Lamajorité des délinquants autochtones inclus dans notre échantillon avaientl’anglais comme langue maternelle. Par ailleurs, la langue maternelle autochtonela plus courante était le cri. La majorité des délinquants autochtones ont étéélevés dans une réserve, mais la plupart d’entre eux étaient venus habiter dansun centre urbain. Seulement un très faible pourcentage de délinquantsautochtones ont déclaré avoir été élevés dans la culture autochtonetraditionnelle, avec ses enseignements et ses cérémonies. Peu d’Autochtonesinclus dans notre échantillon avaient séjourné dans un pensionnat, probablementparce que la majorité d’entre eux étaient trop jeunes pour avoir vécu cetteexpérience. Un fort pourcentage de ceux qui l’avaient vécue ont déclaré avoir étévictimes de violence physique, psychologique ou sexuelle.

Antécédents développementaux et sociaux

Tant les Autochtones que les non-Autochtones de notre échantillon ont vécu desexpériences difficiles et traumatisantes pendant leur enfance. Bien que lamajorité des délinquants aient déclaré avoir été élevés par leurs père et mère,une plus grande proportion d’Autochtones que de non-Autochtones ont étéélevés par un membre de leur famille élargie et ont été séparés de leurs parentsou abandonnés par eux. En outre, les délinquants autochtones ont plus souventperdu un membre de leur famille en raison d’un suicide ou d’un meurtre. Un plusgrand pourcentage d’entre eux ont été témoins de comportements abusifs aucours de leur enfance et ont déclaré que des membres de leur famille avaientdes problèmes de toxicomanie ou des antécédents criminels. De plus, une plusgrande proportion d’Autochtones ont été témoins de violence conjugale, ousavaient qu’une telle violence existait, et ont déclaré que les limites sexuelles ausein de leur famille étaient inappropriées. Bien qu’un fort pourcentage dedélinquants autochtones et non autochtones aient déclaré avoir été victimes deviolence physique ou psychologique pendant leur enfance, une plus grandeproportion d’Autochtones ont déclaré avoir été victimes de négligence ou deviolence sexuelle.

En ce qui a trait aux mécanismes d’adaptation sociale, on remarque que lesAutochtones étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir déjà consommé dessubstances intoxicantes (alcool, drogues et solvants). En outre, les Autochtonesétaient désavantagés par rapport aux non-Autochtones pour ce qui est du niveaud’instruction et des antécédents professionnels.

Antécédents criminels

Aucune différence significative n’est observable entre les Autochtones et les non-Autochtones quant au nombre de condamnations, que ce soit avant l’âge adulteou à l’âge adulte. On remarque toutefois certaines différences pour lesinfractions n’ayant entraîné aucune condamnation que les délinquants ont avouéavoir commises. Par rapport aux non-Autochtones, les Autochtones ont avoué avoir commis un plus grand nombre d’infractions avec violence pour lesquellesils n’ont jamais été condamnés, que ce soit avant l’âge adulte ou à l’âge adulte.En revanche, les non-Autochtones ont déclaré avoir commis un plus grandnombre d’infractions sexuelles, à l’âge adulte, pour lesquelles ils n’ont jamais étécondamnés.

Schémas criminels en matière sexuelle

Des différences intéressantes sont observables entre les deux quant auxcaractéristiques de leur comportement délinquant et leurs schémas criminels.Les Autochtones semblent plus susceptibles de commettre des viols que touteautre infraction sexuelle, alors que les non-Autochtones semblent avoir plustendance à commettre des infractions sexuelles contre des enfants (le plussouvent des enfants en bas âge, prépubères ou pubères), particulièrementl’inceste. En outre, les Autochtones étaient plus susceptibles de choisir desvictimes de sexe féminin, alors que les non-Autochtones étaient plus portés às’en prendre à la fois à des personnes de sexe féminin et de sexe masculin, cequi est conforme à la constatation précédente. Le plus souvent, les délinquantss’en sont pris à des victimes ayant la même appartenance ethnique qu’eux; eneffet, les Autochtones ont choisi plus souvent des victimes autochtones et lesnon-Autochtones s’en sont pris plus souvent à des victimes non autochtones.Cependant, les non-Autochtones étaient plus portés que les Autochtones à s’enprendre à des victimes d’origines ethniques diverses. Malgré le peu dedifférences observables entre les deux groupes en ce qui touche leur lien avecles victimes, on remarque que les non-Autochtones étaient plus portés à s’enprendre à des victimes vis-à-vis desquelles ils étaient en situation d’autorité oude confiance (par exemple, à titre de médecin, de chef religieux, d’enseignant,d’entraîneur). Une dernière différence observable entre les deux groupes quantau profil de leurs victimes est que par rapport aux victimes des délinquants nonautochtones, les victimes des délinquants autochtones avaient plus souventconsommé de l’alcool ou à la fois de l’alcool et de la drogue au moment oùl’infraction a été commise.

Avant le traitement, un fort pourcentage d’Autochtones et de non-Autochtonesentretenaient des distorsions cognitives afin de minimiser la gravité de leurcomportement délinquant et leur degré de responsabilité. Il y a une seuledistorsion pour laquelle une différence est observable entre les Autochtones etles non-Autochtones : une plus forte proportion d’Autochtones croyaient qu’ilsn’auraient pas commis l’infraction s’ils n’avaient pas été sous l’influence d’unesubstance intoxicante. Tant les Autochtones que les non-Autochtones sontparvenus au cours du traitement à modifier leurs distorsions cognitives et àassumer davantage la responsabilité de leurs actes.

Des différences ont été observées entre les Autochtones et les non-Autochtonesquant aux moyens utilisés pour s’approcher des victimes. Dans le cadre duprocessus de planification et de préparation de l’infraction, les Autochtones ontplus souvent donné de l’alcool ou de la drogue à leur victime. En revanche, lesnon-Autochtones étaient plus portés à donner des cadeaux ou à présenter dumatériel pornographique. Ils étaient en outre plus susceptibles d’avoir eu recoursà la ruse ou à la manipulation à l’égard de leur victime afin d’obtenir un contactsexuel.

Alors qu’aucune différence n’est observable entre les deux groupes pour ce quiest du recours aux menaces au cours de l’agression sexuelle, les Autochtonesétaient plus susceptibles d’avoir agressé physiquement leur victime.Un plus grand pourcentage de non-Autochtones que d’Autochtones ontmanifesté des intérêts sexuels déviants. Un plus grand nombre d’entre eux ontdéclaré avoir eu des pensées de nature sexuelle ou des fantasmes à l’égard deleur victime ou des fantasmes de violence sexuelle, ou s’être masturbés enregardant des photos d’enfants. Les non-Autochtones étaient en outre plussusceptibles de déclarer des paraphilies autres que leur comportement sexueldélinquant (par exemple, l’exhibitionnisme, le ligotage ou le sadisme sexuel).Malgré ces différences, aucune différence significative n’a été observée quant aux préférences sexuelles des délinquants autochtones et non autochtones, quiont été déterminées au moyen d’une évaluation phallométrique.

Issue du traitement

Les cotes données par les thérapeutes révèlent peu de différences entre lesAutochtones et les non-Autochtones quant à l’issue du traitement. Pour les deuxgroupes, on a observé des améliorations considérables pour la révélation de soi,la responsabilisation et l’introspection.

Avant la mise en place du programme mixte combinant une approche deguérison traditionnelle et un mode de traitement contemporain à l’intention desAutochtones, le taux d’achèvement du traitement était plus élevé chez les non-Autochtones. Toutefois, lorsque les délinquants autochtones ont pu participer àun programme adapté à leur culture, la différence entre les taux d’achèvementest disparue. Un pourcentage élevé d’Autochtones et de non-Autochtones ontcontinué de suivre le traitement offert par la FBMC après la période obligatoire(par exemple, après la date d’expiration de leur peine). Après la mise en placedu programme mixte à l’intention des délinquants autochtones, le nombred’Autochtones qui ont continué de fréquenter la clinique après l’expiration dumandat s’est encore accru. Enfin, aucune différence significative n’estobservable entre les Autochtones et les non-Autochtones ayant participé auprogramme de la FBMC quant au taux de récidive sexuelle. Cependant, les deuxgroupes ont affiché un taux de récidive beaucoup plus faible que celui du groupede comparaison.

Portée des résultats obtenus

Grâce à ce projet de recherche, nous avons appris que pour évaluer lesdélinquants autochtones, il faut tenir compte davantage des caractéristiques quileur sont propres. Pour ce faire, il convient d’intégrer dans le processusd’évaluation des délinquants un examen plus approfondi d’aspects tels quel’appartenance et les antécédents ethniques, l’exposition à la langue et à la culture autochtones, le degré d’assimilation et l’incidence possible d’un séjourdans un pensionnat, particulièrement pour les membres de la deuxièmegénération. De plus, il serait peut-être bon de tenir compte, dans l’évaluation desdélinquants sexuels autochtones, des styles d’attachement, de l’abus desubstances intoxicantes ainsi que de facteurs tels que la colère et l’agressivité. Ilsera aussi important, si la taille de l’échantillon le permet, d’examiner lesdifférences entre les groupes autochtones afin de déterminer les caractéristiquesqui peuvent être propres aux délinquants indiens, métis et Inuits.Il semble que ce projet de recherche ait fourni de l’information qu’il serait utile deprendre en considération au moment de fixer des objectifs de traitement pour lesdélinquants sexuels autochtones. Les données recueillies montrent combien ilest important de tenir compte de la famille d’origine et des expériences vécuespendant l’enfance. Il peut être utile d’examiner des aspects tels que la perte,l’abandon, le deuil, l’abus et l’attachement afin d’offrir un soutien psychologiqueet d’assurer une bonne gestion du risque. Il sera en outre impératif, dans lecadre des programmes offerts, d’aider les délinquants, particulièrement lesAutochtones, à trouver des façons d’entretenir des relations saines avec lesmembres de leur famille. S’ils n’obtiennent pas l’aide nécessaire pour gérer cesrelations, dans le cas où la famille est toujours dysfonctionnelle, ils risquentd’être ramenés dans un contexte de dysfonctionnement et de perdre les saineshabiletés d’adaptation qu’ils ont développées au cours du programme detraitement. Il semble également important, dans le cadre du programme detraitement, d’aider les délinquants autochtones à développer des réseaux desoutien sociaux (à l’intérieur et à l’extérieur de la famille).

Les données recueillies suggèrent aussi que le développement de mécanismessociaux constituerait un domaine d’intervention pertinent pour de nombreuxdélinquants autochtones. Il semble essentiel d’offrir des programmes visant àaméliorer la formation et l’employabilité. De plus, étant donné le nombre dedélinquants qui viennent habiter en milieu urbain, il serait pratique et utile que le programme de traitement soit aussi axé sur l’acquisition des aptitudesnécessaires pour vivre de façon fonctionnelle dans un grand centre urbain.Il semble essentiel, dans le cadre d’un programme de traitement des délinquantssexuels autochtones, de s’occuper d’aspects tels que l’abus de substancesintoxicantes ainsi que de la colère et de la violence. Il s’agit de facteurs clés et dedomaines d’intervention qui exigent peut-être encore plus d’attention que lesintérêts sexuels déviants. Comme on l’a déjà noté, il faudrait à cet égardaccorder une attention accrue aux questions d’abus et à l’abandon. Les donnéessuggèrent aussi qu’il faudrait aborder dans le programme de traitement desdélinquants sexuels autochtones la question des limites sexuelles inappropriéeset expliquer en quoi consistent des limites appropriées.

Enfin, même si peu de délinquants autochtones ont été élevés dans la langue etla culture autochtones, avec ses enseignements et ses cérémonies, il sembleque ces aspects de l’appartenance autochtone soient essentiels au processus deguérison. Il semble très important d’offrir aux délinquants autochtones lapossibilité de participer à des programmes leur permettant de s’ouvrir à la cultureautochtone ou de continuer d’y prendre une part active. Il semble en outrequ’une approche adaptée à la culture aide davantage les délinquantsautochtones à acquérir les compétences nécessaires pour réduire les risques derécidive sexuelle, étant donné qu’elle semble plus engageante et qu’un plusgrand nombre de délinquants se rendent au terme du processus de traitement etde guérison.

ANNEXE A

QUESTIONNAIRE DE LA FBMC

BASE DE DONNÉES V2 SUR LES DÉLINQUANTS SEXUELS

PROFIL DU DÉLINQUANT

  1. Nom du client


    _______________________________________________________


  2. No SED


    _______________________________________________________


  3. Client dirigé par


    1. Service correctionnel du Canada
    2. Bureau de probation
    3. Services de santé mentale
    4. Services à la famille
    5. Accès direct
    6. Crown (Section 8-10)
    7. Autre __________________________________________


  4. Date de naissance


    _________________________


  5. Sexe


    1. Masculin
    2. Féminin


  6. Nature de l’infraction sexuelle


    1. Inceste
    2. Agression d’enfant
    3. Pédophilie
    4. Viol
    5. Viol / Pédophilie
    6. Infraction sexuelle sans contact
    7. Infraction sexuelle avec contact / Attouchements sur des adultes
    8. Meurtre sexuel


  7. Durée de la peine associée à l’infraction


    _________________________ mois


  8. Le délinquant est atteint d’une maladie mentale.


    1. Oui
    2. Non


  9. Le délinquant a des capacités mentales limitées.


    1. Oui
    2. Non


    Responsabilité assumée par le délinquant



  10. Le délinquant assume la responsabilitéde son crime avant le traitement.


    Nie son crime
    Minimisation élevée
    Minimisation moyenne
    Minimisation faible
    Responsabilitéélevée


    1
    2
    3
    4
    5


  11. Le délinquant assume la responsabilitéde son crime après le traitement.


    Nie son crime
    Minimisation élevée
    Minimisation moyenne
    Minimisation faible
    Responsabilitéélevée


    1
    2
    3
    4
    5


  12. Le délinquant se souvient de l’infraction avant le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    énormément


    1
    2
    3
    4
    5


  13. Le délinquant se souvient de l’infraction après le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    Énormément


    1
    2
    3
    4
    5


  14. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction parce qu’il avait consomméde l’alcool ou de la drogue avant le traitement.


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    énormément


    1
    2
    3
    4
    5


  15. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction parce qu’il avait consomméde l’alcool ou de la drogue après le traitement.


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    énormément


    1
    2
    3
    4
    5


    1. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction parce qu’il souffre d’amnésie alcoolique avant le traitement.


      Pas du tout
      Un peu
      Passablement
      Beacoup
      énormément


      1
      2
      3
      4
      5


    2. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction parce qu’il souffre d’amnésie alcoolique apres le traitement.


      Pas du tout
      Un peu
      Passablement
      Beacoup
      énormément


      1
      2
      3
      4
      5


  16. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction en raison du temps qui s’est écoulédepuis avant le traitement.


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    énormément


    1
    2
    3
    4
    5


  17. Le délinquant a de la difficultéà se souvenir de l’infraction en raison du temps qui s’est écoulédepuis après le traitement.


    Pas du tout
    Un peu
    Passablement
    Beacoup
    énormément


    1
    2
    3
    4
    5


  18. Degréde minimisation du caractère intrusif ou de la gravitédu comportement délinquant avant le traitement.


    Déni
    élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5


  19. Degréde minimisation du caractère intrusif ou de la gravitédu comportement délinquant après le traitement.


    Déni
    élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5


  20. Degréde minimisation de la fréquence et de la durée du comportement délinquant avant le traitement.


    Déni
    élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5


  21. Degréde minimisation de la fréquence et de la durée du comportement délinquant après le traitement.


    Déni
    élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5


  22. Degréde minimisation de la violence exercée au cours de l’infraction avant le traitement.


    S.O. (aucune violence)
    Déni
    élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5
    6


  23. Degréde minimisation de la violence exercée au cours de l’infraction après le traitement.


    S.O. (aucune violence)
    Déni
    Élevé
    Moyen
    Faible
    Très faible ou nul


    1
    2
    3
    4
    5
    6


    Cote – Minimisation avant le traitement (somme des questions 18, 20 et 22) _________________________


    Cote – Minimisation après le traitement (somme des questions 19, 21 et 23) _________________________


    Cycle de l’infraction

  24. Le délinquant éprouve des remords avant le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Beaucoup


    1
    2
    3


  25. Le délinquant éprouve des remords après le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Beaucoup


    1
    2
    3


  26. Le délinquant éprouve de l’empathie pour la victime avant le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Beaucoup


    1
    2
    3


  27. Le délinquant éprouve de l’empathie pour la victime après le traitement


    Pas du tout
    Un peu
    Beaucoup


    1
    2
    3


  28. Le délinquant reconnaît avoir eu des pensées de nature sexuelle ou des fantasmes à l’égard de la victime avant de commettre l’infraction avant le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  29. Le délinquant reconnaît avoir eu des pensées de nature sexuelle ou des fantasmes à l’égard de la victime avant de commettre l’infraction après le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  30. Le délinquant reconnaît avoir des fantasmes à l’égard des enfants avant le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  31. LLe délinquant reconnaît avoir des fantasmes à l’égard des enfants après le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  32. Le délinquant reconnaît avoir des fantasmes de violence sexuelle avant le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  33. Le délinquant reconnaît avoir des fantasmes de violence sexuelle après le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  34. Le délinquant reconnaît avoir des fantasmes de revanche ou de violence non sexuelle avant le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


  35. Le délinquant reconnaît avoir des fantasmes de revanche ou de violence non sexuelle après le traitement.


    S.O.
    Déni
    Un peu
    Passablement
    Beaucoup


    1
    2
    3
    4
    5


    Distorsions cognitives



  36. Le délinquant croit que la victime était consentante (elle voulait un contact sexuel, elle n’a pas dit non) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  37. Le délinquant croit que la victime était consentante (elle voulait un contact sexuel, elle n’a pas dit non) (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  38. Le délinquant croit qu’il entretenait une relation avec la victime (il lui montrait son amour) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  39. Le délinquant croit qu’il entretenait une relation avec la victime (il lui montrait son amour) (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  40. Le délinquant croit qu’il faisait l’éducation sexuelle de la victime) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  41. Le délinquant croit qu’il faisait l’éducation sexuelle de la victime (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  42. Le délinquant croit que c’est la victime qu’il faut blâmer (c’est une personne dépravée et vicieuse, elle a endommagédes biens, elle cause des problèmes aux hommes, elle a menti au sujet de ce qui s’est pas, elle a utiliséou piégéle délinquant) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  43. Le délinquant croit que c’est la victime qu’il faut blâmer (c’est une personne dépravée et vicieuse, elle a endommagédes biens, elle cause des problèmes aux hommes, elle a menti au sujet de ce qui s’est pas, elle a utiliséou piégéle délinquant) (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  44. Le délinquant croit que d’autres sont à blâmer(facteurs extérieurs, conjoint(e) du délinquant, délinquant piégépar d’autres personnes ou une vie stressante) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  45. Le délinquant croit que d’autres sont à blâmer (facteurs extérieurs, conjoint(e) du délinquant, délinquant piégépar d’autres personnes ou une vie stressante) (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  46. Le délinquant croit que la victime a fait les premiers pas(elle s’est montrée trop affectueuse ou a séduit le délinquant) (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  47. Le délinquant croit que la victime a fait les premiers pas (elle s’est montrée trop affectueuse ou a séduit le délinquant) (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  48. Le délinquant croit que la victime y a pris plaisir (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  49. Le délinquant croit que la victime y a pris plaisir (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  50. Le délinquant croit que la victime n’a pas étéblessée physiquement ni psychologiquement (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  51. Le délinquant croit que la victime n’a pas été blessée physiquement ni psychologiquement (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  52. Le délinquant croit que la victime n’a pas été forcée ni contrainte (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  53. Le délinquant croit que la victime n’a pas été forcée ni contrainte (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  54. Le délinquant croit que la victime, en raison de son apparence et de son comportement, semblait être plus âgée qu’elle ne l’était en réalité (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  55. Le délinquant croit que la victime, en raison de son apparence et de son comportement, semblait être plus âgée qu’elle ne l’était en réalité (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  56. Le délinquant croit que puisqu’il n’est pas alléjusqu’au bout, l’infraction est de moindre gravité (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  57. Le délinquant croit que puisqu’il n’est pas alléjusqu’au bout, l’infraction est de moindre gravité (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  58. Le délinquant croit qu’il n’aurait pas commis l’infraction s’il n’avait pas été sous l’influence de l’alcool ou de la drogue (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  59. Le délinquant croit qu’il n’aurait pas commis l’infraction s’il n’avait pas été sous l’influence de l’alcool ou de la drogue (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


  60. Le délinquant croit qu’il est la véritable victime dans cette affaire (avant le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement


    1
    2
    3


  61. Le délinquant croit qu’il est la véritable victime dans cette affaire (après le traitement).


    Pas du tout
    Un peu
    Fermement
    Perception changée


    1
    2
    3
    4


    Afin de calculer la cote pour les distorsions cognitives avant le traitement, comptez 1 pour «Un peu» et «Fermement», et 0 pour «Pas du tout».

    Cote – Distorsions avant le traitement (somme des énoncés 36, 38, 40, 42,44, 46, 48, 50, 52, 54, 56, 58, 60)


    _________________________



    Afin de calculer la cote pour les distorsions cognitives après le traitement, comptez 1 pour «Encore un peu» et «Encore fermement», et 0 pour «Pas du tout» et «Perception changée».



    Cote – Distorsions après le traitement (somme des énoncés 37, 39, 41, 43, 45, 47, 49, 51, 53, 55, 57, 59, 61)


    _________________________



    Préparation



  62. Le délinquant a donné de l’alcool ou de la drogue à la victime.


    1. Oui
    2. Non


  63. Le délinquant a donné des cadeaux ou de l’argent à la victime.


    1. Oui
    2. Non


  64. Le délinquant a montré du matériel pornographique à la victime.


    1. Oui
    2. Non


  65. Le délinquant a eu recours à la ruse ou à la manipulation à l’endroit de la victime.


    1. Oui
    2. Non


  66. Le délinquant a eu recours à la ruse ou à la manipulation à l’endroit d’autres personnes.


    1. Oui
    2. Non


    Cote – Préparation (somme des «oui» pour les énoncés 62, 63, 64, 65, 66)
     

    _________________________



  67. La victime a étémenacée verbalement.


    1. Oui
    2. Non


  68. La victime a été menacée physiquement.


    1. Oui
    2. Non


  69. La victime a été menacée avec une arme.


    1. Oui
    2. Non


    Intérêts sexuels déviants et paraphilies

    Reacute;sultats de la pléthysmographie pénienne



  70. résultats de la pléthysmographie pénienne (avant le traitement)
    70A. Stimulus auditif 70B. Diapositive 70C. Film
    A1. Aucune réaction B1. Aucune réaction C1. Aucune réaction
    A2. Adulte B2. Adulte C2. Adulte
    A3. Enfant et adulte B3. Enfant et adulte C3. Enfant et adulte
    A4. Enfant B4. Enfant C4. Enfant
    A5. Enfant et coercition envers des enfants B5. Enfant et coercition envers des enfants C5. Enfant et coercition envers des enfants
    A6. Rapport consensuel entre adultes et coercition envers des adultes B6. Adulte consentant et coercition envers des adultes C6. Adulte consentant et coercition envers des adultes
    A7. Coercition envers des adultes B7. Coercition envers des adultes C7. Coercition envers des adultes
    A8. Coercition envers des adultes et des enfants B8. Coercition envers des adultes et des enfants C8. Coercition envers des adultes et des enfants
    A9. Excitation sexuelle à tous les stimuli B9. Excitation sexuelle à tous les stimuli C9. Excitation sexuelle à tous les stimuli
    A10. Refus B10. Refus C10. Refus
    A11. Test non subi B11. Test non subi C11. Test non subi


  71. La pléthysmographie pénienne a révélé une excitation sexuelle déviante à


    1. S.O. (test non subi ou refus)
    2. Oui, précisez _____________________________
    3. Non


  72. Séance de contrôle de l’excitation sexuelle avant le traitement


    1. S.O. (aucune séance de contrôle de l’excitation sexuelle)
    2. Incapacité de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle
    3. Capacité limitée de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle
    4. Capacité de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle sous le seuil de signification


  73. Séance de contrôle de l’excitation sexuelle après le traitement


    1. S.O.(aucune séance de contrôle de l’excitation sexuelle)
    2. Incapacité de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle
    3. Capacité limitée de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle
    4. Capacité de réduire ou d’inhiber l’excitation sexuelle sous le seuil de signification


    Paraphilie



  74. Le délinquant utilise du matériel pornographique.


    1. Jamais
    2. Rarement
    3. Parfois
    4. régulièrement
    5. Très souvent


  75. Appels téléphoniques obscènes


    1. Oui
    2. Non


  76. Exhibitionnisme


    1. Oui
    2. Non


  77. Voyeurisme


    1. Oui
    2. Non


  78. Bestialité


    1. Oui
    2. Non


  79. Frotteurisme


    1. Oui
    2. Non


  80. Travestisme


    1. Oui
    2. Non


  81. Vol de vêtements ou de sous-vêtements de femmes ou d’enfants


    1. Oui
    2. Non


  82. Fétichisme


    1. Oui, précisez ______________
    2. Non


  83. Ligotage


    1. Oui
    2. Non


  84. Sadomasochisme


    1. Oui
    2. Non


  85. Excitation sexuelle à la vue de scènes de violence ou de viol à la télévision, au cinéma ou sur Internet


    1. Oui
    2. Non


  86. Excitation sexuelle à la vue d’enfants à la télévision, au cinéma ou sur Internet


    1. Oui
    2. Non


  87. Masturbation en regardant des photos d’enfants


    1. Oui
    2. Non


  88. Sadisme sexuel


    1. Oui
    2. Non


  89. Masturbation en entretenant des idées d’homicide de nature sexuelle


    1. Oui
    2. Non


  90. Nécrophilie


    1. Oui
    2. Non


  91. Prise de photos ou tournage de vidéos représentant des comportements délinquants


    1. Oui
    2. Non


    Total - Paraphilies (somme des « oui » pour les énoncés 74 à 91)
     

    _________________________



    II. PROFIL DES VICTIMES



  92. Nombre total de victimes d’agression sexuelle identifiées avant le traitement
     

    __________



  93. Nombre total de victimes d’agression sexuelle identifiées après le traitement
     

    __________



  94. Sexe des victimes

    1. Masculin
    2. Féminin
    3. Victimes des deux sexes


    Âge des victimes



  95. Enfants en bas âge (de la naissance à 5 ans)


    1. Oui
    2. Non


  96. Enfants prépubères (de 6 à 9 ans)


    1. Oui
    2. Non


  97. Enfants pubères (de 10 à 13 ans)


    1. Oui
    2. Non


  98. Adolescents (de 14 à 17 ans)


    1. Oui
    2. Non


  99. Adultes (18 ans et plus)


    1. Oui
    2. Non


  100. Personnes âgées (65 ans et plus)


    1. Oui
    2. Non


  101. Âges multiples


    1. Oui
    2. Non


  102. Appartenance ethnique des victimes


    1. Race blanche
    2. Origine autochtone
    3. Inuit
    4. Métis
    5. Asiatique
    6. Race noire
    7. Origine hispanique
    8. Origines diverses


    Lien entre les victimes et le délinquant



  103. Membres de la famille


    1. S.O. (les victimes n’étaient pas des membres de la famille)
    2. Membres de la famille immédiate, précisez __________________
    3. Membres de la famille élargie, précisez _________________
    4. Membres de la famille sans lien biologique, précisez _______________
    5. Divers membres de la famille


  104. Amis de la famille


    1. Oui
    2. Non


  105. Personnes autres qu’un membre de la famille en situation d’autorité ou de confiance


    1. Oui
    2. Non


  106. Amis ou connaissances


    1. Oui
    2. Non


  107. Inconnus


    1. Oui
    2. Non


  108. Liens multiples avec les victimes


    1. Oui
    2. Non


  109. Durée approximative de l’infraction sexuelle à l’origine de la peine, s’il y a eu plus d’un contact _______ mois


  110. Consommation de substances intoxicantes par les victimes


    1. Consommation d’alcool au moment où l’infraction a été commise
    2. Consommation de drogue au moment où l’infraction a été commise
    3. Consommation d’alcool et de drogue au moment où l’infraction a été commise
    4. Aucune consommation de substances intoxicantes au moment où l’infraction a été commise


    Actes perpétrés contre les victimes

  111. Attouchements


    1. Oui
    2. Non


    1. Pénétration avec les doigts


      1. Oui
      2. Non


  112. Rapports sexuels simulés


    1. Oui
    2. Non


    1. Rapports sexuels buccaux-génitaux


      1. Oui
      2. Non


  113. Rapports sexuels anaux


    1. Oui
    2. Non


  114. Rapports sexuels vaginaux


    1. S.O. (victimes de sexe masculin seulement)
    2. Oui
    3. Non


  115. Introduction d’objets


    1. Oui
    2. Non


  116. Violence physique


    1. Oui
    2. Non


    1. Vociférations et injures à l’endroit de la victime


      1. Oui
      2. Non


    2. La victime a étépoussée, bousculée ou empoignée


      1. Oui
      2. Non


    3. La victime a reçu des coups de poings ou de pieds


      1. Oui
      2. Non


    4. La victime a étéattachée ou bâillonnée


      1. Oui
      2. Non


  117. La victime est décédée des suites de l’infraction


    1. Oui
    2. Non


    Dynamique familiale



  118. Principal dispensateur de soins pendant l’enfance


    1. Mère et père
    2. Mère
    3. Père
    4. Grand-mère ou grand-père
    5. Autre(s) personne(s) apparentée(s)
    6. Personne(s) autre(s) qu’un membre de la famille
    7. Famille(s) d’accueil / foyer(s) collectif(s)
    8. Élevé en tant que pupille de la collectivité
    9. Autre ___________


  119. Nombre total de dispensateurs de soins de la naissance à l’âge de 18 ans
     

    __________



  120. Délinquant séparéde ses parents ou abandonnépar eux


    1. Oui
    2. Non


  121. Père biologique inconnu


    1. Oui
    2. Non


  122. Divorce ou séparation des parents


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  123. Infidélité ou promiscuité sexuelle de la mère


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  124. Infidélité ou promiscuité sexuelle du père


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  125. Maladie physique des parents


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  126. Maladie mentale des parents


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  127. Abus d’alcool, de drogue ou de solvant par les parents


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  128. Suicide au sein de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  129. Homicide au sein de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  130. Criminalité au sein de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  131. Observation ou connaissance d’actes de violence physique de la part des parents au sein de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  132. Observation ou connaissance d’actes de violence sexuelle de la part des parents au sein de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


    Mauvais traitements subis par le délinquant pendant l’enfance

  133. Violence physique


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  134. Nombre d’auteurs de violence physique
     

    __________



  135. Sexe des auteurs de violence physique


    1. S.O.
    2. Masculin seulement
    3. Féminin seulement
    4. Masculin et féminin


  136. Lien familial avec le délinquant


    1. S.O.
    2. Membres de la famille immédiate, précisez _____________
    3. Membres de la famille élargie, précisez ______________
    4. Membres de la famille sans lien biologique, précisez __________
    5. Divers membres de la famille


  137. Violence physique exercée par des personnes autres que des membres de la famille


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  138. Violence sexuelle


    1. Oui
    2. Non


  139. Âge au moment de la première expérience de violence sexuelle
     

    __________



  140. Nombre d’auteurs de violence sexuelle
     

    __________



  141. Sexe des auteurs de violence sexuelle


    1. S.O.
    2. Masculin seulement
    3. Féminin seulement
    4. Masculin et féminin


  142. Lien familial avec le délinquant


    1. S.O.
    2. Membres de la famille immédiate, précisez _____________
    3. Membres de la famille élargie, précisez ______________
    4. Membres de la famille sans lien biologique, précisez __________
    5. Divers membres de la famille


  143. Violence sexuelle exercée par un inconnu


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  144. Violence sexuelle exercée par un ami, un ami de la famille ou une connaissance


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  145. Témoin de comportements sexuels déviants ou de matériel pornographique avant l’âge adulte


    1. Oui
    2. Non


  146. Violence psychologique


    1. Oui
    2. Non


  147. Sexe des auteurs de violence psychologique


    1. S.O.
    2. Masculin seulement
    3. Féminin seulement
    4. Masculin et féminin


  148. Lien familial avec le délinquant


    1. S.O.
    2. Membres de la famille immédiate, précisez _____________
    3. Membres de la famille élargie, précisez ______________
    4. Membres de la famille sans lien biologique, précisez __________
    5. Divers membres de la famille


  149. Négligence


    1. Oui
    2. Non


  150. Sexe des auteurs de négligence


    1. S.O.
    2. Masculin seulement
    3. Féminin seulement
    4. Masculin et féminin


  151. Lien avec le délinquant


    1. S.O.
    2. Mère
    3. Père
    4. Mère et père
    5. Autre principal dispensateur de soins


    Cote – Dysfonctionnement familial : (somme des «oui» pour les énoncés 120 à 132, 133, 138, 146, 149)
     

    __________



    Abus de substances intoxicantes



  152. Le délinquant avait consommé de l’alcool, de la drogue ou du solvant au moment où l’infraction a été commise.


    1. Oui
    2. Non


  153. Antécédents d’abus d’alcool


    1. Oui
    2. Non


    1. Âge du délinquant lorsqu’il a commencé à consommer de l’alcool  _________




  154. Antécédents d’abus de drogues


    1. Oui
    2. Non


    1. Type de drogues et âge du délinquant lorsqu’il a commencéà les consommer


      1. Marijuana (hachisch, huile, herbe)
        Âge ______
      2. Opiacés (héroïne, morphine)
        Âge ______
      3. Crack ou cocaïne
        Âge ______
      4. Substances hallucinogènes (LSD, PCP)
        Âge ______
      5. Médicaments prescrits
        Âge ______


  155. Antécédents d’abus de solvant


    1. Oui
    2. Non


    1. Âge du délinquant lorsqu’il a commencéà consommer des solvants _____

    Antécédents criminels



  156. Nombre total de condamnations avant l’âge adulte


    ____________


  157. Nombre total de condamnations pour des infractions avec violence avant l’âge adulte


    ____________


  158. Nombre d’infractions avec violence n’ayant entraînéaucune condamnation que le délinquant a avouéavoir commises avant l’âge adulte


    1. 0 infraction
    2. 1-2 infractions
    3. 3-5 infractions
    4. 6-9 infractions
    5. 10 infractions ou plus


  159. Âge du délinquant lorsqu’il a commis sa première infraction avec violence


    ____________


  160. Nombre de condamnations pour des infractions sexuelles avant l’âge adulte


    ____________


  161. Nombre infractions sexuelles n’ayant entraînéaucune condamnation que le délinquant a avouéavoir commises avant l’âge adulte


    1. 0 infraction
    2. 1-2 infractions
    3. 3-5 infractions
    4. 6-9 infractions
    5. 10 infractions ou plus


  162. âge du délinquant lorsqu’il a commis sa première infraction sexuelle


    ____________


  163. Nombre total de condamnations à l’âge adulte


    ____________


  164. Nombre de condamnations pour des infractions avec violence à l’âge adulte


    ____________


  165. Nombre d’infractions avec violence n’ayant entraînéaucune condamnation que le délinquant a avouéavoir commises à l’âge adulte


    1. 0 infraction
    2. 1-2 infractions
    3. 3-5 infractions
    4. 6-9 infractions
    5. 10 infractions ou plus


  166. Nombre de condamnations pour des infractions sexuelles à l’âge adulte


    ____________


  167. Nombre d’infractions sexuelles n’ayant entraînéaucune condamnation que le délinquant a avouéavoir commises à l’âge adulte


    1. 0 infraction
    2. 1-2 infractions
    3. 3-5 infractions
    4. 6-9 infractions
    5. 10 infractions ou plus


  168. Appartenance à un gang


    1. Oui, précisez _____________
    2. Non
    3. Appartenance présumée


  169. Automutilation


    1. Oui
    2. Non


  170. Tentative de suicide


    1. Oui
    2. Non
    3. Idées suicidaires sans tentative


  171. Âge du délinquant lorsqu’il a fait sa première tentative de suicide


    ____________


    Fonctionnement au sein de la collectivité



  172. Statut professionnel au moment où l’infraction à l’origine de la peine a été commise


    1. Emploi (à temps plein ou à temps partiel)
    2. Chômage
    3. Études
    4. Retraite ou invalidité


  173. Profession exercée au moment où l’infraction à l’origine de la peine a été commise


    1. Étudiant
    2. Travailleur spécialisé ou non spécialisé
    3. Travailleur qualifié
    4. Employé de bureau ou vendeur
    5. Cadre inférieur
    6. Gestionnaire ou membre de profession libérale
    7. Chômeur ou prestataire d’aide sociale
    8. Retraite ou invalidité
    9. Diverses professions


  174. Antécédents professionnels


    1. Aucun antécédent professionnel
    2. Emplois sporadiques
    3. Emplois stables


  175. Niveau d’instruction au moment où l’infraction à l’origine de la peine a été


    1. Moins d’une 8e année
    2. Moins d’une 12e année
    3. Diplôme d’études secondaires
    4. GED
    5. École de métiers
    6. Université ou collège


  176. Antécédents d’inadaptation scolaire


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non


  177. état civil au moment où l’infraction à l’origine de la peine a étécommise


    1. Célibataire
    2. Marié
    3. Conjoint de fait
    4. Séparéou divorcé
    5. Veuf


    1. Antécédents de violence conjugale (condamnation ou déclaration du délinquant, relation actuelle ou antérieure)


      1. Oui
      2. Non


  178. Le délinquant était ou est marié à une mineure.


    1. S.O. (n’a jamais été marié)
    2. Oui
    3. Non


  179. Problèmes conjugaux ou difficultés dans la relation avec la personne fréquentée


    1. S.O. (n’était pas mariéou ne fréquentait personne)
    2. Oui
    3. Non


  180. Antécédents de promiscuité sexuelle


    1. Oui
    2. Non


  181. Antécédents de dysfonction sexuelle


    1. Oui
    2. Non


  182. Antécédents d’isolement social


    1. Oui
    2. Non


    III. CARACTÉRISTIQUES PROPRES AUX AUTOCHTONES



  183. Autochtone


    1. Oui
    2. Non


  184. Appartenance ethnique


    1. Non autochtone
    2. Indien inscrit ou visé par un traité
    3. Indien non inscrit
    4. Inuit
    5. Métis


  185. Langue(s) parlée(s)


    1. Non autochtone
    2. Anglais
    3. Langue autochtone
    4. Bilingue (langue autochtone et anglais)
    5. Autre __________


  186. Langue maternelle autochtone


    1. Non autochtone
    2. Cri
    3. Ojibway
    4. Seaulteaux
    5. Inuktitut
    6. Déné
    7. Autre ___________
    8. S.O. (anglais seulement)


  187. Collectivité où l’infraction à l’origine de la peine a été commise


    1. Non autochtone
    2. réserve
    3. Rurale
    4. Urbaine
    5. Diverses collectivités


  188. Collectivité de résidence au moment où l’infraction àl’origine de la peinea été commise


    1. Non autochtone
    2. réserve
    3. Rurale
    4. Urbaine


  189. Collectivité d’origine


    1. Non autochtone
    2. réserve
    3. Rurale
    4. Urbaine


  190. Le délinquant a été élevé dans la collectivité d’origine


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


  191. Éducation traditionnelle autochtone


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


  192. Participation à un programme de traitement s’adressant aux Autochtones dans l’établissement


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


  193. Participation à un programme de traitement s’adressant aux Autochtones après la libération


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


  194. Rencontres avec un Aîné autochtone dans l’établissement


    1. Non autochtone
    2. Rencontres régulières
    3. Rencontres occasionnelles
    4. Rencontres peu fréquentes
    5. Aucune rencontre


  195. Rencontres avec un Aîné autochtone après la libération


    1. Non autochtone
    2. Rencontres régulières
    3. Rencontres occasionnelles
    4. Rencontres peu fréquentes
    5. Aucune rencontre


  196. Le délinquant a séjourné dans un pensionnat.


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


  197. Le délinquant a été victime de violence sexuelle au pensionnat.


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non
    4. S.O. (n’a pas séjourné dans un pensionnat)


  198. Le délinquant a été victime de violence physique au pensionnat.


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non
    4. S.O. (n’a pas séjourné dans un pensionnat)


  199. Le délinquant a été victime de violence psychologique au pensionnat.


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non
    4. S.O. (n’a pas séjourné dans un pensionnat)


  200. Le délinquant a étévictime de racisme au sein de la collectivitéou de l’établissement


    1. Non autochtone
    2. Oui
    3. Non


    IV. TRAITEMENT



  201. Participation à un programme de traitement des délinquants sexuels avant l’infraction à l’origine de la peine


    1. Oui
    2. Non


  202. Participation à un programme de traitement des délinquants sexuels dans un autre établissement


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non

    Pour l’infraction à l’origine de la peine



  203. Participation au CPR


    1. Oui
    2. Non


  204. Participation à Base Exodus


    1. Oui
    2. Non


  205. Durée totale du traitement offert par la FBMC


    ____________ mois


  206. Lieu du traitement offert par la FBMC


    1. Établissement Stony Mountain seulement
    2. Établissement Stony Mountain et collectivité
    3. Établissement Stony Mountain et établissement Rockwood
    4. Établissement Stony Mountain, établissement Rockwood et collectivité
    5. Établissement Rockwood seulement
    6. Établissement Rockwood et collectivité
    7. Collectivité seulement


  207. Thérapeute principal


    1. Lawrence Ellerby
    2. Brenda Ellerby
    3. Todd Smith
    4. Jacqueline Bedard
    5. Autre__________


  208. Participation au programme de traitement contemporain


    1. Oui
    2. Non


  209. Participation à une thérapie individuelle


    1. Oui
    2. Non


  210. Participation au programme de traitement mixte


    1. Oui
    2. Non


  211. Participation à une thérapie de couple


    1. S.O. (n’était pas marié ou ne fréquentait personne)
    2. Oui
    3. Non


  212. Participation à une thérapie familiale


    1. S.O. (n’avait pas de famille)
    2. Oui
    3. Non


  213. Conjoint(e) participant à un groupe de soutien des conjoints


    1. S.O. (n’était pas marié ou ne fréquentait personne)
    2. Oui
    3. Non


  214. Changement dans la forme d’excitation sexuelle


    1. Oui
    2. Non


  215. Rencontres avec un agent de soutien communautaire


    1. Oui
    2. Non


  216. Gestion de l’excitation sexuelle à l’aide de médicaments


    1. Oui
    2. Non


  217. État d’avancement du traitement


    1. En cours
    2. Refus
    3. Abandon
    4. Interruption
    5. Traitement terminé
    6. Suspension
    7. Transfert


    1. Suspension


      1. Suspension et mise en accusation pour une nouvelle infraction sans violence de nature non sexuelle
      2. Suspension et mise en accusation pour une nouvelle infraction avec violence
      3. Suspension et mise en accusation pour une nouvelle infraction sexuelle
      4. Suspension et retour au traitement
      5. Suspension pour manquement aux conditions
      6. Suspension pour manquement aux conditions et liberté conditionnelle révoquée


  218. Poursuite du traitement après la date d’expiration du mandat


    1. S.O.
    2. Oui
    3. Non

    Récidive



  219. Mise en accusation pour une infraction sexuelle (après le traitement)


    1. Oui (a terminé le traitement)
    2. Non (a terminé le traitement)
    3. Oui (n’a pas terminé le traitement)
    4. Non (n’a pas terminé le traitement)


  220. Mise en accusation pour une infraction avec violence (après le traitement)


    1. Oui (a terminé le traitement)
    2. Non (a terminé le traitement)
    3. Oui (n’a pas terminé le traitement)
    4. Non (n’a pas terminé le traitement)


  221. Mise en accusation pour une infraction sans violence de nature non sexuelle (après le traitement)


    1. Oui (a terminé le traitement)
    2. Non (a terminé le traitement)
    3. Oui (n’a pas terminé le traitement)
    4. Non (n’a pas terminé le traitement)

    Évaluation du risque



  222. Cote ISGR


    ____________


  223. Cote EERV-VDS


    ____________


  224. Risque de récidive sexuelle d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  225. Niveau des besoins de récidive sexuelle d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  226. Risque de récidive sexuelle d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  227. Niveau des besoins de récidive sexuelle d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  228. Risque de récidive violente d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  229. Niveau des besoins de récidive violente d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  230. Risque de récidive violente d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  231. Niveau des besoins de récidive violente d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  232. Risque de récidive non violente d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  233. Niveau des besoins de récidive non violente d’après le jugement clinique (avant le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  234. Risque de récidive non violente d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible


  235. Niveau des besoins de récidive non violente d’après le jugement clinique (après le traitement)


    1. Élevé
    2. Moyen
    3. Faible