Examen de la documentation sur la sensibilisation accrue des délinquants aux répercussions de leurs crimes sur leurs victimes

Mots clés

empathie, sensibilisation au sort des victimes, décisions en matière de libération conditionnelle, récidive, justice réparatrice

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Différents groupes tels les défenseurs des droits des victimes, les fournisseurs de traitements aux délinquants et les délinquants eux-mêmes croient parfois que les délinquants qui acceptent la responsabilité de leurs crimes, affichent du remords et expriment de l’empathie constituent de meilleurs candidats à la mise en liberté, en raison de l’effet positif des efforts de réhabilitation et du plus faible risque qu’ils présentent pour la collectivité que les autres délinquants. Cependant, la mesure dans laquelle ces facteurs sont effectivement liés à la diminution du risque de comportement criminel (y compris les crimes contre la personne) dans l’avenir n’a encore fait l’objet d’aucune étude exhaustive.

Ce que nous avons fait

La présente étude a examiné la recherche disponible sur le concept d’empathie, tant du point de vue de la théorie que des mesures dans un contexte correctionnel, et s’est intéressée à la façon dont les responsables de la libération conditionnelle intégraient la sensibilisation au sort des victimes dans leur processus décisionnel. Elle a également examiné la recherche pertinente sur la justice réparatrice.

Ce que nous avons constaté

L’étude a révélé que, bien que la mesure de l’empathie et celle de la criminalité soient statistiquement liées, aucune preuve ne permet d’affirmer que des changements dans ces mesures (p. ex., augmentation de l’empathie et de la sensibilisation au sort des victimes) soient liés à une réduction du risque de récidive. Ceci peut refléter l’absence d’une définition généralement acceptée de l’empathie, l’absence de mesures pertinentes de l’empathie dans un contexte correctionnel ou encore des problèmes liés à l’évaluation de l’empathie authentique et significative. De plus, il se pourrait que le fait d’augmenter le niveau d’empathie pour les victimes mène indirectement à une réduction de la récidive criminelle en suscitant une motivation, un engagement et des bienfaits thérapeutiques accrus qui, à leur tour, causent une réduction de la récidive. Malgré tout, la recherche indique clairement que les responsables de la libération conditionnelle accordent une importance considérable aux affirmations d’empathie et de sensibilité au sort de leur victime de la part des délinquants dans leurs décisions sur la pertinence et la sécurité de l’octroi d’une mise en liberté.

Bien qu’il y ait certaines preuves que les programmes de justice réparatrice donnent des résultats positifs quant à la satisfaction des victimes et au respect des normes de réparation, les limites des données existantes (méthodologies de recherche inadéquates) ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre les interventions de justice réparatrice et les différents résultats observés.

Ce que cela signifie

Cet examen des preuves disponibles a révélé que, malgré l’accent mis par les intervenants et les agents de libération conditionnelle sur l’empathie et la sensibilisation au sort des victimes, la relation entre cette dernière et la réduction du risque n’est pas claire. Il faudrait de nouvelles études basées sur une méthodologie de recherche et des mesures de l’empathie plus solides, adaptées au contexte correctionnel et au système de justice pénale, afin de déterminer la nature directe et indirecte de la relation et, ainsi, influencer les politiques correctionnelles et les pratiques opérationnelles.

Remarque : Cette étude a été réalisée à contrat pour la Direction de la recherche du Service correctionnel du Canada (SCC). Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne correspondent pas nécessairement à celles du SCC ou de Sécurité publique Canada.

Pour de plus amples renseignements

Brown, Shelley L., Serin, Ralph, Greiner, Leigh et Gottschall, Shannon (2015). Étude sur les méthodes actuellement utilisées pour sensibiliser davantage les délinquants aux répercussions de leurs crimes sur leurs victimes (rapport spécial). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, veuillez en faire la demande à la Direction de la recherche ou par téléphone au 613-995-3975.

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