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Profil de femmes incarcérées auteures de violence faite à un partenaire intime : conséquences pour le traitement

R-175
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Natalie Gabora,
Lynn Stewart,
Kelly Lilley
et
Nicole Allegri

Opérations et programmes correctionnels,
Division des programmes de réinsertion sociale
Service correctionnel du Canada

Octobre 2005

RÉSUMÉ

Il a été découvert que la violence des femmes à l’égard de leurs partenaires intimes masculins est aussi fréquente que celle des hommes à l’égard de leurs partenaires intimes féminins. À ce jour, cependant, peu d’études ont cherché à comprendre la violence des femmes à l’égard de leurs partenaires. Un nouvel organisme de recherche suggère que plusieurs mobiles et facteurs contextuels peuvent distinguer les femmes des hommes au chapitre de la violence conjugale et que les conséquences de cette violence peuvent aussi différer selon le sexe. La présente étude a cherché à explorer les caractéristiques des femmes violentes à l’égard de leurs partenaires intimes, ainsi que le contexte, les mobiles et les conséquences de cette violence.

Les données sont tirées du Système de gestion des délinquant(e)s, une base de données que gère le Service correctionnel du Canada et qui renferme tous les renseignements figurant au dossier des délinquants. En septembre 2002, il a été calculé que des 897 femmes qui purgeaient une peine de ressort fédéral, 15 % (N = 135) avaient été violentes à l’endroit d’un partenaire intime. Un profil de ces délinquantes a été obtenu, et un échantillon pris au hasard (n = 58) a ensuite été utilisé pour examiner en détail le contexte, les mobiles et les conséquences de la violence des femmes à l’égard des hommes.

L’étude a permis de dégager que les femmes ayant des antécédents de violence à l’endroit d’un partenaire intime avaient tendance à être dans la trentaine avancée, célibataires ou conjointes de fait. Près de 45 % d’entre elles étaient autochtones, les autres se déclarant de race blanche. La plupart purgeaient une peine d’une durée déterminée dans un établissement et étaient classées comme ayant un niveau de risque modéré et des besoins élevés.

Un examen approfondi du dossier de 58 délinquantes ayant des antécédents de violence familiale a révélé qu’elles avaient souvent été victimes de mauvais traitements durant leur enfance et à l’âge adulte. Les femmes violentes s’en prenaient le plus souvent aux hommes et, dans presque tous les cas, la violence était physique. Près de 70 % avaient perpétré au moins un acte violent qui avait donné lieu à une blessure légère et 30 % avaient causé une blessure de gravité moyenne exigeant des soins médicaux. Des analyses limitées comparant les femmes violentes en général et celles violentes uniquement à l’endroit d’un partenaire laissent suggérer que les premières ont tendance à afficher des formes de violence plus extrêmes et à réintégrer la société plus difficilement.

Les mobiles du recours à la violence sont divers. Même si la majorité des femmes avaient des antécédents de violence mutuelle avec leur partenaire intime, 64 % étaient les principales agresseurs dans au moins un incident. Le recours à la violence pour se défendre ou pour défendre des enfants étaient des mobiles peu fréquents.

Selon l’Évaluation du risque de violence conjugale, la plupart des femmes présentaient un faible risque de violence à l’égard d’un partenaire intime (64 %), mais une proportion assez importante (29 %) était considérée un risque modéré. Selon l’évaluation, les facteurs de risque de violence conjugale les plus probants chez les femmes sont les antécédents de mauvais traitements physiques à l’endroit de partenaires intimes, la toxicomanie et des problèmes sur le plan de l’emploi. Ces facteurs prévalent aussi chez les hommes violents.

Ensemble, ces résultats viennent renforcer la nécessité d’un programme de prévention de la violence misant sur les circonstances uniques du comportement violent des femmes dans leur milieu familial. Un tel programme peut contribuer à l’objectif du Service, celui de renforcer la réinsertion en toute sécurité des femmes dans la collectivité, ainsi qu’à la priorité du gouvernement, celle de protéger le public pour éviter d’autres futures blessures.

 

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES TABLEAUX

 

INTRODUCTION

On a toujours pensé à la violence familiale comme à la violence faite par les hommes à l’égard de leurs partenaires féminins, et sur les plans social, politique et de la recherche, on s’intéressait surtout à la violence familiale commise par les hommes. On refusait obstinément sur les plans social et politique de percevoir les femmes comme auteures d’abus et de violence, de crainte de détourner l’attention du problème plus sérieux de la violence masculine à l’endroit des femmes (Koonin, Cabarcas et Geffner, 2002; Mills, 2003). En conséquence, il a très peu été question des femmes comme auteures de violence faite à un partenaire intime et très peu d’attention a été consacrée à l’élaboration d’interventions efficaces auprès des délinquantes. Malgré des taux de prévalence élevés, la violence dans les relations lesbiennes en particulier a fait l’objet de très peu d’études (Mills, 2003; Worcester, 2002).

Au fil des ans, plus de 30 études ont démontré que les taux de violence intime commise par des hommes et par des femmes étaient à peu près les mêmes (Currie, 1998). Une étude canadienne récente de grande envergure étaye ces constatations, étant donné que 8 % des femmes et 7 % des hommes ont dit avoir été victimes de violence au cours des cinq dernières années, aux mains de leur partenaire (Johnson et Hotton, 2001). En revanche, un deuxième groupe de chercheurs a démontré que la violence intime commise par les femmes à l’endroit des hommes existe, mais ne représente que de 5 % de l’ensemble des cas de violence familiale (Dobash et Dobash, 2000; Pagelow, 1992).

Johnson (1995) fait valoir que les taux différents de violence décrits par ces deux traditions de recherche découlent du choix par les chercheurs d’échantillons différents, en grande partie des populations sans chevauchements, qui font face à des formes différentes de violence. La violence commune au sein des couples, qui est répartie de façon assez égale entre les deux sexes, est visée par la méthode de recherche-sondage, alors que le terrorisme patriarcal, qui concerne les attentats terrifiants commis par des hommes à l’endroit de leurs partenaires féminins, est visé par la recherche émanant du système de justice pénale ou d’autres organismes sociaux, tels que les refuges. Une méta-analyse récente (Archer 2000) a permis de constater des différences entre les sexes quant à la gravité de la violence et a étayé l’hypothèse selon laquelle les études qui examinent les actes de violence produisent des résultats différents des études qui examinent les conséquences de la violence. Archer (2000) a établi que les femmes sont légèrement plus enclines que les hommes à déclarer avoir commis une agression physique contre un partenaire intime et à poser ces actes de façon plus fréquente. Cependant, les hommes sont plus susceptibles de causer une blessure que les femmes.

Le contexte de la violence commise par les femmes contre des partenaires intimes

Le contexte interpersonnel et les mobiles des femmes qui utilisent la violence contre leurs partenaires ne sont pas particulièrement bien compris. De nombreuses études indiquent que la majorité des femmes sont violentes dans des situations de violence dirigée contre elles par leurs partenaires masculins. Par exemple, Saunders (1986) a déterminé que, dans la vaste majorité des cas, la violence utilisée par les femmes battues contre leurs partenaires était une réaction d’autodéfense ou était en réplique à la violence de leurs partenaires à leur endroit. Des constatations similaires ont été faites, même auprès de femmes ayant été arrêtées pour violence faite à un partenaire intime (Hamberger et Polente, 1994; Henning, Jones et Holdford, 2003). Ces chercheurs ont conclu que les femmes agresseurs responsables de violence familiale diffèrent des délinquants masculins dont la violence est plus souvent liée à des questions de pouvoir ou de contrôle ou à la crainte d’être abandonnés.

Cependant, la conclusion que les femmes sont plus portées à abuser physiquement exclusivement par désir de représailles ou par autodéfense n’a pas été tirée dans tous les projets de recherche. Par exemple, certaines recherches montre que les femmes déclenchent la violence aussi souvent que les hommes (Stets et Straus, 1990), et que leur violence n’est pas principalement en réponse à la violence des partenaires masculins, à tout le moins pas pour les agressions mineures (Morse, 1995).

Hamberger et Guse (2002) ont découvert que les femmes à qui le tribunal a ordonné de suivre des séances de counselling pour la violence familiale et les femmes dans les refuges étaient plus susceptibles de faire état d’une grande peur et d’appeler la police lorsque leurs partenaires commettaient un acte de violence que les hommes à qui le tribunal a ordonné de suivre du counselling; les hommes avaient plus tendance que les femmes à discréditer la violence commise par leurs partenaires. Les hommes et les femmes visés par une ordonnance de la cour apparaissaient semblables du point de vue de la violence exprimée, de la fréquence de la violence et des effets préjudiciables de cette violence. Cependant, les hommes manifestaient plus de comportements de domination ou de contrôle que les femmes visées par une ordonnance de la cour ou les femmes ayant demandé refuge, ce qui laisse croire que, dans les relations de violence mutuelle, les hommes semblent davantage amorcer et contrôler la dynamique de la violence. Également, Swan et Snow (2002) ont découvert que les hommes auteurs d’agressions contrôlaient davantage par la coercition que les femmes auteures d’agressions. En comparaison aux femmes, les partenaires masculins usaient plus souvent des actes de violence classiques suivants : contrainte sexuelle, contrôle coercitif, blessures et violence physique grave.

Harned (2001) a constaté que les hommes et les femmes signalaient autant de cas de violence de la part de leurs partenaires hétérosexuels et homosexuels, bien que le type de violence soit différent. Les femmes étaient plus susceptibles d’être l’objet de victimisation sexuelle, alors que les hommes étaient plus souvent l’objet d’agressions psychologiques. Les taux de violence physique étaient similaires chez les deux sexes, bien que les conséquences d’une telle violence aient été beaucoup plus graves pour les femmes. Il est intéressant de noter que l’étude a indiqué que les hommes et les femmes semblaient autant recourir à la violence physique à des fins d’autodéfense.

Pour résumer, les femmes peuvent avoir recours à la violence aussi souvent que les hommes, mais les mobiles pour lesquels elles le font et les effets de leur violence semblent assez différents. Même dans les relations où les femmes ont été les agresseurs, les femmes faisaient habituellement l’expérience d’une importante violence aux mains de leurs partenaires et étaient susceptibles d’être plus négativement éprouvées par la violence du partenaire.

Caractéristiques des femmes ayant commis des actes de violence familiale 

Il existe un volume important de recherches sur les histoires vécues et les caractéristiques psychologiques des agresseurs de violence familiale masculins et tous ces documents ont orienté l’élaboration de modèles théoriques et de stratégies d’intervention. En comparaison, les travaux sur les femmes ayant commis des délits de violence familiale commencent à peine à être publiés. Une vaste étude a permis d’établir que les hommes et les femmes auteurs de violence familiale ont eu des expériences familiales semblables dans l’enfance (Henning, Jones et Holdford, 2003). Une femme sur quatre a dit avoir été témoin de violence parentale, une femme sur trois a été victime de mauvais traitements aux mains d’un pourvoyeur de soins et la plupart (81,5 %) ont dit que leurs parents avaient eu recours à des châtiments corporels. La souffrance liée à la relation était également la même chez les hommes et les femmes; cependant, comparativement aux délinquants masculins, les femmes étaient plus susceptibles d’envisager de laisser leurs partenaires. Des différences sont également apparues sur le plan de la santé mentale, entre les délinquants masculins et féminins. Les femmes étaient trois fois plus susceptibles que les hommes d’avoir fait une tentative de suicide et leur utilisation de médicaments psychotropes était aussi plus répandue que chez les hommes. Moins de femmes que d’hommes avaient eu des problèmes de toxicomanie et des antécédents de sérieux problèmes de conduite au cours de l’enfance. Par rapport aux hommes, les femmes étaient plus susceptibles d’afficher des symptômes de personnalité compulsive, histrionique et de trouble de la personnalité limite, bien que les travaux ne semblent pas arriver aux mêmes résultats en ce qui a trait aux différences entre les sexes en matière de troubles de la personnalité (Magdol et coll., 1997; Smith-Acuna, Henderson Metzger et Watson, 2004).

Henning et Feder (2004) ont comparé les caractéristiques démographiques, les variables concernant les antécédents criminels et les antécédents de violence familiale de 5 578 hommes et de 1 126 femmes arrêtés pour voies de fait contre un partenaire intime hétérosexuel. Dans l’ensemble, les résultats ont indiqué que, par rapport aux femmes, les hommes ont des taux plus élevés de facteurs de risque de récidive (incluant récidive de la violence générale et la violence familiale). Sur les 20 facteurs de risque communément mentionnés, les femmes ont eu des taux de risque plus élevés que les hommes quant à trois facteurs seulement – gravité de l’infraction à l’origine de la peine, problèmes d’emploi, plus jeune âge. Comparativement à la violence commise par des délinquants masculins, la violence des femmes est moins grave et leurs partenaires semblent moins se sentir sérieusement menacés. Les délinquantes étaient également moins susceptibles que les hommes d’avoir fait l’objet d’accusations au criminel par le passé. Les hommes semblaient davantage avoir des problèmes de consommation d’alcool et (ou) de drogue.

Bien que certaines études semblent démontrer que la violence dans les relations lesbiennes présente bon nombre des facteurs de risque et des corrélats liés à la violence masculine à l’endroit d’un partenaire intime féminin (Glass, Koziol-McLain, Campbell et Block, 2004; Renzetti, 1992), les travaux qui permettraient de comparer les femmes violentes à l’endroit de partenaires féminins aux femmes violentes à l’endroit de partenaires masculins font également défaut.

Il est admis que les auteurs de violence familiale ne constituent pas un groupe homogène et plusieurs typologies de délinquantes ont récemment été proposées (Johnson, 2000; Swan et Snow, 2002). Babcock, Miller et Siard (2003) ont proposé une typologie reposant sur l’étendue de l’utilisation de la violence par les agresseurs : les femmes violentes à l’égard de leur partenaire seulement recourent à la violence uniquement contre leur partenaire intime, alors que les femmes généralement violentes recourent à la violence à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la relation intime. La moitié des 52 femmes ayant agressé leur partenaire hétérosexuel ou homosexuel ont été classées comme violentes à l’égard du partenaire seulement et la moitié ont été classées comme généralement violentes. Comparativement aux femmes violentes à l’égard du partenaire seulement, les femmes généralement violentes étaient plus violentes à l’égard de leur partenaire, motivées par le désir de contrôler leur partenaire et plus maltraitantes sur le plan émotif et blâmaient davantage l’autre pour expliquer leur violence. De plus, leur violence était une façon d’arriver à leurs fins et elle était utilisée dans toute une gamme de situations. Les femmes généralement violentes faisaient état de plus de symptômes de traumatisme (cauchemars, dissociations) que les femmes violentes à l’égard de leur partenaire seulement, mais elles n’avaient pas d’antécédents de maltraitance plus graves, que ce soit dans l’enfance ou au cours de leur relation avec leur partenaire. Les femmes généralement violentes affichaient plus de problèmes psychologiques et des antécédents criminels plus lourds. Sur le plan du développement, plus de femmes généralement violentes semblaient avoir été témoins de la violence de leurs mères à l’égard de leurs pères, que de femmes violentes à l’égard de leur partenaire seulement, ce qui laisse croire qu’on leur avait enseigné qu’il était acceptable qu’une femme ait recours à la violence contre son partenaire intime.

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ÉTUDE EN COURS

Les recherches menées jusqu’à maintenant ont montré un premier aperçu de la question de la violence dans les rapports des femmes. Notre examen des écrits a révélé la rareté des programmes à l’intention des délinquantes ayant commis des délits de violence familiale, reposant sur des modèles théoriques et de traitement élaborés spécifiquement pour les délinquantes, et qui prennent en considération les mobiles uniques et la dynamique propre à la violence par les femmes (sauf une exception, voir Koonin, Cabarcas et Geffner, 2002). L’étude en cours vise à examiner davantage l’existence et la nature des rapports de violence des délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral au Canada et à proposer des domaines d’intervention.

Questions de recherche

  1. Qu’est-ce qui caractérise les femmes violentes à l’endroit d’un partenaire intime du point de vue de la démographie, des infractions, du risque et des besoins?
  2. Dans quel contexte les femmes sont-elles violentes dans leurs rapports intimes?
  3. Quelles sont les conséquences des comportements violents des femmes pour les victimes?
  4. Pourquoi les femmes sont-elles violentes à l’endroit de leurs partenaires?
  5. Quels sont les indicateurs de risque de violence à l’endroit de partenaires intimes chez les délinquantes? Ces indicateurs sont-ils différents chez les délinquants?

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MÉTHODE

Population

L’étude visait les délinquantes qui étaient sous responsabilité fédérale en septembre 2002 et qui avaient des antécédents de violence à l’endroit de partenaires intimes (infractions à l’origine de leur peine en cours et/ou d’une peine antérieure). Ce groupe a été utilisé pour générer un profil descriptif des délinquantes violentes à l’endroit de partenaires intimes. De ce groupe, un échantillon de 58 délinquantes ont été choisies au hasard pour examiner les facteurs contextuels, les mobiles et les conséquences de leur violence. L’échantillon était représentatif de la population de délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral ayant des antécédents de violence à l’endroit de partenaires intimes, au regard de variables telles que l’âge, la durée de la peine et le risque global.

Extraction de données

Au Service correctionnel du Canada (SCC), les délinquants sont évalués au moyen du processus de l’Évaluation initiale des délinquants (EID) au cours des premières semaines de leur incarcération, afin de cerner les facteurs statiques et dynamiques qui influent sur leur comportement criminel et par conséquent sur leur réinsertion sociale en toute sécurité et en temps opportun. De nombreux indicateurs sont évalués pour chacun des sept domaines (fonctionnement dans la communauté, attitude générale, emploi, fréquentations et relations sociales, orientation personnelle et affective, toxicomanie et relations matrimoniales et familiales). Ces renseignements, ainsi que d’autres documents relatifs à la planification des services correctionnels pour les délinquants, sont gérés de façon électronique au moyen de la base de données du Système de gestion des délinquant(e)s (SGD). L’indicateur de l’EID « violence conjugale » était utilisé pour repérer les détenues de la population à l’étude. On poursuivait l’interrogation dans la base de données du SGD pour obtenir les caractéristiques démographiques, de l’information sur les infractions à l’origine la peine en cours et le profil de risque et le profil des besoins de ces délinquantes. Pour des examens plus approfondis du sous-échantillon choisi pour l’interrogation, chacun des dossiers du SGD des délinquantes a été examiné par l’une des deux chercheuses et les variables dignes d’intérêt ont été codées au moyen d’un modèle standardisé. Le coefficient d’objectivité a été évalué pour un petit échantillon (n=5); les réponses des codeurs concordaient de 80 à 100 % du temps pour 75 % des variables, et de 40 à 60 % du temps pour 25 % des variables.

Preuve des indicateurs de risque.  Le guide d’Évaluation du risque de violence conjugale (ERVC) est une liste de vérification de 20 facteurs de risque de violence conjugale (Kropp, Hart, Webster et Eaves, 1995). En fonction de l’évaluation des facteurs, on procède à une évaluation du risque général. En ce moment, l’ERVC est validée uniquement pour les délinquants masculins (Kropp et Hart, 2000) et, en conséquence, l’instrument n’est pas utilisé au SCC pour l’évaluation du risque que représentent les délinquantes. Un des objectifs de la présente étude est de déterminer si le risque de violence conjugale des délinquantes est indiqué par des variables similaires à celles des hommes, selon l’ERVC. Les chercheurs ont reçu une formation officielle sur l’administration, l’évaluation et l’interprétation de l’ERVC. L’ERVC a été codée en fonction des dossiers que contenait le SGD.

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RÉSULTATS

Profile des femmes violentes à l’endroit d’un partenaire intime

Données démographiques

En septembre 2002, 897 femmes purgeaient une peine de ressort fédéral au Canada. Parmi ces femmes, 15,1 % (n=135) avaient des antécédents de violence contre un partenaire intime. Elles étaient âgées de 20 à 71 ans, leur âge moyen se situant à 37 ans. Soixante-dix pour cent d’entre elles avaient terminé au moins leur 10e année. L’état matrimonial le plus commun était célibataire (38,3 %), suivi de conjointe de fait (33,6 %). Un fort pourcentage (43,6 %) des femmes dans l’échantillon étaient autochtones; 48,9 % étaient de race blanche.

Infraction à l’origine de la peine en cours

Parmi les 135 femmes, seize purgeaient une peine d’emprisonnement à perpétuité (11.9%); la durée moyenne de la peine pour les autres était de 3,29 ans. Plus de la moitié des femmes (58,5 %) avaient été trouvées coupables d’au moins une infraction avec violence. La catégorie d’infraction la plus courante était homicide (27,4 %), suivie de trafic ou d’importation de drogues (24,4 %) et de vol qualifié (19,3 %). La majorité (60,7 %) étaient incarcérées, alors les autres étaient sous surveillance dans la collectivité.

Profil de risques/besoins

Pour la majorité des femmes, on a estimé au moment de leur admission qu’elles présentaient un risque modéré (56 %), qu’elles manifestaient un niveau de motivation moyen (51,1 %) de s’attaquer aux facteurs liés à leur comportement criminel, et qu’elles avaient des besoins élevés en ce qui concernait leur comportement criminel (52,2 %). La plupart des femmes étaient évaluées à l’admission comme présentant un potentiel de réinsertion sociale élevé (38,3 %). Comme le montre le tableau 1, une majorité de femmes ont été évaluées à l’admission comme ne présentant aucun problème de fonctionnement dans la communauté et d’attitude générale. Le plus souvent, l’évaluation montrait que les femmes avaient un besoin modéré ou manifeste dans les domaines de l’emploi, des fréquentations et relations sociales, des relations matrimoniales et familiales, de l’orientation personnelle et affective et de la toxicomanie.

Tableau 1. Évaluation des besoins des agresseurs à l’admission par domaine

Domaine Atout / Aucun besoin Besoin modéré / Manifeste
Fonctionnement dans la communauté
69,4 %
30,6 %
Attitude générale
67,9 %
32,1 %
Emploi
26,9 %
73,1 %
Fréquentations et relations sociales
35,8 %
64,2 %
Relations matrimoniales et familiales
19,4 %
80,6 %
Orientation personnelle et affective
5,2 %
94,8 %
Toxicomanie
11,2 %
88,8 %

Note. N = 134.

Contexte entourant le comportement violent des femmes

Victimisation dans l’enfance

Un examen approfondi des dossiers des 58 femmes reconnues comme auteures de violence conjugale a révélé un taux élevé de mauvais traitements au cours de l’enfance/adolescence; 76 % ont été victimes de violence psychologique et 77,2 % de violence physique. La plupart des mauvais traitements étaient le fait de quelqu’un d’autre qu’un membre de la famille (64,1 %), bien que 50 % aient été maltraitées par leur mère, 31 %, par leur père et 44,4 % par un autre membre de la famille. La plupart (70,6 %) avaient connu leur premier épisode de mauvais traitements entre 5 et 15 ans, bien qu’environ 20 % aient été victimes de voies de fait avant l’âge de 5 ans. De plus, l’abus a été évalué comme prolongé et grave dans plus de trois quarts des cas des femmes (78,4 %).

Relations intimes

La plupart (70,8 %) des femmes n’avaient eu que des relations intimes hétérosexuelles, alors que 6,9 % avaient eu uniquement des relations avec un partenaire de même sexe; presque un quart (22,4 %) avaient eu des relations hétérosexuelles et homosexuelles. La durée moyenne des relations intimes était de plus de 5 ans dans le cas de la moitié des femmes.

La violence commise par des délinquantes et leurs partenaires est présentée dans le tableau 2. La plupart des femmes (72,5 %) avaient été violentes dans certaines de leurs relations intimes. Le groupe le plus important de femmes agresseurs (59,6 %) avaient aussi été victimes dans certaines de leurs relations intimes; seules 5,3 % des femmes n’avaient jamais vécu de violence aux mains d’un partenaire intime. Pour 63 % des femmes, la violence avait été déclarée comme d’une longue durée et grave.

Tableau 2. Violence commise par les femmes et par leurs partenaires

Proportion de relations intimes Pourcentage des agresseurs Pourcentage des agresseurs également victimes
Aucune  
5,3 %
Certaines (une minorité)
72,5 %
59,6 %
La plupart (une majorité)
13,7 %
17,5 %
Toutes
13,7 %
17,5 %

Note. N = 58.

Violence des délinquantes

L’infraction à l’origine de la peine de la délinquante était liée à la violence conjugale pour 22,4 % des femmes. Comme le montre le tableau 2, la plupart des femmes avaient été violentes dans certaines de leurs relations intimes, bien que 13,7 % avaient été violentes dans la plupart et 13,7 % dans toutes leurs relations intimes. La victime était un homme dans 82,5 % des cas, une femme dans 10,5 % des cas; 7 % des femmes avaient avoué avoir été violentes à la fois contre des partenaires féminins et masculins. Comme le montre le tableau 3, la violence était commise le plus souvent de façon occasionnelle (c.-à-d, deux ou trois épisodes au cours de la durée de la relation).

La violence était physique dans la plupart des cas; la violence sexuelle (avec ou sans violence physique) était signalée pour 11,1 % des femmes. À un certain moment, 64,3 % avaient utilisé une arme au cours d’un incident violent. L’empoisonnement et le harcèlement avec menaces de la victime étaient rares; 2,8 % et 2,4 % des femmes respectivement avaient commis cette forme de mauvais traitements.

Tableau 3. Fréquence de la violence des délinquantes

Fréquence de la violence Pourcentage de délinquantes
1 incident au cours de la relation
18,9 %
2-3 incidents au cours de la relation
48,6 %
4-5 incidents au cours de la relation
29,7 %
Plus de 5 incidents au cours de la relation
2,7 %

Note. n = 37.

Conséquences de la violence

En général, dans la plupart des incidents de violence faite à un partenaire intime, la victime n’avait pas subi de blessures. Néanmoins, 68,8 % des 58 délinquantes avaient perpétré au moins un acte violent qui avait donné lieu à une blessure légère, 30 % à une blessure de gravité moyenne (c.-à-d,. exigeant des soins médicaux), 18,2 % des blessures exigeant l’hospitalisation et 11,8 % à au moins un acte ayant entraîné le décès de leur partenaire intime.

Mobiles de la violence

Les mobiles de la violence des délinquantes sont fournis dans le tableau 4. La majorité des femmes avaient des antécédents de violence/batailles mutuelles avec leur partenaire intime, bien que 63,9 % des femmes étaient les principales agresseurs dans au moins un incident. La crainte d’un contrôle/mauvais traitements plus graves par le partenaire, l’autodéfense et en particulier la défense des enfants étaient des mobiles relativement peu fréquents. Sur les six incidents ayant entraîné la mort du partenaire, deux étaient liés à la vengeance/représailles, deux à la violence calculée, un à l’autodéfense et, dans un cas, le mobile n’était pas connu.

Tableau 4. Mobiles de la violence dans les rapports des délinquantes1

Mobile La plupart des Incidents (N = 39) Au Moins un Incident
Violence / batailles mutuelles2
59 %
81,6 % (N=49)
À l’origine de l’acte3
15,4 %
63,9 % (N=36)
Vengeance / Représailles4
7,7 %
37,9 % (N=29)
Acte pour en arriver à ses fins5
7,7 %
31,6 % (N=38)
Crainte d’un contrôle / mauvais traitements plus graves du partenaire6
5,1 %
19,4 % (N=31)
Autodéfense7
5,1 %
18,2 % (N=33)
Défense des enfants8
0 %
2,4 %  (N=42)
Facteurs contributifs

Le tableau 5 présente les facteurs contributifs de la violence des délinquantes à l’égard d’un partenaire intime, dans au moins un incident. Comme on le voit, la victimisation physique/sexuelle et la violence psychologique par la victime est manifeste dans au moins un incident de violence pour un très grand nombre de délinquantes.

Tableau 5. Facteurs contributifs de la violence faite à des partenaires intimes par les délinquantes

Facteurs contributifs Pourcentage des délinquantes
Mauvais traitements physiques / sexuels par la victime
84,3% (N=51)
Violence psychologique par la victime
84,3 % (N=51)
Consommation d’alcool
66,7 % (N=39)
Consommation de drogue
54,3 % (N=35)
Questions financières
31,4 % (N=35)
Jalousie
26,9 % (N=26)
Discipline / garde d’enfant
2,5 % (N=40)

Indicateurs du risque de violence conjugale

Les résultats de l’ERVC pour l’échantillon de délinquantes sont présentés au tableau 6. À des fins de comparaison, les données pour les délinquants masculins ayant commis des délits de violence familiale sont également présentées. Six des vingt facteurs de risque sont évidents pour une majorité de femmes (c.-à-d., plus des deux tiers des femmes). Ces éléments sont les suivants : antécédents de mauvais traitements physiques; toxicomanie ou dépendance récente à l’égard de la drogue; problèmes récents sur le plan de l’emploi; voies de fait graves et (ou) agression sexuelle à l’origine de la peine; antécédents de violation d’une condition de la mise en liberté ou de la surveillance communautaire; victime et (ou) témoin de violence familiale dans l’enfance ou l’adolescence. Sept autres indicateurs de risque ont été jugés raisonnablement évidents dans le cas des femmes (c.-à-d., entre 33 % et 66 % des femmes). En comparaison, les six facteurs de l’ERVC qui n’étaient pas en cause pour une vaste majorité de femmes (c.-à-d. moins de 33 % des délinquantes) avaient trait à la minimisation ou déni des antécédents de violence conjugale; aux attitudes qui appuient ou acceptent la violence conjugale; aux antécédents de violence à l’égard de membres de la famille; aux symptômes récents psychotiques ou maniaques; aux antécédents de mauvais traitements sexuels/jalousie; à la violation d’une ordonnance de non-communication.

Le sommaire de la notation du risque de l’ERVC fournit une évaluation générale du risque de violence conjugale. Elle repose sur l’examen par l’évaluateur de vingt facteurs de risque. Seules 6,9 % des femmes ont été jugées comme à risque élevé, 29,3 % comme à risque moyen et 63,8 % comme à faible risque. Les pourcentages correspondants de délinquants masculins ayant des antécédents de violence familiale sont de 28,5 % à risque élevé, 39,9 % à risque moyen et 31,6 % à faible risque (Service correctionnel du Canada, 2005).

Tableau 6. Pourcentage de délinquants ayant manifesté les facteurs de risque examinés pour l’ERVC9

Éléments de l’ERVC Délinquantes Délinquants (N=4137)
No 11. Agression physique antérieure du partenaire intime 94,5 % (N=55) 89,1 %
No 7. Toxicomanie/Dépendance récente 87,9 % (N=58) 80,9 %
No 5. Problèmes d’emploi récent 87,7 % (N=57) 67,2 %
No 18. Violence et (ou) agression sexuelle grave dans l’infraction à l’origine de la peine10 84,6 % (N=26)11  
No 3. Non-respect antérieur des conditions liées à la libération conditionnelle/surveillance dans la collectivité 75 % (N=56) 73,6 %
No 6. Victime et (ou) témoin de violence familiale comme enfant ou adolescente 75 % (N=56) 57,7 %
No  2. Agression dans le passé d’étrangers ou de connaissances 63,1 % (N=57) 69 %
No 19. Utilisation d’armes ou menaces de mort crédibles dans l’infraction à l’origine de la peine11 62,5 % (N=24)12  
No 10. Trouble de la personnalité avec colère, impulsivité ou instabilité comportementale 46,3 % (N=54) 35,6 %
No 13. Utilisation antérieure d’armes ou menaces de mort crédibles à l’endroit du partenaire 42,2 % (N=45) 47,2 %
No 4. Problèmes de relations récents 40,8 % (N=54) 66,4 %
No 8. Idéation ou intention récente d’un suicide/homicide 35,7 % (N=56) 22,9 %
No 14. Gradation récente de la fréquence ou la gravité des voies de fait contre le partenaire 35,2 % (N=54) 34,5 %
No 16. Minimisation extrême ou dénégation des antécédents de voies de fait contre le conjoint 29,1 % (N=55) 64,6 %
No 17. Attitude qui soutient ou tolère les voies de fait contre le conjoint 27,6 % (N=58) 57,1 %
No 1. Agression antérieure des membres de la famille 26,9 % (N=52) 42,9 %
No 9. Symptômes psychotiques/maniaques récents 21,6 % (N=51) 8,7 %
No 12. Agression sexuelle/jalousie antérieure à l’égard d’un partenaire intime 19,1 % (N=47) 29,2 %
No 20. Non-respect d’une ordonnance de non-communication liée à l’infraction à l’origine de la peine11 6,9 % (N=29) 12  
No 15. Non-respect antérieur d’ordonnances de non-communication 5,7 % (N=53) 30,2 %
Typologie des délinquantes 

Il existait des éléments de preuve d’antécédents de violence à l’égard de membres de la famille (élément no 1 de l’ERVC) ou d’antécédents de violence à l’égard d’inconnus ou de connaissances (élément no 2 de l’ERVC) pour deux tiers des 58 femmes (66,7 %). Ces femmes ont été codées comme généralement violentes. En comparaison, 33 % des délinquantes de l’échantillon ont été déterminées comme violentes à l’égard du partenaire seulement (c.-à-d., aucune preuve liée à l’élément 1 ou 2 de l’ERVC). Les deux groupes ont été comparés relativement aux variables dignes d’intérêt et, bien que les tendances observées aient démontré une violence plus grave dans le cas des femmes généralement violentes, la petite taille des échantillons a limité le nombre d’analyses possibles. Les résultats ont laissé voir que les femmes généralement violentes (86,5 %) étaient plus susceptibles que les femmes violentes à l’égard du partenaire seulement (50 %) d’avoir violé une condition de la mise en liberté ou de la surveillance communautaire, χ(1)=8,5, p<,0112. En outre, les femmes généralement violentes (58,6 %) semblaient plus susceptibles que les femmes violentes à l’égard du partenaire seulement (13,3 %) d’avoir eu recours à des armes ou d’avoir proféré des menaces de mort crédibles à l’endroit de leur partenaire intime au cours d’incidents passés χ(1)=8,26, p<,01.

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DISCUSSION

Incidence

Au moins 15 % des délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral ont été violentes à l’égard d’un partenaire intime. Bien que ce taux corresponde plus ou moins aux taux d’études d’envergure des populations canadienne (Johnson et Hotton, 2001) et américaine (Straus et Gelles, 1986), il pourrait très bien être en deçà de l’ampleur de la violence conjugale chez les détenues sous responsabilité fédérale. L’étude a utilisé une méthode d’examen des dossiers et a reposé sur quelques indicateurs existants pour repérer les auteurs de violence faite à un partenaire intime. L’utilisation d’une autre méthode, comme une étude confidentielle, aurait pu permettre de déterminer une proportion plus vaste de femmes ayant eu recours à la violence contre leurs partenaires intimes.

Les résultats actuels laissent voir que l’incidence de la violence conjugale chez les délinquantes purgeant une peine de ressort fédéral est d’environ la moitié de celle des délinquants masculins. Une recherche antérieure au sein du Service correctionnel du Canada faisant appel à une méthode semblable d’examen des dossiers a permis de déterminer que 29 % des délinquants masculins avaient été violents à l’égard d’un partenaire féminin (Robinson et Taylor, 1995). Bien que les recherches-sondages aient toujours établi des taux relativement équilibrés de violence conjugale entre les sexes, la recherche auprès des populations des refuges et du système de justice pénale a permis d’établir une forme différente de violence contre le partenaire, appelée terrorisme patriarcal, essentiellement perpétrée par des hommes (Johnson, 1995). Étant donné les profils de risque des délinquants purgeant une peine de ressort fédéral (c.-à-d., peine d’emprisonnement d’au moins deux ans pour certains profiles criminels), il est plus à prévoir que leur violence correspondra à la forme la plus grave.

Caractéristiques démographiques et personnelles

Les résultats actuels laissent entendre que la violence conjugale est un problème particulièrement grave pour les femmes autochtones. Les Autochtones représentent moins de 3 % de la population canadienne, mais 22 % des femmes incarcérées (Fortin, 2004). Dans la présente étude, plus de 40 % des femmes qui ont été déterminées comme auteures de violence conjugale étaient des Autochtones. Les taux de violence conjugale commise par des hommes contre des femmes, incluant le pouvoir meurtrier, sont particulièrement élevés dans les collectivités autochtones (Four Worlds Centre for Development Learning, 2003). L’absence de travaux sur la question de la violence des femmes autochtones n’est probablement pas surprenante, étant donné l’ampleur relative du problème de la violence faite aux femmes autochtones.

Des facteurs tels que les questions financières et, en particulier, la toxicomanie, contribuent à la violence conjugale perpétrée par des délinquantes purgeant actuellement une peine de ressort fédéral au Canada. Environ 89 % des femmes ont été évaluées à l’admission comme ayant certaines ou d’importantes difficultés liées à la toxicomanie, et la consommation d’alcool et la toxicomanie ont été mentionnées comme des facteurs contributifs de la violence, pour les deux tiers des femmes dans le cas de l’alcool et la moitié, dans le cas des drogues. Ce taux est même supérieur à celui signalé pour les détenues sous responsabilité fédérale ayant différents antécédents de violence pas seulement contre le partenaire intime. Bell (2004) a établi que 79 % des femmes violentes avaient des besoins modérés ou manifestes dans le domaine de la toxicomanie.13 Des ouvrages ont fait état du lien entre la toxicomanie et la perpétration de la violence conjugale, de façon générale, et le pouvoir meurtrier, de façon précise, en ce qui concerne la violence des femmes à l’égard des hommes (Kruttschnitt, Gartner et Ferraro 2002) et des femmes à l’égard des femmes (Renzetti, 1992).

Au moyen du cadre de travail fourni par l’ERVC, on a pu établir que les trois facteurs de risque suivants étaient les plus courants chez les détenues sous responsabilité fédérale ayant commis des actes de violence familiale : antécédents de voies de fait contre le conjoint (95 %), toxicomanie ou dépendance récente à l’égard de la drogue (88 %) et problèmes récents sur le plan de l’emploi (88 %). En comparaison aux résultats d’une vaste étude récente, le pourcentage de femmes remplissant les critères pour chacun de ces facteurs est très élevé. Henning et Feder (2004) ont établi que seules 15 % des femmes arrêtées pour violence familiale l’avaient été pour la même raison antérieurement, 28 % avaient eu des problèmes d’alcool ou de drogues et 43 % étaient au chômage au moment de l’étude. En conséquence, bien que les facteurs de risque pour les femmes purgeant une peine de ressort fédéral semblent similaires à ceux des femmes arrêtées pour violence familiale, les premières montrent des risques et des besoins criminogènes nettement plus élevés.

On a également évalué qu’une majorité des femmes visées par la présente étude avaient de graves problèmes matrimoniaux et familiaux (81%) et des déficits personnels/émotifs (95%). Chose intéressante, seules 41 % ont dit avoir vécu un conflit important ou une séparation au cours de l’année ayant précédé la violence. Henning, Jones et Holdford (2003) ont avancé l’hypothèse que le mécontentement et la souffrance psychologique de certaines femmes violentes (c.-à-d. celles qui étaient les victimes au départ) sont peut-être largement influés par le comportement violent de leurs partenaires.

En comparaison des autres facteurs examinés, les questions liées à l’éducation et à la garde de l’enfant ont été considérées comme des facteurs contributifs dans un cas seulement. En outre, la majorité des femmes n’avaient aucune difficulté dans les domaines du fonctionnement dans la communauté et de l’attitude générale. Seules 28 % des femmes auteures de violence contre un partenaire intime dans la présente étude ont montré des attitudes qui appuient ou acceptent la violence conjugale, même si la majorité des femmes avaient été elles-mêmes en présence de modèles de violence dans leur jeune âge.

Victimisation passée

Les constatations actuelles indiquent des taux étonnamment élevés de victimisation antérieure pour les délinquantes qui ont été violentes à l’endroit de leurs partenaires intimes; plus des trois quarts des femmes dans la présente étude avaient été victimes de violence familiale dans leur enfance ou leur adolescence, le plus souvent aux mains de personnes autres que les membres de leur famille, mais aussi généralement aux mains de leurs mères, leurs pères et leurs beaux-parents. L’étendue de la victimisation était considérable; pour environ les trois quarts des femmes, les mauvais traitements avaient été prolongés ou graves, incluant de multiples agresseurs ou de graves blessures exigeant une attention médicale. Bien que la vaste majorité des femmes de l’échantillon aient vécu leur premier épisode de mauvais traitements entre cinq et quinze ans, il existait encore une minorité importante dont le premier épisode avait été avant cinq ans. L’exposition à la violence familiale parentale était également considérable pour les femmes sous la garde du SCC.

Les taux de victimisation dans leurs relations intimes entre adultes étaient également élevés pour ces femmes; seules trois des femmes (5,3 %) n’avaient jamais vécu de violence aux mains d’un partenaire intime passé ou présent. Le groupe le plus important de femmes (60 %) avaient vécu des mauvais traitements dans certaines de leurs relations intimes, alors qu’environ un tiers avaient été victimes de violence dans la plupart, sinon toutes leurs relations. Pour 63 % des femmes, la violence avait été prolongée ou grave.

Ces constatations concordent avec la recherche qui met en lumière les expériences de violence multiple dans la vie de femmes qui usent de violence conjugale, à la fois durant leur croissance et au cours de relations intimes adultes (Hamberger et Polente, 1994; Henning, Jones et Holdford, 2003). Il y a tout lieu de croire que les femmes qui ont souffert d’un traumatisme ou d’une victimisation graves réagissent d’autant plus fortement à la menace et réagissent par des agressions d’intensité supérieure lorsqu’elles font face à une menace (Hammock et O’Hearn, 2002). La violence dans la famille d’origine, de même que les abus antérieurs par un homme ont été établis comme ayant un rapport pour les agresseurs lesbiennes (Renzetti, 1992). Ce niveau de mauvais traitements à un âge peu avancé et au cours de relations adultes montre la nécessité d’examiner les conséquences pour les enfants de ces femmes et a des effets sur les objectifs de traitement dont il sera question ci-après.

Violence des femmes : contexte, dynamique et mobiles

La plupart (73 %) des femmes avaient été violentes dans certaines (une minorité) de leurs relations intimes, bien qu’un quart de l’échantillon ait été violent dans la plupart de ou toutes leurs relations intimes. Environ la moitié des femmes étaient violentes à l’occasion (c.-à-d., deux à trois incidents de violence tout au long de la relation), alors qu’un tiers des femmes avaient été beaucoup plus souvent violentes. La violence était surtout dirigée contre les partenaires masculins, bien que 10 % des femmes ont dit avoir été violentes contre des partenaires féminins et 7 % avoir été violentes contre des partenaires féminins et des partenaires masculins.

La violence des femmes était physique dans la plupart des cas. En comparaison aux taux élevés de violence sexuelle chez les agresseurs masculins, la violence sexuelle n’était signalée que pour 11 % des femmes. Plus de 60 % s’étaient servies d’une arme au cours d’au moins un incident de violence. L’empoisonnement et le harcèlement avec menaces de la victime étaient rares. Dans la plupart des incidents de violence, la victime n’avait subi aucune blessure. Néanmoins, la plupart des femmes avaient infligé une blessure à leur partenaire intime au cours d’au moins un acte violent, 18 % une blessure exigeant l’hospitalisation et 12 % une blessure mortelle. Les recherches canadiennes ont montré que les couteaux sont le plus souvent utilisés dans les homicides de conjoints par des femmes, bien que ceci n’ait pas été évalué dans la présente étude (Dawson, 2001). La majorité des femmes ne purgeaient pas au moment de l’étude une peine pour violence conjugale; seules 22 % des infractions à l’origine de la peine des femmes étaient liées à la violence conjugale.

Si l’on se sert de la typologie déterminée pour les femmes violentes dans les recherches antérieures (Babcock, Miller et Siard, 2003), deux tiers des femmes visées par la présente étude étaient considérées comme généralement violentes, alors qu’un tiers étaient considérées comme violentes à l’égard du partenaire seulement. En comparaison, dans l’étude Babcock, la moitié des femmes arrêtées pour violence conjugale mais vivant dans la collectivité étaient considérées comme généralement violentes et la moitié, comme violentes à l’égard du partenaire seulement. L’étude en cours permet de faire la différence entre les femmes qui sont violentes exclusivement à l’endroit du partenaire intime et celles qui sont violentes à l’endroit d’autres personnes. En comparaison, les femmes généralement violentes semblaient plus susceptibles d’avoir violé une condition de mise en liberté ou de surveillance dans la collectivité, d’avoir utilisé des armes ou fait des menaces de mort crédibles contre leur partenaire intime au cours d’incidents antérieurs. La constatation qu’un pourcentage élevé des femmes violentes de façon générale et des femmes violentes à l’égard du partenaire uniquement avaient été victimes ou témoins de violence familiale étant enfants ou adolescentes, concorde avec les constatations des recherches antérieures.

Les résultats de l’étude en cours montrent que la violence des femmes dans des relations intimes est rarement motivée par la nécessité de se protéger d’une agression immédiate (c.-à-d., l’autodéfense) ou la peur d’être contrôlées ou maltraitées plus sérieusement. Cela contraste avec les résultats des études montrant que bon nombre, sinon la plupart, des femmes arrêtées pour violence à l’égard d’un partenaire intime sont des victimes qui ont peut-être agi par autodéfense (Hamberger et Polente, 1994; Saunders, 1986). Dans la majorité des cas, les délinquantes du SCC ont été violentes dans le contexte d’une violence ou d’une bataille mutuelle. Dans cette forme de violence, les deux partenaires soutiennent et recourent à la violence comme réaction normale face aux conflits vécus dans la relation. Bien que seulement environ 15 % des femmes étaient les premiers agresseurs dans la plupart des incidents violents, les documents au dossier indiquent que plus de 60 % étaient les premiers agresseurs au cours d’au moins un incident. Néanmoins, il est possible que cela ne rende pas véritablement compte de la violence, car le contrôle avec coercition n’a pas été déterminé dans la présente étude et rien ne prouve que, même lorsque les femmes amorcent et recourent à la violence, elles ne contrôlent pas la dynamique de la relation (Hamberger et Guse, 2002). Environ un tiers des femmes étaient motivées par la vengeance/représailles et avaient usé de violence pour arriver à leurs fins, au cours d’au moins un incident. En ce qui concerne les incidents qui ont mené au décès du partenaire, deux étaient liés à la vengeance/représailles, deux résultaient d’une violence calculée et un était un cas d’autodéfense.

Risque

Selon les résultats courants, la majorité des femmes présentent un risque moyen à élevé de récidive générale et presque toutes ont été évaluées à l’admission comme présentant des besoins criminogènes moyens à élevés. Cependant, le risque précis de violence future à l’égard d’un partenaire intime semblait substantiellement inférieur à leur risque général. Selon l’ERVC, 64 % des femmes auteures de violence conjugale présentent un faible risque de violence à l’égard d’un partenaire intime, 29 % un risque moyen et seules 7 % un risque élevé. Ce profil est considérablement différent de celui obtenu pour les détenus sous responsabilité fédérale auteurs de violence familiale, dont 32 % seulement présentent un faible risque, 40 % un risque moyen et 28 % un risque élevé de violence à l’égard d’un partenaire intime (Service correctionnel du Canada, 2005). Selon le principe du risque d’une intervention correctionnelle efficace (Andrew et Bonta, 1994) et les facteurs de risque établis par Kropp et coll. (1995), 36 % des détenues sous responsabilité fédérale auteures de violence conjugale devraient faire l’objet d’une intervention d’intensité moyenne ou élevée pour cibler et réduire leur risque de violence à l’égard d’un partenaire intime. Néanmoins, il est important de se rappeler que l’ERVC n’a pas été validée pour les délinquantes et que les travaux publiés, de même que la présente étude laissent entendre que certains indicateurs de risque de l’ERVC, tels que la violation d’une ordonnance de non-communication, peuvent ne pas être pertinents dans le cas des délinquantes et peuvent entraîner une sous-évaluation du risque.

Objectifs de traitement

L’établissement d’interventions de prévention de la violence familiale pour les délinquantes devrait être orienté par des modèles théoriques et des modèles de traitement déterminant des facteurs qui sont spécifiques aux femmes. Le modèle écologique emboîté de rapports violents de Dutton (1994) offre un vaste cadre qui permet de comprendre les facteurs et les interactions entre les facteurs qui contribuent à la violence dans une relation intime, bien que le modèle ne soit pas encore tout à fait applicable à la violence des femmes contre les partenaires intimes. Les facteurs liés à la violence des femmes contre un partenaire intime, cernés dans la présente étude, s’inscrivent bien dans le modèle, soit le macrosystème (c.-à-d., la culture générale, incluant les attitudes de la société et les croyances au sujet de la violence familiale), l’exosystème (c.-à-d., les structures sociales qui influent sur la violence), le microsystème (c.-à-d., la relation du couple) et (ou) les antécédents et les caractéristiques de l’agresseur. Le tableau 7 ci-dessous donne un aperçu général des composantes de traitement proposées qui pourraient tenir compte des facteurs liés aux caractéristiques de la violence des femmes dans leurs relations.

Les interventions doivent tenir compte des caractéristiques et des facteurs contextuels de la violence et être adaptées selon que les femmes sont victimes, agresseurs ou engagées dans une relation où elles sont à la fois victimes et agresseurs. Les travaux laissent entendre que le contrôle par la coercition est une composante critique souvent négligée (Swan et Snow, 2002); en conséquence, cela devrait être considéré au cours de l’intervention. Les différences entre les femmes qui sont violentes exclusivement au sein de relations intimes et celles qui sont violentes de façon générale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs relations intimes doivent être utilisées pour modifier les programmes. La violence physique et psychologique des femmes généralement violentes peut être davantage de l’ordre de l’instrument leur permettant d’arriver à leurs fins et peut avoir trait à des questions de pouvoir et de contrôle plus que ne l’est la violence dite à l’égard du partenaire seulement.

Il est à noter que plus de la moitié des femmes dans cet échantillon n’étaient pas de race blanche; la plupart étaient autochtones. Le SCC est tenu par la loi d’offrir des programmes adaptés à la culture des délinquantes autochtones. Les besoins de traitement de ces femmes doivent tenir compte des adaptations culturelles précises et du contexte unique des collectivités dans lesquelles les femmes autochtones retournent au moment de leur mise en liberté.

Les caractéristiques des femmes dans des relations de violence lesbiennes et le contexte de la violence lesbienne ne sont pas suffisamment étudiés. À ce stade-ci, il y a peu d’éléments de preuve empirique permettant d’orienter l’élaboration des interventions auprès des femmes lesbiennes, bien que certains cliniciens aient proposé des directives générales de traitement (p. ex. Margolies et Leeder, 1995). Malheureusement, le petit nombre de femmes violentes à l’égard d’un partenaire féminin dans l’étude en cours n’a pas permis l’examen sérieux de ces femmes.

Tableau 7. Objectifs de traitement et options de traitement

Facteurs liés à la violence dans les rapports (Objectifs de traitement) Options possibles de traitement
Violence dans la famille d’origine
  • Prise de conscience du rôle des premiers modèles dans l’établissement des rapports adultes
  • Développement d’habiletés pour un rôle parental sans violence
Victime de violence dans les rapports intimes
  • Planification pour établir la sécurité
  • Formation en résolution de problèmes pour acquérir un sentiment de contrôle de soi, plutôt que de se laisser contrôler de l’extérieur
  • Établissement de buts positifs, incluant des solutions de rechange au fait de demeurer au sein de relations violentes ou de continuer de contribuer à ce type de relations
  • Prise de conscience de la façon dont une victimisation antérieure peut amplifier la réaction à des menaces
Souffrance liée à la relation/difficulté conjugale
  • Compétences interpersonnelles (compétences de communication; négociation; affirmation de soi)
  • Mise sur pied d’un réseau de soutien
Conflit mutuel/agression générale
  • Autosurveillance et autres techniques de désamorçage.
  • Formation pour prévoir les conséquences d’actes agressifs sur soi, sur le partenaire et sur d’autres (en particulier, les enfants)
  • Techniques de maîtrise de soi verbales et autres techniques cognitives pour remplacer les pensées liées à la violence et à l’agression
  • Acquisition de règles ou stratégies comportementales pour aborder les problèmes interpersonnels
  • Reconnaissance des « chaînes de comportement » pour que la séquence comportementale en cause soit clarifiée (identifier, éviter ou gérer les situations à risque élevé d’agression)
Questions liées au pouvoir et au contrôle
  • Éducation et sensibilisation concernant la gamme de comportements contrôlants et violents et formation liée à des solutions de rechange à caractère sociable
  • Exploration culturelle et identification de formes systémiques de violence
Problèmes de contrôle de soi émotif (dépression, anxiété)
  • Formation en techniques cognitives pour gérer les pensées liées à la mauvaise gestion des émotions
  • Formation en techniques comportementales pour gérer la souffrance psychologique
Toxicomanie
  • Traitement de la toxicomanie des femmes dont la violence des relations est liée à la mauvaise utilisation des drogues et de l’alcool.

Limites/Orientations à venir 

La présente étude comporte plusieurs limites. L’information en provenance des rapports du SGD n’est pas toujours fiable étant donné l’autodéclaration par les délinquants et la partialité de ceux qui recueillent l’information sur les délinquants. En outre, dans de nombreux cas, l’information est incomplète dans le SGD, de sorte que de nombreuses variables portent le code « inconnu ».

La présente étude offre un aperçu des caractéristiques des femmes agresseurs et de la dynamique de leur violence contre un partenaire intime; cependant, le profil des auteures de conjugale purgeant une peine de ressort fédéral peut ne pas être représentatif des femmes arrêtées pour voies de fait contre le partenaire et particulièrement les femmes sélectionnées à l’extérieur du système de justice pénale. D’autres recherches sur les besoins en matière de traitement et d’interventions connexes pour les auteures de violence conjugale sont nécessaires de toute évidence, en particulier dans le cas des femmes dans les relations lesbiennes.

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CONCLUSION

La présente étude illustre qu’une proportion importante des délinquantes sont violentes dans leurs rapports intimes. Les résultats constatés soulignent que pour qu’un programme soit axé sur ces femmes, il faudra tenir compte des mobiles et des facteurs contextuels uniques qui contribuent à leurs comportements violents et aussi prendre en considération le rôle qu’elles jouent dans la violence. Comme bon nombre des délinquantes violentes sont autochtones, il sera primordial d’élaborer un programme adapté à leur culture pour qu’elles en tirent un gain thérapeutique maximal, une précepte qui va dans le même sens que le Plan d'action national du Service sur les services correctionnels pour Autochtones et le Programme d'intensité élevée de prévention de la violence familiale pour les délinquants autochtones de sexe masculin. De telles considérations permettront au Service de respecter une de ses priorités stratégiques, celle de veiller à la réinsertion en toute sécurité de tous les délinquants dans la collectivité.

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1 Le mobile de la violence n’a pu être déterminé à partir des documents au dossier, pour un certain nombre des cas.
2 Les deux partenaires avaient été violents.
3 Rien ne prouvant que son partenaire avait été violent à son égard.
4 La délinquante a été violente pour punir son partenaire ou se venger d’une mauvaise action perçue ou réelle.
5 La violence visait à permettre d’atteindre un autre but (p. ex. l’assurance, le désir d’établir une relation avec un nouveau partenaire, le vol).
6 Peur non pas d’un préjudice immédiat, mais de la perpétuation du préjudice.
7 La délinquante croyait que, si elle ne se défendait pas, elle serait elle-même victime d’une agression immédiate.
8 La délinquante croyait que, si elle ne défendait pas son (ses) enfant(s), il(s) serait(aient) victime(s) d’une agression immédiate.
9 Indicateurs de risque codés comme « manifestement présents » ou « partiellement ou éventuellement présents ».
10 Les éléments relatifs à l’infraction à l’origine de la peine n’ont pu être codés pour les délinquants masculins.
11 L’élément n’était pas codé, s’il n’y avait pas suffisamment d’information ou si l’élément ne s’appliquait pas (c.-à-d., infraction à l’origine de la peine).
12 Une cellule avec un compte prévu inférieur à 5.
13 La population des délinquantes violentes comprenait les femmes auteures de violence conjugale.