Résultats chez les délinquants sexuels présentant des troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale

Pour obtenir une version PDF du rapport intégral, veuillez écrire à l'adresse suivante : recherche@csc-scc.gc.ca

Mots clés

délinquants sexuels, troubles concomitants, troubles mentaux, toxicomanie, récidive

Ce que cela signifie

Les délinquants sexuels présentant des troubles concomitants de santé mentale et de toxicomanie obtiennent des résultats plus négatifs que les délinquants sexuels ayant des troubles mentaux seulement ou que la population générale de délinquants sexuels. Les délinquants atteints de troubles concomitants ont besoin d'un plan correctionnel qui comprenne à la fois des programmes correctionnels spécifiques pour réduire leurs multiples besoins liés aux facteurs criminogènes ainsi que des interventions spécialisées pour stabiliser leur santé mentale. Les délinquants sexuels ayant un trouble mental seulement recueillent aussi des résultats moins bons que la population générale de délinquants sexuels. Les programmes destinés aux délinquants sexuels autochtones doivent tenir compte du fait que les taux des troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale sont plus élevés chez eux que chez les délinquants sexuels non autochtones.

Ce que nous avons constaté

Par rapport à la population de délinquants sexuels, les délinquants atteints de troubles concomitants enregistraient des cotes de risque criminel et de besoins liés aux facteurs criminogènes significativement supérieures, des taux d'accusations d'infractions disciplinaires graves et mineures plus élevés, un plus grand nombre de placements en isolement préventif et des taux d'achèvement des programmes correctionnels inférieurs. Leurs victimes étaient plus souvent des femmes adultes que chez les autres groupes de délinquants sexuels. Après leur mise en liberté, 29 % des délinquants sexuels atteints de troubles concomitants ont été réincarcérés pour une infraction dans un délai d'un an, taux plus de trois fois supérieur à celui de la population générale de délinquants sexuels (8 %). Toutefois, des analyses de survie ont révélé que cet écart était en grande partie attribuable à des différences entre les groupes dans la durée de la peine, l'âge au moment de la mise en liberté, les condamnations antérieures en tant qu'adulte et l'évaluation des besoins dans les domaines des fréquentations et de l'emploi. Les délinquants autochtones sont surreprésentés parmi les délinquants sexuels atteints de troubles concomitants, soit 42 % des délinquants atteints de troubles concomitants, mais seulement 25 % de la population générale de délinquants sexuels.

Les délinquants sexuels ayant un trouble mental seulement obtenaient aussi des résultats moins bons que la population de délinquants sexuels, mais pas aussi mauvais que les délinquants atteints de troubles concomitants. Les délinquants ayant des troubles mentaux seulement avaient des cotes de risque criminel et de besoins légèrement mais significativement supérieures à celles de la population de délinquants sexuels, et davantage d'accusations d'infractions disciplinaires et de placements en isolement. Ils étaient plus susceptibles que les deux autres groupes de délinquants sexuels d'avoir comme victimes des enfants et des adolescents seulement. Les taux de réincarcération pour une infraction au sein du groupe de délinquants ayant des troubles mentaux étaient environ le double de ceux de la population de délinquants sexuels mais la différence n'était pas significative.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Des travaux antérieurs ont montré que les délinquants atteints de troubles concomitants obtiennent des résultats plus négatifs que d'autres délinquants, et la toxicomanie semble y contribuer. Il est donc important de recueillir des renseignements sur les délinquants sexuels ayant des troubles mentaux et concomitants pour contribuer à la planification des cas.

Ce que nous avons fait

Les délinquants sexuels dont l'aiguillage vers l'Initiative sur la santé mentale dans la collectivité a été accepté ont été divisés en deux groupes : les délinquants ayant un trouble mental confirmé seulement (n = 86) et ceux atteints de troubles concomitants de toxicomanie (n = 99). Un trouble de toxicomanie était déterminé par des cotes « modéré » ou plus selon l'Échelle de dépendance à l'alcool ou le Questionnaire sur la consommation de drogues. Ces groupes ont été comparés, d'après les caractéristiques de leur profil et leurs résultats, à la population de délinquants sexuels incarcérés entre avril 2001 et décembre 2010.

Pour de plus amples renseignements

Wilton, G., Stewart, L.A. et Mossière, A. (2014). Résultats chez les délinquants sexuels présentant des troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale (Rapport de recherche R‑335). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, veuillez en faire la demande à la Direction de la recherche ou par téléphone au 613‑995-3975.

Vous pouvez également visiter le site Internet pour obtenir la liste complète des publications de recherche.